Je me souviens… (2)

En 1984, avant d’accomplir mon Service National (je me souviens du Service National…), mon père me fit envoyer un courrier que les autorités militaires n’ont jamais reçu. Nous eûmes plus tard l’explication d’une jeune adjudante : « Votre courrier n’était pas affranchi ». Mon père : « Mais la franchise militaire… » Elle : « ?… ». Il lui explique. « Je ne savais même pas que çà existait… » Et pour cause, çà faisait des années que c’était supprimé ! Info pour les non-boomers : tout courrier envoyé à l’Etat (au sens large : la sécu, EDF, les CCP, son député…) était libre d’affranchissement. On indiquait sur l’enveloppe FP (franchise postale). Pour l’Armée, c’était FM (franchise militaire)… Les gouvernements radins euro-libéraux obsédés par la dette ont mis fin à cette pratique, qui n’est encore en vigueur que pour écrire au Président de la République ou au Père Noël [!]. Insultez donc Macron, c’est gratuit !

Je me souviens, donc,

De la franchise postale.

De Madame Soleil (que je confondais avec Ménie Grégoire).

Des passerelles pour accéder à l’avion.

Des pastilles Pulmoll.

Ce produit inefficace, comme tous ceux contre la toux, fut la vache à lait des pharmaciens !

De l’école non-mixte.

Des portières « suicide » des 2 CV, 4 CV et des camionnettes TUB.

De la queue à la Sécurité sociale.

Des vieux Arabes avec une petite moustache.

Du bulletin météo d’Albert Simon.

« Défense de fumer, de cracher
et de parler au machiniste ».

Des nécessaires de toilette.

Des Vélosolex.

Des Nouvelles Galeries.

Des autobus à plate forme.

Des WC au fond de la cour.

De la bouillie Aliment Picot.

Des cartes perforées.

Des buffets de gare.

Des conserves Olida [Olida on ice ?]

Des vieux garçons de café pleins de tics.

Des becs-de-lièvre.

Des freins à tambours.

Des halls de banque à verrière art déco.

Du magazine Noir & Blanc.

Des haricots verts en boîte dans les restaurants.

Des essuie-glaces chromés.

Du Mistral (un train TEE).

Au moins, on voyageait. Aujourd’hui on prend le TGV comme le métro…

Des bigoudis.

Des bébés portant des bonnets.

Des travaux du périphérique.

Des inscriptions « Lavage – Graissage – Vidange » des stations-services.

Des rames Sprague (vertes et rouges) du métro.

Des gardiens de musée en uniforme.

Emile Guimet et les gardiens de son musée à Paris vers 1914.

Des têtes de veau avec du persil dans les oreilles, aux vitrines des bouchers.

Des billes.

De la collection « poche » : Pif, Pifou, Gai-Luron, Arthur.

Des cols pelle-à-tarte et des pantalons patte-d’éléphant.

Des trains de banlieue sentant la ferraille.

Des yaourts à l’unité.

De l’affichage électoral sauvage.

Des petites voitures Norev.

Petit coquin !

Des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier.

De la cuisinière, chez mes grands-parents, marchant au charbon et bois, seul chauffage de la maison.

Des grands caniches.

Des catalogues (papier) de jouets, véritables livres.

A suivre…

Xi Jinping : 1, Thatcher : 0

C’est fou comme la réalité amène les bonnes questions. Il y a une semaine, lors d’un dîner avec des amis, l’un d’entre eux, quelqu’un d’avisé de surcroît, me dit : « Mais la faillite d’Evergrande, elle risque de provoquer un krach en Chine… ». Or, j’avais rédigé le billet suivant le 9 octobre…

De Zemmour à Jadot, tous libéraux ! Jadot se dit « ni de droite, ni de gauche » mais se dit favorable à « la libre entreprise et l’économie de marché ». Edouard Philippe se réclame en off de Thatcher, et Pécresse dit vouloir être « 2/3 Thatcher, 1/3 Merkel ». Maîtresse Pécresse en dominatrice SM ! Bref, gaullistes partout, gaulliens nulle part !

« You’re already dead crass » chantaient les punks (anglais, les vrais !) à propos du « tas de chair » !

Alors permettez-moi de vous parler de l’économiste italien Michele Geraci, expert de la Chine (https://michelegeraci.com/, site en anglais et en italien), lui-même cité dans le n° 40 de la lettre mensuelle EIR Strategic Alert.

Michele Geraci

On dit toujours : « le jour où la Chine subira un krach financier, ce sera la fin des haricots ». Faux ! Car la Chine possède tous les moyens macro-économiques interdits en Europe pour éviter les crises systémiques ! Je cite Geraci :

  1. Elle émet sa propre monnaie.
  2. Elle décide de la courbe des taux d’intérêt autour d’une table.
  3. Elle n’a aucune limite au déficit.
  4. Elle décide du taux de change autour d’une table.
  5. Elle contrôle le compte courant à travers des politiques commerciales indépendantes.
  6. Elle contrôle les entrées et sorties de capitaux.
  7. Elle n’a pas de monnaie internationale, et n’est donc pas à la merci de Wall Street.
  8. Et enfin, la clé de tout : elle n’a pas de grosse dette extérieure.

Elle a donc tous les leviers qui nous sont refusés ! [Fin de citation]

Bien évidemment, Macron-caniche finit toujours, même après une affaire de sous-marins, par pleurer dans le giron de l’OTAN pour aider celle-ci à aller casser la gueule à ces salauds de Chinois.

Avertissement : certains « souverainistes » frelatés refusent de sortir de l’UE, de la BCE et de l’OTAN.

« Caramba, j’étais pourtant persuadé que ce Z… était souverainiste… »

Laisser un commentaire

Exercices de « stiche » (2)

A quand Johnny Halliday et Bernard Tapie au Panthéon ? Mais que fait donc Brigitte Macron, la « conseillère culture » du Président ? Quel sera le prochain à bénéficier d’officieuses obsèques nationales ? Un footballeur ? Un rappeur ?

L’hommage à « Bébel » m’a aussi quelque peu agacé. Le Belmondo des débuts (Pierrot le fou, L’homme de Rio…) était formidable, mais le Bébel des années 70 (Le Magnifique, Le Voyou…), celui des cascades, s’était clownisé comme le dit Etienne Ruhaud dans son blog Page Paysage.

L’Exercice de « stiche » n°1 n’était pas terrible. C’est vrai : ce n’était qu’une entrée en matière (quelle vilaine expression ! Enfin, chacun sa spécialité…) Pour le coup, il ne s’agissait pas de pastiche mais plutôt de parodie, et il n’était pas sûr que Chevallier & Laspalès soient le meilleur support pour l’exercice. Par contre, je les imite bien, mais je n’ai pas trouvé de solution technique pour un bon son. Il faudrait que j’achète un micro.

Rappel : quand je dis exercice de « stiche », dekoikonparle ? Il s’agit de pasticher un auteur, mais avec la trame de Récit, le texte étalon d’Exercices de style de Raymond Queneau (Folio, Gallimard).

« Enlevez l’enfant aux cornichons ! »

Jules Vallès

Jules Vallès, donc (tiens, encore quelqu’un en -lès). Et plus précisément L’Enfant (Folio+ collège, Gallimard). L’autobus est ici un coche d’eau, allusion aux nombreuses pérégrinations de la famille Vingtras et du jeune Jacques, trimbalé de pension en pension. Pas de parc Monceau mais une escale en un imaginaire Monceau-sur-Loire. D’autre part, le narrateur est directement l’auteur de la bousculade. Evidemment, l’épisode du manteau « à la polonaise, Jacques ! » (« Enlevez l’enfant aux cornichons ! ») était tout trouvé pour la chute imaginée par Queneau : l’ami qui conseille, au narrateur encore une fois, de « diminuer l’échancrure de [son] pardessus en en faisant remonter le bouton supérieur ».

Coche d’eau sur la Loire

Quant au style, il est haché, concis. On ne s’attarde pas. Presque un paragraphe par phrase. Et le tout au présent de narration.

Je dois rejoindre mes parents, à Nantes, après cette morne année d'études et le peu de considération qu'a eu pour moi le propriétaire de la pension Ragnagnat. Je suis heureux. Adieu, Saint-Etienne !

Nous faisons escale à Monceau-sur-Loire. A l'arrière du coche qui descend le fleuve, le batelier arbore un cou fort long. Il porte un de ces chapeaux à galon tressé au lieu de ruban. Ah, ce couvre-chef ! Ma mère aurait pu m'en affubler !

Je décide, à force d'ennui, de marcher sur les pieds des voyageurs qui tentent de monter ou bien de descendre sur la passerelle.

Ce moment de liberté totale, sans mes parents ni le père Ragnagnat, est le seul instant de bonheur de la journée. Un bourgeois se met à se plaindre, mais il n'insiste pas. "Cà lui passera, au gamin", l'entends-je dire.


Je jubile.

Trois heures plus tard, je débarque en ville. En passant devant la gare :

"Vingtras !

- Fougères !"

Fougères, un "grand" que j'avais connu au Puy, est maintenant préfet d'études dans un collège de Nantes.

"Jacques, mon pauvre ami, je parie que ta mère t'a imposé cette redingote ridicule. Au moins le mieux pour toi est d'en diminuer l'échancrure en en faisant remonter ce cornichon qui te sert de bouton. Je connais un bon tailleur qui peut t'arranger çà."

Laisser un commentaire

Métro loufoque – M 7

Quand j’étais petit (oui, marcjoly a été petit), nous avons habité Aubervilliers pendant deux ans, le boulevard Félix Faure n’était pas l’horrible no man’s land à casses auto et kébabs qu’il est aujourd’hui, mais un charmant… boulevard, justement, c’est à-dire planté d’arbres. 

Nous étions au 90 (la petite maison à côté de l’actuel Peinturama). Pour prendre le métro, ma maman et moi, il fallait descendre le boulevard sur 750 m, traverser, en marchant sur des planches et les flaques d’eau, le chantier de construction du Périphérique, puis faire encore 200 m pour atteindre le terminus d’alors : Porte de la Villette. Une véritable expédition. Et je confirme les distances, Google Earth à l’appui.

Ce fut un de mes premiers souvenirs (j’avais quatre ans), mais j’ignore où nous allions ensuite. Je crois deviner que nous descendions à Palais-Royal ou Pont-Neuf pour aller à la bibliothèque de St-Germain-l’Auxerrois.

Voilà ce qui pour moi évoque la ligne 7…

Les temps ont bien changés, et depuis, cette ligne a connu le parrainage de Léo Lagrange, de Paul-Vaillant Couturier, de Louis Aragon et du Kremlin (-Bicêtre, toutefois), même si, en 2021, tout cela est passé de mode.

Pour ceux qui ne comprendraient pas la suite, je les renvoie aux autres Métros loufoques de ce blog.

Aujourd’hui, je ne vais pas me fouler, il s’agira d’écrire un texte avec les noms loufoques des stations dans l’ordre. Toutefois, la ligne se termine au sud par une fourche : il y aura deux fins possibles.

M 7 : OUI, MES NEUFS CENT CAROTTES SAINES – OUI, L’ESTRAGON/MERDE, Y DIT VRAI* **

*Un texte à lui tout seul ?

** Pas compris. [Mme Rand (Berthe), Blois-sur-Charente]

  • La Courneuve – 8 mai 1945 > Oui, mes neufs cent carottes saines
  • Fort d’Aubervilliers > Fort des Halles
  • Aubervilliers-Pantin – Quatre Chemins > Parchemin
  • Porte de la Villette > Ce porc de Lavilliers
  • Corentin Cariou > Encore un caillou
  • Crimée > Crime
  • Riquet > Biquet
  • Stalingrad > Plantigrade
  • Louis Blanc > Ruy Blas
  • Château-Landon > Moët-et-Chandon
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Poissonnière > Prisonnière
  • Cadet > Prout-prout cadet
« A dada prout-prout cadet, à cheval sur mon bidet… »
  • Le Peletier > Biscottes Pelletier (Je me souviens des biscottes Pelletier…)
  • Chaussée d’Antin – La Fayette > Yvan Dautin (comédien-chanteur des années 70)
  • Opéra > Apéro
  • Pyramides > Polyamide
  • Palais-Royal – Musée du Louvre > Museau des lèvres
  • Pont-Neuf > Bon oeuf
  • Châtelet > Chatterley (Cf. M1 et M4)
  • Pont-Marie > Mon mari
  • Sully-Morland > Su’l’lit, mon grand !
  • Jussieu > Judicieux
  • Place Monge > Cà se mange
  • Censier-Daubenton > Dentier au menton
  • Les Gobelins > Les gobelets
  • Place d’Italie > Chapeau de paille d’Italie
  • Tolbiac > Koulibiac
Koulibiac de saumon
  • Maison Blanche > La raison flanche
  • Le Kremlin-Bicêtre > Les Gremlins peut-être
  • Villejuif – Léo Lagrange > Les halles aux granges
  • Villejuif – Paul Vaillant-Couturier > Quel vaillant couturier !
  • Villejuif – Louis Aragon > Oui, l’estragon !
  • Porte d’Italie > A bord du Thalys
  • Porte de Choisy > Morceaux choisis
  • Porte d’Ivry > Ivry Gitlis (célèbre violoniste israélien)
  • Pierre-et-Marie Curie > Bain-marie de curry
  • Mairie d’Ivry > Merde, y dit vrai

Hop, c’est parti. Encore un texte capillotracté, avec une scène de cul, comme dans Houellebecq, dont seul marcjoly a le secret. A la guerre comme à la guerre :

FORT-BOYARD

J'entrai. "Oui, mes neuf-cent carottes saines", dit un fort des Halles en soulevant des cageots. C'est ainsi que débuta cette course au trésor organisée par l'auteur et interprète de
Bats-toi.

Sur un vieux parchemin, ce porc de Lavilliers avait écrit : ENCORE UN CAILLOU VERS LE CRIME. On y voyait les silhouettes d'un biquet et d'un plantigrade. Trois indices étaient donnés : Ruy-Blas, Moët-et-Chandon et Argelès. Il fallait délivrer la prisonnière.

Je criai le mot de passe : "Prout-prout cadet". Puis il fallut apporter un paquet de biscottes Pelletier à un type que je reconnus être Yvan Dautin. Celui-ci me défia de boire l'apéro dans un verre en polyamide. Je n'y trempai que le museau des lèvres. Il fallut gober aussi un bon oeuf.

Là, l'épreuve se corsa. Apparut la Chatterley qui me fit : "Ah, mon mari ! Su'l'lit, mon grand !" Je trouvai judicieux que çà se mange, le dentier au menton !

Je vous passe l'épreuve des gobelets, puis celle du chapeau de paille d'Italie dans lequel il fallait manger un koulibiac.

C'est là (seulement ?) que la raison flanche.

( Deux fins possibles. La bleue : )

Quoi d'autre ? L'arrivée des Gremlins, peut-être, dans les halles aux granges ? Puis on m'aurait dit :"Quel vaillant couturier !", rapport au verre en polyamide, et je me serais exclamé : "Oui, l'estragon (c'était le trophée) !"

( La jaune : )

A bord du
Thalys (un décor de studio, évidemment), quelques morceaux choisis : Ivry Gitlis, à l'annonce de mon énième mot de passe (çà commence à bien faire) : "Bain-Marie de curry ". Après l'oeuf et le koulibiac, j'avais envie de vomir. "Merde, y dit vrai !" s'écria le violoniste.

C'est à ce moment-là que je me suis réveillé.

Laisser un commentaire

Les couvertures auxquelles vous avez échappé (5)

Des primaires pour désigner les candidats à la candidature ? Mais, à ce que je sache, c’est aux élus de parrainer des candidats, puis aux Français de choisir ! Il y a plusieurs prétendants pour une même sensibilité (gauche, droite, écolos) voire pour un seul parti ? Eh bien, ledit parti assume ses candidatures multiples ! A ce tarif, il ne reste qu’à mettre en place un Conseil de la Révolution pour désigner les candidats « officiels », comme en République Islamique d’Iran !

Aujourd’hui, il y a des comparateurs pour tout : les aspirateurs, les ordinateurs, les pâtes à tartiner, les agences de voyages, les forfaits box internet, les contrats d’assurance, les restaurants, les pompes funèbres, les masques anti-covid, les sites de rencontre, les partenaires dégotés sur les sites de rencontre, et les comparateurs eux-mêmes. Kelcoût.fr, Kelcoup.fr, Kelcon.fr… Le tout avec force notes voire dénonciations… Et, heureusement, lancements d’alerte.

Les deux principales associations françaises de consommateurs n’ont pas été les pionnières : il y eut avant elles les guides de restaurants, dont le célèbre Michelin (qui n’est plus que l’ombre de lui-même), et le Gault & Millau, qui y a apporté le concept de banc d’essai, y compris pour les produits alimentaires, ce qui fit scandale chez les critiques gastronomiques.

Artefacts culturels (livres, spectacles) mis à part (la critique, quoi !), il s’agissait de comparer des choses que l’on consomme. Mais celles que l’on ne consomme pas ? Peut-on éditer un guide comparatif des idées ? Idées religieuses ou spirituelles, idées morales*, idées économiques, idées politiques…

*A ce sujet, il est aberrant que personne ne s’exprime sur le fait qu’une idée politique ou économique puisse être morale ou non…

Des médias qui, au mieux dénoncent, au pire font la leçon, il y en a, la presse française appartenant aux Bolloré, Lagardère, LVMH, etc. D’autres se lancent dans le « débat » ou le « décryptage », qui sont des faux-nez. Et si on tentait des bancs d’essai ou des comparatifs en la matière ? [Nota : il n’y a aucune hostilité envers les deux magazines parodiés ci-dessous.]

En voici un dont cette rubrique trash a le secret :

Et un autre :

Au point où en est…

Ma bibliothèque amoureuse (7/infini)

Spécial modes d’acquisition

Deux lectures par rapport à l’actualité (je ne garantis pas leur disponibilité) : Laurent DESSART (un ami dont j’ai perdu la trace), L’Afghanistan – Précis historique, L’Harmattan, 2004. Pour comprendre la matrice culturelle et sociétale de ce pays. D’autre part : Françoise OLIVIER-UTARD, Politique et archéologie – Histoire de la Délégation archéologique française en Afghanistan 1922-1982, Editions Recherche et Civilisations, 2003. Un regard sur les relations franco-afghanes. Recréée en 2002, la DAFA existe toujours, sans doute rapatriée ces derniers temps.

Dès lors qu’il existe plusieurs façons de classer sa bibliothèque : sujet, thème, genre, chronologie, auteur, titre, édition, collection, format, couleur (!), épaisseur, odeur, type de reliure… (une fidèle lectrice, Mme Geypatout-Compry, de Jarnac-sur-Loire, pourrait en témoigner), il pourrait être judicieux, lorsqu’on aborde l’aspect « amoureux », affectif, subjectif, de sa collection de livres, de la classer par mode d’acquisition.

Bon, les livres achetés à la FNAC et ceux appartenant déjà au conjoint, on connaît. Mais il y a d’autres modes.

Je vais essayer d’en donner un aperçu.

  • André CHERPILLOD, Histoire des chiffres, autoédition, 1996.

Auteur remarquable pour trois points de vue. D’abord André Cherpillod, espérantiste, fait partie des derniers philologues et polygraphes. Il a écrit des centaines d’ouvrages sur tous les sujets en espéranto, français, et bien d’autres langues ! Ensuite ses ouvrages sont parus soit en autoédition, soit aux éditions de la Blanchetière… c’est à dire Cherpillod tout seul chez lui. Enfin ses livres, la plupart épuisés, sont surtout disponibles via les deux associations espérantistes en France : SAT-Amikaro et Espéranto-France. C’est de l’un ou l’autre que mon exemplaire provient. Il faudra en tous cas que je fasse un jour un papier sur André Cherpillod.

Le « collector » des Cherpillod.

  • Daniel JUSTENS, La mathématique du Chat, Delagrave/Casterman, 2008.

Comme souvent, livre acheté à la librairie (pardon, il faut maintenant dire « boutique »…) d’un musée, en l’occurrence celui de la BD à Bruxelles. J’y suis entré uniquement pour l’architecture du lieu. Le livre est plus intéressant que je ne le pensais : c’est un authentique ouvrage de mathématique basé sur… Le Chat de Philippe Geluck, lequel, pourtant, n’est en soi pas terrible. Mlle Areu, étudiante en vulcanologie médiévale de ma connaissance, m’a rétorqué : « Depuis quand les chats font-ils des mathématiques »?

  • Deutsches Museum, Museum Guide, 3ème édition 2005.

Acheté lui aussi à la lib… (et puis merde !) d’un musée : le Deutsches Museum de Munich, musée scientifique absolument complet comme les Français sont incapables de faire. Là, pour le coup, il s’agit du « guide » (140 pages !) officiel du musée, c’est-à-dire du catalogue des collections permanentes.

  • Christiane COSSUS, 6 leçons d’électricité, SODEL, sans date.

Livre datant du collège (çà ne me rajeunit pas) sur les bases de l’électricité. Comment ce fait-il qu’il s’agisse du Livre de l’enseignant ? Mystère.

  • La Bible de Jérusalem, Desclée de Brouwer, 1975  » (imprimatur : Paris, le 8 février 1975 – E. BERRAR, v. é.) .

Elle m’avait été offerte par ma belle-mère, pour Noël. Tout le monde était atterré et moi aussi. Il y a de ces cadeaux …

  • E. et J. BOURCIEZ, Phonétique française – Etude historique, Klincksieck, 1982.

Un des vestiges de mes livres de fac. Tout sur la « réduction du mot latin en français », le « traitement des voyelles accentuées », les « labiales latines », etc. Ecrit par un de ces couples d’universitaires dont seule la France à le secret.

  • Etienne RUHAUD, Disparaître, Unicité, 2013.

Ce n’est pas pour passer la brosse à reliure (heu, à reluire !), mais ce romanceau (112 pages) est écrit par mon ami Etienne dont je vous rebat les oreilles, et préfacé par feu Dominique Noguez, tout de même ! Mon exemplaire est dédicacé :« Pour Marc, ce court récit urbain, en lui souhaitant le meilleur… Merci. Toute notre amitié, Etienne ». Comme çà, vous savez que dans la vraie vie, marcjoly a pour prénom Marc.

  • JEAN-CHARLES, La foire aux bidasses, Presses de la Cité, 1973.

Jean-Charles était le spécialiste des « perles », notamment celles des cancres. Cet ouvrage consacré aux bidasses (c’est la même chose) et aux militaires en général (c’est le cas de le dire) a été trouvé tellement hilarant par votre serviteur que celui-ci l’a volé durant son service militaire en 1984 à la bibliothèque de l’Unité Marine de Fort-de-France.

  • Collectif, Le daguerréotype français. Un objet photographique, RMN, 2003.

Travaillant dans les musées, ceux-ci m’offrent tous les ans ainsi qu’aux collègues un catalogue d’exposition. Celui-ci reflète un monde proto-photographique disparu : taudis pré-haussmanniens, femmes à coiffe en dentelle, trognes d’une population qui ne connaissait pas le dentiste mais connaissait bien les bouteilles de vin…

  • René VALLERY-RADOT, La vie de Pasteur, Flammarion, 1900 (l’exemplaire et une réédition de 1925).

Cette biographie écrite par le gendre de Louis Pasteur, et dégotée chez un bouquiniste, n’est pas rééditée aujourd’hui. J’aurais malheureusement tant à dire de ces tauliers, dont le métier consiste à ne jamais vouloir acheter les livres qu’on veut leur vendre, et qui de surcroît vous engueulent…

Laisser un commentaire

Les Arabes mayonnaise

Atelier d’écriture de l’été #4

Triste anniversaire : le 15 août 1971 était décidé le découplage de l’or par rapport au dollar. Nous payons encore les conséquences de ce début des processus de dérégulation…

Non, je n’ai pas oublié la litanie des Je me souviens (mon propre travail, et le vôtre aussi car ceci est un atelier) amorcée dans notre parution du 1er juillet. Et je vous vois venir : « marcjoly va encore contrepéter plus haut que son luth ».

Eh, bien non. Nous allons nous référer à un autre procédé.

Il s’agira cette fois de faire des permutations non pas de syllabes mais de mots. Le schéma que nous allons utiliser le plus couramment consiste à marier le sujet d’une entrée avec l’attribut d’une autre entrée et/ou l’inverse. Exemple : je me souviens, entre autres …des Arabes vendant des tapis, …du homard mayonnaise. Bon le homard vendant des tapis, c’est moyen… Mais les Arabes mayonnaise, c’est surréaliste !

Souvenez-vous des appellations géniales de groupes punk comme les Sex Pistols, eux-mêmes détournés en Sax Pustuls ! D’autres groupes, français et faussement décadents, portaient des noms tout autant surréalistes : Ludwig van 88 (spéciale dédicace l’amie Sandrine Vion), mais aussi La Souris déglinguée (aucun rapport avec la susnommée !?), les Garçons bouchers, les Béruriers noirs ou Les vieilles Salopes…

En réalité, je vous invite à lister tous les sujets, tous les attributs d’un Je me souviens (celui de Perec, le mien ou le vôtre – ou de n’importe quelle liste), et à vous de jouer…

Ainsi, on obtient :

Les Uniprix au fond de la cour.

Les taxis surgelés.

Les speakerines dans la chambre.

Les parcmètres à la turque.

Les téléphones qui font « chut ».

Les épiceries portant moustache.

Les poinçonneurs couleur crème.

Les Galeries Motobécane.

Les gazomètres à l’école.

Les tournevis de toilette.

Boby Lapointe : Tube de toilette.

Les bons-points perforés.

Les mobylettes à képi.

Les nouilles à manche en bois.

Les pizzas à boutons.

On notera l’inscription « freshly baked/frisch gebacken » à propos de cette merde. Même pas peur !

Les Kiravi à écrire.

Les pots de colle à plate-forme.

Les valises à calcul.

Les poubelles consignées.

Les yaourts au charbon (ou contrepèterie : les charourts au Yabon)

Les Arabes en bakélite.

Les bidets mayonnaise (Ciel ! Mais qu’est-ce ?)

L’honneur sera donc sauvé avec nos Arabes mayonnaise !

Et il y aura (pas tout de suite) des fournées supplémentaires de Je me souviens et de Mots enfouis.

Espérons que ces jeux de l’été vous ont plu. Commentaires, SVP !

Laisser un commentaire

Les mots enfouis (1/2)

Atelier d’écriture de l’été #3

Retour sur le discours de Macron du 12 juillet. La première partie, sur la question sanitaire, était très bien, mais la seconde était absolument dégueulasse. C’était une attaque en règle contre ceux qui peuvent peu (les chômeurs, les « gens oubliés », etc…). Consolons-nous donc avec la suite du numéro précédent

Ah, non ! marcjoly ne pouvait pas s’empêcher de verser dans la contrepèterie ! C’est trop facile ! Et puis elles sont fausses, car « compositioles », « vouvre », « chauffon », « lunoire », çà veut rin dire, comme on dit à la campagne. Alors, qu’est-ce c’est que ces enfantillages ? Idiot du village ! Raté ! Pataphysicien à deux balles !

Eh bien, ces mots existent. Si, si. Ils étaient simplement enfouis. Nous (car vous aussi, vous participez, n’est-ce pas ?) les avons exhumés de la vraie littérature, celle issue de notre imagination et de notre créativité, dont la contrepèterie ou autres procédés ne sont que les intercesseurs (qu’est-ce qu’y parle bien, le marcjoly !).

J’en ai passé quelques uns en revue, cités dans le texte original. Si, si ! Les voici :

  • Compositiole (n. f.) :

Petite composition artistique (picturale, littéraire, musicale) sans qualités particulières, à seule fin de loisir. « Pécuchet s’essaya à la peinture, sans dépasser le niveau de la compositiole » (Gustave Flaubert).

  • Mayonnard (n.m.) :

Gros mangeur d’allure ventripotente, habitué des tables des bons restaurants et brasseries. « Près de la Bourse, dans une brasserie, quelque mayonnard s’était attablé, dans lequel Saccard eut du mal à reconnaître son ami d’enfance » (Emile Zola).

  • Vouvre (n. f.) :

Substance visqueuse recouvrant les troncs et branchages dans les endroits humides, particulièrement à l’automne. « Dans les marais, en quittant la vallée de la Creuse, l’on pouvait sentir l’odeur de la vouvre qui envahissait nos narines » (George Sand).

  • Chauffon (n.f.)

Résidus divers facilement inflammables (chiffons, sciure, brindilles) utilisés pour amorcer un feu. « Dans ce qui servait de cheminée en ce réduit infâme, Bras-Rouge avait jeté un demi-seau de chauffon » (Eugène Sue).

  • Galeresse (n.f.)

Femme de petite vertu qui, à l’époque du Directoire, arpentait le plus souvent les arcades du Palais-Royal. « Chez le baron, la compagnie des courtisanes semblait atavique. Parmi les nombreux portraits d’ancêtres accrochés au salon, certains avaient vu leurs sujets fréquenter les galeresses » (Marcel Proust).

  • Restaugon (n. m.)

Individu borné qui ne démord pas de sa position ni de son opinion, allant même jusqu’à la bouderie. « L’amertume biliaire des restaugons qui n’avaient pas senti le vent de l’Histoire, imprégnait cet Alger réfractaire » (Charles de Gaulle).

  • Motobiquette (n. f.)

Motocyclette mal entretenue et plus de la première jeunesse, dont le moteur multiplie les ratés. « Marcel voulut épater Simone avec son « bolide », dit-il. Mais la gonzesse, apercevant la motobiquette, éclata de rire » (Alphonse Boudard). [L’ami Anthony Lallouet me suggère Cavanna, ç’aurait pu être çà aussi].

  • Couloche (n.f.)

Style amphigourique et mièvre que l’on peut rencontrer aussi bien dans les objets de la vie quotidienne que dans les arts (syn. : kitsch). « Bardamu fit un tour dans ce que ces abrutis d’Amerloques appellent un « mall ». Temple de marchandises faciles dégoulinant de fric, avec des petites étoiles partout. Ah, fallait voir ! Y’en avait, d’la couloche ! » (Louis-Ferdinand Céline).

Et moi de dire « y’en aura d’autres ». Je veux dire des mots enfouis. A suivre…

Laisser un commentaire

Macrires à échine

Atelier d’écriture de l’été #2

Le principe de la liste est un des ressorts des ateliers d’écriture. Dans le numéro précédent, votre serviteur avait développé son Je me souviens à la Perec. La liste n’est pas close, et il y en aura encore d’autres.

Et si l’on bousillait chaque entrée de la liste, en la transformant grâce à un autre ressort : la contrepèterie ? L’on verra qu’il ne s’agit pas de vraies contrepèteries car les mots ne veulent souvent rien dire, et le résultat n’est ni obscène, ni scatologique. Il ne s’agit donc que d’inversions de paires minimales, selon l’expression chère à Joël Martin (Joël Martin, Manuel de contrepet, 1986, Albin Michel)*. Souvent, même, il ne s’agit que d’à-peu-près qui, moins rigides, développent plus encore l’imagination.

*Joël Martin est scientifique, et j’avais acheté son bouquin au Salon du livre scientifique à Orsay !

Exemple : je me souviens… des bornes de police-secours. Et les bourres de police se cornent ? Quant aux tracteurs avec un siège tape-cul, ils deviennent les tractus avec un siège tape-coeur. Mignon, non ? [Le tractus est un ensemble d’organes qui constitue un appareil. Et le Robert nous donne un exemple poétique : « le tractus urogénital ». Moins mignon…]

C’est donc parti pour une autre liste. A vous de retrouver les entrées de départ dans le Je me souviens de la parution précédente :

Les laines en porceprise.

Les compositioles à l’écon.

Les hommaises mayonnard.

Les vouvres collants [Angst !].

Le charbage au chauffon.

Les chasse-fond près du plat d’eau.

Les circotières pissulaires.

Les cons versignés.

Les macrires à échine.

Les unitaires en miliforme.

Les télécrans à daphone.

Les galeresses Barbie [Angst !].

Les warrants-restaugons [Je confonds avec les Rougon-Macquart].

La quègle à ralcul [pas Angst !]

Les mobélanes Motobiquette.

« Télétel, location de locaviseurs ».

Les menus dommage et pressert.

Les livres de peur à tranche de couloche [Angst !].

Les collants en bavélite.

Les fameuses nombrilles.

Les canvines où l’on était serti.

Les lunoires à barres nettes.

Les toussoirs en michu.

Les chartelettes de porc dans les cocuteries.

Comme dirait Laurent Gerra imitant Jack Lang : « C’est chié, non ? ». Cà commence à être intéressant… Mais ce n’est pas fini : nous avons là un matériau qui va nous servir pour la prochaine parution…

A suivre…

Laisser un commentaire

Je me souviens… (1)

Atelier d’écriture de l’été #1

Les Jeux de l’été, par Michel LACLOS

Oups, pardon ! marcjoly se croyait au Figaro

Vous souvenez-vous… de Je me souviens, de Georges Perec (Hachette, 1978), un ouvrage qui appartient au genre du fragment ? Extrait :

« Je me souviens de la « balle aux prisonniers », dans la cour de l’école, à la récréation.
Je me souviens de « La pile Wonder ne s’use que si l’on s’en sert. »
Je me souviens de son prénom : Isabelle.
Je me souviens de l’odeur de la colle UHU.
Je me souviens des slips en laine tricotés par ma grand-mère, une torture ».

Moi aussi, comme tout le monde, je me souviens, en tant que petit garçon puis tout jeune homme. Mais mon Je me souviens à moi est un peu différent. Il n’y a pas de souvenirs personnels comme les oeufs brouillés de ma grand-mère (décidément, les grands-mères…), ni intimes (mais une Isabelle, çà ne m’aurait pas déplu…)

Le Je me souviens qui suit (« mon propre travail », dirait l’ami Ruhaud) est plutôt un panorama matériel de la société française des années 60 et 70, et du Paris de ces années-là. Les millenials vont croire que j’invente ou alors que j’ai 90 ans… [Je ferai peut-être une autre fois une édition commentée à l’intention de ces derniers]

Je me souviens :

Du repos scolaire le jeudi.

Des taxis avec un gros compteur à l’arrière.

Des hôtels avec un lavabo dans la chambre.

Des caisses enregistreuses à boutons.

Des prises et interrupteurs en porcelaine.

Des gens du pays, en vacances, que l’on ne comprenait pas à cause de leur accent.

Des parcmètres alignés le long des trottoirs.

Des grandes ondes et des petites ondes.

Des compositions à l’école.

Des fumées bleues derrière les pots d’échappement.

Des musées avec badigeon gris sur les lambris.

Des premières pizzas surgelées avec cuisson séparée de la pâte et de la garniture.

Des bidets.

Du homard mayonnaise servi dans les avions.

Des gazomètres.

Des piles carrées.

Des bons-points.

Des couvre-volants.

Des salles de lecture des bibliothèques municipales avec parquet qui grince et lecteurs qui font « chut ».

Des épiceries où l’on ne pouvait pas se servir.

Du chauffage au charbon.

Des encriers.

Des poinçonneurs du métro.

Des Arabes qui vendaient des tapis en porte-à-porte.

Des Uniprix.

Des chasses d’eau près du plafond.

Des speakerines.

Des pissotières circulaires en fonte.

Certaines arboraient une publicité pour le désodorisant Purodor !

Des phares jaunes.

Des syndicats d’initiative, à horaires improbables, tenus par une vieille dame.

Des bouteilles et des pots de confiture en verre consignés.

Des machines à écrire.

Des compartiments dans les trains.

Des téléphones à cadran.

De la macédoine pas cuite à la cantine.

Des queues de tigre au rétroviseur.

Des rideaux des salles de cinéma de province, avec les publicités des commerçants.

Des Galeries Barbès.

Des WC à la turque.

De la guérite du receveur dans le bus.

Des tournevis à manche en bois.

Des hommes portant moustache.

Des bornes d’appel de Police-secours.

Des télégrammes.

Des ouvreuses au cinéma.

Du Kiravi, du Gévéor et du Préfontaines.

Du mobilier de bureau vert foncé.

Des wagons-restaurants.

Des prises inamovibles de téléphone avec l’inscription « Propriété de l’Etat ».

Des pots de colle qui sentaient l’amande (avec leur petite pelle).

Des vitres de voiture à manivelle.

Des petits tickets (cinéma, musée, train) cartonnés qui sortaient de la caisse via une fente.

Des bougnats qui vendaient bois et charbon.

De la règle à calcul.

Des valises sans roulettes avec coins en métal.

Des Mobylettes Motobécane.

Des « épiceries fines » Codec.

Des lits d’hôpital/de dortoir/de caserne en métal à barreaux couleur crème.

Des poubelles en métal.

Des actualités au cinéma.

De sa vitesse, en voiture, qu’il fallait chercher .

Des bourgs, en vacances, qu’il fallait traverser en voiture (pas de rocade et c’était toujours un jour de marché).

Des yaourts La Roche aux Fées.

Des sténo-dactylos.

Des tickets de quai.

Des bières Valstar et Daumesnil.

Des téléphones dans les cafés.

Du souffleur au théâtre.

De « Locatel, location de téléviseurs ».

Des tracteurs avec siège tape-cul en métal.

Du Saint-Raphaël et de l’Americano Gancia.

De la ligne de Sceaux.

« Attention ! Ligne de Sceaux : tarification spéciale ! »

Des menus fromage et dessert.

Des nouilles Rivoire et Carret.

Des pneus de voiture avec chambre à air.

Des gens bossus.

Des femmes en combinaison.

Des policiers à képi.

Des livres de poche à tranche de couleur.

Des volants en bakélite.

Des familles nombreuses.

Des cantines où l’on était servi.

Des lunettes à barre noire sur le dessus.

Soeur Sourire.

Des mouchoirs en tissu.

Des côtelettes de porc dans les charcuteries.

Des militaires en uniforme.

(A suivre…)

Cette liste nous servira de base pour un exercice d’atelier d’écriture. Suite au prochain numéro – et n’hésitez pas à dresser votre propre Je me souviens !