
Les transports publics…
Un habitant des Alpes-Maritimes interrogé par Nice-Matin après le séisme du 18 mars : « Au début, j’ai pensé que c’était Vladimir Poutine qui nous attaquait ». Ecouter les médias nuit gravement à la santé…
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L’initiative ReArm Europe d’Ursula « Cruella » von der Leyen vise en réalité à vendre des « obligations de guerre » aux épargnants européens, dans l’espoir de renflouer les banques et les institutions financières européennes en faillite. Pour convaincre les citoyens, on leur fait croire que la Russie serait sur le point d’envahir l’Europe !
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"La renommée de ces bonbons pour la toux s'établit en moins de cinq ans ; elle fut proclamée par un slogan devenu fameux, «Sherwoods'put you in the mood», et illustrée par des vignettes hexagonales représentant un chevalier en armure [...], vignettes qui furent abondamment distribuées dans l'Amérique toute entière et imprimées sur des buvards d'écolier, derrière les paquets d'allumettes, sur les capsules d'eaux minérales, sur le dos des boîtes de fromage, et sur des milliers de petits jouets et accessoires scolaires, donnés en prime à tout acheteur d'une boîte de Sherwoods' à certaines époques déterminées : plumiers, petits cahiers, jeux de cubes, petits puzzles, petits tamis pour pépites [...], photos faussement dédicacées des vedettes du music-hall."
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Votre serviteur, marcjoly, se présente comme un passionné des transports publics mais ne vous en fait jamais part. Parce que oui, mais bon… Il y a bien le Métro loufoque, pour lequel le métro est un prétexte : cette rubrique relevait en réalité de l’atelier d’écriture. Mais cette fois, c’est la bonne !
Les transports publics, c’est ce qu’on appelait il y a peu les « transports en commun ». On en a une vision différente selon que l’on soit d’une petite ville ou d’une métropole, provincial ou parisien. Du car de campagne au métro automatique, en passant par le bus-navette de quartier et le tramway, sans compter que le train est aussi un transport public.
Ne seront abordés ici que les transports terrestres.
Cadencement = Fréquence de passage en station par intervalles réguliers.
Capacité = nombre maximum de voyageurs que peut recevoir un mode de transport.
Flux = Nombre de voyageurs qu'un mode de transport peut accueillir en un instant t. Deux leviers sont utilisés pour augmenter le flux : la capacité du mode de transport et le cadencement.
Rupture de charge = correspondance entre deux modes de transport.
Site propre (franglais : Voie dédiée) = Voie sur laquelle évolue un mode de transport sur laquelle les autres modes de transport ne peuvent évoluer (voie routière réservée, voie ferrée, rail de guidage...).
- Desserte intérieure :
J’entends par là les dessertes intra-aéroport (de terminal à terminal) ou bien à l’intérieur d’un parc des expositions (de hangar à hangar). Il s’agit de navettes de petites dimensions au cadencement rapproché : cela va du minibus à la navette en site propre (automatique ou non). Il peut aussi s’agir de la boucle d’un terminus de métro (Londres Heathrow).
- Desserte de quartier :
Ce sont ces fameux bus (au design parfois un peu ridicule) qui desservent un quartier. Ils sont empruntés souvent par des personnes âgées. Il s’agit principalement de minibus, souvent aménagés sur une base de van. Peu importe leur motorisation, mais ils sont électriques dans les quartiers pentus (Montmartrobus à Paris).


La mythique ligne 6, desserte locale des pentes de la Croix-Rousse (Lyon). Datant de 1963, ce matériel (Vetra-Berliet H 85) finit par être réformé, sauf que de nos jours, les trolleybus existants sur le marché sont trop longs et ne passent pas dans les virages croix-roussiens en épingle. Un minibus diesel remplaça donc provisoirement le VBH 85 au grand dam des Lyonnais, jusqu’à l’arrivée d’un trolley court suisse MAN-Kiepe NMT 222.
- Desserte urbaine :
Il y a desserte urbaine et desserte urbaine : Saint-Flour ou le Grand Paris ? Pensons au bon vieux bus : cette catégorie est la plus vaste. Selon l’affluence et la longueur de la ligne : court, long ou articulé ? Selon la densité et les conditions de circulation : sur route ou en site propre ? Selon les moyens financiers et les volontés environnementales : diesel, gaz, hydrogène, trolley, électrique ou hybride ? Enfin, on trouve dans toutes les métropoles des bus « à haute qualité de service » : cette appellation pompeuse désigne un bus articulé aux roues camouflées, roulant souvent en site propre (TVM en Val-de-Marne, BHNS en Martinique). Il s’agit d’un « pré-tramway » sur pneu.
Un mot sur le trolleybus : la technologie perche/caténaire provient du tramway mais, le trolleybus n’étant pas en site propre (il n’y a pas de rail pour l’empêcher de dévier de sa trajectoire), les décrochements de perche sont fréquents – et dangereux. En France, il ne subsiste plus qu’à Lyon, Limoges et Nancy.
D’ailleurs, dans une perspective chronologique, j’aurais dû commencer, avant le trolley, par le tramway, abandonné grosso modo entre 1920 et 1955 (cf. encadré), et réapparu à la toute fin des années 1970. Il n’est pas viable pour les petites et moyennes agglomérations. Il est parfois sur pneu (Caen, Clermont-Ferrand*), et est alimenté par caténaire ou par rail central. Ici et là (Bordeaux, Nantes), il a été préféré au métro pour des raisons budgétaires mais pas seulement. Un métro est généralement souterrain, ce qui pose des problèmes : les ruptures de charge avec d’autre modes de transport ne s’effectuent pas de plain-pied, à l’ère de l’accessibilité. Parfois (Bruxelles, Anvers, Rouen), le tramway est abusivement appelé « métro ». Il s’agit bien de lignes de tramway dont un tronc commun circule en souterrain. Les économistes des transports belges utilisent le terme « pré-métro ».
*Michelin, pourquoi tu tousses ?
A Paris, au cours des années 1920 [...], une campagne orchestrée par les lobbys automobiles parvint à diffuser dans l'opinion publique l'idée qu'il [le tramway] s'agissait d'un mode archaïque et lent, et en fit le principal responsable des encombrements de la capitale. Le réseau fut démantelé au début des années 1930 à une vitesse stupéfiante par son opérateur, la STCRP [ancêtre de la RATP - NDLR] au conseil d'administration de laquelle siégeait Louis Renault depuis 1924. [Marion Tillous, in Michel Bussi (dir.), Nos lieux communs - une géographie du monde contemporain, Fayard, 2024]

Ceci nous amène au métro, le vrai. Un métro est un transport ferré systématiquement en site propre, souterrain, en trémie ou aérien. On notera qu’il y a des métros sur fer (la plupart), et d’autres sur pneus (Paris 1, 4, 6, 11, 14 ; Lyon A, B, D). Pour le pneu, il y a des raisons de confort, de niveau sonore, mais cela améliore le freinage, et donc le cadencement. Mais il y a métro léger et métro lourd ! Le métro léger est de faible gabarit, souvent composé de voitures courtes, inspiré des dessertes intérieures en site propre, de type VAL (Rennes) et alimenté par rail central. Mais Lille, Toulouse, Turin et Miami illustrent le fait que de grosses métropoles ont aussi fait le choix du petit gabarit, pour des raisons financières ou de tracé. Afin d’assurer le flux le cadencement doit être optimisé : les métro légers sont donc automatiques et sur pneus. Les métros lourds sont plus, eux, en gabarit tramway (Paris, Londres, Lyon). Le bon vieux métro, quoi ! Plus long que le léger, il est alimenté par caténaire (Tokyo) ou par rail central (« troisième rail » pour tous les métros français) et il s’automatise de plus en plus (Paris 1, 4 , 14 ; Lyon D).
- Desserte péri-urbaine :
Pour aller de l’hyper-centre vers la limite de l’aire métropolitaine, les transports précités ne suffisent plus. On peut faire alors appel au tram-train. Késaco ? On remarquera que l’interface entre la voie ferrée et son environnement n’est pas la même pour un tram (rail enchâssés dans la chaussée, voie presque de plain-pied avec le « trottoir », possibilité pour les piétons ou véhicules de croiser la voie, rétroviseurs) que pour un train (voie reposant sur ballast et traverses, dans une fosse par rapport aux voyageurs). Le tram-train est un tramway urbain qui, au sortir du centre, emprunte une « vraie » voie de chemin de fer. Il cumule ainsi les deux configurations (Ile-de-France T2, Lyon T3).
Pour les dessertes péri-urbaines, il y a aussi le bon vieux train de banlieue, moins long que son cousin « grandes lignes » et dont l’aménagement intérieur fait plus « transport en commun ». Leurs rames sont automotrices. Aujourd’hui, la plupart de ces trains sont cadencés et sont donc devenus des RER ou équivalents, leur service commercial s’inscrit dans le réseau de transport de la métropole, type RATP. Souvent, ce train roule en souterrain à l’approche du centre (RER Paris, S-Bahn des métropoles allemandes).
- Desserte régionale, plus vraiment urbaine, mais un peu tout-de-même :
Le bon vieux car ! Précision : un bus possède un aménagement « transport urbain » (sièges tête-bêche, places debout, barres de maintien) mais un car ne propose que des places assises orientées vers l’avant.
Les réseaux type TER. Notons qu’il y a porosité entre les dessertes péri-urbaines et régionales, que ce soit géographiquement ou par le matériel utilisé. Néanmoins ces trains peuvent être composés de matériel roulant « grands lignes » : motrice et voitures (type Corail, en France).
- Au-delà :
Nous voici maintenant dans les « grandes lignes » et plus loin encore. Trains intercités, TGV, etc., mais nous sommes dans un autre univers : il ne s’agit plus de transports urbains…
Des trams qui se prennent pour des trains, des bus qui se prennent pour des trams, des trams qui se prennent pour des métros… On n’y comprend plus rien !
Le but de cet article était de vous faire comprendre qu’on ne peut pas mettre en place n’importe quel transport n’importe où. Pour aller au delà du « tu sais, moi, tes histoires de transports urbains, çà me dépasse… ». Donc, arrêtez de bailler ! Estimez-vous heureux : quand on parlera de métro léger, de BHNS ou de tram-train dans les « dîners en ville » (comme on dit), vous pourrez poursuivre la conversation et frimer en crachant votre science. C’est chié, non ?