Derrière le pseudonyme de marcjoly se glisse un idéaliste né en 1961, féru de langue française, de géographie et de science, oulipiste refoulé et pasticheur déconneur. Eternel étudiant, ce rêveur fit un peu de politique, puis chaussa les pantoufles du monde des musées et celui des archives.
Il s'est déjà fait connaître, sous le nom de Mr. Liste - www.http://mrliste.hautetfort.com .
[Photo : Albert Barzilaï]
Ursula von der Leyen reconnaît enfin « l’erreur stratégique » de l’UE, consistant à « tourner le dos à une source d’énergie fiable, abordable et à faibles émissions » – comprendre : le nucléaire. Aha ! Ce qu’elle n’a pas dit, c’est qu’en tant que membre du gouvernement Merkel, elle avait initié la sortie totale du nucléaire de l’Allemagne en 2011. De plus, elle était l’auteure du Green Deal de l’UE, excluant la même énergie.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Ses seules activités consistèrent à assister quotidiennement aux conférences préparatoires, commissions mixtes, séminaires d'étude, conseils de gestion, colloques interdisciplinaires, assemblées générales, sessions plénières, comités de lecture et autres séances de travail qui, à ce niveau de la hiérarchie, constituent l'essentiel de la vie de cet organisme avec les communications téléphoniques, les conversations de couloir, les déjeuners d'affaires, les projections de rushes et les déplacements à l'étranger."
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L’autre jour, dans le panier à linge, je tombai (on « tombe » beaucoup dans la langue française…) sur une minuscule socquette, qui semblait convenir à un pied d’enfant en bas âge, enfant dont notre foyer est dépourvu. Mystère.
Ce genre de situation, incongrue, « surréaliste »*, comique, soudaine, touchante, parfois délicieusement ridicule, arrive quand on ne s’y attend pas, et provoque toujours le rire. Aha !
*Je mets des guillemets : mon ami Etienne Ruhaud [https://pagepaysage.wordpress.com/] n’aime pas les acceptions frelatées du mot surréaliste.
Tout ceci est vieux comme la préhistoire…
Lascaux : la « scène du puits » (vers -22 000). Incongru, surréaliste, comique, touchant…
Alors pensons à l’apparition soudaine :
d’un cochon
d’un billet de 500 euros
d’un pot de chambre
d’une veuve à voilette
d’un violon
d’une tête de veau
d’un chien avec une tache sur l’oeil
d’une chaise à porteurs
d’un concombre
d’un policier à sifflet et képi
d’une Fiat 500 (ancien modèle)
d’un asticot
d’une femme en bigoudis
d’un os
d’Edouard Balladur (ou Gérard Larcher, ou n’importe quel notable pompeux et ridicule)
(Rires)
d’une culotte
d’un beauf à moustache
d’une poire
d’un cerveau
Splash !
d’un canard
d’un poil
d’un nain.
Ceci dit, il y a des associations : le cochon va avec le pot de chambre, le pot de chambre avec le violon (ne dit-on pas « pisser dans un violon » ?), le chien avec l’os, Edouard Balladur avec la chaise à porteurs, l’asticot avec la poire, la culotte avec le poil, et, le meilleur pour la fin – roulement de tambour – la veuve avec le concombre…
Pour réprimer ce vice inapproprié, rien ne vaut l’agent de police à képi et sifflet, qui est également un beauf à moustache !
L'illustration ci-dessus représente un PILI : Plan Indicateur Lumineux d’Itinéraires. Les PILI, créés en 1937, trop onéreux à mettre à jour en cas de modification du réseau, car purement électriques et non électroniques, ont été abandonnés. Dans certaines stations, des plans interactifs sans âme ont pris le relais...
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This is War ! Les Marx Brothers dans La soupe au canard (Duck Soup), 1933.
C’est la guerre ! « L’Etat profond » américain, que dénonçait un moment Trump (souvent Trump varie…) nous refait le coup de « l’armée irakienne, troisième armée du Monde » ou de la « preuve des armes de destructions massives ». Cette fois, « l’Iran prépare l’arme nucléaire ». Ben voyons ! On remarquera que, pour leur part, les Etats-Unis et Israël ont préparé celle-ci depuis longtemps… En réalité, cette guerre vise à empêcher l’émergence d’un monde multipolaire, dans lequel les BRICS, dont l’Iran fait partie, veulent substituer à l’empire financier du dollar une nouvelle architecture de développement mutuel.
Macron lèche-cul, dans son allocution du 3 mars, a rejeté la responsabilité de cette guerre sur l’Iran : Trump et Netanyahou n’y sont pour rien, bien sûr ! Il a fallu que notre président admette du bout des lèvres, que l’intervention contre Téhéran sortait du droit international… Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol a eu plus de couilles en n’ayant pas autorisé l’armée américaine à utiliser des bases espagnoles pour l’offensive contre l’Iran. « Nous n’allons pas nous rendre complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde » a-t-il déclaré.Quand les uns disent « No pasdaran », l’Espagne dit tout simplement ¡ no pasarán !
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Free Palestein, heu… Palestine !
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Une pièce parquetée, presque carrée. Au centre, une table ronde sur laquelle sont disposés deux couverts, un dessous-de-plat métallique en forme de losange, une soupière dont le couvercle échancré laisse passer le manche d'une louche en métal argenté, une assiette blanche avec un cervelas coupé en deux nappé d'une sauce moutardée et un camembert dont l'étiquette représente un Grognard. Contre le mur du fond, une desserte de style indéterminé sur laquelle sont posés une lampe dont le socle est un cube d'opaline, une bouteille de Pastis 51, une unique pomme rouge sur une assiette d'étain, et un journal du soir dont on peut lire l'énorme manchette : PONIA : LE CHATIMENT SERA EXEMPLAIRE."
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Dans Métro loufoque – M 10 (https://champouin.blog/2024/11/15/metro-loufoque-m-10/), j’avais écrit à propos du nouveau matériel roulant MF 19 : « J’ai deux versions contradictoires. L’une dit que la 10, la plus vétuste, recevra ce matériel en priorité, dès 2025. L’autre affirme que, seule ligne à ne pas connaître de conduite manuelle assistée, elle ne sera modernisée qu’en dernier, le temps d’effectuer la mise à niveau… ». C’est bien la première version qui prévaut : j’ai pris ce modèle de rame sur la 10 il y a deux jours. Pour l’instant, une seule rame sur la ligne, à titre d’essai. Aucune réaction des usagers qui, visiblement, n’en avaient rien à foutre. Il n’y a aujourd’hui hélas plus de curiosité, plus d’esprit ni « scientifique » ni esthétique…
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La ligne 11 du métro parisien a longtemps été celle qui permet de relier « en bas » avec « en haut ». Analogue à la ligne C du métro lyonnais, elle part de l’hypercentre et rejoint le boulevard situé en hauteur via la pente. La rue du Faubourg-du-Temple dans un cas, les pentes de la Croix-Rousse dans l’autre. D’ailleurs, le boulevard de la Croix-Rousse et celui de Belleville possèdent tous deux ici et là des « redents », témoins d’anciennes fortifications.
De même que la C lyonnaise a remplacé la « ficelle » Croix-Paquet – Croix- Rousse, la 11 parisienne, jusqu’ici ligne la plus courte* du réseau RATP, a remplacé le funiculaire de Belleville (1891-1924) de République à Jourdain. Prolongée jusqu’à la Mairie des Lilas en 1935, elle vient de rejoindre l’année dernière Rosny – Bois-Perrier : incitation à boire une eau minérale frelatée ? Elle a du coup troqué ses rames MP 59 (oui, elles dataient de 1959 !) par des MP 14, confortables et climatisées.
*Si l’on excepte les « fausses » lignes 3 bis et 7 bis.
Comme d’habitude, nous allons détourner les noms des stations de la ligne, noms qui vont nous servir pour écrire un texte.
M 11 : Chatterley – Oh dis, bois du Perrier® !
Châtelet > Chatterley.
Hôtel de Ville > Hôtel de passe.
Rambuteau > Mobutu.
Arts et Métiers > Armée de métier.
République > Raie publique.
Goncourt > Concours.
Belleville > Belle fille.
Pyrénées > Périnée.
Jourdain > Monsieur Jourdain.
Place des Fêtes > Plate des fesses.
Télégraphe > Pornographe.
Porte de Lilas > Le bordel ira.
Mairie des Lilas > Marie délira.
Serge Gainsbourg > Ces gars se bourrent.
Romainville-Carnot > Concarneau.
Montreuil-Hôpital > Mon trou au p’tit tas.
La Dhuys > La cuisse.
Coteaux-Beauclair > Coco bouclé.
Rosny – Bois-Perrier > Oh dis, bois du Perrier® !
Mouais…
TEXTE :
Marie Chatterley, dans un hôtel de passe, recevait Mobutu qui s’était trompé, pensant être au Chabanais ou au One Two Two. Chatterley pensait appartenir à l’armée de métier de la raie publique, et recrutée sur concours. Cette belle fille qui jouait du périnée était putain sans le savoir, tel Monsieur Jourdain. Elle était plate des fesses mais, pour ce pornographe de Mobutu : « tant que le bordel ira… ».Un moment, Marie délira (çà rime) : le dictateur congolais puait la bière. « Ces gars se bourrent comme à Concarneau », se dit elle. Dans cet échange glauque, on l’entendit dire : « Mon trou au p’tit tas ! » tandis que l’autre réclamait la cuisse. Elle mit sa main dans sa chevelure crépue : « Mon coco bouclé ! ». Mais il étouffait. « Oh dis, bois du Perrier® ! »FIN.
"La salle d'attente du Docteur Dinteville. [...] Contre le mur du fond, un grand divan recouvert de velours bleu ; un peu partout, des fauteuils, des chaises à dossier lyre, des tables gigognes avec divers magazines et périodiques étalés : sur la couverture de l'un d'eux, on voit une photographie en couleurs de Franco sur son lit de mort, veillé par quatre moines agenouillés qui semblent tout droit sortir d'un tableau de de La Tour ; contre le mur de droite, un bureau gainé de cuir sur lequel il y a un plumier Napoléon III en carton bouilli avec de petites incrustations d'écaille et de fines arabesques dorées, et, sous son globe de verre, une pendule vernie arrêtée à deux heures moins dix."
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Entrevue avec Marcel Gauchet (dans le premier numéro de L’Audace) : « Je suis frappé […] par l’hostilité de la petite bourgeoisie très « service public », qui constitue la majorité de l’électorat écologiste, à l’égard de tout ce qui ressemble à de grosses infrastructures ou à des implantations industrielles. On retrouve, mutatis mutandis, le réflexe qui a poussé au 19ème siècle le nombre de villes petites ou moyennes à refuser le chemin de fer ». En guise d’apéritif de ce qui va suivre ?
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L’autre jour (façon de parler : c’était mardi 11 novembre), je suis allé dans le quartier de la rue Sainte-Anne, à Paris, pour aller manger dans un restaurant coréen. Et là, je tombe sur une vision d’horreur : des hordes de bobos, de moins de quarante ans, arpentaient le quartier (Sainte-Anne, Petits-Champs), au point que la chaussée de ces rues – non-piétonnes – étaient envahies. Pratiquement pas de touristes, peu d’Asiatiques (le quartier fut un Little Japan et maintenant un Little Korea). Il ne s’agissait pas des bobos LFistes du 19ème arrondissement qui sont des classes moyennes, mais carrément de jeunes bourgeois. Bon nombre formaient des files impressionnantes devant des bouffoirs asiatico-hype au style kawai ou manga bien marqué (« j’prendrais bien un bubble Hello Kitty tapioca… ») ou d’autres officines improbables pour initiés genre « bootcamp », « climbing », « boutique éphémère », « coworking », « outlet » ou bien « vente privée », toutes ouvertes en ce jour férié. Bref, tous ces gens semblaient totalement hors-sol, loin des préoccupations du peuple… Rebelote dimanche 18 janvier, dans le Marais : une faune un peu plus touristique. Impossible de tenter de boire un café quelque part : la queue devant chaque établissement. Et plus on se rapprochait de la Place des Vosges, moins ces gens touchaient terre.
Quelques spécimens, mais loin d’être les pires…Là, c’est plutôt bon enfant.
En réalité on assiste là à une illustration pathétique et plutôt gratinée de ce que le sociologue Christophe Guilluy désigne par Métropolia, par opposition à Périphéria : les « sachants » des grandes villes (de LR aux écologistes, parfois aussi LFI), maîtrisant les « codes », contre les « sans-dents » (« les extrêmes » dirait Macron, ainsi que les communistes… quand les sans-dents votent !) des autres territoires. Bobos contre beaufs. Je n’aime ni les uns, ni les autres, mais les beaufs ont des excuses (et surtout des souffrances) que les bobos n’ont pas. La décadence des « métropoliens » n’est qu’un reflet de celle, plus générale, du monde occidental : un monde post-industriel sans vision et sans but.
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On n’est pas en dictature, on n’est pas en démocratie, on est en léthargie !
La Bajon
La campagne des législatives est pour LFI (et certains écolos), le festival des communautarismes : entre Houria Bouteldja, Eric Fassin, Eric Coquerel, Danièle Obono (à propos de la Fête de l’Huma : « Il n’y a que des Blancs ! Ca me fait honte. »), Aly Diouara ( » Tous ces Blancs qui décident où et comment vont vivre les gueux. »), Rokhaya Diallo, Carlos Martens Bilongo (à propos des Blancs : « Nous, on est plus intelligents. »), Louis Boyard, l’inénarrable Sébastien Delogu (« Vous avez une opportunité en or qu’un racisé dirige Saint-Denis et Pierrefitte. »), et le sous-marin du Hamas Rima Hassan, c’est gratiné ! En promouvant le « black, blanc, beur » il y a plus de quarante ans, SOS Racisme avait introduit le principe racial et le communautarisme ethnique qu’il prétendait combattre. S’ajoutent aujourd’hui les jeux vidéo, les réseaux « sociaux », le masculinisme, la souffrance mentale des jeunes, le sentiment que « quelque part » on doit « aménager » la laïcité, l’individualisme et l’addition des intérêts privés au détriment de l’intérêt général.
Paru dans Charlie Hebdo du 11 février.
Pour ceux qui disaient encore que « oui, on dit pas mal de choses sur LFI, mais tout de même… », j’espère que c’est clair ! Entendons-nous bien : rien de plus mauvais de ce qu’il est convenu d’appeler « la droite identitaire », à laquelle sympathisait Quentin Deranque. On n’a pas besoin ni de fascistes. On a besoin d’anti-fascistes, mais pas d' »anti-fa ». Et si l’attentat sur la personne de Quentin Deranque n’a pas été commandité par LFI, que faisaient là deux collaborateurs parlementaires du député LFiste Raphaël Arnault, lequel serait un membre actif de la Jeune Garde ? Et cette dernière serait-elle le bras armé de LFI ? Ce qui est sûr, c’est que les trotskistes et leurs avatars possèdent depuis longtemps la culture du coup de poing (depuis l’Unef jusqu’à « la République, c’est moi ! »), et d’autre part LFI a créé un climat, incitation open bar à castagner – ou pire à tuer – tout « sioniste » (comprendre : Juif) ou « fasciste ». Les nouveaux SA…
« La République, c’est moi ! »
Néanmoins, il y a un hic. Le meurtre de Quentin Deranque pue. Pas seulement parce que violence et meurtre sont évidemment inacceptables, mais aussi parce que tout cela à l’air de sortir d’un chapeau (comme souvent pour ce genre d’affaires) juste avant les élections municipales. Cui bono* ?, comme disent les Anglo-saxons. En français : à qui profite le crime ? Opération, contre-opération, facilités par le climat cité plus-haut. On a vu comment l’oligarchie financière a, hélas, ces derniers temps, promu le jeune loup libéral Bardella, nouveau Sarko-Macron (maquereau-sarcon ?). Pour les « oligo-éléments » qui nous gouvernent, la politique de LFI serait trop sociale…
*Message personnel pour les membres d’une organisation que je connais bien : on ne dit pas en français « quel est le cui bono de l’affaire ? », car il existe des locutions latines, comme celle-ci, usitées en anglais mais pas en français (et vice-versa). On doit donc traduire par un équivalent : « à qui profite le crime ? ». Allez, on va passer au prochain panel…
On n’en a pas parlé « à la télé » ni « dans le poste ». Si vous êtes parisien, Hype, çà doit vous dire quelque chose. Les fameux taxis bleus avec des nuages (des Toyota Mirai) roulant à l’hydrogène. Hype avait même commencé à trouver des partenariats pour développer des stations de recharge. Or, dans dans Taxi News (magazine dédié à la profession) du mois de janvier, Mathieu Gardies, dirigeant de Hype, explique son retrait de sortir de la technologie hydrogène* : « La filière mobilité hydrogène s’est progressivement figée, faute d’avoir bénéficié d’un calendrier cohérent entre le développement des véhicules, celui des infrastructures et la maîtrise des coûts d’exploitation ». Je découvre plus tard en couverture d’Epsil00n de janvier : » HYDROGENE – LA FIN D’UN REVE INDUSTRIEL ». Mazette ! Vous le saviez, vous ? Coût de production incompressible, mauvais rendement, molécule difficile à transporter, trop de risques d’explosion, besoin de métaux critiques… Tous les projets hydrogène s’effondrent : ArcelorMittal, Siemens, Renault, Airbus, Stellantis, TotalEnergies, sans compter les spécialistes Elogen ou Mc Phy. Bref, l’hydrogène, c’est fini…
*Ce qui explique pourquoi je vois de plus en plus de taxis Hype électriques.
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Allez voir l’expo Geluck expose Le Chat au musée Maillol, à Paris (jusqu’au 3 mai 2026). J’avoue ne pas être tropfan du Chat: toujours le même dessin, des jeux de mots assez idiots… Mais ce qui est à mon avis le plus intéressant n’est pas Le Chat en soi, mais l’univers Geluck – un sacré déconneur, belge évidemment. Ne ratez pas dans l’expo quelques unes des émissions qu’il faisait dans les années septante à la RTBF : quelque chose entre La caméra invisible, Benny Hill, Le petit Rapporteur et Jean-Michel Ribes.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Il a devant lui une boîte en bois blanc abondamment pourvue d'étiquettes, de timbres, de cachets, et de sceaux en cire rouge, d'où il a sorti cinq broches en argent et en strass, style Arts déco, représentant cinq sportives stylisées : une nageuse crawlant au milieu de vaguelettes en festons, une skieuse fonçant schuss, une gymnaste en tutu jonglant avec des torches enflammées, une joueuse de golf à la canne haute et une plongeuse exécutant un impeccable saut de l'ange ."
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L’autre jour, dans le journal, je tombe sur ce texte qui se veut sage, avisé et consensuel :
« Construire la société française et travailler pour le pays, c’est bâtir une société harmonieuse en se lançant dans des projets (pensons par exemple aux salles de shoot). En effet, la France évolue et tend vers l’égalité hommes-femmes. On peut alors choisir quand tomber enceinte, même pour les couples homosexuels dans l’impossibilité de procréer, les parents et les médecins en conviennent : c’est ainsi que l’on va détruire l’identité sexuée. En réalité, l’avenir des jeunes français passera par l’école, à commencer par l’école maternelle. Mais pour donner aux élèves la même éducation, il faudra un personnel scolaire chargé de veiller à la discipline, qui veillera également que les élèves respectent la propreté des lieux. On s’assurera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants en voiture, mais que ces derniers privilégient le cyclisme et la marche. »
Horreur et malheur ! Tonnerre et éclairs ! Ce brûlot réactionnaire m’a scandalisé ! J’ai aussitôt pris ma plus belle plume (la plume étant l’allégorie du fichier .txt) et j’ai envoyé illico ma version à la rédaction du journal :
« Le Nous inclusif et solidaire qui fait France, c’est faire de l’en-commun en produisant des possibles (pensons par exemple aux pièces de consommation à moindre risque). En effet, les dynamiques plurielles de la société tendent vers l’égalité femmes-hommes. On peut alors choisir quand se trouver en état de grossesse médicalement constaté, même pour les couples confrontés à l’infertilité sociale, les acteurs impliqués dans le conception en conviennent : c’est ainsi que l’on va détruire les stéréotypes de genre. En réalité, l’avenir des jeunes français passera par l’école, à commencer par la première école. Mais pour bâtir du commun, il faudra des groupes académiques climat scolaire qui veilleront à ce que les élèves ne versent pas dans la dynamique naturelle à la salissure. On s’assurera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants par le moyen d’engins carbonés, mais que ces derniers privilégient les déplacements apaisés. »
C’est que, voyez-vous, je suis un parfait lèche-cul : j’ai voté Macron à la tête de la France, Hidalgo à celle de Paris, je kiffe l’Union européenne et je lave le cerveau de mes enfants à propos de transition climatique. Le journal en question, organe officieux du pouvoir, et qui appartient à un empire du CAC 40 , ne pourra que publier cette version !
Las ! C’est un autre texte qui est sorti, des esprits méchants ayant décidé d’être encore plus suce-boules que moi, qui croyais être à la pointe de la modernité de la pensée…
« Le we care de l’union européenne, c’est de faire du living together grâce au champ innovationnel (pensons par exemple aux espaces récréatifs régulés). En effet les dynamiques arc-en-ciel de genre et de race s’aplanissent. On peut alors se challenger sur l’état de prégnance ovulaire, mêmes pour les couples conceptionnellement empêchés, il y a pour cela un consensus des référents procréation : c’est ainsi qu’on abolit les clivages genrés. Le futur des générations à venir passera par l’école première. Mais pour l’apprendre-ensemble, il faudra des assistants pédagogiques du savoir-être, qui seront vigilants sur la pollution quotidienne et à bas bruit des élèves. On veillera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants au moyen de mobilités énergétiquement fossiles, mais qu’ils privilégient le slow moving ».
Du coup, j’ai un doute : peut-être ont-ils cru que je faisais le jeu des extrêmes…
HOURRA ! Le présent blog est enfin muni d’un index ! Je pensais ne pas y arriver… De plus je m’étais aperçu que le bouton « commentaire » que j’avais mis en place avait disparu – probablement depuis des mois… Le logiciel me refuse à présent de l’installer, mais en sélectionnant l’article (en cliquant sur le titre), on trouve à la fin « Partager » avec un bouton « E-mail ». En marge de droite un encart explique la chose… A suivre.
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Trump : çà part dans tous les sens. Dans cette histoire, mieux vaut prendre du recul. Nous sommes dans une situation où l’on voit enfin que le roi est nu, c’est-à-dire que l’Union européenne est en dessous de tout et ne représente rien, que le G 20 et Davos sont des pantalonnades, que l’Onu est un « machin » et que l’Otan n’a plus de légitimité depuis des années. Si les Etats-Unis deviennent notre ennemi, devra-t-on encore avoir le réflexe idiot de se ranger derrière l’Otan ? Cela fait un peu poncif, mais le caractère chinois qui signifie « crise » signifie aussi « opportunité ». C’est donc l’occasion de tout remettre à plat et de bâtir un nouvel ordre mondial, pas celui du plus fort, mais celui bâti sur une entente de nations sur la base du développement, avec comme outils non les monnaies de singe que sont le dollar et l’euro, mais celles basées sur une politique nationale de crédit. En ce sens les Brics constituent cette alternative.Nous sommes donc à une période très intéressante de l’Histoire, et il est idiot de se créer un ennemi, russe ou chinois !
Pour revenir aux Etats-Unis, ce qui s’y passe aujourd’hui s’apparente malheureusement à une guerre civile. Il faut savoir que tout au long de l’histoire de ce pays, deux factions se sont toujours affrontées. Celle, anti-impérialiste des pères fondateurs, incarnée ensuite (pour faire court) par Hamilton, Lincoln, F. D. Roosevelt et Kennedy ; et celle de la rente esclavagiste puis financière – avec son bras armé interventionniste – incarnée par presque tous les autres… Trump, malgré son côté anticonformiste, est un homme de business…
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"A l'occasion de chaque représentation, Astrat constituait un dossier de presse auquel venait s'ajouter le programme - abondamment dédicacé par le chef et les interprètes - et, selon le cas, divers éléments des costumes et décors : les bretelles violettes de Mario del Monaco dans le rôle de Rodolfo (La Bohème, Covent Garden, Opéra de Naples, 1946), la baguette de Victor de Sabata, la partition de Lohengrin annotée par Heinz Tietjen pour la mise en scène historique qu'il en donna à Berlin en 1929, les maquettes d'Emil Preetorius pour les décors de cette même représentation, le moule de faux-marbre que Karl Böhm fit porter à Haig Clifford pour le rôle du Commandeur dans le Don Giovanni qu'il monta au Mai Musical d'Urbino, etc."
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On m’a reproché de ne pas m’être foulé cet été, avec ma série de trois Oeil de Paris beaucoup trop courts. Dont acte.
Celui qui suit est, pour me rattraper, un peu plus étoffé.
La rue d’Aboukir, commence place des Victoires, pour abou… tir rue Saint-Denis. On pourrait croire qu’elle doit son nom à une défaite : celle de la flotte française (Bonaparte) face à la flotte britannique (Nelson) dans la baie d’Aboukir, en Egypte, entre le 1er et le 2 août 1798. Mais le 25 juillet 1799, les Français y remportent une bataille sur les Ottomans. L’égyptomanie d’alors fait que la rue se trouve à proximité de celles du Caire, du Nil, de Damiette et d’Alexandrie !
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Son tracé en oblique par rapport au plan général est un vestige du mur de l’enceinte dite de Charles VII.
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L’art d’utiliser les placettes : avec des arbres !
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Un bel arrondi d’angle !
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Beau motif antique de ce qui fut l’hôtel de Rambouillet.
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Immeuble construit par Jules de Joly, avant 1830. La façade est représentative du style Empire tardif. A droite : des médaillons garnis de bustes sur consoles.
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Dans la boutique du rez-de-chaussée du même immeuble : une vraie ménagerie !
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Au n° 44 se tient une de ces « fausses » façades que l’on peut trouver à Paris. Celle-ci cache un ventilateur de la RATP. Les fenêtres sont en maçonnerie et peintes en gris.
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Celà pourrait choquer, mais entre nous, les Aventures de Tintin c’est tellement tarte… Alors soyons fous ! D’ailleurs, bien qu’on ne soit pas dans le Marais, nous sommes dans un quartier gay.
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Tant qu’on y est… Ciel, mais qu’est-ce ?
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Suite de précédemment… Ou bien faut-il voter pour les Canu(ts). mais nous ne sommes pas à Lyon…
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Jeu de mots !
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On mange mieux ichi que là-bas !
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Eh, apprends l’orthographe !
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Snif !
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Voilà ce qui reste des services publics… T’as pas cent balles ?
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N’est-il pas mignon ?
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« L’atelier des artistes en exil (aa-e) se donne pour mission d’identifier des artistes en exil de toutes origines, toutes disciplines confondues, de les accompagner en fonction de leur situation et de leurs besoins, de leur offrir des espaces de travail et de les mettre en relation avec les réseaux professionnels (français et européen), afin de leur procurer les moyens d’éprouver leur pratique et de se restructurer ». Depuis que j’ai pris la photo, l’atelier a déménagé rue Brancion.
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« Le siège de la rédaction du magazine L’Histoire fut celui de l’Association des écrivains pour la défense de la culture. Fondée en 1935, elle comptait Paul Nizan, Louis Aragon, ou André Malraux. Au 8 rue d’Aboukir, l’histoire précède L’Histoire ! » – Et dans le reflet de la pancarte, votre serviteur en pleine action !
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Et la rue « aboukit » place des Victoires, malheureusement enlaidie par des travaux !
Je mets ce point d’interrogation, car un spectre hante non pas l’Europe, mais le monde : le krach financier. Oui, je sais, ce sera le énième mais à chaque fois, tel un clou, une bulle chasse l’autre, afin de sauver les meubles in extremis. Sauf qu’à force (comme on dit), çà ne suffira pas, et la bulle « du moment » (celle de l’IA) pourrait entraîner les autres. En un mot, ce sera la « bulle de tout » (« everything bubble ») – deux millions de milliards de dollars ! – qui va enclencher le krach des krachs, le big one.Depuis le 9 décembre, les Etats-Unis ont une fois de plus inondé les marchés de liquidités pour éviter le krach, dont 74 milliards dans la seule journée du 31 décembre !Selon l’économiste russe Sergueï Glaziev, « des flots de mensonges accumulés et de capitalisation fictive se déverseront, entraînant les adeptes de la croissance éternelle dans leur sillage, et la sobriété qui suivra cette intoxication narcotique sera brutale et durera des décennies ».
Pas la peine de vous désabonner de ce blog : çà ne changera rien à la réalité ! En tous cas, l’article d’aujourd’hui n’est pas sans lienavec le krach.Alors entre une guerre « préventive » américaine aux Vénézuéla, Colombie, Panama, Cuba, Mexique, Iran, Groenland d’une part (les nouveaux Irak), et le krach financier d’autre part, gar(d)e à vous !
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Au-delà du premier niveau des caves avaient commencé les masses émergées : des escaliers aux marches sonores qui descendraient en tournant sur eux-mêmes, de longs corridors carrelés avec des globes lumineux protégés par des treillis métalliques et des portes de fer marquées de têtes de mort et d'inscriptions au pochoir, des monte-charges aux parois rivetées, des bouches d'aération équipées d'hélices énormes et immobiles, des tuyaux d'incendie en toile métallisée, gros comme des troncs d'arbres, branchés sur des vannes jaunes d'un mètre de diamètre, des puits cylindriques creusées à même le roc, des galeries bétonnées percées de place en place de lucarnes en verre dépoli, des réduits, des soutes, des casemates, des salles de coffres équipées de portes blindées."
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A la fin des années 1990, je me vois encore expliquer le marché des produits financiers dérivés à mon père qui me répondait : « tu dis que c’est opaque, mais c’est pas possible : il y a bien une trace dans les livres de comptes ». Il en était resté aux bonnes vieilles actions et obligations de la « Bourse de papa » et ne croyait pas au casino qu’étaient devenus les marchés financiers. Expliquer ce qui va suivre à ceux qui ont connu les francs et qui en sont restés au bons vieux Instituts d’émission et autres Chambres de compensation n’est pas de la tarte !
Cryptomonnaies et monnaies virtuelles. Tout d’abord ces deux-là n’ont rien à voir avec la monnaie dématérialisée, où il s’agit d’abandonner le papier monnaie ou les pièces (trop chers à fabriquer, falsifiables, encombrants, non hygiéniques), les chèques, voire la carte de paiement, et de les remplacer par des opérations via un smartphone, un porte-monnaie électronique ou que sais-je. On y viendra, c’est l’évolution normale des choses, et tout cela doit être encore basé sur des devises « réelles »1 : dollar, euro, yuan, etc.
1. Je mets des guillemets, car dollars et euros sont depuis longtemps émis sans contrepartie en biens ou projets réels et productifs. De la fausse monnaie, en quelque sorte.
« Véritable Monnet de singe » (allusion au monétariste Jean Monnet, sans jeu de mots). Dessin de Karel Vereycken (1988).
Les monnaies virtuelles, c’est tout autre chose, et il faudrait plutôt parler de monnaies fictives. Ce sont les cryptomonnaies, des instruments financiers créés immatériellement, simples codes informatiques servant à la spéculation (surtout) ou aux échanges. Ils ne passent pas par les banques nationales ou centrales. Pour assurer la sécurité des échanges, les cryptomonnaies reposent sur des technologies de cryptographie (d’où leur nom) comme la blockchain2. La valeur des cryptomonnaies fluctue en fonction de l’offre et de la demande.
2. On pourrait consacrer un Dekoikonparle à la blockchain et autres tokens et NFT. Mais tout est fait pour qu’on y comprenne rien….
Blockchain : toutes les transactions sont inscrites dans des blocs qui, attachés les uns aux autres, forment une chaîne - d'où le nom "blockchain". Ces transactions peuvent être ouvertes à tous (comme celles du bitcoin), ou privées (alors seuls les membres en ont les codes).
Bon. Là, pour le coup, les « cryptos » ne sont pas adossées à une politique de crédit productif. Il s’agit ni de monnaie nationale, ni de monnaie commune3, car émises par des « acteurs non-gouvernementaux » : banques privées, entreprises, fonds spéculatifs… La première cryptomonnaie et la plus « populaire » est le bitcoin (BTC), lancé en 2009. Ses transactions sont réalisées sous pseudonymes, mais le registre est ouvert à tous.
3. Une monnaie commune (ex. feu l’ECU) est partagée par plusieurs Etats sans se substituer à leurs monnaies nationales, tandis qu’une monnaie unique (ex. l’euro)est supranationale.
LESAVIÉVOU ?Le motaméricainbitcoinest composé de l'unité informatique bit, et de coin pièce de monnaie. Coin vient du français via le latin médiéval cuneus, désignant une "matrice" - qui a donné le con, mais oui mesdames ! - d'où l'empreinte gravée en creux ("en coin") servant à frapper la monnaie. Analogie vaine dans ce cas car le bitcoin est virtuel.
On pourrait se rassurer car il existe des cryptos adossées à des valeurs « stables », d’où leur nom de stablecoins. Ces derniers sont supposés permettre de bénéficier des avantages offerts par les cryptomonnaies traditionnelles, comme l’immutabilité et le pseudonymat, sans leur principal défaut qu’est leur grande volatilité. Mouais…
LESAVIÉVOU ? Le vocabulaire halieutique s'est imposé très tôt dans le lexique des cryptomonnaies. Les petits épargnants sont les shrimps (crevettes). On passe ensuite aux crabs, fishes, sharks, jusqu'aux plus gros : les whales (baleines). La biodiversité cryptomonétique recense les baleines historiques (les investisseurs précoces), les baleines dormantes (portefeuilles restés inactifs), les baleines institutionnelles (fonds spécialisés, trésoreries de grands groupes, banques)...
La mal nommée loi GENIUS4, téléguidée depuis la City de Londres et signée par le Président Trump le 19 juillet 2025, propose d’adosser une crypto « à des réserves liquides et sûres, par exemple le dollar ou les bons du Trésor américain ». Outil non de régulation mais de dérégulation car il délègue cette responsabilité aux autorités des cinquante Etats ! Il y a quand même des économistes européens intelligents (si, si !) qui voient avec cette loi un moyen de booster le dollar, qui pourrait même aboutir à la mort des systèmes bancaires publics par le pillage des actifs européens par un empire américain lourdement endetté qui cannibalise ses alliés afin de survivre et de préparer à la guerre. La montée spectaculaire de ce marché est une nouvelle tentative de sauver le dollar en faillite, avec beaucoup plus d’argent sale qu’en 2007-2008 provenant cette fois des stablecoins, mais aussi des autres cryptomonnaies.
4. Guiding and Establishing National Innovation for US Stablecoins Act (Loi nationale pour l’orientation et la mise en place innovante des stablecoins).
Abracadabra ! Une nouvelle monnaie !
Tenez-vous bien : la valeur totale des stablecoins en circulation approche déjà les 250 milliards de dollars, contre 1 milliard en 2018 ! Le marché est dominé à 90% par deux « acteurs » américains : Circle et Tether. Et les stablecoins sont hébergés par les mêmes blockchains que les cryptos « non stables », elles-mêmes connectées au darknet. C’est donc une véritable invitation à toutes les mafias à blanchir leurs capitaux via ce système. Cette croissance contamine déjà le système financier traditionnel (fonds monétaires, fonds de pension, banques) : SG Forge5 (filiale de Société Générale) et JP Morgan Chase ont lancé leurs propres stablecoins, ainsi que PayPal et BlackRock. Amazon et Walmart envisagent de le faire. Les banques vont elles être remplacées à terme par des conglomérats technologiques ? D’après Paul Spydell, journaliste de The Economist, journal pourtant porte-parole de la City de Londres, le marché américain « est la quintessence d’un concentré d’idiotie »…
5. To forge signifie falsifier, faire un faux !
Faux billet distribué lors des manifestations nationales contre le réforme des retraites.
On nous vend donc une monnaie privée totalement fictive, aussi fictive que l’étaient les promesses des tulipes hollandaises, des assignats français ou des bons Mefo hitlériens. On sait comment tout cela s’est terminé… Certes, on pourrait dire que la bulle des cryptos a déjà éclaté : ce marché ayant subi au mois d’octobre dernier (toujours octobre…) la plus grande chute de son histoire. Mais cette chute finira par entraîner celle de toutes les autres…
La zone euro prévoit de réagir… en créant une monnaie interbancaire numérique fonctionnant sur une blockchain, reliant banques centrales, banques commerciales et autorités de régulation. Donc les Européens ne contestent pas les fondements de ce système numérique et féodal ! Ils feraient mieux de s’inspirer de la politique de Franklin D. Roosevelt de 1933 (crédit productif et tri entre banques utiles et banques parasites) ou de celle, actuelle et potentielle, des BRICS (alternative au dollar grâce au crédit productif), même si bon nombre de ces derniers veulent aussi lancer leurs propres stablecoins, mais adossés à leur monnaie nationale.
La Banque populaire de Chine a convoqué une réunion le 29 novembre en vue de « freiner la spéculation dans le commerce de monnaies virtuelles », réaffirmant que les cryptomonnaies « n’ont pas cours légal et n’ont pas le même statut juridique que les monnaies fiduciaires. Elles ne doivent pas – et ne peuvent pas – servir de monnaie sur le marché.[…] Elles comportent des risques d’utilisation à des fonds de blanchiment d’argent, de fraude à la collecte de fonds et de transferts transfrontaliers illicites de fonds ». En interdisant les cryptomonnaies, Beijing réaffirme donc la création monétaire comme prérogative exclusive du gouvernement. Une politique 100% à l’opposé de celle du gouvernement Trump…
Sources : EIRStrategic Alert, Nouvelle Solidarité, The Conversation, Le Monde diplomatique, The Economist.
La Stratégie de sécurité nationale publiée par la Maison blanche le 4 décembre vise dans le mille. Ce document interdit expressément toute extension de l’Otan et offre du coup l’ardente occasion pour les Etats-Unis de quitter ce « machin » qui aurait dû être dissous en 1991 ! Aha !
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J’ai fait un tour à la manif parisienne « pour Gaza » le 29 novembre dernier. Folklore habituel : keffiehs, culte du martyr et antisémitisme. J’ai dit à certains manifestants qu’il fallait exiger la libération de Marwan Barghouti. Ce membre du Fatah a été enlevé en 2002 par des agents israéliens, et croupit depuis en prison dans ce pays. Ce type, rallié à la non-violence, est le seul homme politique capable de diriger la Palestine, le seul qui puisse oeuvrer à l’édification d’un Proche-orient en paix ! Hélas, hélas, hélas, la plupart des gens présents à cette manif n’en avaient jamais entendu parler. Révolutionnaires à deux balles !
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"A l'intérieur de cette boîte, il y avait un mouchoir de soie verte, vraisemblablement taillé dans un mouchoir de parachute ; un agenda couvert de notations sybillines du genre "Debout", "gravures en losanges", "X-27", "Gault-du-Perche", etc. dont le difficile déchiffrement n'apporta aucun élément concluant ; un fragment de la carte au 1/160 000e du Jutland, initialement dressée par J. H. Mansa ; et une enveloppe vierge contenant une feuille de papier pliée en quatre : en haut et à gauche de la feuille de papier était gravé un en-tête :
Anton Tailor & Shirt-Maker 16 bis, avenue de Messine Paris 8e EURope 21-45
surmontant une tête de lion qu'en terme d'héraldique, on aurait qualifié de passant ou léopardé."
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Notre « tour de chant » de Noël » ! Après les calamiteuses Chansons Africa de l’année dernière, je vais me rattraper avec la poésie française mise en chansons. Pléonasme s’il en est, car tout poème*, même sans musique, est une chanson…
*Poème ou bien poésie ? Le Robert concède qu’une poésie est un « poème (généralement assez court) ».
Passons en revue certains interprètes (Ferré, Brassens, Reggiani, Ferrat…) qui ont chanté des poèmes, dont certains en ont fait leur fonds de commerce. Rutebeuf, Villon, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Aragon, Eluard, c’est mieux que Vianney, Maé, Bénabar ou Raphaël, qui n’hésitent pas à se présenter comme poètes. Je ne parle pas des rappeurs, que certains n’hésitent pas (même pas peur !) à présenter comme les nouveaux chanteurs à texte…
[Nota : à deux exceptions près, je n’ai trouvé que des vidéos en audio seul. On ne verra donc pas les interprètes en action, et c’est bien dommage.]
Nous allons commencer avec Rutebeuf (1245-1285) dont on ne sait quasiment rien de sa vie et qui a oeuvré dans le registre polémique et satirique. Parmi ses vers les plus célèbres, on trouve certainement ceux issus des Poèmes de l’infortune : « Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés… ». S’il n y en a qu’un pour interpréter la poésie française, çà ne peut être que Léo Ferré, et c’est lui qui va s’y coller pour Rutebeuf (même si ce dernier a été aussi merveilleusement chanté par l’excellente Joan Baez) :
Léo Ferré, Pauvre Rutebeuf, adaptation moderne des poèmes de ce dernier (musique : L. Ferré), 1955.
Brassens, lui, avait chanté la Ballade des Pendus de François Villon (1431-post. 1463). Cette version étant trop connue, j’ai choisi celle chantée par Serge Reggiani, jeune vieux (lui aussi) ne faisant pas dans la gaieté, et interprète quasi oublié maintenant. Pour moi, la poésie « moderne » commence avec Villon, cet écorché vif des bas-fonds à la Rimbaud, avec un zeste de Pasolini. Selon certains, Villon aurait participé à ce qu’on appelle le renseignement politique. Voyou et espion ?
Serge Reggiani, La Ballade des Pendus (texte : F. Villon, musique : L. Bessières), 1968.
Décidément, la poésie pré-classique inspire beaucoup les chanteurs ! Voici, moi qui pourtant n’aime pas La Pléïade, Joachim* du Bellay (1522-1560) avec Heureux qui comme Ulysse, interprété toujours pas par Brassens mais par Ridan (prononcer « Ridane »), chanteur pas vraiment connu de ceux qui écoutent Ferré ou Ferrat. A ceux-là, je dis : n’ayez pas peur, ce n’est pas un rappeur ! Avec ce petit clip d’animation, Ridan nous chante du Bellay d’une manière inattendue, peut-être trop légère pour certains :
* »Joaquime » ou « Joachin » ? De même Guilhem : « Guilème » ou « Guilin » ? Ghislaine : « Jislaine » ou « Guilaine » ?Je n’ai jamais su…
Ridan, Ulysse (texte : J. du Bellay, musique : Ridan), 2007.
Victor Hugo en chansons ? Comment est-ce possible ? Le plus grand des poètes français a été rarement interprété. Et j’en profite pour placer mon Georges Brassens (poum bapoum bapoum), qui interprète ici La Légende de la Nonne, texte peu connu écrit par le grand Victor en 1828, et publié dans le recueil Odes et Ballades :
Georges Brassens, La Légende de la Nonne (texte : V. Hugo, musiqueG. Brassens), 1956.
Aujourd’hui, « Rimbaud chanterait », clamait Michel Delpech… « Les bras en croix », même ! Voici Sensation (Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers/Picoté par les blés, fouler l’herbe menue…), interprété par Robert Charlebois, que peu de gens connaissent dans ce répertoire. Charlebois n’a pas fait que ses chansons libertaro-rock-identitaires des années 70 !
Robert Charlebois, Sensation, (texte : A. Rimbaud, musique : R. Charlebois), 1969.
Louis Aragon, quand il ne s’égarait pas dans des odes à Staline, écrivait d’excellents poèmes facilement adaptables au chant. Pour changer des pseudo- camarades Jean Ferrat/Isabelle Aubret qui en on fait leur fonds de commerce, voici Francesca Solleville, vraie communiste à l’écart du show-biz. Elle chante J’entends, j’entends d’Aragon mis en musique par Ferrat :
Francesca Solleville, J’entends, j’entends (texte : L. Aragon, musique : J. Ferrat), année ? .
Ah ! Encore Léo Ferré ! Mais je dois avouer que dans ce qui suit, il me déçoit : il s’agit de la fameuse Chanson d’automne de Paul Verlaine (Les sanglots longs…), dont on espérait mieux de la part du grand Léo, qui en fait une mauvaise parodie… On comparera, en gardant le meilleur pour la fin, avec l’interprétation nostalgique et très swing, par Charles Trenet (qui s’est accordé quelques licences par rapport au texte original, certes…) accompagné d’un excellent orchestre :
Léo Ferré, Chanson d’automne, (texte : P. Verlaine, musique : L. Ferré), 1986.
Charles Trenet, Chanson d’automne, (texte : P. Verlaine, musique : Ch. Trenet), 1941.
Bonnes fêtes à tous ! On se retrouve le 15 janvier ! Have fun !
Orwell : 1 .Le Prix de la Paix de Westphalie* a été attribué pour 2026 à… l’Otan (!), ainsi qu’à socioMovens, une « ONG » chargée de préparer le terrain pour des révolutions de couleur. En novlangue orwellienne, un coup d’Etat extérieur devient une « révolution de couleur », la guerre devient une « opération de maintien de la paix », et, comme le prouve ce prix, la guerre devient la « paix ». 2. Le 15 octobre s’est tenu à la ZAD (pardon) la fac de Saint-Denis un « grand rassemblement anti-impérialiste ». Près de 200 étudiants ont applaudi une intervenante se disant « fière »de revendiquer l’attaque du 7 octobre, qu’elle a présentée comme un « accélérateur de l’histoire ». Orwell encore : le massacre devient « résistance », le terrorisme « lutte de libération », et les terroristes des « rebelles »…
*Le traité de Westphalie (1648) mit fin à la Guerre de Trente ans. On en fit une doctrine qui, pour faire court, oblige le vainqueur à aider à la reconstruction du/des pays vaincu(s) afin que les conditions politico-économiques pérennisent la paix.
Plan de paix (ou ce qu’il en est au moment de la parution de ce blog) : un plan de paix très à l’avantage de Trump et du business, mais un plan de paix tout de même, que Macron, téléguidé par la géopolitique britannique, va tout faire pour le saboter…
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Astrophysicien⋅ne⋅s, on ne dit pas « une naine blanche » mais « une femme de petite taille non racisée » !
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Ecrans : 1.D’après MyMood, la plateforme consacrée à la santé mentale des jeunes, 50% de ceux-ci présentaient des symptômes dépressifs en 2024. La covid a exacerbé l’isolement numérique (réseaux « sociaux » et jeux vidéo). 50% c’est affolant… 2. Comme le constate Yann Diener dans Charlie Hebdo : « Un enfant a du mal à apprendre à lire ? On le met au fond de la classe sur une tablette. Un enfant est trop dépendant aux écrans ? On lui trouve une thérapie comportementale… sur tablette »…
"Il s'appelait Monsieur Gouttman et il fabriquait des articles de piété qu'il vendait lui-même dans les églises et les procures : des croix, des médailles et des chapelets de toutes dimensions, des candélabres pour oratoires, des autels portatifs, des bouquets de clinquant, des sacrés-coeurs en carton bleu, des saint Joseph à barbe rouge, des calvaires de porcelaine."
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Dans les années 1990, mes activités à Lyon m’amenaient à venir régulièrement à Bourg-en-Bresse avec mon ami Eric Sauzé, lequel appelait plaisamment cette ville Berg-en-Brousse. Il ne s’agissait pas de se moquer de cette préfecture ni de ses habitants, simplement le calembour était ce qu’on appelle bien trouvé*.
*Hommage aux plus créatifs de mes connaissances en matière de « cale-en-bourg » : Eric Sauzé, Karel Vereycken, et, spécial dédicace musée de Cluny, Cédric Pailler !
On peut décliner cet exercice (la contrepèterie) pour pas mal de villes françaises ! Tout du moins, en ce qui nous concerne, il faut qu’un seul de ces éléments soit un mot qui existe (c’est tout le sel de l’à-peu-près), pour que le résultat soit pornographique (grâce au dard ou la moule, par exemple) ou bien évoque la lose assurée (grâce au ridé ou au pelé). Je reconnais toutefois que certains résultats sont quelque peu capillotractés. J’ai évidemment choisi des communes dont, selon moi, bon nombre de gens a plus ou moins entendu parler, sinon çà tombe à côté. La liste qui suit est établie par ordre des départements, ce qui fait que Berg-en-Brousse (Ain) arrive en premier ! J’ai inclus les ex-DOM, aujourd’hui communautés d’outremer – où l’on voit que la commune guadeloupéenne de Capesterre-Belle-Eau est une source de calembours. Certains départements ne m’ont pas inspiré : Bas- et Haut-Rhin avec leur toponymie germanique, peu propices à l’exercice contrapétique.
Allons-y pour ce grand voyage :
Valsegarde-sur-Ballerine
Berg-en-Brousse, Villombes-lès-Dards, Ambugieu-en-Bérêt, Valsegarde-sur-Ballerine (évidemment), Foire-en-Tardenay, Saint-Siourçain-sur-Poule, Théer-sur-Moule et sa voisine Pandemoule-la-Nalieue, Saint-Vaurent-du-Lard, Villefrère-sur-Manche, Saint-Cap-Jean-Ferrat, Tarassiège-sur-Arcon, Hermes-les-Taxes, Nogeine-sur-Sang, Sar-sur-Benne, Romilleine-sur-Scie, Sévechac-le-Râteau, Anse-en-Provexe, Saint-Promis-de-Rêvance (l’espoir fait vivre…), Mos-sur-Fer, Les Rennes-Mis-Pas-Beaux (pauvres bêtes…), Trouvère-sur-Mille, Coursères-sur-Meule, Isignère-sur-Mie, Saint-Aaron-Montmand (un converti), Grive-la-Baillarde, Aumur-en-Sexois, Quernat-la-Salada, Saint-Rambon-d’Albert, Vence-lès-Balourds et sa voisine Saint-Chaul-Trois-Patauds, Rohan-sur-Misère, Onches-en-Couches, Saint-LOL-de-Péon, Châteaufou-du-Neuf, Gnères-de-Baluchon, Lespoc-Médard, Quédelnau-de-Mastoc, Labalains-lès-Mous, Palaflos-les-Veaux, Sainte-Taure-de-Roumaine, Azeau-le-Ridé, Cinq-Mâles-la-Pire, Sainte-Çoire-sur-Lie, Saint-Corlien-en-Verjus, Chenneterre-sur-Mou, Chennemerre-sur-Tout (variante), Le-Vuy-en-Pelé, Sulloire-sur-Lie, Châteaunoir-sur-l’Oeuf, La-Berté-Feinte-aux-Seins non loin de La-Mamelle-Saint-Chespin, Saint-Pircq-Salopie, La-Marelle-Capival, Montray-Bel-Oeil, Lèche-sur-le-Soir (le matin, c’est pas mal aussi…), Chatnoir-sur-LOL, Le-Bléry-Poussé, Le Messie-Placé, Sainte-Mise-et-Glaire, Bourbain-les-Bonnes, Colégly-lès-Deux-On-Baise et Dolégly-lès-Queues-On-Baise (qu’en pense Yvonne ?), Gâteau-Chontier, Soute-à-Poumon, Buc-le-Dard, Belle-Mère-en-Isle, Berk-lès-Siens, Mémères-lès-Zietz, Salaud-Châtains, Chaton-Chineau, Meule-en-Barons, Nain-le-Soble,
Toutes mes excuses aux lecteurs qui bénéficient de mon « alerte » par mail pour les prévenir d’une nouvelle parution. J’ai totalement zappée celle du 1er novembre qui annonçait l’article précédent : https://champouin.blog/2025/11/01/quelle-epoque-epique/ .
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Je ne comprenais pas les attaques sur « les liens de Sophia Chikirou avec la Chine », attaques que l’on a lu dans les médias. J’ignorais que le 4 juillet, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale avait publié un rapport officiel sur les relations entre l’Europe et la Chine, rédigé par Sophia Chikirou, députée LFI contestable et détestable par ailleurs, et qui a embarrassé certains spécialistes des renseignements et journalistes inféodés à l’Empire anglo-américain déclinant. Le même jour, Pierre Januel, du Monde, n’avait pas hésité à dégainer, très irrité que la députée dénonce la politique de l’UE comme « trop souvent alignée sur la politique américaine vis-à-vis de Pékin ». Et Januel d’appeler à son secours Paul Charon, « sinologue » et politiste, qui met en garde contre « la politique expansionniste de la Chine » et contre des propos qui « justifient tout simplement la dictature du parti ». Ce que ne dit pas Januel est que Charon est le directeur du département du renseignement de l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire) où il collabore avec le Collège de défense de l’Otan et de nombreux think-tanks anglo-américains ! Or à la lecture du rapport, on découvre non seulement une analyse politique judicieuse, mais aussi des mesures exigeantes pour résoudre au mieux les problèmes réels d’échanges qui peuvent se poser avec la Chine.
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Je viens de lire : Jean-Pierre Rageau, Gérard Challiand, Géopolitique des Empires – 6000 ans d’histoire humaine, Flammarion (Champs-essais), 2024. Livre d’histoire, mais où est la géopolitique ? Toutefois, sur un point, les auteurs se sont mouillés (enfin !). Je cite : « En marge d’une politique conduite à grand bruit et de décevants résultats au « Grand Moyen-Orient », les Etats-Unis, de façon feutrée, menaient sans fanfare des « révolutions de couleur » qui cherchent à ramener l’ex-Union soviétique aux frontières de la Russie : révolution « des roses » en Géorgie (2003), « orange » en Ukraine (2004), « des tulipes » en Kirghizistan (2005), etc. Pilotées par des organisations qui ne sont non-gouvernementales que de sigle, dotées de moyens financiers, appuyées par des fondations américaines, tant démocrates que républicaines, elles visent à disputer à la Russie son « proche étranger ». Et vlan dans la gueule !
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"[...] à Jane Sutton, qu'elle n'aime pas parce qu'elle est anglaise, elle a seulement fait voir quatre cartes postales également sans relation apparente avec sa biographie : un combat de coqs à Bornéo ; des Samoyèdes emmitouflés parcourant dans un traîneau tiré par des rennes un désert de neige au nord de l'Asie ; une jeune femme marocaine, vêtue de soie rayée, caparaçonnée de chaînes, d'anneaux et de paillettes, la poitrine pleine à moitié dénudée, les narines larges, les yeux pleins d'une vie bestiale riant de ses dents blanches ; et un paysan grec avec une espèce de grand béret, une chemise rouge et un gilet gris, poussant sa charrue."
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Voici un nouvel opus de notre rubrique Anti-index. Je rappelle qu’il s’agit de lister les mots ou expressions étranges, décalées, loufoques contenues dans un texte – de préférence un texte sérieux.
Nous allons nous référer aujourd’hui à un ouvrage déjà évoqué* : Driss Ghali, Une contre-histoire de la colonisation française, éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2023. C’est parti, mon kiki :
A pleines dents dans la chair en décomposition (p. 20).
Personne n’est l’autochtone absolu (p. 32).
Sous-catégorie de bétail dont la caractéristique était l’usage de la parole (p.40).
Commerçants au ventre mou et aux ongles limés (p.44).
Surmoi lâche telle une camisole de force trop lâche (p.44).
Plonger la société dans un bain de formol (p. 46).
Réalité diminuée (p. 47).
Le fanatisme est la grammaire du changement politique (p. 48).
Gribouillis de crises mineures (p. 48).
Cochonnets moribonds (p. 52).
Islam du sourire (p. 57).
Lusitaniens machiavéliques (p. 59)
Coups de grisou qui ouvrent le chemin vers le développement (p. 65).
« J’ai perdu deux soeurs et vous m’offrez vingt domestiques » (p. 71).
Des « hommes augmentés » comme Stanley ou Livingstone (p. 74).
La « pâte » humaine est exceptionnelle (p. 74).
Plante radieuse qui a été transplantée dans un pot exigu (p. 83).
Militaire d’élite qui « pense » (p. 87).
« Service après-vente » de la colonisation (p. 90).
Colonie low-cost (p. 103).
Confier ses missions régaliennes à un gang de Tchétchènes (p. 104).
« Loup qui vous mange depuis de générations » (p. 112).
Colons clochardisés (p. 115).
L’Algérie a la gueule cassée (p. 118).
Chleuhs du Maroc (p. 129).
Casser le thermomètre pour ne pas lire la température (p. 144).
Le « coup était déjà parti » (p. 156).
Taxer les Pygmées (p. 157).
Doigts coupés des coolies tonkinois (p. 162).
Boire un venin et son antidote en même temps (p. 169).
Aux colonies, il n’y a pas de place pour l’amour (p. 177).
Bêtise coloniale (p. 178).
Nids de fourmi dans les parties intimes des jeunes filles (p. 187).
Bâton de dynamite placé dans son anus (p. 190).
Marécage infect où les vocations sont développées (p. 196).
Colonie en bigoudis (p. 199).
Putréfaction de l’appareil administratif (p. 199).
Boys chapardeurs (p. 207).
Un extraterrestre qui a raison sur tout (p. 231).
Erreur congénitale du FLN (p. 238).
Soutanes multicolores signées Christian Dior* (p. 264).
Président « accéléré » (p. 270).
« Développement paresseux » (p. 290).
Coulouglis (p. 303).
« Capitaine moustique » (p. 308).
*Christ en Dior ?
On est songeurs… Réalité diminuée, hommes augmentés et président « accéléré » (un extraterrestre qui a raison sur tout*), chair en décomposition mais arrosée de venin et son antidote, militaires d’élite (tchétchènes ?) qui « pensent »… Bref, aux colonies, il n’y a pas de place pour l’amour : le « coup était déjà parti »…
*Macron ?
Plus sérieusement, l’atmosphère générale de cette liste m’évoque le roman génial de Pierre Lemaître, Le Grand monde (Le livre de Poche, 2023). Ce roman génial montre bien la décomposition et la putréfaction du marécage infect qu’était l’Indochine coloniale… Le Grand monde est aussi, sous forme de roman, une contre-histoire de la colonisation française !
Propos révélateurs prononcés il y a trois semaines par Angela Merkel sur le site hongrois Paritzan : elle a déclaré que Macron et elle-même avaient souhaité engager des entretiens directs avec Poutine en 2021 au sujet de l’Ukraine, mais que l’UE en avait été empêchée par les trois pays baltes et la Pologne. Si des pourparlers diplomatiques avaient été menés à l’époque, a-t-elle admis, on aurait pu empêcher l’invasion de l’Ukraine par la Russie…
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« On ne peut pas défendre le Hamas, la République islamique d’Iran, et prétendre soutenir les femmes afghanes. Je suis l’anti-Rima Hassan » (Marzieh Hamidi, afghane, championne de taekwondo, et militante pour le droit des femmes).
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Cambriolage du Louvre : l’ancien gardien de musée que je suis est de tout coeur avec celles et ceux qui étaient en première ligne. Encore une fois, le drame aurait pu être évité ou restreint s’il y avait eu plus de moyens budgétaires, humains et matériels mis à la disposition du musée, bien que, il faut le reconnaître, il est difficile de sécuriser un bâtiment de 243 000 m2 à moins que les PC sûreté et sécurité deviennent eux-mêmes des usines à gaz….
Et puis pensons aux conditions de travail d’agents travaillant dans un lieu qui fut le Louvre, puis le Grand Louvre, puis un encore plus grand Louvre, puis un toujours plus grand Louvre*, sachant que chaque agrandissement du musée appelle toujours celui de son visitorat, constitué aujourd’hui de hordes de beaufs mondialisés. C’est tout juste si, au château de Versailles, ces derniers ne mangent pas des glaces dans la galerie du même nom…
*Et toujours pas de réservation obligatoire pour réguler les flux, comme au Rijksmuseum, à l’Ermitage ou à l’Alhambra de Grenade…
Paru dans L’Humanité Magazine du 23 octobre.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Sur [la table] de gauche, une lampe dont la forme affecte la forme d'un artichaut, et une assiette octogonale en étain sur laquelle sont posés deux morceaux de sucre, un verre et une carafe d'eau en cristal avec un bouchon en forme de pomme de pin ; sur celle de droite, une pendulette rectangulaire dont le boîtier en acajou veiné est incrusté d'ébène et de métal doré, un gobelet en argent à monogramme, et une photographie dans un cadre ovale représentant trois des grands-parents de Bartlebooth. Sur la tablette inférieure, est posé un agenda de grand format, relié en cuir noir."
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C’est bien connu, l’Histoire, c’est d’abord l’Antiquité. Après la déposition d’Augustule par Odoacre (476 ap. J.-C.) c’est le Moyen-âge, puis après la chute de Constantinople (1453), une Renaissance fluctuante selon qu’elle soit française ou italienne. Après, ce sont les Temps (aujourd’hui de moins en moins) Modernes*. L’Histoire en tranches de saucisson, mais aussi des épiphénomènes comme la Fronde ou la Belle Epoque… Toutes ces périodes s’appellent des chrononymes.
*Le problème se pose également pour l’Art moderne : moderne, mais jusqu’à quand ? A tel point que, vers 1960, il a été supplanté par l’Art contemporain, qui l’est lui-même de moins en moins… Klein ou Warhol, c’était il y a soixante ans : plus très contemporain !
Il y a plusieurs façons de répertorier les chrononymes. Il y a les « ères », ces périodes longues. J’en ai cité trois. Ajoutons la Préhistoire (Paléo- et Néolithique) ou l’Ancien Régime. On notera beaucoup de ces divisions concernent surtout le monde européen. Par abus de langage, on évoque « l’Inde antique » ou « le Japon médiéval ». Enfin, ajoutons, vous en serez témoins, qu’il est difficile d’établir une typologie cohérente, d’autant qu’une entrée peut appartenir à plusieurs catégories.
On compte aussi des périodes moins longues, marquées par des dynasties ou des longs règnes : l’Ere desPharaons noirs (Egypte, 15ème dynastie), Le Siècle de Périclès, la Papauté d’Avignon, l’Ere élizabéthaine, le grand Siècle (= le règne de Louis XIV), la Restauration, l’Ere victorienne (les Anglais disent TheVictorianism), l’Ere Meiji, la dictature des Colonels (Grèce ou Turquie). Sans faire référence à des règnes mais à des siècles, on peut citer le Quattrocento (Attention, piège ! Il s’agit, en Italie, des années 1400, donc de notre 15ème siècle) !
La Restauration.
Doit-on continuer à compter les années avec un système basé sur la naissance du Christ ? Ce procédé arbitraire peut paraître totalement illégitime pour certains peuples... La revue L'Histoire utilise av. (ou ap.) n. è., comprendre "notre ère", ce qui ne résout pas le problème : "notre ère" signifie celle que nous avons déterminée... d'après la naissance de J. C. ! On n'en sort pas... Il vaudrait mieux utiliser è. c. pour "ère commune", afin de dire "c'est l'ère communément utilisée, mais qui ne représente rien pour nous". Pour les temps les plus lointains (géologie, histoire du vivant, paléontologie), les auteurs utilisent B.P. (before present), car on n'est plus à 10 000 ans, voire 100 000 près !
Beaucoup de chrononymes désignent une période marquée par un évènement ou une action : il s’agit alors d’un praxonyme. C’est la catégorie la plus nombreuse.
Certains praxonymes ont rapport à la guerre, hélas. Ce sont même les plus prolifiques. Outre les Guerres du Péloponnèse, puniques, de Cent Ans, de Sept Ans, etc.- et les deux Guerres mondiales, on peut citer les grandes Invasions, la Guerre des Deux-Roses, la Reconquista, la Guerre des Boers, la Grande Guerre, la drôle de Guerre*, les Guerres d’Espagne, du Vietnam (très longue…), des Six Jours (très courte…), ad nauseam, malheureusement.
*Celle-ci se dit der Sitzkrieg (la guerre assise) en allemand et Dziwna Wojna (la guerre étonnante) en polonais. En américain, on dit The Phoney War (la fausse guerre), comprise Funny War par le journaliste Roland Dorgelès, d’où « la drôle de Guerre » !
Notons également les révoltes et révolutions en tous genres : la GrandeJacquerie, la Fronde, la Glorieuse Révolution (anglaise de 1688), la Révolution (française) et en miroir la Chouannerie, la Jeune Allemagne* (1815-1848) – manifestation locale du Printemps des Peuples, le Risorgimento**, la Commune, le Printemps de Prague, l’Intifada, les Printemps arabes.
*Appelée en allemand le Vormärz (« l’avant-mars »), c’est-à-dire toute la période préparant la révolution allemande avortée de mars 1848. En miroir, la réaction à ce mouvement s’appelle le Biedermeier, du nom d’un personnage de roman, bonhomme sans histoires et conservateur. Ces appellations sont tout autant politiques que culturelles.Le terme français Jeune Allemagne, fait référence à la Jeune Europe (Jeunes Turcs, etc.), dynamique d’émancipation des peuples du joug des empires.
**Littéralement « la résurgence ».
La Fronde.
D’autres appellations désignent des périodes marquées par des orientations volontaristes politiques, économiques (les Siècles d’or espagnol ou hollandais), religieuses ou intellectuelles (le Siècle des Lumières*). Ainsi la Réforme (et en miroir, la Contre-Réforme), The Gilded Age (l’Age d’or, 1865-1901, Etats-Unis)**, le Sexenio Democratico (Espagne, 1868-1874), le Front Populaire, les Trente Glorieuses*** (et en miroir, les Cinquante Piteuses qui ont succédé), la Perestroika.
*On dit The Enlightment (« l’illumination ») en anglais et die Aufklärung( « l’éclairage ») en allemand.
** Cet « âge d’or », malgré le développement extraordinaire des Etats-Unis en cette période, est à relativiser.
***Praxonyme inventé par l’économiste Jean Fourastié (Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible de 1946 à 1975, Fayard, 1979) sur le modèle des Trois Glorieuses (trois jours de révolution de juillet 1830).Pour la période d’après 1975, celle de « la crise », on parle des Trente (qui sont maintenant cinquante) Piteuses...
Certains chrononymes désignent des âges d’or plus de passion que de raison : ainsi la Belle Epoque, les Années folles*, la Movida (décennie d’euphorie et de libération culturelle en Espagne après la mort de Franco).
*Appelées die Goldene Zwanziger et The Golden Twenties (« les années vingt dorées ») par les Allemands et par les Britanniques, et The Roaring Twenties (« les années vingt rugissantes ») par les Américains .
D’autres désignent des périodes noires : la Peste noire, la Terreur, les Hungry Forties (famine irlandaise due à la contamination intentionnelle britannique de la pomme de terre par le mildiou dans la décennie 1840), la Grande Dépression (américaine, après le krach de 1929), l‘Occupation (et en miroir, la Résistance), les Années de Plomb (Italie, années 1960-70).
La Résistance.
Ces listes ne sont pas exhaustives et, certaines entrées peuvent appartenir à plusieurs catégories.
Enfin, certains évènements sont désignés par leur date : la Saint-Barthélémy, la Nuit du 4 août, Thermidor (renversement des robespierristes le 9 thermidor an II), le 18 brumaire, la Nuit des Longs Couteaux, le 18 Juin 1940, Mai 68,Bloody Sunday (tuerie par l’armée britannique de 28 militants pro-irlandais à Derry le 30 janvier 1972), le 11 septembre (2001), jusqu’au récent 7 octobre (2023)…
Bref, quelle(s) époque(s) épique(s) !
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[Nota : Quelle époque épique fut une chronique « du drôle et de l’insolite » animée par Yolaine de La Bigne sur France Info de 1987 à 2001. J’ai cru bon d’emprunter ce titre à propos de chromonymes.]