J’les confonds toujours (4)

Dupont et Dupond

Pour paraphraser Pierre Desproges à propos de Tino Rossi : le jour de la mort de la Reine d’Angleterre, j’ai repris deux fois des moules… En effet, j’ai toujours trouvé totalement ridicule tout ce culte qui tourne autour de la monarchie royale (les Royals ou la Firme comme disent les Anglais). Gorbatchev, lui, était un personnage assez ambigu, mais j’aurais préféré que « la communauté internationale » (à ces mots, tremblez et pensez bien) aille à ses obsèques plutôt qu’à celles de la Queen. Alors aujourd’hui que faire (comme dirait Lénine) face à un Charles III écolo-fanatique et une Liz Truss libéralo-fanatique qui a déclaré, lors d’un débat du parti Conservateur à Birmingham, ne pas hésiter à lancer une frappe nucléaire sur la Russie ? [A lire : notre article The Greta Watcher #3du 25 avril 2021 https://wordpress.com/post/champouin.blog/1373].

Macron nous la refait avec le conseil national de la Refondation, un machin pseudo gaullo-résistant, lancé sans rire « au nom de la démocratie »… à huis-clos ! Rassurez-vous, certaines propositions seront soumises à référendum… lequel est vite devenu une consultation citoyenne (faut pas déconner !). Cette consultation n’aura lieu qu’en ligne, des fois que les victimes rurales et/ou âgées de la fracture sociale aient l’idée saugrenue d’y participer ! « Ici Londres. Les classes moyennes supérieures urbaines diplômées parlent aux classes moyennes supérieures urbaines diplômées ! »

« Maisons Merlin,
cages à lapins »

Coluche

Adieu les maisons Phénix ! Le groupe Geoxia, propriétaire de la marque, est en liquidation judiciaire. C’est tout un pan du vécu de la classe moyenne qui s’en va ! Ceci dit, le modèle « américain » du lotissement pavillonnaire ne fait plus recette : rognage des terres agricoles, gouffre énergétique, obligation de posséder une voiture, charges élevées car infrastructures non mutualisées… « Maisons Merlin, cages à lapins », disait Coluche. Maisons Phénix et maisons Merlin, j’les confonds toujours !

Précision : Dans J’les confonds toujours #2 (https://champouin.blog/2021/06/01/jles-confonds-toujours-2/), à l’entrée Balagne/Cerdagne/Limagne, je n’avais pas mentionné l’enclave espagnole de Llivia. Son origine est intéressante : lors du traité de 1660 par lequel l’Espagne laisse une partie de son territoire à la France, cette dernière stipule que l’Espagne cèdera « les villages » de la vallée de Cerdagne. Mais plus tard, l’Espagne prendra prétexte que Llivia n’est pas un village mais une ville : Llivia est restituée.

Suite, donc, de notre rubrique :

  • Eric BESSON (né en 1958) et Luc BESSON (né en 1959) – deux hommes d’affaires (à leur façon).

Eric BESSON est un entrepreneur, également homme politique – un des ces libéraux pro-industrie (comme Montebourg) à qui il reste une fibre gaullienne, mais qui restent totalement pro-européens, ce qui prouve qu’ils n’ont rien compris à l’économie ni à l’histoire. Luc BESSON, cinéaste (Subway, Le Grand Bleu, Nikita…) et producteur, est un de ces beaufs à la Dupont-Moretti qui ne touche plus terre et qui ose tout (c’est à çà qu’on les reconnait). On peut citer aussi deux écrivains, cette fois : Patrick BESSON (né en 1956), qualifié trop sommairement d’anar de droite, et Philippe BESSON (né en 1967), qui est également critique.

  • Hubert BEUVE-MERY (1902-1989) et Charles-Augustin SAINTE-BEUVE (1804-1869) – deux plumitifs.

SAINTE-BEUVE fut un écrivain qui commença sa carrière en se liant d’amitié avec Victor Hugo. Mais ils divergeront politiquement et Hugo l’appellera « Sainte-Bévue ». Ses romans et poèmes, mauvais, seront vite oubliés. Il se lancera également dans la critique. Sa méthode se fonde sur le fait que l’œuvre d’un écrivain serait avant tout le reflet de sa vie et pourrait s’expliquer par elle. Elle se fonde sur la recherche de l’intention poétique de l’auteur (intentionnisme) et sur ses qualités personnelles (biographisme). Proust contestera cette méthode avec Contre Sainte-Beuve. Quant à BEUVE-MERY, c’est un journaliste pas très à gauche, membre des Camelots du Roy (!), qui en 1941-42, participera aux activités de l’Ecole des Cadres d’Uriage, fondée par le régime de Vichy. Il deviendra « vichysso-résistant » [!] et se recyclera en créant et dirigeant l’anti-gaulliste Le Monde, quotidien de tous les régimes… Il sera l’icône intouchable, respectable et inattaquable de la presse « indépendante et objective » qui dictera pendant des décennies ce qu’il est convenu de penser. [à lire : Michel Onfray, Vies parallèles – De Gaulle-Mitterrand, Robert Laffont, 2020. Je n’ai plus retrouvé les références des pages concernées, le livre ne possédant pas d’index…].

  • BLAGNAC et MERIGNAC – deux aéroports méridionaux.

Vu de Paris, on les confond toujours… BLAGNAC est la commune sur laquelle se situe l’aéroport de Toulouse (code TLS). Toulouse-BLAGNAC est le 6ème aéroport français et le 4ème de province. Son aérogare est à 6 km de la Place du Capitole. Né de la multiplication des liaisons postales, dont il fut la plaque tournante, cet aéroport accueillit l’industrie aéronautique : Sud-Aviation, Bréguet puis Airbus dont il est la piste d’essai. C’est aussi un contre-exemple de la privatisation. Il est vendu en 2015 à un escroc hong-kongais. En 2019, l’Etat veut annuler la vente, ce que refuse le Conseil d’Etat. Bordeaux-MERIGNAC (code BOD) est le 6ème aéroport de province et le plus ancien de France (1911) avec celui de Pau. Jusqu’en 1961, MERIGNAC (12 km du centre-ville) va accueillir des installations militaires aériennes dont une base de l’OTAN. De 1968 à 1976, l’aéroport s’appellera Bordeaux – Pierre-Messmer.

  • Louis BLANC (1811-1882) et Auguste BLANQUI (1805-1881) – deux insurgés socialistes.

BLANQUI, très tôt marqué par l’hostilité à la Restauration, et par conséquent par le bonapartisme, devient athée. Authentique carbonaro depuis 1824, il sera mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors, se succèdent pour lui complots, coups de force manqués et incarcérations : passant la majorité de sa vie en prison, il fut surnommé l’Enfermé. Il participe à la révolution de 1848, mais préfère un gouvernement révolutionnaire au gouvernement républicain mis en place. Lors de la Commune, Flotte, son vieil ami, souhaite que soit libéré BLANQUI en échange de quoi les communards libéreront les otages (des religieux et un sénateur). Thiers refuse de souscrire à cette proposition. Quant à Louis BLANC, il sera très tôt témoin des condition de vie du prolétariat. Il devient journaliste socialiste et fonde La Revue du Progrès. Dans L’Organisation du travail (1839), il s’attaque à la concurrence anarchique. Il fera partie du gouvernement provisoire de 1848, puis s’exile pendant vingt ans en Grande-Bretagne. Il revient en 1870. C’est un fervent partisan du (vrai) suffrage universel.

  • James BROWN (1933-2006) et John BROWN (1800-1859) – deux militants américains en faveur des Noirs.

On croit souvent que John BROWN était noir (à cause de son nom ?), le confondant avec l’ancien esclave Frederick Douglass. John BROWN, un blanc témoin très tôt de sévices contre un esclave, rencontre Douglass et s’installe dans une communauté noire en pensant être l’envoyé de Dieu sur Terre. En 1855, son action devient violente et très problématique : lui et ses hommes tuent cinq colons blancs à coup de sabre, puis s’empare d’un arsenal fédéral pour lancer une insurrection mais aucun esclave le rejoint. Il sera jugé pour meurtre et condamné à mort. James BROWN, lui, est un musicien, chanteur, auteur-compositeur, danseur et producteur afro-américain. Il est l’initiateur du funk et de la soul. Il introduit aussi beaucoup de ruptures de rythmes et régulièrement apparaissent des parties parlées s’adressant souvent directement au public. Son style influencera les artistes de la fameuse Motown, dont Michael Jackson ou Prince. Ses textes revendiquent la fin des discriminations raciales.

On remarquera que, tout comme Michael Jackson, c’était un excellent danseur.

A suivre…

ET TOUS DANS LA RUE LE 29 SEPTEMBRE !

Laisser un commentaire

Soyez modernes : prenez le train !

Aérotrain

Sur Salman Rushdie : on n’a pas tellement entendu de personnalités médiatiques à ce sujet… Fallait-il qu’il fût mort ? Et je parie que si Mmes Hidalgo ou Rousseau en ont parlé, elles n’ont pas employé le mot « islamiste »… J’invite en tous cas tout le monde à lire le billet qu’Etienne Ruhaud a publié, à propos de l’attentat contre Rushdie, sur son site https://pagepaysage.wordpress.com/ .

Sur la « sobriété » ordonnée par Elisabeth Thatcher Borne : les modèles Schacht/Hitler et Pinochet ne marchant plus, on instaure l’austérité au nom du dérèglement climatique, et au nom de la guerre en Ukraine… On aura toutefois remarqué que l’inflation massive des matières premières a commencé bien avant le conflit, il y a plus de deux ans, dû au fait que « les marchés » relèvent du casino ! A propos d’austérité environnementale, à lire le très bon article du hors série n° 3 du magazine scientifique epsiloon, consacré à l’infini, qui compare de manière objective et honnête cornucopiens (ceux pour qui le progrès repousse sans cesse les limites) et néomalthusiens (la croissance se heurte au mur des ressources). Pour une fois les cornucopiens ne sont pas qualifiés de scientistes !

Bonne rentrée à tous. Avez-vous bien voyagé ? Si oui, avez-vous pris le train ? Voire le métro !

marcjoly, votre serviteur (oui, il n’y a pas de majuscule à marcjoly), s’est souvent présenté comme un passionné des transports urbains et/ou ferrés*, mais ne vous en a pas fait profiter, à part la rubrique Métro loufoque dans laquelle on parle assez peu de métro ! Il faut que je « liquide » cette dernière (courage, encore sept lignes…). et que je passe au choses « sérieuses », notamment avec mon comparatif des réseaux de métro, et avec mon projet de rebaptême intelligent et légitime des noms de stations, non pas loufoque mais dans un souci de cohérence…

*A propos, connaissiez-vous la Boutique du train : ce magasin, qui se situait dans la gare St-Lazare, côté rue d’Amsterdam, avait fermé il y a quelques années pour réaménagement de la gare. Et j’en étais fort marri. En réalité, elle avait juste déménagé plus haut, 29 rue de Clichy. Livres, vidéo et gadgets « autour » du ferroviaire.

En tous cas, les choses sont en train (!) de changer, car un vent nouveau, frais et stimulant arrive grâce à la jeune génération. Quelques millenials consacrent des chaînes Youtube aux transports ferrés : Le Ferrovipathe et Urban Traveller presque exclusivement, Merci Citron et Princesse Armire parmi d’autres sujets. Je vous recommande de taper ces noms en mots-clé et de les mettre en favoris. Ces jeunes ont les défauts de leurs qualités et les qualités de leurs défauts : un peu wokistes, faiblards en culture générale et historique, mais passionnés par des sujets (trains, métros, réseaux) qui semblent a priori ne pas coller à l’air du temps. Ainsi le ferroviaire intéresserait d’autres individus que des cégétistes alcooliques abonnés à La Vie du Rail ! Pourtant ces jeunes gens ne sont pas étudiants en ingéniérie ou en économie des transports, et ne travaillent pas à la RATP ou la SNCF.

Un exemple très didactique du Ferrovipathe à propos du métro parisien.

Ainsi, j’ai été ainsi surpris de voir que le projet saboté de l’aérotrain de Bertin (illustration en bannière de titre), qu’il fut bon ton de décrier (« utopique », « pharaonique », « gabegie », « non rentable », « fantaisiste », « ne marchera jamais », etc.) soit défendu plus de 50 ans après par cette génération – et aussi quelques trentenaires et quadras qui ont monté une ou deux start-up dans cet objectif. Princesse Armire déclare avoir été le plus attaqué, à la suite de ses vidéos, non sur son ambivalence sexuelle ostensible, mais sur sa défense de l’aérotrain ! Il y a encore quelques scrogneugneu, ceux que j’appellerai les comptables, qui n’ont pas digéré cette insolence ferroviaire. J’en profite pour dire que la grande vitesse n’aurait pas du passer par une technologie classique « upgradée » (le TGV), mais par une infrastructure inédite, sans frottement, à savoir aujourd’hui la sustentation magnétique, beaucoup plus « rentable » que le TGV nécessitant une maintenance de la voie, de la chaîne câbles/caténaires/pantographes et des bogies de roulement.

Cette gare inutile fut en réalité, en échange de l’abandon du projet d’aérotrain, un cadeau au lobby sidérurgique (Schneider, au Creusot) qui fabriquait le bon vieux rail et non la voie en béton de Bertin.

Toutes ces vidéos, grâce à des « tours de France ferroviaires » par exemple, font ressortir l’incurie de nos dirigeants en matière de réseaux. Exercices qui montrent qu’il n’est pas facile de voyager partout en train : nous minimisons le nombre de voies abandonnées, fermées pour manque d’entretien ou pour « absence de rentabilité ». Pourtant, pour ces « petites » lignes, les solutions existent : navettes à motorisation hybride composées d’une ou deux voitures, cadencement synchronisé aux correspondances, arrêt à la demande comme dans le bus, accessibilité intégrale aux personnes à mobilité réduite, stationnement P+R à proximité des arrêts… Nos youtubeurs cités supra revendiquent que nos décideurs doivent à nouveau miser sur les trafics local et intercités au détriment de la grande vitesse. Je ne suis pas d’accord : il faut miser sur les trois à la fois, plus le fret de surcroît ! Le problème est plutôt que le bon vieux maillage partant de Paris a été réitéré pour la grande vitesse : même si le principe du hub n’est pas mauvais en soi, Lyon-Nantes doit-il passer par Paris pour laisser Vierzon et Bourges de côté ? Enfin les écolos, toujours prompts à dégainer leur vélo ou trottinette de centre-métropole, se sont désintéressés des transports extra-urbains (trop « gilets jaunes » à leur goût) voire y ont été hostiles au nom de l’environnement.

Ligne Le Blanc-Argent
La ligne (exploitée par Kéolis !) qu’on appelle encore Le Blanc-Argent, du nom de ses deux anciens terminus, ne parcourt plus que Salbris – Luçay-le -Mâle : elle est trop détériorée à ses extrémités.

Revenons à nos nouveaux passeurs. Ils voyagent et ont été éblouis par la Suisse (et le Japon, pays quelque peu similaire), patrie non seulement des trains, mais aussi des « solutions de transport » tous azimuts dans un pays montagneux au possible : tram, tram-train, train « classique », train à crémaillère – toutes motorisations et tous écartements de voie – et aussi funiculaires ou téléphériques… L’on dira que les trains suisses sont chers, ce qui est vrai (tout est cher en Suisse), et qu’en plus de la CFF, il y a pléthore de compagnies privées (ou des sociétés d’économie mixte). Eh bien, on en a pour son argent : trains à l’heure, cadencement à heures fixes (15 mn de correspondance maximum), desserte intégrale des zones rurales, tarifs transparents (suivez mon regard…) et titres de transport standard utilisables sur tous les trains, funiculaires, navettes lacustres, etc. Surtout, l’on remarquera que la Suisse n’appartient pas à l’Union européenne, qu’il est donc permis de creuser le déficit pour bâtir des infrastructures, et que les banques prêtent. En France, RailCoop, un opérateur privé qui veut relancer les lignes secondaires, n’intéresse pas les bailleurs de fonds…

Alors prenons le train du Futur !

Laisser un commentaire

Voies publiques

Voies publiques

Cet été :

Les « rediff » de Mr Liste

Le Parisien avait publié en 2019 son neuvième hors-série Histoires de Paris, consacré cette fois au Paris des Trente Glorieuses. A ce sujet, je vous recommande ma rubrique (sur Le Champouin) Je me souviens. D’autre part, la longue série L’oeil de Paris (idem) amorcée il y a peu m’incite à republier ce billet :

Entre le 23 novembre 1936 et le 26 octobre 1938, Raymond Queneau posa quotidiennement aux lecteurs de l’Intransigeant trois questions consacrées à Paris. Exemple : « Où peut-on voir un immeuble « modern’ style » dont l’architecture « rappelle la gloire du sapin neigeux » ? » – réponse : « 40 cours Albert-Ier, sur les plans de R. Lalique », ou encore : « Combien y avait-il d’édifices religieux à Paris en 1789 ? » – réponse : « 160 églises et chapelles, 11 abbayes et 123 couvents ».

Folio (Gallimard) a édité en 2011 l’ensemble de ces questions et de leurs réponses sous le titre Connaissez-vous Paris ?, malheureusement dépourvu d’index, défaut bien français de nos éditeurs, ce qui fait qu’une fois le livre lu, on ne peut plus le consulter…

Quoi qu’il en soit, c’est l’occasion de découvrir des noms de rues, avenues ou impasses totalement inconnues jusque là.

Raymond Queneau
Raymond Queneau

Dès le 3 janvier 1937, Queneau apporte la précision suivante à ses lecteurs (cela ne concerne pas que Paris, comme on pourra le deviner) :

« Voici sous quelles dénominations différentes peut être désignée une voie publique ou privée : rue, passage, avenue, impasse, square, place, villa, cité, boulevard, cour, quai, pont, port, allée, galerie, sentier, porte, chemin, sente, faubourg, ruelle, rond-point, hameau, jardin, péristyle, parc, carrefour, cours, gare, marché, chaussée, bourse, halle, route, bois, palais, arcade, carré, entrepôt, escalier, esplanade, palacio, passerelle, pavillon, portique, voie« .

Palacio…

Certaines sont courantes, d’autres moins, et d’autres encore nous paraissent improbables. « Chaussée » est utilisé dans le Nord et en Belgique (au départ, une voie romaine). Il manque « cours » au masculin et avec un s, et « mail », répandus dans le Midi.

« Bourse » ou « passerelle », c’est original ! « Péristyle » ou « palacio » dans une adresse, çà a de la classe ! « Ruelle » ou « entrepôt » , beaucoup moins …

BONUS :

Et c’est plus fort que moi. J’ai envie de le faire en mode (comme disent les jeunes) jeu de mots pouvant servir de base à un atelier d’écriture à ma sauce :

Rue Tabagat, passage Pham, avenue Acade-et-Mique, impasse Parretou, place Hébault, cité Gueyridon, cour Bouillon, quai Keth, pont Levy, port Nograff, allée Leyvert, galerie Golleau, chemin Deferre, faubourg Herrat-Tatame, hameau Depasse, jardin Donnot, péristyle Ampoulay, carrefour Hapidzat, Cours Sanssac, gare O’Goryll, chaussée Haumoine, carré Duccut, entrepôt Delapin…

Villa Mentable…

Laisser un commentaire

En l’an 2000… (1/2)

Futur

Lu dans Philosophie Magazine/Hors série n°53, Vivre et penser comme un arbre – Philosophie du monde végétal, une interview de Suzanne Simard, professeure canadienne d’écologie forestière. Elle dit : « Lorsque j’étais étudiante, le modèle en vigueur consistait à dire que l’écosystème est comme un gâteau : les ressources y sont limitées. […] C’est une hypothèse erronée. Les espèces, en travaillant ensemble, augmentent la taille du gâteau !  » Et vlan dans la gueule des ayatollahs du malthusianisme !

C’est bien connu : en l’an 2000, on se nourrira de pilules et les voitures voleront. Eh bien çà y est : on y est – et même 22 ans après. De pilules et de voitures volantes, toujours point. Et tu n’es pas chef d’escadrille, car les cons, pourtant fort nombreux, ne volent toujours pas non plus.

C’est qu’il y a un imaginaire de l’an 2000 ! C’est le summum du futur, dans lequel nous sommes habillés de combinaisons Courrèges, assis dans des fauteuils-coque tandis que devant nous, une porte s’ouvre latéralement, laissant le passage à un robot qui nous sert le café ! C’est chié, non ?

Evidemment, çà ne s’est pas passé comme çà (oooh !).

Passons en revue toutes ces prévisions/prédictions/fantasmes/croyances :

  • « Les voitures voleront ».

Techniquement, c’est possible, et quelques constructeurs y ont réfléchi. Mais à quoi servirait une voiture volante ? A la campagne, la route suffit largement. D’autre part, pour aller d’une grande ville à une autre, l’autoroute suffit. En réalité, l’idée de voiture volante serait utile en ville afin d’éviter les embouteillages. Sauf que l’environnement urbain est le plus hostile au vol d’aéronefs : immeubles, antennes, arbres, lignes électriques… même si l’engin est autonome afin d’éviter les erreurs humaines. Ce n’est pas par hasard si la réglementation des zones urbaines est très restrictive, ne serait-ce que pour un survol de drone… Et une chute de voiture volante en plein centre ville, ce n’est pas rien !

  • « On se nourrira de pilules ».

On peut toujours synthétiser les protéines, lipides, vitamines et oligo-éléments, mais il faut l’admettre : les pilules, çà ne nourrit pas son homme, ou alors il en faudrait un monceau dans l’assiette ! Et pas sûr que leur fabrication à cette échelle coûte moins cher que l’agriculture… De toute façon le mouvement anti-malbouffe est passé par là, on tend depuis un certain temps à vouloir retrouver le « goût de l’authentique » et de plus les compléments alimentaires (car les « pilules », c’est en fait çà) attisent aujourd’hui le scepticisme.

  • « On apprendra à l’aide de machines« .

Je ne parle pas de méthodes audiovisuelles ou de choses de ce genre, qui existaient déjà avant l’électronique, mais de machines que l’on branche pendant son sommeil sur le crâne à l’aide d’électrodes. Cela n’existe pas car cela ne se peut pas ! Tout au mieux peut on dire que le sommeil (le vrai) est bénéfique pour l’apprentissage…

  • « Les voitures rouleront toutes seules ».

Avec nous dedans, sinon çà ne sert à rien ! Mais c’est dangereux, dira-t-on ! Que nenni ! C’est même plus sûr ! Il n’y a jamais eu d’accident avec les métros automatiques, par exemple. En réalité, il y a deux cas de figure pour lesquels on a besoin de voitures autonomes : l’autoroute car il n’y a rien à faire et on se laisse porter, et la ville pour au contraire éviter de jeter un oeil partout en même temps. Malgré les accidents médiatisés des essais de GoogleCar ou de Tesla, tout sera au point dans dix ans. Les dispositifs existants comme l’alerte de franchissement de voie ou le régulateur de vitesse sont déjà des étapes vers l’autonomie complète.

  • « Il y aura des robots ».

Mais il y en a partout autour de nous et nous ne les voyons pas ! Seulement, il ne sont pas anthropoïdes… Le robot ne nous sert pas le café, çà n’est pas d’une grande utilité… Par contre il nous le prépare : çà s’appelle la cafetière électrique – électronique, en fait, tout comme le robot qui fait la vaisselle s’appelle un… lave-vaisselle. Mais R2D2 réduit à l’état de microprocesseur de 0,5 X 0,5 cm, çà fait moins rêver. On parle aujourd’hui d’intelligence artificielle (IA) pour tout et n’importe quoi, mais la vraie IA, c’est celle de la cybernétique, celle du « robot » qui apprend à apprendre (par exemple Google qui adapte les publicités à nos goûts). Par contre ce qu’on appelle IA dans le langage courant n’est que de l’électronique.

Robot

  • « Les écrans seront en relief »

Sur de simples écrans, tous les procédés ont été des échecs (ah, les lunettes vertes et rouges, inefficaces pour une vision à 10/10 d’un oeil et 5/10 de l’autre !). Cela ne peut marcher que pour une vue en immersion : le casque de réalité virtuelle. Mais se pose alors la question de la fausse information que perçoit le cerveau, ce qui cause des malaises. Les spécialistes ne prévoient pas un grand avenir pour les casques VR, qui vont provoquer des cas d’épilepsie, sans compter les effets à long terme. Et maintenant, la télé en odorama, c’est pour quand ?

  • « On ira sur Mars ».

C’était ce qu’il était prévu de faire après le projet Apollo : un homme sur Mars en 1981 ! Malheureusement, l’exploration spatiale, à cause des « comptables » de l’Administration américaine n’a même pas permis à Apollo de continuer. Ceci dit, on n’avait pas non plus prévu la robotisation qui permet maintenant de connaître Mars sans y mettre les pieds, grâce au sondes automatiques et autres rovers. Et on a sous-estimé la difficulté psychologique des voyages longs, celle matérielle de la génération de l’eau/de l’oxygène/des vivres. On a également sous-estimé l’impact des radiations et de l’hypogravité. J’aurais voulu suivre l’évènement en direct une fois dans ma vie, mais je pense que cela n’arrivera pas avant le siècle prochain… Dommage.

Mars

A suivre…

Laisser un commentaire

L’oeil de Paris (1)

rue de l'Abbaye

Rue de l’Abbaye

Extrait de professions de foi des candidats pour l’élection législative du 12 juin dans la 16ème circonscription de Paris : « je m’engage à éradiquer le fléau du crack dans le 19ème« , « j’ai grandi à la porte des Lilas », « nous pouvons agir pour améliorer notre quotidien de la Porte de la Villette aux Buttes Chaumont » avec un encadré « Nos priorités pour le 19ème« … Or le mandat législatif n’est pas un mandat local, mais national, car le député représente la Nation dans son intégralité ! Confusion entretenue par la notion de circonscription qui n’existe que pour des raisons techniques : imaginez des professions de foi voire des bulletins avec une liste de 577 candidats au niveau national ! Par conséquent, les accusations de parachutage ne sont pas justifiées pour les législatives.

Ainsi, en ces temps troublés, un seul candidat dans cette « circo » à Paris, celui du Parti ouvrier indépendant démocratique, dénonçait quelque chose relevant du domaine national, à savoir les Affaires étrangères : « l’intervention croissante de l’OTAN dans la guerre à l’est de l’Europe ».

Nouvelle rubrique ! Paris en photos ! Il ne s’agira pas de photographier Paris d’un point de vue uniquement architectural, ni de retracer l’histoire des rues. Evidemment, on ne lève pas assez le nez et beaucoup de choses dans Paris nous échappent : des petites « pépites ». Par exemple, j’ai été stupéfait par le nombre de balcons fleuris en plein Paris !

L’ordre alphabétique nous impose de débuter par la rue de l’Abbaye, commençant (comme l’écrivent les index des plans de ville) rue de l’Echaudé, 18 et finissant rue Bonaparte, 37.

Cette rue est assez courte, mais l’Abbaye en question était celle de St-Germain-des-Prés, dont l’emprise était autrefois immense.

Nota : afin d’être plus libre, je n’ai pas cru utile ni opportun de replacer les photos dans l’ordre croissant des numéros de rue, ni dans l’ordre pair/impair.

rue de l'Abbaye

La perspective de la Rue de l’Abbaye donne une fausse impression de cul-de-sac.

En réalité, elle se rétrécit et se poursuit juste de la longueur de cet immeuble, dont l’enseigne du pas-de-porte nous rappelle que les merlans ont beaucoup d’imagination (Diminu’tif, etc).

Rue de l'Abbaye

Et voici une autre enseigne, et sage conseil !

Rue de l'Abbaye

C’est là, la télé ?

Par contre, il y a un centre culturel du Crous, eh oui ! Et sur le trottoir d’en face, d’autres choses encore pour étudiants.

Jouxtant le bâtiment de l’aumônerie, ce superbe bâtiment est un site de l’Institut Catholique de Paris.

Ce qu’ils peuvent être véner, ces gens du 12ème, quand ils se garent dans le 6ème !

Rue de l'Abbaye

La perspective opposée n’est pas géniale, avec derrière la Place St-Germain-des-Prés, cet horrible immeuble de la Faculté de Médecine.

Rue de l'Abbaye

Petite fantaisie, que certains appelleront une crotte. Moi, j’adore l’unique fenêtre excentrée.

Ces échelles de ramoneur m’ont toujours intrigué.

Finissons en beauté avec l’église Saint-Germain-des-Prés et son Palais abbatial.

A suivre…

Laisser un commentaire

S.I.G.L.E.S. (2)

Sigles

Spécial Mars

Elizabeth Borne Première Ministre !!! Là, il ne s’agit plus de provocation, ni d’une gifle, mais bien de ce que, dans la Maffia, on appelle un « avertissement » Macron, après avoir effacé la présidentielle, enjambe maintenant les législatives.

Elisabeth Borne
Je suis EX-CE-DEE par tous ces Français irresponsables qui laissent filer la dette ! Je pense -mon cher- qu’une bonne correction ne leur ferait pas de mal !

De gauche (!) à droite : Elizabeth Borne et Christine Lagarde.

Spécial Mars ? Mais nous sommes en Juin !

Mais il s’agit de la planète Mars, car l’exploration martienne est très prolifique en projets scientifiques et instruments embarqués (et débarqués) en tous genres, et les projets scientifiques sont très créatifs et prolifiques en matière de sigles !

Signalons en guise d’apéritif qu’Arianespace peut se lire en français Ariane Espace ou en anglais Ariane Space, que le rover (on doit dire en français « astromobile ») chinois Yutu (« Lapin de Jade ») peut se lire You too ou bien U2, et que les sondes chinoises Chang’e, du nom d’une déesse de la Lune, peuvent se lire Change, ce qui montre le caractère international de ce qu’il faudrait appeler (n’en déplaise aux Américains et maintenant à l’UE) la coopération spatiale. L’expulsion des Russes du projet ExoMars (entre autres) est un comportement infantile et inacceptable.

Chang'e
Chang’e, déesse chinoise de la Lune.

Revenons aux sigles, et commençons par le commencement avec tout simplement… MARS (MArs Radiation Science experiment).

Les prénoms féminins sont toujours à l’honneur pour nommer les projets. Ainsi, voici AMELIA (Atmospheric Mars Entry and Landing Investigation and Analysis), et LARA (LAnder RAdioscience).

Il s’agira de ne pas louper sa trajectoire avec CheMin [sic] (CHEmistry & MINeralogy – aucun rapport en fait avec un déplacement) et avec une idée contraire : STATIC (Supra Thermal And Thermal Ion Composition – même remarque).

N’oublions pas nos classiques grecs avec OMEGA (Observatoire Martien pour l’étude de l’Eau, les Glaces et de l’Activité). Puis vient THEMIS (THermal EMission Imaging Spectrometer). Cette dernière étant la déesse de la Justice, de la loi et de l’Equité, voici maintenant WISDOM, « sagesse » en anglais (Water Ice and Subsurface Deposit Observation on Mars).

Coucou, voici RAT (Rock Abrasion Tool, une meule à godets pour creuser des trous dans les roches – un rongeur, donc !), les jumeaux TWINS (Temperature and Winds for INSight) et un concept récurrent en science(-fiction) : BEAM, « rayon » en anglais, (Bigelow-Expendable Activity Module). Un programme de simulation de vie sur Mars, basé à Hawaii, s’appelle HawaIi Space Exploration Analog and Simulation, soit HI-SEAS, c’est-à-dire « Eaux profondes ». Et tous les jours c’est MARDI (MARs Descent Imager).

RAT
Il y a du fromage sur Mars !

Et j’ai lu, à propos de la mission ExoMars (ESA) de 2022, maintenant reportée, qu’il existe un instrument russe, un magnétomètre, nommé MAIGRET. Est-ce un sigle ? Ou bien ce dispositif a-t-il baptisé ainsi à cause de son flair ? Le site de l’ESA mentionne l’instrument mais n’en dit pas plus…

Pour résumer, tout cela fait rêver… avec DREAMS (Dust characterization, Risk assessment, and Environmental Analyzer on the Martian Surface).

[Principale source pour cet article : Objectif Mars, Hors-série Le Monde – La Vie, 2020. Paru simultanément en tant que « vrai » livre chez Glénat].

Evidemment, tous les projets scientifiques sont concernés, y compris ceux qui dépassent largement le système solaire. Ainsi TRAPPIST (TRAnsiting Planets and PlanetIsimals Small Telescope) est un instrument au service de SPECULOOS (Search for Planets EClipsing ULtra- cOOl Stars). Car SPECULOOS est un projet de l’université de Liège ! J’adore ! [A ce sujet, je vous recommande http://trappist.one (en anglais) sur ce projet génial qui a pour objet les exoplanètes, et où l’on parle d’harmonie des sphères !] Bon, ces sigles-là sont plutôt capillotractés, et versent dans l’à-peu-près …

SPECULOOS

Laisser un commentaire

Dekoikonparle ? (4)

Arabe

Arabe

Je vous recommande l’interview de Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse qui a travaillé pour l’OTAN, publié le 15 mars sur le site suisse Zeitgeschehen in Focus. Il est intitulé : La politique des Etats-Unis a toujours été d’empêcher l’Allemagne et la Russie de coopérer plus étroitement. Vous pouvez trouver la traduction française sur https://solidariteetprogres.fr, le site du mouvement de Jacques Cheminade.

Au moment où Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour, il est temps de mettre les choses au point. Son discours tourne autour d’un sujet : l’immigration. Si on peut trouver légitime d’entrer en guerre contre la « racaille », contre les cultures non solubles dans la République ou contre le regroupement familial, le sujet n’est pas l’immigration en soi. D’ailleurs, ce n’est pas la priorité des « gens oubliés », pourtant en souffrance à cause des incivilités et de l’insécurité, et malgré la qualification des gilets jaunes « d’extrême-droite » par les médias. Le Pen n’est surtout qu’une souverainiste frelatée qui n’a pas les couilles de sortir de l’UE et de la BCE.

Alors, quand on parle des Arabes, dekoikonparle ?

Les Anglo-saxons distinguent arab (critère ethnique), arabian (critère géographique) et arabic (critère linguistique). Car dans les pays arabes, il n’y a pas que des Arabes ! Et l’arabe peut être parlé ailleurs que dans les pays arabes…

Au départ, les Arabes sont des sémites (çà y est, je viens de déclencher une guerre mondiale !) originaires de la péninsule dite arabique. Ils sont aujourd’hui également présents dans le reste du Moyen-Orient, au Machrek (Egypte, Soudan, Libye), au Maghreb et sur la côte est de l’Afrique (Somalie, Mozambique), soit « les pays arabes ».

« Qu’est-ce que c’est que ces Portugais
qui viennent bouffer le pain de nos Arabes ? »

Coluche

Mais dans ces pays vivent aussi des non-Arabes : Kurdes (Syrie, Irak), Juifs (Palestine), ethnies africaines (Soudan, Mauritanie, Somalie) et Kabyles (Maghreb). C’est que la plupart de « nos » Arabes, comme dirait Coluche, sont en réalité des Kabyles !

Arabes
Chrétiens syriens. Ce sont de vrais Arabes.

En dehors de toutes ces régions citées, si on ne parle pas arabe, on peut en utiliser l’alphabet ! Ainsi les Iraniens (le farsi), les Pakistanais (l’ourdou) [cf. Dekoikonparle ? (2)] et les Afghans (afghani, pachto, baloutche). Le président turc Erdogan voudrait bien « détricoter » l’héritage kémaliste en rétablissant l’alphabet arabe.

Mais voilà que çà se corse (il y a toujours un moment où çà se corse dans un Dekoikonparle) [faire un Dekoikonparle sur la Corse]. Car on a tendance à confondre arabe et musulman.

Ainsi, le pays musulman le plus peuplé est… l’Indonésie, peuplé de Malais et de Chinois. Sont aussi musulmans : le Pakistan, peuplé d’Indiens et de Baloutches ; l’Inde (20% de musulmans indiens) ; la Turquie (Turcs) ; le Nigéria (50% de musulmans Yorubas ou Igbos) et bon nombre de pays d’Afrique dite subsaharienne ; les pays en -stan (Kirghizes, Turkmènes, Tadjiks…), sans compter l’Albanie ou la Bosnie-Herzégovine…

Indonésiens
Indonésiens. Des Arabes, vraiment ? D’ailleurs, ce monsieur a un faux air d’Obama…

Alors, retrouvons Coluche : « Ouais…, les Arabes…, tout çà… » Et comme le dit un occupant « arabe » de mon immeuble, peuplé en majorité de Cambodgiens : « Ouais… , les Chinois… , tout çà… ».

Arabe

Laisser un commentaire

S.I.G.L.E.S. (1)

Sigles

Dans l’article précédent, la personne qui interroge de Gaulle sur l’illustration de bannière, n’est pas Robert Badinter, comme certains l’ont cru, mais le journaliste Michel Droit.

Dans la série Mauvaises « translations », j’aurais pu ajouter une entrée « acronymes ». En français un acronyme est syllabique (Medef, Unesco), alors qu’un sigle s’épelle lettre par lettre (« èratépé », « ertéel »). Acronym, en américain signifie « sigle » de manière générique. Acronyme, çà fait américain, moderne, libéral… « Sigle », çà fait ringard, monde d’avant, gaullo-communiste, quand on mettait des points entre chaque lettre : C.E.A., S.N.C.F., C.G.T., U.R.S.S. Alors dans le monde d’aujourd’hui, on dit : acronyme…

On en a vu passer des sigles socio-économico-statistiques du genre : le BOF, la PIPE, le CRADOC. Heu pardon : le CEVIPOF, le BIPE, le CREDOC ! On n’a jamais su ce que c’était… Les sigles administratifs ne font pas rêver non plus, mais la DIRECCTE (DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) est bien trouvée. Quant au plan ORSEC (Organisation de la Réponse de la SEcurité Civile), il ne concerne pas seulement les inondations, malgré son nom !

Comme on vient de le voir, il y a quand même certains sigles intéressants, et c’est là où je veux en venir aujourd’hui.

Raid
Ne vous trompez pas de Raid !

Par exemple : le GRIMP. Il s’agit du GRoupe d’Intervention en Milieu Périlleux [des Pompiers de Paris], qui effectue des secours en paroi, secours en puits… Pas mal, non ? Dans le même ordre d’idées : le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion).

Les partis politiques, syndicats et assimilés ont été de grands pourvoyeurs de sigles et acronymes. Le MODEM (MOuvement DEMocrate), voiture-balai de politiciens tocards, a emprunté à l’informatique grâce au modulateur-démodulateur, pas plus loufoque que le MOU (Mouvement Ondulatoire Unifié) cher à Pierre Dac. Dans SUD (Solidaires, Unitaires, Démocratiques), l’acronyme, par sa fraîcheur, apporte plus de sens que sa signification bateau. Quant au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), si je n’aime pas du tout ce mouvement communautariste, le sigle est, lui, très bien trouvé. Dans la même idéologie, il manque une lettre pour échapper au PIR, à savoir le Parti des Indigènes de la République. Il y eut d’autre part il y a plus de trente ans le POE (Parti Ouvrier Européen). On pense tout de suite au grand Edgar, qui aurait pu donner son nom à la… poésie ! Le POE ayant existé aussi en Italie, la blague a été faite par Andrea Camilleri dans une de ses enquêtes du commissaire Montalbano ! Enfin, relevé dans Marianne n° 1300 du 10 février : les Juifs reniant les valeurs de leur culture jusqu’à tendre vers l’extrême-droite (Monsieur Z., mais lequel des deux ?) ont été surnommés par leur coreligionnaires les PIAF (patriotes israélites antisémites français)…

Tiens, encore l’Italie ! La culture n’est pas en reste avec deux musées à Rome (je le fais en français, mais cela revient au même) : le MAXXI (Musée d’Art du XXIème siècle) et le MACRO (Musée d’Art Contemporain de ROme). C’est mieux que le FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain), la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain), la FNAC (Fédération Nationale d’Achat des Cadres : au départ, il s’agissait d’une entité fournissant aux cadres des bons de réduction sur des produits culturels), le froc, le fric… Et pour faire plaisir à Fleur Pellerin, qui fut ministre des Contenus, pardon, de la Culture et de la Communication : le PAF, Paysage Audiovisuel Français (Police de l’Air et des Frontières, ou Participation Aux Frais ?). Pour l’anecdote, AGLAE est l’Accélérateur Grand Louvre d’Analyse Elémentaire, un équipement utile à la restauration et l’expertise des oeuvres.

Et le SPQR, Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale ! Je trouve çà génial ! D’ailleurs dans je ne sais plus quel Astérix, un légionnaire au nez rouge brandit plutôt une enseigne VDQS (vin délimité de qualité supérieure)… A propos de nourritures terrestres, l’Association pour la Gestion des Restaurants des Administrations Financières est l’AGRAF !

MAGGALY
René Waldmann, Les Charmes de Maggaly, Editions Lyonnaises d’art et d’histoire, 1993.

Les transports ne sont pas en reste : METro Est-Ouest Rapide, nom de projet de la ligne 14 à Paris devient METEOR, et Métro Automatique à Grand Gabarit de l’Agglomération LYonnaise, celui de la ligne D, fait MAGGALY. Il y eut également un éphémère TRansports Urbains de Fort-de-France, soit TRUFF. Enfin, il existe la FNAUT (Fédération NAtionale des Usagers des Transports) : ses membres – des voyageurs, donc – sont-ils des fnautes ? Cela rappelle les « transports poétiques » chers à l’architecte Roland Castro.

Les INSPé ne sont pas les Inspecteurs d’Académie (« 22, v’là l’inspé ! »), mais les Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Education, qui ont succédé aux Ecoles Normales, puis aux IUFM. Le MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) fait référence à l’anthropo-sociologue Marcel Mauss. Quant au RUCHE, c’est le Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale, ce qui tombe un peu à plat car ce genre de réseau, ce serait plutôt une ruche, qui de surcroît à un rapport avec l’environnement.

La vie administrativo-technocratico-managériale est une mine de sigles ou d’acronymes divers. Pour mémoire : ESTÉVE (Évolution du Système de Traitement de l’ÉValuation dématérialiséE), et RENOIRH (RENOuveau Interministériel de gestion des Ressources Humaines). Il n’y a pas de renouveau interministériel « tout court » : ç’aurait été le Renoi !

Et puis il y a les comportements : le LULU (Locally Unwanted Land Use) – usage indésirable d’un terrain local ; et BANANA (Building Absolutely Nothing Anywhere Near Anyone) – ne rien construire quelque part à proximité de quiconque [Julien Damon, Thierry Paquot, Les 100 mots de la Ville, PUF-Que-sais-je, 2014].

Licorne
Encore raté !

Parfois, l’idée du sigle est carrément ratée. Prenons le cas de la Force de maintien de la paix (!) Licorne. Comme en anglais « licorne » se dit unicorn, on pourrait penser qu’il s’agissait de United Nations Ivory Coast quelque chose… Eh bien non. En anglais, c’est l’UNOCI : United Nations Operations in Côte d’Ivoire [sic]. Dommage !

Et gare aux faux-amis. En anglais, l’Organization of American States (Organisation des Etats Américains – OEA), donne… l’OAS ! Et la Tennessee Valley Authority, créée par Roosevelt, et qu’on pourrait traduire par un gaullien «Office d’aménagement de la vallée du Tennessee», donne en anglais… notre TVA !

Un conseil, déjà donné par marcjoly dans une publication antérieure : ne marchez jamais dans la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement). Pourtant on dit que çà porte bonheur !

Laisser un commentaire

J’les confonds toujours (3)

Une pensée pour les Bogdanov, non vaccinés et décédés par leur stupidité… Car ils n’étaient pas anti-vax ! Mais, de par leur histoire familiale, leur éducation, leur gémellité, ils avaient le sentiment de ne pas être comme tout le monde – ce qui peut se comprendre. Ils se sont dit qu’avec leur excellente hygiène de vie (sport, alimentation, stimulation intellectuelle), ils ne leur arriveraient rien… Ironie : ils pensaient que l’on pouvait vivre jusqu’à 150 ans ! C’est d’autant plus dommage qu’ils dégageaient un optimisme rafraîchissant par rapport à la science et à l’exploration spatiale.

Macron a eu raison (pour une fois) d’avoir envie d’emmerder les anti-vax (je perds des lecteurs à cet instant)… sauf qu’il le fait pour de mauvaises raisons : c’est purement du racolage électoral !

Bonne année à tous ! Que 2022, année Covid (avec variant au Macron), ne soit pas confondue avec 2021 année Covid, ni 2020 année Covid… J’les confonds toujours ! marcjoly compte sur vous pour rédiger une to do (tout doux ?) list de recommandations sanitaires… et citoyennes. Car comme c’est une année d’élection présidentielle, taubira pas d’aller voter ! [Blague de l’ami Denis Veysset]

Dans la même veine de procédé ludique, il y a rue Saint-Jacques à Paris une officine de produits régionaux (qui vient de mettre la clé sous la porte) dénommée Cantalez-vous. Répondre évidemment : « très bien. Et vous ? » Et ceux qui suivent l’actualité africaine connaissent le président (de la RDC) Tschisekedi. Répondre : « c’est pas moi, j’ai rien dit ». Autre référence africaine : feu le président (kényan) Arap Moi. Arap-moi si tu peux ! Cela rappelle les FTP-MOI, une des multiples (hélas !) divisions de la Résistance. Eftépez-moi ou je fais un malheur !

L’actualité (le décès des Bogdanov) m’a donné l’occasion de publier la suite de J’les confonds toujours. C’est donc reparti pour un autre opus de notre rubrique :

  • BARFLEUR, HARFLEUR et HONFLEUR – trois ports normands.

BARFLEUR est la plus petite commune de la Manche, près de la Pointe du même nom, au nord-est du Cotentin. HARFLEUR est un port limitrophe du Havre, nommé Caracotinum à l’époque gauloise. Quant à HONFLEUR, c’est son symétrique, sur la rive sud de l’estuaire de la Seine cette fois : y sont nés Alphonse Allais, Erik Satie et Eugène Boudin. HONFLEUR a été maintes fois représenté par les peintres impressionnistes, dont ce dernier. Les trois villes portent le suffixe -fleur, qui se prononce traditionnellement « -fleu » ou « -fieu », d’un mot norrois qui signifie « marée montante » (cf. français flot, anglais flood, fleet).

Honfleur
Honfleur par Eugène Boudin

  • Les BAUGES et les MAUGES – deux régions françaises.

Le massif des BAUGES est un massif montagneux des Préalpes françaises du nord, à cheval sur les départements de Savoie et de Haute-Savoie, culminant à plus de 2 200 m d’altitude. C’est un parc naturel régional depuis 1995. Les MAUGES sont une région naturelle et historique au sud-ouest de l’ancienne province d’Anjou et du département du Maine-et-Loire. elles contiennent trois unités paysagères : le Plateau (près de la Vendée et des Deux-Sèvres), la Loire des Promontoires (la « Corniche angevine »), et le Couloir du Layon, un affluent de la Loire. Si on ne connaît pas l’étymologie de « BAUGES », celle de « MAUGES » viendrait de metallicum à cause des mines de fer et de plomb répandues autrefois dans cette région, ou bien de medioligerium, « au milieu de la Loire ».

Corniche angevine
La Corniche angevine, avec au premier plan les côteaux du Layon (slurp !)

  • BAZAINE et BAZEILLES – tous deux en lien avec la guerre de 1870.

Mais BAZAINE est une personne, et BAZEILLES un lieu ! La général François-Achille BAZAINE (1811-1888) est un militaire français. Après les campagnes d’Algérie, de Crimée et du Mexique, il devient commandant en chef de l’Armée du Rhin lors de la guerre franco-prussienne de 1870. N’ayant pas compris l’importance de l’offensive de Saint-Privat, il replie son armée vers Metz puis finira par capituler devant l’ennemi. Condamné pour trahison, il s’évade et s’enfuit en Espagne. La bataille de BAZEILLES, près de Sedan, est une défaite française, due notamment au repli effectué par BAZAINE. Le courage des troupes coloniales (infanterie de Marine), fait qu’il y a encore peu, ce combat était célébré en outre-mer, alors qu’il ne s’agit pas d’une victoire…

  • La BERD et la BRED – deux banques.

La BRED (Banque régionale d’escompte et de dépôt), fondée en 1919 par Louis-Alexandre Dagot, est la plus ancienne des banques populaires françaises, de régime coopératif (encore aujourd’hui). Le groupe s’appelle maintenant BRED – Banque Populaire et exploite les deux enseignes. En 2008, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne fusionnent pour devenir BPCE. La BERD (banque européenne pour le reconstruction et le développement) – en anglais EBRD – est une organisation internationale chargée de faciliter le passage à une économie de marché dans les pays d’Europe centrale et orientale, crée en 1990 sur une idée de François Mitterrand, avec son siège à Londres. Donc, a priori rien de bon… Il s’agit donc d’une banque d' »investissement », style Banque Mondiale, dont des Etats sont actionnaires, mais le mandat de la BERD se limite aux pays « qui s’engagent à respecter et mettent en pratique les principes de la démocratie pluraliste, du pluralisme et de l’économie de marché, de favoriser la transition de leurs économies vers des économies de marché, et d’y promouvoir l’initiative privée et l’esprit d’entreprise »… c’est-à-dire le dogme libéral orthodoxe de la « communauté internationale ». Effectivement, rien de bon : pour preuve ses deux premiers présidents étaient Jacques Attali et Jacques de la Rosière. [Nota : ne pas confondre avec la BEI (banque européenne pour l’investissement)]

Marcher dans la BERD… (Eugène Boudin ?)

  • Bernardo BERTOLUCCI (1941-2018) et Jean-Louis BERTUCELLI (1942-2014) – deux cinéastes.

BERTOLUCCI est italien. Cet assistant de Pasolini (sur Accatone) est l’auteur du Conformiste, du Dernier tango à Paris, de 1900 et du Dernier Empereur. Ses premiers films sont influencés par la poésie, l’opéra, le marxisme et la psychanalyse. Quant à BERTUCELLI, il est français. C’est l’auteur de Paulina 1880, d’On s’est trompé d’histoire d’amour, de Docteur Françoise Gailland et de L’imprécateur. Anecdotiquement, il a aussi commis un court-métrage : Tricot la Branlette ! Il est également l’auteur de quelques téléfilms. Paulina 1880 et 1900, j’les confonds toujours !

(A suivre…)

Laisser un commentaire

Les chansons-listes

Numéro double spécial Noël

« Il catalogo è questo : »

Pour Noël, marcjoly vous propose des chansons. Car y’a plus de chansons, y’a plus que deux phrases mises en boucle, et y’a plus de couplets. Exception faite de quelques auteurs : François Morel, Juliette… comme quoi les vraies chansons sont aujourd’hui confidentielles !

Et comme marcjoly ne se refait pas, il va vous proposer des chansons qui sont en réalité des listes.

« Madamina !
Il catalogo è questo.« 

Vieille histoire que le procédé de la répétition dans la poésie. De même que la liste dans la littérature (Rabelais…) et dans la chanson, quand la liste n’est elle-même pas l’objet de la chanson ! On se référera à l’Air du Catalogue du Don Giovanni de Mozart, dans lequel Leporello chante la liste des conquêtes de son maître et les dénombre : tant en Italie, tant en Espagne… Celles-ci sont au nombre de mille-trois (milletre) ! La vidéo suivante n’est pas extraite de la meilleure version mais je n’ai pas résisté au catalogue faisant un kilomètre de long !

Joseph Losey, Don Giovanni, 1979, adaptation cinématographique de l’opéra éponyme de Mozart, livret de Lorenzo da Ponte. Leporello : José van Dam.

A propos de zizi, voici la fameuse chanson de Pierre Perret qu’Yvonne de Gaulle, cette bigote, avait voulu faire interdire. Le plus piquant dans cette vidéo québécoise de 1995 est peut-être la présentatrice en train de pouffer. Je ne suis pas sûr que les jésuites de l’Eglise du Québec aient autorisé Le zizi en 1975.

Pierre Perret (paroles et musique), Le zizi, 1975

Les comptines ont toujours été des prétextes à listes, excellentes pour exercer la mémoire des enfants. En voici une, chantée, qui s’intitule Derrière chez moi :

Interprète ?, Derrière chez moi (traditionnel)

Mais les objets du quotidien n’ont qu’une vie : c’est pour çà qu’existent les dépôts d’ordures. Le titre qui suit est une parodie de la comptine précédente, interprétée par les Charlots. Ces derniers ne rentreront pas dans l’Anthologie de la chanson française, mais on regrette qu’après eux, il n’y a plus vraiment eu de parodie, ou plutôt, cela n’a plus intéressé les maisons de disques…

Les Charlots (paroles : Gérard Rinaldi, Luis Rego), Derrière chez moi, 1970

Nino Ferrer avait chanté Les cornichons. Ferrer est un très bon chanteur à listes, musicien hors-pair et excellent showman. Voici, du même encore, une liste d’objets banals cette fois, avec Oh ! Hé ! Hein ! Bon ! Et même si cela n’a rien à voir, j’invite les lecteurs masculins à reluquer sur l’internet la pochette de l’album Nino and Radiah : vous m’en direz des nouvelles !

Nino Ferrer (paroles et musique), Oh ! Hé ! Hein ! Bon !, 1966

A propos d’objets, Boris Vian avait écrit la Complainte du progrès en 1955, énumération d’articles ménagers réels ou fantaisistes, en même temps que Guy Debord dénonçait la société de consommation et tentait de mettre en place L’Internationale situationniste.

Boris Vian (paroles), Alain Goraguer (musique), La complainte du progrès -Les arts ménagers, 1955

Gaston Ouvrard, dit simplement Ouvrard (1890-1981) fait partie de ce qu’on appelle les comiques-troupiers. Au départ artistes se produisant devant les troupes (en uniforme), ils ont essaimé sur scène, dans le registre de ce qu’on appelle la chanson (délicieusement) idiote, dont d’illustres représentants furent Dranem et le jeune Fernandel. Malheureusement, Ouvrard et Dranem ne sont plus édités en CD, même pas par les labels Frémeaux ou Marianne Mélodies – car qui d’autre le ferait ? Figurez-vous que j’ai vu Ouvrard sur scène, à L’Olympia, en première partie de Jacques Martin ! J’avais neuf ans et c’était en 1970. On sentait que ce monsieur octogénaire était là pour des raisons alimentaires…

Ouvrard (paroles et musique), Je n’suis pas bien portant, 1934

Vient le moment de la liste des choses inutiles. C’est François Morel qui s’y colle, dans une chanson que n’aurait pas dénié Philippe Katerine :

François Morel (paroles et musique), Antoine Sahler, Trucs inutiles, 2016

Et finissons avec l’illustre Boby Lapointe, avec lequel il faut s’accrocher, car les jeux de mots fusent, et çà va très vite. Des chansons-liste, il en a fait un certain nombre, mais je ne résiste pas à cette dernière :

Boby Lapointe (paroles et musique), Saucisson de cheval, 1966

Oui, je sais : « C’est une chanson – de saillie »… Il faut savoir qu’il y a un lycée Jeanson-de-Sailly, sinon çà tombe à côté…

Passez-donc de bonnes fêtes et je vous souhaite une bonne année 2022. « En France, tout finit par des chansons », et terminer l’année par des chansons-listes, je trouve çà beau.

« Pas compris ! »

PROCHAINE PARUTION : 15 JANVIER

Laisser un commentaire