Dekoikonparle ? (6)

Frites

La Belgique et les Belges

Plus qu’une semaine (jusqu’au 24 septembre) pour visiter l’exposition Rembrandt en eau-forte à l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire)*. Non seulement on peut y voir la majorité de ses gravures, mais de plus le traditionnel parcours thématique a été remplacé par un découpage « autour » des techniques et procédés.

*Grâce aux prêts des collections Jacques Glénat (couvent Ste-Cécile, Grenoble), Dutuit (Petit-Palais, Paris) et Frits Lugt (fondation Custodia).

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Dans notre parution du 1er juillet (Honteux et confus), j’avais narré que les sketches comiques se raréfiaient à la FNAC, car notre époque ne rit plus. Dans Cà m’intéresse de juillet-août, un article, Pourquoi rit-on moins qu’avant (p. 80-81), reprend cette thématique*. Selon la journaliste Sabrina Moreau, le rire était ce qui était partagé par toutes les classes sociales. Aujourd’hui, la notion de classe n’existe plus, et parmi une population atomisée, on ne s’amuse plus des mêmes choses. Je n’aime guère les revues « d’intellectuels » comme Esprit ou La revue des deux mondes, mais le numéro de cette dernière (juillet-août**), propose un délicieusement méchant Bétisier du wokisme – perles et analyses. Et les auteurs d’affirmer que l’humour et le recul n’est pas le fort des wokistes. Et j’ajouterai : tout comme des puritains et des dictateurs…

*…comme disent les sociologues. Avant eux, il y avait simplement des thèmes ou des sujets…

**Désolé, nous sommes en septembre et les parutions précitées ne sont sans doute plus disponibles…

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LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] dans une coupe de verre, des modèles de cristallographie, pièces de bois minutieusement taillées reproduisant quelques formes holoèdres et hémièdres des systèmes cristallins : le prisme droit à base hexagonale, le prisme oblique à base rhombe, le cube épointé, le cubo-octaèdre, le cubo-dodécaèdre, le dodécaèdre rhomboïdal, le prisme hexagonal pyramide."

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Si la Belgique n’existait pas, il faudrait l’inventer. Un pays artificiel, qui historiquement chevauche deux peuples : Germains et Gaulois, deux systèmes : Saint-Empire et outre – Saint-Empire, deux langues : Flamands et Wallons. La Belgique n’est pas par hasard la patrie du surréalisme !

Voyons tout çà sous la forme de miscellanées :

  • Accent :

« L’accent belge ». Il s’agit en fait de l’accent bruxellois. De même pour les « une fois », « sais-tu ? », qui appartiennent au parler bruxellois – l’équivalent de celui des titis parisiens ou des cockneys londoniens – et qui sert à marquer la zwanze, c’est-à-dire la gouaille de l’endroit. Mais très peu de personnes à Bruxelles parlent encore comme çà. Il y a des accents différents à Mons, Namur ou Liège.

  • Congo :

Savez-vous pourquoi en République démocratique du Congo (ex-Zaïre, ex-Congo belge), au Rwanda et au Burundi (ex – Ruanda-Urundi), anciennes colonies belges, n’a-t-on jamais parlé flamand ? Le flamand ne fut retenu en Belgique métropolitaine que depuis 1932, mais cet argument ne tient même pas : ces colonies n’étaient pas des dépendances du royaume de Belgique, mais la propriété personnelle du roi Léopold ! Or la famille royale de Belgique a toujours été francophone. On ne verrait pas çà au Congo suisse !

Léopold II

  • Frites :

Le visuel présenté en bannière de titre fait un peu cliché, mais les frites – à la graisse de saindoux avec leur petites sauces mayo, blanche, pili-pili, ketchup, samouraï – sont réellement un élément important de la culture belge – témoins les officines à enseigne wallonne « FRITERIE » ou flamande « FRITUUR », dont l’appellation est de plus en plus usurpée par de simples kébabs. A ce sujet, il est cocasse que les deux points culminants de la Belgique (651 m) s’appellent Barraque-Saint-Michel et Barraque-de-Fraiture (et non pas…) !

  • GSM :

On ne dit pas, en Belgique, « (téléphone) portable », mais GSM, d’après la norme de seconde génération pour la téléphonie mobile (Global System for Mobile Communications). De même les Américains ont un cell(phone), et les québecois un cellulaire (les portables européens sont satellitaires, autre mode de réception). Les Suisses utilisent un Natel (Nationales Autotelefonnetz) qui signifie « Réseau téléphonique automobile national » car les premiers téléphones mobiles étaient dans les voitures ! Les Italiens se servent d’un telefonino (un « téléphonet »), et les allemands un Handy, car, comme disait Coluche à propos du schmilblick : « il tient dans la main, il tient dans la main »

  • Langues :

« Oui, je sais, il y a deux langues, c’est pour çà qu’il y a deux provinces : la Wallonie et la Flandre.

-Ce serait trop simple ! D’abord, il n’y a pas de provinces, mais des régions.

-Tu joues sur les mots !

–Tu vas voir. Cite-moi des exemples de pays européens fédéraux.

-Ben… L’Allemagne, la Suisse et je crois qu’il y a l’Autriche.

-Tu as oublié la Belgique !

-…

-C’est un Etat fédéral depuis 1993, composé non pas de deux, mais trois régions : tu as oublié la région bruxelloise.

–[Soupir] Bon d’accord… Mais liées aux deux langues, vu que Bruxelles est bilingue.

-Faux : il y a trois langues : les habitants des cantons d’Eupen et de Malmédy, même s’ils parlent le français au quotidien, sont officiellement germanophones. Donc, en comptant le bilinguisme de Bruxelles, il y a quatre régions linguistiques, indépendantes des trois régions de tout à l’heure et que l’on appelle communautés. Régions et communautés ont chacune leur domaine de compétence.

Belgique fédérale

-C’est pas simple, ton affaire ! Mais on s’en est sortis !

-Simple ? Il y a donc le Gouvernement fédéral, le Gouvernement flamand, le Gouvernement wallon, le Gouvernement germanophone et le Gouvernement de la Région Bruxelles-capitale (ne pas confondre avec le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles). Et donc pour chaque compétence (santé, culture, etc.), il y a six ministres ! Tu penses bien qu’un tel système n’est pas vraiment viable. Francophones qui pour raisons professionnelles s’installent en communauté néerlandophone – et vice-versa, modification dans le temps de la typologie linguistique… C’est pour cela que les Belges ont inventé en terminologie courante les communes à facilité*, et en terminologie officielle régime spécial en vue de la protection des minorités (35 communes en tout) ! Exemple : Mouscron, francophone par son voisinage avec Tourcoing, enclavée en région de Flandre et commune du Hainaut (région de Wallonie), mais « cernée » par les néerlandophones.

*Appelées avant 1962 « communes égarées » !

Communes à facilités
Les couleurs indiquent les facilités administratives et/ou d’enseignement et/ou judiciaires…

-En tous cas, tout cela doit bien faire rire les Suisses… »

Pour un Français, un francophone
est un étranger parlant français.

Alain REY

Il peuvent rire, en effet : la crise institutionnelle de 2010, sur fond de tensions identitaires et linguistiques, s’est achevée par l’élection d’un Premier ministre dont on nous a spécifié qu’il serait flamand. Il s’appelait (roulement de tambour)… Yves Leterme ! Un ministre à facilité ? S’il n’y avait pas ces tensions, on ne ferait même pas la remarque… Prenons le sujet par l’autre bout : la mixité croate/serbe, ou bien russe/ukrainienne ne posait aucun problème, jusqu’à ce que çà dégénère…

  • Panneaux routiers :

Parlons du fait, en Belgique, de ne pas traduire les toponymes dans la langue de la région où ils se situent (par ex. en français pour un nom de lieu wallon, selon la norme internationale), mais dans la langue du lieu où se trouve le panneau routier. C’est ainsi que fleurissent en Flandre des LUIK* et des RIJSEL. Il faut deviner qu’il s’agit de Liège et de Lille !

*Ce n’est pas un cri de cochon (luiiik !)

Belgique
Exercice : où sommes-nous ? – spécial dédicace Karambolages. Nous sommes sur le Ring Brussel, c’est-à-dire le périphérique de Bruxelles. Les noms wallons sont transcrits en flamand, donc nous sommes dans la partie néerlandophone de la région bruxelloise. Bergen, c’est Mons. Namen, c’est Namur. Leuven, c’est Louvain. Mais curieusement Charleroi ne se traduit pas. On ne dit pas « Karelkoning » !

Il y a bien d’autres bizarreries outre-Quiévrain*. Evoquons les appellations septante et nonante, d’ailleurs beaucoup plus logiques que nos « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix » : tout n’est pas absurde en Belgique !

*Le Quiévrain est un affluent de l’Escaut dont une partie sert de frontière. Il sépare en deux une commune appelée Quiévrain en Belgique et Quiévrechain en France.

Dernière minute : l’autre jour, à Ostende, j’ai discuté à une terrasse avec un couple de touristes wallons qui étaient rattachistes, c’est-à-dire partisans du rattachement de la Wallonie à la France (il existe un parti pour cela : le RWF – Rassemblement Wallonie France) !


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Mon Saint-Quentin (2)

Saint-Quentin

Ville d’Art et d’Histoire

La fin de l’ère coloniale s’annonce enfin. L’actualité a montré que la révolte des pays africains est liée aux bruits de bottes otanesques (lire le numéro précédent : Cours camarade !) ? Les Américains ont poussé les va-t-en guerre de Paris et la Cédéao à « intervenir » au Niger (riche en uranium…). Une intervention russe en Ukraine, c’est caca. Une intervention au Niger, c’est bien… En tous cas, pour la première fois, les BRICS sont devenus plus puissants économiquement que le G7 ! Du 22 au 24 août s’est également tenu le sommet des BRICS à Johannesburg dans lequel le lèche-cul de l’Otan Emmanuel Macron n‘a pas été invité. Onze nouvelles nations y ont adhéré et il a été question de nouveaux mécanismes de paiement non libellés en dollars entre ces pays. Courage à Dilma Rousseff à la tête de la nouvelle Banque de développement international, dévouée à la dédollarisation. Occident-casino, ou bien Sud en plein croissance grâce aux BRICS ? La lutte continue !

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Une nouvelle rubrique qui accompagnera le début de chaque parution : il s’agit bien évidemment de listes… lesquelles parsèment La Vie mode d’emploi* de Georges Perec (Hachette, 1978). Ce sera en quelque sorte la liste du jour. Voici la « liste Perec » d’aujourd’hui :

*J’écrirai quelque chose là-dessus – voire un pastiche ?

"Il le trouvait assis à sa table en train de regarder les étiquettes d'hôtel que Smautf avait ajoutées pour lui à chacun de ses envois d'aquarelle : Hôtel Hilo Honolulu, Villa Carmona Granada, Hôtel Theba Algésiras, Hôtel Peninsula Gibraltar, Hôtel Nazareth Galilée, Hôtel Cosmo Londres, Paquebot Ile-de-France, Hôtel Régis, Hôtel Canada Mexico DF, Hôtel Astor New-York, Town House Los Angeles, Paquebot Pennsylvania, Hôtel Mirador Acapulco, la Compania Mejicana de Aviacion, etc."
« Ceci dit, on s’est pas posé : on est resté dans l’avion ».
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Bonne rentrée, et je ne sais pas où vous avez passé vos vacances. Honolulu, Acapulco ou bien Saint-Quentin ?

C’est le deuxième volet* de cette rubrique consacrée à Saint-Quentin, ma « ville-doudou ». Avant d’en venir au fait, il s’agira comprendre qu’il y a eu « grandeur et décadence » de cette ville. Il faut donc en tracer l’histoire.

*Le premier était consacré à l’Art déco pour exploiter le grand nombre de photos que j’ai prises dans ce domaine.

Les Saint-Quentinois savent que leur ville se situe dans le Vermandois. Tout part d’un oppidum gaulois : Viromanduorum. Les Romains s’y installent, et quelques années plus tard, l’abandonnent pour préférer une autre colline* ** plus à l’ouest, qu’ils appelleront Augusta Viromanduorum, qui se situera (cardo) sur l’axe Bagiacum (Bavay)-Lugdunum, et sur celui (decumanus) Samarobriva (Amiens)-Aquis (Aix-la-Chapelle). Quant à la Somme, elle ne fut pas navigable avant sa canalisation au 19ème siècle.

*Scénario courant peu après la colonisation romaine (cf. Bibracte remplacée par Autun).

**…dont le point culminant est le toit de la basilique. De là, par beau temps, j’ai pu apercevoir un autre édifice religieux : la cathédrale de Laon (40 km) !

Selon la légende, la tête du martyr Quintinus décapité (à Amiens, pourtant) fut retrouvé sous le temple païen. Une église dédiée à St-Quentin fut alors édifiée, ancêtre de la basilique actuelle dont il est le moment de parler : la construction de cet édifice gothique, plus vaste que les cathédrales de Soissons ou Noyon, commence au début du 13ème siècle sur les vestiges des églises primitives. L’essentiel est achevé à la fin du 15ème siècle (la façade date de la Renaissance). Les deux premiers étages de la tour porche sont antérieurs au reste de l’édifice, on les date de 1195. Quant aux parties supérieures, elles ont été refaites en style classique après l’incendie de 1669. Fortement endommagée par les bombardements de 1917, la reconstruction de cette collégiale royale, élevée au rang de basilique en 1876, s’étala de 1919 à 1956 ! La charpente fut refaite en béton comme à Ypres ou Reims. C’est seulement en 1975 que fut érigée la flèche au-dessus de la croisée, ce qui valut aux Saint-Quentinois de surnommer leur basilique « le casque à pointe » ! J’ai toujours connu ce monument avec sa tour-porche du 12ème siècle, hélas remplacée récemment par un élément architectural évoquant la contre-Réforme…

Saint-Quentin
Quelle horreur ! Comme à Cambrai !

A noter aussi que c’est la seule église, avec Bayeux et Chartres, à avoir conservé son labyrinthe…

Saint-Quentin

Sans oublier mon coup-de-coeur, cette notation musicale découverte récemment !

Saint-Quentin

Dès le haut Moyen-Age, l’ancienne voie romaine nord-sud devint la route des foires, reliant la Flandre à la Champagne, et la ville se développe rapidement. Une charte communale lui est favorable. A l’emplacement de l’actuelle Grand-Place, une importante foire annuelle s’y tient. Aujourd’hui encore, l’hypercentre de Saint-Quentin est entièrement bâti sur des caves, celles-là mêmes qui ont entreposé textiles (« drap »), grains et vins de Champagne qui ont fait l’objet du commerce médiéval.

Enjeu stratégique de premier ordre, Saint-Quentin subit les guerres « de Cent-Ans » et puis, au 15ème siècle, fut disputée au roi de France par les ducs de Bourgogne. Mais la foire perd de son importance, et la ville est frappée plusieurs fois par la peste. En 1447 (mort de Charles le Téméraire…), elle redevient française. En 1509 fut achevé un édifice qui vous est peut-être familier, et est sans doute la seule référence que vous avez de Saint-Quentin. Eh, boomers, vous vous souvenez des billets de 5o francs ? Ce type avec une faluche sur la tête ? C’est Maurice-Quentin [évidemment] de La Tour, le pastelliste du 18ème siècle, enfant du pays. Mais derrière lui on voit un bâtiment plus ancien : l’Hôtel de ville.

Saint-Quentin

En style gothique flamboyant (1509), il est dû à l’architecte Collard Noël. Sa façade se termine par trois pignons (influence de l’architecture flamande). Les arcades sont ornées de 173 sculptures dont certaines sont loufoques ou irrévérencieuses :

Saint-Quentin

Son carillon, installé dans un campanile néogothique, est doté de 37 cloches. L’Hôtel de ville est le bâtiment emblématique de Saint-Quentin. J’y habitais (à St-Q., pas à l’Hôtel de ville !) à l’époque du billet de 50 balles !

En 1557, surgit un événement gravé dans l’histoire collective des Saint-Quentinois : un siège héroïque face aux troupes espagnoles de l’impérialiste réactionnaire Philippe II se termine par une terrible défaite des forces françaises et le pillage de la ville, malgré la résistance menée par Gaspard de Coligny. Saint-Quentin est restituée à la France en 1559.

Au siècle suivant, grâce aux filatures de lin, Saint-Quentin retrouve sa prospérité. Celles-ci perdureront jusqu’au milieu du 20ème siècle. Au 19ème siècle, elle connaît un grand développement en devenant une ville industrielle prospère, grâce à des entrepreneurs sans cesse à l’affût des nouveautés techniques. Les mouvements ouvriers y sont très combatifs. Les productions sont diversifiées, mais la construction mécanique et surtout le textile l’emportent : les « articles de Saint-Quentin » sont alors bien connus.

Revanche de 1557 : le 8 octobre 1870,les Prussiens ne peuvent pas s’emparer de la ville grâce à la résistance de ses habitants. Le siège fut tout de même brisé le 19 janvier 1871.

Saint-Quentin
La Grand-Place entre 1871 et 1914, avec en son centre le monument commémoratif du 8 octobre.

La Belle Epoque fut une période faste pour Saint-Quentin, vite brisée par la première Guerre mondiale : 70 % des immeubles (dont la basilique) sont endommagés. Dans les années 1920, la reconstruction donna au centre-ville la physionomie qu’on lui connaît aujourd’hui. Plus de 3000 immeubles Art déco furent construits [https://champouin.blog/2023/01/15/mon-saint-quentin-1/]

J’ajouterai l’ancienne chambre du commerce, aujourd’hui Espace St-Jacques : un pastiche gothique/Renaissance (1929). Et aussi cet élégant pastiche 18ème siècle rue de la Sellerie (1922) qui prend comme modèle le pavillon de Hanovre construit à Paris sous Louis XV, référence maintes fois reprise, notamment par les architectes Paul Bigot et Louis Guindez pour le musée de la ville, le musée Antoine Lécuyer, consacré notamment à M. Q. de la Tour.

Saint-Quentin
37, rue de la Sellerie : çà en jette, non ? Le toit pentu dans la rue derrière correspond à l’Espace Saint-Jacques.

[A suivre…]

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C’est quoi, ces machins ?

Flyers

Emeutes : 1. Non, la Police ne tue pas. Certains policiers tuent, ce n’est pas la même chose – mais crise de vocations : aux concours, on prend ce qu’on trouve… surtout avec un an de formation (en Allemagne, c’est deux ans et demi) 2. Macron, avant toute enquête, a qualifié cette mort d’« inexcusable » et a de facto déclaré le policier coupable, faisant fi de la présomption d’innocence – or çà n’est pas une vidéo qui doit juger mais la Justice. 3. On a entendu tous les poncifs sociologisants éculés. 4. Personne n’a parlé du trafic de drogue. 5. On a asséné un narratif consistant à préférer parler d’« enfants » et de « petits » plutôt que de délinquants multirécidivistes. 6. On a entendu les mères (pardon, les « mamans ») à la TV, mais pas les pères. Cherchez l’erreur. 7. C’est le fonds de commerce de tous les « comités Adama » financés par les wokistes américains. Et, du coup, des voix pour Bardella ou Maréchal*.

*S’appeler Maréchal, çà ne s’invente pas !

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Sommet de Paris « pour un nouveau pacte financier mondial » : nouvel habillage pour les « conditionnalités » du FMI. Les dirigeants africains et des BRICS ne veulent plus du FMI, de la banque mondiale, de la BCE et de la Commission européenne, et proposent un plan de paix pour l’Ukraine. « On ne peut pas demander à un pauvre de porter une charge supplémentaire », selon le président zambien. D’ailleurs, entre nous, seuls les l’UE, l’OTAN et le Commonwealth ne proposent pas de plan de paix en Ukraine, le reste du monde, oui. Chef de file de cette fronde « non-alignée » : Lula, que je vois très bien malheureusement se faire assassiner…

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Habitants des capitales et métropoles, vous avez vu fleurir sur les murs (surtout au coin des rues), depuis plusieurs années, des petits messages, sous forme de flyers, affichettes ou graffs : « BNE », « VOTE JOHN HAMON », « FUCK THIERRY JASPART » ? Vous avez avez dû voir aussi des petites mosaïques, ou bien des pochoirs.

Tous ces artefacts sont l’oeuvre d’artistes qui ont :

  1. fait les Beaux-Arts,
  2. commencé par intervenir illégalement sur les murs,
  3. utilisé le buzz comme moyen de communication,
  4. essaimé sur le plan international,
  5. employé des assistants, n’ayant pas le don d’ubiquité,
  6. fini par être reconnu dans le monde de l’art grâce aux galeries et aux expositions,
  7. mis en place des produits dérivés qu’ils vendent,
  8. fini par brasser beaucoup d’argent.

Les voici :

  • BNE :

Les fameuses petites affichettes format cartes postales… Et c’est tout ce qu’il fait ! Entre nous, c’est vraiment de la daube… On ne sait « officiellement » pas qui se cache derrière ces trois lettres. Il est sans doute new-yorkais, et a essaimé partout. En 2006, le maire de San-Francisco lançait une récompense de 2500 $ pour toute information permettant d’arrêter le « vandale ». En 2011, BNE fonde la BNE Water Foundation, une organisation caritative dont le but est de fournir l’accès à l’eau potable aux plus démunis.

BNE

  • John HAMON :

Qui est ce type au look d’étudiant gnangnan ? Malgré son prénom, il s’agit d’un artiste français né en 1982. Sa « tronche » (celle de lui lycéen), a commencé à apparaître en 2001. On la voit maintenant dans 33 pays et 77 villes. A l’approche d’élections, on a même vu : « VOTE JOHN HAMON ». Il décrit sa motivation comme suit : « C’est la promotion qui fait l’artiste ou le degré zéro de l’art ». Ce buzz par l’affichage n’est qu’une partie de son activité.

John Hamon

  • Mr. CHAT :

Ce chat jaune ou orange (de tous les formats : il y en aussi sous forme de fresque) est dessiné par l’artiste franco-suisse Thoma Vuille, né en 1977. Apparu d’abord à Orléans en 1997, le chat au sourire prolifère également dans les métropoles du monde entier, mais est également présent à Blois, l’île de Ré, Hénin-Beaumont… « Mon dessin est-il vraiment plus offusquant que les dizaines de publicités affichées en permanence dans les couloirs du métro? »

Mr CHAT

  • Invader :

Il s’agit des petites mosaïques ressemblant aux Pac-Man du jeu vidéo. L’artiste est Franck Slama, né en 1969. Le premier Space Invader est apparu près de la Place de la Bastille en 1996. Aujourd’hui, près de 4000 Space Invaders sont répartis dans soixante-dix-neuf villes du monde entier. La démarche d’Invader se résume à trois points : « la rencontre entre la mosaïque et le pixel, la transposition d’un jeu vidéo dans la réalité et un processus d’invasion à l’échelle planétaire »… Chaque Space Invader est indexé dans une base de données où sont référencés date, localisation, et deux photographies de l’œuvre en place.

Space Invader

  • Thierry JASPART :

La Belgique est un vivier de déconneurs potaches : de Plastic Bertrand à Benoît Poelvoorde en passant par l’entarteur Noël Godin*. En voici un autre : Thierry Jaspart. Et celui-là est multicartes : outre le simple mini-tag « THIERRY JASPART », on peut trouver le fameux flyer « J’EXISTE », mais aussi « FUCK THIERRY JASPART ». Il est l’auteur d’une transcription phonétique du graffiti, et de flyers à poser sous les graffiti et contenant leur traduction en espéranto ! Citons aussi de fausses annonces sonores dans le train et, acte punk par excellence, Chien Chiant, un groupe de néo-folk écologiste qui n’enregistre pas de musique et qui ne se produit pas en concert pour limiter son empreinte carbone ! [https://thierry-jaspart.com/]

*Bien que ce dernier aie stupidement entarté le conférencier d’histoire Henri Guillemin…

Thierry Jaspart
Marre des « bidules » de coins de rues ? Mamadou Jaspart vous propose autre chose…

  • Miss. Tic :

Je suis dans la lune
ne la décrochez pas

Miss.Tic

Il s’agit là des artefacts les plus discrets, les plus poétiques et des moins invasifs de la galaxie du street-art petit format. Miss. Tic (décédée l’année dernière) utilise le pochoir depuis 1982, pour pour y raconter sa vie, ses désirs, ses ruptures sentimentales, ses travers et ses fantasmes, et joue sur les stéréotypes de la femme séductrice. Chacune de ses oeuvres est accompagnée d’un aphorisme : « Madame rêve, Monsieur ronfle », « Je m’édite, tu médites », « Assurez-vous contre le hasard : un regard est si vite arrivé », « Commencer, comment c’est ? »… [http://missticinparis.com/ et https://citation-celebre.leparisien.fr/auteur/miss-tic]

Miss. Tic
L’artiste devant l’une de ses oeuvres.

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Une réponse à « C’est quoi, ces machins ? »

  1. Avatar de confus...confusion !!
    confus…confusion !!

    Ces machins, ce s’rait pas des trucs ?

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S.I.G.L.E.S. (3)

Sigles

Spécial bases de données bibliographiques

Votre serviteur, ayant travaillé dans les bibliothèques et les archives, connaît bien cet ouvrage : Le Métier de Bibliothécaire, Le Cercle de la Librairie, 2019. Ouvrage collectif, et certains auteurs ont fumé la moquette. Je cite Silvère Mercier (p. 188) : « La fortuité fait ainsi référence au bain d’information facilitateur d’une sérenpidité active et productrice de sens, d’individuation. Car la sérenpidité est un hasard d’autant plus potentiellement heureux qu’il y est aidé, c’est-à-dire, pour prendre une image, qu’il se déploie dans une piscine plutôt qu’un océan informationnel. Sous peine de se transformer en hasard malheureux, en zemblanité, naviguer sur le Web suppose un art de vivre le Net ». On en a interné pour moins que çà… Un autre auteur cite Linda Willander, bibliothécaire à Malmö (Suède) :« [la bibliothèque] offre la possibilité […] de consulter des personnes en chair et en os […] : parents homosexuels, femmes musulmanes voilées, punks, militants de défense des animaux, skinheads, transsexuels, auxiliaires de la circulation routière, et beaucoup d’autres… ». Qu’en penser ? « Vivre ensemble » ? Diversité ? Inclusivité ? Auberge espagnole ? Cour des miracles ? Freak show ? Les bibliothèques sont-elles des zoos humains où les voyeurs viennent voir la nouvelle attraction et où Marie-Chantal vient s’encanailler ? Je vais soumettre tout çà aux wokistes de la Nupes… ils seront ravis de la présence de skinheads !

Passons au troisième opus de nos sigles intéressants. Sigles remarquables, dit-on dans un contexte encyclopédique ou de miscellanées. Dans les métiers bib/archives, j’en ai donc vu passer certains.

Ces sigles ont en réalité commencé à apparaître au milieu des années 70 avec la montée en puissance des instruments de recherche bibliographiques informatisés qui ont remplacé les fameuses fiches dans les meubles à tiroirs, et qui ont unifié le mode de catalogage.

Fichiers à tiroirs
Je me souviens des fichiers à tiroirs…

Tout cela va intéresser deux lectrices (?) de ce blog : Mylène Arrieux et Nathalie Conseil.

Tout commence donc avec MARC* (MAchine Readable Cataloguing), premier du genre (1977) et son avatar actuel UNIMARC. On savait bien que marcjoly, votre serviteur, était unique !

*MARC, c’est aussi : Modélisation et Analyse pour la Recherche Côtière…

Pour rester dans les prénoms, il y a PASCAL (Programme Appliqué à la Sélection et à la Compilation Automatique de la Littérature)** et son copain FRANCIS (Fichier de Recherche bibliographique Automatisée sur les Nouveautés, la Communication, et l’Information en Sciences humaines et sociales). Quant à CONSTANCE, c’est : CONservation et STockage des Archives Nouvelles Constituées par l’Electronique.

**Il y eut également un langage informatique nommé Pascal, allusion au grand Blaise et sa machine à calculer.

La mythologie grecque est aussi à l’honneur avec ELECTRE (bibliothèque ELECTronique de REcherche bibliographiques). En France, c’est cette dernière, avec OPALE (qui n’est pas un sigle, hélas !) qui a précédé UNIMARC en ce qui concerne les bibliothèques publiques. PRIAM, lui, est le Préarchivage Informatisé des Archives des Ministères.

Pour ce qu’on appelle l’indexation matière (classement par thème, pour faire court), il y avait -à une lettre près- la base RAMEAU (Répertoire d’Autorité Matières Encyclopédique Unifié), qui a toujours cours. COUPERIN existe aussi : créé au départ pour négocier les conditions de vente des périodiques électroniques pour un groupe de bibliothèques universitaires, ce n’est hélas pas non plus un sigle.

Un système d’indexation automatique, développé par le CNRS, s’appelait SYNTOL – sans H – (SYNtagmatic Organization Language). Pendant ce temps, les Britanniques développaient PRECIS (PREserved Context Indexing System). Les Américains, eux, créaient TEST (Thesaurus of Engineering and Science Test).

« Un entrepôt de métadonnées de référence ayant vocation d’optimiser le signalement des ressources électroniques afin d’en faciliter l’accès » (vous n’avez rien compris, moi non plus !) s’appelle BACON (BAse de COnnaissance Nationale). Allusion à Francis Bacon : pas l’artiste contemporain, mais le philosophe (dit humaniste) de la Renaissance, dont certains écrits ont été le point de départ du système de classification de William Torrey Harris pour les bibliothèques des États-Unis dans la seconde moitié des années 1800.

Bacon

Autre base de métadonnées : ADAMANT, qui signifie : Accès et Diffusion des Archives et de Métadonnées des Archives Nationales dans le Temps. Il est regrettable que adamant veuille dire « diamant » en anglais pour désigner un outil développé par et pour les Archives Nationales… de France !

Quoi d’autre au menu ? LIBER est la LIgue des Bibliothèques Européennes de Recherche. Quant à VITAM, il s’agit de Valeurs Immatérielles Transmises aux Archives pour Mémoire : c’est une plate-forme d’archivage électronique. Toujours dans les archives, PIAF est le Portail International des Archives Francophones.

Ad vitam aeternam
Ad vitam…

Scolaires, les crieurs chantent nos crayonnages
Solaires, les rieurs hantent nos rayonnages !

Slogan affiché devant la BU de la fac de Paris-VIII Saint-Denis.

Mais l’apogée, l’acmé, la cerise sur le gâteau est que la revue de l’Abes (Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur) s’appelle Ar(abes)ques. Génial ! Quant au blog technique de l’Abes, c’est Punktokomo. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi çà veut dire quelque chose : c’est « point-virgule » en espéranto. Les bibliothèques… l’espéranto… un Bacon proto-philologue… il y a là un pattern intéressant, comme on disait naguère dans un mouvement que j’ai bien connu. Des membres de l’Oulipo (Eco, Perec…) ont gravité autour des bibliothèques et du CNRS. Umberto Eco était de surcroît espérantiste ! Or il existe bien un OuBiPo (Ouvroir de Bibliothèque Potentielle), mais, à la différence de l’OuLiPo, il n’a aucun rapport avec les Ou-X-Po génériques issus de la Pataphysique. Cet OuBiPo frauduleux est tout simplement un blog de « réflexions sur l’évolution des données bibliographiques à l’Abes ». Mais cette appellation n’est pas gratuite et je soupçonne quelques authentiques oulipistes d’être à l’origine de l’Abes… Piste à suivre, et j’essaierai de vous en rendre compte.

Pascal Obispo
« Ah non, moi c’est Obispo ! » Mais j’ai fini par apprendre que Pascal Obispo était l’anagramme de Pablo Picasso…

Koi ? Keskidi ? C’est du chinois pour vous ? Sur l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle), voir www.oulipo.net (site malheureusement peu intuitif) et https://fr.wikipedia.org/wiki/Oulipo. Cà me donne l’idée de consacrer un Dekoikonparle à la pataphysique…

Bon. Je vais me ReLIRE (REgistre des Liens Indisponibles en REédition numérique).

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J’les confonds toujours (5)

Dupont et Dupond

L’autre jour aux alentours de la fac de Paris VIII-Saint-Denis, j’ai vu cette affiche : « DES SISTERS, PAS DES CISTERFS ». Diable ! Si vous n’êtes pas au courant du jargon wokiste, je vous explique. TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist) est une dénomination que le Lexique Trans rédigé par le planning familial [!] définit comme « une fraction de féministes et d’individu.e.s luttant contre les droits des personnes trans au nom de la sécurité des femmes cis dans les espaces non mixtes ». Vous n’avez rien compris ? Sachez que la guerre est ouverte entre les féministes cisgenre et les trans d’apparence féminine qui préfèrent que l’on dise « personne avec un vagin » plutôt que « femme ». Je me doute qu’être trans n’est pas forcément confortable, mais on en est là, et les règlements de comptes se font par affichages interposés dans une ZAD, pardon, une fac qui est celle de tous les pires possibles, entre Hezbollah, Extinction Rebellion et Indigènes de la République.

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Je ne vais pas dire : trans et féministes cisgenre, j’les confonds toujours. On a lancé des fatwa pour moins que çà !

  • BUCAREST et BUDAPEST – deux capitales européennes.

Le pont-aux-ânes de la confusion de villes, surtout pour les pays de l’est, du genre « tout çà c’est pareil »… BUCAREST (Bucuresti, en roumain) est la capitale de la Roumanie, et compte 1 883 400 habitants. Le nom provient de l’allégeance à un certain Bucur, vraisemblablement un important propriétaire de troupeaux. La ville se trouve au confluent de la Colentina et de la Dômbovita, affluents d’un affluent du Danube. Ses bâtiments baroques, néo-classiques et Art nouveau ont été mis à mal par l’architecture stalinienne du régime de Ceaucescu. BUDAPEST (1 752 300 hab), c’est autre chose : Aquincum, site celte sur le Danube, devint Buda (patronyme du nom d’un frère d’Attila) à l’ère de la dynastie Arpàd (895), capitale hongroise. Sa réunion avec Pest (cavité rocheuse, en slave), sur l’autre rive du Danube, en 1873, a donné ses nom et configuration actuels. Très belle ville (cf. Prague ou Vienne), contrairement à BUCAREST. Elle est dominée par son imposant château. Son métro date de 1896, le plus ancien après celui de Londres !

  • Bernard BUFFET (1928-1999) et Jean DUBUFFET (1901-1985) – deux peintres français.

Jean DUBUFFET, artiste autodidacte, est le premier théoricien ce ce qu’on appellera l’art brut : celui des « fous », de gens « simples » ou de marginaux. Son œuvre est composée de peintures, d’assemblages souvent qualifiés à tort de « collages ». Il a beaucoup inspiré Antoni Tàpies. Installé à Vence en 1955, il y restera jusqu’à se mort. Sa propre collection a été léguée au château de Beaulieu, à Lausanne [A noter qu’il existe également une dynastie de peintres et sculpteurs : les Dubufe (avec un seul f), depuis Claude-Marie Dubufe (1790-1864), jusqu’à Juliette Dubufe-Wehrlé (1879-1918)]. Quant à Bernard BUFFET, c’est un peintre expressionniste (personnages, figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs). Aquarelliste, c’est également un peintre de décors et un illustrateur. Il fut le compagnon de Pierre Bergé jusqu’en 1958, puis épousa la comédienne Annabel Schwob. Il se suicidera en 1999. Un musée lui est consacré au Japon.

Buffet froid

  • Daphné BURKI (née en 1980) et Delphine BURKLI (née en 1974) – deux femmes en D.ph.ne BURK.I, mais pas en burkini !)

Delphine BURKLI est une femme politique (RPR et ses avatars, puis Horizons) formée par Pierre Lellouche, élue locale à Paris puis à le région Ile-de-France. Daphné BURKI est la fille d’Hubert Marin de Montmarin et de Catherine Maeght. Des gens comme vous et moi… Ancienne élève des Beaux-Arts, elle est animatrice et chroniqueuse à la télévision. On s’en branle complètement…

  • CABOURG et COMBOURG – deux villes en lien avec des écrivains.

CABOURG (36564 hab.) est un port du Calvados entre Caen et Deauville, au bord de la Dives. Le nom provient d’une racine cad : le combat. Henri Durand-Morimbau, homme d’affaires et avocat parisien, décide dans les années 1850 de créer une station balnéaire dans ce village de pêcheurs. Mais sa montée en puissance date des années 1920. Ce fut aussi la ville de villégiature de Marcel Proust, qui aimait résider dans « son » Grand-Hôtel. Quant à COMBOURG (6082 hab., label « Petite cité de caractère »), c’est en Ille-et-Vilaine. On ne connaît pas l’origine du nom. Au haut Moyen-âge, la seigneurie de Combourg fut créée par l’archevêque de Dol d’où l’existence du château. L’armateur malouin René-Auguste de Châteaubriand acquit le comté de COMBOURG et s’y installa en 1777. Son fils, le fameux François-René, l’écrivain, y passa douze ans de sa jeunesse. « L’ensemble du château, fièrement assis sur le rocher, — avec son étang et ses bois, l’église et les maisons de la petite ville qui l’entourent, la vallée qui s’ouvre devant lui et le vaste horizon de landes qui la termine, présente un caractère de grandeur mélancolique qui n’est point sans charmes ». J’ai eu personnellement l’impression que ce château massif en pierre brune écrase le village et le plonge dans l’ombre…

  • John CAGE (1912-1992) et Nick CAGE (né en 1964) – deux touche-à-tout artistiques.

John CAGE est un « compositeur », « poète » et « plasticien » américain. Il étudie la composition auprès d’Arnold Schönberg, mais veut la déconstruire en remplaçant la notion de cadence par celle de temps. Il commence à remettre en question la position occidentale de l’artiste, s’initie à la spiritualité hindoue, introduit le hasard dans la composition et expérimente la fusion des arts (danse, musique, architecture, peinture, etc.). Il rencontre le danseur et chorégraphe Merce Cunningham, qui deviendra son compagnon. Que dire de ses oeuvres ? Ce sont plutôt des performances, et dans le genre, il y en a de meilleures… Esprit potache ou véritable « daube » ? Je penche pour la réponse B, Jean-Pierre. Quant à Nicolas (Nick) CAGE, de son vrai nom Coppola (Francis Ford est son grand-cousin), il provient d’une famille d’italo-américains acteurs, chanteurs, danseurs, etc. Acteur, réalisateur et producteur, lui-même, il a joué dans des centaines de films.

A suivre…

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En l’an 2000… (2/2)

Futur

Dans le première rubrique En l’an 2000… (https://champouin.blog/2022/07/01/en-lan-2000-1/), j’avais évoqué les machines à apprendre. J’aurais pu parler des théories de Burrhus F. Skinner (1904-1990). Ce dernier, chantre du béhaviorisme, voyait l’apprentissage à l’aune des expériences cognitives… sur les rats. Son obsession était de « contrôler le comportement humain ». Pour cela, « il n’est pas excessif de comparer la machine à un précepteur privé » en « utilisant ce feed-back immédiat non seulement pour modeler efficacement son comportement [à l’élève], mais pour le maintenir en vigueur, d’une manière que le profane traduirait en disant que l’on tient l’intérêt de l’élève en éveil ».

Aujourd’hui, le site de l’Enseignement informatique et public (EPI) présente des logiciels éducatifs répondant à ce cahier des charges ! Inquiétant…

[Source : Groupe éducation de Solidarité & Progrès, Face à la dislocation de notre société, Emanciper l’esprit humain, brochure, septembre 2016]

Voici la suite de ce qu’on pensait se réaliser « en l’an 2000 » :

  • « On s’habillera unisex » .

C’est à la fois vrai et faux. De nos jours, hommes comme femmes s’habillent en jean/ T-shirt, uniforme globalisé que tout le monde porte parce que les autres en portent.* On s’habille aussi en uni-âge, les femmes voulant ressembler à leur fille, et les hommes à leur fils (barbe de trois jours, T-shirt à message, machins aux pieds en plastique siglés Nike, et trottinette comme pour enfant de quatre ans…). Notons qu’il s’agit d’un unisexe… genré, car la mode (surtout le streetwear) impose le look Barbie pour les unes et bad boy pour les autres ! En tous cas, il ne s’agit pas de l’unisexe des séries SF des années 70 avec les combinaisons Courrèges. Il ne s’agit pas non plus de vêtements interchangeables, les deux sexes n’ayant pas les mêmes morphologies…

*L’auteur de ces lignes, qui déteste le mainstream et la dictature de la majorité, n’en porte pas.

  • « On fera ses courses en restant chez soi ».

On y est, malheureusement ! Le Corbusier avait imaginé qu’on commanderait par téléphone et qu’un système de tapis roulant nous délivrerait les courses. C’était compter sans l’internet, et sans l’intervention des nouveaux esclaves amazoniens ou ubériens, comportement aggravé par la crise sanitaire. Du temps de la préhistoire des courses à domicile, une fois que mamie avait fait son choix grâce au catalogue Maximo ou Thiriet, le camion passait livrer le surlendemain. Aujourd’hui, un opérateur comme getir livre « en moins de 10 mn ». Envie d’un paquet de chips à trois heures du matin, comme un gros bébé ? Un migrant sans papiers risque sa vie dans la circulation pour satisfaire votre caprice…

  • « La pilule en vente dans les Monoprix » (Antoine).

« La pilule en vente
dans les Monoprix. »

Antoine

Sacré Antoine ! Heureusement, les pilules contraceptives ne sont pas des bonbons, sont délivrées sur prescription médicale et en vente dans les pharmacies (qui en l’an 2000 seront des drugstores, c’est bien connu !). Malgré cela, il y a eu de gros dégâts avec la pilule de première voire de deuxième génération, notamment des cancers. Par définition, la pilule contraceptive est un perturbateur endocrinien et n’est pas anodine. Ces derniers, qui peuvent être aussi des additifs alimentaires ou cosmétiques, se retrouvent via les urines dans l’environnement et l’eau du robinet, et joueraient un rôle dans la baisse de la fertilité masculine…

Antoine et les Problèmes, Les élucubrations, 1966. – « Les Problèmes » ! Une appellation punk avant l’heure !

  • « On aura éradiqué les épidémies ».

Oui, tu l’as dit, bouffi ! Avec le HIV, Ebola, le SRAS, la COVID et la variole du singe, sans compter la bonne vieille grippe qui est toujours là ! En vérité, des milliers de types d’agents pathogènes « dorment » dans la biosphère. Ensuite, nos comportements (mondialisation, déforestation, élevage intensif…) nous mettent en contact avec le vivant et déclenchent des zoonoses. Dans les années cinquante, on avait la solution : antibiotiques et vaccins à gogo. Mais on l’a vu : l’excès et l’abus d’antibiotiques atténuent leur effet, et le vaccin* préventif ou curatif n’est pas adapté à toutes sortes d’agents pathogènes, lesquels trouvent souvent la parade en mutant. Heureusement, il y a maintenant les » vaccins 2.0″ à ARN messager. C’est une technique, il y en aura d’autres.

*Faut-il rappeler que le principe de la vaccination n’est pas néfaste, bien au contraire !

  • « On aura des montres-téléphones sur lequel apparaît le visage du correspondant ».

Comme dans la série Cosmos 1999 ! En réalité, ce n’est pas la montre qui fait téléphone, mais l’inverse. Le smartphone (quel vilain mot !) est un terminal informatique à tout faire, muni d’un clavier. Ce dernier, même virtuel, est une contrainte qui empêche de miniaturiser plus l’engin : ce qui fait que les montres connectées existent mais en mode passif (consultation de SMS et de notifications). Quant à la tronche de l’autre sur l’écran, çà existe : c’est Skype. Mais le but des smartphones, c’est le nomadisme, autre contrainte pour les appels en visio.

  • « On pourra remplacer toutes les parties du corps ».

C’est en cours. On a aujourd’hui les prothèses osseuses, articulaires, dentaires, optiques, auditives. Egalement les greffes de sang, peau, cornée, mains, visage, foie, rein, foie, poumon, coeur, utérus… Mais pour le reste, cela demandera énormément de recherches pré-cliniques et cliniques, d’autant que les problèmes dus aux rejets n’arrivent toujours pas à être à 100% résolus. Cela se fera donc graduellement sur un siècle ou plus. Seule exception : le cerveau. Le cerveau endommagé dopé par des circuits électroniques, ou bien carrément remplacé par un autre encéphale téléchargé grâce à une clé USB… Désolé, Elon, mais non seulement il faudrait des siècles pour y parvenir techniquement, mais de plus, modéliser numériquement des sentiments et des ressentis est impossible.

  • « On prendra la pilule du bonheur« .

Décidément, les pilules… Des expériences ont été réalisées notamment dans les années cinquante avec le LSD et autres substances…, plus ou moins annoncées par l’agent de renseignement Aldous Huxley dans Le meilleur des Mondes (le soma), et développées par l’Institut Tavistock de Londres et le projet MK Ultra autour de Timothy Leary. Des avatars de ces substances s’appellent LSD, amphés, crack… On l’aura compris, la pilule ou seringue du « bonheur » n’est que celle du plaisir très immédiat… et un moyen de contrôle des populations ! D’autre part, il y a des millions de gens sur terre qui se nourrissent d’antidépresseurs (les Français en tête !). Sont-ils heureux pour autant ?

  • « On fera ses courses au drugstore ».

En réalité, aucun français n’est fichu de savoir exactement ce qu’est un drugstore. Concept étasunien et canadien (avec quelques différences entre ces deux pays), ou japonais (les konbini),le drugstore est avant tout une supérette ouverte jusqu’à minuit, ce qui n’a rien d’extraordinaire. On y vend de surcroît des cigarettes (le bureau de tabac est une exception française), des journaux, de la papeterie courante et de la parapharmacie (ce qui est délivré ou non sur ordonnance diffère des deux côtés de l’Atlantique). C’est ce dernier point – « acheter des médicaments chez l’épicier » – qui a créé chez les Européens le fantasme du drugstore. Et puis, « çà fait américain ». A tel point qu’en 1958, Marcel Bleustein-Blanchet (Publicis) avait lancé à Paris les « Drugstores » Champs-Elysées puis Matignon et St-Germain. Cosmétiques, journaux, gadgets et restaurant, bien loin des réalités américaines. Il n’en reste plus qu’un seul, en haut des Champs-Elysées, devenu un lieu de luxe pour touristes fortunés. La France de l’an 2000 est donc loin de faire ses courses au drugstore.

  • « On fabriquera des bébés en laboratoire ».

A vrai dire, depuis des années, on est en train d’explorer des modes de conception atypiques (insémination artificielle, fécondation in vitro, grossesse pour autrui) mais les bébés sortent encore de « l’origine du monde ». Pour les faire « en laboratoire », il faudrait créer un utérus artificiel extra-corporel, ce qui pourrait être possible dans plusieurs décennies. Mais pas d’eugénisme ! Il faut réserver ces pratiques pour une impossibilité de procréer naturellement.

L’Origine du Monde ?

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Parlez dans l’Hygiaphone !

Hygiaphone

Spécial 1er mai !

Pourrissement ?

J’ai retrouvé cette petite pépite de 1985. Il s’agit de l’un des poèmes les plus connus de Joby Bernabé, poète martiniquais né en 1945 :

Joby Bernabé, La logique du pourrissement, 1985.

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Mort de Harry Belafonte : un partisan de première heure du Mouvement des droits civiques de Martin Luther King, et un militant pour la paix. Kennedy le nomma comme consultant dans les Peace Corps, dont les volontaires travaillaient de concert avec des gouvernements, des écoles, et des entrepreneurs sur des sujets comme l’éducation, la santé, l’agriculture dans les pays en développement. Un autre artiste fut plus engagé encore : Paul Robeson (1898-1976), authentique militant communiste, et tête de turc du maccarthysme.

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On peut penser ce qu’on veut de la fonction publique (FP) : inertie, corporatisme syndical, agents planqués, manque de motivation derrière le guichet, déconnexion du monde économique, népotisme… Ce sont souvent des réalités qui ne doivent plus être. Mais ces constats sont utilisés par les élites euro-libérales pour dégraisser le « mammouth » public et le mettre au pas du secteur privé, sans se soucier de la raison pour laquelle une FP existe. Je n’ai qu’une insulte à leur adresse : « comptables ! » Et au guichet, vous êtes priés de parler dans l’Hygiaphone !

Les élites ont donc mis la FP à l’aune du privé via des critères de management, un mot même pas français. Oh, pardon nous sommes une start-up nation ! Voici donc un florilège de novlangue orwellienne due à cette nouvelle orientation, cette nouvelle politique, euh… gouvernance, qui déterminera l’efficacité… euh, l’efficience de la FP .

[Sur le management, lire : Johann Chapoutot, Libres d’obéir – Le management, du nazisme à aujourd’hui, nrf essais, Gallimard, 2020 : tout sur les inventeurs du management moderne, Herbert Backe ou Reinhard Höhn, des « rationalisateurs de la performance » du IIIème Reich, reconvertis après-guerre en gourous du management… – Dans un autre registre : Jean-Bill Duval, Karim Duval, Petit précis de culture bullshit, Le Robert, 2023.]

Il n’y a plus donc d’administrations, de services, d’établissements ni de prestataires*. Il n’y a plus que des opérateurs, voire des acteurs ! Hollywood devant la machine à café ! Ces opérateurs, dont on détermine le périmètre, sont sous la tutelle d’autres opérateurs… ou plutôt ils ont ces derniers comme niveau de portage.

*On a introduit des prestataires, puisqu’on a désormais dénié aux fonctionnaires le droit de planter un simple clou…

Niveau de portage
Le niveau de portage du sac de la vieille dame…

Les fonctionnaires sont groupés par corps de métiers, c’est-à-dire par corps (tout court). Bon, il y a mieux que « corps », lesquels devraient d’ailleurs être redéfinis et actualisés, mais on emploie aujourd’hui le néologisme filière métiers, anglicisme tête-à-claque qui consiste à juxtaposer deux substantifs sans préposition entre les deux. Le personnel est remplacé par les personnels, autre anglicisme, et la direction du personnel remplacée par la direction RH, laquelle s’appelle ainsi car l’humain n’est plus pris en cause. Les postes déterminent les effectifs… mais çà, c’était avant. Depuis la LOLF, nouvelle comptabilité publique depuis 2001*, on compte les agents en EPTP (équivalents temps plein travaillés). L’inhumain, encore…

*Cette nouvelle comptabilité alloue désormais les « enveloppes » en fonction d’objectifs, ce qui est une bonne chose. Mais ceux-ci ne sont pas qualitatifs : ce sont des objectifs de performance…

Comment tout cela marche ? Grâce aux moyens humains (?), financiers et juridiques alloués aux opérateurs de la FP. Pardon : grâce à la boîte à outils. Exemple : la boîte à outils RH. Et ce qu’on appelait autrefois « services généraux », s’appelle maintenant fonctions « transversales », par opposition aux fonctions « sectorielles ». Toutefois, on emploie là encore cet anglicisme de fonctions support ! A propos de moyens juridiques, on ne parle plus d’application d’un texte du général au particulier, mais de déclinaison ou de transcription.

Alors on ne dirige plus, mais on pilote. On ne décide plus mais on rend des arbitrages. Et ensuite on finalise, et on attend que ce soit décidé, pardon, acté. Si les choses changent, on ne parlera plus d’hypothèses (d’évolution, de décision) mais de scénarios (Hollywood, encore !) qu’il faudra valider.

Pilotage
On ne dirige plus mais on pilote.

Donc les fonctionnaires fonctionnent, et leur travail est cadré par des notes et des mémos, maintenant des modes opératoires et des consignes opérationnelles, qu’il faudra incrémenter (moi, je les excrémente !)… Celles-ci décriront les modalités des missions qui impacteront le service. Lesquelles missions, de plus en plus, ont été façonnées par des consultants issus de « cabinets de conseil » (Mc Kinsey, Deloitte, KPMG, etc) et dont le but est « d’enjamber » les fonctionnaires.

Voilà l’idéologie des nouveaux n+1, n+2, n+3, etc. Oui : les brasseurs de vent qui « bullshitent » beaucoup, ceux-là même qui ont voté Macron, et qui aujourd’hui, tandis que leurs subordonnés de catégorie C viennent au travail en RER et métro, se la pètent en arrivant le matin avec leur vélo électrique, et se gargarisent de mots tels que « développement durable » et « diversité », tandis que 1. leurs batteries de vélo exploitent les Congolais dans les mines de cobalt et que 2. leur « diversité » exclut les banlieusards et les agents de plus de 60 ans.

Sans faire du Bourdieu à deux balles, je pense qu’il y a des coups de pied au niveau du cul qui se perdent.

Curieusement, les agents ne sont pas encore des collaborateurs, comme dans le privé. En tout cas, les fossoyeurs de la fonction publique, ainsi que la nouvelle génération de chefs de service technocrates carriéristes, collaborent bien, eux !

Il fut une époque où on en a fusillé pour moins que çà.

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Une réponse à « Parlez dans l’Hygiaphone ! »

  1. Avatar de rions mes frères.
    rions mes frères.

    Dans le même ordre de « bullshitting  » il y a le film « les 2 Alfred » avec les excellents frères Podalydès, où il est question d’un poste de « consulting process » à pourvoir dans une start up. Va comprendre !

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L’oeil de Paris (3)

Rue de l’Abbé-de-l’Epée

Place de l’Abbé-Georges-Hénocque

Dernière minute (15 avril) : Macron devait promulguer la loi retraites « dans les jours qui suivent », puis « dans les 48 heures ». Il l’a fait le jour même… Cela s’appelle une déclaration de guerre contre le peuple.

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Dans le numéro 21 (mars 2023) de la revue scientifique epsiloon, une offensive (tout un dossier !) pour valoriser les jeux vidéo. Dès l’apparition de ces derniers, leurs détracteurs furent considérés comme d’horribles réactionnaires, tout comme ceux qui critiquaient la faillite de « l’école républicaine ». Puis l’opinion changea, sur la base des dégâts causés par les écrans, de l’agressivité, du manque de concentration, etc. Et là, abracadabra et patatras : de « nouvelles études » sortent d’un chapeau pour promouvoir l’absence de risques, voire les bienfaits de cette pratique « culturelle ». Cà ne vous rappelle rien ? A propos d’autres choses tout aussi addictives ? Bingo : le tabac et le sucre ! Le tabac, dont le lien avec les cancers n’était « pas prouvé »… Le sucre, faux problème car le vrai, c’était « le gras »… Il y a fort à parier qu’encore une fois, les lobbies sont à l’oeuvre, dégainant des études dont les auteurs ont été achetés !

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Aujourd’hui la rue de l’Abbé-de-l’Epée (commençant rue Gay-Lussac, 48 et finissant rue Henri-Barbusse, 1), à ne pas confondre avec la rue de l’Epée-de-Bois, non loin de là. Cet abbé (1712-1789) fut l’inventeur de la langue des signes et fondateur de l’institut des jeunes sourds.

rue de l'Abbé-de-l'Epée

Ce mur, parcourant la quasi-totalité de la rue, abrite l’Institut des Jeunes sourds dont l’entrée est rue Saint-Jacques.

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Aux sourds-muets

Ode aux sourds-muets !

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Colonel Fabien

Contrairement à ce qu’on croit, le PC du Colonel Fabien n’était pas sous l’actuelle place du même nom !

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rue de l'Abbé-de-l'Epée

Un air d’Italie…

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Librairie Armand Colin

Une vieille maison d’édition qui n’est pas dans le 6ème arrondissement (mais pas loin !).

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rue de l'Abbé-de-l'Epée

Cà fait hôtel de bord de mer !

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Maintenant la place de l’Abbé-Georges-Hénocque, commençant rue des Peupliers, 30 et finissant rue de la Colonie, 81. Hénocque (1870-1953) fut aumônier et résistant.

Nota : je ne documenterai que les « vraies » places. Beaucoup de « places » ne sont en réalité que des carrefours, et aucune adresse n’y correspond.

Il ne manque plus que les bow-windows, et nous sommes à Londres.

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Ah, les chemins de fer, c’était une institution ! Ce bâtiment abrite encore la Mutuelle Générale des Cheminots.

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Place de l'Abbé-Georges-Hénocque

Bien que square veut dire carré, il y a un square (rond) au milieu de cette place circulaire.

A suivre…

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Je me souviens… (3)

Madeleine de Proust

En novembre dernier, Giraudy, grand nom de l’affichage publicitaire des années 60 à 84, rebaptisé et racheté par des « investisseurs », était de retour sous son nom originel. On se souvient de Myriam, la jeune fille qui posait seins nus en 1981, avec la légende « Demain, j’enlève le bas ». Wouaaah ! Tous ceux de ma génération en avaient la langue pendante… Déception : elle avait bien enlevé le bas, mais de dos… Giraudy est revenu ces derniers temps avec une affiche analogue, mais de seins nus, il n’en est plus question. En tous cas, cette anecdote appartient bien à la liste des Je me souviens, dont votre serviteur avait déjà consacré deux billets.

J’aurais pu évoquer d’autres slogans, officiels ou bien commerciaux : « Au volant, la vue c’est la vie », « Mettez un tigre dans votre moteur* » ou le fameux « Maman, maman, je n’ai rien aux dents ».

*On remarquera que huit entrées de la liste concernent l’automobile, un des domaines qui ont le plus évolué en deux générations.

Il reste donc à me souvenir :

Des pompistes.

De l’Hovercraft.

Hovercraft

Des bègues, des bossus et des nains.

Des survêtements vert foncé ou grenat.

Du Yabon.

Des familles nombreuses.

De la tirette de starter.

Des filets à provisions.

Des gens qui étaient vieux à soixante ans.

Du « tac-a-tac ».

Tac-a-tac

Du Parti communiste [le vrai !].

Des chaisières dans les parcs et jardins.

Des monuments noirs car non ravalés.

Du stationnement en épi.

Des crèmeries (« beurre, oeufs, fromage ») qui puaient.

Des cantines on en était servi.

Des bouteilles d’eau minérale en verre.

Des landaus.

Des troupeaux de vaches sur les départementales.

Des phares additionnels Cibié ou Marchal.

Des fameux vert et orange des années 70.

Des teckels avec leur petit manteau écossais.

Des flippers.

Des pare-chocs chromés.

Des cabines téléphoniques à la Poste.

Des ambulances DS break.

Des fiches-cuisine de Françoise Bernard, dans Elle.

De Ménie Grégoire.

Des cassates et des tranches napolitaines, comme dessert au restaurant.

Des boutiques de « photo-ciné-son ».

Des « manèges » à tampons dans les bureaux.

Manège à tampons

Des strapontins au milieu, dans les cars.

Des grands-magasins Inno.

De l’Aspro.

De la petite « queue » antistatique à l’arrière des voitures.

Du courant à 110 volts.

Des mouchoirs en tissu.

Des circuits 24® [marque finalement déposée en… 2020].

Des bâtards dans les boulangeries.

De l’intitulé « location de voitures sans chauffeur ».

De la distribution des prix.

Des opticiens qui vendaient appareils photo et télescopes.

De la mire de la télé.

Mire télévision

Des motocrottes.

Des plaques d’immatriculation noires.

Des poubelles en métal.

Je me souviens du général de Gaulle.

Je me souviens de Gilbert Bécaud.

Gilbert Bécaud (musique), Pierre Delanoé (paroles), Tu le regretteras, 1965.

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Mon Saint-Quentin (1)

Saint-Quentin

Ville Art déco

Bonne année à tous ! Que risque-t-on pour 2023 ? Plus grand-chose car, si vous aviez suivi l’actualité spatiale, vous savez que la NASA a réussi à détourner l’astéroïde Dimorphos.

Paru dans Marianne du 13 octobre 2022.

Dans notre parution du 15 janvier 2021 (il y a deux ans), j’avais évoqué ce qui pourrait arriver, et notamment « un Biden va-t-en guerre menant une intervention contre la Chine ou l’Iran ». Entre nous, on y est : il suffit de remplacer Biden par OTAN, et de considérer le conflit russo-ukrainien comme une guerre par procuration, en attendant d’aller plus loin. Car il ne s’agit guère de Russie vs. Ukraine, ni « d’autocraties » vs. « démocraties », mais de la détermination du bloc Etats-Unis/Grande-Bretagne à affirmer son droit d’être la seule puissance mondiale, avec le caniche UE derrière. Or la majorité absolue des nations, menée par la Chine et les BRICS, sont déterminées à sortir pour toujours de cet ordre unipolaire impérial pour en finir avec la pauvreté et le sous-développement. Ces pays sont en train de construire un ordre économique nouveau. L’implosion imminente du système financier transatlantique fait que l’OTAN* globalisée veut empêcher d’autres nations, dont la Chine et la Russie, d’établir cette nouvelle architecture financière. Le dernier râle de l’Occident qui meurt à cause de sa stupidité libérale, c’est celui, hélas, de la bête blessée qui peut encore charger… Nous en sommes arrivés à une période rude dans laquelle il va falloir être polémique et choisir son camp, camarade !

*Angela Merkel a fini par avouer (Die Zeit du 7 décembre) que les accords de Minsk n’avaient pas été pensés pour être mis en oeuvre, mais pour « gagner du temps » afin que l’Ukraine puisse renforcer ses capacités militaires contre la Russie. Propos confirmés par François Hollande…

Alors, quel est votre camp pour 2023 ? Ne regardez pas vos chaussures…

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Un jour de 1990, en pleine période des fêtes de fin d’année, des amis à moi durent aller à l’enterrement de la violoncelliste Eliane Magnan (je n’y étais pas allé, n’étant pas assez proche). Ils prirent note de l’horaire indiqué sur le faire-part, et filèrent… à Saint-Quentin-en-Yvelines. C’est sur le chemin depuis Paris qu’ils réalisèrent qu’ils s’étaient trompés de Saint-Quentin ! Honte à eux ! Car, aussi bien pour les Parisiens que pour la nouvelle génération, il n’y a de St-Quentin que celui en Yvelines, cette « ville nouvelle », qui n’est même pas une ville. L’autre, c’est « Connais pas ! ». Parfois certains, plus avisés disent : « Ah ouais, St-Quentin dans le Nord ». Raté, c’est dans l’Aisne. Mais j’accepte la réponse : on peut considérer cette ville comme la porte du Nord, ou celle des Flandres.

Je vous invite à consulter une carte de France, si toutefois, vous êtes capable de situer le département de l’Aisne. Vous aurez une excuse, c’est le département le plus artificiel : une moitié pays de France (Soissons, Laon), un quart champenois (Château-Thierry) et un quart picard (St-Quentin).

Pourquoi diable est-ce que je vous parle de Saint-Quentin ? Parce que j’ai une relation amoureuse avec cette ville, ma ville-doudou.

Je vais, je pense, y consacrer plusieurs billets, comme dirait l’ami Ruhaud..

J’y venais régulièrement, chez ma grand-mère, quand j’étais petit. Puis adolescent, nous y avons brièvement habité. On m’aurait dit, ainsi qu’à ma maman, que St-Quentin est une ville « art déco », nous aurions dit, incrédules : « Mais non, voyons ! Pas du tout ! ». J’adorais cette ville, mais à part la basilique médiévale et l’Hôtel de ville Renaissance (illustration en bannière de titre), c’était pour nous des immeubles moches en brique.

Il suffisait de lever le nez.

La ville, « détruite à 90% »* lors de la première Guerre mondiale, a été reconstruite au début des années 1920, tout comme Reims, Soissons ou une partie d’Arras, d’où ce style.

*Chiffre quelque peu exagéré…

Ainsi, la Poste. L’extérieur est moche, mais le grand hall intérieur présentait des fresques, qu’hélas, je n’ai pu revoir : elles sont désormais masquées par un faux-plafond, et ce hall est maintenant cloisonné. Subsiste tout de même l’entrée avec ses mosaïques :

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Et à l’extérieur, on reconnaît bien le style « montre Cartier » :

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Et la gare ? Voici le buffet (je n’ai pas connu). En jetant un oeil à travers une fenêtre condamnée, on pourrait voir ceci, à l’abandon et resté dans son jus (cf. les carrelages émaillés des cuisines et salles d’eau de l’époque) :

Saint-Quentin

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Mais le fleuron, c’était les grands magasins Séret, institution locale qui ferma en 1984. Il y eut d’abord un bâtiment à structure métallique avec sa rotonde, puis en face, quelque chose faisant plus années 30. Entre Art nouveau et Art déco, on passe de la courbe/nouille à la ligne droite/cordeau, et du métal au minéral (je ne suis pas mécontent de mon -faux- montage photo) :

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Une autre rotonde (minérale) répond au coin opposé à Séret :

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Séret n’est pas en reste en matière de grands magasins. Tous les St-Quentinois connaissent le Monoprix (au rez-de-chaussée), dont voici les étages supérieurs du bâtiment :

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Mais savent-ils qu’un trésor se cache à l’intérieur de ces étages ?

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Ils ont été surpris (et moi donc) de savoir que des vestiges des Nouvelles Galeries, grands Magasins de nouveautés (aujourd’hui Monoprix, donc) dormaient dans leur jus depuis l’après-guerre (!) sans être utilisés. Ils ont été présentés aux habitants lors des Journées du Patrimoine en 2021.

L’arrière du bâtiment est typique mais assez laid et surtout dégradé, pourtant on pouvait de mon temps entrer par l’arrière du Monoprix, sous cette coupole (à droite) :

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L’impression de décousu que je percevais autrefois des immeubles de la Grand-Place a fini par faire place à la beauté de l’éclectisme, surtout quand l’ensemble est surmonté de la flèche de la Basilique en arrière-plan !

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Il y a des façades intéressantes sur cette Grand-Place. A gauche, un cinéma devenu une brasserie qui n’a pas rouvert après la pandémie (on remarquera les deux lanterneaux, configuration similaire à celle du Monoprix). A droite, c’était l’ancien Crédit du Nord (avec hall art nouveau) :

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A propos de cinéma, il y en avait un autre non loin :

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Qui l’eût cru ? Ce casino, à l’entrée du faubourg ouvrier où l’on fabriquait les Mobylettes Motobécane… Après avoir été abandonné des décennies, puis devenu un magasin style « tout à 10 F », c’est maintenant une « maison de quartier » :

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Un immeuble quelque peu balnéaire rue Victor Basch, et le marché au poisson sue la place éponyme. Où sommes-nous ? A Granville ?

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Enfin, l’édifice art déco le plus original de St-Quentin, où aussi bien Eliane Magnan que ma propre maman se sont illustrées : le conservatoire municipal, fonction que ce bâtiment exerce encore. Un conservatoire qui évoque des tuyaux d’orgue ! Je ne sais pas si c’est volontaire ou fortuit :

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A suivre…

Et tous dans la rue le 19 janvier !

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