Le vieux monde est derrière toi

Il paraît que j’agace beaucoup mes proches avec « mes positions sur la Russie », différentes de celles du narratif de la « communauté internationale ». A vrai dire, la vraie question n’est pas cette guerre, dans laquelle aussi bien les Russes que les Ukrainiens piétinent. Je vous vois venir me faire les gros yeux : « il va le dire ! » Eh bien non : il ne s’agit même pas de l’Otan contre la Russie et la Chine, car çà n’est qu’une conséquence.

Ce dont il s’agit, c’est un changement de paradigme. L’idéologie libérale des obsédés de la dette, avec son bras droit la Démocratie (je vais en reparler) et son bras gauche la transition énergétique, est un échec. Entendre Antonio Gutterres, secrétaire général de l’Onu (pauvre type !), déclarer « Le monde est en ébullition » est pathétique, mais révélateur d’un système de pensée politique aux abois…

Le cerveau d’Antonio Gutteres est en ébullition…

Pire, c’est une crise de civilisation : abandon de la culture classique au profit d’un entertainment planétaire (téléréalité, foot…), enseignements scolaire et universitaire incapables de former des scientifiques ou des dirigeants dignes de ce nom, déclin des infrastructures et des services publics, tiers-mondisation des nations occidentales, recul de l’espérance de vie à la naissance, embryon de dictature – n’est-ce pas, Macron ? Nous sommes totalement empêtrés dans une politique étrangère conçue pour perpétuer l’hostilité envers la Russie et ruiner les relations avec la Chine, au détriment de notre prospérité et de notre système social. Nous avons besoin d’un changement fondamental dans l’orientation de la politique et rejeter l’ensemble du paradigme néolibéral et vert.

Or le « bloc occidental » est minoritaire dans le monde. Il n’est pas légitime pour donner des leçons de paix stratégique, sociale ou environnementale. Du coup, on assiste actuellement à l’émergence d’un mouvement de « non-alignés » (Afrique, Amérique du Sud) et à une montée en puissance de la Chine et de l’Inde, les fameux BRICS (la Russie en fait aussi partie) dont il convenait de dire il y a peu que c’était un pétard mouillé. Il s’agit en réalité d’une véritable offensive anti-libérale de la part de ces pays qui font le lien entre crise sociale, financière et guerre en Ukraine ou ailleurs. Lula (illustration de bannière) en est un des chefs de file. La logique de confrontation des blocs, mais c’était le monde d’avant, celle de la peur des « Rouges » !

L’écrivaine d’origine cubaine Zoé Valdes, de nationalités française et espagnole, s’est présentée aux législatives en Espagne pour le parti d’extrême droite Vox « afin de lutter contre le communisme » !

Non seulement les pays non-occidentaux proposent une architecture financière alternative en refusant le dollar et l’euro comme standards de transaction, mais au « Sommet pour un nouveau pacte financier mondial », le « machin » tenu à Paris les 22 et 23 juin, ils ont préféré parler des fins de mois plutôt que de la fin du monde, car l’argent qui a financé la guerre en Ukraine aurait pu permettre le développement en Afrique.

La logique de confrontation des blocs,
c’était le monde d’avant !

Après la peur des Rouges, celle des Jaunes : il est de bon ton de dénoncer une direction chinoise « sanguinaire et tyrannique ». Mettons-nous plutôt à la place des Chinois : quand ils regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ? Ils voient d’abord des dirigeants anciens banquiers et avocats d’affaires… Bel exemple de moralité, quand bon nombre de leurs homologues chinois sont ingénieurs de formation ! Ensuite, ils ne voient aucune vision à long terme, quand eux raisonnent sur un siècle. D’autre part la vie politique des pays de l’Ouest est rythmée par ce que dénonçait De Gaulle : le régime des partis… Alors les Chinois se demandent : « pourquoi ces pays ne réalisent-ils plus de développement économique, alors que nous y sommes arrivés ? »

« Je lui parlai de la France, il me parla du Parti Radical ! » (De Gaulle à propos de son entretien avec Edouard Herriot)

La réponse est simple : le but d’un Etat, c’est d’imposer le développement ! Utiliser son autorité pour le bien public ! Car le premier droit, c’est celui de pouvoir se nourrir, se loger, se soigner, pouvoir travailler, etc. Quand Spinoza affirme que la liberté doit être la finalité de l’Etat, veut-il dire la liberté le ventre vide ? Quel est le périmètre de la « Démocratie » occidentale ? En ce sens, le véritable modèle de la Chine n’est pas celui des pays communistes, mais celui de Singapour*.

*A la différence que Singapour a gardé quelques mauvaises habitudes de son ancien colonisateur britannique, comme le blanchiment d’argent…

Evidemment, dans la « communauté internationale », celle située dans le camp du Bien, il est convenu de dénoncer l’initiative One Road, one Belt (mal traduite par « Ceinture et Route »*) et appelée de façon informelle La nouvelle Route de la Soie, excellente métaphore. Salauds de Chinois qui laissent une dette colossale à « nos » pays du Sud ! C’est sans compter les réalisations infrastructurelles effectives de ces initiatives, ce que n’ont pas permis les plans type FMI/Banque mondiale.

*Les Chinois étant très avisés, je dirais « Ceinture et Bretelles » !

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la tentative désespérée de l’Otan et ses caniches de se lancer dans une économie et une logique de guerre plutôt que de chercher un plan de paix et de développement. Le reste est du verbiage d' »experts » et de « spécialistes » politico-médiatiques, hier de la Covid, aujourd’hui de la Russie…

L’organisation Humanity for Peace (L’humanité pour la paix), une vaste coalition d’organisations, a annoncé sa mobilisation du 6 au 9 août 2023, date de commémoration du bombardement atomique de Hiroshima. Cf. https://solidariteetprogres.fr/nos-actions-20/actions/le-6-aout-l-humanite-manifestera.html .

Alors cours, camarade, et retrouve Le Champouin le 1er septembre !

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C’est quoi, ces machins ?

Emeutes : 1. Non, la Police ne tue pas. Certains policiers tuent, ce n’est pas la même chose – mais crise de vocations : aux concours, on prend ce qu’on trouve… surtout avec un an de formation (en Allemagne, c’est deux ans et demi) 2. Macron, avant toute enquête, a qualifié cette mort d’« inexcusable » et a de facto déclaré le policier coupable, faisant fi de la présomption d’innocence – or çà n’est pas une vidéo qui doit juger mais la Justice. 3. On a entendu tous les poncifs sociologisants éculés. 4. Personne n’a parlé du trafic de drogue. 5. On a asséné un narratif consistant à préférer parler d’« enfants » et de « petits » plutôt que de délinquants multirécidivistes. 6. On a entendu les mères (pardon, les « mamans ») à la TV, mais pas les pères. Cherchez l’erreur. 7. C’est le fonds de commerce de tous les « comités Adama » financés par les wokistes américains. Et, du coup, des voix pour Bardella ou Maréchal*.

*S’appeler Maréchal, çà ne s’invente pas !

Sommet de Paris « pour un nouveau pacte financier mondial » : nouvel habillage pour les « conditionnalités » du FMI. Les dirigeants africains et des BRICS ne veulent plus du FMI, de la banque mondiale, de la BCE et de la Commission européenne, et proposent un plan de paix pour l’Ukraine. « On ne peut pas demander à un pauvre de porter une charge supplémentaire », selon le président zambien. D’ailleurs, entre nous, seuls les l’UE, l’OTAN et le Commonwealth ne proposent pas de plan de paix en Ukraine, le reste du monde, oui. Chef de file de cette fronde « non-alignée » : Lula, que je vois très bien malheureusement se faire assassiner…

Habitants des capitales et métropoles, vous avez vu fleurir sur les murs (surtout au coin des rues), depuis plusieurs années, des petits messages, sous forme de flyers, affichettes ou graffs : « BNE », « VOTE JOHN HAMON », « FUCK THIERRY JASPART » ? Vous avez avez dû voir aussi des petites mosaïques, ou bien des pochoirs.

Tous ces artefacts sont l’oeuvre d’artistes qui ont :

  1. fait les Beaux-Arts,
  2. commencé par intervenir illégalement sur les murs,
  3. utilisé le buzz comme moyen de communication,
  4. essaimé sur le plan international,
  5. employé des assistants, n’ayant pas le don d’ubiquité,
  6. fini par être reconnu dans le monde de l’art grâce aux galeries et aux expositions,
  7. mis en place des produits dérivés qu’ils vendent,
  8. fini par brasser beaucoup d’argent.

Les voici :

  • BNE :

Les fameuses petites affichettes format cartes postales… Et c’est tout ce qu’il fait ! Entre nous, c’est vraiment de la daube… On ne sait « officiellement » pas qui se cache derrière ces trois lettres. Il est sans doute new-yorkais, et a essaimé partout. En 2006, le maire de San-Francisco lançait une récompense de 2500 $ pour toute information permettant d’arrêter le « vandale ». En 2011, BNE fonde la BNE Water Foundation, une organisation caritative dont le but est de fournir l’accès à l’eau potable aux plus démunis.

  • John HAMON :

Qui est ce type au look d’étudiant gnangnan ? Malgré son prénom, il s’agit d’un artiste français né en 1982. Sa « tronche » (celle de lui lycéen), a commencé à apparaître en 2001. On la voit maintenant dans 33 pays et 77 villes. A l’approche d’élections, on a même vu : « VOTE JOHN HAMON ». Il décrit sa motivation comme suit : « C’est la promotion qui fait l’artiste ou le degré zéro de l’art ». Ce buzz par l’affichage n’est qu’une partie de son activité.

  • Mr. CHAT :

Ce chat jaune ou orange (de tous les formats : il y en aussi sous forme de fresque) est dessiné par l’artiste franco-suisse Thoma Vuille, né en 1977. Apparu d’abord à Orléans en 1997, le chat au sourire prolifère également dans les métropoles du monde entier, mais est également présent à Blois, l’île de Ré, Hénin-Beaumont… « Mon dessin est-il vraiment plus offusquant que les dizaines de publicités affichées en permanence dans les couloirs du métro? »

  • Invader :

Il s’agit des petites mosaïques ressemblant aux Pac-Man du jeu vidéo. L’artiste est Franck Slama, né en 1969. Le premier Space Invader est apparu près de la Place de la Bastille en 1996. Aujourd’hui, près de 4000 Space Invaders sont répartis dans soixante-dix-neuf villes du monde entier. La démarche d’Invader se résume à trois points : « la rencontre entre la mosaïque et le pixel, la transposition d’un jeu vidéo dans la réalité et un processus d’invasion à l’échelle planétaire »… Chaque Space Invader est indexé dans une base de données où sont référencés date, localisation, et deux photographies de l’œuvre en place.

  • Thierry JASPART :

La Belgique est un vivier de déconneurs potaches : de Plastic Bertrand à Benoît Poelvoorde en passant par l’entarteur Noël Godin*. En voici un autre : Thierry Jaspart. Et celui-là est multicartes : outre le simple mini-tag « THIERRY JASPART », on peut trouver le fameux flyer « J’EXISTE », mais aussi « FUCK THIERRY JASPART ». Il est l’auteur d’une transcription phonétique du graffiti, et de flyers à poser sous les graffiti et contenant leur traduction en espéranto ! Citons aussi de fausses annonces sonores dans le train et, acte punk par excellence, Chien Chiant, un groupe de néo-folk écologiste qui n’enregistre pas de musique et qui ne se produit pas en concert pour limiter son empreinte carbone ! [https://thierry-jaspart.com/]

*Bien que ce dernier aie stupidement entarté le conférencier d’histoire Henri Guillemin…

Marre des « bidules » de coins de rues ? Mamadou Jaspart vous propose autre chose…

  • Miss. Tic :

Je suis dans la lune
ne la décrochez pas

Miss.Tic

Il s’agit là des artefacts les plus discrets, les plus poétiques et des moins invasifs de la galaxie du street-art petit format. Miss. Tic (décédée l’année dernière) utilise le pochoir depuis 1982, pour pour y raconter sa vie, ses désirs, ses ruptures sentimentales, ses travers et ses fantasmes, et joue sur les stéréotypes de la femme séductrice. Chacune de ses oeuvres est accompagnée d’un aphorisme : « Madame rêve, Monsieur ronfle », « Je m’édite, tu médites », « Assurez-vous contre le hasard : un regard est si vite arrivé », « Commencer, comment c’est ? »… [http://missticinparis.com/ et https://citation-celebre.leparisien.fr/auteur/miss-tic]

L’artiste devant l’une de ses oeuvres.

Une réponse à « C’est quoi, ces machins ? »

  1. Avatar de confus...confusion !!
    confus…confusion !!

    Ces machins, ce s’rait pas des trucs ?

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Honteux et confus…

Merci à Etienne Ruhaud [https://pagepaysage.wordpress.com] d’avoir évoqué la quadricentenaire de la naissance de Blaise Pascal. Voir également, sur France Mémoire, le site mémoriel du ministère de la Culture [https://www.france-memoire.fr/dossiers/naissance-de-blaise-pascal] : beaucoup de documents à lire, voir ou écouter, dont la lettre apostolique Sublimitas et miseria hominis du pape François à propos de Pascal. Sans compter, sur le même sujet, l’éditorial de Jacques Julliard dans Marianne du 22 juin. Pour une fois, Julliard écrit un papier sur autre chose que « la droite » et « la gauche » !

Prigogine : qu’en penser ? J’attends d’en savoir un peu plus. Est-il l’agent volontaire ou involontaire de l’Otan ?  A suivre…

L’autre jour, à la FNAC, je m’enquis (qu’est-ce qu’il parle bien, marcjoly) de chercher un DVD des Inconnus. Pas trouvé. En réalité le rayon humour était réduit à peau de chagrin (le chagrin étant l’équivalent poétique du zébi). Juste una testa di gondola, comme on dit à Venise, dont la moitié était constitué des insipides Florence Foresti et Gad Elmaleh. La FNAC regorge de films dits « d’action » (comprendre : de violence), mais d’humour, point. De Funès, Les Inconnus, Coluche : au poteau, ces horribles racistes et homophobes ! En ces temps d’inclusivité et de relativisme culturel, défense de rire ! Par contre, dans les séries, les jeux vidéo mais aussi dans la réalité : théâtres d’opérations manipulés par l’OTAN, hôpitaux et abords des collèges, contrôle de police, cités des banlieues, on peut au choix : bombarder, poignarder, tirer une balle dans la tête, tirer des coups de mortier, empêcher l’intervention des pompiers, incendier les poubelles, provoquer un suicide d’adolescent via Tik-Tok, etc. Triste époque !

J’avais promis que je présenterai « mes » textes au fur et à mesure, mais les pastiches, métros loufoques et exercices divers d’écriture ont pris le pas…

Celui-ci est vintage. Dans mon souvenir, il avait été composé quand j’étais petit. Soit, disons, selon mes propres critères, jusqu’à douze ans. Bon, mettons treize. Et là, le rouge m’est venu aux joues : j’ai gardé ce texte, écrit au verso d’un document datant du… 27 juin 1977.

J’avais bientôt seize ans !? Presque l’âge de Rimbaud…

Du coup il fallait que je transforme cette honte en fierté, comme un film navet qui devient culte, justement par sa qualité de navet.

Ni la BnF, ni les Archives Nationales (département des Archives privées) n’en ont voulu… Je me demande bien pourquoi !

Je me souviens l’avoir composé juste après la lecture de Michel Laclos, Jeux de lettres, jeux d’esprit, Jean-Claude Simoën, 1977. Un ouvrage, issu des Jeux de l’été du Figaro, un peu daté : palindromes, anagrammes, holorimes et tutti quanti plus ou moins oulipiens, le meilleur côtoyant le pire.

Suite à cette lecture, je décidai de m’adonner à quelques exercices et contraintes, et c’est ainsi que j’en suis venu à pondre, au forceps et en une après-midi, Le corps beau et l’heureux Nar (holorime de Le corbeau et le Renard). Tout le monde l’a fait, c’est la tarte à la crème des exercices de style, et je pense que le mien doit être le pire :

LE CORPS BEAU ET L'HEUREUX NAR

Mettre corps beau sur un art Breuperchay :
Tenez. Tend son bec, Infreau, mage.
Mettre heureux Nar : parle aux deux rats léchés,
Lui tinte à "peu près", seul engage.
Hé bon ! Jour ! Monsieur "duc Orbeau",
Queue, vous êtes jolie, Queue [sic] ! Vous me semblait [sic] beau !
Si, Parazar, votre plume, âge
Ressemble à votre rame, âge,
Vous êtes l'oeuf Hényx des hôtes de Céboix.
Assez, maux ! Le corps beau ne se sent pas de joie :
Il ouvre un Largebec et l'S tombait? Sape, roi !
L'heureux Nar sens ses I, elle lui dit :
Mon bon monsieur, âpre né, que tout flatte, heure.
Vitheau dépend de* celui qui les coûte.
Sept leçons vaut bien. Infreau, mage, s'en doute.
Le corps beau, tout  dès qu'on fit**, 
Jura. Mets un peu Tar, qu'on ne l'y prend Dréplud.

*Rayé par ma maman qui a remplacé par « Vite au dés, pende »

**Apparemment, j’avais confondu « honteux et confus » avec « tout déconfit »… Un acte manqué ?

Vous n’avez rien compris ? A cette fin, j’avais ajouté ce long codicille :

Explication [sic] :

Comment mettre un beau corps dans l'art Breuperchay (école picturale du XVIIIème siècle) : le mage Infreau est gourmand, et pour Nar le content hermaphrodite, le mage se faisant passer pour Nar, il parle très fort à deux souris propres, cela n'engage que lui : il lui dit qu'il a une belle queue. Il s'appelle Parazar une de ses plumes et compare la queue à une rame, et à Hénix, divinité céboisienne [sic] représentée par un oeuf. Le corps beau est tellement flatté qu'il ouvre une boîte de Largebec (fromage normand), et que l'S de "matières grasses" tombe. Le roi en saperait. Mais Nar sent les I de "matières" et lui dit que tout flatte le temps qui s'appelle Vitheau, et que la flatterie et chère. Vitheau est tombé sept fois dans le panneau. Infreau le sait. Pour prendre un certain Dréplud, il faut mettre Tar au lieu de corps beau.

C’est encore plus nébuleux ! Je précise que je ne consommais pas de substances illicites… Et j’aurai pu signer Laffont-Taine : on aurait eu l’éditeur et l’auteur en même temps !

Et si je faisais une holorime de l’explication elle-même ? « Comme en mètre, un bock horde en lard… » Mais non, Jean d’laf’, je blague…

On n’est pas sérieux quand on a seize ans.

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S.I.G.L.E.S. (3)

Spécial bases de données bibliographiques

Votre serviteur, ayant travaillé dans les bibliothèques et les archives, connaît bien cet ouvrage : Le Métier de Bibliothécaire, Le Cercle de la Librairie, 2019. Ouvrage collectif, et certains auteurs ont fumé la moquette. Je cite Silvère Mercier (p. 188) : « La fortuité fait ainsi référence au bain d’information facilitateur d’une sérenpidité active et productrice de sens, d’individuation. Car la sérenpidité est un hasard d’autant plus potentiellement heureux qu’il y est aidé, c’est-à-dire, pour prendre une image, qu’il se déploie dans une piscine plutôt qu’un océan informationnel. Sous peine de se transformer en hasard malheureux, en zemblanité, naviguer sur le Web suppose un art de vivre le Net ». On en a interné pour moins que çà… Un autre auteur cite Linda Willander, bibliothécaire à Malmö (Suède) :« [la bibliothèque] offre la possibilité […] de consulter des personnes en chair et en os […] : parents homosexuels, femmes musulmanes voilées, punks, militants de défense des animaux, skinheads, transsexuels, auxiliaires de la circulation routière, et beaucoup d’autres… ». Qu’en penser ? « Vivre ensemble » ? Diversité ? Inclusivité ? Auberge espagnole ? Cour des miracles ? Freak show ? Les bibliothèques sont-elles des zoos humains où les voyeurs viennent voir la nouvelle attraction et où Marie-Chantal vient s’encanailler ? Je vais soumettre tout çà aux wokistes de la Nupes… ils seront ravis de la présence de skinheads !

Passons au troisième opus de nos sigles intéressants. Sigles remarquables, dit-on dans un contexte encyclopédique ou de miscellanées. Dans les métiers bib/archives, j’en ai donc vu passer certains.

Ces sigles ont en réalité commencé à apparaître au milieu des années 70 avec la montée en puissance des instruments de recherche bibliographiques informatisés qui ont remplacé les fameuses fiches dans les meubles à tiroirs, et qui ont unifié le mode de catalogage.

Je me souviens des fichiers à tiroirs…

Tout cela va intéresser deux lectrices (?) de ce blog : Mylène Arrieux et Nathalie Conseil.

Tout commence donc avec MARC* (MAchine Readable Cataloguing), premier du genre (1977) et son avatar actuel UNIMARC. On savait bien que marcjoly, votre serviteur, était unique !

*MARC, c’est aussi : Modélisation et Analyse pour la Recherche Côtière…

Pour rester dans les prénoms, il y a PASCAL (Programme Appliqué à la Sélection et à la Compilation Automatique de la Littérature)** et son copain FRANCIS (Fichier de Recherche bibliographique Automatisée sur les Nouveautés, la Communication, et l’Information en Sciences humaines et sociales). Quant à CONSTANCE, c’est : CONservation et STockage des Archives Nouvelles Constituées par l’Electronique.

**Il y eut également un langage informatique nommé Pascal, allusion au grand Blaise et sa machine à calculer.

La mythologie grecque est aussi à l’honneur avec ELECTRE (bibliothèque ELECTronique de REcherche bibliographiques). En France, c’est cette dernière, avec OPALE (qui n’est pas un sigle, hélas !) qui a précédé UNIMARC en ce qui concerne les bibliothèques publiques. PRIAM, lui, est le Préarchivage Informatisé des Archives des Ministères.

Pour ce qu’on appelle l’indexation matière (classement par thème, pour faire court), il y avait -à une lettre près- la base RAMEAU (Répertoire d’Autorité Matières Encyclopédique Unifié), qui a toujours cours. COUPERIN existe aussi : créé au départ pour négocier les conditions de vente des périodiques électroniques pour un groupe de bibliothèques universitaires, ce n’est hélas pas non plus un sigle.

Un système d’indexation automatique, développé par le CNRS, s’appelait SYNTOL – sans H – (SYNtagmatic Organization Language). Pendant ce temps, les Britanniques développaient PRECIS (PREserved Context Indexing System). Les Américains, eux, créaient TEST (Thesaurus of Engineering and Science Test).

« Un entrepôt de métadonnées de référence ayant vocation d’optimiser le signalement des ressources électroniques afin d’en faciliter l’accès » (vous n’avez rien compris, moi non plus !) s’appelle BACON (BAse de COnnaissance Nationale). Allusion à Francis Bacon : pas l’artiste contemporain, mais le philosophe (dit humaniste) de la Renaissance, dont certains écrits ont été le point de départ du système de classification de William Torrey Harris pour les bibliothèques des États-Unis dans la seconde moitié des années 1800.

Autre base de métadonnées : ADAMANT, qui signifie : Accès et Diffusion des Archives et de Métadonnées des Archives Nationales dans le Temps. Il est regrettable que adamant veuille dire « diamant » en anglais pour désigner un outil développé par et pour les Archives Nationales… de France !

Quoi d’autre au menu ? LIBER est la LIgue des Bibliothèques Européennes de Recherche. Quant à VITAM, il s’agit de Valeurs Immatérielles Transmises aux Archives pour Mémoire : c’est une plate-forme d’archivage électronique. Toujours dans les archives, PIAF est le Portail International des Archives Francophones.

Ad vitam…

Scolaires, les crieurs chantent nos crayonnages
Solaires, les rieurs hantent nos rayonnages !

Slogan affiché devant la BU de la fac de Paris-VIII Saint-Denis.

Mais l’apogée, l’acmé, la cerise sur le gâteau est que la revue de l’Abes (Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur) s’appelle Ar(abes)ques. Génial ! Quant au blog technique de l’Abes, c’est Punktokomo. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi çà veut dire quelque chose : c’est « point-virgule » en espéranto. Les bibliothèques… l’espéranto… un Bacon proto-philologue… il y a là un pattern intéressant, comme on disait naguère dans un mouvement que j’ai bien connu. Des membres de l’Oulipo (Eco, Perec…) ont gravité autour des bibliothèques et du CNRS. Umberto Eco était de surcroît espérantiste ! Or il existe bien un OuBiPo (Ouvroir de Bibliothèque Potentielle), mais, à la différence de l’OuLiPo, il n’a aucun rapport avec les Ou-X-Po génériques issus de la Pataphysique. Cet OuBiPo frauduleux est tout simplement un blog de « réflexions sur l’évolution des données bibliographiques à l’Abes ». Mais cette appellation n’est pas gratuite et je soupçonne quelques authentiques oulipistes d’être à l’origine de l’Abes… Piste à suivre, et j’essaierai de vous en rendre compte.

« Ah non, moi c’est Obispo ! » Mais j’ai fini par apprendre que Pascal Obispo était l’anagramme de Pablo Picasso…

Koi ? Keskidi ? C’est du chinois pour vous ? Sur l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle), voir www.oulipo.net (site malheureusement peu intuitif) et https://fr.wikipedia.org/wiki/Oulipo. Cà me donne l’idée de consacrer un Dekoikonparle à la pataphysique…

Bon. Je vais me ReLIRE (REgistre des Liens Indisponibles en REédition numérique).

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J’les confonds toujours (5)

L’autre jour aux alentours de la fac de Paris VIII-Saint-Denis, j’ai vu cette affiche : « DES SISTERS, PAS DES CISTERFS ». Diable ! Si vous n’êtes pas au courant du jargon wokiste, je vous explique. TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist) est une dénomination que le Lexique Trans rédigé par le planning familial [!] définit comme « une fraction de féministes et d’individu.e.s luttant contre les droits des personnes trans au nom de la sécurité des femmes cis dans les espaces non mixtes ». Vous n’avez rien compris ? Sachez que la guerre est ouverte entre les féministes cisgenre et les trans d’apparence féminine qui préfèrent que l’on dise « personne avec un vagin » plutôt que « femme ». Je me doute qu’être trans n’est pas forcément confortable, mais on en est là, et les règlements de comptes se font par affichages interposés dans une ZAD, pardon, une fac qui est celle de tous les pires possibles, entre Hezbollah, Extinction Rebellion et Indigènes de la République.

Je ne vais pas dire : trans et féministes cisgenre, j’les confonds toujours. On a lancé des fatwa pour moins que çà !

  • BUCAREST et BUDAPEST – deux capitales européennes.

Le pont-aux-ânes de la confusion de villes, surtout pour les pays de l’est, du genre « tout çà c’est pareil »… BUCAREST (Bucuresti, en roumain) est la capitale de la Roumanie, et compte 1 883 400 habitants. Le nom provient de l’allégeance à un certain Bucur, vraisemblablement un important propriétaire de troupeaux. La ville se trouve au confluent de la Colentina et de la Dômbovita, affluents d’un affluent du Danube. Ses bâtiments baroques, néo-classiques et Art nouveau ont été mis à mal par l’architecture stalinienne du régime de Ceaucescu. BUDAPEST (1 752 300 hab), c’est autre chose : Aquincum, site celte sur le Danube, devint Buda (patronyme du nom d’un frère d’Attila) à l’ère de la dynastie Arpàd (895), capitale hongroise. Sa réunion avec Pest (cavité rocheuse, en slave), sur l’autre rive du Danube, en 1873, a donné ses nom et configuration actuels. Très belle ville (cf. Prague ou Vienne), contrairement à BUCAREST. Elle est dominée par son imposant château. Son métro date de 1896, le plus ancien après celui de Londres !

  • Bernard BUFFET (1928-1999) et Jean DUBUFFET (1901-1985) – deux peintres français.

Jean DUBUFFET, artiste autodidacte, est le premier théoricien ce ce qu’on appellera l’art brut : celui des « fous », de gens « simples » ou de marginaux. Son œuvre est composée de peintures, d’assemblages souvent qualifiés à tort de « collages ». Il a beaucoup inspiré Antoni Tàpies. Installé à Vence en 1955, il y restera jusqu’à se mort. Sa propre collection a été léguée au château de Beaulieu, à Lausanne [A noter qu’il existe également une dynastie de peintres et sculpteurs : les Dubufe (avec un seul f), depuis Claude-Marie Dubufe (1790-1864), jusqu’à Juliette Dubufe-Wehrlé (1879-1918)]. Quant à Bernard BUFFET, c’est un peintre expressionniste (personnages, figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs). Aquarelliste, c’est également un peintre de décors et un illustrateur. Il fut le compagnon de Pierre Bergé jusqu’en 1958, puis épousa la comédienne Annabel Schwob. Il se suicidera en 1999. Un musée lui est consacré au Japon.

  • Daphné BURKI (née en 1980) et Delphine BURKLI (née en 1974) – deux femmes en D.ph.ne BURK.I, mais pas en burkini !)

Delphine BURKLI est une femme politique (RPR et ses avatars, puis Horizons) formée par Pierre Lellouche, élue locale à Paris puis à le région Ile-de-France. Daphné BURKI est la fille d’Hubert Marin de Montmarin et de Catherine Maeght. Des gens comme vous et moi… Ancienne élève des Beaux-Arts, elle est animatrice et chroniqueuse à la télévision. On s’en branle complètement…

  • CABOURG et COMBOURG – deux villes en lien avec des écrivains.

CABOURG (36564 hab.) est un port du Calvados entre Caen et Deauville, au bord de la Dives. Le nom provient d’une racine cad : le combat. Henri Durand-Morimbau, homme d’affaires et avocat parisien, décide dans les années 1850 de créer une station balnéaire dans ce village de pêcheurs. Mais sa montée en puissance date des années 1920. Ce fut aussi la ville de villégiature de Marcel Proust, qui aimait résider dans « son » Grand-Hôtel. Quant à COMBOURG (6082 hab., label « Petite cité de caractère »), c’est en Ille-et-Vilaine. On ne connaît pas l’origine du nom. Au haut Moyen-âge, la seigneurie de Combourg fut créée par l’archevêque de Dol d’où l’existence du château. L’armateur malouin René-Auguste de Châteaubriand acquit le comté de COMBOURG et s’y installa en 1777. Son fils, le fameux François-René, l’écrivain, y passa douze ans de sa jeunesse. « L’ensemble du château, fièrement assis sur le rocher, — avec son étang et ses bois, l’église et les maisons de la petite ville qui l’entourent, la vallée qui s’ouvre devant lui et le vaste horizon de landes qui la termine, présente un caractère de grandeur mélancolique qui n’est point sans charmes ». J’ai eu personnellement l’impression que ce château massif en pierre brune écrase le village et le plonge dans l’ombre…

  • John CAGE (1912-1992) et Nick CAGE (né en 1964) – deux touche-à-tout artistiques.

John CAGE est un « compositeur », « poète » et « plasticien » américain. Il étudie la composition auprès d’Arnold Schönberg, mais veut la déconstruire en remplaçant la notion de cadence par celle de temps. Il commence à remettre en question la position occidentale de l’artiste, s’initie à la spiritualité hindoue, introduit le hasard dans la composition et expérimente la fusion des arts (danse, musique, architecture, peinture, etc.). Il rencontre le danseur et chorégraphe Merce Cunningham, qui deviendra son compagnon. Que dire de ses oeuvres ? Ce sont plutôt des performances, et dans le genre, il y en a de meilleures… Esprit potache ou véritable « daube » ? Je penche pour la réponse B, Jean-Pierre. Quant à Nicolas (Nick) CAGE, de son vrai nom Coppola (Francis Ford est son grand-cousin), il provient d’une famille d’italo-américains acteurs, chanteurs, danseurs, etc. Acteur, réalisateur et producteur, lui-même, il a joué dans des centaines de films.

A suivre…

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En l’an 2000… (2/2)

Dans le première rubrique En l’an 2000… (https://champouin.blog/2022/07/01/en-lan-2000-1/), j’avais évoqué les machines à apprendre. J’aurais pu parler des théories de Burrhus F. Skinner (1904-1990). Ce dernier, chantre du béhaviorisme, voyait l’apprentissage à l’aune des expériences cognitives… sur les rats. Son obsession était de « contrôler le comportement humain ». Pour cela, « il n’est pas excessif de comparer la machine à un précepteur privé » en « utilisant ce feed-back immédiat non seulement pour modeler efficacement son comportement [à l’élève], mais pour le maintenir en vigueur, d’une manière que le profane traduirait en disant que l’on tient l’intérêt de l’élève en éveil ».

Aujourd’hui, le site de l’Enseignement informatique et public (EPI) présente des logiciels éducatifs répondant à ce cahier des charges ! Inquiétant…

[Source : Groupe éducation de Solidarité & Progrès, Face à la dislocation de notre société, Emanciper l’esprit humain, brochure, septembre 2016]

Voici la suite de ce qu’on pensait se réaliser « en l’an 2000 » :

  • « On s’habillera unisex » .

C’est à la fois vrai et faux. De nos jours, hommes comme femmes s’habillent en jean/ T-shirt, uniforme globalisé que tout le monde porte parce que les autres en portent.* On s’habille aussi en uni-âge, les femmes voulant ressembler à leur fille, et les hommes à leur fils (barbe de trois jours, T-shirt à message, machins aux pieds en plastique siglés Nike et trottinette – comme pour enfant de quatre ans…). Notons qu’il s’agit d’un unisexe… genré, car la mode (surtout le streetwear) impose le look Barbie pour les unes et bad boy pour les autres ! En tous cas, il ne s’agit pas de l’unisexe des séries SF des années 70 avec les combinaisons Courrèges. Il ne s’agit pas non plus de vêtements interchangeables, les deux sexes n’ayant pas les mêmes morphologies…

*L’auteur de ces lignes, qui déteste le mainstream et la dictature de la majorité, n’en porte pas.

  • « On fera ses courses en restant chez soi ».

On y est, malheureusement ! Le Corbusier avait imaginé qu’on commanderait par téléphone et qu’un système de tapis roulant nous délivrerait les courses. C’était compter sans l’internet, et sans l’intervention des nouveaux esclaves amazoniens ou ubériens, comportement aggravé par la crise sanitaire. Du temps de la préhistoire des courses à domicile, une fois que mamie avait fait son choix grâce au catalogue Maximo ou Thiriet, le camion passait livrer le surlendemain. Aujourd’hui, un opérateur comme getir livre « en moins de 10 mn ». Envie d’un paquet de chips à trois heures du matin, comme un gros bébé ? Un migrant sans papiers risque sa vie dans la circulation pour satisfaire votre caprice…

  • « La pilule en vente dans les Monoprix » (Antoine).

« La pilule en vente
dans les Monoprix. »

Antoine

Sacré Antoine ! Heureusement, les pilules contraceptives ne sont pas des bonbons, sont délivrées sur prescription médicale et en vente dans les pharmacies (qui en l’an 2000 seront des drugstores, c’est bien connu !). Malgré cela, il y a eu de gros dégâts avec la pilule de première voire de deuxième génération, notamment des cancers. Par définition, la pilule contraceptive est un perturbateur endocrinien et n’est pas anodine. Ces derniers, qui peuvent être aussi des additifs alimentaires ou cosmétiques, se retrouvent via les urines dans l’environnement et l’eau du robinet, et joueraient un rôle dans la baisse de la fertilité masculine…

Antoine et les Problèmes, Les élucubrations, 1966. – « Les Problèmes » ! Une appellation punk avant l’heure !

  • « On aura éradiqué les épidémies ».

Oui, tu l’as dit, bouffi ! Avec le HIV, Ebola, le SRAS, la COVID et la variole du singe, sans compter la bonne vieille grippe qui est toujours là ! En vérité, des milliers de types d’agents pathogènes « dorment » dans la biosphère. Ensuite, nos comportements (mondialisation, déforestation, élevage intensif…) nous mettent en contact avec le vivant et déclenchent des zoonoses. Dans les années cinquante, on avait la solution : antibiotiques et vaccins à gogo. Mais on l’a vu : l’excès et l’abus d’antibiotiques atténuent leur effet, et le vaccin* préventif ou curatif n’est pas adapté à toutes sortes d’agents pathogènes, lesquels trouvent souvent la parade en mutant. Heureusement, il y a maintenant les » vaccins 2.0″ à ARN messager. C’est une technique, il y en aura d’autres.

*Faut-il rappeler que le principe de la vaccination n’est pas néfaste, bien au contraire !

  • « On aura des montres-téléphones sur lequel apparaît le visage du correspondant ».

Comme dans la série Cosmos 1999 ! En réalité, ce n’est pas la montre qui fait téléphone, mais l’inverse. Le smartphone (quel vilain mot !) est un terminal informatique à tout faire, muni d’un clavier. Ce dernier, même virtuel, est une contrainte qui empêche de miniaturiser plus l’engin : ce qui fait que les montres connectées existent mais en mode passif (consultation de SMS et de notifications). Quant à la tronche de l’autre sur l’écran, çà existe : c’est Skype. Mais le but des smartphones, c’est le nomadisme, autre contrainte pour les appels en visio.

  • « On pourra remplacer toutes les parties du corps ».

C’est en cours. On a aujourd’hui les prothèses osseuses, articulaires, dentaires, optiques, auditives. Egalement les greffes de sang, peau, cornée, mains, visage, foie, rein, foie, poumon, coeur, utérus… Mais pour le reste, cela demandera énormément de recherches pré-cliniques et cliniques, d’autant que les problèmes dus aux rejets n’arrivent toujours pas à être à 100% résolus. Cela se fera donc graduellement sur un siècle ou plus. Seule exception : le cerveau. Le cerveau endommagé dopé par des circuits électroniques, ou bien carrément remplacé par un autre encéphale téléchargé grâce à une clé USB… Désolé, Elon, mais non seulement il faudrait des siècles pour y parvenir techniquement, mais de plus, modéliser numériquement des sentiments et des ressentis est impossible.

  • « On prendra la pilule du bonheur« .

Décidément, les pilules… Des expériences ont été réalisées notamment dans les années cinquante avec le LSD et autres substances…, plus ou moins annoncées par l’agent de renseignement Aldous Huxley dans Le meilleur des Mondes (le soma), et développées par l’Institut Tavistock de Londres et le projet MK Ultra autour de Timothy Leary. Des avatars de ces substances s’appellent LSD, amphés, crack… On l’aura compris, la pilule ou seringue du « bonheur » n’est que celle du plaisir très immédiat… et un moyen de contrôle des populations ! D’autre part, il y a des millions de gens sur terre qui se nourrissent d’antidépresseurs (les Français en tête !). Sont-ils heureux pour autant ?

  • « On fera ses courses au drugstore ».

En réalité, aucun français n’est fichu de savoir exactement ce qu’est un drugstore. Concept étasunien et canadien (avec quelques différences entre ces deux pays), ou japonais (les konbini),le drugstore est avant tout une supérette ouverte jusqu’à minuit, ce qui n’a rien d’extraordinaire. On y vend de surcroît des cigarettes (le bureau de tabac est une exception française), des journaux, de la papeterie courante et de la parapharmacie (ce qui est délivré ou non sur ordonnance diffère des deux côtés de l’Atlantique). C’est ce dernier point – « acheter des médicaments chez l’épicier » – qui a créé chez les Européens le fantasme du drugstore. Et puis, « çà fait américain ». A tel point qu’en 1958, Marcel Bleustein-Blanchet (Publicis) avait lancé à Paris les « Drugstores » Champs-Elysées puis Matignon et St-Germain. Cosmétiques, journaux, gadgets et restaurant, bien loin des réalités américaines. Il n’en reste plus qu’un seul, en haut des Champs-Elysées, devenu un lieu de luxe pour touristes fortunés. La France de l’an 2000 est donc loin de faire ses courses au drugstore.

  • « On fabriquera des bébés en laboratoire ».

A vrai dire, depuis des années, on est en train d’explorer des modes de conception atypiques (insémination artificielle, fécondation in vitro, grossesse pour autrui) mais les bébés sortent encore de « l’origine du monde ». Pour les faire « en laboratoire », il faudrait créer un utérus artificiel extra-corporel, ce qui pourrait être possible dans plusieurs décennies. Mais pas d’eugénisme ! Il faut réserver ces pratiques pour une impossibilité de procréer naturellement.

L’Origine du Monde ?

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Parlez dans l’Hygiaphone !

Spécial 1er mai !

Pourrissement ?

J’ai retrouvé cette petite pépite de 1985. Il s’agit de l’un des poèmes les plus connus de Joby Bernabé, poète martiniquais né en 1945 :

Joby Bernabé, La logique du pourrissement, 1985.

Mort de Harry Belafonte : un partisan de première heure du Mouvement des droits civiques de Martin Luther King, et un militant pour la paix. Kennedy le nomma comme consultant dans les Peace Corps, dont les volontaires travaillaient de concert avec des gouvernements, des écoles, et des entrepreneurs sur des sujets comme l’éducation, la santé, l’agriculture dans les pays en développement. Un autre artiste fut plus engagé encore : Paul Robeson (1898-1976), authentique militant communiste, et tête de turc du maccarthysme.

On peut penser ce qu’on veut de la fonction publique (FP) : inertie, corporatisme syndical, agents planqués, manque de motivation derrière le guichet, déconnexion du monde économique, népotisme… Ce sont souvent des réalités qui ne doivent plus être. Mais ces constats sont utilisés par les élites euro-libérales pour dégraisser le « mammouth » public et le mettre au pas du secteur privé, sans se soucier de la raison pour laquelle une FP existe. Je n’ai qu’une insulte à leur adresse : « comptables ! » Et au guichet, vous êtes priés de parler dans l’Hygiaphone !

Les élites ont donc mis la FP à l’aune du privé via des critères de management, un mot même pas français. Oh, pardon nous sommes une start-up nation ! Voici donc un florilège de novlangue orwellienne due à cette nouvelle orientation, cette nouvelle politique, euh… gouvernance, qui déterminera l’efficacité… euh, l’efficience de la FP .

[Sur le management, lire : Johann Chapoutot, Libres d’obéir – Le management, du nazisme à aujourd’hui, nrf essais, Gallimard, 2020 : tout sur les inventeurs du management moderne, Herbert Backe ou Reinhard Höhn, des « rationalisateurs de la performance » du IIIème Reich, reconvertis après-guerre en gourous du management… – Dans un autre registre : Jean-Bill Duval, Karim Duval, Petit précis de culture bullshit, Le Robert, 2023.]

Il n’y a plus donc d’administrations, de services, d’établissements ni de prestataires*. Il n’y a plus que des opérateurs, voire des acteurs ! Hollywood devant la machine à café ! Ces opérateurs, dont on détermine le périmètre, sont sous la tutelle d’autres opérateurs… ou plutôt ils ont ces derniers comme niveau de portage.

*On a introduit des prestataires, puisqu’on a désormais dénié aux fonctionnaires le droit de planter un simple clou…

Le niveau de portage du sac de la vieille dame…

Les fonctionnaires sont groupés par corps de métiers, c’est-à-dire par corps (tout court). Bon, il y a mieux que « corps », lesquels devraient d’ailleurs être redéfinis et actualisés, mais on emploie aujourd’hui le néologisme filière métiers, anglicisme tête-à-claque qui consiste à juxtaposer deux substantifs sans préposition entre les deux. Le personnel est remplacé par les personnels, autre anglicisme, et la direction du personnel remplacée par la direction RH, laquelle s’appelle ainsi car l’humain n’est plus pris en cause. Les postes déterminent les effectifs… mais çà, c’était avant. Depuis la LOLF, nouvelle comptabilité publique depuis 2001*, on compte les agents en EPTP (équivalents temps plein travaillés). L’inhumain, encore…

*Cette nouvelle comptabilité alloue désormais les « enveloppes » en fonction d’objectifs, ce qui est une bonne chose. Mais ceux-ci ne sont pas qualitatifs : ce sont des objectifs de performance

Comment tout cela marche ? Grâce aux moyens humains (?), financiers et juridiques alloués aux opérateurs de la FP. Pardon : grâce à la boîte à outils. Exemple : la boîte à outils RH. Et ce qu’on appelait autrefois « services généraux », s’appelle maintenant fonctions « transversales », par opposition aux fonctions « sectorielles ». Toutefois, on emploie là encore cet anglicisme de fonctions support ! A propos de moyens juridiques, on ne parle plus d’application d’un texte du général au particulier, mais de déclinaison ou de transcription.

Alors on ne dirige plus, mais on pilote. On ne décide plus mais on rend des arbitrages. Et ensuite on finalise, et on attend que ce soit décidé, pardon, acté. Si les choses changent, on ne parlera plus d’hypothèses (d’évolution, de décision) mais de scénarios (Hollywood, encore !) qu’il faudra valider.

On ne dirige plus mais on pilote.

Donc les fonctionnaires fonctionnent, et leur travail est cadré par des notes et des mémos, maintenant des modes opératoires et des consignes opérationnelles, qu’il faudra incrémenter (moi, je les excrémente !)… Celles-ci décriront les modalités des missions qui impacteront le service. Lesquelles missions, de plus en plus, ont été façonnées par des consultants issus de « cabinets de conseil » (Mc Kinsey, Deloitte, KPMG, etc) et dont le but est « d’enjamber » les fonctionnaires.

Voilà l’idéologie des nouveaux n+1, n+2, n+3, etc. Oui : les brasseurs de vent qui « bullshitent » beaucoup, ceux-là même qui ont voté Macron, et qui aujourd’hui, tandis que leurs subordonnés de catégorie C viennent au travail en RER et métro, se la pètent en arrivant le matin avec leur vélo électrique, et se gargarisent de mots tels que « développement durable » et « diversité », tandis que 1. leurs batteries de vélo exploitent les Congolais dans les mines de cobalt et que 2. leur « diversité » exclut les banlieusards et les agents de plus de 60 ans.

Sans faire du Bourdieu à deux balles, je pense qu’il y a des coups de pied au niveau du cul qui se perdent.

Curieusement, les agents ne sont pas encore des collaborateurs, comme dans le privé. En tout cas, les fossoyeurs de la fonction publique, ainsi que la nouvelle génération de chefs de service technocrates carriéristes, collaborent bien, eux !

Il fut une époque où on en a fusillé pour moins que çà.

Une réponse à « Parlez dans l’Hygiaphone ! »

  1. Avatar de rions mes frères.
    rions mes frères.

    Dans le même ordre de « bullshitting  » il y a le film « les 2 Alfred » avec les excellents frères Podalydès, où il est question d’un poste de « consulting process » à pourvoir dans une start up. Va comprendre !

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L’oeil de Paris (3)

Rue de l’Abbé-de-l’Epée

Place de l’Abbé-Georges-Hénocque

Dernière minute (15 avril) : Macron devait promulguer la loi retraites « dans les jours qui suivent », puis « dans les 48 heures ». Il l’a fait le jour même… Cela s’appelle une déclaration de guerre contre le peuple.

Dans le numéro 21 (mars 2023) de la revue scientifique epsiloon, une offensive (tout un dossier !) pour valoriser les jeux vidéo. Dès l’apparition de ces derniers, leurs détracteurs furent considérés comme d’horribles réactionnaires, tout comme ceux qui critiquaient le faillite de « l’école républicaine ». Puis l’opinion changea, sur la base des dégâts causés par les écrans, de l’agressivité, du manque de concentration, etc. Et là, abracadabra et patatras : de « nouvelles études » sortent d’un chapeau pour promouvoir l’absence de risques, voire les bienfaits de cette pratique « culturelle ». Cà ne vous rappelle rien ? A propos d’autres choses tout aussi addictives ? Bingo : le tabac et le sucre ! Le tabac, dont le lien avec les cancers n’était « pas prouvé »… Le sucre, faux problème car le vrai, c’était « le gras »… Il y a fort à parier qu’encore une fois, les lobbies sont à l’oeuvre, dégainant des études dont les auteurs ont été achetés !

Aujourd’hui la rue de l’Abbé-de-l’Epée (commençant rue Gay-Lussac, 48 et finissant rue Henri-Barbusse, 1), à ne pas confondre avec la rue de l’Epée-de-Bois, non loin de là. Cet abbé (1712-1789) fut l’inventeur de la langue des signes et fondateur de l’institut des jeunes sourds.

Ce mur, parcourant la quasi-totalité de la rue, abrite l’Institut des Jeunes sourds dont l’entrée est rue Saint-Jacques.

Ode aux sourds-muets !

Contrairement à ce qu’on croit, le PC du Colonel Fabien n’était pas sous l’actuelle place du même nom !

Un air d’Italie…

Une vieille maison d’édition qui n’est pas dans le 6ème arrondissement (mais pas loin !).

Cà fait hôtel de bord de mer !

Maintenant la place de l’Abbé-Georges-Hénocque, commençant rue des Peupliers, 30 et finissant rue de la Colonie, 81. Hénocque (1870-1953) fut aumônier et résistant.

Nota : je ne documenterai que les « vraies » places. Beaucoup de « places » ne sont en réalité que des carrefours, et aucune adresse n’y correspond.

Il ne manque plus que les bow-windows, et nous sommes à Londres.

Ah, les chemins de fer, c’était une institution ! Ce bâtiment abrite encore la Mutuelle Générale des Cheminots.

Bien que square veut dire carré, il y a un square (rond) au milieu de cette place circulaire.

A suivre…

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Les produits alimentaires auxquels vous avez échappé

Connaissez-vous Francky Vincent ? Vous ne ratez rien… Ce « chanteur » guadeloupéen, connu des amateurs de zouks et de discothèques, auteur et interprète de titres poétiques comme Tu veux mon zizi, Tu pues du cul ou Alice ça glisse, a été nommé le 5 décembre chevalier des Arts et des Lettres, à l’occasion d’une de ces rafles décorationnelles donc seule la France a le secret… Ce n’est pas un poisson d’avril : cette distinction, décidée par Rima Abdul-Malak, ministre de la (Cul)ture, par arrêté du 17 novembre 2022, a été attribuée sur proposition de la chef cuisinière guadeloupéenne et conseillère de Paris (LR) Babette de Rozières… La réalité rejoint l’affliction ! Et ce n’est pas tout : Vincent, qui vit dans un château dans l’Aisne et qui a eu des démêlés avec le fisc (c’est bien d’avoir des soutiens LR…) est un admirateur de Dieudonné ! « Je vous annonce que dans deux ans, je vais fêter mes 50 ans de carrière et je recevrai la Légion d’honneur » a-t-il déclaré sans rire. En plus il est modeste !

Guerre ouverte de l’Occident libéral contre la Russie et la Chine, guerre civile potentielle aux Etats-Unis, au Brésil et en Israël, banques qui s’effondrent comme des dominos, article 49-3 introduit en France sans vaseline : tout va très bien, Madame la Marquise, puisqu’il y a Franky Vincent, les séries Netflix, le dernier i-Phone, le foot et bientôt les JO… On eut voulu que cela ne fut pas un poisson d’avril.

L’orchestre de Ray Ventura (paroles de Paul Misrahi), Tout va très bien, Madame la marquise, 1935.

J’appartiens à la génération qui a été flouée par le Géant Vert.

Je m’explique. Au début des années 70 (j’étais au collège), sont arrivées les premières conserves de maïs, sous des marques bien « d’cheux nous ». Puis vinrent les boîtes sur lesquelles était écrit : Géant Vert. Chouette ! Il n’y a que les Américains pour faire du maïs géant. Et vert, de surcroît ! J’ouvris la boîte. Damned ! Il était petit et jaune…

Géant Vert n’était que la marque, déclinaison française de Green Giant !

Autre traumatisme générationnel : les petits pois, lors du « fameux » voyage en Angleterre (on a tous fait ce « fameux » voyage en Angleterre), qui nous paraissaient gros, insipides et verts fluo. C’est que nous, Français, ne connaissions pas encore les surgelés ou si peu, et n’étions familiers qu’avec les petits pois en boîte dont taille, couleur et goût étaient différents…

Marque qui nous « enduit » en erreur, histoires de pois… Je n’ose imaginer le traumatisme auquel nous avons échappé. Et si Cassegrain faisait vraiment des pois cassés ? Mais, paradoxe, le paquet* ci-dessous n’existe pas !

*La gueule du paquet (infographié à la va-vite par mes soins) : pas génial !

Autre paquet de produit alimentaire, hommage à Marcel Duchamp :

Et pendant qu’on y est :

Bonus :

Hue, t’es russe ?

-Dernière minute-

L’image de la une de 20 minutes du 22 mars :

Vous avez bien vu (entouré en rouge sur la photo par mes soins) : l’emblème de Pravy Sektor (image complète ci-dessous), le mouvement néonazi ukrainien qui a malheureusement repris du poil de la bête grâce à la « révolution de couleur » Maidan mise en place par les anglo-américains en 2014 !

Il est de bon ton de dire que Pravy Sektor, le bataillon Azov et les adorateurs du collabo ukrainien Stepan Bandera ont une influence confidentielle, n’existent plus, ou sont une invention des complotistes ou des Russes ! Or cette fois, la vérité s’invite et se révèle involontairement en première page ! Sans le vouloir, les médias montrent ce qu’ils ne voulaient pas montrer. Intéressant, non ?

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Je me souviens… (3)

En novembre dernier, Giraudy, grand nom de l’affichage publicitaire des années 60 à 84, rebaptisé et racheté par des « investisseurs », était de retour sous son nom originel. On se souvient de Myriam, la jeune fille qui posait seins nus en 1981, avec la légende « Demain, j’enlève le bas ». Wouaaah ! Tous ceux de ma génération en avaient la langue pendante… Déception : elle avait bien enlevé le bas, mais de dos… Giraudy est revenu ces derniers temps avec une affiche analogue, mais de seins nus, il n’en est plus question. En tous cas, cette anecdote appartient bien à la liste des Je me souviens, dont votre serviteur avait déjà consacré deux billets.

J’aurais pu évoquer d’autres slogans, officiels ou bien commerciaux : « Au volant, la vue c’est la vie », « Mettez un tigre dans votre moteur* » ou le fameux « Maman, maman, je n’ai rien aux dents ».

*On remarquera que huit entrées de la liste concernent l’automobile, un des domaines qui ont le plus évolué en deux générations.

Il reste donc à me souvenir :

Des pompistes.

De l’Hovercraft.

Des bègues, des bossus et des nains.

Des survêtements vert foncé ou grenat.

Du Yabon.

Des familles nombreuses.

De la tirette de starter.

Des filets à provisions.

Des gens qui étaient vieux à soixante ans.

Du « tac-a-tac ».

Du Parti communiste [le vrai !].

Des chaisières dans les parcs et jardins.

Des monuments noirs car non ravalés.

Du stationnement en épi.

Des crèmeries (« beurre, oeufs, fromage ») qui puaient.

Des cantines on en était servi.

Des bouteilles d’eau minérale en verre.

Des landaus.

Des troupeaux de vaches sur les départementales.

Des phares additionnels Cibié ou Marchal.

Des fameux vert et orange des années 70.

Des teckels avec leur petit manteau écossais.

Des flippers.

Des pare-chocs chromés.

Des cabines téléphoniques à la Poste.

Des ambulances DS break.

Des fiches-cuisine de Françoise Bernard, dans Elle.

De Ménie Grégoire.

Des cassates et des tranches napolitaines, comme dessert au restaurant.

Des boutiques de « photo-ciné-son ».

Des « manèges » à tampons dans les bureaux.

Des strapontins au milieu, dans les cars.

Des grands-magasins Inno.

De l’Aspro.

De la petite « queue » antistatique à l’arrière des voitures.

Du courant à 110 volts.

Des mouchoirs en tissu.

Des circuits 24® [marque finalement déposée en… 2020].

Des bâtards dans les boulangeries.

De l’intitulé « location de voitures sans chauffeur ».

De la distribution des prix.

Des opticiens qui vendaient appareils photo et télescopes.

De la mire de la télé.

Des motocrottes.

Des plaques d’immatriculation noires.

Des poubelles en métal.

Je me souviens du général de Gaulle.

Je me souviens de Gilbert Bécaud.

Gilbert Bécaud (musique), Pierre Delanoé (paroles), Tu le regretteras, 1965.