Anti-index (4)

Toutes mes excuses aux lecteurs qui bénéficient de mon « alerte » par mail pour les prévenir d’une nouvelle parution. J’ai totalement zappée celle du 1er novembre qui annonçait l’article précédent : https://champouin.blog/2025/11/01/quelle-epoque-epique/ .

Je ne comprenais pas les attaques sur « les liens de Sophia Chikirou avec la Chine », attaques que l’on a lu dans les médias. J’ignorais que le 4 juillet, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale avait publié un rapport officiel sur les relations entre l’Europe et la Chine, rédigé par Sophia Chikirou, députée LFI contestable et détestable par ailleurs, et qui a embarrassé certains spécialistes des renseignements et journalistes inféodés à l’Empire anglo-américain déclinant. Le même jour, Pierre Januel, du Monde, n’avait pas hésité à dégainer, très irrité que la députée dénonce la politique de l’UE comme « trop souvent alignée sur la politique américaine vis-à-vis de Pékin ». Et Januel d’appeler à son secours Paul Charon, « sinologue » et politiste, qui met en garde contre « la politique expansionniste de la Chine » et contre des propos qui « justifient tout simplement la dictature du parti ». Ce que ne dit pas Januel est que Charon est le directeur du département du renseignement de l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire) où il collabore avec le Collège de défense de l’Otan et de nombreux think-tanks anglo-américains ! Or à la lecture du rapport, on découvre non seulement une analyse politique judicieuse, mais aussi des mesures exigeantes pour résoudre au mieux les problèmes réels d’échanges qui peuvent se poser avec la Chine.

Je viens de lire : Jean-Pierre Rageau, Gérard Challiand, Géopolitique des Empires – 6000 ans d’histoire humaine, Flammarion (Champs-essais), 2024. Livre d’histoire, mais où est la géopolitique ? Toutefois, sur un point, les auteurs se sont mouillés (enfin !). Je cite : « En marge d’une politique conduite à grand bruit et de décevants résultats au « Grand Moyen-Orient », les Etats-Unis, de façon feutrée, menaient sans fanfare des « révolutions de couleur » qui cherchent à ramener l’ex-Union soviétique aux frontières de la Russie : révolution « des roses » en Géorgie (2003), « orange » en Ukraine (2004), « des tulipes » en Kirghizistan (2005), etc. Pilotées par des organisations qui ne sont non-gouvernementales que de sigle, dotées de moyens financiers, appuyées par des fondations américaines, tant démocrates que républicaines, elles visent à disputer à la Russie son « proche étranger ». Et vlan dans la gueule !

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] à Jane Sutton, qu'elle n'aime pas parce qu'elle est anglaise, elle a seulement fait voir quatre cartes postales également sans relation apparente avec sa biographie : un combat de coqs à  Bornéo ; des Samoyèdes emmitouflés parcourant dans un traîneau tiré par des rennes un désert de neige au nord de l'Asie ; une jeune femme marocaine, vêtue de soie rayée, caparaçonnée de chaînes, d'anneaux et de paillettes, la poitrine pleine à moitié dénudée, les narines larges, les yeux pleins d'une vie bestiale riant de ses dents blanches ; et un paysan grec avec une espèce de grand béret, une chemise rouge et un gilet gris, poussant sa charrue."

Voici un nouvel opus de notre rubrique Anti-index. Je rappelle qu’il s’agit de lister les mots ou expressions étranges, décalées, loufoques contenues dans un texte – de préférence un texte sérieux.

Nous allons nous référer aujourd’hui à un ouvrage déjà évoqué* : Driss Ghali, Une contre-histoire de la colonisation française, éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2023. C’est parti, mon kiki :

*https://champouin.blog/2024/03/15/ecr-linf-3/ .

  • A pleines dents dans la chair en décomposition (p. 20).
  • Personne n’est l’autochtone absolu (p. 32).
  • Sous-catégorie de bétail dont la caractéristique était l’usage de la parole (p.40).
  • Commerçants au ventre mou et aux ongles limés (p.44).
  • Surmoi lâche telle une camisole de force trop lâche (p.44).
  • Plonger la société dans un bain de formol (p. 46).
  • Réalité diminuée (p. 47).
  • Le fanatisme est la grammaire du changement politique (p. 48).
  • Gribouillis de crises mineures (p. 48).
  • Cochonnets moribonds (p. 52).
  • Islam du sourire (p. 57).

  • Lusitaniens machiavéliques (p. 59)
  • Coups de grisou qui ouvrent le chemin vers le développement (p. 65).
  • « J’ai perdu deux soeurs et vous m’offrez vingt domestiques » (p. 71).
  • Des « hommes augmentés » comme Stanley ou Livingstone (p. 74).
  • La « pâte » humaine est exceptionnelle (p. 74).
  • Plante radieuse qui a été transplantée dans un pot exigu (p. 83).
  • Militaire d’élite qui « pense » (p. 87).
  • « Service après-vente » de la colonisation (p. 90).
  • Colonie low-cost (p. 103).
  • Confier ses missions régaliennes à un gang de Tchétchènes (p. 104).
  • « Loup qui vous mange depuis de générations » (p. 112).
  • Colons clochardisés (p. 115).
  • L’Algérie a la gueule cassée (p. 118).
  • Chleuhs du Maroc (p. 129).

  • Casser le thermomètre pour ne pas lire la température (p. 144).
  • Le « coup était déjà parti » (p. 156).
  • Taxer les Pygmées (p. 157).
  • Doigts coupés des coolies tonkinois (p. 162).
  • Boire un venin et son antidote en même temps (p. 169).
  • Aux colonies, il n’y a pas de place pour l’amour (p. 177).
  • Bêtise coloniale (p. 178).
  • Nids de fourmi dans les parties intimes des jeunes filles (p. 187).
  • Bâton de dynamite placé dans son anus (p. 190).

  • Marécage infect où les vocations sont développées (p. 196).
  • Colonie en bigoudis (p. 199).
  • Putréfaction de l’appareil administratif (p. 199).
  • Boys chapardeurs (p. 207).
  • Un extraterrestre qui a raison sur tout (p. 231).
  • Erreur congénitale du FLN (p. 238).
  • Soutanes multicolores signées Christian Dior* (p. 264).
  • Président « accéléré » (p. 270).
  • « Développement paresseux » (p. 290).
  • Coulouglis (p. 303).
  • « Capitaine moustique » (p. 308).

*Christ en Dior ?

On est songeurs… Réalité diminuée, hommes augmentés et président « accéléré » (un extraterrestre qui a raison sur tout*), chair en décomposition mais arrosée de venin et son antidote, militaires d’élite (tchétchènes ?) qui « pensent »… Bref, aux colonies, il n’y a pas de place pour l’amour : le « coup était déjà parti »…

*Macron ?

Plus sérieusement, l’atmosphère générale de cette liste m’évoque le roman génial de Pierre Lemaître, Le Grand monde (Le livre de Poche, 2023). Ce roman génial montre bien la décomposition et la putréfaction du marécage infect qu’était l’Indochine coloniale… Le Grand monde est aussi, sous forme de roman, une contre-histoire de la colonisation française !

Ecr. l’inf. (4)

Pour ceux qui en étaient restés à Stanislas* Guérini, Guillaume Kasbarian est le nouveau Ministre de la Fonction publique, de la Simplification et de la Transformation de l’action publique. Tout est dans l’intitulé, car dès que ce dernier à appris qu’Elon Musk était nommé par Trump à la tête d’un « département de l’efficacité gouvernementale », il s’est précipité sur son clavier : « J’ai hâte de partager avec vous les meilleurs pratiques pour […] repenser les organisations publiques pour améliorer l’efficacité des agents publics ». Admettons qu’en tant que tel, il s’agit d’une bonne intention (on peut rêver). Il sera plus difficile d’admettre que Kasbarian ne sache pas qui est Musk…

*Prénom tête-à -claques, s’il en est ! A bas les Edouard, les Charles-Henri, etc…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Avant la guerre, elle travaillait dans une usine de cartonnages, qui faisait des emboîtages pour des livres d'art, en carton fort recouvert de soie, de cuir ou de suédine, avec des titres frappés à froid, des classeurs, des présentoirs publicitaires, des garnitures de bureau, des cartonniers en toile rouge sombre ou vert Empire avec des filets à l'or fin, et des boîtes fantaisie - à gants, à cigarettes, à chocolats, à pâtes de fruits - avec des décorations au pochoir".

L’arrestation le 16 novembre de l’écrivain Boualem Sansal par les autorités algériennes, suivie de son incarcération, est inquiétante, pas seulement en soi, mais aussi pour l’avenir de l’Algérie.

Il ne s’agit pas seulement de propos, comme il a été dit, sur la légitimité du territoire algérien : Sansal affirme en effet qu’une bonne partie aurait été arrachée au Maroc par la France colonisatrice. En réalité, Boualem Sansal a depuis des années dénoncé le vrai visage de l’Algérie : intolérance, totalitarisme, brutalité, islam(isme), haine et manipulations idéologiques. Il dénonce également l’antisémitisme.

Boualem Sansal :

Le Serment des barbares, Gallimard (Folio), 1999.

2084 : la fin du monde, Gallimard, 2015.

L’infortune s’abat aussi sur Kamel Daoud. Son dernier roman, Houris (prix Goncourt 2024), fait intervenir un personnage, une femme privée de la parole suite à une tentative d’égorgement lors des massacres des années 1990. Une algérienne au cas similaire lui fait aujourd’hui un procès. Il faut savoir que la loi dite « de réconciliation » (comprendre « de compromis avec les islamistes ») post-décennie noire interdit de narrer les faits de l’époque. Cette femme a-t-elle reçu des pressions du pouvoir en place ? Tout cela s’inscrit dans une stratégie de tension (« une prise d’otages de Paris par Alger », écrit L’Express) contre tous ceux qui dénoncent la dangereuse jonction du djihadisme et du décolonialisme, car c’est de cela dont il s’agit.

Kamel Daoud :

Meursault, contre-enquête, Gallimard (Folio), 2023

Houris, Gallimard, 2024

Kamel Daoud

Daoud a écrit un brûlot dans Marianne du 7 novembre. Je cite : « Aujourd’hui, camouflés derrière la barrière linguistique, les islamistes diffusent un révisionnisme dont l’objet est la guerre d’Algérie : celle-ci devient dans leur récit, largement diffusé, un djihad contre une France coloniale et chrétienne ». Les prémices de cette dimension religieuse perçaient tout de même déjà sous l’habit du FLN, mais ses sympathisants français communistes, trotskystes n’ont rien vu ou ont refusé de voir (« ils peuvent penser ce qu’ils veulent : moi, de tout façon je m’en fous, je suis athée »)*. Pire : « intellectuels » (Vidal-Naquet, Duras, Clavel) aussi bien que porteurs de valises, aveuglés par leur tiers-mondisme relativiste, encensèrent par la suite la révolution en Iran… Aujourd’hui, une certaine gauche wokiste et antisémite, aveuglée par la lutte (légitime) pro-palestinienne, ne s’émeut pas de l’oppression des mollahs sur les femmes iraniennes. Je ne parle même pas de la complaisance ou de la démission de nos élites politiques. Pas de vagues !

*Il y eut tout de même des militants FLN juifs ou chrétiens...

La matrice intellectuelle de tout cela est le relativisme culturel de l’Ecole de Francfort et de Normale Sup des années 30, relayés par Lévi-Strauss, puis par les bourgeois staliniens germanopratins Aragon/Triolet et Sartre/Beauvoir. Avec une couche supplémentaire : la culpabilité post-décolonisation.

Le bon temps des partouzes chic sous la faucille et le marteau…

J’entends déjà certains objecter que Boualem Sansal est proche de Michel Onfray et collabore au magazine Livre Noir. Daoud et Sansal sont au demeurant proches de Marianne, que la gauche citée supra qualifie de populiste, si ce n’est d’extrême-droite. Et ce que dit Kamel Daoud sur l’histoire maghrébine rejoint les propos de Driss Ghali (cf. notre rubrique Ecrasons l’infâme#3 https://wordpress.com/post/champouin.blog/7093), lequel s’exprime dans des médias assez à droite. Mais quels média mainstream aura les couilles publier ce que disent frontalement Sansal, Daoud et Ghali ? Qui osera publier, in your face (comme disent les Américains) ou zyé dan zyé (comme disent les Antillais,) ce que pensent nos trois mousquetaires du Maghreb ? En tous cas, je vois très bien Marianne, qui mène un combat pro-laïcité depuis trente ans, faire l’objet d’un attentat islamiste, et Boualem Sansal, Kamel Daoud (ce serait pour lui la deuxième fois), Yasmina Khadra, Rachid Boudjedra, qui ont fui les horreurs des « frères » dans l’Algérie des années 90, faire l’objet de fatwas…

Alors il est temps pour l’Algérie d’en finir avec la « rente » mémorielle du FLN (qui rappelle celle des dinosaures de l’ANC en Afrique du Sud, ou celle des « gaullistes » anti-gaulliens UDR/RPR) et de se projeter enfin vers le futur. L’Algérie doit abandonner ses fausses fiertés et honneurs, et tout ce qui va avec (corruption, rente gazière, prépondérance de l’Armée, et soumission aux barbus). C’est la condition pour qu’une nouvelle demande d’adhésion de ce pays au BRICS* soit enfin acceptée, pour une économie non dirigée par le dollar, l’euro ou les hydrocarbures.

*Une première demande a été rejetée en 2023.

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

Ecr. l’inf. (3)

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Le client d'une des nouvelles hostelleries Marvel [...] aurait également son champ de ski, ses remontées mécaniques, sa patinoire, son fond sous-marin, ses vagues à surf, son safari, son aquarium géant, son musée d'art ancien, ses ruines romaines, son champ de bataille, sa pyramide, son église gothique, son souk, son bordj, sa cantina, sa Plaza de Toros, son site archéologique, sa Bierstübe, son Bal-à-Jo, ses danseuses de Bali, etc., etc., etc., et etc."

Claude Lévi-Strauss.

Dans cet article, il ne sera pas question d’ethnies, ce qui serait du racisme, mais de cultures, de religions et de mentalités. Désolé, Lévi-Strauss, mais la mantra débitée au collège, au lycée, à la fac, sur « France Cul » et sur Arte (« Toutes les cultures se valent »), ce chantage à la bien-pensance antidiscriminatoire, est à mettre à la poubelle. Que « valent » des cultures ayant pratiqué les sacrifices humains, l’anthropophagie, ou bien « simplement » l’esclavage, l’infériorité des femmes ou l’antisémitisme ?

L’auteur de ces lignes, marcjoly, votre serviteur, est un « mâle français blanc hétérosexuel cisgenre de plus de soixante ans ». Mais ce que nous allons exposer ne provient pas de lui mais de deux sources… arabes. La première s’appelle Adonis, pseudonyme provocateur d’Ali Ahmed Saïd, né en 1930 en Syrie. Cet ancien représentant de la ligue arabe à l’Unesco est surtout le plus grand poète arabe contemporain avec Mahmoud Darwich. Athée, il se montre très critique envers l’islam – c’est le moins qu’on puisse dire – dans son livre d’entretiens avec la psychanalyste Houria Abdelouahed Violence et islam (Seuil, 2015). Adonis dénonce le caractère intrinsèque de la violence dans cette religion.

L’autre source, est à mon avis, plus justement méchante encore. Cette bombe s’appelle Driss Ghali, universitaire marocain et musulman pratiquant vivant en France, auteur d’Une contre-histoire de la colonisation française (éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2023).

Adonis, tout d’abord. Pour lui, « L’islam, puisqu’il est né parfait, combat tout ce qui lui était antérieur et tout ce qui est venu après. «Tout» désigne : philosophie, art, pensée, créativité, vision du monde, etc ». « Dans l’islam, le mouvement est forcément tourné vers le passé. L’avenir n’a pas de sens et n’existe qu’à la lumière de passé : le passé, c’est l’avenir du présent ». « Le musulman voit le monde à travers la vision islamique qui est ancienne et close. L’islam n’a besoin ni du monde, ni de l’autre, ni de la culture puisqu’il est la Culture absolue […] Quelle nouveauté a-t-il apportée par rapport aux anciennes civilisations ? «  « La grande majorité de la société arabe est encore dominée par l’ignorance, l’analphabétisme et l’obscurantisme religieux » et « on peut constater le manque d’un esprit de recherche et d’innovation » dans un monde figé dans lequel le progrès et l’avenir n’existent pas, car « le pouvoir est devenue la propriété de la tribu. Depuis, l’Histoire est restée liée au pouvoir de la tribu ». Un bon « cas » pour la psychanalyste qui a mené l’entretien avec Adonis !

Adonis.

Ce dernier en vient au vif du sujet : Il y a dans l’islam « l’absence de «l’autre comme structure» […] L’autre est à annuler en tant qu’autre. D’où la violence qui habite le djihad. le meurtre de l’Autre est un djihad« . « Historiquement, l’islam […] a été fondé par l’esprit de la tribu, les conquêtes et la puissance de l’argent. Aujourd’hui, Daech s’enrichit grâce aux ghanâ’im [butins de guerre] et la mainmise sur le pétrole, le gaz, l’argent des banques et la vente des femmes ». Et puisqu’il y a soumission (islam, en arabe) à l’islam et à ses préceptes (prix de la miséricorde), l’homme doit faire preuve de vassalité.

Pour Adonis, face à ce constat, l’islam est condamné à régresser.

Venons-en maintenant à Driss Ghali. je vais parler de son ouvrage précité, mais en préparant cet article par le biais de l’internet, je suis tombé sur une entrevue sur Breizh-Info à propos de son autre ouvrage (que je n’ai pas lu) : Français, ouvrez-les yeux ! – Une radiographie de la France par un immigré (L’Artilleur, 2023). Ce qu’il y écrit là résume totalement son propos, et j’aurais pu m’arrêter là : « Le comportement des immigrés en France est influencé par leur civilisation d’origine. Quand ils viennent de civilisations où la courtoisie et le travail sont des valeurs suprêmes, tout va bien : Vietnamiens, Chinois etc. Quand ils viennent de civilisations de commerçants où l’adaptabilité est une valeur cardinale, tout va bien aussi : les Libanais, les Syriens, les Arméniens… Quand ils viennent de civilisations tribales et féodales qui ne promeuvent pas le travail, l’instruction et le civisme, ça se passe mal : Afrique du Nord, Afrique subsaharienne… Au sein d’une tribu, la productivité est le dernier des soucis, il suffit de razzier les voisins ou de mener une campagne de piraterie (ou un jihad) afin de capter la valeur ajoutée que l’on ne sait pas produire localement. Parfois, on dispose d’esclaves à la maison ou aux champs. Autrement dit, le travail est mal vu, il est associé aux faibles et aux soumis, les forts et les riches font la guerre et ont des esclaves qui travaillent pour eux. Conséquence : inutile de s’instruire puisqu’il n’est pas question d’améliorer les méthodes de production. En revanche, on exige de l’individu qu’il se batte avec hargne et cruauté pour défendre les siens. On attend de lui qu’il considère les autres comme des « sous-hommes », tout juste bons à le servir ou à déguerpir ».

Bon. Vous allez vous en remettre…

Driss Ghali.

Quelques commentaires : 1. la typologie que dresse Ghali des différents peuples relève à la fois du cliché (Asiatiques travailleurs, Levantins commerçants…) et de la vérité* ! 2. Breizh-info est malheureusement un média internet de droite identitaire, et Driss Ghali est parfois invité sur Radio-Courtoisie. D’autre part, son éditeur, Jean-Cyrille Godefroy, non conformiste, fut le cofondateur, avec Cabu (!), du (mauvais) journal pacifiste satirique anti-Otan La grosse Bertha et professe aujourd’hui des positions non politiquement correctes sur la Russie. Son autre éditeur, L’Artilleur, édite des « climatosceptiques ». Ghali est-il donc « d’extrême » ? Est-ce « l’arabe de service » ? Ou bien les seuls médias qui lui permettent de s’exprimer sont-ils les précités… parce que cela les arrange bien ? Ou alors les autres médias ne veulent pas entendre ce discours ? Vous avez quatre heures…

*A ce sujet, je suggère de regarder les trois films de Philippe de Chauveron Qu’est qu’on a [-/tous/encore] fait au bon Dieu, avec Christian Clavier, où l’on voit que la frontière entre cliché et vérité est ténue… et que l’on peut en rire – n’est-ce pas les wokistes ?

Je vous vois venir, mais dans sa Contre-histoire de la colonisation Driss Ghali ne fait pas l’apologie de la colonisation, en soi « une idée tordue ». Ce qu’il dit est que le Maghreb était, avant la colonisation, un coupe-gorge misérable connaissant pauvreté, arbitraire et arriération : conditions sanitaires et économiques plus que précaires, « disette, criquets, lèpres et maladies de la peau, typhus, dysenterie ». « La magie et la superstition sont le seul recours du Marocain ». « Il connaît parfaitement sa place dans la société. Et de sa soumission dépend sa survie. Il baise la main du notable qui lui jette des miettes aux grandes fêtes religieuses, il se jette au pied du caïd qui […] le défend face au juge (cadi) qui […] penche toujours du côté de celui qui lui graisse la patte ». « La société est ainsi organisée autour de la relation patron-client ». « On n’a pas le choix, car l’Etat est minimal, il est même absent la plupart du temps ». « Agressivité plutôt que tempérance. Loyauté restreinte aux membres de la tribu plutôt que sens de l’intérêt général ».

Mais « si l’homme va mal, la femme a un sort plus lamentable encore. Elle n’est rien. Un butin dans les razzias qui éclatent de temps en temps […] Une marchandise que l’on achète en versant une dot à sa famille ». Quant à l’enfant, « il n’existe pas en tant que tel ». Et tout citadin « dans des villes fortifiées et fermées à clé la nuit par peur des pillards » assiste plusieurs fois par an à l’arrivée de caravanes « chargées de leur cargaison humaine, des enfants noirs, des femmes noires et des mâles noirs que l’on a castrés en cours de route ».

L’auteur établit aussi un panorama pré- et postcolonial de l’Afrique subsaharienne et de l’Indochine, que je ne reprendrai pas, faute de place.

La colonisation, maintenant. Les habitants d’un territoire colonial ont besoin d’être pris en main par « des infirmiers, des médecins, et des officiers de l’état civil, sans compter les instituteurs ». « Par millions, les Marocains, les Algériens et les Vietnamiens ont passé une vie entière sans voir […] un seul médecin ou un seul instituteur français ». « Ils ont vécu parqués dans une réalité hybride où leur mode de vie est maintenu et leur souveraineté est annulée ». Tout çà pour çà… Car, pour que l’Etat colonial développe des infrastructures d’énergie, de santé, de logement, de transport, etc., « il aurait fallu dédier des universités entières à l’étude des cultures d’Asie et d’Afrique, à la cartographie des religions et des sectes, à l’enseignement des langues, à l’analyse des sous-sols et de la biodiversité »… Or l’Ecole nationale de la France d’outre-mer n’a formé que des… administrateurs, sinon, elle ne serait pas française…

Code vestimentaire venant du Moyen-Orient.

Et après ? Driss Ghali écrit que depuis les années 1970-1980, « l’inégalité, le fait tribal et le fanatisme religieux » ont refait surface. L’inégalité : « Une école à deux vitesses est donc apparue, l’une en Arabe où l’on prépare les pauvres au chômage de masse […], l’autre en français où les « fils de » recevaient le sésame du succès ». Le fait tribal : le paysan, urbanisé, a importé ses mœurs. « Il refuse de payer l’impôt et s’engouffre dans l’informel », « il insiste pour payer un bakchich à l’infirmier des urgences pour passer en premier, il vomira sa détestation du régime […] mais se jettera aux pieds d’un conseiller municipal pour obtenir une prébende« . Il ne fera rien aussi pour s’assurer que ses enfants vont à l’école. Le fanatisme religieux : la religiosité populaire « a accepté d’assimiler des codes venus d’ailleurs, du Moyen-Orient en particulier ». « Les Maghrébins ont réinventé une noblesse religieuse qui a son mot en politique, dans la figure du barbu« .

Ouf !

Je vous laisse réfléchir, turbiner et cogiter sur tout cela, dans le contexte du relativisme culturel.

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone