J’les confonds toujours (8)

Dupont et Dupond

Entrevue avec François Ruffin dans Marianne du 26 février dernier : « Je ne suis pas altermondialiste, j’ai toujours été anti-mondialiste »*, « Je suis réticent au vivre-ensemble : c’est sans-projet, c’est statique. Ce qui fait une nation, c’est de faire** ensemble », « Je ne suis pas sans-frontiériste. la frontière, ce n’est pas un mur, c’est un filtre ». Et vlan dans la gueule !

*Idem pour le rédacteur de ce blog qui n’a jamais supporté cette assertion convenue, nunuche et tête-à-claques : « je suis citoyen du Monde »…

** Souligné par nous.


Autre entrevue dans le même numéro avec l’auteur et metteur en scène Jean-Marie Besset. « Le théâtre ne parle plus que d’antiracisme et de #MeToo ». Pour lui (je le paraphrase) : 1. L’existentialisme, le théâtre de l’absurde, puis le théâtre du quotidien ont fini de ravager le théâtre français, devenu un terrain vague postnucléaire. 2. On est empêtrés dans la sociologie, la lutte des classes, l’antiracisme, l’exclusion, la victimisation. 3. Après 68, le théâtre français était devenu impossible. 4. L’auteur a été remplacé par le metteur en scène*.

*L’auteur de ce blog a constaté la même chose chez son employeur, le ministère de la Culture : les publications internes, qui parlaient encore de culture il y a vingt ans, ne sont aujourd’hui consacrées qu’à la diversité, l’inclusion et la transition climatique, et pourraient être standard avec la littérature des autres ministères.


LA LISTE PEREC DU JOUR :

"En un peu plus de deux ans, Ingeborg fit apparaître 82 fois le Diable, pour des prix qui finirent par atteindre vingt, vingt-cinq et même une fois trente millions de francs (anciens). La liste de ses clients comprend six députés (dont trois devinrent effectivement ministres, et un seulement sous-secrétaire d'Etat), sept hauts fonctionnaires, onze chefs d'entreprise, six officiers généraux et supérieurs, deux professeurs à la faculté de Médecine, divers sportifs, plusieurs grands couturiers, des restaurateurs, le directeur d'un journal et même un cardinal, le reste des candidats appartenant au monde des arts, des lettres, et surtout du spectacle."

Dans l’article Belle marquise [https://champouin.blog/2025/01/15/belle-marquise/], j’avais cité l’écrivain français Alain Damasio, en indiquant en note que je le confondais avec le neuroscientifique portugais Antonio Damasio. Bingo : dans Philosophie Magazine d’avril 2026, entrevue* avec ce dernier… prénommé Alain dans le sommaire !

*Encore ! Mais c’est mieux qu’interview

Suite des réjouissances de J’les confonds toujours. A ce propos, je me suis aperçu que, pour moi, Geffrey Epstein et Harvey Weinstein ne faisaient qu’un ! Deux patronymes spécial dédicace Jean-Luc Mélenchon…

  • Francisque COLLOMB (1910-2009) et Gérard COLLOMB (1947-2023) – deux maires de Lyon.

Mais qui n’ont aucun lien de parenté ! Francisque COLLOMB, de centre droit, devint maire en 1977 après avoir été sénateur, à l’inverse du parcours habituel. On lui doit la construction du « centre d’échanges » (?) de Perrache qui a « enseveli » la gare, du nouveau quartier de la Part-Dieu (deux horreurs défigurant la ville), le développement du métro (initié par son prédécesseur Louis « Zizi » Pradel), le lancement d’Eurexpo, et l’installation du siège d’Interpol. Après son deuxième mandat en 1989, il est battu par Michel Noir. Gérard COLLOMB, lui aussi sénateur (socialiste), succède à Raymond Barre en 2001 à la tête de Lyon, et ce jusqu’en 2020. On lui doit l’aménagement du nouveau quartier de Confluences. En 2015, il devient le premier président du Conseil de la métropole de Lyon, instance qui fusionne le Grand Lyon (ex-COURLY) avec avec le Conseil départemental du Rhône. Entre temps, il redevient sénateur. Puis il se rallie à Emmanuel Macron et finit ministre de l’Intérieur.

Francisque COLLOMB et Gérard COLLOMB.

  • COMBS-LA-VILLE et CONS-LA-GRANDVILLE – deux villes au nom potentiellement rigolo.

Potentiellement, car COMBS-LA-VILLE se prononce « combe », malheureusement. Cette commune de Seine-et-Marne, à 28 km au sud-est de Paris, contient 23 350 hab. Son nom vient du celtique cumba – une combe – c’est-à-dire une vallée (celle de l’Yerre). Située dans la petite région agricole dénommée la Brie française, ses commerces disparaissent, aspirés par les centres commerciaux environnants. Y sont nés Gustave Caillebotte et Edmonde Charles-Roux. De même origine toponymique, CONS-LA-GRANDVILLE est une commune de Meurthe-et-Moselle (522 hab.) dans l’arrondissement de Briey. Il y eut une activité de hauts fourneaux au 19ème siècle. Mes recherches aboutissent à deux prononciations : « con » (chouette !) et « consse » (raté !). Le village est drainé par la Chiers, rivière franco-luxembourgeoise, mais qui se prononce « chierre ». Décidément, on n’y arrivera pas !

  • Georges CONCHON (1925-1990) et Raoul PONCHON (1848-1937) – deux écrivains.

Raoul PONCHON, au départ employé de banque, décide en 1871 de devenir « peintre bohème ». Il fréquente les salons de peinture et les cercles littéraires. Il fonde avec Jean Richepin et Maurice Bouchor le Groupe des Vivants. En 1886, il est embauché au Courrier français, « illustré paraissant tous les samedis : littérature, beaux-arts, théâtre, médecine, finance », pour y tenir une chronique en vers hebdomadaire, et c’est le début des gazettes rimées, qu’il étendra à d’autres publications. PONCHON deviendra membre de l’Académie Goncourt en 1924. Il est l’auteur de quatre recueils s’intitulant La Muse : –au cabaret, –vagabonde, -frondeuse, -gaillarde. Quant à Georges CONCHON, écrivain, journaliste et scénariste, il est « dans le civil » fonctionnaire au Sénat. Il publie Les grandes lessives, son premier roman, en 1953. Il est alors embauché par Pierre Lazareff pour France-Soir, puis publiera notamment L’état sauvage (prix Goncourt) ou Le Sucre. Il sera également scénariste (Sept morts sur ordonnance, La victoire en chantant…). Engagé au PSU, il dénoncera régulièrement le colonialisme.

  • Jean CONSTANTIN (1923-1997) et Michel CONSTANTIN (1924-2003) – deux hommes de scène.

Moustachu et d’un physique corpulent rappelant Dario Moreno, Jean CONSTANTIN est un autodidacte du piano passionné de jazz qui deviendra auteur-compositeur-interprète. Il écrira pour Piaf (Mon manège à moi), Zizi Jeanmaire (Mon truc en plumes), Montand (Ma Gigolette). Il se produit aussi sur scène avec de nombreuses chansons plus ou moins dans la veine comique, inspirées par le cha-cha (assez mauvaises, disons-le). Avec notamment le batteur Moustache, il formera l’orchestre de jazz dénommé Les Gros Minets. Jean CONSTANTIN est aujourd’hui totalement oublié. Quant à Michel CONSTANTIN, né Constantin Hokhloff d’une famille de Russes blancs, il fait de la figuration et est remarqué pour son physique. Il enchaînera les seconds rôles (les années 60-70, grande époque des seconds rôles…) de flic ou de truand*. Il jouera pour Robert Enrico, José Giovanni, Yves Boisset ou Georges Lautner. Ne pas confondre nos deux CONSTANTIN avec Edward Constantinowsky dit Eddie CONSTANTINE (1917-1993), chanteur puis acteur américain francophone et germanophone, vivant en France, et qui aura tourné dans des (mauvais) films français de Série B. Il jouera le rôle de l’agent secret Lemmy Caution. J’avais toujours cru que CONSTANTINE était un vrai français qui prenait exprès l’accent américain.

*Il jouera les fameux rôles « à col roulé », tout comme Robert Dalban ou André Pousse.

Jean Constantin, Les Pantoufles, (paroles : Claude Nougaro (!), musique : Jean Constantin), 1955.

  • Le COR et ANTICOR – deux structures de veille sociopolitique.

Le COR, c’est le Conseil d’Orientation des Retraites, « instance indépendante et pluraliste d’expertise et de concertation, chargée d’analyser et de suivre les perspectives à moyen et long terme du système de retraite français », créée en 2000. Instance qui analyse les modalités techniques (nombre de cotisants, âge de départ, nombre de trimestres nécessaires…) mais qui ne va pas se mouiller : ce comité Théodule est donc l’instrument de ceux qui prônent ce qui en novlangue s’appelle « les réformes » ! Quant à ANTICOR, c’est une association anticorruption française qui œuvre à réhabiliter la démocratie représentative, promouvoir la probité en politique, et lutter contre le corruption politique et la fraude fiscale. Elle fut fondée en 2002 par le juge Halphen et Séverine Tessier. le ministère de la Justice voulait lui supprimer son agrément de 2021 à 2024, décision finalement annulée par le Tribunal administratif… La lutte continue !

Anti-cors…

‘elp !


Remarqué par un lecteur de Charlie Hebdo présent à la préparation de la manif le 8 mars – oui, je retarde – (journée internationale de la femme) : alors que débute une manif auxiliaire en soutien à la Palestine, une sono commence son leitmotiv : « Juifs, financiers, démocratie en danger ». Personne ne réagit…

Donald Trump,

c’est un Mélenchon de bonne humeur !

« Quand tu as les yeux noirs, les cheveux noirs, et que tu parles un peu fort… C’est sûr que ce n’est pas la douceur du blond et des yeux bleus ! » (Sophia Chikirou à Clémentine Autain). L’obsession racialiste se confirme à LFI !


LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Il avait fait disparaître des centaines et des milliers d'outils, de techniques, de coutumes, de croyances, de dictons, de plats, de jeux, de sobriquets, de poids et de mesures ; il avait rayé de la carte des dizaines d'îles, des centaines de villes et de fleuves, des milliers de chefs-lieux de canton ; il avait renvoyé à leur anonymat taxinomique des centaines de sortes de vaches, des espèces d'oiseaux, d'insectes et de serpents, des poissons un peu spéciaux, des variétés de coquillages, des plantes pas tout à fait pareilles, des types particuliers de légumes et de fruits ; il avait fait s'évanouir dans la nuit des temps des cohortes de géographes, de missionnaires, d'entomologistes, de Pères de l'Eglise, d'hommes de lettres, de généraux, de Dieux & de Démons."

Hi, buenos dias, guten Tag, saluton, kon’nechua, buongiorno, namaste, e tutti quanti, and so on, ktp., usw., etc.

Je suis étranger et je ne comprends rien à ce que vous dîtes.

Vous m’avez interpellé en abordant la pensée d’aldouceuxe laid. Vous m’avez ensuite parlé de politique en évoquant les figures de vaclavavel* (j’avoue, j’en ai bavé, pas vous ?) et de lèche-valessa, le cochon ! De là vous êtes passés à la littérature engagée avec Georges sans Prun** (le pauvre…), avec sioran puis avec bobdilane.

Y en a un qui frime avec sa bobdilane !

Puis de celle, moins engagée de Philippe rote (beurp !), de sahul bellot (évoquait-il le cuclucsclan ?). La conversation a dérivé sur les cas de somersète mogame (il manque toujours quelque chose à un monogame), de Philippe caduque, heu… cadique, voire de Patricia aillesmisse, et sur la littérature italienne avec Léonardo sia-sia. Vous m’avez par la suite entretenu de cinéma en me citant des réalisateurs comme les marxbrozeur, Cécil B-2000***, véner… pardon vernérerzog (lequel roulait en volvagaine), et même de oualdisnet, voire de popeille (à propos de BD, vous aimez bien chouitaine). Vous êtes passés aux acteurs comme bobope, quirque douglasse ou Faille du Naouet.

Faille du Naouet, qui a remporté le Grand Prix de l’Arc de Triomphe.

La peinture était également à l’honneur avec Edouard au peur ou David ocnet. Puis nous avons conversé sur la musique : Bétove, évidemment, mais aussi César cuit. Après cela, le rock fut à l’honneur grâce à la soule (qui parfois, mérite bien son nom), le ardroc, le évimétal, le ipope (e-pop ?), la capope (non pas anglaise mais coréenne) – belle transition pour aborder l‘afro-bite ! Il fut question des wou. Ah, il y a un chien qui aboie. Ah non, je croyais. Puis vous m’avez parlé de grètefoule daide, de meuret-aide, de motor-aide, puis de radio-aide : A L’HEAD ! AU SECOURS !

*Qui en »javanais », ferait vaclanavavel, et en « jargon », vaclabadavel ! Koi, keskidi ?

**Georges sans Prun, c’est comme Milan sans Remo !

***Qui envisageait de faire un film sur la Chapelle 16. J’en parlerai à Mgr André XXIII !

Bonjour !

Je suis français et je ne comprends rien à ce que vous dîtes.

Someursète mmmh

Vous m’avez interpellé en abordant la pensée d’Haldeussasscli Vous m’avez ensuite parlé de politique en évoquant les figures de vatslavHaveul et de KH ouin-ouin çà ! De là vous êtes passés à la littérature engagée avec KHoKHésèmproun, avec Tchoranne puis avec babe d’aïleune. Puis de celle, moins engagée de Philippe rosse, de sol bellot (évoquait-il le kioukleuxklanne ?) . La conversation a dérivé sur les cas de someursète mmmh, de Philippe queilledique, voire de Patricia Haillesmisse, et sur la littérature italienne avec Léonardo Chachat. Vous m’avez par la suite entretenu de cinéma en me citant des réalisateurs comme les marxbrozrzrz, Cécil bidimil, verneurHertsok (lequel roulait en folcsvageune), et même de ouoldizni, voire de pape-aille à propos de BD, vous aimez bien scoilleteune). Vous êtes passés aux acteurs comme babHeupe, queurquedagleusse ou Faille deuneuoueille.

La peinture était également à l’honneur avec Edouorde Hopeur ou Deillevid Hacni. Puis nous avons conversé sur la musique :BétHovn, évidemment, mais aussi César couille. Après cela, le rock fut à l’honneur grâce à la so-oule, le Hardrac, le Hèvimidol, le HipHape, la queillepape et l‘afro-biiiite ! Il fut question des Hou. Puis vous m’avez parlé de grètefoule daide, de madeurHaide, de meureilleHaide, puis de reillediyoHaide ? En tout, dix-sept KHrachats et Haspirations… ‘ELP !

The Beatles, Help ! (paroles et musique : J. Lennon, P. Mc Cartney), 1965.

Bonus : « Bétove », cité plaisamment supra, fut le pseudonyme du compositeur Michel-Maurice Lévy (1883-1965), en tant que fantaisiste parodique d’oeuvres classiques ou contemporaines dans les années 1920. Je ne résiste pas à la parodie d’opérette ci-dessous, sans doute celle de Ta bouche, de Maurice Yvain (1922). Malheureusement, les oeuvres de Bétove n’ont jamais été rééditées (même pas par Frémeaux). Après les Beatles (ou plutôt avant), un autre monde…

Bétove (paroles et musique), Abouche ta bouche avec ma bouche, 1931.

Ecr. l’inf. (5)

« Écr.l'inf. », abréviation de « Écrasons l'infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l'obscurantisme, notamment religieux.

Festival de ouin-ouins à propos de la mort de Lionel Jospin… Personnellement je ne regretterai pas le plus grand privatiseur de la Vème République (« L’Etat ne peut pas tout », « Mon programme n’est pas socialiste »), qui, en bon ex (?) trotkyste, a entre autres dérégulé tout le secteur énergétique… Sans compter qu’il s’est totalement couché lors de l’affaire du foulard de Creil.


LA LISTE PEREC DU JOUR :

"La chambre d'Isabelle Gratiolet : une chambre d'enfant avec un papier rayé orange et jaune, un lit étroit en tube garni d'un oreiller en forme de Snoopy, un fauteuil crapaud garni d'un tissu frangé et dont les bras se terminent par des glands à pompons, une petite armoire à deux portes, en bois blanc, dont les panneaux sont recouverts d'un tissu adhésif plastifié évoquant un carrelage rustique (Façon Delft : carreaux bleu clair, minusculement ébréchés, représentant alternativement un moulin à vent, un pressoir et un cadran solaire), et une table d'écolière avec une rainure pour les crayons, et trois casiers à livres."

La photo en bannière de titre de cet article fait froid dans le dos. Ce rituel ne se déroule pas dans une théocratie à Téhéran ou à Lhassa, mais dans le bureau ovale de la Maison Blanche : Trump, mains jointes, yeux fermés, entourés de pasteurs. Le comble, c’est qu’il ne s’agit même pas d’une prière, mais d’un rituel d’« imposition des mains », consistant à « poser, étendre les mains sur quelqu’un pour le bénir, le guérir ou lui conférer un pouvoir » ! Organisé par la pasteure Paula White (sur la photo habillée en… blanc), cheffe du Bureau de la Foi (sic) au sein de la maison Blanche, ce rituel rassemblait des personnalités évangéliques responsables d’églises implantées un peu partout.

Les évangéliques sont des chrétiens protestants, qui défendent l'identité par conversion, l'annonce du Salut en Jésus seul, la normativité biblique et l'engagement associatif militant. ils représentent plus d'un quart du christianisme mondial. Ne pas confondre avec les évangélistes, mot qui renvoie soit aux auteurs de Evangiles (Matthieu, Luc, Marc, Jean), soit à des spécialistes de l'évangélisation appartenant à toutes branches du christianisme.

Au sein de ce courant évangélique s’inscrit une branche messianique en pleine expansion dans le mouvement MAGA, celle du « sionisme chrétien ». Au coeur de leur interprétation littérale de la Bible, une violence sanglante jugée indispensable à l’avènement de la fin des temps, manifestation du Dieu vengeur de l’Ancien Testament, très loin de l’image rédemptrice du Christ. Ainsi, la création d’un « Grand Israël » du Nil à l’Euphrate (n’est-ce pas Netanyahou ?) permettra le retour de Jésus sur Terre. Il sera alors reconnu comme le Messie pendant que les Juifs, à condition qu’ils se convertissent au christianisme, seront sauvés. Une « vision de la paix » qui passe nécessairement par des temps de guerre difficile, pour ensuite continuer le grand combat eschatologique qui opposera les Chrétiens aux Musulmans dans la plaine d’Armageddon, près de la frontière israélienne…

Le Sionisme chrétien opère depuis 1980 par le biais de l' "Ambassade Chrétienne internationale de Jérusalem". Chaque année, des milliers de fidèles se rendent dans la ville à l'occasion de la fête de Soukkot. Son corollaire politique est un soutien inconditionnel à l'Etat d'Israël, étape nécessaire à l'accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament et à l'avènement du royaume de Dieu.

Ces mythes de l’Apocalypse remaniés irriguent l’idéologie de l’extrême-droite depuis la fin du nazisme…

Qui incarne ce courant au sein de la galaxie Trump ?

Par exemple Mike Huckabee, ancien pasteur évangéliste nommé ambassadeur d’Israël, qui a obtenu de Trump le transfert de l’Ambassade étasunienne de Tel Aviv à Jérusalem. On peut citer aussi Jared Kushner, gendre et conseiller de Trump, lui-même conseillé depuis 2017 par l’incontournable Tony « Bomb Iraq » Blair. D’ailleurs le Tony Blair Institute pilote le plan diabolique pour la privatisation de Gaza, objectif du trumpien « Conseil de la Paix ». On notera que Kushner, juif orthodoxe, a joué auprès de Paula White, déjà citée, un rôle décisif pour rallier à la campagne de son beau-père de nombreux leaders évangéliques influents. Citons également Peter Thiel, co-fondateur de Paypal et de Palantir. Il donne régulièrement des conférences sur la venue de l’Antéchrist.

Enfin, le plus barbare : Pete Hegseth, Secrétaire à la Guerre (sic, car le Secrétariat à la Défense à été rebaptisé ainsi en 2025…). Portant tatouages dont une vaste croix de Jérusalem, cet ancien militaire et présentateur de Fox News a publié en 2020 American Crusade : our fight to stay free*, où il jure de combattre tous les « gauchistes » et les islamistes. Dans la vie privée, on l’a entendu en train d’appeler à « tuer tous les musulmans ». Hegseth pense non seulement que les Etats-Unis devraient être une théocratie chrétienne, mais aussi que ce royaume de Dieu devrait être étendu à toutes les autres nations… Il parle de Trump comme d’un dirigeant « nommé par Dieu ».

*Croisade américaine : notre combat pour la liberté.

Pete Hegseth
Le croisé masculiniste Pete Hegseth.
Le masculinisme est un autre aspect du mouvement MAGA.

Début mars 2026, après une semaine d’opérations contre l’Iran, un sous-officier anonyme a porté plainte pour avoir entendu un de ses supérieurs dire que Donald Trump avait été « oint par Jésus pour allumer le feu signalant le début d’Armaggedon et marquer son retour sur Terre » ! Depuis, quelques 200 plaintes similaires ont été déposées…

En 2013, un documentaire de la BBC avançait que l’illusioniste israélien Uri Geller, qui prétendait tordre les cuillères à distance, avait été un agent utilisant ses facultés mentales pour la CIA et le Mossad. Interrogé par le Daily Telegraph, l’Israélien confirmait et ajoutait que ses shows à la télévision lui avaient «servi de couverture». Il racontait qu’il avait été engagé, entre autres, pour effacer des disquettes depuis l’extérieur de l’ambassade russe à Mexico. Autrement dit, il y avait des types à la CIA qui croyaient dur comme fer à la télépathie…

L’irrationalité a changé d’aspect, mais est toujours là, cette fois avec des conséquences pour la planète…

Sources : 

Strategic Alert,
Nouvelle Solidarité,
Charlie Hebdo,
24heures.ch
Sébastien Fath, Le nouveau pouvoir évangélique, Grasset, 2026,
Wikipedia.

La Veuve et le Concombre

Ursula von der Leyen reconnaît enfin « l’erreur stratégique » de l’UE, consistant à « tourner le dos à une source d’énergie fiable, abordable et à faibles émissions » – comprendre : le nucléaire. Aha ! Ce qu’elle n’a pas dit, c’est qu’en tant que membre du gouvernement Merkel, elle avait initié la sortie totale du nucléaire de l’Allemagne en 2011. De plus, elle était l’auteure du Green Deal de l’UE, excluant la même énergie.

"Ses seules activités consistèrent à assister quotidiennement aux conférences préparatoires, commissions mixtes, séminaires d'étude, conseils de gestion, colloques interdisciplinaires, assemblées générales, sessions plénières, comités de lecture et autres séances de travail qui, à ce niveau de la hiérarchie, constituent l'essentiel de la vie de cet organisme avec les communications téléphoniques, les conversations de couloir, les déjeuners d'affaires, les projections de rushes et les déplacements à l'étranger."

L’autre jour, dans le panier à linge, je tombai (on « tombe » beaucoup dans la langue française…) sur une minuscule socquette, qui semblait convenir à un pied d’enfant en bas âge, enfant dont notre foyer est dépourvu. Mystère.

Ce genre de situation, incongrue, « surréaliste »*, comique, soudaine, touchante, parfois délicieusement ridicule, arrive quand on ne s’y attend pas, et provoque toujours le rire. Aha !

*Je mets des guillemets : mon ami Etienne Ruhaud [ https://pagepaysage.wordpress.com/ ] n’aime pas les acceptions frelatées du mot surréaliste.

Tout ceci est vieux comme la préhistoire…

Lascaux : la « scène du puits » (vers -22 000). Incongru, surréaliste, comique, touchant…

Alors pensons à l’apparition soudaine :

d’un cochon

d’un billet de 500 euros

d’un pot de chambre

d’une veuve à voilette

d’un violon

d’une tête de veau

d’un chien avec une tache sur l’oeil

d’une chaise à porteurs

d’un concombre

d’un policier à sifflet et képi

d’une Fiat 500 (ancien modèle)

d’un asticot

d’une femme en bigoudis

d’un os

d’Edouard Balladur (ou Gérard Larcher, ou n’importe quel notable pompeux et ridicule)

(Rires)

d’une culotte

d’un beauf à moustache

d’une poire

d’un cerveau

Splash !

d’un canard

d’un poil

d’un nain.

Ceci dit, il y a des associations : le cochon va avec le pot de chambre, le pot de chambre avec le violon (ne dit-on pas « pisser dans un violon » ?), le chien avec l’os, Edouard Balladur avec la chaise à porteurs, l’asticot avec la poire, la culotte avec le poil, et, le meilleur pour la fin – roulement de tambour – la veuve avec le concombre…

Pour réprimer ce vice inapproprié, rien ne vaut l’agent de police à képi et sifflet, qui est également un beauf à moustache !

Métro loufoque – M 11

Métro

L'illustration ci-dessus représente un PILI : Plan Indicateur Lumineux d’Itinéraires. Les PILI, créés en 1937, trop onéreux à mettre à jour en cas de modification du réseau, car purement électriques et non électroniques, ont été abandonnés. Dans certaines stations, des plans interactifs sans âme ont pris le relais...
This is War ! Les Marx Brothers dans La soupe au canard (Duck Soup), 1933.

C’est la guerre ! « L’Etat profond » américain, que dénonçait un moment Trump (souvent Trump varie…) nous refait le coup de « l’armée irakienne, troisième armée du Monde » ou de la « preuve des armes de destructions massives ». Cette fois, « l’Iran prépare l’arme nucléaire ». Ben voyons ! On remarquera que, pour leur part, les Etats-Unis et Israël ont préparé celle-ci depuis longtemps… En réalité, cette guerre vise à empêcher l’émergence d’un monde multipolaire, dans lequel les BRICS, dont l’Iran fait partie, veulent substituer à l’empire financier du dollar une nouvelle architecture de développement mutuel.

Macron lèche-cul, dans son allocution du 3 mars, a rejeté la responsabilité de cette guerre sur l’Iran : Trump et Netanyahou n’y sont pour rien, bien sûr ! Il a fallu que notre président admette du bout des lèvres, que l’intervention contre Téhéran sortait du droit international… Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol a eu plus de couilles en n’ayant pas autorisé l’armée américaine à utiliser des bases espagnoles pour l’offensive contre l’Iran. « Nous n’allons pas nous rendre complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde » a-t-il déclaré. Quand les uns disent « No pasdaran », l’Espagne dit tout simplement ¡ no pasarán !

Mélenchon
Free Palestein, heu… Palestine !

"Une pièce parquetée, presque carrée. Au centre, une table ronde sur laquelle sont disposés deux couverts, un dessous-de-plat métallique en forme de losange, une soupière dont le couvercle échancré laisse passer le manche d'une louche en métal argenté, une assiette blanche avec un cervelas coupé en deux nappé d'une sauce moutardée et un camembert dont l'étiquette représente un Grognard. Contre le mur du fond, une desserte de style indéterminé sur laquelle sont posés une lampe dont le socle est un cube d'opaline, une bouteille de Pastis 51, une unique pomme rouge sur une assiette d'étain, et un journal du soir dont on peut lire l'énorme manchette : PONIA : LE CHATIMENT SERA EXEMPLAIRE."

Dans Métro loufoque – M 10 (https://champouin.blog/2024/11/15/metro-loufoque-m-10/), j’avais écrit à propos du nouveau matériel roulant MF 19 : « J’ai deux versions contradictoires. L’une dit que la 10, la plus vétuste, recevra ce matériel en priorité, dès 2025. L’autre affirme que, seule ligne à ne pas connaître de conduite manuelle assistée, elle ne sera modernisée qu’en dernier, le temps d’effectuer la mise à niveau… ». C’est bien la première version qui prévaut : j’ai pris ce modèle de rame sur la 10 il y a deux jours. Pour l’instant, une seule rame sur la ligne, à titre d’essai. Aucune réaction des usagers qui, visiblement, n’en avaient rien à foutre. Il n’y a aujourd’hui hélas plus de curiosité, plus d’esprit ni « scientifique » ni esthétique…

La ligne 11 du métro parisien a longtemps été celle qui permet de relier « en bas » avec « en haut ». Analogue à la ligne C du métro lyonnais, elle part de l’hypercentre et rejoint le boulevard situé en hauteur via la pente. La rue du Faubourg-du-Temple dans un cas, les pentes de la Croix-Rousse dans l’autre. D’ailleurs, le boulevard de la Croix-Rousse et celui de Belleville possèdent tous deux ici et là des « redents », témoins d’anciennes fortifications.

De même que la C lyonnaise a remplacé la « ficelle » Croix-Paquet – Croix- Rousse, la 11 parisienne, jusqu’ici ligne la plus courte* du réseau RATP, a remplacé le funiculaire de Belleville (1891-1924) de République à Jourdain. Prolongée jusqu’à la Mairie des Lilas en 1935, elle vient de rejoindre l’année dernière Rosny – Bois-Perrier : incitation à boire une eau minérale frelatée ? Elle a du coup troqué ses rames MP 59 (oui, elles dataient de 1959 !) par des MP 14, confortables et climatisées.

*Si l’on excepte les « fausses » lignes 3 bis et 7 bis.

Comme d’habitude, nous allons détourner les noms des stations de la ligne, noms qui vont nous servir pour écrire un texte.

M 11 : Chatterley – Oh dis, bois du Perrier® !

  • Châtelet > Chatterley.
  • Hôtel de Ville > Hôtel de passe.
  • Rambuteau > Mobutu.
  • Arts et Métiers > Armée de métier.
  • République > Raie publique.
  • Goncourt > Concours.
  • Belleville > Belle fille.
  • Pyrénées > Périnée.

  • Jourdain > Monsieur Jourdain.
  • Place des Fêtes > Plate des fesses.
  • Télégraphe > Pornographe.

  • Porte de Lilas > Le bordel ira.
  • Mairie des Lilas > Marie délira.
  • Serge Gainsbourg > Ces gars se bourrent.
  • Romainville-Carnot > Concarneau.
  • Montreuil-Hôpital > Mon trou au p’tit tas.
  • La Dhuys > La cuisse.

  • Coteaux-Beauclair > Coco bouclé.
  • Rosny – Bois-Perrier > Oh dis, bois du Perrier® !

Mouais…

TEXTE :

Marie Chatterley, dans un hôtel de passe, recevait Mobutu qui s’était trompé, pensant être au Chabanais ou au One Two Two. Chatterley pensait appartenir à l’armée de métier de la raie publique, et recrutée sur concours. Cette belle fille qui jouait du périnée était putain sans le savoir, tel Monsieur Jourdain. Elle était plate des fesses mais, pour ce pornographe de Mobutu : « tant que le bordel ira… ». Un moment, Marie délira (çà rime) : le dictateur congolais puait la bière. « Ces gars se bourrent comme à Concarneau », se dit elle. Dans cet échange glauque, on l’entendit dire : « Mon trou au p’tit tas ! » tandis que l’autre réclamait la cuisse. Elle mit sa main dans sa chevelure crépue : « Mon coco bouclé ! ». Mais il étouffait. « Oh dis, bois du Perrier® ! » FIN.

Si avec çà on ne voit pas que je suis un génie….

Petits-bourgeois et nouveaux SA

SA

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"La salle d'attente du Docteur Dinteville. [...] Contre le mur du fond, un grand divan recouvert de velours bleu ; un peu partout, des fauteuils, des chaises à dossier lyre, des tables gigognes avec divers magazines et périodiques étalés : sur la couverture de l'un d'eux, on voit une photographie en couleurs de Franco sur son lit de mort, veillé par quatre moines agenouillés qui semblent tout droit sortir d'un tableau de de La Tour ; contre le mur de droite, un bureau gainé de cuir sur lequel il y a un plumier Napoléon III en carton bouilli avec de petites incrustations d'écaille et de fines arabesques dorées, et, sous son globe de verre, une pendule vernie arrêtée à deux heures moins dix." 

Entrevue avec Marcel Gauchet (dans le premier numéro de L’Audace) : « Je suis frappé […] par l’hostilité de la petite bourgeoisie très « service public », qui constitue la majorité de l’électorat écologiste, à l’égard de tout ce qui ressemble à de grosses infrastructures ou à des implantations industrielles. On retrouve, mutatis mutandis, le réflexe qui a poussé au 19ème siècle le nombre de villes petites ou moyennes à refuser le chemin de fer ». En guise d’apéritif de ce qui va suivre ?

L’autre jour (façon de parler : c’était mardi 11 novembre), je suis allé dans le quartier de la rue Sainte-Anne, à Paris, pour aller manger dans un restaurant coréen. Et là, je tombe sur une vision d’horreur : des hordes de bobos, de moins de quarante ans, arpentaient le quartier (Sainte-Anne, Petits-Champs), au point que la chaussée de ces rues – non-piétonnes – étaient envahies. Pratiquement pas de touristes, peu d’Asiatiques (le quartier fut un Little Japan et maintenant un Little Korea). Il ne s’agissait pas des bobos LFistes du 19ème arrondissement qui sont des classes moyennes, mais carrément de jeunes bourgeois. Bon nombre formaient des files impressionnantes devant des bouffoirs asiatico-hype au style kawai ou manga bien marqué (« j’prendrais bien un bubble Hello Kitty tapioca… ») ou d’autres officines improbables pour initiés genre « bootcamp », « climbing », « boutique éphémère », « coworking », « outlet » ou bien « vente privée », toutes ouvertes en ce jour férié. Bref, tous ces gens semblaient totalement hors-sol, loin des préoccupations du peuple… Rebelote dimanche 18 janvier, dans le Marais : une faune un peu plus touristique. Impossible de tenter de boire un café quelque part : la queue devant chaque établissement. Et plus on se rapprochait de la Place des Vosges, moins ces gens touchaient terre.

Bobos
Quelques spécimens, mais loin d’être les pires… Là, c’est plutôt bon enfant.

En réalité on assiste là à une illustration pathétique et plutôt gratinée de ce que le sociologue Christophe Guilluy désigne par Métropolia, par opposition à Périphéria : les « sachants » des grandes villes (de LR aux écologistes, parfois aussi LFI), maîtrisant les « codes », contre les « sans-dents » (« les extrêmes » dirait Macron, ainsi que les communistes… quand les sans-dents votent !) des autres territoires. Bobos contre beaufs. Je n’aime ni les uns, ni les autres, mais les beaufs ont des excuses (et surtout des souffrances) que les bobos n’ont pas. La décadence des « métropoliens » n’est qu’un reflet de celle, plus générale, du monde occidental : un monde post-industriel sans vision et sans but.

On n’est pas en dictature,
on n’est pas en démocratie,
on est en léthargie !

La Bajon

La campagne des législatives est pour LFI (et certains écolos), le festival des communautarismes : entre Houria Bouteldja, Eric Fassin, Eric Coquerel, Danièle Obono (à propos de la Fête de l’Huma : « Il n’y a que des Blancs ! Ca me fait honte. »), Aly Diouara ( » Tous ces Blancs qui décident où et comment vont vivre les gueux. »), Rokhaya Diallo, Carlos Martens Bilongo (à propos des Blancs : « Nous, on est plus intelligents. »), Louis Boyard, l’inénarrable Sébastien Delogu (« Vous avez une opportunité en or qu’un racisé dirige Saint-Denis et Pierrefitte. »), et le sous-marin du Hamas Rima Hassan, c’est gratiné ! En promouvant le « black, blanc, beur » il y a plus de quarante ans, SOS Racisme avait introduit le principe racial et le communautarisme ethnique qu’il prétendait combattre. S’ajoutent aujourd’hui les jeux vidéo, les réseaux « sociaux », le masculinisme, la souffrance mentale des jeunes, le sentiment que « quelque part » on doit « aménager » la laïcité, l’individualisme et l’addition des intérêts privés au détriment de l’intérêt général.

LFI
Paru dans Charlie Hebdo du 11 février.

Pour ceux qui disaient encore que « oui, on dit pas mal de choses sur LFI, mais tout de même… », j’espère que c’est clair ! Entendons-nous bien : rien de plus mauvais de ce qu’il est convenu d’appeler « la droite identitaire », à laquelle sympathisait Quentin Deranque. On n’a pas besoin de fascistes. On a besoin d’anti-fascistes, mais pas d' »anti-fa ». Et si l’attentat sur la personne de Quentin Deranque n’a pas été commandité par LFI, que faisaient là deux collaborateurs parlementaires du député LFiste Raphaël Arnault, lequel serait un membre actif de la Jeune Garde ? Et cette dernière serait-elle le bras armé de LFI ? Ce qui est sûr, c’est que les trotskistes et leurs avatars possèdent depuis longtemps la culture du coup de poing (depuis l’Unef jusqu’à « la République, c’est moi ! »), et d’autre part LFI a créé un climat, incitation open bar à castagner – ou pire à tuer – tout « sioniste » (comprendre : Juif) ou « fasciste ». Les nouveaux SA…

« La République, c’est moi ! »

Néanmoins, il y a un hic. Le meurtre de Quentin Deranque pue. Pas seulement parce que violence et meurtre sont évidemment inacceptables, mais aussi parce que tout cela à l’air de sortir d’un chapeau (comme souvent pour ce genre d’affaires) juste avant les élections municipales. Cui bono* ?, comme disent les Anglo-saxons. En français : à qui profite le crime ? Opération, contre-opération, facilités par le climat cité plus-haut. On a vu comment l’oligarchie financière a, hélas, ces derniers temps, promu le jeune loup libéral Bardella, nouveau Sarko-Macron (maquereau-sarcon ?). Pour les « oligo-éléments » qui nous gouvernent, la politique de LFI serait trop sociale…

*Message personnel pour les membres d’une organisation que je connais bien : on ne dit pas en français « quel est le cui bono de l’affaire ? », car il existe des locutions latines, comme celle-ci, usitées en anglais mais pas en français (et vice-versa). On doit donc traduire par un équivalent : « à qui profite le crime ? ». Allez, on va passer au prochain panel…

Produire des possibles

On n’en a pas parlé « à la télé » ni « dans le poste ». Si vous êtes parisien, Hype, çà doit vous dire quelque chose. Les fameux taxis bleus avec des nuages (des Toyota Mirai) roulant à l’hydrogène. Hype avait même commencé à trouver des partenariats pour développer des stations de recharge. Or, dans dans Taxi News (magazine dédié à la profession) du mois de janvier, Mathieu Gardies, dirigeant de Hype, explique son retrait de sortir de la technologie hydrogène* : « La filière mobilité hydrogène s’est progressivement figée, faute d’avoir bénéficié d’un calendrier cohérent entre le développement des véhicules, celui des infrastructures et la maîtrise des coûts d’exploitation ». Je découvre plus tard en couverture d’Epsil00n de janvier :  » HYDROGENE – LA FIN D’UN REVE INDUSTRIEL ». Mazette ! Vous le saviez, vous ? Coût de production incompressible, mauvais rendement, molécule difficile à transporter, trop de risques d’explosion, besoin de métaux critiques… Tous les projets hydrogène s’effondrent : ArcelorMittal, Siemens, Renault, Airbus, Stellantis, TotalEnergies, sans compter les spécialistes Elogen ou Mc Phy. Bref, l’hydrogène, c’est fini…

*Ce qui explique pourquoi je vois de plus en plus de taxis Hype électriques.

Allez voir l’expo Geluck expose Le Chat au musée Maillol, à Paris (jusqu’au 3 mai 2026). J’avoue ne pas être trop fan du Chat: toujours le même dessin, des jeux de mots assez idiots… Mais ce qui est à mon avis le plus intéressant n’est pas Le Chat en soi, mais l’univers Geluck – un sacré déconneur, belge évidemment. Ne ratez pas dans l’expo quelques unes des émissions qu’il faisait dans les années septante à la RTBF : quelque chose entre La caméra invisible, Benny Hill, Le petit Rapporteur et Jean-Michel Ribes.

"Il a devant lui une boîte en bois blanc abondamment pourvue d'étiquettes, de timbres, de cachets, et de sceaux en cire rouge, d'où il a sorti cinq broches en argent et en strass, style Arts déco, représentant cinq sportives stylisées : une nageuse crawlant au milieu de vaguelettes en festons, une skieuse fonçant schuss, une gymnaste en tutu jonglant avec des torches enflammées, une joueuse de golf à la canne haute et une plongeuse exécutant un impeccable saut de l'ange ."

L’autre jour, dans le journal, je tombe sur ce texte qui se veut sage, avisé et consensuel :

« Construire la société française et travailler pour le pays, c’est bâtir une société harmonieuse en se lançant dans des projets (pensons par exemple aux salles de shoot). En effet, la France évolue et tend vers l’égalité hommes-femmes. On peut alors choisir quand tomber enceinte, même pour les couples homosexuels dans l’impossibilité de procréer, les parents et les médecins en conviennent : c’est ainsi que l’on va détruire l’identité sexuée. En réalité, l’avenir des jeunes français passera par l’école, à commencer par l’école maternelle. Mais pour donner aux élèves la même éducation, il faudra un personnel scolaire chargé de veiller à la discipline, qui veillera également que les élèves respectent la propreté des lieux. On s’assurera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants en voiture, mais que ces derniers privilégient le cyclisme et la marche. »

Langue de bois

Horreur et malheur ! Tonnerre et éclairs ! Ce brûlot réactionnaire m’a scandalisé ! J’ai aussitôt pris ma plus belle plume (la plume étant l’allégorie du fichier .txt) et j’ai envoyé illico ma version à la rédaction du journal :

« Le Nous inclusif et solidaire qui fait France, c’est faire de l’en-commun en produisant des possibles (pensons par exemple aux pièces de consommation à moindre risque). En effet, les dynamiques plurielles de la société tendent vers l’égalité femmes-hommes. On peut alors choisir quand se trouver en état de grossesse médicalement constaté, même pour les couples confrontés à l’infertilité sociale, les acteurs impliqués dans le conception en conviennent : c’est ainsi que l’on va détruire les stéréotypes de genre. En réalité, l’avenir des jeunes français passera par l’école, à commencer par la première école. Mais pour bâtir du commun, il faudra des groupes académiques climat scolaire qui veilleront à ce que les élèves ne versent pas dans la dynamique naturelle à la salissure. On s’assurera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants par le moyen d’engins carbonés, mais que ces derniers privilégient les déplacements apaisés. »

C’est que, voyez-vous, je suis un parfait lèche-cul : j’ai voté Macron à la tête de la France, Hidalgo à celle de Paris, je kiffe l’Union européenne et je lave le cerveau de mes enfants à propos de transition climatique. Le journal en question, organe officieux du pouvoir, et qui appartient à un empire du CAC 40 , ne pourra que publier cette version !

Ecolo-bobo

Las ! C’est un autre texte qui est sorti, des esprits méchants ayant décidé d’être encore plus suce-boules que moi, qui croyais être à la pointe de la modernité de la pensée…

« Le we care de l’union européenne, c’est de faire du living together grâce au champ innovationnel (pensons par exemple aux espaces récréatifs régulés). En effet les dynamiques arc-en-ciel de genre et de race s’aplanissent. On peut alors se challenger sur l’état de prégnance ovulaire, mêmes pour les couples conceptionnellement empêchés, il y a pour cela un consensus des référents procréation : c’est ainsi qu’on abolit les clivages genrés. Le futur des générations à venir passera par l’école première. Mais pour l’apprendre-ensemble, il faudra des assistants pédagogiques du savoir-être, qui seront vigilants sur la pollution quotidienne et à bas bruit des élèves. On veillera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants au moyen de mobilités énergétiquement fossiles, mais qu’ils privilégient le slow moving ».

Du coup, j’ai un doute : peut-être ont-ils cru que je faisais le jeu des extrêmes…

L’oeil de Paris (12)

Rue d'Aboukir

HOURRA ! Le présent blog est enfin muni d’un index ! Je pensais ne pas y arriver… De plus je m’étais aperçu que le bouton « commentaire » que j’avais mis en place avait disparu – probablement depuis des mois… Le logiciel me refuse à présent de l’installer, mais en sélectionnant l’article (en cliquant sur le titre), on trouve à la fin « Partager » avec un bouton « E-mail ». En marge de droite un encart explique la chose… A suivre.

Trump : çà part dans tous les sens. Dans cette histoire, mieux vaut prendre du recul. Nous sommes dans une situation où l’on voit enfin que le roi est nu, c’est-à-dire que l’Union européenne est en dessous de tout et ne représente rien, que le G 20 et Davos sont des pantalonnades, que l’Onu est un « machin » et que l’Otan n’a plus de légitimité depuis des années. Si les Etats-Unis deviennent notre ennemi, devra-t-on encore avoir le réflexe idiot de se ranger derrière l’Otan ? Cela fait un peu poncif, mais le caractère chinois qui signifie « crise » signifie aussi « opportunité ». C’est donc l’occasion de tout remettre à plat et de bâtir un nouvel ordre mondial, pas celui du plus fort, mais celui bâti sur une entente de nations sur la base du développement, avec comme outils non les monnaies de singe que sont le dollar et l’euro, mais celles basées sur une politique nationale de crédit. En ce sens les Brics constituent cette alternative. Nous sommes donc à une période très intéressante de l’Histoire, et il est idiot de se créer un ennemi, russe ou chinois !

Pour revenir aux Etats-Unis, ce qui s’y passe aujourd’hui s’apparente malheureusement à une guerre civile. Il faut savoir que tout au long de l’histoire de ce pays, deux factions se sont toujours affrontées. Celle, anti-impérialiste des pères fondateurs, incarnée ensuite (pour faire court) par Hamilton, Lincoln, F. D. Roosevelt et Kennedy ; et celle de la rente esclavagiste puis financière – avec son bras armé interventionniste – incarnée par presque tous les autres… Trump, malgré son côté anticonformiste, est un homme de business

"A l'occasion de chaque représentation, Astrat constituait un dossier de presse auquel venait s'ajouter le programme - abondamment dédicacé par le chef et les interprètes - et, selon le cas, divers éléments des costumes et décors : les bretelles violettes de Mario del Monaco dans le rôle de Rodolfo (La Bohème, Covent Garden, Opéra de Naples, 1946), la baguette de Victor de Sabata, la partition de Lohengrin annotée par Heinz Tietjen pour la mise en scène historique qu'il en donna à Berlin en 1929, les maquettes d'Emil Preetorius pour les décors de cette même représentation, le moule de faux-marbre que Karl Böhm fit porter à Haig Clifford pour le rôle du Commandeur dans le Don Giovanni qu'il monta au Mai Musical d'Urbino, etc."

On m’a reproché de ne pas m’être foulé cet été, avec ma série de trois Oeil de Paris beaucoup trop courts. Dont acte.

Celui qui suit est, pour me rattraper, un peu plus étoffé.

La rue d’Aboukir, commence place des Victoires, pour abou… tir rue Saint-Denis. On pourrait croire qu’elle doit son nom à une défaite : celle de la flotte française (Bonaparte) face à la flotte britannique (Nelson) dans la baie d’Aboukir, en Egypte, entre le 1er et le 2 août 1798. Mais le 25 juillet 1799, les Français y remportent une bataille sur les Ottomans. L’égyptomanie d’alors fait que la rue se trouve à proximité de celles du Caire, du Nil, de Damiette et d’Alexandrie !

rue d'Aboukir

Son tracé en oblique par rapport au plan général est un vestige du mur de l’enceinte dite de Charles VII.

rue d'Aboukir

L’art d’utiliser les placettes : avec des arbres !

rue d'Aboukir

Un bel arrondi d’angle !

Beau motif antique de ce qui fut l’hôtel de Rambouillet.

Immeuble construit par Jules de Joly, avant 1830. La façade est représentative du style Empire tardif. A droite : des médaillons garnis de bustes sur consoles.

Dans la boutique du rez-de-chaussée du même immeuble : une vraie ménagerie !

rue d'Aboukir

Au n° 44 se tient une de ces « fausses » façades que l’on peut trouver à Paris. Celle-ci cache un ventilateur de la RATP. Les fenêtres sont en maçonnerie et peintes en gris.

rue d'Aboukir

Celà pourrait choquer, mais entre nous, les Aventures de Tintin c’est tellement tarte… Alors soyons fous ! D’ailleurs, bien qu’on ne soit pas dans le Marais, nous sommes dans un quartier gay.

Tant qu’on y est… Ciel, mais qu’est-ce ?

Suite de précédemment… Ou bien faut-il voter pour les Canu(ts). mais nous ne sommes pas à Lyon…

Jeu de mots !

On mange mieux ichi que là-bas !

Eh, apprends l’orthographe !

Snif !

rue d'Aboukir

Voilà ce qui reste des services publics… T’as pas cent balles ?

N’est-il pas mignon ?

« L’atelier des artistes en exil (aa-e) se donne pour mission d’identifier des artistes en exil de toutes origines, toutes disciplines confondues, de les accompagner en fonction de leur situation et de leurs besoins, de leur offrir des espaces de travail et de les mettre en relation avec les réseaux professionnels (français et européen), afin de leur procurer les moyens d’éprouver leur pratique et de se restructurer ». Depuis que j’ai pris la photo, l’atelier a déménagé rue Brancion.

« Le siège de la rédaction du magazine L’Histoire fut celui de l’Association des écrivains pour la défense de la culture. Fondée en 1935, elle comptait Paul Nizan, Louis Aragon, ou André Malraux. Au 8 rue d’Aboukir, l’histoire précède L’Histoire ! » – Et dans le reflet de la pancarte, votre serviteur en pleine action !

Et la rue « aboukit » place des Victoires, malheureusement enlaidie par des travaux !

Dekoikonparle ? (10)

Cryptomonnaie

Cryptomonnaie et monnaie virtuelle/fictive

Bonne année 2026 à tous ?

Je mets ce point d’interrogation, car un spectre hante non pas l’Europe, mais le monde : le krach financier. Oui, je sais, ce sera le énième mais à chaque fois, tel un clou, une bulle chasse l’autre, afin de sauver les meubles in extremis. Sauf qu’à force (comme on dit), çà ne suffira pas, et la bulle « du moment » (celle de l’IA) pourrait entraîner les autres. En un mot, ce sera la « bulle de tout » (« everything bubble ») – deux millions de milliards de dollars ! – qui va enclencher le krach des krachs, le big one. Depuis le 9 décembre, les Etats-Unis ont une fois de plus inondé les marchés de liquidités pour éviter le krach, dont 74 milliards dans la seule journée du 31 décembre ! Selon l’économiste russe Sergueï Glaziev, « des flots de mensonges accumulés et de capitalisation fictive se déverseront, entraînant les adeptes de la croissance éternelle dans leur sillage, et la sobriété qui suivra cette intoxication narcotique sera brutale et durera des décennies ».

Pas la peine de vous désabonner de ce blog : çà ne changera rien à la réalité ! En tous cas, l’article d’aujourd’hui n’est pas sans lien avec le krach. Alors entre une guerre « préventive » américaine aux Vénézuéla, Colombie, Panama, Cuba, Mexique, Iran, Groenland d’une part (les nouveaux Irak), et le krach financier d’autre part, gar(d)e à vous !

"Au-delà du premier niveau des caves avaient commencé les masses émergées : des escaliers aux marches sonores qui descendraient en tournant sur eux-mêmes, de longs corridors carrelés avec des globes lumineux protégés par des treillis métalliques et des portes de fer marquées de têtes de mort et d'inscriptions au pochoir, des monte-charges aux parois rivetées, des bouches d'aération équipées d'hélices énormes et immobiles, des tuyaux d'incendie en toile métallisée, gros comme des troncs d'arbres, branchés sur des vannes jaunes d'un mètre de diamètre, des puits cylindriques creusées à même le roc, des galeries bétonnées percées de place en place de lucarnes en verre dépoli, des réduits, des soutes, des casemates, des salles de coffres équipées de portes blindées."

A la fin des années 1990, je me vois encore expliquer le marché des produits financiers dérivés à mon père qui me répondait : « tu dis que c’est opaque, mais c’est pas possible : il y a bien une trace dans les livres de comptes ». Il en était resté aux bonnes vieilles actions et obligations de la « Bourse de papa » et ne croyait pas au casino qu’étaient devenus les marchés financiers. Expliquer ce qui va suivre à ceux qui ont connu les francs et qui en sont restés au bons vieux Instituts d’émission et autres Chambres de compensation n’est pas de la tarte !

Cryptomonnaies et monnaies virtuelles. Tout d’abord ces deux-là n’ont rien à voir avec la monnaie dématérialisée, où il s’agit d’abandonner le papier monnaie ou les pièces (trop chers à fabriquer, falsifiables, encombrants, non hygiéniques), les chèques, voire la carte de paiement, et de les remplacer par des opérations via un smartphone, un porte-monnaie électronique ou que sais-je. On y viendra, c’est l’évolution normale des choses, et tout cela doit être encore basé sur des devises « réelles »1 : dollar, euro, yuan, etc.

1. Je mets des guillemets, car dollars et euros sont depuis longtemps émis sans contrepartie en biens ou projets réels et productifs. De la fausse monnaie, en quelque sorte.

Monnaie de singe
« Véritable Monnet de singe » (allusion au monétariste Jean Monnet, sans jeu de mots). Dessin de Karel Vereycken (1988).

Les monnaies virtuelles, c’est tout autre chose, et il faudrait plutôt parler de monnaies fictives. Ce sont les cryptomonnaies, des instruments financiers créés immatériellement, simples codes informatiques servant à la spéculation (surtout) ou aux échanges. Ils ne passent pas par les banques nationales ou centrales. Pour assurer la sécurité des échanges, les cryptomonnaies reposent sur des technologies de cryptographie (d’où leur nom) comme la blockchain2. La valeur des cryptomonnaies fluctue en fonction de l’offre et de la demande.

2. On pourrait consacrer un Dekoikonparle à la blockchain et autres tokens et NFT. Mais tout est fait pour qu’on y comprenne rien….

Blockchain : toutes les transactions sont inscrites dans des blocs qui, attachés les uns aux autres, forment une chaîne - d'où le nom "blockchain". Ces transactions peuvent être ouvertes à tous (comme celles du bitcoin), ou privées (alors seuls les membres en ont les codes).

Bon. Là, pour le coup, les « cryptos » ne sont pas adossées à une politique de crédit productif. Il s’agit ni de monnaie nationale, ni de monnaie commune3, car émises par des « acteurs non-gouvernementaux » : banques privées, entreprises, fonds spéculatifs… La première cryptomonnaie et la plus « populaire » est le bitcoin (BTC), lancé en 2009. Ses transactions sont réalisées sous pseudonymes, mais le registre est ouvert à tous.

3. Une monnaie commune (ex. feu l’ECU) est partagée par plusieurs Etats sans se substituer à leurs monnaies nationales, tandis qu’une monnaie unique (ex. l’euro) est supranationale.

On pourrait se rassurer car il existe des cryptos adossées à des valeurs « stables », d’où leur nom de stablecoins. Ces derniers sont supposés permettre de bénéficier des avantages offerts par les cryptomonnaies traditionnelles, comme l’immutabilité et le pseudonymat, sans leur principal défaut qu’est leur grande volatilité. Mouais…

LESAVIÉVOU ? Le vocabulaire halieutique s'est imposé très tôt dans le lexique des cryptomonnaies. Les petits épargnants sont les shrimps (crevettes). On passe ensuite aux crabs, fishes, sharks, jusqu'aux plus gros : les whales (baleines). La biodiversité cryptomonétique recense les baleines historiques (les investisseurs précoces), les baleines dormantes (portefeuilles restés inactifs), les baleines institutionnelles (fonds spécialisés, trésoreries de grands groupes, banques)...

La mal nommée loi GENIUS4, téléguidée depuis la City de Londres et signée par le Président Trump le 19 juillet 2025, propose d’adosser une crypto « à des réserves liquides et sûres, par exemple le dollar ou les bons du Trésor américain ». Outil non de régulation mais de dérégulation car il délègue cette responsabilité aux autorités des cinquante Etats ! Il y a quand même des économistes européens intelligents (si, si !) qui voient avec cette loi un moyen de booster le dollar, qui pourrait même aboutir à la mort des systèmes bancaires publics par le pillage des actifs européens par un empire américain lourdement endetté qui cannibalise ses alliés afin de survivre et de préparer à la guerre. La montée spectaculaire de ce marché est une nouvelle tentative de sauver le dollar en faillite, avec beaucoup plus d’argent sale qu’en 2007-2008 provenant cette fois des stablecoins, mais aussi des autres cryptomonnaies.

4. Guiding and Establishing National Innovation for US Stablecoins Act (Loi nationale pour l’orientation et la mise en place innovante des stablecoins).

Abracadabra ! Une nouvelle monnaie !

Tenez-vous bien : la valeur totale des stablecoins en circulation approche déjà les 250 milliards de dollars, contre 1 milliard en 2018 ! Le marché est dominé à 90% par deux « acteurs » américains : Circle et Tether. Et les stablecoins sont hébergés par les mêmes blockchains que les cryptos « non stables », elles-mêmes connectées au darknet. C’est donc une véritable invitation à toutes les mafias à blanchir leurs capitaux via ce système. Cette croissance contamine déjà le système financier traditionnel (fonds monétaires, fonds de pension, banques) : SG Forge5 (filiale de Société Générale) et JP Morgan Chase ont lancé leurs propres stablecoins, ainsi que PayPal et BlackRock. Amazon et Walmart envisagent de le faire. Les banques vont elles être remplacées à terme par des conglomérats technologiques ? D’après Paul Spydell, journaliste de The Economist, journal pourtant porte-parole de la City de Londres, le marché américain « est la quintessence d’un concentré d’idiotie »

5. To forge signifie falsifier, faire un faux !

BlackRock
Faux billet distribué lors des manifestations nationales contre le réforme des retraites.

On nous vend donc une monnaie privée totalement fictive, aussi fictive que l’étaient les promesses des tulipes hollandaises, des assignats français ou des bons Mefo hitlériens. On sait comment tout cela s’est terminé… Certes, on pourrait dire que la bulle des cryptos a déjà éclaté : ce marché ayant subi au mois d’octobre dernier (toujours octobre…) la plus grande chute de son histoire. Mais cette chute finira par entraîner celle de toutes les autres…

La zone euro prévoit de réagir… en créant une monnaie interbancaire numérique fonctionnant sur une blockchain, reliant banques centrales, banques commerciales et autorités de régulation. Donc les Européens ne contestent pas les fondements de ce système numérique et féodal ! Ils feraient mieux de s’inspirer de la politique de Franklin D. Roosevelt de 1933 (crédit productif et tri entre banques utiles et banques parasites) ou de celle, actuelle et potentielle, des BRICS (alternative au dollar grâce au crédit productif), même si bon nombre de ces derniers veulent aussi lancer leurs propres stablecoins, mais adossés à leur monnaie nationale.

La Banque populaire de Chine a convoqué une réunion le 29 novembre en vue de « freiner la spéculation dans le commerce de monnaies virtuelles », réaffirmant que les cryptomonnaies « n’ont pas cours légal et n’ont pas le même statut juridique que les monnaies fiduciaires. Elles ne doivent pas – et ne peuvent pas – servir de monnaie sur le marché.[…] Elles comportent des risques d’utilisation à des fonds de blanchiment d’argent, de fraude à la collecte de fonds et de transferts transfrontaliers illicites de fonds ». En interdisant les cryptomonnaies, Beijing réaffirme donc la création monétaire comme prérogative exclusive du gouvernement. Une politique 100% à l’opposé de celle du gouvernement Trump…

Sources :
EIR Strategic Alert, Nouvelle Solidarité, The Conversation, Le Monde diplomatique, The Economist.

Belle transition pour vous suggérer cette exposition très intéressante aux Archives nationales [https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/evenements/faux-et-faussaires-du-moyen-age-nos-jours] .

La poésie en chansons

Poésie

La Stratégie de sécurité nationale publiée par la Maison blanche le 4 décembre vise dans le mille. Ce document interdit expressément toute extension de l’Otan et offre du coup l’ardente occasion pour les Etats-Unis de quitter ce « machin » qui aurait dû être dissous en 1991 ! Aha !

J’ai fait un tour à la manif parisienne « pour Gaza » le 29 novembre dernier. Folklore habituel : keffiehs, culte du martyr et antisémitisme. J’ai dit à certains manifestants qu’il fallait exiger la libération de Marwan Barghouti. Ce membre du Fatah a été enlevé en 2002 par des agents israéliens, et croupit depuis en prison dans ce pays. Ce type, rallié à la non-violence, est le seul homme politique capable de diriger la Palestine, le seul qui puisse oeuvrer à l’édification d’un Proche-orient en paix ! Hélas, hélas, hélas, la plupart des gens présents à cette manif n’en avaient jamais entendu parler. Révolutionnaires à deux balles !

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"A l'intérieur de cette boîte, il y avait un mouchoir de soie verte, vraisemblablement taillé dans un mouchoir de parachute ; un agenda couvert de notations sybillines du genre "Debout", "gravures en losanges", "X-27", "Gault-du-Perche", etc. dont le difficile déchiffrement n'apporta aucun élément concluant ; un fragment de la carte au 1/160 000e du Jutland, initialement dressée par J. H. Mansa ; et une enveloppe vierge contenant une feuille de papier pliée en quatre : en haut et à gauche de la feuille de papier était gravé un en-tête :
Anton
Tailor & Shirt-Maker

16 bis, avenue de Messine
Paris 8e
EURope 21-45
surmontant une tête de lion qu'en terme d'héraldique, on aurait qualifié de passant ou léopardé."
 

Notre « tour de chant » de Noël » ! Après les calamiteuses Chansons Africa de l’année dernière, je vais me rattraper avec la poésie française mise en chansons. Pléonasme s’il en est, car tout poème*, même sans musique, est une chanson…

*Poème ou bien poésie ? Le Robert concède qu’une poésie est un « poème (généralement assez court) ».

Passons en revue certains interprètes (Ferré, Brassens, Reggiani, Ferrat…) qui ont chanté des poèmes, dont certains en ont fait leur fonds de commerce. Rutebeuf, Villon, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Aragon, Eluard, c’est mieux que Vianney, Maé, Bénabar ou Raphaël, qui n’hésitent pas à se présenter comme poètes. Je ne parle pas des rappeurs, que certains n’hésitent pas (même pas peur !) à présenter comme les nouveaux chanteurs à texte…

[Nota : à deux exceptions près, je n’ai trouvé que des vidéos en audio seul. On ne verra donc pas les interprètes en action, et c’est bien dommage.]

Nous allons commencer avec Rutebeuf (1245-1285) dont on ne sait quasiment rien de sa vie et qui a oeuvré dans le registre polémique et satirique. Parmi ses vers les plus célèbres, on trouve certainement ceux issus des Poèmes de l’infortune : « Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés… ». S’il n y en a qu’un pour interpréter la poésie française, çà ne peut être que Léo Ferré, et c’est lui qui va s’y coller pour Rutebeuf (même si ce dernier a été aussi merveilleusement chanté par l’excellente Joan Baez) :

Léo Ferré, Pauvre Rutebeuf, adaptation moderne des poèmes de ce dernier (musique : L. Ferré), 1955.

Brassens, lui, avait chanté la Ballade des Pendus de François Villon (1431-post. 1463). Cette version étant trop connue, j’ai choisi celle chantée par Serge Reggiani, jeune vieux (lui aussi) ne faisant pas dans la gaieté, et interprète quasi oublié maintenant. Pour moi, la poésie « moderne » commence avec Villon, cet écorché vif des bas-fonds à la Rimbaud, avec un zeste de Pasolini. Selon certains, Villon aurait participé à ce qu’on appelle le renseignement politique. Voyou et espion ?

Serge Reggiani, La Ballade des Pendus (texte : F. Villon, musique : L. Bessières), 1968.

Décidément, la poésie pré-classique inspire beaucoup les chanteurs ! Voici, moi qui pourtant n’aime pas La Pléïade, Joachim* du Bellay (1522-1560) avec Heureux qui comme Ulysse, interprété toujours pas par Brassens mais par Ridan (prononcer « Ridane »), chanteur pas vraiment connu de ceux qui écoutent Ferré ou Ferrat. A ceux-là, je dis : n’ayez pas peur, ce n’est pas un rappeur ! Avec ce petit clip d’animation, Ridan nous chante du Bellay d’une manière inattendue, peut-être trop légère pour certains :

* »Joaquime » ou « Joachin » ? De même Guilhem : « Guilème » ou « Guilin » ? Ghislaine : « Jislaine » ou « Guilaine » ? Je n’ai jamais su…

Ridan, Ulysse (texte : J. du Bellay, musique : Ridan), 2007.

Georges Brassens, La Légende de la Nonne (texte : V. Hugo, musique G. Brassens), 1956.

Aujourd’hui, « Rimbaud chanterait », clamait Michel Delpech… « Les bras en croix », même ! Voici Sensation (Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers/Picoté par les blés, fouler l’herbe menue…), interprété par Robert Charlebois, que peu de gens connaissent dans ce répertoire. Charlebois n’a pas fait que ses chansons libertaro-rock-identitaires des années 70 !

Robert Charlebois, Sensation, (texte : A. Rimbaud, musique : R. Charlebois), 1969.

Louis Aragon, quand il ne s’égarait pas dans des odes à Staline, écrivait d’excellents poèmes facilement adaptables au chant. Pour changer des pseudo- camarades Jean Ferrat/Isabelle Aubret qui en on fait leur fonds de commerce, voici Francesca Solleville, vraie communiste à l’écart du show-biz. Elle chante J’entends, j’entends d’Aragon mis en musique par Ferrat :

Francesca Solleville, J’entends, j’entends (texte : L. Aragon, musique : J. Ferrat), année ? .

Ah ! Encore Léo Ferré ! Mais je dois avouer que dans ce qui suit, il me déçoit : il s’agit de la fameuse Chanson d’automne de Paul Verlaine (Les sanglots longs…), dont on espérait mieux de la part du grand Léo, qui en fait une mauvaise parodie… On comparera, en gardant le meilleur pour la fin, avec l’interprétation nostalgique et très swing, par Charles Trenet (qui s’est accordé quelques licences par rapport au texte original, certes…) accompagné d’un excellent orchestre :

Léo Ferré, Chanson d’automne, (texte : P. Verlaine, musique : L. Ferré), 1986.

Charles Trenet, Chanson d’automne, (texte : P. Verlaine, musique : Ch. Trenet), 1941.