S.I.G.L.E.S. (2)

Spécial Mars

Elizabeth Borne Première Ministre !!! Là, il ne s’agit plus de provocation, ni d’une gifle, mais bien de ce que, dans la Maffia, on appelle un « avertissement » Macron, après avoir effacé la présidentielle, enjambe maintenant les législatives.

Je suis EX-CE-DEE par tous ces Français irresponsables qui laissent filer la dette ! Je pense -mon cher- qu’une bonne correction ne leur ferait pas de mal !

De gauche (!) à droite : Elizabeth Borne et Christine Lagarde.

Spécial Mars ? Mais nous sommes en Juin !

Mais il s’agit de la planète Mars, car l’exploration martienne est très prolifique en projets scientifiques et instruments embarqués (et débarqués) en tous genres, et les projets scientifiques sont très créatifs et prolifiques en matière de sigles !

Signalons en guise d’apéritif qu’Arianespace peut se lire en français Ariane Espace ou en anglais Ariane Space, que le rover (on doit dire en français « astromobile ») chinois Yutu (« Lapin de Jade ») peut se lire You too ou bien U2, et que les sondes chinoises Chang’e, du nom d’une déesse de la Lune, peuvent se lire Change, ce qui montre le caractère international de ce qu’il faudrait appeler (n’en déplaise aux Américains et maintenant à l’UE) la coopération spatiale. L’expulsion des Russes du projet ExoMars (entre autres) est un comportement infantile et inacceptable.

Chang’e, déesse chinoise de la Lune.

Revenons aux sigles, et commençons par le commencement avec tout simplement… MARS (MArs Radiation Science experiment).

Les prénoms féminins sont toujours à l’honneur pour nommer les projets. Ainsi, voici AMELIA (Atmospheric Mars Entry and Landing Investigation and Analysis), et LARA (LAnder RAdioscience).

Il s’agira de ne pas louper sa trajectoire avec CheMin [sic] (CHEmistry & MINeralogy – aucun rapport en fait avec un déplacement) et avec une idée contraire : STATIC (Supra Thermal And Thermal Ion Composition – même remarque).

N’oublions pas nos classiques grecs avec OMEGA (Observatoire Martien pour l’étude de l’Eau, les Glaces et de l’Activité). Puis vient THEMIS (THermal EMission Imaging Spectrometer). Cette dernière étant la déesse de la Justice, de la loi et de l’Equité, voici maintenant WISDOM, « sagesse » en anglais (Water Ice and Subsurface Deposit Observation on Mars).

Coucou, voici RAT (Rock Abrasion Tool, une meule à godets pour creuser des trous dans les roches – un rongeur, donc !), les jumeaux TWINS (Temperature and Winds for INSight) et un concept récurrent en science(-fiction) : BEAM, « rayon » en anglais, (Bigelow-Expendable Activity Module). Un programme de simulation de vie sur Mars, basé à Hawaii, s’appelle HawaIi Space Exploration Analog and Simulation, soit HI-SEAS, c’est-à-dire « Eaux profondes ». Et tous les jours c’est MARDI (MARs Descent Imager).

Il y a du fromage sur Mars !

Et j’ai lu, à propos de la mission ExoMars (ESA) de 2022, maintenant reportée, qu’il existe un instrument russe, un magnétomètre, nommé MAIGRET. Est-ce un sigle ? Ou bien ce dispositif a-t-il baptisé ainsi à cause de son flair ? Le site de l’ESA mentionne l’instrument mais n’en dit pas plus…

Pour résumer, tout cela fait rêver… avec DREAMS (Dust characterization, Risk assessment, and Environmental Analyzer on the Martian Surface).

[Principale source pour cet article : Objectif Mars, Hors-série Le Monde – La Vie, 2020. Paru simultanément en tant que « vrai » livre chez Glénat].

Evidemment, tous les projets scientifiques sont concernés, y compris ceux qui dépassent largement le système solaire. Ainsi TRAPPIST (TRAnsiting Planets and PlanetIsimals Small Telescope) est un instrument au service de SPECULOOS (Search for Planets EClipsing ULtra- cOOl Stars). Car SPECULOOS est un projet de l’université de Liège ! J’adore ! [A ce sujet, je vous recommande http://trappist.one (en anglais) sur ce projet génial qui a pour objet les exoplanètes, et où l’on parle d’harmonie des sphères !] Bon, ces sigles-là sont plutôt capillotractés, et versent dans l’à-peu-près …

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Dekoikonparle ? (4)

Arabe

Je vous recommande l’interview de Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse qui a travaillé pour l’OTAN, publié le 15 mars sur le site suisse Zeitgeschehen in Focus. Il est intitulé : La politique des Etats-Unis a toujours été d’empêcher l’Allemagne et la Russie de coopérer plus étroitement. Vous pouvez trouver la traduction française sur https://solidariteetprogres.fr, le site du mouvement de Jacques Cheminade.

Au moment où Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour, il est temps de mettre les choses au point. Son discours tourne autour d’un sujet : l’immigration. Si on peut trouver légitime d’entrer en guerre contre la « racaille », contre les cultures non solubles dans la République ou contre le regroupement familial, le sujet n’est pas l’immigration en soi. D’ailleurs, ce n’est pas la priorité des « gens oubliés », pourtant en souffrance à cause des incivilités et de l’insécurité, et malgré la qualification des gilets jaunes « d’extrême-droite » par les médias. Le Pen n’est surtout qu’une souverainiste frelatée qui n’a pas les couilles de sortir de l’UE et de la BCE.

Alors, quand on parle des Arabes, dekoikonparle ?

Les Anglo-saxons distinguent arab (critère ethnique), arabian (critère géographique) et arabic (critère linguistique). Car dans les pays arabes, il n’y a pas que des Arabes ! Et l’arabe peut être parlé ailleurs que dans les pays arabes…

Au départ, les Arabes sont des sémites (çà y est, je viens de déclencher une guerre mondiale !) originaires de la péninsule dite arabique. Ils sont aujourd’hui également présents dans le reste du Moyen-Orient, au Machrek (Egypte, Soudan, Libye), au Maghreb et sur la côte est de l’Afrique (Somalie, Mozambique), soit « les pays arabes ».

« Qu’est-ce que c’est que ces Portugais
qui viennent bouffer le pain de nos Arabes ? »

Coluche

Mais dans ces pays vivent aussi des non-Arabes : Kurdes (Syrie, Irak), Juifs (Palestine), ethnies africaines (Soudan, Mauritanie, Somalie) et Kabyles (Maghreb). C’est que la plupart de « nos » Arabes, comme dirait Coluche, sont en réalité des Kabyles !

Chrétiens syriens. Ce sont de vrais Arabes.

En dehors de toutes ces régions citées, si on ne parle pas arabe, on peut en utiliser l’alphabet ! Ainsi les Iraniens (le farsi), les Pakistanais (l’ourdou) [cf. Dekoikonparle ? (2)] et les Afghans (afghani, pachto, baloutche). Le président turc Erdogan voudrait bien « détricoter » l’héritage kémaliste en rétablissant l’alphabet arabe.

Mais voilà que çà se corse (il y a toujours un moment où çà se corse dans un Dekoikonparle) [faire un Dekoikonparle sur la Corse]. Car on a tendance à confondre arabe et musulman.

Ainsi, le pays musulman le plus peuplé est… l’Indonésie, peuplé de Malais et de Chinois. Sont aussi musulmans : le Pakistan, peuplé d’Indiens et de Baloutches ; l’Inde (20% de musulmans indiens) ; la Turquie (Turcs) ; le Nigéria (50% de musulmans Yorubas ou Igbos) et bon nombre de pays d’Afrique dite subsaharienne ; les pays en -stan (Kirghizes, Turkmènes, Tadjiks…), sans compter l’Albanie ou la Bosnie-Herzégovine…

Indonésiens. Des Arabes, vraiment ? D’ailleurs, ce monsieur a un faux air d’Obama…

Alors, retrouvons Coluche : « Ouais…, les Arabes…, tout çà… » Et comme le dit un occupant « arabe » de mon immeuble, peuplé en majorité de Cambodgiens : « Ouais… , les Chinois… , tout çà… ».

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S.I.G.L.E.S. (1)

Dans l’article précédent, la personne qui interroge de Gaulle sur l’illustration de bannière, n’est pas Robert Badinter, comme certains l’ont cru, mais le journaliste Michel Droit.

Dans la série Mauvaises « translations », j’aurais pu ajouter une entrée « acronymes ». En français un acronyme est syllabique (Medef, Unesco), alors qu’un sigle s’épelle lettre par lettre (« èratépé », « ertéel »). Acronym, en américain signifie « sigle » de manière générique. Acronyme, çà fait américain, moderne, libéral… « Sigle », çà fait ringard, monde d’avant, gaullo-communiste, quand on mettait des points entre chaque lettre : C.E.A., S.N.C.F., C.G.T., U.R.S.S. Alors dans le monde d’aujourd’hui, on dit : acronyme…

On en a vu passer des sigles socio-économico-statistiques du genre : le BOF, la PIPE, le CRADOC. Heu pardon : le CEVIPOF, le BIPE, le CREDOC ! On n’a jamais su ce que c’était… Les sigles administratifs ne font pas rêver non plus, mais la DIRECCTE (DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) est bien trouvée. Quant au plan ORSEC (Organisation de la Réponse de la SEcurité Civile), il ne concerne pas seulement les inondations, malgré son nom !

Comme on vient de le voir, il y a quand même certains sigles intéressants, et c’est là où je veux en venir aujourd’hui.

Ne vous trompez pas de Raid !

Par exemple : le GRIMP. Il s’agit du GRoupe d’Intervention en Milieu Périlleux [des Pompiers de Paris], qui effectue des secours en paroi, secours en puits… Pas mal, non ? Dans le même ordre d’idées : le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion).

Les partis politiques, syndicats et assimilés ont été de grands pourvoyeurs de sigles et acronymes. Le MODEM (MOuvement DEMocrate), voiture-balai de politiciens tocards, a emprunté à l’informatique grâce au modulateur-démodulateur, pas plus loufoque que le MOU (Mouvement Ondulatoire Unifié) cher à Pierre Dac. Dans SUD (Solidaires, Unitaires, Démocratiques), l’acronyme, par sa fraîcheur, apporte plus de sens que sa signification bateau. Quant au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), si je n’aime pas du tout ce mouvement communautariste, le sigle est, lui, très bien trouvé. Dans la même idéologie, il manque une lettre pour échapper au PIR, à savoir le Parti des Indigènes de la République. Il y eut d’autre part il y a plus de trente ans le POE (Parti Ouvrier Européen). On pense tout de suite au grand Edgar, qui aurait pu donner son nom à la… poésie ! Le POE ayant existé aussi en Italie, la blague a été faite par Andrea Camilleri dans une de ses enquêtes du commissaire Montalbano ! Enfin, relevé dans Marianne n° 1300 du 10 février : les Juifs reniant les valeurs de leur culture jusqu’à tendre vers l’extrême-droite (Monsieur Z., mais lequel des deux ?) ont été surnommés par leur coreligionnaires les PIAF (patriotes israélites antisémites français)…

Tiens, encore l’Italie ! La culture n’est pas en reste avec deux musées à Rome (je le fais en français, mais cela revient au même) : le MAXXI (Musée d’Art du XXIème siècle) et le MACRO (Musée d’Art Contemporain de ROme). C’est mieux que le FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain), la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain), la FNAC (Fédération Nationale d’Achat des Cadres : au départ, il s’agissait d’une entité fournissant aux cadres des bons de réduction sur des produits culturels), le froc, le fric… Et pour faire plaisir à Fleur Pellerin, qui fut ministre des Contenus, pardon, de la Culture et de la Communication : le PAF, Paysage Audiovisuel Français (Police de l’Air et des Frontières, ou Participation Aux Frais ?). Pour l’anecdote, AGLAE est l’Accélérateur Grand Louvre d’Analyse Elémentaire, un équipement utile à la restauration et l’expertise des oeuvres.

Et le SPQR, Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale ! Je trouve çà génial ! D’ailleurs dans je ne sais plus quel Astérix, un légionnaire au nez rouge brandit plutôt une enseigne VDQS (vin délimité de qualité supérieure)… A propos de nourritures terrestres, l’Association pour la Gestion des Restaurants des Administrations Financières est l’AGRAF !

René Waldmann, Les Charmes de Maggaly, Editions Lyonnaises d’art et d’histoire, 1993.

Les transports ne sont pas en reste : METro Est-Ouest Rapide, nom de projet de la ligne 14 à Paris devient METEOR, et Métro Automatique à Grand Gabarit de l’Agglomération LYonnaise, celui de la ligne D, fait MAGGALY. Il y eut également un éphémère TRansports Urbains de Fort-de-France, soit TRUFF. Enfin, il existe la FNAUT (Fédération NAtionale des Usagers des Transports) : ses membres – des voyageurs, donc – sont-ils des fnautes ? Cela rappelle les « transports poétiques » chers à l’architecte Roland Castro.

Les INSPé ne sont pas les Inspecteurs d’Académie (« 22, v’là l’inspé ! »), mais les Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Education, qui ont succédé aux Ecoles Normales, puis aux IUFM. Le MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) fait référence à l’anthropo-sociologue Marcel Mauss. Quant au RUCHE, c’est le Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale, ce qui tombe un peu à plat car ce genre de réseau, ce serait plutôt une ruche, qui de surcroît à un rapport avec l’environnement.

La vie administrativo-technocratico-managériale est une mine de sigles ou d’acronymes divers. Pour mémoire : ESTÉVE (Évolution du Système de Traitement de l’ÉValuation dématérialiséE), et RENOIRH (RENOuveau Interministériel de gestion des Ressources Humaines). Il n’y a pas de renouveau interministériel « tout court » : ç’aurait été le Renoi !

Et puis il y a les comportements : le LULU (Locally Unwanted Land Use) – usage indésirable d’un terrain local ; et BANANA (Building Absolutely Nothing Anywhere Near Anyone) – ne rien construire quelque part à proximité de quiconque [Julien Damon, Thierry Paquot, Les 100 mots de la Ville, PUF-Que-sais-je, 2014].

Encore raté !

Parfois, l’idée du sigle est carrément ratée. Prenons le cas de la Force de maintien de la paix (!) Licorne. Comme en anglais « licorne » se dit unicorn, on pourrait penser qu’il s’agissait de United Nations Ivory Coast quelque chose… Eh bien non. En anglais, c’est l’UNOCI : United Nations Operations in Côte d’Ivoire [sic]. Dommage !

Et gare aux faux-amis. En anglais, l’Organization of American States (Organisation des Etats Américains – OEA), donne… l’OAS ! Et la Tennessee Valley Authority, créée par Roosevelt, et qu’on pourrait traduire par un gaullien «Office d’aménagement de la vallée du Tennessee», donne en anglais… notre TVA !

Un conseil, déjà donné par marcjoly dans une publication antérieure : ne marchez jamais dans la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement). Pourtant on dit que çà porte bonheur !

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J’les confonds toujours (3)

Une pensée pour les Bogdanov, non vaccinés et décédés par leur stupidité… Car ils n’étaient pas anti-vax ! Mais, de par leur histoire familiale, leur éducation, leur gémellité, ils avaient le sentiment de ne pas être comme tout le monde – ce qui peut se comprendre. Ils se sont dit qu’avec leur excellente hygiène de vie (sport, alimentation, stimulation intellectuelle), ils ne leur arriveraient rien… Ironie : ils pensaient que l’on pouvait vivre jusqu’à 150 ans ! C’est d’autant plus dommage qu’ils dégageaient un optimisme rafraîchissant par rapport à la science et à l’exploration spatiale.

Macron a eu raison (pour une fois) d’avoir envie d’emmerder les anti-vax (je perds des lecteurs à cet instant)… sauf qu’il le fait pour de mauvaises raisons : c’est purement du racolage électoral !

Bonne année à tous ! Que 2022, année Covid (avec variant au Macron), ne soit pas confondue avec 2021 année Covid, ni 2020 année Covid… J’les confonds toujours ! marcjoly compte sur vous pour rédiger une to do (tout doux ?) list de recommandations sanitaires… et citoyennes. Car comme c’est une année d’élection présidentielle, taubira pas d’aller voter ! [Blague de l’ami Denis Veysset]

Dans la même veine de procédé ludique, il y a rue Saint-Jacques à Paris une officine de produits régionaux (qui vient de mettre la clé sous la porte) dénommée Cantalez-vous. Répondre évidemment : « très bien. Et vous ? » Et ceux qui suivent l’actualité africaine connaissent le président (de la RDC) Tschisekedi. Répondre : « c’est pas moi, j’ai rien dit ». Autre référence africaine : feu le président (kényan) Arap Moi. Arap-moi si tu peux ! Cela rappelle les FTP-MOI, une des multiples (hélas !) divisions de la Résistance. Eftépez-moi ou je fais un malheur !

L’actualité (le décès des Bogdanov) m’a donné l’occasion de publier la suite de J’les confonds toujours. C’est donc reparti pour un autre opus de notre rubrique :

  • BARFLEUR, HARFLEUR et HONFLEUR – trois ports normands.

BARFLEUR est la plus petite commune de la Manche, près de la Pointe du même nom, au nord-est du Cotentin. HARFLEUR est un port limitrophe du Havre, nommé Caracotinum à l’époque gauloise. Quant à HONFLEUR, c’est son symétrique, sur la rive sud de l’estuaire de la Seine cette fois : y sont nés Alphonse Allais, Erik Satie et Eugène Boudin. HONFLEUR a été maintes fois représenté par les peintres impressionnistes, dont ce dernier. Les trois villes portent le suffixe -fleur, qui se prononce traditionnellement « -fleu » ou « -fieu », d’un mot norrois qui signifie « marée montante » (cf. français flot, anglais flood, fleet).

Honfleur par Eugène Boudin

  • Les BAUGES et les MAUGES – deux régions françaises.

Le massif des BAUGES est un massif montagneux des Préalpes françaises du nord, à cheval sur les départements de Savoie et de Haute-Savoie, culminant à plus de 2 200 m d’altitude. C’est un parc naturel régional depuis 1995. Les MAUGES sont une région naturelle et historique au sud-ouest de l’ancienne province d’Anjou et du département du Maine-et-Loire. elles contiennent trois unités paysagères : le Plateau (près de la Vendée et des Deux-Sèvres), la Loire des Promontoires (la « Corniche angevine »), et le Couloir du Layon, un affluent de la Loire. Si on ne connaît pas l’étymologie de « BAUGES », celle de « MAUGES » viendrait de metallicum à cause des mines de fer et de plomb répandues autrefois dans cette région, ou bien de medioligerium, « au milieu de la Loire ».

La Corniche angevine, avec au premier plan les côteaux du Layon (slurp !)

  • BAZAINE et BAZEILLES – tous deux en lien avec la guerre de 1870.

Mais BAZAINE est une personne, et BAZEILLES un lieu ! La général François-Achille BAZAINE (1811-1888) est un militaire français. Après les campagnes d’Algérie, de Crimée et du Mexique, il devient commandant en chef de l’Armée du Rhin lors de la guerre franco-prussienne de 1870. N’ayant pas compris l’importance de l’offensive de Saint-Privat, il replie son armée vers Metz puis finira par capituler devant l’ennemi. Condamné pour trahison, il s’évade et s’enfuit en Espagne. La bataille de BAZEILLES, près de Sedan, est une défaite française, due notamment au repli effectué par BAZAINE. Le courage des troupes coloniales (infanterie de Marine), fait qu’il y a encore peu, ce combat était célébré en outre-mer, alors qu’il ne s’agit pas d’une victoire…

  • La BERD et la BRED – deux banques.

La BRED (Banque régionale d’escompte et de dépôt), fondée en 1919 par Louis-Alexandre Dagot, est la plus ancienne des banques populaires françaises, de régime coopératif (encore aujourd’hui). Le groupe s’appelle maintenant BRED – Banque Populaire et exploite les deux enseignes. En 2008, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne fusionnent pour devenir BPCE. La BERD (banque européenne pour le reconstruction et le développement) – en anglais EBRD – est une organisation internationale chargée de faciliter le passage à une économie de marché dans les pays d’Europe centrale et orientale, crée en 1990 sur une idée de François Mitterrand, avec son siège à Londres. Donc, a priori rien de bon… Il s’agit donc d’une banque d' »investissement », style Banque Mondiale, dont des Etats sont actionnaires, mais le mandat de la BERD se limite aux pays « qui s’engagent à respecter et mettent en pratique les principes de la démocratie pluraliste, du pluralisme et de l’économie de marché, de favoriser la transition de leurs économies vers des économies de marché, et d’y promouvoir l’initiative privée et l’esprit d’entreprise »… c’est-à-dire le dogme libéral orthodoxe de la « communauté internationale ». Effectivement, rien de bon : pour preuve ses deux premiers présidents étaient Jacques Attali et Jacques de la Rosière. [Nota : ne pas confondre avec la BEI (banque européenne pour l’investissement)]

Marcher dans la BERD… (Eugène Boudin ?)

  • Bernardo BERTOLUCCI (1941-2018) et Jean-Louis BERTUCELLI (1942-2014) – deux cinéastes.

BERTOLUCCI est italien. Cet assistant de Pasolini (sur Accatone) est l’auteur du Conformiste, du Dernier tango à Paris, de 1900 et du Dernier Empereur. Ses premiers films sont influencés par la poésie, l’opéra, le marxisme et la psychanalyse. Quant à BERTUCELLI, il est français. C’est l’auteur de Paulina 1880, d’On s’est trompé d’histoire d’amour, de Docteur Françoise Gailland et de L’imprécateur. Anecdotiquement, il a aussi commis un court-métrage : Tricot la Branlette ! Il est également l’auteur de quelques téléfilms. Paulina 1880 et 1900, j’les confonds toujours !

(A suivre…)

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Les chansons-listes

Numéro double spécial Noël

« Il catalogo è questo : »

Pour Noël, marcjoly vous propose des chansons. Car y’a plus de chansons, y’a plus que deux phrases mises en boucle, et y’a plus de couplets. Exception faite de quelques auteurs : François Morel, Juliette… comme quoi les vraies chansons sont aujourd’hui confidentielles !

Et comme marcjoly ne se refait pas, il va vous proposer des chansons qui sont en réalité des listes.

« Madamina !
Il catalogo è questo.« 

Vieille histoire que le procédé de la répétition dans la poésie. De même que la liste dans la littérature (Rabelais…) et dans la chanson, quand la liste n’est elle-même pas l’objet de la chanson ! On se référera à l’Air du Catalogue du Don Giovanni de Mozart, dans lequel Leporello chante la liste des conquêtes de son maître et les dénombre : tant en Italie, tant en Espagne… Celles-ci sont au nombre de mille-trois (milletre) ! La vidéo suivante n’est pas extraite de la meilleure version mais je n’ai pas résisté au catalogue faisant un kilomètre de long !

Joseph Losey, Don Giovanni, 1979, adaptation cinématographique de l’opéra éponyme de Mozart, livret de Lorenzo da Ponte. Leporello : José van Dam.

A propos de zizi, voici la fameuse chanson de Pierre Perret qu’Yvonne de Gaulle, cette bigote, avait voulu faire interdire. Le plus piquant dans cette vidéo québécoise de 1995 est peut-être la présentatrice en train de pouffer. Je ne suis pas sûr que les jésuites de l’Eglise du Québec aient autorisé Le zizi en 1975.

Pierre Perret (paroles et musique), Le zizi, 1975

Les comptines ont toujours été des prétextes à listes, excellentes pour exercer la mémoire des enfants. En voici une, chantée, qui s’intitule Derrière chez moi :

Interprète ?, Derrière chez moi (traditionnel)

Mais les objets du quotidien n’ont qu’une vie : c’est pour çà qu’existent les dépôts d’ordures. Le titre qui suit est une parodie de la comptine précédente, interprétée par les Charlots. Ces derniers ne rentreront pas dans l’Anthologie de la chanson française, mais on regrette qu’après eux, il n’y a plus vraiment eu de parodie, ou plutôt, cela n’a plus intéressé les maisons de disques…

Les Charlots (paroles : Gérard Rinaldi, Luis Rego), Derrière chez moi, 1970

Nino Ferrer avait chanté Les cornichons. Ferrer est un très bon chanteur à listes, musicien hors-pair et excellent showman. Voici, du même encore, une liste d’objets banals cette fois, avec Oh ! Hé ! Hein ! Bon ! Et même si cela n’a rien à voir, j’invite les lecteurs masculins à reluquer sur l’internet la pochette de l’album Nino and Radiah : vous m’en direz des nouvelles !

Nino Ferrer (paroles et musique), Oh ! Hé ! Hein ! Bon !, 1966

A propos d’objets, Boris Vian avait écrit la Complainte du progrès en 1955, énumération d’articles ménagers réels ou fantaisistes, en même temps que Guy Debord dénonçait la société de consommation et tentait de mettre en place L’Internationale situationniste.

Boris Vian (paroles), Alain Goraguer (musique), La complainte du progrès -Les arts ménagers, 1955

Gaston Ouvrard, dit simplement Ouvrard (1890-1981) fait partie de ce qu’on appelle les comiques-troupiers. Au départ artistes se produisant devant les troupes (en uniforme), ils ont essaimé sur scène, dans le registre de ce qu’on appelle la chanson (délicieusement) idiote, dont d’illustres représentants furent Dranem et le jeune Fernandel. Malheureusement, Ouvrard et Dranem ne sont plus édités en CD, même pas par les labels Frémeaux ou Marianne Mélodies – car qui d’autre le ferait ? Figurez-vous que j’ai vu Ouvrard sur scène, à L’Olympia, en première partie de Jacques Martin ! J’avais neuf ans et c’était en 1970. On sentait que ce monsieur octogénaire était là pour des raisons alimentaires…

Ouvrard (paroles et musique), Je n’suis pas bien portant, 1934

Vient le moment de la liste des choses inutiles. C’est François Morel qui s’y colle, dans une chanson que n’aurait pas dénié Philippe Katerine :

François Morel (paroles et musique), Antoine Sahler, Trucs inutiles, 2016

Et finissons avec l’illustre Boby Lapointe, avec lequel il faut s’accrocher, car les jeux de mots fusent, et çà va très vite. Des chansons-liste, il en a fait un certain nombre, mais je ne résiste pas à cette dernière :

Boby Lapointe (paroles et musique), Saucisson de cheval, 1966

Oui, je sais : « C’est une chanson – de saillie »… Il faut savoir qu’il y a un lycée Jeanson-de-Sailly, sinon çà tombe à côté…

Passez-donc de bonnes fêtes et je vous souhaite une bonne année 2022. « En France, tout finit par des chansons », et terminer l’année par des chansons-listes, je trouve çà beau.

« Pas compris ! »

PROCHAINE PARUTION : 15 JANVIER

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Je me souviens… (2/4)

En 1984, avant d’accomplir mon Service National (je me souviens du Service National…), mon père me fit envoyer un courrier que les autorités militaires n’ont jamais reçu. Nous eûmes plus tard l’explication d’une jeune adjudante : « Votre courrier n’était pas affranchi ». Mon père : « Mais la franchise militaire… » Elle : « ?… ». Il lui explique. « Je ne savais même pas que çà existait… » Et pour cause, çà faisait des années que c’était supprimé ! Info pour les non-boomers : tout courrier envoyé à l’Etat (au sens large : la sécu, EDF, les CCP, son député…) était libre d’affranchissement. On indiquait sur l’enveloppe FP (franchise postale). Pour l’Armée, c’était FM (franchise militaire)… Les gouvernements radins euro-libéraux obsédés par la dette ont mis fin à cette pratique, qui n’est encore en vigueur que pour écrire au Président de la République ou au Père Noël [!]. Insultez donc Macron, c’est gratuit !

Je me souviens, donc,

De la franchise postale.

De Madame Soleil (que je confondais avec Ménie Grégoire).

Des passerelles pour accéder à l’avion.

Des pastilles Pulmoll.

Ce produit inefficace, comme tous ceux contre la toux, fut la vache à lait des pharmaciens !

De l’école non-mixte.

Des portières « suicide » des 2 CV, 4 CV et des camionnettes TUB.

De la queue à la Sécurité sociale.

Des vieux Arabes avec une petite moustache.

Du bulletin météo d’Albert Simon.

« Défense de fumer, de cracher
et de parler au machiniste ».

Des nécessaires de toilette.

Des Vélosolex.

Des Nouvelles Galeries.

Des autobus à plate forme.

Des WC au fond de la cour.

De la bouillie Aliment Picot.

Des cartes perforées.

Des buffets de gare.

Des conserves Olida [Olida on ice ?]

Des vieux garçons de café pleins de tics.

Des becs-de-lièvre.

Des freins à tambours.

Des halls de banque à verrière art déco.

Du magazine Noir & Blanc.

Des haricots verts en boîte dans les restaurants.

Des essuie-glaces chromés.

Du Mistral (un train TEE).

Au moins, on voyageait. Aujourd’hui on prend le TGV comme le métro…

Des bigoudis.

Des bébés portant des bonnets.

Des travaux du périphérique.

Des inscriptions « Lavage – Graissage – Vidange » des stations-services.

Des rames Sprague (vertes et rouges) du métro.

Des gardiens de musée en uniforme.

Emile Guimet et les gardiens de son musée à Paris vers 1914.

Des têtes de veau avec du persil dans les oreilles, aux vitrines des bouchers.

Des billes.

De la collection « poche » : Pif, Pifou, Gai-Luron, Arthur.

Des cols pelle-à-tarte et des pantalons patte-d’éléphant.

Des trains de banlieue sentant la ferraille.

Des yaourts à l’unité.

De l’affichage électoral sauvage.

Des petites voitures Norev.

Petit coquin !

Des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier.

De la cuisinière, chez mes grands-parents, marchant au charbon et bois, seul chauffage de la maison.

Des grands caniches.

Des catalogues (papier) de jouets, véritables livres.

A suivre…

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Je me souviens… (1/4)

Atelier d’écriture de l’été #1

Les Jeux de l’été, par Michel LACLOS

Oups, pardon ! marcjoly se croyait au Figaro

Vous souvenez-vous… de Je me souviens, de Georges Perec (Hachette, 1978), un ouvrage qui appartient au genre du fragment ? Extrait :

« Je me souviens de la « balle aux prisonniers », dans la cour de l’école, à la récréation.
Je me souviens de « La pile Wonder ne s’use que si l’on s’en sert. »
Je me souviens de son prénom : Isabelle.
Je me souviens de l’odeur de la colle UHU.
Je me souviens des slips en laine tricotés par ma grand-mère, une torture ».

Moi aussi, comme tout le monde, je me souviens, en tant que petit garçon puis tout jeune homme. Mais mon Je me souviens à moi est un peu différent. Il n’y a pas de souvenirs personnels comme les oeufs brouillés de ma grand-mère (décidément, les grands-mères…), ni intimes (mais une Isabelle, çà ne m’aurait pas déplu…)

Le Je me souviens qui suit (« mon propre travail », dirait l’ami Ruhaud) est plutôt un panorama matériel de la société française des années 60 et 70, et du Paris de ces années-là. Les millenials vont croire que j’invente ou alors que j’ai 90 ans… [Je ferai peut-être une autre fois une édition commentée à l’intention de ces derniers]

Je me souviens :

Du repos scolaire le jeudi.

Des taxis avec un gros compteur à l’arrière.

Des hôtels avec un lavabo dans la chambre.

Des caisses enregistreuses à boutons.

Des prises et interrupteurs en porcelaine.

Des gens du pays, en vacances, que l’on ne comprenait pas à cause de leur accent.

Des parcmètres alignés le long des trottoirs.

Des grandes ondes et des petites ondes.

Des compositions à l’école.

Des fumées bleues derrière les pots d’échappement.

Des musées avec badigeon gris sur les lambris.

Des premières pizzas surgelées avec cuisson séparée de la pâte et de la garniture.

Des bidets.

Du homard mayonnaise servi dans les avions.

Des gazomètres.

Des piles carrées.

Des bons-points.

Des couvre-volants.

Des salles de lecture des bibliothèques municipales avec parquet qui grince et lecteurs qui font « chut ».

Des épiceries où l’on ne pouvait pas se servir.

Du chauffage au charbon.

Des encriers.

Des poinçonneurs du métro.

Des Arabes qui vendaient des tapis en porte-à-porte.

Des Uniprix.

Des chasses d’eau près du plafond.

Des speakerines.

Des pissotières circulaires en fonte.

Certaines arboraient une publicité pour le désodorisant Purodor !

Des phares jaunes.

Des syndicats d’initiative, à horaires improbables, tenus par une vieille dame.

Des bouteilles et des pots de confiture en verre consignés.

Des machines à écrire.

Des compartiments dans les trains.

Des téléphones à cadran.

De la macédoine pas cuite à la cantine.

Des queues de tigre au rétroviseur.

Des rideaux des salles de cinéma de province, avec les publicités des commerçants.

Des Galeries Barbès.

Des WC à la turque.

De la guérite du receveur dans le bus.

Des tournevis à manche en bois.

Des hommes portant moustache.

Des bornes d’appel de Police-secours.

Des télégrammes.

Des ouvreuses au cinéma.

Du Kiravi, du Gévéor et du Préfontaines.

Du mobilier de bureau vert foncé.

Des wagons-restaurants.

Des prises inamovibles de téléphone avec l’inscription « Propriété de l’Etat ».

Des pots de colle qui sentaient l’amande (avec leur petite pelle).

Des vitres de voiture à manivelle.

Des petits tickets (cinéma, musée, train) cartonnés qui sortaient de la caisse via une fente.

Des bougnats qui vendaient bois et charbon.

De la règle à calcul.

Des valises sans roulettes avec coins en métal.

Des Mobylettes Motobécane.

Des « épiceries fines » Codec.

Des lits d’hôpital/de dortoir/de caserne en métal à barreaux couleur crème.

Des poubelles en métal.

Des actualités au cinéma.

De sa vitesse, en voiture, qu’il fallait chercher .

Des bourgs, en vacances, qu’il fallait traverser en voiture (pas de rocade et c’était toujours un jour de marché).

Des yaourts La Roche aux Fées.

Des sténo-dactylos.

Des tickets de quai.

Des bières Valstar et Daumesnil.

Des téléphones dans les cafés.

Du souffleur au théâtre.

De « Locatel, location de téléviseurs ».

Des tracteurs avec siège tape-cul en métal.

Du Saint-Raphaël et de l’Americano Gancia.

De la ligne de Sceaux.

« Attention ! Ligne de Sceaux : tarification spéciale ! »

Des menus fromage et dessert.

Des nouilles Rivoire et Carret.

Des pneus de voiture avec chambre à air.

Des gens bossus.

Des femmes en combinaison.

Des policiers à képi.

Des livres de poche à tranche de couleur.

Des volants en bakélite.

Des familles nombreuses.

Des cantines où l’on était servi.

Des lunettes à barre noire sur le dessus.

Soeur Sourire.

Des mouchoirs en tissu.

Des côtelettes de porc dans les charcuteries.

Des militaires en uniforme.

(A suivre…)

Cette liste nous servira de base pour un exercice d’atelier d’écriture. Suite au prochain numéro – et n’hésitez pas à dresser votre propre Je me souviens !

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J’les confonds toujours (2)

Dans le n°1, j’évoquais l’Ardèche et l’Ariège. Eh bien, bingo ! Dans le numéro spécial de Sciences et Avenir janvier/mars 2021, Sapiens – les dernières découvertes, l’on pouvait lire dans une légende d’illustration p.24 : « Grotte Chauvet – Pont d’Arc (Ariège) ». C’est pas l’Ariège, c’est l’Ardèche ! Comme dirait Coluche : « Oh, vous savez, moi, sans mes lunettes … ».

Il y a les noms et personnes que l’on confond : « Entre Untel et Untel (par exemple Daladier et Ramadier), je ne sais jamais lequel est lequel ». Mais il y a aussi ceux qui, pour nous, n’en font qu’un. C’est ainsi qu’un jour, je me suis aperçu qu’il y avait Buffet et Dubuffet, qui, inconsciemment, pour moi ne faisaient qu’un ! Idem pour Claude Lanzmann et Jacques Lanzmann : j’ai longtemps cru que le réalisateur de Shoah était le parolier de Jacques Dutronc !

Les confusions peuvent se faire aussi sur les prénoms, surtout lorsqu’ils sont rares : je mélangeais Georgette Lemaire avec Georgette Plana.

Mais il y a encore plus fort : confondre deux personnes n’ayant aucun nom ni prénom en commun : c’est ainsi que j’ai longtemps confondu Mère Teresa avec Soeur Emmanuelle. Ceci dit, j’étais incapable de connaître leur nationalité, ni de savoir où elles vivaient…

Allez, deuxième tour de manège :

  • ARMAN (1928-2005), ASLAN (1930-2014) et ORLAN (née en 1947)- trois artistes plasticiens.

Armand Fernandez, dit ARMAN, est connu pour avoir utilisé directement, comme matière picturale, les objets manufacturés (cycle continu de production, consommation, destruction). Alain Gourdon, dit ASLAN est illustrateur et sculpteur. On lui doit les bustes de Mireille Mathieu et Bardot en Marianne, la statue de Dalida au cimetière Montmartre et, souvenir inoubliable des adolescents, les pin-ups réalistes, dessinées à l’aérographe, du magazine Lui. Quant à ORLAN (Mireille Porte), plasticienne, photographe et vidéaste, elle s’est illustrée avec maintes installations et performances. Elle utilise souvent son corps comme support, autour des biotechnologies. Cette artiste quelque peu siphonnée s’est fait faire de nombreuses « performances » chirurgicales, comme des implants siliconés sous les sourcils. A noter qu’on ne prononce pas « Armane », » Aslane » ni » Orlane ». C’est vrai qu’on hésite toujours…

  • Raymond ARON (1905-1983) et Robert ARON (1898-1975) – deux essayistes.

Robert ARON a écrit des essais historiques et politiques. Fondateur du premier théâtre surréaliste, décliniste qui inspira les fondateurs d’Ordre nouveau [!], militant du Mouvement fédéraliste français, il devint historien spécialiste du régime de Vichy et finit à l’Académie française. Drôle de bonhomme dont on ne sait que penser… Raymond ARON fut, lui, l’archétype de l’Intellectuel français. Ami et condisciple de Sartre, pacifiste, de gauche et ardent promoteur du … libéralisme et de l’atlantisme. Rien de bon non plus chez ce pilier du Figaro qui aura mangé à tous les râteliers… Elu en 1963 à l’Académie de Sciences morales [sic].

  • AUBE et AUDE – deux départements.

Là on ne peut plus dire çà doit être quelque part dans le Midi, là où vont les écolos et les baba-cool, puisque l’AUBE est au sud de la Champagne (préfecture Troyes). Son nom vient de l’affluent éponyme de la Seine. L’AUBE est en fait le deuxième producteur de vin de champagne et de… chou à choucroute ! L’AUDE, elle, est bien dans le Midi, en région Occitanie. Elle inclut le Lauragais, le Minervois, le Corbières, qui produisent ces horribles gros rouges à 15° qui tachent (Efferalgan non fourni). Le fleuve Aude, qui traverse la préfecture Carcassonne, lui donne son nom.

  • Michel AUCLAIR (1922-1988), Jean-Pierre AUMONT (1911-2001) et Michel AUMONT (1936-2019) – trois comédiens.

Jean-Pierre Salomons, dit Jean-Pierre AUMONT, débute avant-guerre au cinéma puis au théâtre dans des rôles de jeune premier, et a tourné tant en France qu’aux-Etats-Unis jusqu’en 1996. Il s’engage dans les FFL en 1943. Michel AUCLAIR (Vladimir Vujovic) a commencé en 1946 dans le théâtre classique avant de se lancer dans le cinéma. Michel AUMONT, fils d’un régisseur de la Comédie française, intègre cette maison en 1956, où il y fera sa carrière. Tous les trois joueront dans de nombreux téléfilms.

  • Marcel AZZOLA (1927-2019) et Astor PIAZZOLLA (1921-1992) – deux accordéonistes.

Tous deux, évidemment d’origine italienne ! Astor PIAZZOLLA est argentin, et pour être plus précis, bandonéoniste plutôt qu’accordéoniste, le bandonéon étant l’instrument emblématique du tango. Mais PIAZZOLLA est venu à la musique en découvrant J.-S. Bach et sera l’élève de Nadia Boulanger ! Il inventera une nouvelle façon de jouer le tango, avant que le Cuarteto Cedron fasse de même des années plus tard. Quant à Marcel AZZOLA, qui est français, il accompagne les grands noms de la chanson dans les années 1950 : Vian, Piaf, Gréco, Bécaud, Barbara… C’est lui que Brel encourage d’un « chauffe, Marcel ! » dans la chanson Vesoul :

« Chauffe, Marcel ! »
  • BALAGNE, CERDAGNE et LIMAGNE – trois régions françaises.

On en a toujours entendu parler, mais çà s’arrête là ! La BALAGNE (du nom de l’ancienne ville celte de Palania) est une région au nord-ouest de la Corse, entre le massif du Monte-Cinto et le littoral. Calvi et l’Ile-Rousse en sont les villes principales. La CERDAGNE (du nom de la tribu gauloise des Cerrétains) est une région catalane (Pyrénées-Orientales), dont une partie se situe en Espagne. C’est une dépression s’étendant de Bellver-de-Cerdanya (SP) au sud-ouest, à Montlouis (F) au nord-est, dont le centre est la ville frontalière de Puigcerda/Bourg-Madame. Ne pas confondre avec la sardane, une danse… catalane. Quant à la LIMAGNE (de limus, boue, cf. limon), la moins connue, c’est une grande plaine traversée par l’Allier, depuis Issoire jusqu’à St-Pourçain-sur-Sioule (Grande LIMAGNE au sud et LIMAGNE Bourbonnaise au nord).

  • Armand BARBES (1809-1870) et Henri BARBUSSE (1873-1935) – deux hommes politiques anti-impérialistes.

Armand BARBES inaugure son baptême révolutionnaire en 1830, animé par sa fibre républicaine. Il fonde ensuite la Société des Droits de l’Homme, démantelée par la Police, puis la Société des Saisons avec Auguste Blanqui. Blanqui et BARBES, tous deux intransigeants et de caractère différents, vont connaître les geôles de tous les régimes. Il vont se brouiller en 1848, le premier accusant le second de traîtrise. BARBES s’exile à La Haye en 1870. Son nom est aujourd’hui plus connu par le quartier de Paris bordé par le boulevard qui porte son nom : quartier « populaire », c’était après-guerre un lieu de prostitution, aujourd’hui de trafic de cigarettes et de stupéfiants. Henri BARBUSSE, lui, est un écrivain pacifiste et communiste, qui a voulu mettre en pratique, dans l’Humanité, une approche littéraire du communisme. En bon pacifiste, c’était, tout comme Romain Rolland, un ardent soutien de l’espéranto.

  • Le BARDO et le PRADO – deux musées étrangers.

Dans BARDO, petite ville près de Tunis, se trouve l’ancienne résidence du Bey fondée au xve siècle et qui est aujourd’hui le siège du parlement tunisien ainsi que le musée éponyme. Plus ancien et plus important musée tunisien, le BARDO abrite la collection de mosaïques la plus riche du monde. Le PRADO, lui, se situe à Madrid, a été construit en 1785 comme cabinet de sciences naturelles. Il devient ensuite un musée royal de peintures et de sculptures. C’est aujourd’hui le « Louvre » espagnol, une des plus grandes pinacothèques au monde. Autre point commun : le nom de la ville de BARDO, en Tunisie, vient de l’espagnol prado, qui signifie pré.

LA Bardot !

A suivre…

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Dekoikonparle ? (3)

Nous reprenons notre parution quinzomadaire. Prochain numéro le 15 mai.

Les « DOM-TOM »

J’évoquais dans le dernier numéro (Ma bibliothèque amoureuse #6 https://champouin.blog/2021/04/22/ma-bibliotheque-amoureuse-6-infini/) des ouvrages à vocation géographique illustrés par des cartes. Bingo ! Vient de paraître un hors-série du Point: La France et sa géographie, dans lequel il y a… des cartes ainsi qu’un entretien avec Jean-Robert Pitte (dont je ne savais pas qu’il était président de la Société de géographie), déjà évoqué. Se trouve pp.60 et 61 un point sur la France d’outremer, qui peut servir à illustrer le sujet d’aujourd’hui : çà tombe bien !

Un homme politique des ma connaissance (quoi ? marcjoly connaît un homme politique ? Séki ? Séki ?) s’évertuait il y a quelques années encore à parler des « DOM-TOM », alors que le concept n’existait administrativement plus. Il a heureusement depuis rectifié le tir en parlant de l’Outre-mer, et même des outre-mers, selon ce pluriel tendance : les publics, les personnels, les contenus, les quartiers, les territoires, les mobilités et « les possibles » dont, d’après les plumes de Macron, il nous faut bien entendu « réinventer le champ ».

Il y a beaucoup de fantasmes, d’ignorance et d’idées reçues à propos des « DOM-TOM ». « Ah, vous êtes des DOM-TOM ? » ne veut rien dire ! C’est comme demander : « Vous êtes d’Auvergne – Rhône-Alpes ? ». En parler, toujours. Les situer sur la carte, jamais. Le dessin en bannière de titre en est un peu la représentation convenue d’îles forcément « paradisiaques » et de cocotiers que les Hexagonaux veulent d’ailleurs absolument appeler « palmiers ».

Sixième continent : Reggae Dom-Tom (1984 ?)

Plutôt que de faire un cours détaillé sur les divers statuts administratifs des régions concernées, nous allons élaguer les idées reçues, et je vous invite à consulter le hors-série du Point susmentionné, ou bien à télécharger ou consulter la carte ci-dessous :

A noter, a contrario, que la France métropolitaine se définit par l’ensemble des territoires français situés en Europe. Ainsi, la Corse ou l’île de Sein ne font pas partie de l’Outre-mer.

« Traîner une île avec soi… »

Helena Noguerra
  • « Tout çà, c’est des îles… »

VRAI, à une exception près : la Guyane, qui est un morceau de continent sud-américain. Pour pousser le bouchon un peu loin, on pourrait aussi citer la tranche fine de ce gâteau qu’est le continent antarctique, et qui nous revient : la Terre-Adélie. Pour revenir aux îles, certaines sont d’un seul tenant comme la Martinique, d’autres des archipels comme la Polynésie française.

  • « Tout çà, c’est dans l’hémisphère sud… »

VRAI et FAUX. Lors de l’enterrement de mon grand-père, en plein mois de janvier et sous la neige, un vague cousin, croyant que je vivais encore en Martinique, m’a dit : « Si je comprends bien, chez toi c’est l’été, vu que c’est l’hémisphère sud » (bon, c’est toute l’année l’été, mais ce n’est pas çà qu’il voulait dire). Or, ne sont dans l’hémisphère nord que nos dépendances situées proches du (ou sur le) continent américain : St-Pierre-et-Miquelon (évidemment), Guadeloupe, St-Barthélémy, St-Martin, Martinique, Guyane.

  • « Tout çà, c’est dans le Pacifique… »

VRAI et FAUX. C’est bien connu, les « DOM-TOM », c’est l’archipel de Toutouasamémé, les vahinés et aloha ! Cette vision polynésienne et Pacifique, c’est géographiquement la Polynésie française et Wallis-et-Futuna. La Nouvelle-Calédonie est également dans le Pacifique. Mais la France a aussi des dépendances dans l’océan Indien (Réunion, Mayotte), ainsi que quelques îles non peuplées appartenant aux TAAF (Terres australes et antarctiques françaises et îles éparses). Quant à l’Atlantique : cf. le paragraphe précédent.

« Wallis et Futuna : 96, 2% »
  • Alors, les DOM, les TOM, c’est quoi ?

Les situations administratives ont beaucoup évolué, mais « au jour d’aujourd’hui », les TOM n’existent plus, les DOM sont devenus des DROM (départements-régions d’outremer) : Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte. La Nouvelle-Calédonie dispose d’un statut sui generis. Tout le reste est COM (collectivité d’outremer). Il y a une gradation vers l’autonomie : DROM >COM > Nouvelle-Calédonie. Je ne rentre pas dans le détail. Les TAAF, peuplées par scientifiques, militaires et pingouins, ont un statut à part. A noter que les îles minuscules que sont Saint-Martin et Saint-Barthélémy, qui étaient auparavant des communes de la Guadeloupe, sont devenus chacune une COM, pour des raisons fiscales et bancaires. Il n’y a pas de quoi être fier…

Et maintenant c’est encore plus confus que vous ne le pensiez… Est-ce qu’ils parlent français, utilisent l’euro, reçoivent la télé ? Vivent-ils dans des cases ? Ont-ils un os dans le nez ? Et qu’est-ce qu’ils mangent ? …

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Mauvaises « translations » ! (2/2)

J’ai loupé le coche du 14 février, mais voici en exclusivité ma mise en scène pour la Saint-Valentin (veuillez éloigner les enfants) :

Oui, oui, oui ! Ouiii !

Voici une version plus chaste :

Théâtre, théâtre, théâtre !

Tout à l’heure j’ai entendu – et sur RFI, de surcroît – une journaliste parler de la Hague. Je ne voyais pas le rapport entre les Pays-Bas et le Cotentin, et puis j’ai compris : elle voulait parler… de La Haye ! Elle avait stupidement traduit Den Haag, ou The Hague, en anglais, par un nom qui lui était plus familier…

Non seulement on fait aujourd’hui des contresens par ignorance (le niveau de culture générale des journalistes chute lamentablement, comme pour le reste de la population), mais on a oublié que bon nombre de villes étrangères se traduisent en français…

J’entends souvent parler de l’université de Leyden ou de Groningen, toujours au Pays-Bas. Or, on dit Leyde et Groningue. On apprenait autrefois en leçon de choses ce qu’était la bouteille de Leyde… Ou encore Trento, en Italie. Et le concile de Trente, b… ? On entend trop de Cremona, Piacenza, Lucca en français dans le texte : c’est Crémone, Plaisance, Lucques qu’il faut dire. De même pour Speyer, Regensburg : Spire, Ratisbonne.

Ceci dit, j’ai entendu une fois un italien parler, en français, de Monaco à propos de Munich. Car en italien, Munich se dit Monaco di Bavaria pour la distinguer de la Principauté.

Traduire des noms propres ou des noms communs, c’est toujours aussi périlleux… Et voilà donc la suite de nos traductions qui tombent à côté :

  • Fermier.

Dans tous les textes francophones ou traduits d’une autre langue que l’anglais, on trouve des agriculteurs ou éleveurs (termes neutres), des cultivateurs (terme courant et populaire tendant à vieillir), des paysans (terme historico-culturel) et des exploitants agricoles (terme administratif et socio-économique). Dans ceux traduits de l’anglais, ils deviennent comme par hasard tous des « fermiers ». C’est que l’anglais ne connaît qu’un seul mot, farmer ! Autrefois, on ne connaissait que des « paysans », et on précisait s’ils étaient fermiers (propriétaires) ou métayers (locataires), mais la ferme a toujours été le seul terme pour désigner l’exploitation, aussi bien en français qu’en anglais.

  • Iles Leeward.

C’est une faute assez rare, mais j’ai été témoin une fois dans un journal, et une fois « dans le poste », de la mention de ces « Iles Leeward » qui seraient des paradis fiscaux ou bancaires. En réalité, leeward est un terme de marine signifiant « sous le vent » (à l’abri du vent), par rapport à windward, « au vent » (exposé au vent). Dans le contexte des Antilles, Leeward Islands désigne le nord de l’arc antillais (Iles Vierges, Anguilla, St-Martin, St-Kitts, Antigua) et Windward Islands, le sud (Guadeloupe, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St-Vincent, Grenade). C’est un terme de géographie physique : il n’y a donc pas d' »Iles Leeward » en français, et aucun Etat paradis bancaire ne s’appelle comme çà ! Il faut mieux alors parler des paradis bancaires des grandes Antilles, ou les citer nommément…

  • Nonne.

Ce que nous appelons moniale dans le registre ecclésiastique, religieuse dans le registre standard et bonne soeur dans le registre familier est, dans les textes anglo-saxons, souvent traduit par nonne, sous l’influence de l’anglais nun. Certes, « nonne » existe en français, mais dans le contexte du Moyen-âge, ou alors dans un registre plaisant !

Nun sex, monk rock !
  • Officier public.

Quel jargon ! On voit de temps en temps cette expression, et on sent parfois que le traducteur a été gêné aux entournures car il s’est demandé le rapport avec la chose militaire ! En anglais, la fonction publique, le service public s’appellent public office. Un public officer, voire un officer tout court quand le contexte est explicite, c’est quelqu’un travaillant dans la fonction publique, à savoir tout bonnement un fonctionnaire, quelque soit son grade. A noter qu' »officier public » existe en français : mais c’est quelqu’un détenant une charge : notaire, huissier de justice… Rien à voir.

  • Panel.

Dans certaines conférences, séminaires et autres « universités d’été » (là aussi j’en suis témoin chez une organisation qui fait la même erreur depuis 40 ans !), l’on parle de « panel » ! Un panel, en anglais, c’est une table ronde, une partie de conférence-débat consacrée à un thème ou ordre de jour particulier. Mais « panel » en français, est un terme de statistique, qui signifie « échantillon ». On trouve souvent ce terme à propos de sondages. C’est bien session ou volet, qu’il faut utiliser dans les conférences.

  • Tarmac.

Un beau jour, dans les années 1990, je tombe sur ce mot : tarmac. Diable ! S’agissait-il d’un tissu écossais ? D’un dignitaire inca ? Le mot vient de tar (goudron) et MacAdam (le monsieur qui a inventé le revêtement goudronné que le BTP français appelle de l’enrobé), et il s’emploie dans le contexte aéroportuaire. Autrement dit un tarmac, c’est notre bonne vieille piste ! Seulement voilà : piste, çà fait embarquement ringard au Bourget dans les années 50, tandis que « tarmac », çà a de la gueule, çà fait logistique humanitaire sur une base militaire !

  • Vétéran.

A l’occasion des opérations extérieures américaines (toutes destinées à être perdues), on a vu dans la prose journalistique la prolifération de « vétérans » dans le contexte de leurs troubles post-traumatiques, de leur réinsertion, de leur oubli de la part des institutions, etc. Un vétéran, en français, c’est un ancien (les vétérans de la Marche des Beurs, du Tour de France ou des missions lunaires), souvent avec une notion de lutte ou d’exploit. En anglais, veteran ce n’est qu’un ancien combattant. Ici aussi, dans les textes traduits de l’anglais, ces derniers deviennent automatiquement des « vétérans ». Re-seulement voilà : ancien combattant fait vieux con ancien d’Algérie à béret et moustache alors que « vétéran », çà fait beau mec musclé avec sa jambe artificielle dernier cri !

Zao, Ancien combattant (1984) : un petit bijou de la chanson congolaise avec sa rythmique implacable et son art de dire des choses sérieuses avec le second degré !

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