Métro loufoque – M 9

La guerre russo-ukrainienne ne marche pas ? Essayons un « Bataclan » palestinien en Israël, histoire de l’avoir enfin, notre guerre nucléaire, avec la collaboration d’idiots utiles que sont aussi bien le Hamas que le gouvernement réactionnaire de Netanyahou. Malheureusement, ce n’est pas une blague… Et les vieux démons trotkystes du NPA et de la Nupes sont toujours là : antisémitisme et promotion implicite de l’islamisme – qu’il ne faut pas stigmatiser, bien sûr (pas de vagues ?)… A propos de l’attentat d’Arras : encore quelque chose qu’on a pas vu venir, tout comme les autorités israéliennes n’ont rien vu non plus samedi 7 octobre – çà en dit long sur la débâcle des pays du bloc occidental ! Sarkozy a réduit les effectifs du Renseignement, et on va mettre en place Vigipirate renforcé, qui ne sert à rien ! Notre tueur coche toutes les cases : Tchétchène (encore), fiché S (encore), famille délinquante (encore). S’il avait été tué lors d’un délit de fuite de contrôle routier, il y aurait eu des rassemblements « Justice pour Mohamed », avec le soutien de « comités Adama »...

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] des milliers de petits jouets et accessoires scolaires données en prime à tout acheteur d'une boîte de Sherwoods' à certaines époques déterminées : plumiers, petits cahiers, jeux de cubes, petits puzzles, petits tamis pour pépites (réservés à la clientèle californienne), photos faussement dédicacées des grandes vedettes de music-hall."

La ligne 9 du métro parisien a rythmé toute mon enfance. J’avais déjà narré les péripéties du jeune marcjoly à Aubervilliers, aux prises avec le métro à la Porte de la Villette. Après Aubervilliers, nous avons habité Boulogne-Billancourt, puis Chaville. Pour « sortir » à Paris, il nous fallait donc nous rendre au Pont de Sèvres par un bus qui, à l’époque, ne sentait pas la rose : le 171, ligne qui existe toujours ! Puis commençait le long périple de la ligne 9.

L’impression qui m’est restée est celle d’un trajet qui n’en finissait pas… De facto, la ligne traverse tout le 16ème arrondissement avec des stations aux noms étranges : Ranelagh, Franklin D. Roosevelt (je prononçais « Droosevelt »), ou noms qui sonnent comme des gags : Jasmin (une fleur !), La Muette (taisez-vous !) et l’énigmatique Rue de la Pompe. Sans compter les jumeaux Michel-Ange – Auteuil et Michel-Ange – Molitor (que j’énonçais en trois fois : Michel prononcé comme le prénom, Ange, puis Molitor). Il y avait aussi les trois « -tin » : Saint-Augus, Havre-Caumar et Chaussée d’An. Eh oui, nous sommes comme çà, les ar/au-tistes. Pouvez pas comprendre ! Passons à notre Métro Loufoque :

[Rappel : suivant le principe des autres Métros loufoques, il s’agit de détourner le nom des stations, et d’écrire un petit texte à partir de ceux-ci. On peut aussi faire subir des contraintes au texte, ce que je faisais au début, mais ce n’est pas nécessaire.]

M 9 : PONT DES CHEVRES – MAIRIE DE MONTREUX

  • Pont-de-Sèvres > Pont des chèvres
  • Billancourt > Bille en tête
  • Marcel-Sembat > Marcel s’en bat les couilles
  • Porte de Saint-Cloud > Saint-Maclou
  • Exelmans > Excellent
  • Michel-Ange – Molitor : Mickey l’ange, mollit trop (Mickey l’ange est un roman de Geneviève Dormann – Albin Michel, 1995. Et à propos de métropolitain, Pétain mollit trop !)
  • Michel-Ange – Auteuil : Mickey, l’ange dans le fauteuil
  • Jasmin > Yasmine
  • Ranelagh > Raah, là, là ! [suggestion d’Etienne Ruhaud]
  • La Muette > L’amulette
  • Rue de la Pompe > Rude Lapon
  • Trocadéro > Tant qu’y a des ronds…
  • Iéna > Y’en a
  • Alma-Marceau > Sophie Marceau
  • Franklin D. Roosevelt > Benjamin Franklin
  • Saint-Philippe-du-Roule > Alors çà roule ?
  • Miromesnil > Giromagny (commune du Territoire de Belfort)
  • Saint-Augustin > Didier Gustin (imitateur des années 90)
Didier Gustin
  • Havre-Caumartin > Jacques Martin
  • Chaussée d’Antin – La Fayette > Yvan Dautin (comédien et chanteur des années 70)
  • Richelieu-Drouot > Jean-Claude Drouot (Comédien né en 1938. Il jouait dans Thierry-la-Fronde)
Je me souviens de Thierry la Fronde
  • Grands-Boulevards > Audrey Pulvar
  • Bonne-Nouvelle > Pas de nouvelles
  • Strasbourg – Saint-Denis > Gainsbourg ! Cinq demis !
  • République > Raie publique
  • Oberkampf > Mein Kampf
  • Saint-Ambroise > Framboise
Boby Lapointe, Avanie et framboise, dans le film de François Truffaut : Tirez sur le pianiste (1960), avec Aznavour dans le rôle du pianiste. Truffaut a créé un précédent en imposant le sous-titrage de la chanson, contre l’avis de la production !

  • Voltaire > Voltarène
  • Charonne > Charogne
  • Rue des Boulets > Rouler bourré
  • Nation > Incarnation
  • Buzenval > Buchenwald
  • Maraîchers > Marre, fait chier ! [suggestion d’Etienne Ruhaud, qui connaît bien le quartier]
  • Porte de Montreuil > Ce que je porte est monstrueux
  • Robespierre > Roger Pierre
  • Croix de Chavaux > Choix de travaux
  • Mairie de Montreuil > Rémi de Montreux

J’avoue que les deux stations avec Montreuil m’ont donné du fil à retordre… Il ne reste plus qu’à pondre un texte au forceps :

ECLATEX VS. FLIPPAX

Sur le pont des chèvres, la nature bille en tête, Marcel s’en bat les couilles des conneries parisiennes, Instagram, les paillettes…

Chez Saint-Maclou, sur l’excellent revêtement de sol, Mickey, l’ange, mollit trop. Puis Mickey, l’ange, dans le fauteuil, met Yasmine sur ses genoux. Raah, là, là ! 

En pleine toundra, Marcel ne veut pas rendre l’amulette au rude Lapon. Elle lui portera bonheur.

Pour Mickey, tout baigne. Tant qu’y a des ronds… Et y’en a ! Mais Yasmine ne lui suffit plus. Il lui faut Sophie Marceau.

En rase campagne, sur les traces de Humboldt, Marcel fait des expériences à la Benjamin Franklin, et s’éclate.

Mickey à Yasmine : « Alors, çà roule, ma poule ? » Né à Giromagny, parti de rien, Mickey l’imposteur ne voulait pas se contenter d’une carrière à la Didier Gustin, qu’il confondait avec Jacques Martin ou Yvan Dautin, bons pour les boomers !

Marcel, le « boomer », préférait le panache à la Jean-Claude Drouot à la frime de l’influenceur Mickey.

« Audrey Pulvar, pas de nouvelles… », soupire Mickey… « Putain, je vais me saoûler comme Gainsbourg : cinq demis ! Audrey, raie publique, oui !« 

« Que la nature est belle », se réjouit Marcel, « rien à voir avec Mein Kampf ! » Allons déguster une petite framboise…

Mickey a une grosseur à la cheville, qu’il masse avec du Voltarène®. « Ah, charogne ! » dit-il en contemplant ce cou-de-pied turgescent.

« Framboise, oui ! Mais, il ne faut pas rouler bourré !« 

« Ce monde pourri est l’incarnation de Buchenwald ! MARRE ! FAIT CHIER ! Ce que je porte est monstrueux !« 

« Mais mon bonhomme, fais comme moi : prends-la plume. Vois-tu, je m’appelais Roger Pierre. Après tout un choix de travaux d’écriture, je publie sous le nom de Rémi de Montreux !« 

« Tu fais chier avec ta nature, ta sagesse, ton calme et ta plume. Mets-toi là dans le cul ».

FIN

Mouais…

Laisser un commentaire

Premier prix de gratin !

Dans le numéro précédent, j’aurais pu ajouter ceci à propos de la Belgique : nous avons une Flandre, les Belges ont les Flandres. Par contre nous avons les Ardennes, ils ont l’Ardenne.

Au moment où je rédige cet article, l’évènement le plus important de la planète semble être la blessure d’Antoine Dupont. J’EN AI ABSOLUMENT RIEN A FOUTRE !

Si vous passez par Montpellier, allez voir l’exposition (jusqu’au 15 octobre au MO.CO) consacrée à Neo Rauch. Ce peintre allemand né en 196o nous décrit un monde imaginaire et onirique. Du Garouste avec un zeste de Plonck et Replonck. Cà me donne l’idée de faire un article du genre Eloge du figuratif (lequel reprend d’ailleurs du poil de la bête).

Neo Rauch, The Microscopic Giant.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[o]n pouvait y faire aussi bien du cheval que de la voile, du ski nautique, de la chasse sous marine, de la pêche au gros, des promenades à dos de chameau, des stages de poterie, de tissage ou de sparterie, de l'expression corporelle ou du training autogène."

Où l’on voit qu’il en est du training comme de la soudure…

Les branleurs qui frimaient avec leur HP 50 !

Autres sports : le thème et la version. Je parle là du grec et du latin, mais enseigner l’hébreu ou le sanskrit ne serait pas inintéressant non plus ! Pour moi, les langues, « mortes » ou « vivantes », ont plus d’intérêt que les mathématiques (matière morte, justement). Mais, conséquence de l’effondrement du niveau de l’Education nationale, on n’apprend (presque plus) les langues anciennes au lycée et plus du tout au collège. Apprendre les dérivées ou les intégrales en 1ère et terminale n’apporte rien pour le développement personnel. Qu’on enseigne çà uniquement à la fac pour ceux qui ont la fibre matheuse (les petits branleurs qui excellent en maths pour préparer une école de… commerce) !

D’ailleurs, entre nous, le grec ancien, langue musicale par excellence, est plus légitime que le latin, idiome « unifié » créé artificiellement pour des raisons administratives alors que les peuples italiques employaient à l’oral des dialectes divers… Au lycée, on apprend surtout le latin et accessoirement le grec : çà devrait être l’inverse.

Le latin, c’est du chinois !

Tiens, soyons fous : créons une nouvelle langue ancienne : pas le palatin* ni le fenugrec, mais le gratin, fusion du grec et du latin ! Ce serait, comme il se doit, une langue à « cas », c’est-à-dire à déclinaisons. Que ceux qui n’ont fait ni latin, ni grec, ni allemand, ni russe veulent bien m’excuser de ne pas comprendre de quoi je parle… Je sais bien que pour vous, le latin c’est du chinois (sauf pour les Chinois pour lesquels c’est de l’hébreu) !

*Les Editions Latines, à Paris, ont leur siège rue Palatine. Faudrait savoir !

La rose, Rose !, de la rose, à la rose, par la rose…

Nous pourrions décliner les mots à l’accusatoire pour les avocats sophistes, au(x) génitoire(s) pour les lupanars de Pompéi, au suppositoire (dans des lupanars plus spécialisés ?), au primitif pour s’adresser aux peuples barbares, au plumitif pour en foutre plein la vue quand on s’appelle Cicéron, à l’apéritif pour commencer les orgies, au vomitif (conséquence de ce qui précède), au laxatif (même remarque ?) et au supplétif pour les auxiliaires, non pas des verbes mais des armées romaines.

Ne mettez pas « votre poire » au génitif !

Nous pourrions également conjuguer à la forme poussive qui serait la preuve que le latin, c’est laborieux ! Il y aurait d’autre formes : l’improviste pour exprimer les actions soudaines et le sapin pour les actions… définitives. Ou le lapin, lupin, rupin, rapin, radin, gadin, gamin, aaaargh!!!!

Et comme la syntaxe française est issue de celle du latin, il existerait aussi une langue française parallèle avec les conjugaisons qui suivent : ainsi l’absent quand il n’y a pas de sujet, le passé décomposé pour les dépositions judiciaires à déclarations contradictoires et l’impatient pour les services de police. Et le moins-que-parfait, pour les crimes ratés ? Quant au passé compliqué, l’est-il plus que le passé simple (qui l’est déjà) ? Le conditionnel serait remplacé par le suppositoire déjà évoqué, mais le traditionnel, qu’est-ce ?

Enfin, je ne résiste pas à cette réplique de sketch des Frères Ennemis (mais qui pourrait être de Chevallier & Laspalès) :

« Dîtes-moi, est-ce que vous avez fait du latin ?

– Non, mais hier j’ai fait des crêpes. »

Laisser un commentaire

Dekoikonparle ? (6)

La Belgique et les Belges

Plus qu’une semaine (jusqu’au 24 septembre) pour visiter l’exposition Rembrandt en eau-forte à l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire)*. Non seulement on peut y voir la majorité de ses gravures, mais de plus le traditionnel parcours thématique a été remplacé par un découpage « autour » des techniques et procédés.

*Grâce aux prêts des collections Jacques Glénat (couvent Ste-Cécile, Grenoble), Dutuit (Petit-Palais, Paris) et Frits Lugt (fondation Custodia).

Dans notre parution du 1er juillet (Honteux et confus), j’avais narré que les sketches comiques se raréfiaient à la FNAC, car notre époque ne rit plus. Dans Cà m’intéresse de juillet-août, un article, Pourquoi rit-on moins qu’avant (p. 80-81), reprend cette thématique*. Selon la journaliste Sabrina Moreau, le rire était ce qui était partagé par toutes les classes sociales. Aujourd’hui, la notion de classe n’existe plus, et parmi une population atomisée, on ne s’amuse plus des mêmes choses. Je n’aime guère les revues « d’intellectuels » comme Esprit ou La revue des deux mondes, mais le numéro de cette dernière (juillet-août**), propose un délicieusement méchant Bétisier du wokisme – perles et analyses. Et les auteurs d’affirmer que l’humour et le recul n’est pas le fort des wokistes. Et j’ajouterai : tout comme des puritains et des dictateurs…

*…comme disent les sociologues. Avant eux, il y avait simplement des thèmes ou des sujets…

**Désolé, nous sommes en septembre et les parutions précitées ne sont sans doute plus disponibles…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] dans une coupe de verre, des modèles de cristallographie, pièces de bois minutieusement taillées reproduisant quelques formes holoèdres et hémièdres des systèmes cristallins : le prisme droit à base hexagonale, le prisme oblique à base rhombe, le cube épointé, le cubo-octaèdre, le cubo-dodécaèdre, le dodécaèdre rhomboïdal, le prisme hexagonal pyramide."

Si la Belgique n’existait pas, il faudrait l’inventer. Un pays artificiel, qui historiquement chevauche deux peuples : Germains et Gaulois, deux systèmes : Saint-Empire et outre – Saint-Empire, deux langues : Flamands et Wallons. La Belgique n’est pas par hasard la patrie du surréalisme !

Voyons tout çà sous la forme de miscellanées :

  • Accent :

« L’accent belge ». Il s’agit en fait de l’accent bruxellois. De même pour les « une fois », « sais-tu ? », qui appartiennent au parler bruxellois – l’équivalent de celui des titis parisiens ou des cockneys londoniens – et qui sert à marquer la zwanze, c’est-à-dire la gouaille de l’endroit. Mais très peu de personnes à Bruxelles parlent encore comme çà. Il y a des accents différents à Mons, Namur ou Liège.

  • Congo :

Savez-vous pourquoi en République démocratique du Congo (ex-Zaïre, ex-Congo belge), au Rwanda et au Burundi (ex – Ruanda-Urundi), anciennes colonies belges, n’a-t-on jamais parlé flamand ? Le flamand ne fut retenu en Belgique métropolitaine que depuis 1932, mais cet argument ne tient même pas : ces colonies n’étaient pas des dépendances du royaume de Belgique, mais la propriété personnelle du roi Léopold ! Or la famille royale de Belgique a toujours été francophone. On ne verrait pas çà au Congo suisse !

  • Frites :

Le visuel présenté en bannière de titre fait un peu cliché, mais les frites – à la graisse de saindoux avec leur petites sauces mayo, blanche, pili-pili, ketchup, samouraï – sont réellement un élément important de la culture belge – témoins les officines à enseigne wallonne « FRITERIE » ou flamande « FRITUUR », dont l’appellation est de plus en plus usurpée par de simples kébabs. A ce sujet, il est cocasse que les deux points culminants de la Belgique (651 m) s’appellent Barraque-Saint-Michel et Barraque-de-Fraiture (et non pas…) !

  • GSM :

On ne dit pas, en Belgique, « (téléphone) portable », mais GSM, d’après la norme de seconde génération pour la téléphonie mobile (Global System for Mobile Communications). De même les Américains ont un cell(phone), et les québecois un cellulaire (les portables européens sont satellitaires, autre mode de réception). Les Suisses utilisent un Natel (Nationales Autotelefonnetz) qui signifie « Réseau téléphonique automobile national » car les premiers téléphones mobiles étaient dans les voitures ! Les Italiens se servent d’un telefonino (un « téléphonet »), et les allemands un Handy, car, comme disait Coluche à propos du schmilblick : « il tient dans la main, il tient dans la main »

  • Langues :

« Oui, je sais, il y a deux langues, c’est pour çà qu’il y a deux provinces : la Wallonie et la Flandre.

-Ce serait trop simple ! D’abord, il n’y a pas de provinces, mais des régions.

-Tu joues sur les mots !

Tu vas voir. Cite-moi des exemples de pays européens fédéraux.

-Ben… L’Allemagne, la Suisse et je crois qu’il y a l’Autriche.

-Tu as oublié la Belgique !

-…

-C’est un Etat fédéral depuis 1993, composé non pas de deux, mais trois régions : tu as oublié la région bruxelloise.

[Soupir] Bon d’accord… Mais liées aux deux langues, vu que Bruxelles est bilingue.

-Faux : il y a trois langues : les habitants des cantons d’Eupen et de Malmédy, même s’ils parlent le français au quotidien, sont officiellement germanophones. Donc, en comptant le bilinguisme de Bruxelles, il y a quatre régions linguistiques, indépendantes des trois régions de tout à l’heure et que l’on appelle communautés. Régions et communautés ont chacune leur domaine de compétence.

-C’est pas simple, ton affaire ! Mais on s’en est sortis !

-Simple ? Il y a donc le Gouvernement fédéral, le Gouvernement flamand, le Gouvernement wallon, le Gouvernement germanophone et le Gouvernement de la Région Bruxelles-capitale (ne pas confondre avec le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles). Et donc pour chaque compétence (santé, culture, etc.), il y a six ministres ! Tu penses bien qu’un tel système n’est pas vraiment viable. Francophones qui pour raisons professionnelles s’installent en communauté néerlandophone – et vice-versa, modification dans le temps de la typologie linguistique… C’est pour cela que les Belges ont inventé en terminologie courante les communes à facilité*, et en terminologie officielle régime spécial en vue de la protection des minorités (35 communes en tout) ! Exemple : Mouscron, francophone par son voisinage avec Tourcoing, enclavée en région de Flandre et commune du Hainaut (région de Wallonie), mais « cernée » par les néerlandophones.

*Appelées avant 1962 « communes égarées » !

Les couleurs indiquent les facilités administratives et/ou d’enseignement et/ou judiciaires…

-En tous cas, tout cela doit bien faire rire les Suisses… »

Pour un Français, un francophone
est un étranger parlant français.

Alain REY

Il peuvent rire, en effet : la crise institutionnelle de 2010, sur fond de tensions identitaires et linguistiques, s’est achevée par l’élection d’un Premier ministre dont on nous a spécifié qu’il serait flamand. Il s’appelait (roulement de tambour)… Yves Leterme* ! Un ministre à facilité ? S’il n’y avait pas ces tensions, on ne ferait même pas la remarque… Prenons le sujet par l’autre bout : la mixité croate/serbe, ou bien russe/ukrainienne ne posait aucun problème, jusqu’à ce que çà dégénère…

*Cà nous surprend ? Comme l’écrit Alain Rey : pour un Anglais ou un Américain, un anglophone est quelqu’un parlant anglais, mais pour un Français, un francophone est un étranger parlant français !

  • Panneaux routiers :

Parlons du fait, en Belgique, de ne pas traduire les toponymes dans la langue de la région où ils se situent (par ex. en français pour un nom de lieu wallon, selon la norme internationale), mais dans la langue du lieu où se trouve le panneau routier. C’est ainsi que fleurissent en Flandre des LUIK* et des RIJSEL. Il faut deviner qu’il s’agit de Liège et de Lille !

*Ce n’est pas un cri de cochon (luiiik !)

Exercice : où sommes-nous ? – spécial dédicace Karambolages. Nous sommes sur le Ring Brussel, c’est-à-dire le périphérique de Bruxelles. Les noms wallons sont transcrits en flamand, donc nous sommes dans la partie néerlandophone de la région bruxelloise. Bergen, c’est Mons. Namen, c’est Namur. Leuven, c’est Louvain. Mais curieusement Charleroi ne se traduit pas. On ne dit pas « Karelkoning » !

Il y a bien d’autres bizarreries outre-Quiévrain*. Evoquons les appellations septante et nonante, d’ailleurs beaucoup plus logiques que nos « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix » : tout n’est pas absurde en Belgique !

*Le Quiévrain est un affluent de l’Escaut dont une partie sert de frontière. Il sépare en deux une commune appelée Quiévrain en Belgique et Quiévrechain en France.

Dernière minute : l’autre jour, à Ostende, j’ai discuté à une terrasse avec un couple de touristes wallons qui étaient rattachistes, c’est-à-dire partisans du rattachement de la Wallonie à la France (il existe un parti pour cela : le RWF – Rassemblement Wallonie France) !

Laisser un commentaire

Mon Saint-Quentin (2)

Ville d’Art et d’Histoire

La fin de l’ère coloniale s’annonce enfin. L’actualité a montré que la révolte des pays africains est liée aux bruits de bottes otanesques (lire le numéro précédent : Cours camarade !) ? Les Américains ont poussé les va-t-en guerre de Paris et la Cédéao à « intervenir » au Niger (riche en uranium…). Une intervention russe en Ukraine, c’est caca. Une intervention au Niger, c’est bien… En tous cas, pour la première fois, les BRICS sont devenus plus puissants économiquement que le G7 ! Du 22 au 24 août s’est également tenu le sommet des BRICS à Johannesburg dans lequel le lèche-cul de l’Otan Emmanuel Macron na pas été invité. Onze nouvelles nations y ont adhéré et il a été question de nouveaux mécanismes de paiement non libellés en dollars entre ces pays. Courage à Dilma Rousseff à la tête de la nouvelle Banque de développement international, dévouée à la dédollarisation. Occident-casino, ou bien Sud en plein croissance grâce aux BRICS ? La lutte continue !

Une nouvelle rubrique qui accompagnera le début de chaque parution : il s’agit bien évidemment de listes… lesquelles parsèment La Vie mode d’emploi* de Georges Perec (Hachette, 1978). Ce sera en quelque sorte la liste du jour. Voici la « liste Perec » d’aujourd’hui :

*J’écrirai quelque chose là-dessus – voire un pastiche ?

"Il le trouvait assis à sa table en train de regarder les étiquettes d'hôtel que Smautf avait ajoutées pour lui à chacun de ses envois d'aquarelle : Hôtel Hilo Honolulu, Villa Carmona Granada, Hôtel Theba Algésiras, Hôtel Peninsula Gibraltar, Hôtel Nazareth Galilée, Hôtel Cosmo Londres, Paquebot Ile-de-France, Hôtel Régis, Hôtel Canada Mexico DF, Hôtel Astor New-York, Town House Los Angeles, Paquebot Pennsylvania, Hôtel Mirador Acapulco, la Compania Mejicana de Aviacion, etc."
« Ceci dit, on s’est pas posé : on est resté dans l’avion ».

Bonne rentrée, et je ne sais pas où vous avez passé vos vacances. Honolulu, Acapulco ou bien Saint-Quentin ?

C’est le deuxième volet* de cette rubrique consacrée à Saint-Quentin, ma « ville-doudou ». Avant d’en venir au fait, il s’agira comprendre qu’il y a eu « grandeur et décadence » de cette ville. Il faut donc en tracer l’histoire.

*Le premier était consacré à l’Art déco pour exploiter le grand nombre de photos que j’ai prises dans ce domaine.

Les Saint-Quentinois savent que leur ville se situe dans le Vermandois. Tout part d’un oppidum gaulois : Viromanduorum. Les Romains s’y installent, et quelques années plus tard, l’abandonnent pour préférer une autre colline* ** plus à l’ouest, qu’ils appelleront Augusta Viromanduorum, qui se situera (cardo) sur l’axe Bagiacum (Bavay)-Lugdunum, et sur celui (decumanus) Samarobriva (Amiens)-Aquis (Aix-la-Chapelle). Quant à la Somme, elle ne fut pas navigable avant sa canalisation au 19ème siècle.

*Scénario courant peu après la colonisation romaine (cf. Bibracte remplacée par Autun).

**…dont le point culminant est le toit de la basilique. De là, par beau temps, j’ai pu apercevoir un autre édifice religieux : la cathédrale de Laon (40 km) !

Selon la légende, la tête du martyr Quintinus décapité (à Amiens, pourtant) fut retrouvé sous le temple païen. Une église dédiée à St-Quentin fut alors édifiée, ancêtre de la basilique actuelle dont il est le moment de parler : la construction de cet édifice gothique, plus vaste que les cathédrales de Soissons ou Noyon, commence au début du 13ème siècle sur les vestiges des églises primitives. L’essentiel est achevé à la fin du 15ème siècle (la façade date de la Renaissance). Les deux premiers étages de la tour porche sont antérieurs au reste de l’édifice, on les date de 1195. Quant aux parties supérieures, elles ont été refaites en style classique après l’incendie de 1669. Fortement endommagée par les bombardements de 1917, la reconstruction de cette collégiale royale, élevée au rang de basilique en 1876, s’étala de 1919 à 1956 ! La charpente fut refaite en béton comme à Ypres ou Reims. C’est seulement en 1975 que fut érigée la flèche au-dessus de la croisée, ce qui valut aux Saint-Quentinois de surnommer leur basilique « le casque à pointe » ! J’ai toujours connu ce monument avec sa tour-porche du 12ème siècle, hélas remplacée récemment par un élément architectural évoquant la contre-Réforme…

Quelle horreur ! Comme à Cambrai !

A noter aussi que c’est la seule église, avec Bayeux et Chartres, à avoir conservé son labyrinthe…

Sans oublier mon coup-de-coeur, cette notation musicale découverte récemment !

Dès le haut Moyen-Age, l’ancienne voie romaine nord-sud devint la route des foires, reliant la Flandre à la Champagne, et la ville se développe rapidement. Une charte communale lui est favorable. A l’emplacement de l’actuelle Grand-Place, une importante foire annuelle s’y tient. Aujourd’hui encore, l’hypercentre de Saint-Quentin est entièrement bâti sur des caves, celles-là mêmes qui ont entreposé textiles (« drap »), grains et vins de Champagne qui ont fait l’objet du commerce médiéval.

Enjeu stratégique de premier ordre, Saint-Quentin subit les guerres « de Cent-Ans » et puis, au 15ème siècle, fut disputée au roi de France par les ducs de Bourgogne. Mais la foire perd de son importance, et la ville est frappée plusieurs fois par la peste. En 1447 (mort de Charles le Téméraire…), elle redevient française. En 1509 fut achevé un édifice qui vous est peut-être familier, et est sans doute la seule référence que vous avez de Saint-Quentin. Eh, boomers, vous vous souvenez des billets de 5o francs ? Ce type avec une faluche sur la tête ? C’est Maurice-Quentin [évidemment] de La Tour, le pastelliste du 18ème siècle, enfant du pays. Mais derrière lui on voit un bâtiment plus ancien : l’Hôtel de ville.

En style gothique flamboyant (1509), il est dû à l’architecte Collard Noël. Sa façade se termine par trois pignons (influence de l’architecture flamande). Les arcades sont ornées de 173 sculptures dont certaines sont loufoques ou irrévérencieuses :

Son carillon, installé dans un campanile néogothique, est doté de 37 cloches. L’Hôtel de ville est le bâtiment emblématique de Saint-Quentin. J’y habitais (à St-Q., pas à l’Hôtel de ville !) à l’époque du billet de 50 balles !

En 1557, surgit un événement gravé dans l’histoire collective des Saint-Quentinois : un siège héroïque face aux troupes espagnoles de l’impérialiste réactionnaire Philippe II se termine par une terrible défaite des forces françaises et le pillage de la ville, malgré la résistance menée par Gaspard de Coligny. Saint-Quentin est restituée à la France en 1559.

Au siècle suivant, grâce aux filatures de lin, Saint-Quentin retrouve sa prospérité. Celles-ci perdureront jusqu’au milieu du 20ème siècle. Au 19ème siècle, elle connaît un grand développement en devenant une ville industrielle prospère, grâce à des entrepreneurs sans cesse à l’affût des nouveautés techniques. Les mouvements ouvriers y sont très combatifs. Les productions sont diversifiées, mais la construction mécanique et surtout le textile l’emportent : les « articles de Saint-Quentin » sont alors bien connus.

Revanche de 1557 : le 8 octobre 1870,les Prussiens ne peuvent pas s’emparer de la ville grâce à la résistance de ses habitants. Le siège fut tout de même brisé le 19 janvier 1871.

La Grand-Place entre 1871 et 1914, avec en son centre le monument commémoratif du 8 octobre.

La Belle Epoque fut une période faste pour Saint-Quentin, vite brisée par la première Guerre mondiale : 70 % des immeubles (dont la basilique) sont endommagés. Dans les années 1920, la reconstruction donna au centre-ville la physionomie qu’on lui connaît aujourd’hui. Plus de 3000 immeubles Art déco furent construits [https://champouin.blog/2023/01/15/mon-saint-quentin-1/]

J’ajouterai l’ancienne chambre du commerce, aujourd’hui Espace St-Jacques : un pastiche gothique/Renaissance (1929). Et aussi cet élégant pastiche 18ème siècle rue de la Sellerie (1922) qui prend comme modèle le pavillon de Hanovre construit à Paris sous Louis XV, référence maintes fois reprise, notamment par les architectes Paul Bigot et Louis Guindez pour le musée de la ville, le musée Antoine Lécuyer, consacré notamment à M. Q. de la Tour.

37, rue de la Sellerie : çà en jette, non ? Le toit pentu dans la rue derrière correspond à l’Espace Saint-Jacques.

[A suivre…]

Laisser un commentaire

Le vieux monde est derrière toi

Il paraît que j’agace beaucoup mes proches avec « mes positions sur la Russie », différentes de celles du narratif de la « communauté internationale ». A vrai dire, la vraie question n’est pas cette guerre, dans laquelle aussi bien les Russes que les Ukrainiens piétinent. Je vous vois venir me faire les gros yeux : « il va le dire ! » Eh bien non : il ne s’agit même pas de l’Otan contre la Russie et la Chine, car çà n’est qu’une conséquence.

Ce dont il s’agit, c’est un changement de paradigme. L’idéologie libérale des obsédés de la dette, avec son bras droit la Démocratie (je vais en reparler) et son bras gauche la transition énergétique, est un échec. Entendre Antonio Gutterres, secrétaire général de l’Onu (pauvre type !), déclarer « Le monde est en ébullition » est pathétique, mais révélateur d’un système de pensée politique aux abois…

Le cerveau d’Antonio Gutteres est en ébullition…

Pire, c’est une crise de civilisation : abandon de la culture classique au profit d’un entertainment planétaire (téléréalité, foot…), enseignements scolaire et universitaire incapables de former des scientifiques ou des dirigeants dignes de ce nom, déclin des infrastructures et des services publics, tiers-mondisation des nations occidentales, recul de l’espérance de vie à la naissance, embryon de dictature – n’est-ce pas, Macron ? Nous sommes totalement empêtrés dans une politique étrangère conçue pour perpétuer l’hostilité envers la Russie et ruiner les relations avec la Chine, au détriment de notre prospérité et de notre système social. Nous avons besoin d’un changement fondamental dans l’orientation de la politique et rejeter l’ensemble du paradigme néolibéral et vert.

Or le « bloc occidental » est minoritaire dans le monde. Il n’est pas légitime pour donner des leçons de paix stratégique, sociale ou environnementale. Du coup, on assiste actuellement à l’émergence d’un mouvement de « non-alignés » (Afrique, Amérique du Sud) et à une montée en puissance de la Chine et de l’Inde, les fameux BRICS (la Russie en fait aussi partie) dont il convenait de dire il y a peu que c’était un pétard mouillé. Il s’agit en réalité d’une véritable offensive anti-libérale de la part de ces pays qui font le lien entre crise sociale, financière et guerre en Ukraine ou ailleurs. Lula (illustration de bannière) en est un des chefs de file. La logique de confrontation des blocs, mais c’était le monde d’avant, celle de la peur des « Rouges » !

L’écrivaine d’origine cubaine Zoé Valdes, de nationalités française et espagnole, s’est présentée aux législatives en Espagne pour le parti d’extrême droite Vox « afin de lutter contre le communisme » !

Non seulement les pays non-occidentaux proposent une architecture financière alternative en refusant le dollar et l’euro comme standards de transaction, mais au « Sommet pour un nouveau pacte financier mondial », le « machin » tenu à Paris les 22 et 23 juin, ils ont préféré parler des fins de mois plutôt que de la fin du monde, car l’argent qui a financé la guerre en Ukraine aurait pu permettre le développement en Afrique.

La logique de confrontation des blocs,
c’était le monde d’avant !

Après la peur des Rouges, celle des Jaunes : il est de bon ton de dénoncer une direction chinoise « sanguinaire et tyrannique ». Mettons-nous plutôt à la place des Chinois : quand ils regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ? Ils voient d’abord des dirigeants anciens banquiers et avocats d’affaires… Bel exemple de moralité, quand bon nombre de leurs homologues chinois sont ingénieurs de formation ! Ensuite, ils ne voient aucune vision à long terme, quand eux raisonnent sur un siècle. D’autre part la vie politique des pays de l’Ouest est rythmée par ce que dénonçait De Gaulle : le régime des partis… Alors les Chinois se demandent : « pourquoi ces pays ne réalisent-ils plus de développement économique, alors que nous y sommes arrivés ? »

« Je lui parlai de la France, il me parla du Parti Radical ! » (De Gaulle à propos de son entretien avec Edouard Herriot)

La réponse est simple : le but d’un Etat, c’est d’imposer le développement ! Utiliser son autorité pour le bien public ! Car le premier droit, c’est celui de pouvoir se nourrir, se loger, se soigner, pouvoir travailler, etc. Quand Spinoza affirme que la liberté doit être la finalité de l’Etat, veut-il dire la liberté le ventre vide ? Quel est le périmètre de la « Démocratie » occidentale ? En ce sens, le véritable modèle de la Chine n’est pas celui des pays communistes, mais celui de Singapour*.

*A la différence que Singapour a gardé quelques mauvaises habitudes de son ancien colonisateur britannique, comme le blanchiment d’argent…

Evidemment, dans la « communauté internationale », celle située dans le camp du Bien, il est convenu de dénoncer l’initiative One Road, one Belt (mal traduite par « Ceinture et Route »*) et appelée de façon informelle La nouvelle Route de la Soie, excellente métaphore. Salauds de Chinois qui laissent une dette colossale à « nos » pays du Sud ! C’est sans compter les réalisations infrastructurelles effectives de ces initiatives, ce que n’ont pas permis les plans type FMI/Banque mondiale.

*Les Chinois étant très avisés, je dirais « Ceinture et Bretelles » !

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la tentative désespérée de l’Otan et ses caniches de se lancer dans une économie et une logique de guerre plutôt que de chercher un plan de paix et de développement. Le reste est du verbiage d' »experts » et de « spécialistes » politico-médiatiques, hier de la Covid, aujourd’hui de la Russie…

L’organisation Humanity for Peace (L’humanité pour la paix), une vaste coalition d’organisations, a annoncé sa mobilisation du 6 au 9 août 2023, date de commémoration du bombardement atomique de Hiroshima. Cf. https://solidariteetprogres.fr/nos-actions-20/actions/le-6-aout-l-humanite-manifestera.html .

Alors cours, camarade, et retrouve Le Champouin le 1er septembre !

Laisser un commentaire

C’est quoi, ces machins ?

Emeutes : 1. Non, la Police ne tue pas. Certains policiers tuent, ce n’est pas la même chose – mais crise de vocations : aux concours, on prend ce qu’on trouve… surtout avec un an de formation (en Allemagne, c’est deux ans et demi) 2. Macron, avant toute enquête, a qualifié cette mort d’« inexcusable » et a de facto déclaré le policier coupable, faisant fi de la présomption d’innocence – or çà n’est pas une vidéo qui doit juger mais la Justice. 3. On a entendu tous les poncifs sociologisants éculés. 4. Personne n’a parlé du trafic de drogue. 5. On a asséné un narratif consistant à préférer parler d’« enfants » et de « petits » plutôt que de délinquants multirécidivistes. 6. On a entendu les mères (pardon, les « mamans ») à la TV, mais pas les pères. Cherchez l’erreur. 7. C’est le fonds de commerce de tous les « comités Adama » financés par les wokistes américains. Et, du coup, des voix pour Bardella ou Maréchal*.

*S’appeler Maréchal, çà ne s’invente pas !

Sommet de Paris « pour un nouveau pacte financier mondial » : nouvel habillage pour les « conditionnalités » du FMI. Les dirigeants africains et des BRICS ne veulent plus du FMI, de la banque mondiale, de la BCE et de la Commission européenne, et proposent un plan de paix pour l’Ukraine. « On ne peut pas demander à un pauvre de porter une charge supplémentaire », selon le président zambien. D’ailleurs, entre nous, seuls les l’UE, l’OTAN et le Commonwealth ne proposent pas de plan de paix en Ukraine, le reste du monde, oui. Chef de file de cette fronde « non-alignée » : Lula, que je vois très bien malheureusement se faire assassiner…

Habitants des capitales et métropoles, vous avez vu fleurir sur les murs (surtout au coin des rues), depuis plusieurs années, des petits messages, sous forme de flyers, affichettes ou graffs : « BNE », « VOTE JOHN HAMON », « FUCK THIERRY JASPART » ? Vous avez avez dû voir aussi des petites mosaïques, ou bien des pochoirs.

Tous ces artefacts sont l’oeuvre d’artistes qui ont :

  1. fait les Beaux-Arts,
  2. commencé par intervenir illégalement sur les murs,
  3. utilisé le buzz comme moyen de communication,
  4. essaimé sur le plan international,
  5. employé des assistants, n’ayant pas le don d’ubiquité,
  6. fini par être reconnu dans le monde de l’art grâce aux galeries et aux expositions,
  7. mis en place des produits dérivés qu’ils vendent,
  8. fini par brasser beaucoup d’argent.

Les voici :

  • BNE :

Les fameuses petites affichettes format cartes postales… Et c’est tout ce qu’il fait ! Entre nous, c’est vraiment de la daube… On ne sait « officiellement » pas qui se cache derrière ces trois lettres. Il est sans doute new-yorkais, et a essaimé partout. En 2006, le maire de San-Francisco lançait une récompense de 2500 $ pour toute information permettant d’arrêter le « vandale ». En 2011, BNE fonde la BNE Water Foundation, une organisation caritative dont le but est de fournir l’accès à l’eau potable aux plus démunis.

  • John HAMON :

Qui est ce type au look d’étudiant gnangnan ? Malgré son prénom, il s’agit d’un artiste français né en 1982. Sa « tronche » (celle de lui lycéen), a commencé à apparaître en 2001. On la voit maintenant dans 33 pays et 77 villes. A l’approche d’élections, on a même vu : « VOTE JOHN HAMON ». Il décrit sa motivation comme suit : « C’est la promotion qui fait l’artiste ou le degré zéro de l’art ». Ce buzz par l’affichage n’est qu’une partie de son activité.

  • Mr. CHAT :

Ce chat jaune ou orange (de tous les formats : il y en aussi sous forme de fresque) est dessiné par l’artiste franco-suisse Thoma Vuille, né en 1977. Apparu d’abord à Orléans en 1997, le chat au sourire prolifère également dans les métropoles du monde entier, mais est également présent à Blois, l’île de Ré, Hénin-Beaumont… « Mon dessin est-il vraiment plus offusquant que les dizaines de publicités affichées en permanence dans les couloirs du métro? »

  • Invader :

Il s’agit des petites mosaïques ressemblant aux Pac-Man du jeu vidéo. L’artiste est Franck Slama, né en 1969. Le premier Space Invader est apparu près de la Place de la Bastille en 1996. Aujourd’hui, près de 4000 Space Invaders sont répartis dans soixante-dix-neuf villes du monde entier. La démarche d’Invader se résume à trois points : « la rencontre entre la mosaïque et le pixel, la transposition d’un jeu vidéo dans la réalité et un processus d’invasion à l’échelle planétaire »… Chaque Space Invader est indexé dans une base de données où sont référencés date, localisation, et deux photographies de l’œuvre en place.

  • Thierry JASPART :

La Belgique est un vivier de déconneurs potaches : de Plastic Bertrand à Benoît Poelvoorde en passant par l’entarteur Noël Godin*. En voici un autre : Thierry Jaspart. Et celui-là est multicartes : outre le simple mini-tag « THIERRY JASPART », on peut trouver le fameux flyer « J’EXISTE », mais aussi « FUCK THIERRY JASPART ». Il est l’auteur d’une transcription phonétique du graffiti, et de flyers à poser sous les graffiti et contenant leur traduction en espéranto ! Citons aussi de fausses annonces sonores dans le train et, acte punk par excellence, Chien Chiant, un groupe de néo-folk écologiste qui n’enregistre pas de musique et qui ne se produit pas en concert pour limiter son empreinte carbone ! [https://thierry-jaspart.com/]

*Bien que ce dernier aie stupidement entarté le conférencier d’histoire Henri Guillemin…

Marre des « bidules » de coins de rues ? Mamadou Jaspart vous propose autre chose…

  • Miss. Tic :

Je suis dans la lune
ne la décrochez pas

Miss.Tic

Il s’agit là des artefacts les plus discrets, les plus poétiques et des moins invasifs de la galaxie du street-art petit format. Miss. Tic (décédée l’année dernière) utilise le pochoir depuis 1982, pour pour y raconter sa vie, ses désirs, ses ruptures sentimentales, ses travers et ses fantasmes, et joue sur les stéréotypes de la femme séductrice. Chacune de ses oeuvres est accompagnée d’un aphorisme : « Madame rêve, Monsieur ronfle », « Je m’édite, tu médites », « Assurez-vous contre le hasard : un regard est si vite arrivé », « Commencer, comment c’est ? »… [http://missticinparis.com/ et https://citation-celebre.leparisien.fr/auteur/miss-tic]

L’artiste devant l’une de ses oeuvres.

Une réponse à « C’est quoi, ces machins ? »

  1. Avatar de confus...confusion !!
    confus…confusion !!

    Ces machins, ce s’rait pas des trucs ?

    J’aime

Laisser un commentaire

Honteux et confus…

Merci à Etienne Ruhaud [https://pagepaysage.wordpress.com] d’avoir évoqué la quadricentenaire de la naissance de Blaise Pascal. Voir également, sur France Mémoire, le site mémoriel du ministère de la Culture [https://www.france-memoire.fr/dossiers/naissance-de-blaise-pascal] : beaucoup de documents à lire, voir ou écouter, dont la lettre apostolique Sublimitas et miseria hominis du pape François à propos de Pascal. Sans compter, sur le même sujet, l’éditorial de Jacques Julliard dans Marianne du 22 juin. Pour une fois, Julliard écrit un papier sur autre chose que « la droite » et « la gauche » !

Prigogine : qu’en penser ? J’attends d’en savoir un peu plus. Est-il l’agent volontaire ou involontaire de l’Otan ?  A suivre…

L’autre jour, à la FNAC, je m’enquis (qu’est-ce qu’il parle bien, marcjoly) de chercher un DVD des Inconnus. Pas trouvé. En réalité le rayon humour était réduit à peau de chagrin (le chagrin étant l’équivalent poétique du zébi). Juste una testa di gondola, comme on dit à Venise, dont la moitié était constitué des insipides Florence Foresti et Gad Elmaleh. La FNAC regorge de films dits « d’action » (comprendre : de violence), mais d’humour, point. De Funès, Les Inconnus, Coluche : au poteau, ces horribles racistes et homophobes ! En ces temps d’inclusivité et de relativisme culturel, défense de rire ! Par contre, dans les séries, les jeux vidéo mais aussi dans la réalité : théâtres d’opérations manipulés par l’OTAN, hôpitaux et abords des collèges, contrôle de police, cités des banlieues, on peut au choix : bombarder, poignarder, tirer une balle dans la tête, tirer des coups de mortier, empêcher l’intervention des pompiers, incendier les poubelles, provoquer un suicide d’adolescent via Tik-Tok, etc. Triste époque !

J’avais promis que je présenterai « mes » textes au fur et à mesure, mais les pastiches, métros loufoques et exercices divers d’écriture ont pris le pas…

Celui-ci est vintage. Dans mon souvenir, il avait été composé quand j’étais petit. Soit, disons, selon mes propres critères, jusqu’à douze ans. Bon, mettons treize. Et là, le rouge m’est venu aux joues : j’ai gardé ce texte, écrit au verso d’un document datant du… 27 juin 1977.

J’avais bientôt seize ans !? Presque l’âge de Rimbaud…

Du coup il fallait que je transforme cette honte en fierté, comme un film navet qui devient culte, justement par sa qualité de navet.

Ni la BnF, ni les Archives Nationales (département des Archives privées) n’en ont voulu… Je me demande bien pourquoi !

Je me souviens l’avoir composé juste après la lecture de Michel Laclos, Jeux de lettres, jeux d’esprit, Jean-Claude Simoën, 1977. Un ouvrage, issu des Jeux de l’été du Figaro, un peu daté : palindromes, anagrammes, holorimes et tutti quanti plus ou moins oulipiens, le meilleur côtoyant le pire.

Suite à cette lecture, je décidai de m’adonner à quelques exercices et contraintes, et c’est ainsi que j’en suis venu à pondre, au forceps et en une après-midi, Le corps beau et l’heureux Nar (holorime de Le corbeau et le Renard). Tout le monde l’a fait, c’est la tarte à la crème des exercices de style, et je pense que le mien doit être le pire :

LE CORPS BEAU ET L'HEUREUX NAR

Mettre corps beau sur un art Breuperchay :
Tenez. Tend son bec, Infreau, mage.
Mettre heureux Nar : parle aux deux rats léchés,
Lui tinte à "peu près", seul engage.
Hé bon ! Jour ! Monsieur "duc Orbeau",
Queue, vous êtes jolie, Queue [sic] ! Vous me semblait [sic] beau !
Si, Parazar, votre plume, âge
Ressemble à votre rame, âge,
Vous êtes l'oeuf Hényx des hôtes de Céboix.
Assez, maux ! Le corps beau ne se sent pas de joie :
Il ouvre un Largebec et l'S tombait? Sape, roi !
L'heureux Nar sens ses I, elle lui dit :
Mon bon monsieur, âpre né, que tout flatte, heure.
Vitheau dépend de* celui qui les coûte.
Sept leçons vaut bien. Infreau, mage, s'en doute.
Le corps beau, tout  dès qu'on fit**, 
Jura. Mets un peu Tar, qu'on ne l'y prend Dréplud.

*Rayé par ma maman qui a remplacé par « Vite au dés, pende »

**Apparemment, j’avais confondu « honteux et confus » avec « tout déconfit »… Un acte manqué ?

Vous n’avez rien compris ? A cette fin, j’avais ajouté ce long codicille :

Explication [sic] :

Comment mettre un beau corps dans l'art Breuperchay (école picturale du XVIIIème siècle) : le mage Infreau est gourmand, et pour Nar le content hermaphrodite, le mage se faisant passer pour Nar, il parle très fort à deux souris propres, cela n'engage que lui : il lui dit qu'il a une belle queue. Il s'appelle Parazar une de ses plumes et compare la queue à une rame, et à Hénix, divinité céboisienne [sic] représentée par un oeuf. Le corps beau est tellement flatté qu'il ouvre une boîte de Largebec (fromage normand), et que l'S de "matières grasses" tombe. Le roi en saperait. Mais Nar sent les I de "matières" et lui dit que tout flatte le temps qui s'appelle Vitheau, et que la flatterie et chère. Vitheau est tombé sept fois dans le panneau. Infreau le sait. Pour prendre un certain Dréplud, il faut mettre Tar au lieu de corps beau.

C’est encore plus nébuleux ! Je précise que je ne consommais pas de substances illicites… Et j’aurai pu signer Laffont-Taine : on aurait eu l’éditeur et l’auteur en même temps !

Et si je faisais une holorime de l’explication elle-même ? « Comme en mètre, un bock horde en lard… » Mais non, Jean d’laf’, je blague…

On n’est pas sérieux quand on a seize ans.

Laisser un commentaire

S.I.G.L.E.S. (3)

Spécial bases de données bibliographiques

Votre serviteur, ayant travaillé dans les bibliothèques et les archives, connaît bien cet ouvrage : Le Métier de Bibliothécaire, Le Cercle de la Librairie, 2019. Ouvrage collectif, et certains auteurs ont fumé la moquette. Je cite Silvère Mercier (p. 188) : « La fortuité fait ainsi référence au bain d’information facilitateur d’une sérenpidité active et productrice de sens, d’individuation. Car la sérenpidité est un hasard d’autant plus potentiellement heureux qu’il y est aidé, c’est-à-dire, pour prendre une image, qu’il se déploie dans une piscine plutôt qu’un océan informationnel. Sous peine de se transformer en hasard malheureux, en zemblanité, naviguer sur le Web suppose un art de vivre le Net ». On en a interné pour moins que çà… Un autre auteur cite Linda Willander, bibliothécaire à Malmö (Suède) :« [la bibliothèque] offre la possibilité […] de consulter des personnes en chair et en os […] : parents homosexuels, femmes musulmanes voilées, punks, militants de défense des animaux, skinheads, transsexuels, auxiliaires de la circulation routière, et beaucoup d’autres… ». Qu’en penser ? « Vivre ensemble » ? Diversité ? Inclusivité ? Auberge espagnole ? Cour des miracles ? Freak show ? Les bibliothèques sont-elles des zoos humains où les voyeurs viennent voir la nouvelle attraction et où Marie-Chantal vient s’encanailler ? Je vais soumettre tout çà aux wokistes de la Nupes… ils seront ravis de la présence de skinheads !

Passons au troisième opus de nos sigles intéressants. Sigles remarquables, dit-on dans un contexte encyclopédique ou de miscellanées. Dans les métiers bib/archives, j’en ai donc vu passer certains.

Ces sigles ont en réalité commencé à apparaître au milieu des années 70 avec la montée en puissance des instruments de recherche bibliographiques informatisés qui ont remplacé les fameuses fiches dans les meubles à tiroirs, et qui ont unifié le mode de catalogage.

Je me souviens des fichiers à tiroirs…

Tout cela va intéresser deux lectrices (?) de ce blog : Mylène Arrieux et Nathalie Conseil.

Tout commence donc avec MARC* (MAchine Readable Cataloguing), premier du genre (1977) et son avatar actuel UNIMARC. On savait bien que marcjoly, votre serviteur, était unique !

*MARC, c’est aussi : Modélisation et Analyse pour la Recherche Côtière…

Pour rester dans les prénoms, il y a PASCAL (Programme Appliqué à la Sélection et à la Compilation Automatique de la Littérature)** et son copain FRANCIS (Fichier de Recherche bibliographique Automatisée sur les Nouveautés, la Communication, et l’Information en Sciences humaines et sociales). Quant à CONSTANCE, c’est : CONservation et STockage des Archives Nouvelles Constituées par l’Electronique.

**Il y eut également un langage informatique nommé Pascal, allusion au grand Blaise et sa machine à calculer.

La mythologie grecque est aussi à l’honneur avec ELECTRE (bibliothèque ELECTronique de REcherche bibliographiques). En France, c’est cette dernière, avec OPALE (qui n’est pas un sigle, hélas !) qui a précédé UNIMARC en ce qui concerne les bibliothèques publiques. PRIAM, lui, est le Préarchivage Informatisé des Archives des Ministères.

Pour ce qu’on appelle l’indexation matière (classement par thème, pour faire court), il y avait -à une lettre près- la base RAMEAU (Répertoire d’Autorité Matières Encyclopédique Unifié), qui a toujours cours. COUPERIN existe aussi : créé au départ pour négocier les conditions de vente des périodiques électroniques pour un groupe de bibliothèques universitaires, ce n’est hélas pas non plus un sigle.

Un système d’indexation automatique, développé par le CNRS, s’appelait SYNTOL – sans H – (SYNtagmatic Organization Language). Pendant ce temps, les Britanniques développaient PRECIS (PREserved Context Indexing System). Les Américains, eux, créaient TEST (Thesaurus of Engineering and Science Test).

« Un entrepôt de métadonnées de référence ayant vocation d’optimiser le signalement des ressources électroniques afin d’en faciliter l’accès » (vous n’avez rien compris, moi non plus !) s’appelle BACON (BAse de COnnaissance Nationale). Allusion à Francis Bacon : pas l’artiste contemporain, mais le philosophe (dit humaniste) de la Renaissance, dont certains écrits ont été le point de départ du système de classification de William Torrey Harris pour les bibliothèques des États-Unis dans la seconde moitié des années 1800.

Autre base de métadonnées : ADAMANT, qui signifie : Accès et Diffusion des Archives et de Métadonnées des Archives Nationales dans le Temps. Il est regrettable que adamant veuille dire « diamant » en anglais pour désigner un outil développé par et pour les Archives Nationales… de France !

Quoi d’autre au menu ? LIBER est la LIgue des Bibliothèques Européennes de Recherche. Quant à VITAM, il s’agit de Valeurs Immatérielles Transmises aux Archives pour Mémoire : c’est une plate-forme d’archivage électronique. Toujours dans les archives, PIAF est le Portail International des Archives Francophones.

Ad vitam…

Scolaires, les crieurs chantent nos crayonnages
Solaires, les rieurs hantent nos rayonnages !

Slogan affiché devant la BU de la fac de Paris-VIII Saint-Denis.

Mais l’apogée, l’acmé, la cerise sur le gâteau est que la revue de l’Abes (Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur) s’appelle Ar(abes)ques. Génial ! Quant au blog technique de l’Abes, c’est Punktokomo. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi çà veut dire quelque chose : c’est « point-virgule » en espéranto. Les bibliothèques… l’espéranto… un Bacon proto-philologue… il y a là un pattern intéressant, comme on disait naguère dans un mouvement que j’ai bien connu. Des membres de l’Oulipo (Eco, Perec…) ont gravité autour des bibliothèques et du CNRS. Umberto Eco était de surcroît espérantiste ! Or il existe bien un OuBiPo (Ouvroir de Bibliothèque Potentielle), mais, à la différence de l’OuLiPo, il n’a aucun rapport avec les Ou-X-Po génériques issus de la Pataphysique. Cet OuBiPo frauduleux est tout simplement un blog de « réflexions sur l’évolution des données bibliographiques à l’Abes ». Mais cette appellation n’est pas gratuite et je soupçonne quelques authentiques oulipistes d’être à l’origine de l’Abes… Piste à suivre, et j’essaierai de vous en rendre compte.

« Ah non, moi c’est Obispo ! » Mais j’ai fini par apprendre que Pascal Obispo était l’anagramme de Pablo Picasso…

Koi ? Keskidi ? C’est du chinois pour vous ? Sur l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle), voir www.oulipo.net (site malheureusement peu intuitif) et https://fr.wikipedia.org/wiki/Oulipo. Cà me donne l’idée de consacrer un Dekoikonparle à la pataphysique…

Bon. Je vais me ReLIRE (REgistre des Liens Indisponibles en REédition numérique).

Laisser un commentaire

J’les confonds toujours (5)

L’autre jour aux alentours de la fac de Paris VIII-Saint-Denis, j’ai vu cette affiche : « DES SISTERS, PAS DES CISTERFS ». Diable ! Si vous n’êtes pas au courant du jargon wokiste, je vous explique. TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist) est une dénomination que le Lexique Trans rédigé par le planning familial [!] définit comme « une fraction de féministes et d’individu.e.s luttant contre les droits des personnes trans au nom de la sécurité des femmes cis dans les espaces non mixtes ». Vous n’avez rien compris ? Sachez que la guerre est ouverte entre les féministes cisgenre et les trans d’apparence féminine qui préfèrent que l’on dise « personne avec un vagin » plutôt que « femme ». Je me doute qu’être trans n’est pas forcément confortable, mais on en est là, et les règlements de comptes se font par affichages interposés dans une ZAD, pardon, une fac qui est celle de tous les pires possibles, entre Hezbollah, Extinction Rebellion et Indigènes de la République.

Je ne vais pas dire : trans et féministes cisgenre, j’les confonds toujours. On a lancé des fatwa pour moins que çà !

  • BUCAREST et BUDAPEST – deux capitales européennes.

Le pont-aux-ânes de la confusion de villes, surtout pour les pays de l’est, du genre « tout çà c’est pareil »… BUCAREST (Bucuresti, en roumain) est la capitale de la Roumanie, et compte 1 883 400 habitants. Le nom provient de l’allégeance à un certain Bucur, vraisemblablement un important propriétaire de troupeaux. La ville se trouve au confluent de la Colentina et de la Dômbovita, affluents d’un affluent du Danube. Ses bâtiments baroques, néo-classiques et Art nouveau ont été mis à mal par l’architecture stalinienne du régime de Ceaucescu. BUDAPEST (1 752 300 hab), c’est autre chose : Aquincum, site celte sur le Danube, devint Buda (patronyme du nom d’un frère d’Attila) à l’ère de la dynastie Arpàd (895), capitale hongroise. Sa réunion avec Pest (cavité rocheuse, en slave), sur l’autre rive du Danube, en 1873, a donné ses nom et configuration actuels. Très belle ville (cf. Prague ou Vienne), contrairement à BUCAREST. Elle est dominée par son imposant château. Son métro date de 1896, le plus ancien après celui de Londres !

  • Bernard BUFFET (1928-1999) et Jean DUBUFFET (1901-1985) – deux peintres français.

Jean DUBUFFET, artiste autodidacte, est le premier théoricien ce ce qu’on appellera l’art brut : celui des « fous », de gens « simples » ou de marginaux. Son œuvre est composée de peintures, d’assemblages souvent qualifiés à tort de « collages ». Il a beaucoup inspiré Antoni Tàpies. Installé à Vence en 1955, il y restera jusqu’à se mort. Sa propre collection a été léguée au château de Beaulieu, à Lausanne [A noter qu’il existe également une dynastie de peintres et sculpteurs : les Dubufe (avec un seul f), depuis Claude-Marie Dubufe (1790-1864), jusqu’à Juliette Dubufe-Wehrlé (1879-1918)]. Quant à Bernard BUFFET, c’est un peintre expressionniste (personnages, figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs). Aquarelliste, c’est également un peintre de décors et un illustrateur. Il fut le compagnon de Pierre Bergé jusqu’en 1958, puis épousa la comédienne Annabel Schwob. Il se suicidera en 1999. Un musée lui est consacré au Japon.

  • Daphné BURKI (née en 1980) et Delphine BURKLI (née en 1974) – deux femmes en D.ph.ne BURK.I, mais pas en burkini !)

Delphine BURKLI est une femme politique (RPR et ses avatars, puis Horizons) formée par Pierre Lellouche, élue locale à Paris puis à le région Ile-de-France. Daphné BURKI est la fille d’Hubert Marin de Montmarin et de Catherine Maeght. Des gens comme vous et moi… Ancienne élève des Beaux-Arts, elle est animatrice et chroniqueuse à la télévision. On s’en branle complètement…

  • CABOURG et COMBOURG – deux villes en lien avec des écrivains.

CABOURG (36564 hab.) est un port du Calvados entre Caen et Deauville, au bord de la Dives. Le nom provient d’une racine cad : le combat. Henri Durand-Morimbau, homme d’affaires et avocat parisien, décide dans les années 1850 de créer une station balnéaire dans ce village de pêcheurs. Mais sa montée en puissance date des années 1920. Ce fut aussi la ville de villégiature de Marcel Proust, qui aimait résider dans « son » Grand-Hôtel. Quant à COMBOURG (6082 hab., label « Petite cité de caractère »), c’est en Ille-et-Vilaine. On ne connaît pas l’origine du nom. Au haut Moyen-âge, la seigneurie de Combourg fut créée par l’archevêque de Dol d’où l’existence du château. L’armateur malouin René-Auguste de Châteaubriand acquit le comté de COMBOURG et s’y installa en 1777. Son fils, le fameux François-René, l’écrivain, y passa douze ans de sa jeunesse. « L’ensemble du château, fièrement assis sur le rocher, — avec son étang et ses bois, l’église et les maisons de la petite ville qui l’entourent, la vallée qui s’ouvre devant lui et le vaste horizon de landes qui la termine, présente un caractère de grandeur mélancolique qui n’est point sans charmes ». J’ai eu personnellement l’impression que ce château massif en pierre brune écrase le village et le plonge dans l’ombre…

  • John CAGE (1912-1992) et Nick CAGE (né en 1964) – deux touche-à-tout artistiques.

John CAGE est un « compositeur », « poète » et « plasticien » américain. Il étudie la composition auprès d’Arnold Schönberg, mais veut la déconstruire en remplaçant la notion de cadence par celle de temps. Il commence à remettre en question la position occidentale de l’artiste, s’initie à la spiritualité hindoue, introduit le hasard dans la composition et expérimente la fusion des arts (danse, musique, architecture, peinture, etc.). Il rencontre le danseur et chorégraphe Merce Cunningham, qui deviendra son compagnon. Que dire de ses oeuvres ? Ce sont plutôt des performances, et dans le genre, il y en a de meilleures… Esprit potache ou véritable « daube » ? Je penche pour la réponse B, Jean-Pierre. Quant à Nicolas (Nick) CAGE, de son vrai nom Coppola (Francis Ford est son grand-cousin), il provient d’une famille d’italo-américains acteurs, chanteurs, danseurs, etc. Acteur, réalisateur et producteur, lui-même, il a joué dans des centaines de films.

A suivre…

Une réponse à « J’les confonds toujours (5) »

  1. Avatar de J’les confonds toujours (6) – Le Champouin

    […] le J’les confonds toujours précédent (https://champouin.blog/2023/06/01/jles-confonds-toujours-5/), j’avais évoqué Buffet et Dubuffet. Effectivement, dans Le Journal des Arts du 23 juin […]

    J’aime

Laisser un commentaire

En l’an 2000… (2/2)

Dans le première rubrique En l’an 2000… (parution du 1er juillet 2022), j’avais évoqué les machines à apprendre. J’aurais pu parler des théories de Burrhus F. Skinner (1904-1990). Ce dernier, chantre du béhaviorisme, voyait l’apprentissage à l’aune des expériences cognitives… sur les rats. Son obsession était de « contrôler le comportement humain ». Pour cela, « il n’est pas excessif de comparer la machine à un précepteur privé » en « utilisant ce feed-back immédiat non seulement pour modeler efficacement son comportement [à l’élève], mais pour le maintenir en vigueur, d’une manière que le profane traduirait en disant que l’on tient l’intérêt de l’élève en éveil ».

Aujourd’hui, le site de l’Enseignement informatique et public (EPI) présente des logiciels éducatifs répondant à ce cahier des charges ! Inquiétant…

[Source : Groupe éducation de Solidarité & Progrès, Face à la dislocation de notre société, Emanciper l’esprit humain, brochure, septembre 2016]

Voici la suite de ce qu’on pensait se réaliser « en l’an 2000 » :

  • « On s’habillera unisex » .

C’est à la fois vrai et faux. De nos jours, hommes comme femmes s’habillent en jean/ T-shirt, uniforme globalisé que tout le monde porte parce que les autres en portent.* On s’habille aussi en uni-âge, les femmes voulant ressembler à leur fille, et les hommes à leur fils (barbe de trois jours, T-shirt à message, machins aux pieds en plastique siglés Nike et trottinette – comme pour enfant de quatre ans…). Notons qu’il s’agit d’un unisexe… genré, car la mode (surtout le streetwear) impose le look Barbie pour les unes et bad boy pour les autres ! En tous cas, il ne s’agit pas de l’unisexe des séries SF des années 70 avec les combinaisons Courrèges. Il ne s’agit pas non plus de vêtements interchangeables, les deux sexes n’ayant pas les mêmes morphologies…

*L’auteur de ces lignes, qui déteste le mainstream et la dictature de la majorité, n’en porte pas.

  • « On fera ses courses en restant chez soi ».

On y est, malheureusement ! Le Corbusier avait imaginé qu’on commanderait par téléphone et qu’un système de tapis roulant nous délivrerait les courses. C’était compter sans l’internet, et sans l’intervention des nouveaux esclaves amazoniens ou ubériens, comportement aggravé par la crise sanitaire. Du temps de la préhistoire des courses à domicile, une fois que mamie avait fait son choix grâce au catalogue Maximo ou Thiriet, le camion passait livrer le surlendemain. Aujourd’hui, un opérateur comme getir livre « en moins de 10 mn ». Envie d’un paquet de chips à trois heures du matin, comme un gros bébé ? Un migrant sans papiers risque sa vie dans la circulation pour satisfaire votre caprice…

  • « La pilule en vente dans les Monoprix » (Antoine).

« La pilule en vente
dans les Monoprix. »

Antoine

Sacré Antoine ! Heureusement, les pilules contraceptives ne sont pas des bonbons, sont délivrées sur prescription médicale et en vente dans les pharmacies (qui en l’an 2000 seront des drugstores, c’est bien connu !). Malgré cela, il y a eu de gros dégâts avec la pilule de première voire de deuxième génération, notamment des cancers. Par définition, la pilule contraceptive est un perturbateur endocrinien et n’est pas anodine. Ces derniers, qui peuvent être aussi des additifs alimentaires ou cosmétiques, se retrouvent via les urines dans l’environnement et l’eau du robinet, et joueraient un rôle dans la baisse de la fertilité masculine…

Antoine et les Problèmes, Les élucubrations, 1966. – « Les Problèmes » ! Une appellation punk avant l’heure !

  • « On aura éradiqué les épidémies ».

Oui, tu l’as dit, bouffi ! Avec le HIV, Ebola, le SRAS, la COVID et la variole du singe, sans compter la bonne vieille grippe qui est toujours là ! En vérité, des milliers de types d’agents pathogènes « dorment » dans la biosphère. Ensuite, nos comportements (mondialisation, déforestation, élevage intensif…) nous mettent en contact avec le vivant et déclenchent des zoonoses. Dans les années cinquante, on avait la solution : antibiotiques et vaccins à gogo. Mais on l’a vu : l’excès et l’abus d’antibiotiques atténuent leur effet, et le vaccin* préventif ou curatif n’est pas adapté à toutes sortes d’agents pathogènes, lesquels trouvent souvent la parade en mutant. Heureusement, il y a maintenant les » vaccins 2.0″ à ARN messager. C’est une technique, il y en aura d’autres.

*Faut-il rappeler que le principe de la vaccination n’est pas néfaste, bien au contraire !

  • « On aura des montres-téléphones sur lequel apparaît le visage du correspondant ».

Comme dans la série Cosmos 1999 ! En réalité, ce n’est pas la montre qui fait téléphone, mais l’inverse. Le smartphone (quel vilain mot !) est un terminal informatique à tout faire, muni d’un clavier. Ce dernier, même virtuel, est une contrainte qui empêche de miniaturiser plus l’engin : ce qui fait que les montres connectées existent mais en mode passif (consultation de SMS et de notifications). Quant à la tronche de l’autre sur l’écran, çà existe : c’est Skype. Mais le but des smartphones, c’est le nomadisme, autre contrainte pour les appels en visio, réservés aux PC.

  • « On pourra remplacer toutes les parties du corps ».

C’est en cours. On a aujourd’hui les prothèses osseuses, articulaires, dentaires, optiques, auditives. Egalement les greffes de sang, peau, cornée, mains, visage, foie, rein, foie, poumon, coeur, utérus… Mais pour le reste, cela demandera énormément de recherches pré-cliniques et cliniques, d’autant que les problèmes dus aux rejets n’arrivent toujours pas à être à 100% résolus. Cela se fera donc graduellement sur un siècle ou plus. Seule exception : le cerveau. Le cerveau endommagé dopé par des circuits électroniques, ou bien carrément remplacé par un autre encéphale téléchargé grâce à une clé USB… Désolé, Elon, mais non seulement il faudrait des siècles pour y parvenir techniquement, mais de plus, modéliser numériquement des sentiments et des ressentis est impossible.

  • « On prendra la pilule du bonheur« .

Décidément, les pilules… Des expériences ont été réalisées notamment dans les années cinquante avec le LSD et autres substances…, plus ou moins annoncées par l’agent de renseignement Aldous Huxley dans Le meilleur des Mondes (le soma), et développées par l’Institut Tavistock de Londres et le projet MK Ultra autour de Timothy Leary. Des avatars de ces substances s’appellent LSD, amphés, crack… On l’aura compris, la pilule ou seringue du « bonheur » n’est que celle du plaisir très immédiat… et un moyen de contrôle des populations ! D’autre part, il y a des millions de gens sur terre qui se nourrissent d’antidépresseurs (les Français en tête !). Sont-ils heureux pour autant ?

  • « On fera ses courses au drugstore ».

En réalité, aucun français n’est fichu de savoir exactement ce qu’est un drugstore. Concept étasunien et canadien (avec quelques différences entre ces deux pays), ou japonais (les konbini),le drugstore est avant tout une supérette ouverte jusqu’à minuit, ce qui n’a rien d’extraordinaire. On y vend de surcroît des cigarettes (le bureau de tabac est une exception française), des journaux, de la papeterie courante et de la parapharmacie (ce qui est délivré ou non sur ordonnance diffère des deux côtés de l’Atlantique). C’est ce dernier point – « acheter des médicaments chez l’épicier » – qui a créé chez les Européens le fantasme du drugstore. Et puis, « çà fait américain ». A tel point qu’en 1958, Marcel Bleustein-Blanchet (Publicis) avait lancé à Paris les « Drugstores » Champs-Elysées puis Matignon et St-Germain. Cosmétiques, journaux, gadgets et restaurant, bien loin des réalités américaines. Il n’en reste plus qu’un seul, en haut des Champs-Elysées, devenu un lieu de luxe pour touristes fortunés. La France de l’an 2000 est donc loin de faire ses courses au drugstore.

  • « On fabriquera des bébés en laboratoire ».

A vrai dire, depuis des années, on est en train d’explorer des modes de conception atypiques (insémination artificielle, fécondation in vitro, grossesse pour autrui) mais les bébés sortent encore de « l’origine du monde ». Pour les faire « en laboratoire », il faudrait créer un utérus artificiel extra-corporel, ce qui pourrait être possible dans plusieurs décennies. Mais pas d’eugénisme ! Il faut réserver ces pratiques pour une impossibilité de procréer naturellement.

L’Origine du Monde ?

Laisser un commentaire