« Dehors, les markéteux, les inutiles ! »

Retour sur Marjane Satrapi : aucun membre du groupe parlementaire de LFI n’a réagi à sa disparition. Il est vrai que pour une certaine gauche, porter ou ne pas porter le voile relèverait de la « liberté » de chaque femme. Après la rediffusion de Persépolis, certains ont même osé juger le film islamophobe… Ah, ces intellectuels occidentaux qui, comme le disait Satrapi, « aiment les Iraniens avec un âne sur une colline, et leurs femmes avec un voile » !

Quant à Edgar Morin (grand ami de Tariq Ramadan…), il n’était, comme l’écrit un lecteur de Marianne, que « le TikTok intellectuel d’une époque qui croyait que toutes les frontières étaient mauvaises, que toutes les identités étaient négociables, que toutes les cultures voulaient dialoguer ».

Edgar Morin, je vous présente Marjane Satrapi…


LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Il avait une table ronde avec des rallonges qu'il n'avait pas dû utiliser bien souvent, six chaises paillées et un bahut qu'il avait sculpté lui-même et dont les motifs illustraient les scènes capitales de L'Ile mystérieuse : la chute du ballon évadé de Richmond, la miraculeuse retrouvaille de Cyrus Smith, l'ultime allumette récupérée dans la poche du gilet de Gédéon Spilett, la découverte de la malle, et jusqu'aux confessions déchirantes d'Ayrton et de Nemo qui concluent ces aventures en les reliant magnifiquement  aux Enfants du capitaine Grant et à Vingt mille lieues sous les mers."

Vous qui allez prendre le train pour les vacances, connaissez-vous Aiguillages ?

« Aiguillages » est le chaîne YouTube de Thierry Pupier, un passionné de trains, métros, tramways et tout ce qui roule sur rails. Il produit des vidéos documentaires et des reportages1 sur des réseaux ferroviaires en France et à l’international, comme le métro de Chongqing en Chine, en mettant en avant des aspects uniques ou méconnus de ces infrastructures.

1 https://www.youtube.com/aiguillages

J’ai frôlé la catastrophe : avant vérification, j’avais écrit : « Je recommande cette chaîne, bien que je ne sois pas toujours d’accord avec ce monsieur, par exemple au sujet de l’aérotrain ». Je confondais Thierry Pupier avec celui qui anime la chaîne dénommée Clé2berne – et je confondais aussi avec Le Ferrovipathe ! Toujours est-il que je recommande bien Aiguillages !

Intéressants sont aussi les commentaires de ces vidéos par les internautes, où l’on voit que le train, sujet ringard pour nos élites (politiques, communicants, « experts » et je dirais même, hélas, écologistes) est un sujet pris très au sérieux par le peuple.

J’enrage de ne pouvoir m’adresser à l’internaute appelé « A la voiture-bar »2, ce dernier ne s’exprimant que par le biais de Facebook, média auquel je ne veux pas m’abonner. S’il me lit, qu’il me contacte ! Je me permets (qu’il m’en excuse !) de publier son long commentaire à propos de la vidéo d’Aiguillages : Qui fait quoi sur le rail français3 ?. J’ai juste modifié la mise en page et ajouté trois notes et deux illustrations. J’ai cru comprendre que sa contribution était extraite de : Propositions constructives et réflexions sur les thèmes de l’énergie, des transports et du patrimoine. Services publics EDF nucléaire/hydraulique, SNCF Liberté et mobilité individuelles. Bagnoles.

2 www.youtube.com/@A_la_voiture-bar, « chaîne sans contenu » …

3 https://www.youtube.com/watch?v=A6gBzHV-Gws.

« Bien. Et si on revenait aux fondamentaux. Pour commencer, le ménage. Faisons des économies, des grosses, des vraies. Tranchons dans le lard.

Passons de : communes/communautés de communes/départements/régions/état/UE à communes/départements/état : suppression des communautés de communes, des régions, et sortie de l’UE par un FREXIT4 dur. Puis :

« Tranchons dans le lard.. ».

– SNCF opérateur ferroviaire historique, unique, 100% public inscrit dans la Constitution, propriétaire du matériel et de TOUTES les installations fixes. La SNCF doit redevenir LA référence mondiale du transport ferroviaire. Pas de place pour les parasites, les alternatifs, les suce-gamelles, les « concurrents »…

– Purge massive de la direction. Dehors les markéteux, les inutiles, les progressistes, les foldingos, les gratte-papier…5 Je veux rendre la SNCF aux ingénieurs, aux cheminots, aux usagers. Retour des cheminots dans les gares, aux guichets. Stop la branlette des « applis » et autres délires.

Zou !

– Fini la foire à Neuneu, les Ouigo, les gogos, les zozos, les Zou, les inoui, les [motrices] 22200 rose Barbie6

– En 1992 on est passé de RESA à Socrate, de la facturation au kilométrage parcouru au tarif à la tête du « client ». Retour donc à la facturation au kilométrage parcouru, ce qui évitera les itinéraires monstrueux tel le TGV Nice – Nancy via LGV Rhin-Rhône et Strasbourg…

– Retour aux trains Rapides (dont les TGV), express et régionaux. Stop au catalogue des noms débiles.

– Des livrées « sérieuses » pour les matériels. Fini les [motrices] 22200 Zaza Napoli, les livrées Fret en tête de rames voyageurs… Retour au beau, au respect des usagers, à l’unification. Des trains PROPRES, des vitres transparentes, la grande lessive du réseau : TOUT est tagué, c’est très laid, irrespectueux pour les usagers et les cheminots, sale, dégradant. Il faut DETAGUER le réseau et les matériels. Etc, etc…

Il y a du boulot pour les années à venir… »

4 Pour ma part, je suis plutôt partisan d’un Euroxit : c’est toute l’Europe qui doit sortir de ce système ! [NDLR]

5 Souligné par nous.

6 Illustration en bannière de titre.

Tout est dit. Cette fois, la SNCF, ou plutôt Sncf, comme on dit aujourd’hui, est nue !

Il ne s’agit plus seulement de regretter que les trains n’arrivent plus à l’heure, que des lignes ferment ou que les tarifs soient opaques. Mais que cette infrastructure essentielle à la bonne marche de la Nation soit au mains de parasites et de bullshit-jobbers sortis d’HEC.

Voeu : Que la nation française retrouve sa dignité, ne serait-ce que par ses installations et son exploitation ferroviaires ! En matière de trains, nous sommes la risée de la Suisse…

Un autre élément intéressant, dans le cri du coeur lancé par notre ami, est la dimension esthétique, le même retour au beau réclamé par le regretté Benoît Duteurtre dans son ouvrage La nostalgie des buffets de gare (Payot, 2015). Duteurtre regrettait ainsi que les gares soient devenues, tout comme les aires d’autoroute, des alignements obscènes de marques. Le déclin esthétique est toujours un syndrome des déclins moral, économique et scientifique.


L’oeil de Paris (7)

Retour sur ce que vous savez :

Faire nation, faire société, faire président, faire sens, FAIRE BARRAGE.

On ne regrettera ni les orientations du milliardaire Bolloré, ni le pseudo-bouffon Hanouna, ni la télé de merde qu’était C8, mais il est quand même inquiétant qu’en France on puisse interdire un média (en novlangue juridique, on ne « reconduit pas sa fréquence »). Va-t-on interdire une autre chaîne, une radio, ou un média papier ? Ce fait, ajouté à l’éviction de Guillaume Meurice de France-Inter pour une blague « douteuse », a des relents de censure…

Benoît Duteurtre est mort. Cet écrivain et chroniqueur n’était pas anti-progrès, ni nostalgique du « c’était mieux avant ». Simplement, il était en colère contre la marchandisation de la société, celle qui fait, par exemple, que nos centre-villes, gares et aires de repos d’autoroute soient devenus un alignement obscène de marques*, et regrettait que l’on prenne le Tgv comme on prend vulgairement le métro après être de surcroît passé par l’épreuve électronique tyrannique des mots de passe, comme tous les services d’aujourd’hui… Il regrettait que, de nos jours, tout soit bruit, laideur et zapping permanent. D’autre part, il animait depuis 25 ans Etonnez-moi, Benoît sur France-Musique, émission consacrée à l’opérette, qu’il a contribué à faire relancer, et à la chanson française – la vraie, avec mélodie, couplets et refrain et non pas la soupe actuelle des maisons de disques ou d’émissions comme The Voice ou Star Academy

[Dernière minute : j’ai écrit ce « chapô » le 18 juillet. Or, dans Marianne du 25, que j’ai acheté samedi 27, Jérôme Leroy écrit un hommage à B. Duteurtre. Je cite : « Benoît Duteurtre ne pensait pas que c’était mieux avant mais il était certain que c’était pire maintenant ». Sommes-nous, Leroy et moi, doués de télépathie ? En tous cas, il y a consensus, comme on dit aujourd’hui…]

LA LISTE DU JOUR :

Extrait de Front Populaire (le magazine, et non pas…) n°15, avril 2023 :

"Cette reconfiguration du capitalisme a donné lieu à une batterie de notions et de qualificatifs pour appréhender et décrire l'immense processus de régression anthropologique à l'oeuvre dans l'économie des plates-formes numériques : «capitalisme attentionnel» (Pierre Citton), «sémio-capitalisme» (Franco Berardi), «hypercapitalisme» (Jean-Paul Galibert), «capitalisme cognitif» (Bernard Stiegler), «capitalisme mental» (Georg Franck), «capitalisme nétarchique» (Michel Bauwens), «capitalisme pulsionnel» (Bernard Stiegler), «technocapitalisme» (Renaud Vignes), etc."

Vais-je consacrer un Dekoikonparle ? sur le sujet ?

Après les abbés, les abbesses ! Tout d’abord avec la place des Abbesses, donnant sur la rue éponyme. Le nom provient des abbesses présentes dans l’abbaye de Montmartre fondée par Louis le Gros en 1134.

Place des Abbesses

Il suffit de sortir du métro – la station la plus profonde de Paris. Par contre, l’édicule (quel vilain mot) d’Hector Guimard, n’est qu’une réplique. Le seul qui soit d’origine se situe à la station Porte Dauphine, et ce n’est même pas son emplacement initial !

Pour être vert, c’est vert !

Et maintenant la rue des Abbesses (commençant rue des Martyrs et finissant rue Lepic), malheureusement devenue rue bobo tête-à-claques.

Rue des Abbesses

Visiblement le syndrome Amélie Poulain n’a pas atteint que les étrangers, mais les attirent, tout de même… On s’attend à voir surgir de cette brasserie une meneuse de revue avec truc en plumes façon Paradis Latin ou Casino de Paris.

Dans ce paradis parisien où les touristes croient pouvoir tomber sur Jean-Paul Sartre ou Juliette Gréco, même le slip est français ! Bon, le slip de J.-P. Sartre, çà ne fait pas vraiment rêver…

La rue des Abbesses était autrefois dédiée aux commerces de bouche. Les devantures étaient donc surmontées de ces ouvrages en fer forgé. Le rouge était la couleur des bouchers, et il est heureux que l’enseigne sur l’image de gauche n’est pas été pour une fois transformée en boutique de fringues.

Rue des Abbesses

Contre les néo-nazirs, il faut faire barrage !

Rue des Abbesses

Y’a comme un problème avec ce bâtiment en train de s’affaisser, tout comme certains immeubles des quais de Nantes ou de Bayonne !

Cà en jette ! L’immeuble de gauche date de 1852. Et celui de droite est « à cheval » entre Art nouveau et Art déco.

Rue des Abbesses

Y a-t-il un poète maudit ou un peintre bohème derrière ces fenêtres ?

Mais non, voyons ! Ils ont été expulsés par les bobos investisseurs !

Rue des Abbesses

Une curiosité : l’église Saint-Jean-l’Evangéliste, une architecture révolutionnaire de métal et de ciment armé (1904).

La voilà ! Très belles mosaïques…

Anatole de Beaudot

L’architecte s’appelait Anatole de Baudot.

Rue des Abbesses

Et la rue vient mourir sur cette boutique rose bo(n)bo(n) : Antoine & Lili…

Mais on n’en a pas fini avec les Abbesses…

A suivre…

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