Quel est ton pronom ?

Abracadabra ! L’intrusion de l’Ukraine en Russie sort comme d’un chapeau…. La main de l’Otan dans la culotte d’un Z… elensky, comme l’ont reconnu même les grands médias. Par cette opération, l’Otan franchit une énième ligne rouge, et pousse à la guerre nucléaire. De plus, le New York Times du 20 août nous apprend que Biden a approuvé en mars dernier dans un document confidentiel (Nuclear Employment Guidance) la réorientation de la politique américaine de dissuasion sur la Russie, la Chine et la Corée du Nord avec l’expansion rapide de son arsenal nucléaire.

REVUE DE « PRESQUE » :

Mort d’Alain Delon : d’après France-Inter, organe officiel de la bien-pensance bobo parisienne, il avait « sa part d’ombre ». Les journaleux faisaient-ils référence à sa mégalomanie ? A l’affaire Markovic ? Au fait que Delon mélangeait de façon incohérente gaullisme et lepénisme ? Ou bien au fait qu’il battait son fils, comme l’a relaté Anthony dans un livre de souvenirs ? Que nenni ! La part d’ombre en question est, simplement, qu’il « était de droite ». On peut détester la droite (il y a d’excellentes raisons pour cela, et l’article d’aujourd’hui va le prouver), çà n’en fait pas la moitié de la population (d’inquiétants Français !) avoir sa part d’ombre…

Marianne, Charlie Hebdo et Le Monde ont eu la même idée :

Une de Libération jeudi 22 juillet : KAMALA ARRIVE, DONALD TREMBLE. Libé (qui avait déjà sévi avec MANUEL VALSE) recrute, on ne va pas s’en plaindre, chez Carambar… Est-ce aussi le même type qui opère sur les produits alimentaires Monoprix (par ex. : « Allô, à l’huile, y’a de la friture sur la ligne » sur les boîtes de maquereaux), ou les pubs Lidl (– « Moins de 2,50 € le kilo sur les haricots ? Là, je suis vert ! »). On est mal, patron, on est très mal…

Et au moment où je rédige ce chapeau (24 août), on parle ici et là (France Info, Charlie) – mais on point où on en est, tout est possible – de Tony Estanguet Premier ministre. Là, on se tripote… Comme dirait ma grand-mère : pendant ce temps, les Chinois travaillent (et s’esclaffent et sont consternés à la fois). Le plus pathétique, dans cette histoire de sports, JO, etc. n’est pas que Macron nous le serine, mais qu’il y croit…

LA LISTE (OLYMPIQUE) PEREC (GEORGES, ET NON MARIE-JOSE) DU JOUR :

Nous retrouvons donc ce cher Georges. Je rappelle le principe de La liste Perec du jour : chaque liste est extraite de La vie, mode d’emploi de Georges Perec.

"Il a devant lui une boîte en bois blanc abondamment pourvue d'étiquettes, de timbres, de cachets et de sceaux de cire rouge, d'où il  a sorti cinq broches en argent et strass, style Art Déco, représentant cinq sportives stylisées : une nageuse crawlant au milieu de vaguelettes en festons, une skieuse fonçant schuss, une gymnaste en tutu jonglant avec des torches enflammées, une joueuse de golf à la canne haute et une plongeuse exécutant un impeccable saut de l'ange."

Au moi de mai, j’étais tombé, en kiosque, sur une publication étrange : Livre Noir, trimestriel aux allures de mook (un mook est un livre-magazine).

Un autre périodique, Front Populaire (aucun rapport avec l’alliance de la carpe libéralo-zadiste gluglu et du lapin ruffino-communiste) de Michel Onfray, attaque et démonte faits et idées plutôt bien*, avec une profondeur historique, mais c’est tout ce qu’il fait… car il ne propose rien. En étant souverainiste mais en ne proposant rien, Onfray se situe ainsi dans le registre de la rage au détriment de celui de l’action, et donc est sur le point de rejoindre l’extrême-droite.

*Sauf sur la « transition énergétique », car Onfray, qui déteste pourtant « l’environnementalisme », est persuadé que le dérèglement climatique est d’origine strictement humaine…

Eh bien par rapport à Livre Noir, Front Populaire semble être un magazine gauchiste ! L’aspect même de Livre Noir (qui est aussi un site) dérange : une couverture noire, très « Police/Renseignement » et – la rédaction ne s’en cache pas – ils ont des relais dans ces milieux.

Les trois numéros parus traitent de l’immigration, de l’importation en France du conflit israélo-palestinien, et des mouvements d’extrême- gauche. Rien sur la question économique ou sociale. C’est que Livre Noir ne se positionne pas en tant qu’anti-libéral, comme Front Populaire ! Je ne sais pas qui est Eric Tegnér, qui est à la tête de la publication, mais y participent Thibaut de Montbrial* et Thierry Lentz, admirateur de Napoléon (!), qui ont déjà sévi dans FP ; François-Xavier Bellamy (celui de LR !) ; l’avocat Gilles-William Goldnadel et Rémi Brague, deux Juifs (pro-Netanyahou ?) inquiets – à juste titre – de l’anti-sémitisme ambiant ; Driss Ghali, déjà cité dans ce blog (https://wordpress.com/post/champouin.blog/7093) ; Loïk Le Floch-Prigent, qui a viré souverainiste ; et l’écrivain algérien Boualem Sansal dont on se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère lepéno-zemmourienne. Car c’est bien de cela dont il s’agit !

*Ce dernier participe à Périclès, le think-tank de Pierre-Edouard Stérin, l’homme d’affaires ultra-ultra-libéral qui a manqué racheter l’hebdomadaire Marianne.

Là encore, tout comme pour Front Populaire, il n’y a objectivement rien à jeter dans ce qui est écrit, mais çà s’arrête là*. Comme dirait un homme politique de ma connaissance : « L’important est dans ce qui n’a pas été dit ! ». Pour moi, Livre Noir à « échoué au test ».

Aaaaaaah ! Vous avez échoué !

Je voudrais plutôt m’arrêter sur le sujet du troisième numéro de Livre Noir (avril-mai-juin 2024) : la jeune journaliste Pauline Condamines a infiltré successivement, et avec courage, un mouvement d’extrême-gauche pro-palestinienne (Urgence Palestine*), un mouvement éco-activiste (Soulèvements de la Terre) et un mouvement de soutien aux migrants (Collectif des sans-papiers).

*Qui en appelle ouvertement à l’Intifada, comme je l’ai vu sur leurs affiches…

Point commun à ces organisations et à tous celles ejusdem farinae, comme dirait Rabelais : une pensée binaire (eux contre « l’extrême-droite », c’est-à-dire tout ce qui va de Zemmour à… Macron!*), le wokisme, la haine anti-flic, l’antisémitisme et la haine anti-Israël. Presque tous leurs membres sont des diplômés urbains : pas d’ouvriers (çà ferait trop Gilets-jaunes, c’est-à-dire extrême-droite), ni d’agriculteurs (c’est-à-dire pollueurs). Le même dress-code est de rigueur : piercings, tatouages, sarouel à la Zaz, cheveux sales sous un bonnet rasta, accumulation de vêtements déchirés, etc. Autre point commun, le plus important dans cette histoire : une tutelle américaine de par leur financement, via des ONG comme le Climate Emergency Fund ou autres…

*Voire Fabien Roussel…

Le look Trust ou bien Shaka Ponk…

On apprend aussi ceci : drôles et pathétiques à la fois sont les rituels concernant les réunions de prise de parole ou de formation qu’organisent toutes ces organisations. Celles-ci doivent se réunir de préférence entre « racisés », pourtant quasi absents chez ces proto-bobos. « Chacun est sommé de dévoiler son prénom ou pseudo (« Ecureuil volant », « Choupisson »…), puis son pronom (par lequel on doit être désigné), ainsi « il » ou « elle » ou « iel ». On doit ensuite décrire sa « météo intérieure », par exemple « ma météo est plutôt bonne, même si je suis très fatiguée ». Si l’on est d’accord avec ce que quelqu’un dit, ne pas le dire à l’oral mais agiter les mains en l’air pour ne pas « polluer la conversation ». Et former un C avec le main pour signifier qu’on a besoin d’une clarification. enfin les participants sont invités à prévenir si, au cours de la journée l’on subit des formes d’oppression raciste, sexiste, classiste, validiste, grossophobe, etc. »

Pas très racisés, ces « rebelles » ! D’autant plus qu’il s’agit d’une image de propagande (des intermittents mannequins), sans doute pour faire croire qu’il s’agit d’un mouvement « non violent »…

Cela ne vous rappelle rien ? Oui, les sectes, bien sûr. Personnellement, cela me rappelle autre chose : les formations. Cela se fait moins maintenant, mais j’ai connu des formations gangrénées par l’analyse structurale et l’analyse transactionnelle… Et quels sont ceux qui animent souvent les réunions des mouvements cités supra ? Des gens qui sont « dans le civil » consultants et formateurs, dans des secteurs parasites et non productifs bien souvent (communication, marketing, publicité, etc).

Ce qui fait peur aussi est cette fragmentation de la société, wokisme et inclusivité obligent, en une infinité de catégories. Cela m’a fait penser à un passage des hilarantes Nouvelles de San Francisco, d’Armistead Maupin (10/18, 1995) :

A, B, A-Gays, B-Gays, c’est bien joli, mais on ne sait toujours rien de leurs pronoms…

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

Mitterrand ou les oubliettes de l’Histoire

Au moment où l’on célèbre les quarante ans du 10 mai 1981, le hasard m’a fait découvrir ce livre de Michel Onfray : Vies parallèles – De Gaulle & Mitterrand (Robert Laffont, 2020). Un ouvrage rafraîchissant et délicieusement méchant, et qui montre deux visions de la France, de l’Etat et de ce qu’est un dirigeant : l’une légitimement grande (de Gaulle), l’autre petite (Mitterrand). L’un a mis son ambition au service de la France, l’autre la France au service de son ambition.

J’entends déjà certains dire : « oui, mais Onfray est populiste » : « populiste », mot utilisé par les élites et leurs idiots utiles pour désigner ceux qui ne pensent pas comme eux !

Michel Onfray n’est pas exempt de défauts, dénonce mieux qu’il ne propose, et sa revue Front populaire n’est pas terrible. Néanmoins, voici ce qu’il répond, interrogé par Natacha Polony dans Marianne du 13 décembre 2019 : « […] éduquer, c’est fabriquer des citoyens libres, autonomes, intelligents, indépendants, disposant d’un esprit critique et que l’Etat maastrichtien dans lequel nous vivons depuis 1992 déteste ce genre d’énergumène, puisqu’il veut des crétins incultes qui consomment,[…] débitent le catéchisme du politiquement correct et mange volontiers la nourriture de Macron et du patronat pourvu qu’elle lui soit servie par Greta Thunberg dans une assiette écoresponsable en maïs recyclé. » Polony lui demande à quoi il résiste : « Résistance à la dictature de l’Etat maastrichtien, résistance à l’islamo-fascisme, résistance au gauchisme culturel venu des campus américains, résistance au libéralisme politique,[…] résistance à l’illettrisme généralisé, résistance aux Gafam, résistance aux fascismes qui viennent, en un mot : résistance au nihilisme… »

Charles de Gaulle vs. « Francisque » Mitterrand, donc.

L’un, maurrassien mais anti-dreyfusard, travaillera beaucoup sur l’Histoire et deviendra antifasciste et anticolonialiste. Le second, antisémite, restera jusqu’au bout l’ami de René Bousquet, Jean-Paul Martin, Jean Delage, Yves Cazeaux, Pierre Saury (des collaborateurs notoires) et contribuera, par des tactiques médiatico-électorales, à la montée en puissance du FN.

L’un libère la France. L’autre est un vichysso-résistant (à quand les judéo-nazis ?) : francisque et résistance de la dernière heure.

La fameuse Francisque.

L’autre, ministre de l’Intérieur puis de la Justice de 1954 à 1957 soutient l’Algérie française, envoie les contingents et fait torturer et guillotiner les pro-FLN. L’un, arrivé en 1958, va recoller les morceaux en vue de l’Indépendance.

L’un met fin pacifiquement en 1958 à une longue crise institutionnelle. L’autre voit en chaque défaite personnelle un coup d’Etat.

L’un respecte la Constitution qu’il a fait mettre en place : il s’en va quand il est désavoué. L’autre, désavoué, se maintient dans une cohabitation.

L’un s’oppose aux puissances d’argent et à l’Europe supranationale, l’autre adhère au projet impérial anglo-saxon de Jean Monnet puis au traité de Maastricht.

Jean Monnet, né à Cognac, près de Jarnac. L’occupation historique des Charentes par les Anglais a-t-elle joué un rôle dans l’appétence de Monnet et de Mitterrand pour une soumission anglo-saxonne ?

L’un met la culture au service du peuple grâce à André Malraux (même si ce dernier était un peu siphonné…), l’autre lui sert l’idéologie de la « fête » grâce à Jack Lang et Jean-Paul Goude.

L’un veut des obsèques dans l’intimité familiale, sans pompe, sans oraison ni cérémonie. Une simple tombe. Aucune distinction ni décoration ni citation. L’autre avait songé à un mausolée sur la colline de Bibracte !

L’un fait l’Histoire, l’autre consulte l’astrologue Elisabeth Teissier.

Ce livre aura également le mérite de clouer le bec aux petites musiques qu’on entend trop souvent : « de Gaulle, oui, mais c’était un dictateur en puissance » (affirmation issue des milieux vichystes à Londres et à Washington et qui a perduré : Daniel Cordier lui-même tombera dans le piège bien plus tard) ; « de Gaulle, oui, mais les horreurs de la guerre d’Algérie, c’était lui » (comme on l’a vu, c’était Mitterrand) ; « de Gaulle, oui, mais il a trahi les Pieds-noirs » (les médias, dont Le Monde de l’ancien collaborateur Hubert Beuve-Méry, se sont empressés de sortir le « je vous ai compris » de son contexte)…

C’est même toutes les élites françaises qui, dans leur ensemble, reçoivent une vaste gifle sous la plume d’Onfray. Ce livre est un anti-manuel* d’Histoire française contemporaine !

Je ne crois pas que l’auteur y voyait, avant sa rédaction (car il y pensait depuis plusieurs années), une allusion à un autre Rastignac petit-bourgeois arriviste jésuitique : Emmanuel Macron. Onfray n’en parle pas, mais nous a de facto fourni l’aune à laquelle mesurer Manu-tête-à-claques.

*Que l’on ne pourra malheureusement pas consulter, faute d’index…

Prochaine parution le 1er juin.

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Ecr. l’inf. (1)

Parution hebdomadaire pendant le confinement

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

Je vous enjoins tous à regarder sur Arte le documentaire en deux parties Ku-Klux-Klan, une histoire américaine (à chercher sur arte.tv/guide/fr/). L’on en apprend de belles sur un mouvement anti-noir, çà on le sait, mais aussi antisémite et antidémocrate, mené par des prédicateurs galvanisés et pas défavorables à l’esclavage. Un mouvement qui a fini par délaisser les opérations d’envergure et isolées pour finalement multiplier les actes opérés par des « loups solitaires ». Un mouvement sectaire et mafieux, qui a infiltré une bonne partie de la société, et terroriste. Cà ne vous rappelle rien ? Bingo : entretien de David De Pas, juge d’instruction, dans le Parisien du 14 novembre : « Les organisations djihadistes, une synthèse parfaite entre secte et mafia ».

Je vous dis çà car j’entends trop souvent cette petite musique : « oui mais quand même, si on avait pas publié/republié/expliqué à l’école les caricatures, on n’en serait pas là ».

Moi-même, je n’aimais pas Charlie… sauf pour ses dessins ! Exception : ceux sur la religion. Je n’ai jamais été choqué, ni scandalisé, mais c’est qu’ils étaient tout simplement mauvais… Mais j’estime qu’un dessin, un journal, un livre, un film mauvais a tout de même le droit d’être publié…

Les islamistes n’ont pas attendu ces fameux dessins, ni « l’affaire du voile » pour passer à l’acte ! Comme on le verra, ils sont passé à l’acte depuis la création des Frères musulmans, en appliquant les méthodes de toutes les mafias terroristes du monde, du Ku-Klux-Klan en passant par la Camorra.

Avant tout, deux points :

Ceux qui se sont toujours couchés, avec les « pas d’amalgame » et « pas de vagues ». Ce sont les victimes et les idiots utiles du relativisme culturel, qui ne date pas des ethnic studies anglo-saxonnes, ni de mai 68, mais des années 30 avec l’Ecole de Francfort et les déconstructionnistes d’une part, et avec Lévi-Strauss d’autre part. Elisabeth Badinter raconte, dans le Figaro du 13 novembre, comment elle fut obligée de rentrer dans le lard d’une Danielle Mitterrand qui avait refusé de condamner l’excision et la polygamie sur le sol français, au nom du respect de toutes les cultures.

Ceux, en face, le Croissant entre les dents, et non pas sur le coeur. Nous allons en parler. Pour cela, je vous recommande la lecture de trois ouvrages, deux minces et un épais.

Si l’Islamisme est toujours « radical », c’est pour mettre en valeur un islamisme « modéré », bien sûr !

Tout d’abord, de Chahdortt Djavann : Bas les voiles ! (Folio Gallimard, 2003). Pour cette romancière et anthropologue d’origine iranienne, qui a porté le voile pendant dix ans avant de s’exiler en France, ce port, même volontaire, comme tout marquage culturel et discriminant, devrait être interdit. Cette interdiction, selon elle, devrait être un préalable à tout débat sur la laïcité et ce langage de fermeté aurait du être tenu il y a dix ou vingt ans [écrit en 2003 !].

Ensuite de Michel Onfray : Penser l’Islam (Grasset/Fasquelle, 2016) – disponible en Livre de Poche. Pour lui, « on doit pouvoir lire le Coran comme on lit la Bible, la Torah ou Platon […] Ce programme n’est un péché que chez ceux qui n’aiment ni la liberté ni l’exercice de la raison ». Certains diront que c’est à des Musulmans d’accomplir ce programme. Il y en a. Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, en sait quelque chose : il est sous protection policière…

Venons en au gros pavé, véritable somme sur les Frères musulmans : Mohamed Sifaoui, Taqiyya – Comment les Frères musulmans veulent infiltrer la France, Editions de l’Observatoire, 2019. Taqiyya, en arabe signifie littéralement la « prudence » ou « crainte » pour se « protéger ». Appliqué aux Islamistes, c’est la dissimulation : « montrer et dire le contraire de ce que l’on prépare, qui doit, en toute circonstance, demeurer secret et dissimulé », technique qui facilite l’infiltration.

Mohamed Sifaoui.

Comme son sous-titre ne l’indique pas, il ne s’agit pas que de la France : l’auteur explique le départ idéologique des islamistes, en la personne de l’Egyptien Hassan El-Banna (1906-1949), grand-père du gourou Tariq Ramadan, et fondateur en 1928 de la Confrérie des Frères musulmans, qui allait essaimer dans les pays du Croissant. Pensée totalitaire, méthodes redoutables, soutien à l’idéologie nazie… Ils n’ont en effet pas attendu les caricatures…

Tout çà, ce n’est que l’Orient compliqué ? Bon nombre de « cadres » des Frères se sont exilés en Occident à partir des années 50. En France l’Institut européen de Sciences humaines (IESH) de Château-Chinon s’appelle en arabe Al-Kouliya Al-Ouroubiya Lil Dirassat Al-Islamiya, c’est-à-dire Faculté européenne de Sciences islamiques. Bel exemple de taqiyya !

« Les organisations djihadistes,
une synthèse parfaite
entre secte et mafia ».

Juge David De Pas

Propagandistes prêts à bondir, chantage à l’islamophobie (fonds de commerce d’une certaine gauche), maîtrise parfaite des médias, destruction du féminisme par le voile, action sociale dans les banlieues abandonnées… Je ne vais pas dévoiler tout l’ouvrage de Sifaoui, mais ce dernier détaille le grignotage des mentalités et des institutions par les islamistes, non pas par leur force, mais par notre faiblesse et celle de nos dirigeants : Sarkozy, Hollande et Macron (jusqu’à récemment) ayant été malheureusement persuadés que, « quelque part », on pouvait « aménager » la laïcité.

Faut-il rappeler que Mohamed Sifaoui vit lui aussi sous protection policière ?

Addendum : le roman Soumission de Michel Houellebecq (Flammarion, 2015) est instructif par rapport au noyautage communautariste du monde universitaire, mais, comme le soulignent aussi bien Onfray que Sifaoui, Houellebecq ne connaît rien à l’Islam et voit l’action des « Frères » comme faisant partie d’un « grand remplacement » à la Zemmour alors que ces derniers veulent dévier les mentalités des musulmans du monde entier : il ne s’agit pas de croisade. Notons, pour faire écho avec le contexte du roman, que la Sorbonne a décidé de supprimer en 2019, sous la pression des communautaristes, le cycle de cours Prévention de la radicalisation animé par Mohamed Sifaoui !

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