Métro loufoque – M 7

Quand j’étais petit (oui, marcjoly a été petit), nous avons habité Aubervilliers pendant deux ans, le boulevard Félix Faure n’était pas l’horrible no man’s land à casses auto et kébabs qu’il est aujourd’hui, mais un charmant… boulevard, justement, c’est à-dire planté d’arbres. 

Nous étions au 90 (la petite maison à côté de l’actuel Peinturama). Pour prendre le métro, ma maman et moi, il fallait descendre le boulevard sur 750 m, traverser, en marchant sur des planches et les flaques d’eau, le chantier de construction du Périphérique, puis faire encore 200 m pour atteindre le terminus d’alors : Porte de la Villette. Une véritable expédition. Et je confirme les distances, Google Earth à l’appui.

Ce fut un de mes premiers souvenirs (j’avais quatre ans), mais j’ignore où nous allions ensuite. Je crois deviner que nous descendions à Palais-Royal ou Pont-Neuf pour aller à la bibliothèque de St-Germain-l’Auxerrois.

Voilà ce qui pour moi évoque la ligne 7…

Les temps ont bien changés, et depuis, cette ligne a connu le parrainage de Léo Lagrange, de Paul-Vaillant Couturier, de Louis Aragon et du Kremlin (-Bicêtre, toutefois), même si, en 2021, tout cela est passé de mode.

Pour ceux qui ne comprendraient pas la suite, je les renvoie aux autres Métros loufoques de ce blog.

Aujourd’hui, je ne vais pas me fouler, il s’agira d’écrire un texte avec les noms loufoques des stations dans l’ordre. Toutefois, la ligne se termine au sud par une fourche : il y aura deux fins possibles.

M 7 : OUI, MES NEUFS CENT CAROTTES SAINES – OUI, L’ESTRAGON/MERDE, Y DIT VRAI* **

*Un texte à lui tout seul ?

** Pas compris. [Mme Rand (Berthe), Blois-sur-Charente]

  • La Courneuve – 8 mai 1945 > Oui, mes neufs cent carottes saines
  • Fort d’Aubervilliers > Fort des Halles
  • Aubervilliers-Pantin – Quatre Chemins > Parchemin
  • Porte de la Villette > Ce porc de Lavilliers
  • Corentin Cariou > Encore un caillou
  • Crimée > Crime
  • Riquet > Biquet
  • Stalingrad > Plantigrade
  • Louis Blanc > Ruy Blas
  • Château-Landon > Moët-et-Chandon
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Poissonnière > Prisonnière
  • Cadet > Prout-prout cadet
« A dada prout-prout cadet, à cheval sur mon bidet… »
  • Le Peletier > Biscottes Pelletier (Je me souviens des biscottes Pelletier…)
  • Chaussée d’Antin – La Fayette > Yvan Dautin (comédien-chanteur des années 70)
  • Opéra > Apéro
  • Pyramides > Polyamide
  • Palais-Royal – Musée du Louvre > Museau des lèvres
  • Pont-Neuf > Bon oeuf
  • Châtelet > Chatterley (Cf. M1 et M4)
  • Pont-Marie > Mon mari
  • Sully-Morland > Su’l’lit, mon grand !
  • Jussieu > Judicieux
  • Place Monge > Cà se mange
  • Censier-Daubenton > Dentier au menton
  • Les Gobelins > Les gobelets
  • Place d’Italie > Chapeau de paille d’Italie
  • Tolbiac > Koulibiac
Koulibiac de saumon
  • Maison Blanche > La raison flanche
  • Le Kremlin-Bicêtre > Les Gremlins peut-être
  • Villejuif – Léo Lagrange > Les halles aux granges
  • Villejuif – Paul Vaillant-Couturier > Quel vaillant couturier !
  • Villejuif – Louis Aragon > Oui, l’estragon !
  • Porte d’Italie > A bord du Thalys
  • Porte de Choisy > Morceaux choisis
  • Porte d’Ivry > Ivry Gitlis (célèbre violoniste israélien)
  • Pierre-et-Marie Curie > Bain-marie de curry
  • Mairie d’Ivry > Merde, y dit vrai

Hop, c’est parti. Encore un texte capillotracté, avec une scène de cul, comme dans Houellebecq, dont seul marcjoly a le secret. A la guerre comme à la guerre :

FORT-BOYARD

J'entrai. "Oui, mes neuf-cent carottes saines", dit un fort des Halles en soulevant des cageots. C'est ainsi que débuta cette course au trésor organisée par l'auteur et interprète de
Bats-toi.

Sur un vieux parchemin, ce porc de Lavilliers avait écrit : ENCORE UN CAILLOU VERS LE CRIME. On y voyait les silhouettes d'un biquet et d'un plantigrade. Trois indices étaient donnés : Ruy-Blas, Moët-et-Chandon et Argelès. Il fallait délivrer la prisonnière.

Je criai le mot de passe : "Prout-prout cadet". Puis il fallut apporter un paquet de biscottes Pelletier à un type que je reconnus être Yvan Dautin. Celui-ci me défia de boire l'apéro dans un verre en polyamide. Je n'y trempai que le museau des lèvres. Il fallut gober aussi un bon oeuf.

Là, l'épreuve se corsa. Apparut la Chatterley qui me fit : "Ah, mon mari ! Su'l'lit, mon grand !" Je trouvai judicieux que çà se mange, le dentier au menton !

Je vous passe l'épreuve des gobelets, puis celle du chapeau de paille d'Italie dans lequel il fallait manger un koulibiac.

C'est là (seulement ?) que la raison flanche.

( Deux fins possibles. La bleue : )

Quoi d'autre ? L'arrivée des Gremlins, peut-être, dans les halles aux granges ? Puis on m'aurait dit :"Quel vaillant couturier !", rapport au verre en polyamide, et je me serais exclamé : "Oui, l'estragon (c'était le trophée) !"

( La jaune : )

A bord du
Thalys (un décor de studio, évidemment), quelques morceaux choisis : Ivry Gitlis, à l'annonce de mon énième mot de passe (çà commence à bien faire) : "Bain-Marie de curry ". Après l'oeuf et le koulibiac, j'avais envie de vomir. "Merde, y dit vrai !" s'écria le violoniste.

C'est à ce moment-là que je me suis réveillé.

Laisser un commentaire