Quel est ton pronom ?

Abracadabra ! L’intrusion de l’Ukraine en Russie sort comme d’un chapeau…. La main de l’Otan dans la culotte d’un Z… elensky, comme l’ont reconnu même les grands médias. Par cette opération, l’Otan franchit une énième ligne rouge, et pousse à la guerre nucléaire. De plus, le New York Times du 20 août nous apprend que Biden a approuvé en mars dernier dans un document confidentiel (Nuclear Employment Guidance) la réorientation de la politique américaine de dissuasion sur la Russie, la Chine et la Corée du Nord avec l’expansion rapide de son arsenal nucléaire.

REVUE DE « PRESQUE » :

Mort d’Alain Delon : d’après France-Inter, organe officiel de la bien-pensance bobo parisienne, il avait « sa part d’ombre ». Les journaleux faisaient-ils référence à sa mégalomanie ? A l’affaire Markovic ? Au fait que Delon mélangeait de façon incohérente gaullisme et lepénisme ? Ou bien au fait qu’il battait son fils, comme l’a relaté Anthony dans un livre de souvenirs ? Que nenni ! La part d’ombre en question est, simplement, qu’il « était de droite ». On peut détester la droite (il y a d’excellentes raisons pour cela, et l’article d’aujourd’hui va le prouver), çà n’en fait pas la moitié de la population (d’inquiétants Français !) avoir sa part d’ombre…

Marianne, Charlie Hebdo et Le Monde ont eu la même idée :

Une de Libération jeudi 22 juillet : KAMALA ARRIVE, DONALD TREMBLE. Libé (qui avait déjà sévi avec MANUEL VALSE) recrute, on ne va pas s’en plaindre, chez Carambar… Est-ce aussi le même type qui opère sur les produits alimentaires Monoprix (par ex. : « Allô, à l’huile, y’a de la friture sur la ligne » sur les boîtes de maquereaux), ou les pubs Lidl (– « Moins de 2,50 € le kilo sur les haricots ? Là, je suis vert ! »). On est mal, patron, on est très mal…

Et au moment où je rédige ce chapeau (24 août), on parle ici et là (France Info, Charlie) – mais on point où on en est, tout est possible – de Tony Estanguet Premier ministre. Là, on se tripote… Comme dirait ma grand-mère : pendant ce temps, les Chinois travaillent (et s’esclaffent et sont consternés à la fois). Le plus pathétique, dans cette histoire de sports, JO, etc. n’est pas que Macron nous le serine, mais qu’il y croit…

LA LISTE (OLYMPIQUE) PEREC (GEORGES, ET NON MARIE-JOSE) DU JOUR :

Nous retrouvons donc ce cher Georges. Je rappelle le principe de La liste Perec du jour : chaque liste est extraite de La vie, mode d’emploi de Georges Perec.

"Il a devant lui une boîte en bois blanc abondamment pourvue d'étiquettes, de timbres, de cachets et de sceaux de cire rouge, d'où il  a sorti cinq broches en argent et strass, style Art Déco, représentant cinq sportives stylisées : une nageuse crawlant au milieu de vaguelettes en festons, une skieuse fonçant schuss, une gymnaste en tutu jonglant avec des torches enflammées, une joueuse de golf à la canne haute et une plongeuse exécutant un impeccable saut de l'ange."

Au moi de mai, j’étais tombé, en kiosque, sur une publication étrange : Livre Noir, trimestriel aux allures de mook (un mook est un livre-magazine).

Un autre périodique, Front Populaire (aucun rapport avec l’alliance de la carpe libéralo-zadiste gluglu et du lapin ruffino-communiste) de Michel Onfray, attaque et démonte faits et idées plutôt bien*, avec une profondeur historique, mais c’est tout ce qu’il fait… car il ne propose rien. En étant souverainiste mais en ne proposant rien, Onfray se situe ainsi dans le registre de la rage au détriment de celui de l’action, et donc est sur le point de rejoindre l’extrême-droite.

*Sauf sur la « transition énergétique », car Onfray, qui déteste pourtant « l’environnementalisme », est persuadé que le dérèglement climatique est d’origine strictement humaine…

Eh bien par rapport à Livre Noir, Front Populaire semble être un magazine gauchiste ! L’aspect même de Livre Noir (qui est aussi un site) dérange : une couverture noire, très « Police/Renseignement » et – la rédaction ne s’en cache pas – ils ont des relais dans ces milieux.

Les trois numéros parus traitent de l’immigration, de l’importation en France du conflit israélo-palestinien, et des mouvements d’extrême- gauche. Rien sur la question économique ou sociale. C’est que Livre Noir ne se positionne pas en tant qu’anti-libéral, comme Front Populaire ! Je ne sais pas qui est Eric Tegnér, qui est à la tête de la publication, mais y participent Thibaut de Montbrial* et Thierry Lentz, admirateur de Napoléon (!), qui ont déjà sévi dans FP ; François-Xavier Bellamy (celui de LR !) ; l’avocat Gilles-William Goldnadel et Rémi Brague, deux Juifs (pro-Netanyahou ?) inquiets – à juste titre – de l’anti-sémitisme ambiant ; Driss Ghali, déjà cité dans ce blog (https://wordpress.com/post/champouin.blog/7093) ; Loïk Le Floch-Prigent, qui a viré souverainiste ; et l’écrivain algérien Boualem Sansal dont on se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère lepéno-zemmourienne. Car c’est bien de cela dont il s’agit !

*Ce dernier participe à Périclès, le think-tank de Pierre-Edouard Stérin, l’homme d’affaires ultra-ultra-libéral qui a manqué racheter l’hebdomadaire Marianne.

Là encore, tout comme pour Front Populaire, il n’y a objectivement rien à jeter dans ce qui est écrit, mais çà s’arrête là*. Comme dirait un homme politique de ma connaissance : « L’important est dans ce qui n’a pas été dit ! ». Pour moi, Livre Noir à « échoué au test ».

Aaaaaaah ! Vous avez échoué !

Je voudrais plutôt m’arrêter sur le sujet du troisième numéro de Livre Noir (avril-mai-juin 2024) : la jeune journaliste Pauline Condamines a infiltré successivement, et avec courage, un mouvement d’extrême-gauche pro-palestinienne (Urgence Palestine*), un mouvement éco-activiste (Soulèvements de la Terre) et un mouvement de soutien aux migrants (Collectif des sans-papiers).

*Qui en appelle ouvertement à l’Intifada, comme je l’ai vu sur leurs affiches…

Point commun à ces organisations et à tous celles ejusdem farinae, comme dirait Rabelais : une pensée binaire (eux contre « l’extrême-droite », c’est-à-dire tout ce qui va de Zemmour à… Macron!*), le wokisme, la haine anti-flic, l’antisémitisme et la haine anti-Israël. Presque tous leurs membres sont des diplômés urbains : pas d’ouvriers (çà ferait trop Gilets-jaunes, c’est-à-dire extrême-droite), ni d’agriculteurs (c’est-à-dire pollueurs). Le même dress-code est de rigueur : piercings, tatouages, sarouel à la Zaz, cheveux sales sous un bonnet rasta, accumulation de vêtements déchirés, etc. Autre point commun, le plus important dans cette histoire : une tutelle américaine de par leur financement, via des ONG comme le Climate Emergency Fund ou autres…

*Voire Fabien Roussel…

Le look Trust ou bien Shaka Ponk…

On apprend aussi ceci : drôles et pathétiques à la fois sont les rituels concernant les réunions de prise de parole ou de formation qu’organisent toutes ces organisations. Celles-ci doivent se réunir de préférence entre « racisés », pourtant quasi absents chez ces proto-bobos. « Chacun est sommé de dévoiler son prénom ou pseudo (« Ecureuil volant », « Choupisson »…), puis son pronom (par lequel on doit être désigné), ainsi « il » ou « elle » ou « iel ». On doit ensuite décrire sa « météo intérieure », par exemple « ma météo est plutôt bonne, même si je suis très fatiguée ». Si l’on est d’accord avec ce que quelqu’un dit, ne pas le dire à l’oral mais agiter les mains en l’air pour ne pas « polluer la conversation ». Et former un C avec le main pour signifier qu’on a besoin d’une clarification. enfin les participants sont invités à prévenir si, au cours de la journée l’on subit des formes d’oppression raciste, sexiste, classiste, validiste, grossophobe, etc. »

Pas très racisés, ces « rebelles » ! D’autant plus qu’il s’agit d’une image de propagande (des intermittents mannequins), sans doute pour faire croire qu’il s’agit d’un mouvement « non violent »…

Cela ne vous rappelle rien ? Oui, les sectes, bien sûr. Personnellement, cela me rappelle autre chose : les formations. Cela se fait moins maintenant, mais j’ai connu des formations gangrénées par l’analyse structurale et l’analyse transactionnelle… Et quels sont ceux qui animent souvent les réunions des mouvements cités supra ? Des gens qui sont « dans le civil » consultants et formateurs, dans des secteurs parasites et non productifs bien souvent (communication, marketing, publicité, etc).

Ce qui fait peur aussi est cette fragmentation de la société, wokisme et inclusivité obligent, en une infinité de catégories. Cela m’a fait penser à un passage des hilarantes Nouvelles de San Francisco, d’Armistead Maupin (10/18, 1995) :

A, B, A-Gays, B-Gays, c’est bien joli, mais on ne sait toujours rien de leurs pronoms…

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

L’oeil de Paris (8)

LA LISTE DU JOUR (extraite de David Foenkinos, La délicatesse, 2012, Gallimard) :

Discographie de John Lennon s'il n'était pas mort en 1980


Still Yoko (1982)
*
Yesterday and Tomorrow (1987)
*
Berlin (1990)
*
Titanic Soundtrack (1997)
*
Revival - The Beatles (1999)

Et cela me donne l’idée de faire le même exercice pour d’autres chanteurs ou groupes. A suivre, donc !

Nous avons la dernière fois passé en revue les rue et place des Abbesses. Mais sait-on qu’il y a un passage éponyme commençant rue des Abbesses et finissant rue des Trois-Frères ?

Voilà l’entrée du passage. Je ne l’ai pas fait exprès, mais çà en jette avec cette vieille voiture devant…

A l’intérieur, une chicane. Il faut faire un « gauche-droite ». Faire la liste des rues ou villages comportant une chicane…

On monte l’escalier, demi-tour, chicane et on sort. Vous suivez ?

Sans paroles.

Mouais, bof…

Ce passage a une particularité : c’est un lieu de graphisme de rue en tous genres. Ici, si on reconnaît bien Amélie Poulain, de Gaulle est totalement raté.

Florilège !

Et maintenant la rue d’Abbeville (commençant pl. Franz-Liszt et finissant rue de Maubeuge), première de notre série à porter un nom de ville (Maubeuge, Dunkerque, Denain…) desservie par la compagnie des chemins de fer du Nord : la gare est proche.

Superbe immeuble construit par Georges Massa en 1897 avec son décor sculpté au ciseau : frontons, masques, guirlandes, putti et gueules de lions à gogo.

Et son voisin, d’Alexandre et Edouard Autant (1901), de style Art nouveau.

A gauche : « pourquoi Cariatides ? », à droite : « Ah ben oui, je comprends, maintenant » !

Ne pas confondre avec Guy ou Gilbert…

La rue aboutit place Frantz-Liszt, dont la rambarde à colonnettes de l’horrible église Saint-Vincent-de-Paul donne pourtant un petit air de Rome…

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

L’oeil de Paris (7)

Retour sur ce que vous savez :

Faire nation, faire société, faire président, faire sens, FAIRE BARRAGE.

On ne regrettera ni les orientations du milliardaire Bolloré, ni le pseudo-bouffon Hanouna, ni la télé de merde qu’était C8, mais il est quand même inquiétant qu’en France on puisse interdire un média (en novlangue juridique, on ne « reconduit pas sa fréquence »). Va-t-on interdire une autre chaîne, une radio, ou un média papier ? Ce fait, ajouté à l’éviction de Guillaume Meurice de France-Inter pour une blague « douteuse », a des relents de censure…

Benoît Duteurtre est mort. Cet écrivain et chroniqueur n’était pas anti-progrès, ni nostalgique du « c’était mieux avant ». Simplement, il était en colère contre la marchandisation de la société, celle qui fait, par exemple, que nos centre-villes, gares et aires de repos d’autoroute soient devenus un alignement obscène de marques*, et regrettait que l’on prenne le Tgv comme on prend vulgairement le métro après être de surcroît passé par l’épreuve électronique tyrannique des mots de passe, comme tous les services d’aujourd’hui… Il regrettait que, de nos jours, tout soit bruit, laideur et zapping permanent. D’autre part, il animait depuis 25 ans Etonnez-moi, Benoît sur France-Musique, émission consacrée à l’opérette, qu’il a contribué à faire relancer, et à la chanson française – la vraie, avec mélodie, couplets et refrain et non pas la soupe actuelle des maisons de disques ou d’émissions comme The Voice ou Star Academy

[Dernière minute : j’ai écrit ce « chapeau » le 18 juillet. Or, dans Marianne du 25, que j’ai acheté samedi 27, Jérôme Leroy écrit un hommage à B. Duteurtre. Je cite : « Benoît Duteurtre ne pensait pas que c’était mieux avant mais il était certain que c’était pire maintenant ». Sommes-nous, Leroy et moi, doués de télépathie ? En tous cas, il y a consensus, comme on dit aujourd’hui…]

LA LISTE DU JOUR :

Extrait de Front Populaire (le magazine, et non pas…) n°15, avril 2023 :

"Cette reconfiguration du capitalisme a donné lieu à une batterie de notions et de qualificatifs pour appréhender et décrire l'immense processus de régression anthropologique à l'oeuvre dans l'économie des plates-formes numériques : «capitalisme attentionnel» (Pierre Citton), «sémio-capitalisme» (Franco Berardi), «hypercapitalisme» (Jean-Paul Galibert), «capitalisme cognitif» (Bernard Stiegler), «capitalisme mental» (Georg Franck), «capitalisme nétarchique» (Michel Bauwens), «capitalisme pulsionnel» (Bernard Stiegler), «technocapitalisme» (Renaud Vignes), etc."

Vais-je consacrer un Dekoikonparle ? sur le sujet ?

Après les abbés, les abbesses ! Tout d’abord avec la place des Abbesses, donnant sur la rue éponyme. Le nom provient des abbesses présentes dans l’abbaye de Montmartre fondée par Louis le Gros en 1134.

Il suffit de sortir du métro – la station la plus profonde de Paris. Par contre, l’édicule (quel vilain mot) d’Hector Guimard, n’est qu’une réplique. Le seul qui soit d’origine se situe à la sration Porte Dauphine, et ce n’est même pas son emplacement initial !

Pour être vert, c’est vert !

Et maintenant la rue des Abbesses (commençant rue des Martyrs et finissant rue Lepic), malheureusement devenue rue bobo tête-à-claques.

Visiblement le syndrome Amélie Poulain n’a pas atteint que les étrangers, mais les attirent, tout de même… On s’attend à voir surgir de cette brasserie une meneuse de revue avec truc en plumes façon Paradis Latin ou Casino de Paris.

Dans ce paradis parisien où les touristes croient pouvoir tomber sur Jean-Paul Sartre ou Juliette Gréco, même le slip est français ! Bon, le slip de J.-P. Sartre, çà ne fait pas vraiment rêver…

La rue des Abbesses était autrefois dédiée aux commerces de bouche. Les devantures étaient donc surmontées de ces ouvrages en fer forgé. Le rouge était la couleur des bouchers, et il est heureux que l’enseigne sur l’image de gauche n’est pas été pour une fois transformée en boutique de fringues.

Contre les néo-nazirs, il faut faire barrage !

Y’a comme un problème avec ce bâtiment en train de s’affaisser, tout comme certains immeubles des quais de Nantes ou de Bayonne !

Cà en jette ! L’immeuble de gauche date de 1852. Et celui de droite est « à cheval » entre Art nouveau et Art déco.

Y at-il un poète maudit ou un peintre bohème derrière ces fenêtres ?

Mais non, voyons ! Ils ont été expulsés par les bobos investisseurs !

Une curiosité : l’église Saint-Jean-l’Evangéliste, une architecture révolutionnaire de métal et de ciment armé (1904).

La voilà ! Très belles mosaïques…

L’architecte s’appelait Anatole de Baudot.

Et la rue vient mourir sur cette boutique rose bo(n)bo(n) : Antoine & Lili…

Mais on n’en a pas fini avec les Abbesses…

A suivre…

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'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

L’oeil de Paris (6)

Il est clair qu’à présent, un climat de peur commence (20 minutes du 5 juillet : « Peurs sur la France », Marianne du 4 juillet : « De quoi faut-il avoir peur ? »). Macron nous avait bien préparé : peur des Gilets jaunes, peur du virus de la covid, peur du « fardeau de la dette », peur des Russes, peur d’être un suppôt* de Poutine si on vote mal. Le but étant que le peuple aie peur d’une oligarchie qui lui dicte de quoi il doit avoir peur… Et çà marche : « Les minorités profitent de notre peur », écrit Elisabeth Badinter dans Messieurs, encore un effort, (Flammarion/Plon, 2024). L’écrivain Kamel Daoud le reconnaît : pour lui, l’Occidental « coupable » de tout (migrants noyés, putschs en Afrique, morts à Gaza) – il ironise, évidemment – culpabilise et baisse la tête. Daoud met le doigt sur un moteur du wokisme : la peur. Cette peur a incité le peuple à faire barrage.

*Un suppôt et au lit ? Un Bigflo & Oli ?

« La France a peur… »

Selon moi, cette élection n’est pas légitime : aucun programme, aucun projet (si : le Smic à 1600 € et la suppression de la réforme des retraites. C’est un peu court). Or « faire barrage » n’est pas un projet !

Faire barrage…

Dans la rubrique Annus horribilis du 1er mai [https://champouin.blog/2024/05/01/annus-horribilis/], je mettais en scène un Macron devenu fou. La réalité rejoint-elle la fiction ? Pas tellement : je pense que son but était de passer pour un démocrate, en décrétant l’alternance tout en sauvegardant bien entendu les intérêts de l’élite financière grâce à l’ultra-libéralisme du RN. Les électeurs l’ont plus ou moins consciemment compris. Caramba ! Encore raté pour Macron…

Je suis peut-être complotiste ou bien je me prends pour Macron, mais comment toute cette gauche hétéroclite a-t-elle pu constituer une entente et un programme commun en 48 h ? Etait-elle au courant 1. d’une dissolution et 2. du délai court de trois semaines avant le scrutin ?

Pas d’interruption du Champouin pendant les vacances, mais vous avez droit à trois numéros de L’oeil de Paris, et La liste du jour va s’éloigner momentanément de Georges Perec.

LA LISTE DU JOUR :

Celle-ci est extraite d’Alchimie du Verbe, d’Arthur Rimbaud (1873). D’abord inclus dans Une saison en Enfer, cet essai littéraire est disponible depuis 1953 dans ses Oeuvres complètes (Mercure de France).

"J'aimais les peintures idiotes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs [...] Je m'habituai à l'hallucination simple : je voyais très franchement une mosquée à la place d'une usine, une école de tambours faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d'un lac"

Il se trouve que, malheureusement, les rues portant le noms d’abbés ne sont pas toujours les plus intéressantes…

Commençons avec la place de l’Abbé Jean-Lebeuf, située entre la rue Guilleminot et la rue du Château :

Cette place est une « ouverture » sur l’ensemble de la place de la Catalogne conçue par Ricardo Bofill.

Encore plus confidentielle, la rue de l’Abbé Migne commençant rue des Francs-Bourgeois, finissant square Victor-Langlois :

L’Abbé Jacques-Paul Migne (1800-1875) fut un prêtre catholique français, imprimeur, journaliste et éditeur de livres religieux.

Vestige d’un bâti ancien, cette rue vient « mourir » dans un îlot abattu, aujourd’hui le square Langlois. Du coup, elle est plus que courte !

Maintenant la rue de l’Abbé Patureau, commençant rue Paul-Féval, finissant rue Caulaincourt :

Marie Charles François Patureau (1853-1930), ancien curé de St-Pierre-de-Montmartre.

Première rue de notre série, qui comporte des escaliers – et ombragés de surcroît.

« Il suffit de traverser la rue »…

Suite et fin, avec cet immeuble rouge en perspective, dont on aurait voulu qu’il soit centré.

Qui était Roger Derry (Rue de l’Abbé Roger-Derry, commençant rue de la Cavalerie et finissant avenue de Suffren) ?  

Une rue chic dans un quartier chic.

Vous n’avez pas rêvé : en perspective, un immeuble des années 40 qui fut autrefois un garage Aston Martin. Çà en jette !

♦ 

L’avenue de l’Abbé Roussel (commençant rue la Fontaine, finissant avenue Théophile-Gautier) et la rue de l’Abbé Rousselot (commençant boulevard Berthier, finissant avenue Brunetière) ne nous ont pas inspirés… Notons tout-de-même que le premier (1825-1897) fut le fondateur des Orphelins d’Auteuil et le second (1846-1924), considéré comme le fondateur de la phonétique expérimentale, a inventé un système de transcription  phonétique.

Notre dernier abbé : Jean-Baptiste Soulange-Bodin. Sa rue commence rue Guilleminot et finit rue de l’Ouest.

Cette courte rue est piétonne, (il paraît qu’on doit dire « piétonnière »), bon prétexte pour la terrasse du restaurant.

Et les piétons sont-ils des papetons ?

Avertissement !

On fera mieux la prochaine fois… Mais il n’y aura pas de rue de l’Abbé Chamel, de l’Abbé Kahn (un converti…) ou de l’Abbé Tumaine !

A suivre !

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

Exercices de « stiche » (4)

Encore une fois, un « chapeau » un peu long imposé par l’actualité :

Une jeune fille de douze ans violée, parce que juive, par d’autres adolescents du même âge, chauffés à blanc par la propagande LFiste et celle de « comités » comme Urgence Palestine… Serge Klarsfeld déclare qu’en cas de duel entre La France Insoumise et le Rassemblement National, il soutiendra et votera, sans « hésitation », le candidat RN (extrême-droite) : « Aujourd’hui, le Rassemblement national soutient les juifs, soutient l’État d’Israël et il est tout à fait normal, vu l’activité que j’ai eue ces 60 dernières années, qu’entre un parti antisémite et un parti pro-juifs, je vote pour un parti pro-juifs ». Attention : si le RN est officiellement antisémite, il n’est pas sûr que certains responsables de ce parti (je ne parle même pas des militants) le soient… En tous cas, la prise de position de Klarsfeld en dit long sur l’islamo-gauchisme, et je crois malheureusement et sincèrement que cela va être open bar pour les antisémites si LFI devient majoritaire.

Alors, le 7 juillet, au deuxième tour, que faire, comme disait Lénine ? La peste ultra-libérale ReNaissance, ou le choléra d’un Mélenchon qui n’a pas hésité à refuser l’investiture à trois dirigeants trop opposés au wokisme et à l’antisémitisme ? Mais que fait Ruffin dans cette galère ? Sans compter que, dans cette appellation frelatée de « Front Populaire », on compte François Hollande (!) et le bobo mondain Glucksmann… Ayons quand même en tête que tout ce qu’on peut désigner par « riches », « élites » ou « oligarchie » votent toujours et ne s’abstiennent jamais…

On n’a rien attendu non plus du dernier G7 – comme d’habitude. Le communiqué final exige que la Russie indemnise l’Ukraine pour les dommages qu’elle lui a causés (> 486 milliards de dollars). Si ce principe était appliqué aux Etats-Unis et aux pays européens pour les dommages de guerre qu’ils ont causés, on imagine les sommes qui seraient en jeu ! Autre perle du communiqué final : le FIMI (sigle anglo-saxon pour Manipulation de l’information et ingérence étrangères), volonté de contrôler l’opinion publique, afin de faire taire toute opinion dissidente, notamment en période électorale – le tout, bien entendu, au nom de la défense des « valeurs démocratiques ». Et puisqu’on parle d’Ukraine, aucune des trois formations en lice pour le second tour n’appelle à des négociations de paix ! En échange d’un accord avec le néo-conservateur Glucksmann pour créer le (faux) Front populaire, LFI a abandonné sa demande de négociations et a dû accepter l’engagement en faveur d’un « soutien indéfectible à la résistance ukrainienne ».

ASSANGE LIBÉRÉ ! La presse en a moins parlé que de la mort de Navalny…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Avec le souci d'ordre et de propreté qui la caractérise en tout, elle vida son réfrigérateur et fit cadeau de ses restes à sa concierge : un demi-quart de beurre, une livre de haricots verts frais, deux citrons, un demi-pot de confiture de groseilles, un fond de crème fraîche, quelques cerises, un peu de lait, quelques bribes de fromage, diverses fines herbes et trois yaourts au goût bulgare."

Plus jeune, « j’avais du mal », comme on dit aujourd’hui quand on ne sait pas s’exprimer, avec Charles Trenet* qui pour moi était un vieux monsieur compassé et suranné. Le genre de la vieille ***** (oups !) qui vous reçoit en robe de chambre vers quatre heures de l’après-midi autour d’un porto. Mais en réalité, Trenet est resté jeune toute sa vie (cheveux teints, canotier comme Maurice Chevalier, oeil qui pétille), à la différence de Brassens qui a toujours été vieux (pipe, moustache, air souffreteux)…

*On écrit Trenet sans accent, tout comme Clemenceau, Saint-Exupery, Perec (Georges, pas Marie-Josée), Alexis Leger (dit Saint-John Perse), Saint-Remi (patron de Reims), Saint-Valery-sur-Somme ou Saint-Valery-en-Caux.

Eclatex vs. Flippax !

J’ai finalement fini par aimer Trenet, car j’ai découvert ce qu’était le swing en écoutant les orchestres de Ray Ventura ou de Jacques Hélian. Puis j’ai entendu ce même swing, ralenti et chanté par Trenet, qui donnait une sorte de nostalgie, nostalgie agréable, s’il en est.

Du coup, j’ai envie d’appeler ce poète « Charles traînait ».

Je ne dirais pas que son écriture est facile, mais on la reconnaît souvent : il y a une « patte » Trenet. Et on oublie souvent qu’il était également compositeur.

Charles Trenet (paroles et musique), Ménilmontant, 1938.

Dans le pastiche* qui suit, le personnage principal est l’autobus, témoin, malgré un narrateur (« je »), de la scène de l’altercation et, « deux heures plus tard », de celle du bouton. A ce sujet, le refrain se rapporte à l’homme une première fois, puis à l’autobus la fois suivante. D’ailleurs, ce « vieil autobus S » n’est-il pas Trenet lui-même ? Comme le poète, l’autobus doit traîner (encore) tout un tas de souvenirs : en 1942, lors de la rédaction d’Exercices de style**, circulaient, reconvertis au gazogène, des bus qui avaient directement succédé aux chevaux, avaient connu les Années folles et n’étaient plus tout jeunes…

*Rappel : de Récit in Exercices de style de Raymond Queneau (Gallimard).

**Paru en 1947.

Renault TN4 F de 1935, avec sa plate-forme arrière.

J’ai utilisé dans le refrain l’expression : « il était bien trop pomme ». Il y a parfois des gens (plutôt des femmes) s’exprimant ainsi, et j’ai pensé que cette fantaisie correspondait bien à la délicatesse et la poésie de notre troubadour :

Le vieil autobus S,
Tout près du parc Monceau,
Flanaît avec paresse
Tout en fendant les flots.

Sur la plate-forme arrière,
Je vis un vieux zazou
Si extraordinaire
Avec son feutre mou.



[Refrain]
Il parlait à un homme
Lui marchant sur les pieds,
Mais il était trop pomme
Pour devoir insister.



Je l'revis bien plus tard
En grande conversation
D'vant la gare Saint-Lazare
Avec un compagnon

Qui lui dit pour sa part
De remonter l'bouton
De son pardessus noir
Et pas d'son pantalon.

Le vieil autobus S,
Tout près du parc Monceau,
Flânait avec paresse
Tout en fendant les flots.



[Refrain]
Il roulait trop bonhomme
Et semblait musarder,
Mais il était trop pomme
Pour devoir s'arrêter.



Le vieil autobus S,
Tout près du parc Monceau,
Flânait avec tendresse
Tout en fendant les flots.

C’était la rubrique Pascal Sevran…

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

Manu et les soldats de plomb

Législatives : la plateforme privée qui permet de trouver à qui donner sa procuration s’appelle… Plan Procu ! Elections : les nouvelles galipettes…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Après avoir exercé divers métiers dont il se plaisait à débiter la liste sur un rythme de plus en plus accéléré, ajusteur, soutier, chansonnier, marin, professeur d'équitation, artiste de variétés, chef d'orchestre, nettoyeur de jambons, saint, clown, soldat pendant cinq minutes, bedeau dans une église spiritualiste, et même figurant dans un des premiers courts métrages de Laurel et Hardy, Morellet était devenu, à vingt-neuf ans, préparateur de chimie à l'Ecole Polytechnique".

J’avais prévu un autre article, sur un sujet plus léger, mais l’actualité politique et surtout stratégique m’a fait réagir.

Ainsi il conviendrait de pousser des cris d’orfraie au vu des résultats électoraux du Rassemblement national et des partis qualifiés par l’oligarchie de populistes ? Au lendemain du 10 mai 1981, beaucoup pensaient que les Russes allaient défiler sur les Champs-Elysées. Eh bien ces jours-ci, ils ne vont pas non plus défiler à Bruxelles ou Strasbourg.

Le RN n’est hélas qu’un mouvement ultra-libéral de plus, tout comme Renaissance ou le Parti socialiste. On ferait plutôt mieux de se demander pourquoi la liste du Parti communiste français n’a fait que 2,5 %… Léon Deffontaines et ses amis seraient-ils des « candidats fantaisistes », expression assénée avec gourmandise par l’élite quand ces derniers ne lui plaisent pas (cf. envers Jacques Cheminade en 1995) ?

Hue, t’es russe ?

Mais ce n’est même pas de cela dont il faut s’inquiéter, ni des traîtrises tragi-comiques dans les alliances partisanes. Ce qui est inquiétant, c’est la fuite en avant belliciste d’Emmanuel « Boum-boum » Macron.

A ce propos, les cérémonies du Débarquement* ont totalement détournées de leur objet ! La Russie, autre libératrice en 1944 n’a pas été invitée, par contre on fait venir l’Ukraine qui, à l’époque, n’avait brillé ni par sa judéophilie, ni par sa détestation des Nazis… Ce moment de paix qu’aurait dû être ce 80ème anniversaire est devenu une déclaration de guerre de Macron et de Biden contre la Russie – et accessoirement une propagande électorale de la part du président français… Lamentable !

*Notons que de Gaulle a toujours refusé d’assister à ces cérémonies car « la France avait été traitée comme un paillasson », tout en honorant « ceux qui ont donné leur vie à leur patrie sur notre terre ».

Pour une certaine gauche, ce n’est pas un sujet : LFI s’en fout, et de surcroît importe en France le conflit israélo-palestinien tout en rêvant de la destruction d’Israël, rejoignant ainsi l’idéologie du bataillon Azov et des nazillons du mouvement Pravy Sektor, dont j’ai encore vu il y a quelques jours à Paris une voiture (immatriculée en Pologne, cette fois) en arborer les emblèmes. L’union de la Gauche pour les législatives va être elle aussi difficile à porter…

Prisonnier d’une idéologie libérale de la dette, l’Occident est aux abois. Or historiquement, la meilleure manière d’effacer les dettes est de jouer aux soldats de plomb pour de vrai, c’est-à-dire de faire la guerre… Assistance technique militaire, accord donné à l’Ukraine pour utiliser des missiles français pour frapper le sol russe, don de Mirage puisés sur le stock de l’armée française, accélération du processus de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE – et de facto à l’Otan : tout cela constitue des lignes rouges à ne pas franchir. Les mêmes lignes rouges existentielles comme celles franchies lors de la crise des missiles de Cuba en 1962. Comme le dit l’ancien ministre LR Pierre Lellouche dans Le Figaro, « Emmanuel Macron risque de faire sauter tous les verrous qui nous protègent de la troisième guerre mondiale ». Lellouche est bien gentil : c’est « guerre nucléaire » qu’il faudrait dire…

Puisque les dernières élections concernaient l’Europe, parlons-en, de l’adhésion de l’Ukraine ! Les vingt-sept* passent l’éponge sur les déficiences de l’Etat de droit de ce pays, qui ne répond à aucun des critères nécessaires pour adhérer à l’UE, à commencer par la nécessité d’en finir avec une corruption endémique.

*A vingt-sept, ce n’est plus une union, mais un gloubi-boulga…

L’Otan, dont son caniche français, a opté pour le contrôle politique, pour l’idée que tous les pays du monde devaient adopter le modèle néolibéral occidental, fait de changements de régime, de révolutions de couleur et de guerres interventionnistes causant des millions de morts. La Chine au contraire, s’est concentrée avant tout sur le développement économique et la lutte pour sortir de la pauvreté 850 millions de ses propres citoyens, puis, de plus en plus, sur une coopération gagnant-gagnant avec les nations du Sud.

L’essayiste Max-Erwann Gastineau, interrogé par Marianne en décembre 2023, déclarait qu’« il est sidérant de voir les élites françaises ou européennes brandir leur suffisance, faire comme si le simple fait de jouer dans le «camp des démocraties» était une garantie d’avenir, de prospérité et de puissance digne d’être jetée à la face des autocrates. Nous avons oublié les conditions de la puissance, et notamment ses conditions non économiques. L’effondrement du système éducatif français devrait, à ce titre, bien plus nous inquiéter que les discours de Vladimir Poutine* ». Comment alors reprocher au président chinois d’avoir une stratégie, quand l’Europe n’en a aucune ? Cette Europe et cet Occident débiles dont les orientations économiques et financières ont conduit leurs citoyens dans le mur sont des jouets idéaux pour le pays de Xi Jinping ! La Nature a horreur du vide, et c’est la Chine qui le remplit.

*Souligné par nous.

Le reste, aussi bien chez les plumitifs médiatiques qu’au café du Commerce, n’est que verbiage et papotage.

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« Granprofesseurs » de tous les régimes, dispersez-vous !

L’actualité sportive à venir me fait revenir sur un article du Parisien du 18 novembre 2022 : « Ces enfants vont aller jouer les supporters au Qatar – A l’initiative d’une association, 25 écoliers de Sarcelles vont s’envoler dimanche pour Doha, accompagnés d’ados des Ulis et de jeunes autistes venus de Paris ». Encore une fois, on n’échappe pas au cliché : quartiers défavorisés donc bien évidemment football/boxe/rap/hip-hop, des modes culturels (?) déjà bien endogènes des « quartiers ». Il ne sera pas question de musique classique ni de science. D’autant plus que ces gamins veulent tous devenir footballeurs, le modèle de l’argent facile. Et cerise sur le gâteau : en 2021, la Coupe se déroulait au Qatar. La plupart allaient y retrouver des « valeurs » déjà ancrées dans leur environnement familial : machisme, antisémitisme, et la culture du conflit qu’est toute compétition. Qu’en penser ? La même chose que pour les mères de familles musulmanes que l’on fait participer à des « ateliers couscous » : aucun espoir d’intégration. « On n’arrête pas de nous dire d’ouvrir le champ des possibles. Pour le coup, nous le faisons ! », affirmait sans rire la directrice de l’école primaire de Sarcelles participant à l’opération… Soumission, écrirait Houellebecq.

Karim Khan, le procureur de la Cour Pénale Internationale a bien joué en lançant un mandat d’arrêt contre Netanyahou (les wokistes antisémites se réjouissent)… et contre trois dirigeants du Hamas (merde… raté pour eux!).

« J’ai dix ans ». Jordan Bardella ou Gabriel Attal ?

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Il tient dans la main un biberon géant dont les graduations évoquent en termes familiers ou semi-argotiques les exploits ou fiascos amoureux censés correspondre aux quantités d'alcool absorbées (Viens Poupoule, Mont'là d'sus tu verras Montmartre, Le Pont de la Rivière Kwaï, Satisfaite ou remboursée, Reviens veux-tu, Do do l'enfant do, Extinction des feux, etc.)."

Pour la centième parution de ce blog, voici un petit foutage de gueule bien justifié :

Tous ceux de ma génération (enfin surtout celle d’avant) se souviennent de Maurice Duverger, universitaire et juriste, né en 1917 à Angoulême*.

*Donc proche chronologiquement et géographiquement de François Mitterrand...

Duverger, la référence en matière de droit constitutionnel et de science politique ! Le Dalloz incarné ! « Maurice Duverger est le plus grand politologue français », dixit sans rire FranceArchives, le portail officiel des Archives de France…

Drôle (si l’on peut dire) de bonhomme ! Militant d’extrême-droite depuis l’âge de quinze ans, puis responsable à Bordeaux de l’organisation de jeunesse du PPF de Jacques Doriot, il enseignera sous l’Occupation à l’Institut d’études corporatives et sociales, un laboratoire de la doctrine corporatiste sous le régime de Vichy. A t-il légitimé le statut des Juifs ? Georges Vedel témoigne que que « loin d’approuver le principe des mesures frappant les fonctionnaires juifs et encore moins d’en favoriser l’application, Maurice Duverger en a proposé une interprétation totalement restrictive de nature à en paralyser l’effet, ce qui, dans les circonstances du moment, constituait la contribution la plus efficace qu’un juriste pût apporter à l’opposition aux textes qu’il commentait ». Mouais… En juin 1941, Duverger fera partie de l’équipe de rédaction de l’hebdomadaire Le Progrès, fondé par Adrien Marquet, ministre de l’intérieur du Maréchal Pétain en 1940. Maurice Duverger, sous le nom de Philippe Orgène, signe des articles culturels, politiques et sociaux. Aux côtés des officiels de Vichy, les personnalités allemandes y sont interviewées sans complaisance.

Philippe Orgène ? Le prénom Philippe n’est pas anodin…

Après s’être rapproché de la Résistance*, il devint un éditorialiste écouté au journal Le Monde, le quotidien de tous les régimes, dirigé par l’ancien collaborationniste Hubert Beuve-Méry, et deviendra fervent communiste et admirateur de l’Union Soviétique ! Il justifiera le stalinisme en affirmant que « la crainte des purges maintient les militants en haleine, réveille constamment leur zèle. » Jeune collabo puis vieux stal !

*Tonton, pourquoi tu tousses ?

Ainsi, il rejoindra le panthéon des imposteurs intouchables multicartes, des bourgeois plus ou moins collabos devenus soudainement proches du peuple, entre le « granphilosophe » Jean-Paul Sartre et le « granpenseur » Raymond Aron, dont il fallait obligatoirement placer une citation dans une dissertation… corrigée par un granprofesseur de même acabit. Eussent-ils vécu plus longtemps, tout ce petit monde serait devenu de parfaits ultra-libéraux europhiles.

J’ai retrouvé une blague délicieusement méchante, dont j’ignore l(es) auteur(s), parue en 1988 dans Nouvelle Solidarité, le journal du mouvement de Jacques Cheminade (déjà !) : des militants qui, visiblement, savaient s’amuser. J’y ai effectué des modifications minimes.

Pour comprendre un tant soit peu ce qui suit, l’Angkar était le nom donné au Parti communiste du Kampuchéa démocratique. François Genoud, est un suisse, ancien pronazi, qui est devenu banquier du FLN et d’autre mouvements (pan)arabes, parfois terroristes. Quant à Viktor Tchébrikov, c’était le chef du KGB sous Gorbatchev.

Complément à la bibliographie de M. Maurice Duverger

Duverger (M.), Le statut des jeunes juristes en zone libre (carrière, salaire, promotion, considération sociale, idéologie), Vichy, 1942. Avec une préface de Philippe Henriot et un commentaire de Louis Darquier de Pellepoix.

Duverger (M.), La torture dans ses aspects juridiques : baignoire, magnéto, arrachement des ongles, torsion des parties génitales, simulacre d’exécution, Athènes, 1965. Avec un appendice : Le lavage de cerveau & le sujet de droit.

Duverger (M.), Les ordonnances et décrets de M. Pol Pot et de l’Angkar : statut juridique comparé de l’exécution au manche de pioche et de la balle dans la nuque, Editions de l’Objectivité scientifique, Phnom-Penh, 1976.

Duverger (M.), Influence de la pensée des juristes arabes sur l’action législative et exécutive d’Idi Amine Dada, Editions du ministère de l’Intérieur, Kampala, 1977.

Duverger (M.), Adolf Eichmann, éléments biographiques pour une évaluation finale, François Genoud éditeur, Lausanne, 1980.

Duverger (M.), Renaissance du Droit en URSS : perestroïka, glasnost et pensée nouvelle de Mikhaïl Serguéiévitch Gorbachev, Editions Goulag-Presse, Moscou, 1990. Avec une préface de Viktor Tchébrikov.

Duverger (M.), Mémoires – Une vie et une carrière au service du Droit, de la Rigueur et de la Morale, Plon, Paris, 1986. Six volumes.

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Mon Saint-Quentin (3)

La quintessence de la province…

En guise de « chapeau », quelques remarques sur la mise en page de ce blog : j’essaie de trouver une solution pour que chacun puisse trouver où déposer un commentaire, mais c’est un work in progress, comme on dit. Je viens d’installer un bouton « commentaire » dont l’utilisation ma paraît étrange… A suivre. D’autre part depuis quelques temps, les photos ont une fâcheuse tendance à se décaler sur la gauche, voire à chevaucher (hue !) le texte. L’assistance de mon hébergeur WordPress est un chat (miaou, ou plutôt miaaw) communautaire, comme pour « l’assistance » Windows, mais j’aurais voulu parler en live à quelqu’un (à l’ancienne, quoi)… A suivre également.

Salauds de chinois qui veulent exporter 12% de leurs véhicules électriques ! Concurrence déloyale ! On remarquera tout-de-même que l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis exportent respectivement 80, 50 et 25% de leurs automobiles, et que leur premier marché est la Chine…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Un programme du cinéma le Caméra, 70 rue de l'Assomption, Paris 16e, pour le mois de février 1960 :

du 3 au 9 :
La Vie criminelle d'Archibald de la Cruz, de Luis Buñuel,

du 10 au 16 : Festival Jacques Demy :
Le Bel Indifférent, d'après Jean Cocteau, et Lola, avec Anouk Aimée,

du 17 au 23 :
Tiens bon la barre, Jerry, de Gordon Douglas, avec Jerry Lewis,

du 24 au 1er mars : Présence du cinéma hongrois : un film différent par jour, avec, le 26, en première mondiale et en présence de l'auteur :
Nem szükséges, hogy kilépj a házból, de Gábor Pelos,"

Mon grand-père paternel s’appelait Charles Roger et était pharmacien à Saint-Quentin. Cà tombe bien : çà me permet de vous narrer deux anecdotes historiques.

Avant les bombardements de 1916, la pharmacie de la rue Raspail n’était pas au 58 (celle de mes grands-parents, installés quinze ans plus tard), mais presque en face, au 61, angle rues Raspail/Le Sérurier. L’officine fut brièvement occupée par un certain Alexandre Cazé (vraisemblablement en tant que préparateur), qui déménagea en tant que pharmacien Place du Palais de Justice en 1897. Il y créera le fameux Sirop des Vosges Cazé, puis s’installera à Paris en 1911. Ledit sirop n’a donc rien de vosgien !

La pharmacie Huyon où travaillait Alexandre Cazé.

Et peu de Saint-Quentinois savent qu’ils ont un Charles Rogier – avec un i – (1800-1885) comme enfant du pays. Bien que né à Saint-Quentin, il sera l’un des protagonistes de l’indépendance de la Belgique ! La station de métro Rogier, à Bruxelles, lui doit son nom.

Vous allez enfin connaître l’origine de ma fixation sur Saint-Quentin.

J’étais un petit banlieusard parisien. Régulièrement, les « samedi-dimanche » comme disait ma maman (on ne disait pas « week-end« ), nous allions chez ma grand-mère à Saint-Quentin.

Client Roi … Cà fait province à mort !

Pour moi, c’était un autre monde – magique et enchanteur : une tranquillité à toute épreuve (c’est vrai que St-Quentin un dimanche, c’est mort…, et en semaine dès le carillon de midi, les gens couraient sur le trottoir pour ne pas arriver en retard pour le déjeuner) au point d’entendre les krou… krou… des pigeons depuis la fenêtre de la cuisine ; des commerces typiquement provinciaux (Armand-Thiéry & Sigrand*, Phildar, les Nouvelles Galeries) ; le réseau des commerçants au label Client Roi ; des charcuteries (avant qu’on se la pète en les appelant traiteur) dont la vitrine montrait « qu’on n’avait pas tout çà à Paris » comme les ficelles picardes et les flamiches aux poireaux ; des boulangeries qui vendaient des patates en pâte d’amande et des glands – avec de l’alcool dedans ! ; un Monoprix à l’ambiance familiale (quand on rencontrait quelqu’un, c’était forcément au Monoprix) ; et les cinémas dont le rideau faisait de la publicité pour les commerçants.

*Malgré une « légende urbaine », Armand-Thiéry n’est pas une entreprise fondée à Saint-Quentin, mais en Belgique. Même la Société Académique de St-Q. maintient l’ambigüité.

Surtout, c’était une ville structurée – une vraie ville, quoi. Difficile d’avoir des points de repère en banlieue parisienne (encore que Boulogne-Billancourt, puis Chaville, où nous étions, ce n’est pas le 9-3 !). Mais en « petite province », pas besoin de préciser son adresse. « J’habite derrière la cathédrale », « J’habite sur le boulevard, en face de la Caisse d’Epargne »,  » J’habite faubourg Saint-Machin », « J’habite rue de Paris » : il y a des repères. Ainsi Saint-Quentin avait son faubourg industriel d’outre-gare, son boulevard avec un ancien champ-de-Mars appelé pompeusement « Champs-Elysées », sa ZUP*, sa collégiale/basilique au point le plus haut de l’oppidum, sa Grand-Place avec son hôtel de Ville datant de 1509 qui émettait tous les quarts d’heure un air de carillon (l’âme de St-Q.). Il s’agissait, selon le moment, du P’tit Quinquin, de Joyeux Carillon ou de mon air préféré que je n’arrive pas à identifier, faute de micro pour pouvoir fredonner un air sur les moteurs de recherche… Bref, on n’avait pas tout çà à Paris – et encore moins aujourd’hui…

*La mini ZUP ? Ha, ha !

L’air du Joyeux carillon, des Cloches de Corneville, opéra-comique de Robert Planquette (1877). Je ne sais pas où a été captée la vidéo, ce n’est évidemment pas à Saint-Quentin – peut-être à Corneville en Normandie où se déroule l’intrigue. Il n’y a malheureusement pas à ma connaissance d’enregistrements du carillon de Saint-Quentin.

Cette ville était donc mon petit paradis, mon refuge, et un peu « mon Amérique à moi » comme dirait Brel.

Revenu à Saint-Quentin quarante ans plus tard, catastrophe ! Certes, la Grand-Place et trois rues adjacentes sont désormais piétonnes*, ce qui a permis à des pseudo-restaurants de s’installer et d’y étaler leurs terrasses. Mais je me souviens d’une ville commerçante : la rue Emile-Zola, la rue d’Isle et le bas de la rue Raspail étaient un alignement de magasins. Las ! Ce n’est maintenant plus qu’une alternance de commerces communautaires (kébabs, pizza hallal, bars à chicha, téléphonie…) et de pas-de-porte fermés. Et les enseignes locales emblématiques de la ville – Seret (grand-magasin), Top van Dooren (tissus d’ameublement), Pasdeloup (arts de la table), Marchandise (chaussures), Henri (salon de thé), Mijo (glacier), Au Riche (restaurant), Vampoulle (librairie catholique), Desprey-Pollet (encadreur et fournitures pour beaux-arts) – avaient soit disparu, soit été remplacées par des enseignes à la con. Seule subsiste Trogneux (chocolatier), succursale de qui vous savez.

*Les rues piétonnes sont typiques des sociétés post-industrielles : faire en sorte que précaires et allocataires consomment et ne se révoltent pas !

« Le Palais du jouet » : un des anciens commerces de Saint-Quentin, rue d’Isle. Très belle façade en bois, malheureusement défigurée par les enseignes. Mais JouéClub s’étant fait racheter par La Grande Récré, ce magasin existe-t-il encore ?

Saint-Quentin était doté de trois cinémas : le Carillon, le Splendid et celui de la Grand-Place dont j’ai oublié le nom. Aujourd’hui tout est regroupé dans un multiplexe sans âme, dans lequel les beaufs viennent s’obésifier de pop-corn et de glaces Mars.

La ville était, jusqu’aux années soixante, une étape routière vers le nord et une étape ferroviaire de la ligne Paris-Bruxelles. Il y avait un « Grand-Hôtel », certes mal situé. De nos jours, l’autoroute trace directement entre Amiens et St-Q., et un TER crasseux, que l’on prend comme le métro, fait la navette entre Paris et ce qui est devenu une ville-dortoir de troisième couronne. Cette ville semi-industrielle, dont l’usine Motobécane produisait les bonnes vieilles Mobylette, a fondu comme un glaçon : de 67 243 habitants en 1975, elle descend à 52 958 en 2021, soit le niveau de 1906…

Hélas, hélas, hélas, Saint-Quentin m’a trahi. En réalité, toutes les villes petites et moyennes nous ont trahi (St-Q., Moulins, Figeac, Blois, Châteauroux, Uzès, Saint-Dié, Villefranche-sur-Saône, Sens, Bourg-en-Bresse, Saint-Brieuc, Auch et une centaine d’autres…). C’est la « mutation de la société », comme disent avec gourmandise économistes et sociologues en se gardant bien d’émettre un point de vue moral… Les causes, en réalité, sont multiples : libéralisme, désindustrialisation, mondialisation, grande distribution et ses centres commerciaux, vieillissement de la population, et le modèle commune < canton < département < Etat remplacé par le modèle intercommunalité < métropole < région < Europe. En un mot la désintégration contrôlée de l’économie (« mutation de la société » en novlangue orwélienne).

Bingo ! Juste après la rédaction de ce paragraphe, en lisant Armand Grabois, Grand Atlas – Géographie de la France, Histoire & connaissances Hors-série, sept. 2023, je tombe sur la description (p. 110) de ces deux modèles. Grabois précise même : « L’une [le premier modèle] est chargée de la besogne ingrate et de rendement nul (armée, justice, police, affaires sociales), l’autre [le second] de tout ce qui engendre de la plus-value (l’économie moderne, métropolitaine) ».

A lire également : Jérôme Fourquet, Jean-Laurent Cassely, La France sous nos yeux – Economie, paysages, nouveaux modes de vie, 2021,Seuil.
Lire également les ouvrages de Christophe Guilluy et ceux de deux démographes : Hervé Le Bras et Emmanuel Todd.

J’ai toujours connu ce garage juste à côté de la basilique – et c’était franchement moche…

Saint-Quentin fait aujourd’hui l’objet d’un plan Action Coeur-de-ville : entre autres, rachat de fonds de commerce par la municipalité et aménagement du parvis de la basilique, que j’ai toujours connu, hélas, comme un endroit pas aménagé et un peu glauque. Le comble !

Alors vivrai-je assez vieux pour retrouver non pas « mon petit Liré », mais « mon » Saint-Quentin ?

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Annus horribilis

Ukraine, Gaza, Taïwan… Ainsi, en votant le budget de guerre supplémentaire soumis par le président Biden, le Congrès américain donne son aval à la guerre permanente. L’ineptie crasse d’un quart de siècle d’interventions militaires occidentales n’a pas servi de leçon...

Le passage de la flamme olympique : non prévu par Pierre de Coubertin, ce rituel à la gloire du IIIème Reich ne sera créé qu’en 1936 pour promouvoir le culte du corps et de la race… D’ailleurs, dans l’Histoire, le sport a été inventé comme préparation à la guerre…

On remarquera que les trois débats importants impliquant un vote législatif (aide à mourir, inscription du droit à l’avortement* dans la Constitution, aide à l’Ukraine contre la Russie) ont un point commun : la mort. On est loin de l’esprit optimiste des trente Glorieuses !

*L’auteur de ces lignes ne s’oppose pas du tout à l’avortement, bien au contraire.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

Elle […] compare les données avec celles des nourritures qu’elle a ingurgité la veille et dont elle a noté les quantités exactes sur un agenda manifestement réservé à ce seul usage :

Thé sans sucre et sans lait0
Un jus d’ananas66
Un yaourt60
Trois biscuits de seigle60
Carottes râpées45
Côtelettes d’agneau (deux)192
Courgettes35
Chèvre frais190
Coings70
Soupe de poissons (sans croûtons ni rouille)180
Sardines fraîches240
Salade de cresson au citron vert66
Saint-Nectaire400
Sorbet aux myrtilles110
Total1714

Les puristes diront qu’un tableau n’est pas une liste. C’est vrai que çà à moins de charme…

C’était parti pour être une belle fête, mais deux jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques, la presse rapportait que des membres du Comité d’organisation des JO avaient fraudé la billetterie, avec l’aval du Comité olympique international qui aurait fermé les yeux. On parlait d’une « caisse noire ». On ne connaissait pas les montants. Cela commençait bien… « On règlera les comptes plus tard, nous ne pouvons pas perturber ce grand moment de fraternité et de paix* », avait déclaré Aurélie Nouméa-Etcétéra, la ministre des Sports, des Jeux olympiques, des Jeux paralympiques et de la Célébration nationale et internationale autour des Valeurs sportives, parasportives, de Diversité et d’Inclusivité. Les membres du CIO et leurs relais français étaient, eux, aux abonnés absents…

*Trois jours auparavant, le président Jean-Baptiste Micron était à l’ONU pour un discours dans lequel il avait parlé de « vitrifier » [sic] la Russie…

L’ouverture se déroula plutôt bien, même si les forces de l’ordre (Police, gendarmes, militaires) jurèrent qu’on ne les y reprendrait plus.

Las ! Le mardi suivant fut l’objet d’une catastrophe. La foule arrivait en masse pour assister aux épreuves féminines de rugby à 7, qui avaient lieu au Stade de France. Une bousculade s’ensuivit dans les couloirs du métro Place de Clichy. 17 morts, 38 blessés. Il s’avérait que les flux étaient régulés pour l’occasion sur la ligne 14 du métro ainsi que sur le RER B, mais pas ailleurs. Le bon sens eut été d’arrêter non pas les Jeux, mais tout du moins l’ensemble des épreuves de rugby. Il n’en fut rien. Gérard Dardmalin, le ministre de l’Intérieur, se défaussa en arguant qu’il n’était pas celui des Transports. Ce dernier, Patrick Vertdegrite restait inaudible. Ana-Maria Lopez, la maire de Paris, renvoya la balle vers le préfet de Police et vers le Snif, l’organisme en charge des transports parisiens. Pendant quelques jours, la grogne commença à se faire entendre aussi bien du point de vue parisien qu’international.

« Nous, on y va pour participer.
Eux, ils y vont pour gagner !
Salauds ! »

Coluche

Le 8 août eurent lieu les épreuves du 10 km en eau libre, au niveau du pont Alexandre III. Jean-Baptiste Micron n’avait pas osé exécuter sa promesse de l’année précédente : celle de se baigner dans le Seine… Néanmoins, quelques heures après la fin de l’épreuve, les athlètes commencèrent à ressentir rougeurs et picotements pour les uns, nausées et maux de tête pour les autres. L’opinion finit par comprendre, puis apprendre, que les résultats bactériologiques et toxicologiques de l’eau de la Seine avaient été bidouillés…

En réalité, le ras-le-bol de la population était unanime : les sondages montraient que 88% des interrogés étaient hostiles à ces Jeux du cirque.

Le lendemain arriva l’impensable : à Villeneuve d’Ascq, juste avant la demi-finale hommes de handball au stade Pierre-Mauroy, la file d’attente due au contrôle Vigipirate devint la cible de barbus à Kalachnikov. 12 morts et une centaine de blessés. Les assaillants s’avéraient déjà connus pour faits de délinquance, et fichés S. Consternation. « On ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne. Et cet éternel débat sur les fichés S est inapproprié », déclarèrent piteusement Micron/Dardmalin, ce qui fit les choux gras de la presse nationale et internationale qui ne manqua pas d’ironiser sur le fait qu’il restait encore deux jours avant la fermeture pour qu’aient lieu soit une prise d’otage palestinienne comme à Munich en 1972, soit des bagarres entre athlètes russes « sous bannière neutre » et ukrainiens.

La cérémonie de clôture fut annulée. Inutile aussi de signaler que le nombre de médailles obtenues par les athlètes français fut ridicule…

CIO, COJO, Ministère de l’Intérieur, Renseignement, police, gendarmerie, Préfecture de Police, mairie de Paris, tous se renvoyèrent la balle. Lors des nombreuses réunions de crise, le président Micron semblait atone.

Une semaine plus tard, Ingrid, son épouse, était inquiète. Jean-Baptiste avait disparu. On le retrouva le lendemain, errant curieusement en pyjama le long de la voie ferrée Paris-Amiens, entre la gare de Hargicourt et celle de Moreuil, en hurlant : « Je suis François Ruffin, je suis François Ruffin ! » Il fut brièvement interné à l’hôpital Sainte-Anne, puis dans un lieu tenu secret pour des raisons de discrétion et de sécurité.

Des élections présidentielles furent organisées en novembre. Marielle Le Guen (RN) fut élue avec un score de 68%, avec un fort taux d’abstention… de la part des classes urbaines diplômées et aisées. Son poulain Kévin Bordello devint premier Ministre.

Puis tout redevint comme avant : ultra-libéralisme, soumission à l’ordre européen, transition écologique, austérité…

On raconte que Jean-Baptiste Micron vient de temps en temps à l’Elysée, en tant que « visiteur du soir ».

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L’oeil de Paris (5)

Rue de l’Abbé Groult

Drôle de monde où ceux qui parlent de proposition de paix entre la Russie et l’Ukraine sont qualifiés de « belliqueux ». Proposer la paix, c’est être un agent de Poutine – ou être un « Munichois ». Rappelez-vous : « La paix, c’est la guerre » (George Orwell, 1984).

Comment un pays qui a été « viré » par le Mali et le Burkina-Faso pourrait-il faire face à une guerre de haute intensité contre la Russie ?

Dernier subterfuge pour nous faire accepter l’austérité, après Pinochet, les « conditionalités du FMI » et plus récemment la « transition écologique » : « l’économie de guerre » (dixit Bruno Le Maire)…

Emmanuel Macr… heu… le général Boum-Boum (Marc Barrard), extrait de La Grande-duchesse de Gerolstein de Jacques Offenbach (1867).

Je vous recommande l’exposition Sacrilèges ! L’Etat, les religions et le sacré, aux Archives Nationales (jusqu’au 1er juillet 2024). Malheureusement, on ne pourra voir aucune caricature récente. Pas de vagues, encore une fois…

Pour ceux qui se sont posés des questions à propos de la parution du 1er avril (Rapt à la RATP), c’est la lettre E qui a fait l’objet de ce rapt – clin d’oeil à Georges Perec (La disparition). Avant de préparer cette petite blague, j’étais loin de penser qu’il y avait autant de stations de métro sans lettre E...

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"On trouve dans chaque fascicule quelques articles de fond : «Qu'est-ce que le bonheur de l'humanité ?», «Les 67 vérités de la Bible», «Beethoven était-il vraiment sourd ?», «Mystère et Magie des chats», «Sachez apprécier les figuiers de Barbarie», quelques informations générales : «Agissez avant qu'il ne soit trop tard !», «La vie est-elle apparue par hasard ?», «Moins de mariages en Suisse» et quelques maximes du genre de Satura justa et aequa sint pondere."

Georges Perec décrit ici Debout !, l’organe des témoins de la Nouvelle Bible, mais ce contenu est plutôt celui de Sélection du Reader’s Digest, ou plutôt indigeste, ce qu’était vraiment cet organe de propagande de la bien-pensance américaine WASP et anticommuniste. A la réflexion, Debout ! et Sélection sont finalement un peu la même chose… Mon grand-père était abonné à Sélection !

♦ 

La rue de « Labégrou » commence rue des Entrepreneurs et finit rue de la Convention.

Aucun lien de parenté avec feue l’écrivaine Benoîte Groult. Enfin, je n’en sais rien… Dans cette rue, une « sucette » nous éclaire sur l’abbé en question :

Puisqu’on est dans les personnalités du quartier évoquons cette comédienne antillaise assez méconnue, qui avait monté sa propre troupe à Paris, et qui vécut ici de 1973 à sa mort en 2010.

Par contre, ces deux-là me paraissent imaginaires…

Et ces deux-là encore plus improbables ! J’ai vu aussi des affiches Guignol et Milou, et Guignol et Lucky Luke… Laurent Mourguet, créateur de Guignol, doit se retourner dans sa tombe et maudire ces Parisiens qui n’ont rien compris au personnage.

Guignol et… Oh non, çà ne va pas recommencer !

Il y a pas mal de verdure dans cette rue.

Et même des murs végétaux.

Une trace du bâti ancien.

Bel immeuble Art déco !

C’est pas que c’est laid, mais c’est pas beau…

Ooups ! Il y en a paraît-il 350 comme çà à Paris !

Voilà qui est par contre beaucoup plus sérieux. Trop sérieux, même…

A suivre…

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