Les canons de septembre

Vladimir Poutine



« – Question de Madame Bellepaire, de Loches ».
Ah, non j’me suis trompé de nécrologie !

Pâté de campagne #1. La dernière en date : un rapprochement potentiel entre Ruffin et Villepin, suite à un « débat » organisé par le média de capitalistes libéraux jouisseurs sans entraves Libération. Alors là, on se tripote ! « On se renifle », rapporte Ruffin qui se prend pour un canidé. Soit Ruffin n’est pas une lumière, soit il a été acheté. Tout ceci à l’air d’une opération pour contenir, orienter et discréditer les candidats plus ou moins souverainistes comme Ruffin, mais aussi peut-être à venir Natacha Polony, celle qui fait du Cheminade sans Cheminade. « Curieusement », le site de Solidarité & Progrès, le mouvement de ce dernier, a été piraté... En tout cas, on sait à quoi sert Villepin…

Et nous ne sommes qu‘en septembre !


A l’occasion d’une visite d’une organisation hindoue (le BAPS*) au deuxième étage de la Tour Eiffel, il a été demandé aux agents féminins du monument de se réfugier dans leur locaux, le BAPS ayant demandé que la visite soit organisée en limitant les « interactions avec les femmes »… Je passe sur le fait qu’on tolère les « privatisations », même partielles.  La Tour Eiffel appartient à la ville de Paris et ses visites sont exploitées par la SETE, délégataire de service public, ce qui n’excuse rien . Mais (votre serviteur a travaillé vingt ans dans les musées), je verrais très bien çà au Louvre : en matière de privatisations, de locations d’espaces et de soirées mécénat, les musées nationaux osent tout : du plus ridicule au plus immoral. Pour reparler de religion, je me souviens de cérémonies bouddhistes au Musée Guimet, en violation du principe de laïcité. Mais il ne faut pas contrarier des Etats qui nous mécènent, ou avec lesquels des contrats juteux sont signés…

*Il n’y a que sur le site de France Info que j’ai pu connaître le nom de ce mouvement, les autres médias ne le mentionnant pas. Pas de vagues…


LA LISTE PEREC DU JOUR :

"If tail is dry : Fine
If tail is wet : Rain
If tail moves : Windy
If tail cannot be seen : Fog
If tail is frozen : Cold
If tail falls out : Earthquake"

Par cette (pseudo-)liste, Georges Perec décrit ici une enseigne de pub londonien représentant un âne dont la queue « était une ficelle tressée et la légende expliquait comment cette queue pouvait servir de baromètre ». Je ne donne pas la traduction. Z’avez qu’à savoir l’anglais !


Vous allez dire qu’à chaque rentrée, marcjoly vous bassine avec une fin du monde style krach financier ou guerre mondiale. Eh bien bingo* !

*Je vous bassine aussi avec mes « bingo » !

Cet été, en famille, la question de la Russie est venue sur le tapis et on s’est engueulés…

Mais rien n’est simple. Comme toujours, il ne faut pas avoir le nez collé sur le conflit Russie/Ukraine en tant que tel, ni sur « il faut réarmer face à la menace russe », ni sur « la Russie s’ingère dans les présidentielles en France* ». Toutefois, rappelons qu’une des causes du vote AfD en Saxe-Anhalt** est le refus de se laisser entraîner par la « coalition des volontaires » dans une guerre contre la Russie : la politique belliciste de Merz a été clairement rejetée.

*On veut nous faire croire que les Russes veulent saboter la candidature de… Glucksmann ! LOL !

** D’autres raisons sont évidemment moins avouables…

En réalité, la Russie ne peut gagner la guerre que si elle se donne les moyens de ses ambitions. Hélas, Poutine n’a pas compris le changement de paradigme financier tel que prôné par les Brics.

Il nous faut alors parler de Sergueï Glaziev : ministre du commerce extérieur sous Eltsine en 1992/93, député à la Douma de 1997 à 2003, conseiller du président de la Fédération russe pour l’intégration économique régionale de 2012 à 2019, commissaire pour les questions macro-économiques à la Commission économique eurasiennne. Depuis 2026, il est secrétaire général de l’Union Russie-Biélorussie. En résumé, Glaziev a été longtemps le conseiller économique de Président russe, et a essayé de le détourner d’une vision libérale sous la coupe des oligarques.

Sergueï Glaziev
La vision de Glaziev est plus dans l’esprit de celle des Brics que de celle de l’ordolibéralisme occidental. Cette illustration ferait un beau billet de monnaie alternative au dollar/euro !

Glaziev est un opposant de longue date de la politique de la Banque [centrale] de Russie. Nous n’allons pas entrer dans le détail. Mais sachez qu’Elvira Nabioullina, la directrice de la Banque centrale, est aveuglée à la fois par les dogmes marxistes et libéraux : « elle ne reconnaît pas que […] les facteurs de production comprennent le capital fixe, les ressources naturelles et le progrès scientifique et technologique »*. Elle voit également la monnaie comme une « marchandise d’un autre genre ».

*Les citations sont extraites de : S. Glaziev, article publié sur son compte Telegram, 27 juillet 2026.

Après Thatcher, Lagarde et Borne, une autre « Cruella«  : Nabioullina !

L’ancien conseiller de Poutine propose de « rétablir des instruments de financements spéciaux destinés à soutenir les prêts des banques commerciales aux entreprises industrielles ». D’autre part, « les banques commerciales publiques devraient se voir assigner des objectifs spécifiques visant à accroître le volume des prêts destinés aux investissements industriels ». Enfin, « la Banque de Russie devrait cesser ses opérations de dépôt et ses émissions d’obligations, car ces pratiques immobilisent les ressources de crédit ».

Bref, la Russie ne s’est pas donné les moyens de gagner cette guerre : les réserves du fonds souverain, à force d’être puisées, sont passées de 113 milliards de dollars depuis le début à 48 aujourd’hui. D’autre part, 60% de la capacité de raffinage a été endommagée, et les pénuries de pétrole se multiplient dans le pays. De plus, la Chine, en désaccord avec l’orientation économique russe, a refusé la vente d’obligations d’Etat émises en roubles sur son marché.

Un autre élément entre en ligne de compte : Poutine est en retard d’une guerre. Il n’a pas vu qu’une guerre peut aujourd’hui se fait de manière « flexible » et participative, comme on le voit avec l’image des « Ukrainiens fabriquant des drones dans leur garage », pour faire court. Or depuis pas mal d’années les geeks et autres start-uppers russes ou russophones issus de l’ancienne URSS montent leur affaire en Ukraine, Géorgie, Kazakhstan, Israël ou Etats-Unis, mais pas en Russie, peu propice au développement de cet écosystème.

Initiée en réaction des provocations d’un Otan qui ne cessait de progresser malgré les promesses occidentales, l’intention russe était légitime mais a été gâchée par des dogmes économiques stupides.

Ce qui veut dire que, aux abois, Poutine pourrait enclencher une mauvaise surprise. C’est l’hypothèse retenue par Phénix, nom de plume d’un expert en renseignement et géopolitique* :

  • Une mobilisation, mais générale, cette fois, sachant toutefois que la population russe ne voudra plus jouer le jeu.
  • Un deal : Trump sacrifierait Zelensky et offrirait à Poutine l’Ukraine sur un plateau, mais il y aurait des contreparties : Iran, Otan, droits de douane… ce qui mènerait à une méga-guerre.
  • Une attaque-test contre une base de l’Otan : en Estonie, Lettonie, Norvège ou Suède.
  • Une opération clandestine majeure : assassinat de Zelensky, opération sous faux drapeau contre la Pologne, positionnement monstre de missiles (« crise de Cuba ») dans l’enclave de Kaliningrad.

*Marianne du 13 août 2026.

1. Vous êtes prévenus. 2. Vous croyez que je passe mes journées à crier « Vive Poutine ! » ? Vous n’avez rien compris !

Allez Vladimir, écoute un peu Glaziev !

On l’aura compris, il ne s’agit pas seulement d’une politique pour gagner la guerre, mais aussi d’une politique de développement économique, laquelle appliquée plus tôt, aurait évité la guerre, car c’est de cela dont il s’agit ! Comme disait le conseiller de Clinton, James Carville, à son poulain candidat aux présidentielles américaines en 1992 : « It’s the economy, stupid » ! – ou plutôt « Это экономика, глупец ! ».


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Entrevue exclusive avec Charles de Gaulle

Charles de Gaulle

De nouveaux lecteurs, assidus je l’espère, de ce blog : les amis Denis Veysset et Yannick Baudry ! A eux d’abreuver ce site de commentaires, histoire que ce ne soit pas toujours la Pacompry, la Laplanche et le Ruhaud…

Nous sommes intimidés et émus : Le Champouin est heureux d’avoir obtenu un entretien avec le général de Gaulle, à l’occasion d’une visite outre-tombe de ce dernier. Le général, avec ses qualités et ses défauts, nous a quelque peu malmenés. Nous reproduisons ici l’intégralité de cette rencontre.

LE CHAMPOUIN [Emus et hésitants] : Mon général, c’est un honneur de nous recevoir. Après cinquante-deux ans d’absence, que pensez-vous de la politique française ?

CHARLES DE GAULLE : Vous ne me demandez même pas ce que je pense du Monde ! Les vieux démons des puissances d’argent ont encore plus de démangeaisons, et les Américains continuent de pousser au crime. Nous sommes à nouveau en plein tumulte des années trente ! Nous avons cédé aux puissances étrangères : c’est la démission du diplomate, et la trahison du militaire. J’avais eu raison de me méfier de l’OTAN. Tout ça pour ça ! [Un temps] J’ai une pensée pour cet Est, mais aussi pour cet Orient qui ne s’est pas simplifié, bien au contraire.

LC : Et les politiques français ?

Ch de G : Franchement, c’est pire que sous la IVe, et je ne vous parle même pas de la IIIe ! Il faut à nouveau donner un coup de pied dans les partis. [clin d’oeil…] Quant aux Français, ils sont naturellement retournés à leurs petites préoccupations, à la défense de leurs petits intérêts, à leurs petites querelles.

LC : Que pensez-vous de Macron ?

Ch de G : Ce gamin, c’est Mitterrand ! Un Rastignac tout en jésuitisme, et la banque Rothschild comme Pompidou. Ceux-là savent tuer le Père ! De toute façon, le centre, ce sont les puissances d’argent.

LC : Et Valérie Pécresse ?

Ch de G : La fonction de président ne sied pas à une femme. Et puis, je crains fort qu’elle soit encore plus libérale que Macron. Toujours les puissances d’argent… Pour paraphraser un de vos slogans : gaullistes partout, gaulliens nulle part !

Les écologistes,
c’est les soviets moins l’électricité.

LC : Et Marine Le Pen ? Çà fait un peu Algérie française, pour vous…

Ch de G : J’ai peu de sympathie pour les familles de millionnaires… Mais vous m’agacez, à la fin, avec votre litanie des candidats à la candidature ! Je suis capable de les citer moi-même ! Mme Taubira, par exemple, même le Parti Radical ne se reconnaît pas dans cette transparence – c’est dire ! Quant à Mme Hidalgo, elle porte de belles robes… Mélenchon ? Il n’est qu’une grande gueule ! Jadot ? C’est un idiot ! Vos « écologistes », c’est les soviets moins l’électricité ! Les candidats que je viens de citer sont tous – vous m’entendez – tous des fossoyeurs de mon grand dessein nucléaire… Seul Roussel et Mme Arthaud me semblent, à défaut d’être réalistes, sensés.

LC : Vous ne nous avez pas parlé d’Eric Zemmour, mon général…

Ch de G : Celui-là est sûr de lui et dominateur … Et puis c’est un Pied-noir : il ne connaît rien à la France industrielle. Mais surtout, il révise l’Histoire. Pour cela, on devrait le fusiller…

LC : Alors, quel aurait été votre candidat idéal ?

Ch de G : Moi-même ! Encore une fois, je dois tout faire dans ce pays, même outre-tombe ! Mais puisque vous insistez, il y aurait ce Georges Kuzmanovic, un vrai souverainiste. Mais il s’y est pris trop tard, et puis, sans argent et avec une presse qui n’aime pas la France… Dans ce pays, on ne favorise que ceux qui sont déjà établis ! A présent, Messieurs, je ne vais pas tarder à me retirer, ce voyage extra-sépulture m’a fatigué. Avez-vous une dernière question ?

Charles de Gaulle

LC : Justement, mon général, nous supposons que vous avez reçu d’autres visiteurs…

Ch de G : Evidemment, et les Français ont brillé par leur absence… Et parmi les étrangers, je n’ai reçu que des importuns, des imbéciles et des crapules : Obama, Gorbatchev, Walesa… Ah, il fallait les voir !

LC : Mais les autres ?

Ch de G : Ceux qui sont en place ? Je ne vous aurais rien dit pour des raisons de discrétion, mais rassurez-vous : ils ont tous fait le mort !

[Nous voulions lui parler de la société, d’Histoire, d’économie, des idées et de sujets de fond, mais il fit un geste discret signifiant la fin de l’entretien.]

LC : Merci beaucoup, mon général, c’était un grand honneur…

Ch de G : Vous me l’avez déjà dit.

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Cette entrevue imaginaire n’est pas sans rapport avec l’actualité internationale [Cet article est rédigé le 26 février].

Ce blog prend depuis un certain temps une tournure plus polémique (je n’oublie pas le reste), mais on ne peut pas rester dans l’insouciance.

Je recommande à tous le discours de Vladimir Poutine du 24 février, à regarder sur le site de RT News (https://youtu.be/TKIIm2ucrXY). L’Occident en prend, à juste titre, plein la gueule : morgue et arrogance euro-américaine, accords non respectés, entrisme de l’OTAN, mensonges médiatiques de la « communauté internationale », coup d’Etat extérieur néo-nazi en Ukraine… Poutine été très posé et très calme, rien à voir avec un Bolsonaro ou un Trump !

Malheureusement, nous aimons trop le Grand-Frère, comme on dit dans 1984. Une collègue me dit : « Mais il n’y aurait pas un moyen de dire la vérité (selon elle) aux Russes, via l’internet ou autre chose ? » Bien sûr, çà existe : il y a Radio Free Europe/Radio Liberty, organe de propagande américaine, mais il y a aussi… toutes les médias occidentaux. Et bien entendu les Russes ont accès à tout cela. Mais ma collègue ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi le discours de Poutine est si peu disponible sur « nos » médias occidentaux (Mme Michu n’a pas l’internet et ne connaît que RTL et Ouest-France). L’impartialité est le grand principe du journalisme ! Mais pour ma collègue, comme pour la plus grande partie de la population, Poutine est, par postulat et par axiome le méchant, et l’idée de présenter les choses de façon impartiale ne l’a même pas effleuré. C’est lamentable.

Quand on a à ce point lavé les cerveaux, c’est que nous sommes en dictature.

Dernière minute. J’ai sous les yeux Le Parisien du 26, qui titre sans rire, page 14 : « S’informer sans être manipulé ». Ce quotidien, comme les autres journaux, n’a jamais fait allusion au contenu du discours du 24… Juste en dessous, sur la même page, on apprend que le sénateur Laurent Lafon (UDI), ex-conseiller de Marine Le Pen, « a envoyé un courrier au président de l’ARCOM pour demander la suspension de RT France ». Quand Poutine dit qu’il faut dénazifier l’Ukraine…

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