
Entrevue avec François Ruffin dans Marianne du 26 février dernier : « Je ne suis pas altermondialiste, j’ai toujours été anti-mondialiste »*, « Je suis réticent au vivre-ensemble : c’est sans-projet, c’est statique. Ce qui fait une nation, c’est de faire** ensemble », « Je ne suis pas sans-frontiériste. la frontière, ce n’est pas un mur, c’est un filtre ». Et vlan dans la gueule !
*Idem pour le rédacteur de ce blog qui n’a jamais supporté cette assertion convenue, nunuche et tête-à-claques : « je suis citoyen du Monde »…
** Souligné par nous.
Autre entrevue dans le même numéro avec l’auteur et metteur en scène Jean-Marie Besset. « Le théâtre ne parle plus que d’antiracisme et de #MeToo ». Pour lui (je le paraphrase) : 1. L’existentialisme, le théâtre de l’absurde, puis le théâtre du quotidien ont fini de ravager le théâtre français, devenu un terrain vague postnucléaire. 2. On est empêtrés dans la sociologie, la lutte des classes, l’antiracisme, l’exclusion, la victimisation. 3. Après 68, le théâtre français était devenu impossible. 4. L’auteur a été remplacé par le metteur en scène*.
*L’auteur de ce blog a constaté la même chose chez son employeur, le ministère de la Culture : les publications internes, qui parlaient encore de culture il y a vingt ans, ne sont aujourd’hui consacrées qu’à la diversité, l’inclusion et la transition climatique, et pourraient être standard avec la littérature des autres ministères.
LA LISTE PEREC DU JOUR :
"En un peu plus de deux ans, Ingeborg fit apparaître 82 fois le Diable, pour des prix qui finirent par atteindre vingt, vingt-cinq et même une fois trente millions de francs (anciens). La liste de ses clients comprend six députés (dont trois devinrent effectivement ministres, et un seulement sous-secrétaire d'Etat), sept hauts fonctionnaires, onze chefs d'entreprise, six officiers généraux et supérieurs, deux professeurs à la faculté de Médecine, divers sportifs, plusieurs grands couturiers, des restaurateurs, le directeur d'un journal et même un cardinal, le reste des candidats appartenant au monde des arts, des lettres, et surtout du spectacle."
Dans l’article Belle marquise [https://champouin.blog/2025/01/15/belle-marquise/], j’avais cité l’écrivain français Alain Damasio, en indiquant en note que je le confondais avec le neuroscientifique portugais Antonio Damasio. Bingo : dans Philosophie Magazine d’avril 2026, entrevue* avec ce dernier… prénommé Alain dans le sommaire !
*Encore ! Mais c’est mieux qu’interview…
Suite des réjouissances de J’les confonds toujours. A ce propos, je me suis aperçu que, pour moi, Geffrey Epstein et Harvey Weinstein ne faisaient qu’un ! Deux patronymes spécial dédicace Jean-Luc Mélenchon…
- Francisque COLLOMB (1910-2009) et Gérard COLLOMB (1947-2023) – deux maires de Lyon.
Mais qui n’ont aucun lien de parenté ! Francisque COLLOMB, de centre droit, devint maire en 1977 après avoir été sénateur, à l’inverse du parcours habituel. On lui doit la construction du « centre d’échanges » (?) de Perrache qui a « enseveli » la gare, du nouveau quartier de la Part-Dieu (deux horreurs défigurant la ville), le développement du métro (initié par son prédécesseur Louis « Zizi » Pradel), le lancement d’Eurexpo, et l’installation du siège d’Interpol. Après son deuxième mandat en 1989, il est battu par Michel Noir. Gérard COLLOMB, lui aussi sénateur (socialiste), succède à Raymond Barre en 2001 à la tête de Lyon, et ce jusqu’en 2020. On lui doit l’aménagement du nouveau quartier de Confluences. En 2015, il devient le premier président du Conseil de la métropole de Lyon, instance qui fusionne le Grand Lyon (ex-COURLY) avec avec le Conseil départemental du Rhône. Entre temps, il redevient sénateur. Puis il se rallie à Emmanuel Macron et finit ministre de l’Intérieur.


Francisque COLLOMB et Gérard COLLOMB.
- COMBS-LA-VILLE et CONS-LA-GRANDVILLE – deux villes au nom potentiellement rigolo.
Potentiellement, car COMBS-LA-VILLE se prononce « combe », malheureusement. Cette commune de Seine-et-Marne, à 28 km au sud-est de Paris, contient 23 350 hab. Son nom vient du celtique cumba – une combe – c’est-à-dire une vallée (celle de l’Yerre). Située dans la petite région agricole dénommée la Brie française, ses commerces disparaissent, aspirés par les centres commerciaux environnants. Y sont nés Gustave Caillebotte et Edmonde Charles-Roux. De même origine toponymique, CONS-LA-GRANDVILLE est une commune de Meurthe-et-Moselle (522 hab.) dans l’arrondissement de Briey. Il y eut une activité de hauts fourneaux au 19ème siècle. Mes recherches aboutissent à deux prononciations : « con » (chouette !) et « consse » (raté !). Le village est drainé par la Chiers, rivière franco-luxembourgeoise, mais qui se prononce « chierre ». Décidément, on n’y arrivera pas !
- Georges CONCHON (1925-1990) et Raoul PONCHON (1848-1937) – deux écrivains.
Raoul PONCHON, au départ employé de banque, décide en 1871 de devenir « peintre bohème ». Il fréquente les salons de peinture et les cercles littéraires. Il fonde avec Jean Richepin et Maurice Bouchor le Groupe des Vivants. En 1886, il est embauché au Courrier français, « illustré paraissant tous les samedis : littérature, beaux-arts, théâtre, médecine, finance », pour y tenir une chronique en vers hebdomadaire, et c’est le début des gazettes rimées, qu’il étendra à d’autres publications. PONCHON deviendra membre de l’Académie Goncourt en 1924. Il est l’auteur de quatre recueils s’intitulant La Muse : –au cabaret, –vagabonde, -frondeuse, -gaillarde. Quant à Georges CONCHON, écrivain, journaliste et scénariste, il est « dans le civil » fonctionnaire au Sénat. Il publie Les grandes lessives, son premier roman, en 1953. Il est alors embauché par Pierre Lazareff pour France-Soir, puis publiera notamment L’état sauvage (prix Goncourt) ou Le Sucre. Il sera également scénariste (Sept morts sur ordonnance, La victoire en chantant…). Engagé au PSU, il dénoncera régulièrement le colonialisme.
- Jean CONSTANTIN (1923-1997) et Michel CONSTANTIN (1924-2003) – deux hommes de scène.
Moustachu et d’un physique corpulent rappelant Dario Moreno, Jean CONSTANTIN est un autodidacte du piano passionné de jazz qui deviendra auteur-compositeur-interprète. Il écrira pour Piaf (Mon manège à moi), Zizi Jeanmaire (Mon truc en plumes), Montand (Ma Gigolette). Il se produit aussi sur scène avec de nombreuses chansons plus ou moins dans la veine comique, inspirées par le cha-cha (assez mauvaises, disons-le). Avec notamment le batteur Moustache, il formera l’orchestre de jazz dénommé Les Gros Minets. Jean CONSTANTIN est aujourd’hui totalement oublié. Quant à Michel CONSTANTIN, né Constantin Hokhloff d’une famille de Russes blancs, il fait de la figuration et est remarqué pour son physique. Il enchaînera les seconds rôles (les années 60-70, grande époque des seconds rôles…) de flic ou de truand*. Il jouera pour Robert Enrico, José Giovanni, Yves Boisset ou Georges Lautner. Ne pas confondre nos deux CONSTANTIN avec Edward Constantinowsky dit Eddie CONSTANTINE (1917-1993), chanteur puis acteur américain francophone et germanophone, vivant en France, et qui aura tourné dans des (mauvais) films français de Série B. Il jouera le rôle de l’agent secret Lemmy Caution. J’avais toujours cru que CONSTANTINE était un vrai français qui prenait exprès l’accent américain.
*Il jouera les fameux rôles « à col roulé », tout comme Robert Dalban ou André Pousse.
Jean Constantin, Les Pantoufles, (paroles : Claude Nougaro (!), musique : Jean Constantin), 1955.
- Le COR et ANTICOR – deux structures de veille sociopolitique.
Le COR, c’est le Conseil d’Orientation des Retraites, « instance indépendante et pluraliste d’expertise et de concertation, chargée d’analyser et de suivre les perspectives à moyen et long terme du système de retraite français », créée en 2000. Instance qui analyse les modalités techniques (nombre de cotisants, âge de départ, nombre de trimestres nécessaires…) mais qui ne va pas se mouiller : ce comité Théodule est donc l’instrument de ceux qui prônent ce qui en novlangue s’appelle « les réformes » ! Quant à ANTICOR, c’est une association anticorruption française qui œuvre à réhabiliter la démocratie représentative, promouvoir la probité en politique, et lutter contre le corruption politique et la fraude fiscale. Elle fut fondée en 2002 par le juge Halphen et Séverine Tessier. le ministère de la Justice voulait lui supprimer son agrément de 2021 à 2024, décision finalement annulée par le Tribunal administratif… La lutte continue !
