Les mots enfouis (2/2)

Elisabeth Bouchaud.

Une « scène des arts et de la science » ? Oui, çà existe : c’est le Théâtre de la Reine Blanche, dont la programmation allie ces deux domaines que ces cartésiens de Français considèrent comme incompatibles (on notera qu’Einstein jouait du violon ou que l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet est aussi poète). Echantillon de spectacles à venir : Exil Intérieur (sur Lise Meitner, collaboratrice d’Otto Hahn), Prix No’Bell (sur Jocelyn Bell qui a découvert les pulsars) et bien d’autres. Pour ma part je suis allez voir en octobre Shakespeare et la Relativité (eh oui !). Elisabeth Bouchaud, physicienne de formation (elle s’intéresse aux propriétés de rupture des matériaux) dirige ce théâtre depuis avril 2014. Elle est également comédienne et autrice. [https://www.reineblanche.com/]

Question centrale qui devrait être abordée pendant la COP 27 : quel effet aurait une guerre nucléaire sur le climat de notre planète ? Ce ne sont surtout pas les Verts va-t-en guerre allemands qui vont y répondre…

L’année dernière, un « atelier d’écriture » portant sur un « je me souviens » à la Perec, nous avait conduit, après transformations, à une liste de mots qui n’existent pas, mais auxquels j’avais décidé de donner une vie.

Un premier opus a paru le 1er août de l’année dernière. En voici un deuxième.

Sachez qu’il y aura d’autres articles analogues : des mots-valises, et aussi des mots rares, existants, mais auxquels je donnerai un autre sens.

Retrouvons donc les mots qui proviennent de contrepèteries à partir de ma liste « Je me souviens ».*

*Laquelle liste n’est pas terminée, mais je ne ferai plus de transformations.

  • Bavélite (n. f.) :

Manie de parler sans cesse, en tenant des propos flous aussi bien du point de vue de la forme que du fond. Ex : « Bérurier n’avait pas envie de rencontrer le José. Chaque fois qu’il s’étaient vus, l’autre tournait en bavélite, de sorte que le Gros ne pouvait en tirer aucune information ». (Frédéric Dard)

  • Canvine (n. f.) :

Etablissement situé dans les beaux-quartiers, où l’on mange en dégustant des vins sélectionnés. Ex : « Patrick avait donné rendez-vous à Sophie dans une canvine de l’Ile Saint-Louis. C’était évidemment pour parler de son projet, mais il comptait bien que cela se termine en baise ». (Michel Houellebecq)

  • Versigner (v. intr.) :

Signer, jurer, attester de manière définitive et péremptoire. Ex : « Sous le regard éberlué de son adversaire et de celui indifférent du notaire, Hareau, content de lui, versigna ». (Guy de Maupassant)

  • Michu (n.m.) :

Grosse écharpe pour homme. Ex :  » On ne vit plus que le père Goriot, le cou engoncé dans un michu hors d’âge ». (Honoré de Balzac)

Le plus cocasse, c’est qu’en cherchant une illustration d’écharpe ou de fichu, je suis réellement tombé sur cette affiche du téléfilm Le Père Goriot (2004), avec Charles Aznavour et Tchéky Karyo !

  • Nombrilles (n. f. pl.) :

Foule, amas de personnes, qui semblent très agités par un mouvement continu. Ex : « Apprécier le silence luxueux et rare des appartements du Gouverneur nous changea du brouhaha et du va-et-vient des nombrilles autochtones ». (Pierre Loti)

  • Toussoir (n.m.) :

Glotte, gorge (argot). Ex : « Moi, j’avais pas trop envie d’voir/ces rombières qui se raclent le toussoir ». (Pierre Perret)

  • Lunoire (n.f.) :

Fixation sur une idée précise mais funeste, une sentiment précis mais sombre. Ex : « C’est l’horrible lunoire, compagne d’une idée/qui m’obsède et me tue d’une funeste épée ». (Charles Baudelaire)

Edvard Munch, Mélancolie, 1894.
Munch devait illustrer Les Fleurs du Mal, projet qui est resté inachevé.

  • Milliforme (n.f.) :

Personne dont l’obsession est de se rassembler en respectant un ordonnancement précis et délimité au cordeau. Ex : « Je me mis à haïr cette redingote dont les boutons semblaient représenter un rassemblement de milliformes ». (Jules Vallès)

  • Chartelette (n. f.) :

Ensemble de petites règles tacites et informelles à usage plutôt familial. Ex : « L’on mit un temps à se rendre compte combien Folcoche avait obligé malgré nous à établir cette chartelette ». (Hervé Bazin)

Chartelette au tocolat.

Enfin, puisque nous sommes encore en automne, je ne résiste pas à l’interprétation par Charles Trenet de Chanson d’automne (« Les sanglots longs… ») de Verlaine. Le swing dans toute sa splendeur…

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Le Répudent de la Présiblique

[J’avais scanné une photo de palimpseste d’affichage électoral (à la Villeglé), mais il a disparu et je n’ai plus l’image…]

Depuis octobre 2019, au Pays-bas, des milliers d’agriculteurs, forcés d’abandonner leur profession jugée désormais nuisible, ont bloqué les autoroutes. Pas vu à la télévision française. Depuis début septembre, à Prague, des milliers de gens manifestent régulièrement contre l’OTAN, l’inflation et les sanctions envers la Russie, et pour renouer des relations cordiales avec la Russie. Pas vu à la télévision française.

Be-BopA-Lula ! Espérons une nouvelle dynamique en Amérique de sud à la Lula/Chavez/Kirchner/Morales !

Annie Ernaux prix Nobel : légitime ou galvaudé ? Pas galvaudé si ce prix eût été attribué plus tôt. En tous cas, pour comprendre le déterminisme social, Ernaux, c’est sans doute plus vivant et moins indigeste que Bourdieu !

Lors du dernier scrutin présidentiel, vous n’aimiez ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen ? Ni les autres ? Le mode de scrutin ne vous convenait pas non plus ? Peu importe !

Et si on créait ex nihilo de nouveaux présidents ? Il suffit de couper en deux des bulletins de vote différents, et de réduire les prétendants à l’état de cadavres (ah !) exquis (oh !) !

Certains se prêtent plus à l’exercice que d’autres : plus facile pour Macron, Pécresse et Zemmour, plus difficile pour les autres. Encore un mode de scrutin inique ! Décidément, on y arrivera pas !

Par ce procédé, on obtient :

NICOLAS DUPONT-AMOUR

EMMANUEL MAMOUR

JEAN LAMOUR

JEAN-LUC MELENCHTOU (Quelle salade !)

EMMANUEL MATOU (Raminagrobis ?)

EMMANUEL MACHON (La République en Mâche ?)

VALERIE PETHAUD

VALERIE PEDALGO (nouvel opérateur de vélos en libre-service ?)

VALERIE PEUR

VALERIE PETOU (pétouille ?)

PHILIPPE POUPONT-AIGNAN

On pourrait réaliser le même effet avec les programmes, en mode Ces professions de foi auxquelles vous avez échappé !

Et à propos de président de la République, ce moment dont on ne se lasse jamais :

« Arrêtez ! Arrêtez ! Vous vous êtes trompés ! C’était le président de la République ! » – Louis de Funès et Coluche dans L’aile ou la cuisse, Claude Zidi, 1976.

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Dekoikonparle ? (5)

Le nucléaire

(Pas mal, mon centrage de texte sur l’illustration ci-dessus…)

Edifiant : dans Le Parisien du 14 octobre, un reportage sur ce que le nom de Samuel Paty représente pour les collégiens et lycéens franciliens. Je passe sur « Samuel Paty, il est au PSG, c’est çà ? »… Pas forcément d’hostilité manifeste, mais pour la plupart quelque chose du genre : « Ah oui, c’est le prof qui s’est fait tuer parce qu’il allait trop loin* »… Et déjà, à l’annonce de la commémoration de sa mort, des menaces de la part de parents…

*Souligné par nous.

A l’heure où « l’urgence climatique » nous recommande en même temps d’éviter et de préférer l’énergie nucléaire, et où d’autre part un conflit atomique est malheureusement envisageable, la chose – « le nucléaire » – est d’actualité.

L’opinion a été marquée par Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011). La cause de Tchernobyl, c’est l’incompétence du personnel de la centrale et des dirigeants soviétiques, non la technologie per se. Celle de Fukushima, c’est un tsunami (même remarque). Quand à Three Mile Island, le coeur a fondu mais la cuve étanche a rempli son rôle. Il n’y a donc pas eu d’accident nucléaire à cet endroit*. Le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert, écrit aujourd’hui, mentionnerait « Nucléaire : toujours être contre ». Marie Curie au poteau ! Mais comment être contre un principe physique ? Pourquoi pas contre la gravitation ou contre le Gulf Stream ? Mais au fait, quand on dit « le nucléaire », dekoikonparle ?

*Il est en effet important de savoir de quoi l’on parle. A la suite des dysfonctionnements de Three Mile Island, les faiseurs d’opinion environnementalistes et médiatiques comme Jane Fonda furent déchaînés et il y eut ce film : Le Syndrome chinois. Ce « syndrome » serait le fait que la fusion extrême d’un réacteur américain ferait celui-ci s’enfoncer au point de ressortir à l’autre bout de la planète, à savoir en Chine (qui n’est même pas l’antipode des USA…) ! A supposer que cela soit vrai (les scientifiques en ont beaucoup ri), la gravité ferait qu’il resterait bloqué au centre… Beaucoup de gens sont devenus anti-nucléaires malheureusement à cause de ce film.

Toutes les technologies employées aujourd’hui pour exploiter l’énergie nucléaire relèvent de la fission : il s’agit de scinder des noyaux d’atomes lourds. Cette fission dégage de la chaleur. A partir de là, le schéma est le même que pour une centrale thermique : la chaleur produit de la vapeur qui alimente un alternateur. Sauf que la quantité de combustible (quelques grammes d’isotope) est infime : c’est l’avantage.

Eh bien même pour la fission, le nucléaire ne veut rien dire !

S’agit-il de réacteurs à barres de graphite, à eau pressurisée, à eau bouillante, à haute température, à lit de boulets, refroidis au gaz, à sels fondus (au thorium au lieu d’uranium), à eau supercritique, à caloporteur plomb ? Il y en a d’autres. Je ne vais pas rentrer ici dans les détails ! Mais quand j’entends Macron défendre le nucléaire*, c’est un idiot. Il est juste là pour défendre les nucléocrates de l’EPR (on dit en français REP : réacteur à eau pressurisée), une technologie déjà dépassée ! Surtout quand on privilégie des « cathédrales » comme Flamanville, dont les « merdes arrivent en escadrille ». Il faudrait au contraire multiplier des unités plus petites, comme les centrales flottantes.

*et en même temps les moulins à vent 2.0… En tous cas tout cela révèle l’absence de culture scientifique des dirigeants occidentaux, la plupart banquiers ou avocats d’affaires…

Les « sels de fonte » entrant dans la composition de la Vache-qui-rit n’ont rien à voir avec les réacteurs à sels fondus !

« Bon, d’accord, mais les déchets ?

Cà tombe bien, il y a aussi des technologies pour résoudre le problème… sauf que les comptables au pouvoir, ainsi que les obsédés de la dette* ont réussi à saboter les projets Superphénix en 1998, Phénix en 2010 et Astrid en 2019 : il n’y a pas de quoi être fier… Superphénix était un surrégénérateur, à savoir un réacteur à neutrons rapides à caloporteur sodium pouvant fonctionner au plutonium 239, mais aussi au MOX (plutonium sur support d’uranium appauvri) issu du retraitement du combustible usé. Astrid était un projet analogue, mais plus avancé, notamment dans la transmutation des déchets. Ces trois projets, c’était çà aussi le nucléaire !

*Néo-Dictionnaire de idées reçues : « Grands projets : toujours pharaoniques« .

Superphénix (Creys-Malville, France).

Eh, anti-nuc, tu crois t’en tirer comme çà ? Je n’ai parlé que de la fission ! Mais il y a aussi la fusion. C’est la technologie dans laquelle deux noyaux atomiques de deutérium s’assemblent pour former un noyau plus lourd. Cà aussi, c’est le nucléaire. Et c’est très écolo : cette réaction est à l’œuvre de manière naturelle dans le Soleil. Au lieu d’essayer de capter péniblement l’énergie solaire via des panneaux, il n’y a qu’à reproduire le processus, qui résout de surcroît le problème des déchets !

Il est de bon ton de dire ou d’écrire : « OK, la fusion, mais dans quarante ans, peut-être… ». On disait et écrivait déjà cela en 1970, volonté urgente de ne rien faire… Aujourd’hui il y a le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) à Cadarache, un réacteur de type tokamak (concept soviétique au départ), auquel participent 35 pays. Cà aussi c’est le nucléaire, Macron ! Que va-t-on inventer pour le saboter ? La participation des Russes, la « sobriété » ? Macron et consorts ne voient pas l’évolution technologique entre les plusieurs générations du nucléaire, et ne comprennent pas la légitimité des prototypes expérimentaux, forcément couteux.

ITER (Cadarache, France).

[Pour aller plus loin, je vous recommande : Yves Paumier, Les énergies du futur, in Fusion, hors-série n°05, 2005. Les archives de feu l’excellent magazine scientifique Fusion (le bien-nommé), dont votre serviteur avait eu l’occasion de traduire quelques articles, sont aujourd’hui disponibles sur le site La recherche du Bonheur, de Jean-Gabriel Mahéo : http://www.larecherchedubonheur.com/article-27284380.html .]

« Mais attendez maintenant, vous allez voir la suiiii-te », chantait Boby Lapointe. Car je n’ai parlé que du nucléaire civil. Il y a aussi le nucléaire militaire. La Bombe, quoi !

Car il y a la bombe A, la bombe H et la bombe à neutrons. Alors, quand on dit « la bombe », dekoikonparle ?

Décidément, on ne va pas s’en sortir…

Guy Béart, le Grand Chambardement.

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L’oeil de Paris (2)

Rue de l’Abbé Carton

Comme on le sait, la Nupes ([nyp], [nyps], [nypes] ?) est confrontée à bien des épreuves internes (c’est la faute à Rousseau ?). Mais en voici une, plus discrète et plus pertinente : elle vient des deux snipers Fabien Roussel (PCF) et François Ruffin (Insoumis). Ces deux-là osent réclamer du travail pour le peuple au lieu de prestations sociales, des salaires décents au lieu de chèques (-énergie, -alimentaire, -rentrée…), et des logements au lieu de logements… sociaux. Et de dire non à l’assistanat. Réaction de Sandrine Rousseau : « Le travail, c’est une valeur de droite… » Ruffin a plus d’un tour dans son sac et veut mettre fin à l’assistanat… des riches (crédit impôt-recherche, subventions européennes, niches fiscales…) En réalité, Roussel et Ruffin tournent le dos au vrai visage de la Nupes : un mouvement qui déteste le peuple péri-urbain non diplômé. Un mouvement à fond dans le narratif subventions, papiers pour tous et « police nulle part » – déconnecté des réalités. Ils puent le peuple, Roussel, ce coco qui pue l’ouvrier, hétéro et carnivore de surcroît, et ce Ruffin, trop proche des bouseux de la Somme…

La « communauté internationale » (en novlangue : l’OTAN et l’UE) s’est indignée au nom de la démocratie, qu’il puisse y avoir un référendum en Ukraine. Selon le narratif officiel (Poutine ment toujours, Zelensky ne ment jamais), un référendum organisé par les Russes est forcément frauduleux. En matière de référendum, l’UE en connaît un rayon : celui, en France de 2005 concernant une constitution européenne avait été rejeté à 65% par les Français. Il suffisait alors de le faire approuver par le Parlement en Congrès et le tour était joué !

L’OTAN et l’UE devraient pondre une « décision déterminant les modalités permettant la dissolution du peuple ». Ce serait plus clair !

Pour nous changer les idées, voici notre Oeil de Paris. L’ordre alphabétique nous fait maintenant entrer dans l’univers des abbés.

Précision : pour les tatillons, je préfère suivre l’ordre alphabétique de l’index du plan de Paris paru chez Pouchet (par exemple), où on regroupe tous les Abbés, les Docteurs, les Commandants, et d’autre part tous les Abel, les Albert, les Alphonse, etc., plutôt que classer directement par patronyme. C’est plus rigolo.

D’ailleurs, les abbés, c’est toujours rigolo. Surtout quand celui-ci s’appelle Carton (commençant rue des Suisses, 7 et finissant rue des Plantes – la rue, pas l’abbé).

Qui était l’abbé Carton ?

Non, çà c’est Pauline Carton…

Ah ! Voilà.

La première partie de la rue est moderne mais égayée par la végétation.

Et même en perspective.

Quelques petits motifs architecturaux.

Un petit air lyonnais (sauf le toit)…

Une maison flamande ?

Un motif rapporté sur une façade.

Un endroit où, entre autres, on peut acheter, revendre, déposer des livres.

Un autre endroit sympa.

Vous avez déjà vu un monte-charge donner directement sur la rue ?

C’est une métaphore, évidemment !

Deux « installations contemporaines » involontaires. En tous cas, ce n’est pas inintéressant .

A propos d’artistes, dans cette rue travaillait un des plus célèbres couples de peintres de l’art contemporain. Szenes pensait que « les peintres vivent peut-être vieux parce qu’ils font un métier non violent et contemplatif… Il faut vivre longtemps pour avoir le temps de faire beaucoup de bêtises et quelques chefs-d’œuvre ».

A suivre…

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J’les confonds toujours (4)

Pour paraphraser Pierre Desproges à propos de Tino Rossi : le jour de la mort de la Reine d’Angleterre, j’ai repris deux fois des moules… En effet, j’ai toujours trouvé totalement ridicule tout ce culte qui tourne autour de la monarchie royale (les Royals ou la Firme comme disent les Anglais). Gorbatchev, lui, était un personnage assez ambigu, mais j’aurais préféré que « la communauté internationale » (à ces mots, tremblez et pensez bien) aille à ses obsèques plutôt qu’à celles de la Queen. Alors aujourd’hui que faire (comme dirait Lénine) face à un Charles III écolo-fanatique et une Liz Truss libéralo-fanatique qui a déclaré, lors d’un débat du parti Conservateur à Birmingham, ne pas hésiter à lancer une frappe nucléaire sur la Russie ? [A lire : notre article The Greta Watcher #3du 25 avril 2021 https://wordpress.com/post/champouin.blog/1373].

Macron nous la refait avec le conseil national de la Refondation, un machin pseudo gaullo-résistant, lancé sans rire « au nom de la démocratie »… à huis-clos ! Rassurez-vous, certaines propositions seront soumises à référendum… lequel est vite devenu une consultation citoyenne (faut pas déconner !). Cette consultation n’aura lieu qu’en ligne, des fois que les victimes rurales et/ou âgées de la fracture sociale aient l’idée saugrenue d’y participer ! « Ici Londres. Les classes moyennes supérieures urbaines diplômées parlent aux classes moyennes supérieures urbaines diplômées ! »

« Maisons Merlin,
cages à lapins »

Coluche

Adieu les maisons Phénix ! Le groupe Geoxia, propriétaire de la marque, est en liquidation judiciaire. C’est tout un pan du vécu de la classe moyenne qui s’en va ! Ceci dit, le modèle « américain » du lotissement pavillonnaire ne fait plus recette : rognage des terres agricoles, gouffre énergétique, obligation de posséder une voiture, charges élevées car infrastructures non mutualisées… « Maisons Merlin, cages à lapins », disait Coluche. Maisons Phénix et maisons Merlin, j’les confonds toujours !

Précision : Dans J’les confonds toujours #2 (https://champouin.blog/2021/06/01/jles-confonds-toujours-2/), à l’entrée Balagne/Cerdagne/Limagne, je n’avais pas mentionné l’enclave espagnole de Llivia. Son origine est intéressante : lors du traité de 1660 par lequel l’Espagne laisse une partie de son territoire à la France, cette dernière stipule que l’Espagne cèdera « les villages » de la vallée de Cerdagne. Mais plus tard, l’Espagne prendra prétexte que Llivia n’est pas un village mais une ville : Llivia est restituée.

Suite, donc, de notre rubrique :

  • Eric BESSON (né en 1958) et Luc BESSON (né en 1959) – deux hommes d’affaires (à leur façon).

Eric BESSON est un entrepreneur, également homme politique – un des ces libéraux pro-industrie (comme Montebourg) à qui il reste une fibre gaullienne, mais qui restent totalement pro-européens, ce qui prouve qu’ils n’ont rien compris à l’économie ni à l’histoire. Luc BESSON, cinéaste (Subway, Le Grand Bleu, Nikita…) et producteur, est un de ces beaufs à la Dupont-Moretti qui ne touche plus terre et qui ose tout (c’est à çà qu’on les reconnait). On peut citer aussi deux écrivains, cette fois : Patrick BESSON (né en 1956), qualifié trop sommairement d’anar de droite, et Philippe BESSON (né en 1967), qui est également critique.

  • Hubert BEUVE-MERY (1902-1989) et Charles-Augustin SAINTE-BEUVE (1804-1869) – deux plumitifs.

SAINTE-BEUVE fut un écrivain qui commença sa carrière en se liant d’amitié avec Victor Hugo. Mais ils divergeront politiquement et Hugo l’appellera « Sainte-Bévue ». Ses romans et poèmes, mauvais, seront vite oubliés. Il se lancera également dans la critique. Sa méthode se fonde sur le fait que l’œuvre d’un écrivain serait avant tout le reflet de sa vie et pourrait s’expliquer par elle. Elle se fonde sur la recherche de l’intention poétique de l’auteur (intentionnisme) et sur ses qualités personnelles (biographisme). Proust contestera cette méthode avec Contre Sainte-Beuve. Quant à BEUVE-MERY, c’est un journaliste pas très à gauche, membre des Camelots du Roy (!), qui en 1941-42, participera aux activités de l’Ecole des Cadres d’Uriage, fondée par le régime de Vichy. Il deviendra « vichysso-résistant » [!] et se recyclera en créant et dirigeant l’anti-gaulliste Le Monde, quotidien de tous les régimes… Il sera l’icône intouchable, respectable et inattaquable de la presse « indépendante et objective » qui dictera pendant des décennies ce qu’il est convenu de penser. [à lire : Michel Onfray, Vies parallèles – De Gaulle-Mitterrand, Robert Laffont, 2020. Je n’ai plus retrouvé les références des pages concernées, le livre ne possédant pas d’index…].

  • BLAGNAC et MERIGNAC – deux aéroports méridionaux.

Vu de Paris, on les confond toujours… BLAGNAC est la commune sur laquelle se situe l’aéroport de Toulouse (code TLS). Toulouse-BLAGNAC est le 6ème aéroport français et le 4ème de province. Son aérogare est à 6 km de la Place du Capitole. Né de la multiplication des liaisons postales, dont il fut la plaque tournante, cet aéroport accueillit l’industrie aéronautique : Sud-Aviation, Bréguet puis Airbus dont il est la piste d’essai. C’est aussi un contre-exemple de la privatisation. Il est vendu en 2015 à un escroc hong-kongais. En 2019, l’Etat veut annuler la vente, ce que refuse le Conseil d’Etat. Bordeaux-MERIGNAC (code BOD) est le 6ème aéroport de province et le plus ancien de France (1911) avec celui de Pau. Jusqu’en 1961, MERIGNAC (12 km du centre-ville) va accueillir des installations militaires aériennes dont une base de l’OTAN. De 1968 à 1976, l’aéroport s’appellera Bordeaux – Pierre-Messmer.

  • Louis BLANC (1811-1882) et Auguste BLANQUI (1805-1881) – deux insurgés socialistes.

BLANQUI, très tôt marqué par l’hostilité à la Restauration, et par conséquent par le bonapartisme, devient athée. Authentique carbonaro depuis 1824, il sera mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors, se succèdent pour lui complots, coups de force manqués et incarcérations : passant la majorité de sa vie en prison, il fut surnommé l’Enfermé. Il participe à la révolution de 1848, mais préfère un gouvernement révolutionnaire au gouvernement républicain mis en place. Lors de la Commune, Flotte, son vieil ami, souhaite que soit libéré BLANQUI en échange de quoi les communards libéreront les otages (des religieux et un sénateur). Thiers refuse de souscrire à cette proposition. Quant à Louis BLANC, il sera très tôt témoin des condition de vie du prolétariat. Il devient journaliste socialiste et fonde La Revue du Progrès. Dans L’Organisation du travail (1839), il s’attaque à la concurrence anarchique. Il fera partie du gouvernement provisoire de 1848, puis s’exile pendant vingt ans en Grande-Bretagne. Il revient en 1870. C’est un fervent partisan du (vrai) suffrage universel.

  • James BROWN (1933-2006) et John BROWN (1800-1859) – deux militants américains en faveur des Noirs.

On croit souvent que John BROWN était noir (à cause de son nom ?), le confondant avec l’ancien esclave Frederick Douglass. John BROWN, un blanc témoin très tôt de sévices contre un esclave, rencontre Douglass et s’installe dans une communauté noire en pensant être l’envoyé de Dieu sur Terre. En 1855, son action devient violente et très problématique : lui et ses hommes tuent cinq colons blancs à coup de sabre, puis s’empare d’un arsenal fédéral pour lancer une insurrection mais aucun esclave le rejoint. Il sera jugé pour meurtre et condamné à mort. James BROWN, lui, est un musicien, chanteur, auteur-compositeur, danseur et producteur afro-américain. Il est l’initiateur du funk et de la soul. Il introduit aussi beaucoup de ruptures de rythmes et régulièrement apparaissent des parties parlées s’adressant souvent directement au public. Son style influencera les artistes de la fameuse Motown, dont Michael Jackson ou Prince. Ses textes revendiquent la fin des discriminations raciales.

On remarquera que, tout comme Michael Jackson, c’était un excellent danseur.

A suivre…

ET TOUS DANS LA RUE LE 29 SEPTEMBRE !

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Soyez modernes : prenez le train !

Sur Salman Rushdie : on n’a pas tellement entendu de personnalités médiatiques à ce sujet… Fallait-il qu’il fût mort ? Et je parie que si Mmes Hidalgo ou Rousseau en ont parlé, elles n’ont pas employé le mot « islamiste »… J’invite en tous cas tout le monde à lire le billet qu’Etienne Ruhaud a publié, à propos de l’attentat contre Rushdie, sur son site https://pagepaysage.wordpress.com/ .

Sur la « sobriété » ordonnée par Elisabeth Thatcher Borne : les modèles Schacht/Hitler et Pinochet ne marchant plus, on instaure l’austérité au nom du dérèglement climatique, et au nom de la guerre en Ukraine… On aura toutefois remarqué que l’inflation massive des matières premières a commencé bien avant le conflit, il y a plus de deux ans, dû au fait que « les marchés » relèvent du casino ! A propos d’austérité environnementale, à lire le très bon article du hors série n° 3 du magazine scientifique epsiloon, consacré à l’infini, qui compare de manière objective et honnête cornucopiens (ceux pour qui le progrès repousse sans cesse les limites) et néomalthusiens (la croissance se heurte au mur des ressources). Pour une fois les cornucopiens ne sont pas qualifiés de scientistes !

Bonne rentrée à tous. Avez-vous bien voyagé ? Si oui, avez-vous pris le train ? Voire le métro !

marcjoly, votre serviteur (oui, il n’y a pas de majuscule à marcjoly), s’est souvent présenté comme un passionné des transports urbains et/ou ferrés*, mais ne vous en a pas fait profiter, à part la rubrique Métro loufoque dans laquelle on parle assez peu de métro ! Il faut que je « liquide » cette dernière (courage, encore sept lignes…). et que je passe au choses « sérieuses », notamment avec mon comparatif des réseaux de métro, et avec mon projet de rebaptême intelligent et légitime des noms de stations, non pas loufoque mais dans un souci de cohérence…

*A propos, connaissiez-vous la Boutique du train : ce magasin, qui se situait dans la gare St-Lazare, côté rue d’Amsterdam, avait fermé il y a quelques années pour réaménagement de la gare. Et j’en étais fort marri. En réalité, elle avait juste déménagé plus haut, 29 rue de Clichy. Livres, vidéo et gadgets « autour » du ferroviaire.

En tous cas, les choses sont en train (!) de changer, car un vent nouveau, frais et stimulant arrive grâce à la jeune génération. Quelques millenials consacrent des chaînes Youtube aux transports ferrés : Le Ferrovipathe et Urban Traveller presque exclusivement, Merci Citron et Princesse Armire parmi d’autres sujets. Je vous recommande de taper ces noms en mots-clé et de les mettre en favoris. Ces jeunes ont les défauts de leurs qualités et les qualités de leurs défauts : un peu wokistes, faiblards en culture générale et historique, mais passionnés par des sujets (trains, métros, réseaux) qui semblent a priori ne pas coller à l’air du temps. Ainsi le ferroviaire intéresserait d’autres individus que des cégétistes alcooliques abonnés à La Vie du Rail ! Pourtant ces jeunes gens ne sont pas étudiants en ingéniérie ou en économie des transports, et ne travaillent pas à la RATP ou la SNCF.

Un exemple très didactique du Ferrovipathe à propos du métro parisien.

Ainsi, j’ai été ainsi surpris de voir que le projet saboté de l’aérotrain de Bertin, qu’il fut bon ton de décrier (« utopique », « pharaonique », « gabegie », « non rentable », « fantaisiste », « ne marchera jamais », etc.) soit défendu plus de 50 ans après par cette génération – et aussi quelques trentenaires et quadras qui ont monté une ou deux start-up dans cet objectif. Princesse Armire déclare avoir été le plus attaqué, à la suite de ses vidéos, non sur son ambivalence sexuelle ostensible, mais sur sa défense de l’aérotrain ! Il y a encore quelques scrogneugneu, ceux que j’appellerai les comptables, qui n’ont pas digéré cette insolence ferroviaire. J’en profite pour dire que la grande vitesse n’aurait pas du passer par une technologie classique « upgradée » (le TGV), mais par une infrastructure inédite, sans frottement, à savoir aujourd’hui la sustentation magnétique, beaucoup plus « rentable » que le TGV nécessitant une maintenance de la voie, de la chaîne câbles/caténaires/pantographes et des bogies de roulement.

Cette gare inutile fut en réalité, en échange de l’abandon du projet d’aérotrain, un cadeau au lobby sidérurgique (Schneider, au Creusot) qui fabriquait le bon vieux rail et non la voie en béton de Bertin.

Toutes ces vidéos, grâce à des « tours de France ferroviaires » par exemple, font ressortir l’incurie de nos dirigeants en matière de réseaux. Exercices qui montrent qu’il n’est pas facile de voyager partout en train : nous minimisons le nombre de voies abandonnées, fermées pour manque d’entretien ou pour « absence de rentabilité ». Pourtant, pour ces « petites » lignes, les solutions existent : navettes à motorisation hybride composées d’une ou deux voitures, cadencement synchronisé aux correspondances, arrêt à la demande comme dans le bus, accessibilité intégrale aux personnes à mobilité réduite, stationnement P+R à proximité des arrêts… Nos youtubeurs cités supra revendiquent que nos décideurs doivent à nouveau miser sur les trafics local et intercités au détriment de la grande vitesse. Je ne suis pas d’accord : il faut miser sur les trois à la fois, plus le fret de surcroît ! Le problème est plutôt que le bon vieux maillage partant de Paris a été réitéré pour la grande vitesse : même si le principe du hub n’est pas mauvais en soi, Lyon-Nantes doit-il passer par Paris pour laisser Vierzon et Bourges de côté ? Enfin les écolos, toujours prompts à dégainer leur vélo ou trottinette de centre-métropole, se sont désintéressés des transports extra-urbains (trop « gilets jaunes » à leur goût) voire y ont été hostiles au nom de l’environnement.

La ligne (exploitée par Kéolis !) qu’on appelle encore Le Blanc-Argent, du nom de ses deux anciens terminus, ne parcourt plus que Salbris – Luçay-le -Mâle : elle est trop détériorée à ses extrémités.

Revenons à nos nouveaux passeurs. Ils voyagent et ont été éblouis par la Suisse (et le Japon, pays quelque peu similaire), patrie non seulement des trains, mais aussi des « solutions de transport » tous azimuts dans un pays montagneux au possible : tram, tram-train, train « classique », train à crémaillère – toutes motorisations et tous écartements de voie – et aussi funiculaires ou téléphériques… L’on dira que les trains suisses sont chers, ce qui est vrai (tout est cher en Suisse), et qu’en plus de la CFF, il y a pléthore de compagnies privées (ou des sociétés d’économie mixte). Eh bien, on en a pour son argent : trains à l’heure, cadencement à heures fixes (15 mn de correspondance maximum), desserte intégrale des zones rurales, tarifs transparents (suivez mon regard…) et titres de transport standard utilisables sur tous les trains, funiculaires, navettes lacustres, etc. Surtout, l’on remarquera que la Suisse n’appartient pas à l’Union européenne, qu’il est donc permis de creuser le déficit pour bâtir des infrastructures, et que les banques prêtent. En France, RailCoop, un opérateur privé qui veut relancer les lignes secondaires, n’intéresse pas les bailleurs de fonds…

Alors prenons le train du Futur !

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Quiz : connaissez-vous Pierre Ferrari ?

Cet été :

Les rediff de Mr Liste

 

Le dénommé Pierre Ferrari fut recteur de l’académie de Metz en 1979, conseiller municipal de Metz en 1983, conseiller général de Moselle en 1985 et conseiller régional de Lorraine en 1986. Il a passé sa vie à ce que dénonçait de Gaulle : la notabilité. Quel grand sportif !

Je suis tombé sur un document que j’avais gardé, et qui concerne l’énième candidature du monsieur, cette fois aux élections cantonales de 1992 (canton de Metz-1). Et ce document s’intitule Connaissez-vous Pierre Ferrari ?

Il s’agit d’un quiz de seize questions pour lesquelles il faut cocher Vrai/Faux. Florilège :

Question : Pierre Ferrari a des enfants. Réponse : Pascal qui a 13 ans et va rentrer en classe de 4ème et Sébastien qui a 12 ans, [Etc. On s’en branle complètement].

Q: Le pot-au-feu est le plat préféré de Pierre Ferrari. R : Il y apprécie la viande de jarret, le bouillon tiré des os à moëlle et les légumes qui l’accompagnent. En revanche il change de plat l’été [en gras (c’est le cas de le dire) dans le texte – c’est un film de J.-P. Mocky avec Michel Serrault ou quoi ?]

Le pot-au-riz de Fer Pierrafeu.

Q : Pierre Ferrari a vu ses mérites reconnus par la République Française. R : Oui, il s’est vu attribuer les insignes d’Officier des Palmes académiques, celles de Chevalier à la fois de l’Ordre de la Légion d’Honneur et de l’Ordre national de Mérite.

Et en plus, il est modeste ! Ah, vraiment, en 1992 les hommes politiques savaient se tenir. On ne verrait plus çà aujourd’hui !

Lors de la publication dans Mr Liste, Je n’avais pas pensé à mettre le document en illustration, puis je l’ai jeté. Pour vous consoler, en voici un autre qui concerne la 2ème circonscription du Rhône pour les législatives de 1997, détourné par mes soins. Il ne s’agit là que du verso je n’ose vous présenter le sort que j’ai fait subir au recto :

Sur ce, à partir du 1er septembre, nous reviendrons au Champouin avec ses articles inédits, ou avec la suite des séries déjà amorcées.

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Voies publiques

Cet été :

Les « rediff » de Mr Liste

Le Parisien avait publié en 2019 son neuvième hors-série Histoires de Paris, consacré cette fois au Paris des Trente Glorieuses. A ce sujet, je vous recommande ma rubrique (sur Le Champouin) Je me souviens. D’autre part, la longue série L’oeil de Paris (idem) amorcée il y a peu m’incite à republier ce billet :

Entre le 23 novembre 1936 et le 26 octobre 1938, Raymond Queneau posa quotidiennement aux lecteurs de l’Intransigeant trois questions consacrées à Paris. Exemple : « Où peut-on voir un immeuble « modern’ style » dont l’architecture « rappelle la gloire du sapin neigeux » ? » – réponse : « 40 cours Albert-Ier, sur les plans de R. Lalique », ou encore : « Combien y avait-il d’édifices religieux à Paris en 1789 ? » – réponse : « 160 églises et chapelles, 11 abbayes et 123 couvents ».

Folio (Gallimard) a édité en 2011 l’ensemble de ces questions et de leurs réponses sous le titre Connaissez-vous Paris ?, malheureusement dépourvu d’index, défaut bien français de nos éditeurs, ce qui fait qu’une fois le livre lu, on ne peut plus le consulter…

Quoi qu’il en soit, c’est l’occasion de découvrir des noms de rues, avenues ou impasses totalement inconnues jusque là.

Raymond Queneau

Dès le 3 janvier 1937, Queneau apporte la précision suivante à ses lecteurs (cela ne concerne pas que Paris, comme on pourra le deviner) :

« Voici sous quelles dénominations différentes peut être désignée une voie publique ou privée : rue, passage, avenue, impasse, square, place, villa, cité, boulevard, cour, quai, pont, port, allée, galerie, sentier, porte, chemin, sente, faubourg, ruelle, rond-point, hameau, jardin, péristyle, parc, carrefour, cours, gare, marché, chaussée, bourse, halle, route, bois, palais, arcade, carré, entrepôt, escalier, esplanade, palacio, passerelle, pavillon, portique, voie« .

Palacio…

Certaines sont courantes, d’autres moins, et d’autres encore nous paraissent improbables. « Chaussée » est utilisé dans le Nord et en Belgique (au départ, une voie romaine). Il manque « cours » au masculin et avec un s, et « mail », répandus dans le Midi.

« Bourse » ou « passerelle », c’est original ! « Péristyle » ou « palacio » dans une adresse, çà a de la classe ! « Ruelle » ou « entrepôt » , beaucoup moins …

BONUS :

Et c’est plus fort que moi. J’ai envie de le faire en mode (comme disent les jeunes) jeu de mots pouvant servir de base à un atelier d’écriture à ma sauce :

Rue Tabagat, passage Pham, avenue Acade-et-Mique, impasse Parretou, place Hébault, cité Gueyridon, cour Bouillon, quai Keth, pont Levy, port Nograff, allée Leyvert, galerie Golleau, chemin Deferre, faubourg Herrat-Tatame, hameau Depasse, jardin Donnot, péristyle Ampoulay, carrefour Hapidzat, Cours Sanssac, gare O’Goryll, chaussée Haumoine, carré Duccut, entrepôt Delapin…

Villa Mentable…

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Macron mort ?

Cet été :

Les « rediff » de Mr Liste

Avant Le Champouin, marcjoly tenait un blog nommé Mr Liste (http://mrliste.hautetfort.com). Ce dernier a finalement mis du temps pour être bien référencé dans les moteurs de recherche (c’est pas trop tôt), mais sa navigation n’est pas intuitive. Votre serviteur va donc vous proposer pour cette été trois « rediffusions » légèrement retouchées ou actualisées, que vous pourrez consulter comme qui dirait en riplet ou en peau de caste. « Ah, ben pour les vacances, y s’est pas foulé… ». Mais du coup, il n’y aura pas « relâche » au 15 août.

La réélection de notre premier-de-la-classe-tête-à-claques-qui-n’aime-pas-le-peuple-et-qui-enjambe-tout (Parlement, syndicats, collectivités territoriales, présidentielle, législative et partis « qui ne sont pas de gouvernement ») m’oblige à ressortir ce billet à titre provocateur : Macron mort ?

Eh bien, un macron mort, çà existe, marcjoly l’a lu de ses propres yeux !

En effet, « Sur un clavier d’ordinateur, une touche morte (macron mort) peut servir à obtenir les caractères diacrités d’un macron ». Diable !

Et l’on apprend que « Le français n’utilise normalement pas de macron ». On se disait bien qu’on pouvait s’en passer ! Mais l’on précise « sauf pour la transcription de termes étrangers » – et de nous parler du « diacritique conjoining macron« … Voilà donc la raison de l’appétence de notre cher Président pour la langue de la start-up nation ! 

De plus, il y aurait un « diacritique moitié droit de macron ». Il y aurait aussi un « diacritique moitié gauche de macron ». Là, çà m’étonnerait ! Quoi qu’il en soit,  il y a bien un « diacritique macron-grave »

Et j’ai une explication sur la rapidité de la mise en place des « réformes » : il existe un « macron pleine chasse » !

Sous le patronage de Saint-Uber ?

Mieux encore, « en LaTeX, le macron s’obtient par l’instruction ⁄ = ». Qu’en pense Brigitte ?

Tout s’explique : il s’agit en fait d’une norme typographique Unicode. Ainsi, le caractère ā est un a macron, à savoir la lettre a surmontée du signe diacritique ‾. Tout cela est extrait d’un article Wikipédia, à l’entrée « Macron (diacritique) » .

Pour le fun, sachez qu’existent aussi, liste non exhaustive, a crochet en chef (toujours le chef qui enjambe !), a hatchek, a point suscrit (et le peuple n’y a point souscrit), a tilde, a ogonek, a schwa réfléchi, a culbuté (qu’en pense Brigitte ?) et, note d’exotisme, a tchandrabindou.

[Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Macron_(diacritique)]

MACRON (DIACRITIQUE) : voilà un beau titre de manifeste structuralo-prolétarien, qu’Alain Badiou n’aurait pas renié ! A publier chez Maspéro ?

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En l’an 2000… (1/2)

Lu dans Philosophie Magazine/Hors série n°53, Vivre et penser comme un arbre – Philosophie du monde végétal, une interview de Suzanne Simard, professeure canadienne d’écologie forestière. Elle dit : « Lorsque j’étais étudiante, le modèle en vigueur consistait à dire que l’écosystème est comme un gâteau : les ressources y sont limitées. […] C’est une hypothèse erronée. Les espèces, en travaillant ensemble, augmentent la taille du gâteau !  » Et vlan dans la gueule des ayatollahs du malthusianisme !

C’est bien connu : en l’an 2000, on se nourrira de pilules et les voitures voleront. Eh bien çà y est : on y est – et même 22 ans après. De pilules et de voitures volantes, toujours point. Et tu n’es pas chef d’escadrille, car les cons, pourtant fort nombreux, ne volent toujours pas non plus.

C’est qu’il y a un imaginaire de l’an 2000 ! C’est le summum du futur, dans lequel nous sommes habillés de combinaisons à la Courrèges, assis dans des fauteuils-coque tandis que devant nous, une porte s’ouvre latéralement, laissant le passage à un robot qui nous sert le café ! C’est chié, non ?

Evidemment, çà ne s’est pas passé comme çà (oooh !).

Passons en revue toutes ces prévisions/prédictions/fantasmes/croyances :

  • « Les voitures voleront ».

Techniquement, c’est possible, et quelques constructeurs y ont réfléchi. Mais à quoi servirait une voiture volante ? A la campagne, la route suffit largement. D’autre part, pour aller d’une grande ville à une autre, l’autoroute suffit. En réalité, l’idée de voiture volante serait utile en ville afin d’éviter les embouteillages. Sauf que l’environnement urbain est le plus hostile au vol d’aéronefs : immeubles, antennes, arbres, lignes électriques… même si l’engin est autonome afin d’éviter les erreurs humaines. Ce n’est pas par hasard si la réglementation des zones urbaines est très restrictive, ne serait-ce que pour un survol de drone… Et une chute de voiture volante en plein centre ville, ce n’est pas rien !

  • « On se nourrira de pilules ».

On peut toujours synthétiser les protéines, lipides, vitamines et oligo-éléments, mais il faut l’admettre : les pilules, çà ne nourrit pas son homme, ou alors il en faudrait un monceau dans l’assiette ! Et pas sûr que leur fabrication à cette échelle coûte moins cher que l’agriculture… De toute façon le mouvement anti-malbouffe est passé par là, on tend depuis un certain temps à vouloir retrouver le « goût de l’authentique » et de plus les compléments alimentaires (car les « pilules », c’est en fait çà) attisent aujourd’hui le scepticisme.

  • « On apprendra à l’aide de machines« .

Je ne parle pas de méthodes audiovisuelles ou de choses de ce genre, qui existaient déjà avant l’électronique, mais de machines que l’on branche pendant son sommeil sur le crâne à l’aide d’électrodes. Cela n’existe pas car cela ne se peut pas ! Tout au mieux peut on dire que le sommeil (le vrai) est bénéfique pour l’apprentissage…

  • « Les voitures rouleront toutes seules ».

Avec nous dedans, sinon çà ne sert à rien ! Mais c’est dangereux, dira-t-on ! Que nenni ! C’est même plus sûr ! Il n’y a jamais eu d’accident avec les métros automatiques, par exemple. En réalité, il y a deux cas de figure pour lesquels on a besoin de voitures autonomes : l’autoroute car il n’y a rien à faire et on se laisse porter, et la ville pour au contraire éviter de jeter un oeil partout en même temps. Malgré les accidents médiatisés des essais de GoogleCar ou de Tesla, tout sera au point dans dix ans. Les dispositifs existants comme l’alerte de franchissement de voie ou le régulateur de vitesse sont déjà des étapes vers l’autonomie complète.

  • « Il y aura des robots ».

Mais il y en a partout autour de nous et nous ne les voyons pas ! Seulement, il ne sont pas anthropoïdes… Le robot ne nous sert pas le café, çà n’est pas d’une grande utilité… Par contre il nous le prépare : çà s’appelle la cafetière électrique – électronique, en fait, tout comme le robot qui fait la vaisselle s’appelle un… lave-vaisselle. Mais R2D2 réduit à l’état de microprocesseur de 0,5 X 0,5 cm, çà fait moins rêver. On parle aujourd’hui d’intelligence artificielle (IA) pour tout et n’importe quoi, mais la vraie IA, c’est celle de la cybernétique, celle du « robot » qui apprend à apprendre (par exemple Google qui adapte les publicités à nos goûts). Par contre ce qu’on appelle IA dans le langage courant n’est que de l’électronique.

  • « Les écrans seront en relief »

Sur de simples écrans, tous les procédés ont été des échecs (ah, les lunettes vertes et rouges, inefficaces pour une vision à 10/10 d’un oeil et 5/10 de l’autre !). Cela ne peut marcher que pour une vue en immersion : le casque de réalité virtuelle. Mais se pose alors la question de la fausse information que perçoit le cerveau, ce qui cause des malaises. Les spécialistes ne prévoient pas un grand avenir pour les casques VR, qui vont provoquer des cas d’épilepsie, sans compter les effets à long terme. Et maintenant, la télé en odorama, c’est pour quand ?

  • « On ira sur Mars ».

C’était ce qu’il était prévu de faire après le projet Apollo : un homme sur Mars en 1981 ! Malheureusement, l’exploration spatiale, à cause des « comptables » de l’Administration américaine n’a même pas permis à Apollo de continuer. Ceci dit, on n’avait pas non plus prévu la robotisation qui permet maintenant de connaître Mars sans y mettre les pieds, grâce au sondes automatiques et autres rovers. Et on a sous-estimé la difficulté psychologique des voyages longs, celle matérielle de la génération de l’eau/de l’oxygène/des vivres. On a également sous-estimé l’impact des radiations et de l’hypogravité. J’aurais voulu suivre l’évènement en direct une fois dans ma vie, mais je pense que cela n’arrivera pas avant le siècle prochain… Dommage.

A suivre…

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