Les couvertures auxquelles vous avez échappé (3)

Couverture

NB : retrouvez les deux premiers articles de cette série de « couvertures » sur http://

mrliste.hautetfort.com

On a vu ces dernières années fleurir de nouveaux « concepts éditoriaux ». Ainsi la collection : le schmilblick pour les Nuls (First), déclinaison française de l’américaine For Dummies. Je dois l’avouer, je n’ai jamais lu un ouvrage de la collection, sauf dans le domaine de l’informatique : Windows® (toutes les versions y sont passées), Excel®, l’ordinateur portable. L’humour américain est traduit littéralement, et çà tombe à côté. Un ami m’ayant persuadé que Linux® était le Graal, j’ai acheté le livre et n’ai absolument rien compris.

Autre concept : le schmilblick expliqué à ma fille (Seuil). Recette : prendre un auteur « sage » et consensuel : Frédéric Lenoir, Hubert Reeves, Tahar ben Jelloun (on a échappé à Yann-Arthus Bertrand, Jean-Claude Carrière, Eric-Emmanuel Schmitt…) et lui commander un ouvrage sur un thème galvaudé (climat, racisme, mondialisation) mais permettant de laver le cerveau des fameuses générations futures

Les Dictionnaire amoureux (Plon) du schmilblick, eux, sont beaucoup plus intéressants, car justement plus subjectifs et moins consensuels. Ils sont écrits par des passionnés, pas par des serveurs de soupe.

Enfin, les Anti-manuel (qui ne constituent pas une collection – le titre est juste repris pour certains ouvrages) du schmilblick sont des rafraîchissements dans notre pays, car vont à l’encontre de la tradition académique, où la pensée doit s’adapter à la norme et donner la bonne réponse. C’est Claude Duneton qui a inauguré les anti-manuels avec celui de français (C. Duneton et J.-P. Pagliano, Seuil, 1978).

C’est l’occasion de tester de nouveaux détournements :

D’abord, celui-ci :

Dictionnaire amoureux

L’actualité nous a fait échapper au Dictionnaire amoureux de l’inceste, ou de la Shoah…

Et celui-là, dont l’auteur est peut-être sage, mais pas consensuel et encore moins galvaudé :

Le pauvre ! Mais comment cela se peut-ce ?

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Métro loufoque – M 4

Métro

Retrouvez les lignes 1 à 3 sur :

https://mrliste.hautetfort.com

Nota : un fidèle lecteur, jusque là potentiel et empêché (il n’arrivait pas à se connecter) à enfin eu accès à mon blog. Il s’agit de M. Lalouette, de Jeteux-Plumerai (Orne).

Quand j’étais petit (oui j’ai été petit), la ligne 4 Orléans-Clignancourt, comme on disait alors, n’avait pas bonne réputation pour ma maman, car c’était la ligne « sale et moche », qui, de surcroît, ne desservait pas les beaux quartiers. C’était la mort dans l’âme que l’on « changeait » à Barbès-Rochechouart. Au delà, vers le nord, c’était Terra incognita

Considérations sociales et sécuritaires à part, cette ligne, ainsi que le complexe flambant neuf (à l’époque) du RER de Châtelet-les Halles, avait une particularité : couloirs et stations dégageaient une odeur de pourriture, qui rappelait celle des fins de marché, quand cageots et fruits invendables jonchent le sol. C’est bien des années plus tard que j’appris que cette odeur avait pour origine une bactérie contre laquelle divers moyens avaient été utilisés en vain : produits chimiques, bactéries mangeuses de bactéries… Il fallut des années pour s’en débarrasser.

Métro
Métro ligne 4 de… Séoul. Là, on est sûr que c’est propre !

Pour cette rubrique, il n’est pas nécessaire d’être parisien. N’importe quel internaute provincial ou étranger peut participer, il suffit juste de se procurer un plan de métro de Paris.

Les noms (réels) des stations de métro étant ce qu’ils sont, pleins de leur ridicule, de leur « mal-t’à-propos », de leur inadéquation, j’ai donc rebaptisé le réseau, le plus souvent par associations d’idées, souvent avec le sel inégal des à-peu-près voire des contrepèteries. En route avec, pour aujourd’hui, la ligne 4.

M4 : CLIGNOTE COURT – MAIRIE DE MON TROU

  • Porte de Clignancourt > Clignote court
  • Simplon > Simplet
  • Marcadet-Poissonnniers >Marc a des nasses aux pieds
  • Château-Rouge > Haricot rouge
  • Barbès-Rochechouart > Barbare-Rochechouesse
  • Gare du Nord > Hôtel du Nord
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Château d’eau > Chat-dodo
  • Strasbourg – Saint-Denis > Gainsbourg ! Cinq demis !
  • Réaumur-Sébastopol > Raie au Paul – Sébaste au mur (le sébaste est un poisson)
  • Etienne Marcel > Aisselle martienne
  • Les Halles > Idéal
  • Châtelet > Chatterley (celle dont l’amant est le garde-chasse dans le roman de D. H. Lawrence)
  • Cité > Lubricité
  • Saint-Michel > Galettes St-Michel
  • Odéon > Frédéric Lodéon
  • Saint-Germain-des-Prés > Saint des brins germés
  • Saint-Sulpice > Supplice
  • Saint-Placide > Placid & Muzo (bande dessinée des années 60 et 70)
La fameuse collection carrée « poche », dont également Pif, Pifou, Gai-Luron et Arthur le fantôme.
  • Montparnasse- Bienvenüe > Viens par là mon velu
  • Vavin > Ravin
  • Raspail > Rase-poil
  • Denfert-Rochereau > Foré d’en roche
  • Mouton-Duvernet > Mouton-Rothschild
  • Alésia > Allez-y
  • Porte d’Orléans > Charles d’Orléans
  • Mairie de Montrouge > Marie de mon trou (ah, c’est d’un goût…)

C’est maintenant que çà se corse. Car grâce à cette suite, on peut établir ce que l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle, https://www.oulipo.net/fr/contraintes) appelle une contrainte, c’est-à-dire un exercice d’écriture qui se plie à une règle.

Notre contrainte pour aujourd’hui : faire un petit récit où l’on utilisera, dans l’ordre alphabétique, toutes ces stations de métro fantaisistes. Bon, le texte qui suit n’est pas le meilleur. Tant pis, c’est parti :

SOUMIS A LA QUESTION

A quoi ressemble une aisselle martienne ? Allez-y ! Cherchez ! A Argelès, ils n’ont pas compris la question et ont répondu (les barbares !) : « Rochechouesse » ! Et ils ont eu le culot de dire qu’ils s’étaient trompés et que la réponse était « Charles d’Orléans »…  Et le chat-dodo, croisement improbable après l’arrivée du félin sur l’Ile Bourbon, existe-t-il ? Je voudrais vous y voir ! Quant à la Chatterley [cf.M1], dont les yeux (et le reste) clignotent court, le garde-chasse l’a-t-il forée d’en roche ?

Toujours est-il que Frédéric Lodéon, bourré et croyant reconnaître tout le monde chez les garçons de café (« Gainsbourg ! Cinq demis ! ») s’en fut réduit à bouffer des galettes Saint-Michel et une boîte d’haricots rouges à l’hôtel du Nord. Pas l’idéal ! Quand même, ce qu’on devient quand on est obligé de répondre à des questions idiotes… De quoi plonger dans la lubricité. Marc a des nasses aux pieds… (la sienne ne s’appelait pas Popaul, mais Marc). Quand je pense à Marie (la sienne ne s’appelait pas Fernande, mais Marie)... Marie de mon trou, oui ! Lodéon finit par attaquer un Mouton-Rothschild et crut chercher la réponse dans Placid & Muzo. Quelle déchéance ! Il aurait mieux fait de s’intéresser aux fameuses recettes de la raie au mur ou du sébaste au Paul [cf.M3].

Puis sa conscience bascula dans un rase-poil de ravin, dont il sortit de manière psychédélique dans le saint des saints des brins germés, façon marijuana. Là, un simplet le sortit de son supplice et lui dit : « Viens par là mon velu » !

Ah, il faut que je vous quitte car j’aperçois deux hommes en blanc qui viennent me chercher…

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Dekoikonparle ? (1)

Gaulois

GAULOIS – ROMAN

Il existe en Lorraine deux communes : Audun-le-Tiche et Audun-le-Roman, distantes de 12 km. A quoi correspondent ce Tiche et ce Roman ? 

Tiche vient du latin tedescus qui signifie germanique. Roman, lui, renvoie à la langue romane.

On l’aura compris, la frontière linguistique passait entre les deux Audun. Une des conséquences fut qu’Audun-le-Tiche se trouve aujourd’hui en Moselle (annexée en 1870) et Audun-le-Roman en secteur mosellan non annexé, donc en Meurthe-et-Moselle (pour faire court…)

Mais d’autres vocables désignent l’aire linguistique non germanique : ceux issus de gallus ou gallicus

Gallus désigne la Gaule, et par extension ce qui est celte (ou plutôt celte de l’ouest, car en réalité toute l’Europe était celte). On peut ainsi citer la Galice (Espagne), la Galicie (Roumanie) et la Galatie (Asie Mineure).

On retrouve gallus dans le pays de Galles (Wales), ainsi que chez les Wallons, par opposition aux Flamands au parler germanique. En Alsace, en allant vers le col du Bonhomme à partir de Kaysersberg, on tombe sur des patelins aux noms sonnant français (Orbey, Labaroche…) : c’est le pays welsche, un mot se rapprochant d’une spécialité culinaire irlandaise pour certains, du Pas-de-Calais pour d’autres, mais en réalité galloise : le welsh rarebit.

Welshe rarebit
Ah ouais, un croque-monsieur, quoi !

On le voit : les mots issus de gallus ne désignent pas seulement une « francitude » ou une « romanitude » linguistique, mais plus une opposition par rapport à une « germanitude » qu’elle soit anglaise, flamande, alsacienne, allemande, etc.

Et même une double opposition  : à une « germanitude » et une « italianitude ». On sait que l’église anglicane (créée, en passant, pour s’accorder aux histoires de cul d’Henry VIII…) n’obéit pas au pape, c’est-à-dire à Rome. On a parlé, à propos du culte catholique sous les règnes de Louis XIV et de Napoléon de gallicanisme : l’autorité du pape est reconnue (on se démarque de l’anglicanisme), mais également, faut pas pousser Sa Majesté dans les orties (on se démarque du papisme) : Louis XIV est de droit divin et Napoléon a remodelé le catéchisme en son sens. L’ « Islam de France », cher à Nicolas Sarkozy, est-il un gallicanisme ?

Revenons sur roman.

La Suisse francophone se dit romande car le dialecte roman parlé là-bas est le romand (avec un d). Çà se corse (rebonjour, Napoléon !)

D’autre part, un roman, c’est au départ un ouvrage de fiction écrit en langue romane, à la différence des ouvrages « sérieux » écrits en latin.

Gaulois
On y perd son latin !

Enfin le style roman s’appelle ainsi, car il va dans la continuité du style romain. Mais en anglais, çà se corse encore : romain se dit roman, et roman (le style) se dit romanesque… Et un roman (le livre) se dit novel, une nouvelle short novel. Il y a de quoi devenir gallican !

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Bienvenue !

Le Champouin, quèsaco ? Il s’agit d’un blog de miscellanées, c’est-à-dire de mélanges scientifiques et littéraires. Il paraîtra tous les quinze jours.

Peut-être connaissez vous les Miscellanées de Mr. Schott (Ben Schott, Editions Allia, 2008) ? Eh bien, il s’agit d’éléments de la même eau, ou ejusdem farinae, comme disait Rabelais. J’avais songé au Tupéroir, allusion à une marque de récipients alimentaires, mais c’était déjà pris. J’ai donc choisi le Champouin, pour frotter les idées et laver ce bas monde afin de se débarrasser des idées négatives.

Mais il s’agit aussi d’un blog amoureux, comme la fameuse collection des dictionnaires du même nom, c’est-à-dire totalement personnel et subjectif. C’est pourquoi il suivra parfois l’actualité et n’hésitera pas à être polémique s’il le faut.

Marcjoly, l’auteur du Champouin, s’appelait Mr. Liste dans une vie internautique antérieure, et animait le blog éponyme http://mrliste.hautetfort.com, qui n’évolue plus mais est toujours consultable.

Un grand merci à Etienne Ruhaud (pagepaysage.wordpress.com), sans qui ni l’ancien, ni le présent blog n’auraient vu le jour.

 

Du coup, comme j’ai bien parlé, je ne vais pas amorcer maintenant un long sujet, mais simplement vous présenter deux petites blagues visuelles, réalisées « sans trucages » (séquence La réalité rejoint la fiction) :

Tout d’abord celle-ci, prise par moi-même en 2015 à Salles-la-Source, dans l’Aveyron :

Salles-la-Source
Mais que fait là ce « chiotte » ? Décharge sauvage ou canular ?

Et celle-là, à Reims, il y a deux ans :

Dieu-Lumière ! Le paradis des Francs-Maçons ?

Et rendez-vous dans deux semaines ! ♦

 

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