
Retour sur la visite le 27 avril du roi Charles aux Etats-Unis. Dans le message perfide et mensonger qu’il a adressé aux Américains, Charles, ce malthusien invétéré, a affirmé que la Révolution américaine de 1776 était le fruit des « Lumières britanniques » et que le destin des deux peuples était « intimement liés » ! Applaudissements pavloviens des élus du Capitole qui ne se souviennent plus que l’indépendance fut déclarée par les colons américains contre l’Empire britannique et obtenue grâce à la victoire d’une révolte anticoloniale sanglante… Quant à Trump, ce pauvre type atteint du syndrome de Stockholm, il bavait devant les ors, le kitsch, et le mauvais goût princier britannique… « Aujourd’hui, la plupart des anciennes colonies britanniques n’ont aucune idée de ce qu’elles doivent réellement à cet héritage imposant de droit, de liberté et de coutumes britanniques qui leur a été transmis » a-t-il déclaré. Les anciens colonisés apprécieront.
Le fait est que très peu d’Américains comprennent et, encore moins, défendent les principes fondateurs des Etats-Unis...
Quand la canicule s’emballe,
les cannibales s’enc[malheureusement, la suite du texte est illisible]
LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Il y a des rubriques politiques et syndicales, des pages sportives, des bandes dessinées, des nouvelles du lycée, des mots croisés, des petites annonces, des informations locales, des faits divers, de la publicité - généralement fournie par les parents d'élèves ayant un commerce à côté du lycée - et plusieurs rubriques de jeux et de bricolages (conseils pour poser le papier peint, fabriquez vous-même votre damier de jacquet, réussissez vos encadrements, etc.)."
Je suis l’un des rares de ma génération à avoir fait mon service militaire : tout le monde me dit avoir été réformé… N’étant pas sportif, je voulais faire mon service dans la Marine, pour être sûr de ne pas crapahuter.
J’ai donc demandé à faire une Préparation militaire Marine, laquelle s’est déroulée dans un fameux port militaire : Amiens ! Où j’ai passé mon temps à faire du crapahutage, parcours du combattant et pas cadencé. Un beau foutage de gueule ! Je me souviens notamment du second maître Fézelot – un connard.
Néanmoins nous avions aussi appris bon nombre de choses cocasses propres à la Marine.
Nous avions tous reçu le Manuel du Marin, véritable bible. Tout y été répertorié, y compris l’hygiène de vie. Je me souviens de cette phrase : « L’alcool n’est pas un aliment ».

Florilège :
Le béret du marin ne porte pas de pompon : son bachi porte une houppette, ce n’est pas la même chose. Ton bachi porte une houppette ? Grand fou, va !
Il n’y a pas de capitaine dans la Marine, mais un lieutenant de vaisseau. Il y a bien le capitaine d’armes, mais ce n’est pas un grade, juste une fonction : il s’occupe de la discipline. Dans les officiers supérieurs, on compte les capitaines de corvette, de frégate, de vaisseau, appelés plaisamment « cap de vette », « cap de gate » et « cap de veau ».
Nous apprenions également les rudiments de la navigation, mais comme la Terre n’est pas plate, il faut calculer en termes d’angles et jongler avec la trigonométrie, qui m’est totalement hermétique depuis le lycée. On utilise pour tracer sa route la fameuse règle Cras, connue aussi des aviateurs.
Quant aux balises dans les ports, la rouge (cylindre) se laisse à bâbord, et la noire (cône) se laisse à tribord. Moyen mnémotechnique : « bacyrouge » et « tricônoir », (tricot noir). Bassinoire (« bacynoir ») aurait été bien aussi…
Les deux procédés les plus usités (çà a, paraît-il, changé) de moyens de lutte contre les voies d’eau sont le paillet Makaroff et le paillet Colomès, sans compter la plaque obturatrice. Si à 50 ans vous ne savez pas çà, vous avez raté votre vie…

Dans la Marine, il n’y a pas de drapeaux, mais des pavillons. On ne hisse pas le drapeau mais on envoie les couleurs.
On dit un mille, ou un nautique, mais pas un mille nautique.
J’en passe et des meilleures.
La suite fut aussi folklorique : la veille de mon incorporation, on m’appela pour me dire que je commençai le lendemain, sur un navire océanographique. Le rêve ! Arrivé à l’Unité Marine, vers le quai indiqué, je vis un bateau gris. Or je ma souvenais avoir appris que les bâtiments océanographiques étaient blancs. Puis je vis le numéro d’identification : P 659. Mais P, c’est les patrouilleurs ! J’aperçus enfin les deux canons, que n’étaient pas censé posséder les océanos. Les salauds, ils m’avaient dit çà pour être sûrs que je vienne…
Je fis donc mon service en 1984 sur le dernier bateau en bois de la Marine nationale. Oui, vous avez bien lu : en bois. Non pas le Belem à voiles, mais le patrouilleur Canopus (basé à Fort-de-France) équipé de deux machines* de locomotive General Motors. Le dernier d’une série de dragueurs de mines, construits en 1947 et 1954 en bois (peint en gris) pour ne pas attirer les mines. Puis ces dragueurs furent transformés en « patrouilleurs côtiers », pour faire des interventions en Zone Economique Exclusive : nous abordions des navires de pêche coréens, munis (nous, pas eux) de pistolets… sans chargeur !
*On ne dit pas « moteur » dans la Marine.

Je connus donc la joie des escales : je fis du tourisme dans mon coin, tandis que les autres allaient dans les bars à putes. Cela pourra faire l’objet d’un autre article…
A la fin de la Préparation, j’avais voulu le garder le Manuel, mais il avait fallu le rendre afin d’en faire bénéficier la promotion suivante. Je me suis dit naïvement que je me le procurerais quand je ferai mon service. Mais le Canopus était basé à Fort-de-France, où le livre n’était pas disponible : je n’ai même pas pu l’acheter à la cantine. Adieu, Manuel du Marin, qui n’existe plus*, d’ailleurs !
*On peut facilement se le procurer sur Amazon.
Entre nous, la Marine : c’est une secte…
On peut toujours lire : Jean-Charles, La foire aux bidasses, Presses de la Cité, 1973, notamment « Sur la mer jolie », chapitre consacré à la Marine. J’avais emprunté ce livre, que je possède toujours, à la bibliothèque de l’Unité Marine de Fort-de-France, et ne l’ai jamais rendu…