Dekoikonparle ? (2)

Inde(s)/Indien/Hindou

Sur mon lieu de travail, une minute de silence a été dite lundi 26 octobre en mémoire de Samuel Paty, victime d’une fatwa islamiste. Quelque chose, néanmoins, me chiffonne et ne me met pas à l’aise. La note de service annonçant cette cérémonie stipulait (de mémoire) : « pour ceux qui le souhaitent ». Cela m’a rappelé le cours de Samuel Paty, invitant « ceux qui le souhaitent » à ne pas regarder les caricatures, ou par effet miroir, à assister à la séance. Bien sûr, tout le monde est libre de faire ce qu’il veut : une minute de silence n’est pas une consigne professionnelle ! Mais dans ce cas de figure, « pour ceux qui le souhaitent » peut vouloir dire « si les valeurs républicaines heurtent votre sensibilité, n’y assistez pas ». Bien entendu, il n’y avait aucune mauvaise intention de la part de la direction, mais je pense qu’on a tous gardé dans notre inconscient l’attitude d’ « encore [se] coucher », comme le titre Marianne du 21 octobre.

N’y pensons plus (tout au moins le temps de lire ce blog), et évadons-nous avec le deuxième volet de notre Dekoikonparle ? :

Quand j’étais petit (oui, marcjoly a été petit), les Hindous vivaient en Inde, et les Indiens combattaient les cow-boys avec des plumes sur la tête. Aujourd’hui, ce sont ces derniers qui vivent en Inde, les Hindous se contentant d’être des adorateurs de Vichnou.

Alors Indiens ou Hindous ? Et pourquoi les Sioux ou les Apaches sont des Indiens ? Et « les Indes » ? Il y en avait plusieurs ?

On nous a tellement dit que le mot « hindou » n’avait rien à voir avec celui d’ « Inde ». En réalité, les deux sont dérivés de la version en vieux persan, hindu, du mot sanskrit Sindhu, l’appellation du fleuve… Indus. Tiens, un troisième compère ! L’Indus est en fait à l’Inde ce que le Nil est à l’Egypte : une colonne vertébrale qui a façonné la civilisation.

Le monde occidental connaissait dès l’Antiquité l’existence de l’Inde, de par les routes commerciales terrestres ou maritimes. Le mot eut tendance a désigner l’Asie lointaine, et quand Christophe Colomb pensait aller en Inde, il disait vrai : il voulait rejoindre l’extrémité de l’Asie, et les habitants du Nouveau Monde furent appelés… Indiens.

Ainsi, les Antilles furent appelées Indes occidentales, pour ne pas les confondre avec le sous-continent indien, mais aussi avec les Indes néerlandaises, à savoir notre… Indonésie, à l’époque colonie hollandaise. Les Anglais en rajoutèrent une couche, ou plutôt plusieurs avec leur Empire des Indes, qui comprenait les actuels Pakistan, Inde, Sri-Lanka et Birmanie. Jusqu’aux indépendances de 1947, l’on parla des Indes au pluriel.

Mézalor, mézalor (comme dirait Queneau), si les Indiens sont en Amérique, comment appeler ceux d’Asie ? On trouva une facilité : Hindous, car la plupart l’étaient, mais le mot désigne les pratiquants de l’Hindouisme, cette religion issue du brahmanisme. Et çà tombe bien : les Indiens parlent l’hindi, qui s’écrit en alphabet devanagari. La même langue se parle au Pakistan, mais avec l’alphabet arabe : c’est l’ourdou. Evidemment, en Inde, tout est compliqué : tout le monde n’est pas hindou (on compte des musulmans, sikhs, bahaïs, chrétiens…) et 40% seulement de la population parle hindi (langue officielle).

« Votre père ? -Hindou. -Et votre grand-père ? -Un dur ! »

Nouveau rebondissement : il fallait distinguer la nationalité de la religion. L’Inde fut à nouveau peuplée d’Indiens, et « ceux d’Amérique » devinrent des Amérindiens. Quant aux Etasuniens, ils ont d’abord dit Indians (ce qui est ambigu) ou Natives (considéré comme dégradant). Ils se sont ensuite rabattu sur Indian-Americans, tout aussi ambigu depuis l’immigration provenant du sous-continent indien. On n’en sort pas ! L’Amérique latine a, elle, gardé Indianos.

Enfin, cette appellation quelque peu internationale ne l’est pas du tout chez les intéressés : l’appellation officielle de l’Inde est Bharat. Rassurez-vous, dans le langage courant, les Indiens disent Hindustan : l’honneur est sauf.

L’Hindustan Ambassador : un modèle culte de la production automobile indienne !

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Mauvaises « translations » ! (1/2)

Nouvelles du front (sans majuscule…) :

Un fidèle lecteur, M. Lallouët, de Jeteux-Plumerai (Orne), donne l’exemple, lui : il a mis l’adresse du site en favoris. Prenez-en de la graine (ah ! ah !).

Quant à l’excellent Etienne Ruhaud (https://pagepaysage.wordpress.com), il publie Animaux, préfacé par Jean Renaud et illustré par Jacques Cauda, sorti le 13 octobre chez Unicité (12 €). Il s’agit d’un autre bestiaire fantastique, onze ans après Petites Fables. Vous pouvez le commander en librairie, sur le site d’Unicité, de la Fnac ou d’Amazon.

Le français menacé par l’anglais. Est-ce un désastre et la mort annoncée de notre langue ? Ou est-ce une évolution linguistique naturelle ? Seul le fameux cliché du « temps long » saura nous le dire…

Ce qui clair c’est qu’on ne parle plus correctement l’anglais : nous croyons parler la langue de Shakespeare, alors que nous parlons… le jargon de Nicolas Sarkozy croyant parler anglais !

Nous ne savons pas le traduire non plus, et nous tombons dans le piège des faux-amis, des contresens et de la paresse, car il faut réfléchir avant de traduire !

Cette rubrique est donc consacrée aux erreurs les plus courantes, et qui vont malheureusement plus loin que le registre journalistique. Votre serviteur, qui s’est adonné à la traduction dans une vie antérieure, vous en propose quelques unes.

  • Année fiscale – taxes.

Dans les traductions de textes américains, on trouve l’expression « année fiscale ». Y aurait-il des années où l’on paie des impôts, et des années où l’on en paie pas ? En réalité, fiscal year (ou FY) désigne l’année n pour laquelle la prévision des rentrées d’impôts a déterminé le budget de n+1. En bon français, çà s’appelle simplement l’année budgétaire ou l’exercice budgétaire. Les Américains considèrent le moyen (impôts et taxes) quand les Français considèrent le résultat (le budget) ! Sauf que le mot impôts apparaît peu dans les textes traduits de l’anglais, même britannique, car tax désigne aussi bien une contribution sans affectation particulière (impôt, TVA), que celle affectée à une ligne budgétaire précise (produits pétroliers, alcools, vignette automobile…). Sans indication techniques précises, mieux vaut donc traduire taxes par impôts

  • Bannir.

« Le gouvernement veut bannir le glyphosate ». Non ! Il veut l‘interdire. Ou alors le bannir de la liste des pesticides autorisés, ce n’est pas la même chose ! Bannir n’est pas interdire, c’est expulser, proscrire, refouler, mettre au ban de quelque chose. Bannir n’a pas un sens absolu. C’est qu’on traduit mal l’anglais to ban, signifiant interdire . Et bannir se dit to banish

  • Banque de l’Ouest.

Je l’ai vu une fois. Quelque chose comme : « Les investissements ont été alloués en faveur de la Banque de l’Ouest ». L’article parlait des rapports israélo-palestiniens. Bank, en anglais, c’est une banque, mais c’est aussi la rive d’un fleuve. C’est le sens véritable de la station de métro Bank à Londres, même si elle se situe près du quartier des banques… Dans le contexte palestinien (ou israélien, suivant les affinités), the West Bank désigne la rive ouest du Jourdain, c’est-à-dire la Cisjordanie, grosso modo les anciennes Samarie et Judée.

  • Billion.

Si vous lisez quelque part « billions » de dollars (ou d’euros), c’est qu’il s’agit d’un texte mal traduit de l’américain. Un billion, en anglais étasunien, c’est un milliard (1 000 000 000). Billion existe en français, mais il désigne un million de millions (10 puissance 12), et appartient à la série bi-, tri-, quadri-, quinti-, sextillion. Mais au point où planent les transactions financières, çà ne fait plus vraiment de différence…

  • Challenge.

Voilà bien un mot emblématique de notre monde libéral et compétitif ! Challenge, comme beaucoup de mots anglais, vient de l’ancien français chalenge (« débat », « réclamation », « défi ») < latin calumnia (« calomnie », avant extension de sens). Or, voilà, nous sommes en 2020, et un mot existe déjà : c’est justement défi. Seulement, défi fait duel dans le pré, alors que « challenge » fait start-up (pardon : jeune pousse) et BFM TV.

En français dans le texte !
  • Destroyer.

« Oh, c’est bien connu, un destroyer çà doit être une sorte de vaisseau de guerre, comme il y a les avisos, les corvettes, les croiseurs, les cuirassés, les frégates… Enfin, vous savez, moi, j’y connais pas grand-chose… » Voilà qui est dit ! Surtout que les cuirassés, çà n’existe plus : cela signifiait les navires de guerre en métal par opposition à ceux en bois… mais nous sommes là aussi en 2020 et le terme est obsolète ! Quant à destroyer, c’est un destroyer ship, mot-à-mot un « navire pour détruire ». En bon français, çà s’appelle tout simplement un navire (ou vaisseau) de guerre ! Il est vrai qu’au sens strict, il signifie également contre-torpilleur. Mais comme on le voit, il y a un mot français pour le dire !

  • Digital.

Nous voilà au pompon, à l’acmé, à la cerise sur le gâteau de la mauvaise traduction ! A tel point qu’une amie pensait que le mot désignait les objets commandés par effleurement. Cela aurait pu également être vrai, sauf que cela concerne aussi ceux à commande vocale ! Quoique le doigt… En effet a digit, en anglais signifie « chiffre », « numéro », et quoi de plus naturel de compter sur ses doigts : le mot vient de là. La digital technology est celle qui, au lieu d’enregistrer physiquement des informations (par microsillon, bande magnétique, pellicule photo…), les convertit directement en données chiffrées puis les restitue physiquement. Il s’agit donc, en français, de technologie numérique, par opposition à l’ancienne, analogique. A noter que certains se sont débarrassés de « digital », mais n’ont pas fait mieux : c’est la Fnac, dont le département numérique s’appelle maintenant en jargon « Fnac connect » [sic] !

To be continued, heu, à suivre …

Polémique, vérité et opinion

En guise d’apéritif, une contrepèterie en lien avec l’actualité : « Bécaud, je vous présente Magritte ! »

Pas de polémique ! C’est ce qu’on entend souvent. Les gens ont peur de la polémique. Elle est mal perçue en France : on croit qu’être polémique, c’est être intolérant. Parlez donc de (vraie) politique, ou tout simplement de ce qui relève des idées à vos collègues et amis, et vous ferez le vide autour de vous !

C’est que la population a bien été conditionnée, et ceci dès l’école.

En classe de français, il fallait être objectif. Le moindre écart, et le couperet tombait : « c’est connoté ! » Cette matière, faite pour développer l’argumentation et l’imagination, n’allait pas du tout dans ce sens ! D’ailleurs les manuels, dont le Lagarde & Michard, ainsi que les Classiques Larousse, nous obligeaient à penser ce qu’il fallait penser, puisque les fameuses Questions de bas de page de ces livres n’appelaient qu’une seule réponse. L’élève était littéralement soumis à la… question ! Claude Duneton avait très bien soulevé le problème dans Je suis comme une truie qui doute (Seuil, 1976).

Souvenons-nous de ce monument de l’enseignement du français qu’est la dissertation. Première partie : je pense carpe. Deuxième partie : je pense lapin. Et troisième partie : je fais la synthèse de la carpe et du lapin. Cà, c’est fort ! C’est de la prestidigitation ! Du « en même temps » macronien (ou plutôt jésuitique, en référence à ses maîtres). Evidemment, toute opinion n’est pas tranchée, loin de là ! Mais l’exercice est artificiel : pourquoi deux propositions de base ? Pourquoi pas une, ou trois, ou quatre ? Et pourquoi chacune de manière égale ? Unité de temps, de lieu et d’action ? Jardin à la française de la pensée ?

Je soupçonne les bêtes à concours de n’avoir aucune opinion sauf « tout pour ma gueule », ou d’avoir celle de l’idéologie dominante. Et c’est ce qu’on voit dans le monde du travail…

Conséquence de cette pensée unique précoce : le relativisme. Ainsi, il fallait que toutes les cultures se valent, et défense de hiérarchiser celles-ci, même si certaines ont bâti leur système économique sur l’esclavage, ou étaient rythmées par les sacrifices humains ! C’est ainsi qu’aujourd’hui l’on en vient à tolérer dans notre république des cultures (notamment orientales ou méditerranéennes) qui prônent l’infériorité des femmes ou l’antisémitisme.

Et l’on en vient à dire qu’il y a plusieurs vérités ! C’est confondre les opinions, les mentalités ou bien encore les visions du monde, avec la vérité. Sauf que nous ne sommes malheureusement plus en démocratie, mais en dictature de l’opinion, les médias étant le relais des aspirations des élites et l’outil de manipulation des populations, ne serait-ce que par le martèlement en boucle des infos. Vous n’avez jamais remarqué que les « opinions » de la machine à café sont des répétitions de perroquet d’infos qui traînent ?

« Le nucléaire est dangereux », « les Chinois sont des salauds », « çà ne sert à rien d’aller dans l’espace, occupons nous de la Terre d’abord »…

On connaît cette « opinion » : « en Russie, toute la presse est aux mains des oligarques ». Et de fermer les yeux sur la situation française, aux mains des Lagardère, Bolloré, Bouygues, etc. C’est que toute la presse française, hormis L’Humanité et Marianne, est pro-libérale. Eh bien, cela ne suffisait pas : en 2013, naissait un nouveau quotidien « libéral, européen et pro-business ». Son titre : L’Opinion ! Orwell pas mort !

On pourrait alors s’en tenir à la juxtaposition des opinions. C’est ce qu’on a d’ailleurs vu avec la crise sanitaire : 65 millions d’opinions différentes sur le masque, sur les gestes barrières, etc.

Alors ? Pour faire avancer le schmilblick, il faut ce que certains appellent le débat – je dirais, moi, la polémique [cf. la rubrique Ma bibliothèque amoureuse (4/l’infini) de ce blog, concernant les Dialogues de Platon], car les débats, en France, n’en sont jamais. Ne pas parler de politique à table ou en famille, par exemple, devrait être un péché (certains croient parler politique : mais ils s’agit au pire du « café du commerce », au mieux de la répétition perroquet mentionnée plus haut). Evidemment il faut pour cela l’éducation du citoyen à la chose qui s’appelle les idées – l’Education tout court, quoi ! Pas l’éducation nationale…

Ils en ont parlé !

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Le testament des Maastricheurs

https://champouin.blog

Mettez-le en « favoris »…

Des nouvelles du front :

Ce blog compte une nouvelle lectrice : Mme Fridigearium. Standing ovation !

Un M. Cottiè me dit : « J’en ai assè de voir écrit mélanges scientifiques. Où sont-ils ? » Réponse : cher ami, des considérations linguistiques ou géographiques sont-elles scientifiques ? Et puis un blog mène toujours là où on ne veut pas aller !

Une fidèle et charmante lectrice, Mme Laplanche, s’insurge du traitement que j’ai infligé au football. Je rappelle que mes écrits sont aussi polémiques… Je ferai ultérieurement un billet consacré à cette question, et à la manière dont la polémique est perçue en France.

Aujourd’hui, une nouvelle rubrique ! Celle consacrée aux textes de marcjoly, car votre serviteur écrit des textes, des poèmes, et même des chansons !

Ecrire… Tout un continent… Et le sentiment de culpabiliser car on a tous le prétexte de ne pas avoir le temps. Plus les injonctions de l’entourage : « mais tu devrais écrire ! » – Spécial dédicace (tiens, un terme qui concerne les écrivains !) : Etienne Ruhaud, Christophe Cottier et Eric Sauzé, trois connaissances qui manient la plume.

Vintage ! Le texte qui suit date de 1992 ! C’est un texte polémique (à ces mots, dix internautes français résilient leur abonnement) et politique, écrit dans le contexte de la signature du traité de Maastricht. Il doit être chanté sur l’air du Testamour de Jacques Dutronc.

Ce n’est pas que j’aime Dutronc ce cynique, ni Lanzmann son parolier, mais cette chanson m’était venue à l’esprit je ne sais comment, et je l’avais écrite en vingt minutes. J’avais reproduit l’esprit des jeux de mots du texte original.

Ma chanson qui, hors du contexte du moment, tombe à côté, mérite des explications. Dans ce « Bébête show« , il y a quelques personnages que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître.

« Je laisse Tonton à Tata. Je laisse Jack Lang à Tonton » : je demande de l’indulgence par rapport à ce dont on pouvait rire autrefois mais plus maintenant. Sous le jeune homme insouciant de 31 ans que j’étais perçait déjà l’horrible mâle blanc hétéro cisgenre de près de 60 ans que je suis…

« Je laisse […] Mickey à Bush » : c’était la construction d’EuroDisneyland. La population avait bien mordu à l’hameçon. Du coup, il était impossible, dans la conversation, d’être contre : « Mais çà va créer des emplois ! », hurlaient les gens…

« Chirac et ses odeurs » fait allusion à la malheureuse phrase de ce dernier sur les immigrés : « …sans compter les odeurs ».

« Je laisse Tapie à… didas » : faut-il rappeler que Nanard avait racheté Adidas pour une bouchée de pain pour le pressurer et le revendre (sa spécialité) ?

Maxwell, c’est Robert Maxwell, un magnat de la presse britannique et agent d’influence ultra libéral et européiste. Il s’était donné une image de philanthrope, grâce à la fondation qui porte son nom, navire amiral de ses nombreuses entreprises basé au Liechtenstein. « Tout au long de son parcours, il s’est montré un dirigeant aux pratiques malsaines » dixit Wikipédia qui, refusant de se mouiller, ajoute sans rire : « réf. nécessaires ». À 68 ans, Maxwell chuta « malencontreusement » de son yacht alors qu’il était au large des Canaries…

Paretti, c’est Giancarlo Paretti, l’ancien dirigeant du Crédit Lyonnais au moment de « la » fameuse affaire impliquant cette banque.

« Balcéro » est Leszek Balcerowicz, qui a infligé la « thérapie de choc » libérale à la Pologne après la chute du communisme pour récidiver en Ukraine.

Jean Monnet n’était évidemment plus d’actualité, sauf dans la tête des « centristes », nom de code pour désigner les mon(n)étaristes obsédés de la dette, à savoir notamment Barre comme Delors.

LE TESTAMENT DES MAASTRICHEURS


Je laisse Tonton à Tata. 
Je laisse Jack Lang à Tonton. 
Je laisse Cresson à sa botte, 
Le Pen à son oeil, 
Bush à oreille 
Et Mickey à Bush.
 
Je laisse un Rocard, sinon rien. 
Je laisse Giscard à son destin. 
Je laisse Chirac à ses odeurs, 
Villiers à la Vendée, 
La Vendée aux Deux-Sèvres 
Et Seguin à sa chèvre. 

Oui, de Maastricht faisons le testament, 
le testament de ce texte imbécile.  
Oui, de Maastricht faisons le testament,
Le testament de ces idiots utiles. 

Je laisse Béré à Govoy. 
Je laisse Tapie à... didas. 
Je laisse Maxwell à Marbella, 
Paretti au Lyonnais, 
Le lion à Belfort 
Chevènement je ne sais où. 

Je laisse la Pologne à Balcéro. 
Je laisse Havel à la Tchéco. 
Je laisse Thatcher à un tas de choses, 
Jean Monnet au fric, 
Barre à la monnaie  
Et Delors en Barre. 

Oui, de Maastricht faisons le testament, 
Le testament de l'Europe-zizanie. 
Oui, de Maastricht faisons le testament, 
Le testament de ces odieux nazis !

Texte génial selon les organisateurs, affligeant selon la police ! Brûlot politiquement méchant ou candeur crasse de l’auteur ? Boby Lapointe en herbe ou bien torchon potache ? A vos commentaires ! ♦

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Ma bibliothèque amoureuse (4/l’infini)

Retrouvez les autres Bibliothèques amoureuses sur :

http://mrliste.hautetfort.com/

Cette rubrique est un bol d’air destiné à se nettoyer des choses laides et abrutissantes : au jour où j’écris ce billet, va se tenir dans une heure cette horreur qui s’appelle le match de finale de la Ligue des champions, et qui procurera un orgasme à des hordes de beaufs au cerveau de petit pois déferlant sur les Champs-Elysées après avoir ingurgité et pissé des litres de bière. Beaufs y compris en col blanc (Hidalgo [Anne, pas Michel], Macron, Michel Cymes, Enrico Macias, plus tout le CAC 40) louant le libéralisme, à savoir l’argent facile des racailles footballeurs et rappeurs. Je gerbe sur ces deux dernières catégories. « Que chaque balustre d’urinoir public eût hérité de [leur] lambeau », comme écrivait Léon Bloy*.

*mais bien entendu pour de mauvaises raisons : à propos de Victor Hugo lors de son enterrement.

Alors, spécial dédicace pour une fidèle lectrice : Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie, qui attend impatiemment la quatrième numéro consacré à ma « bibliothèque amoureuse ».

Pour ceux qui n’ont pas connu le blog Mr. Liste (lien dans la bannière ci-dessus), il s’agit des livres de la bibliothèque personnelle de marcjoly, votre serviteur. Enfin ceux qui présentent un tel intérêt qu’il ne les prête pas. Un livre, c’est comme une brosse à dents. Il s’agit donc d’une bibliothèque totalement subjective et passionnée, j’en ai expliqué les raisons dans le premier numéro de cette rubrique (cf. donc, Mr. Liste).

Alors, voici. Je ne l’ai pas voulu, mais on remarquera que cette liste, établie « géographiquement » sur mes étagères, est quelque peu politique !

  • Cheikh Anta Diop, L’Afrique noire précoloniale, Présence Africaine, 1960.

Diop, auteur aussi de Nations nègres et culture et des Fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire, fut un africain anticonformiste. Ce Sénégalais, docteur en sciences sociales également spécialiste en chimie nucléaire, remarqua un certain nombre de points communs linguistiques et anthropologiques entre l’Afrique noire actuelle et l’Egypte ancienne. Il en déduisit après des recherches approfondies, que l’Egypte ancienne était peuplée de Noirs, que les langues de l’ouest africain proviennent de l’ égyptien, et que des structures sociales et mentales ouest-africaines (matriarcat, cosmogonie) viennent aussi d’Egypte. L’idée était bonne, mais les hypothèses s’avérèrent en partie fausses : on se dépêcha de traiter Diop de charlatan, et il fut de surcroît récupéré par les suprémacistes noirs. Un de ses émules, le camerounais Koto Essomé, mourut dans des conditions très étranges…

« Tu as raison, Socrate.
Cela est vrai, cela se peut. »

  • Tous les « dialogues » de Platon (Garnier-Flammarion).

Les « dialogues » de Platon sont en fait ceux du maître Socrate rassemblés par l’élève Platon. A la première lecture, c’est un peu déconcertant, çà ne ressemble pas à des dialogues, les interlocuteurs (ses élèves à l’Académie) face à Socrate se contentant de dire : « Tu as raison Socrate, cela est vrai, cela se peut… » C’est que le maître les pousse dans leurs derniers retranchements ! Attaché à la vérité, il ne veut pas les voir tourner autour du pot, comme les Sophistes… Cette quête de la vérité fut insupportable pour les élites de l’époque, accusant ainsi Socrate de pervertir la jeunesse (ils diraient aujourd’hui qu’il s’agit d’une secte). Mon petit doigt me dit que Socrate est toujours d’actualité…

Oh, non ! Décidément !
  • Michael Parenti, L’assassinat de Jules César – une histoire populaire de l’ancienne Rome, Editions Delga, 2017.

L’auteur, un Américain enseignant en sciences politiques, et pas vraiment à droite, démonte entièrement le mythe d’un César usurpateur despotique assassiné par des sénateurs voulant restaurer les libertés républicaines. Tout à l’inverse de l’image donnée par Cicéron, le lèche-cul de l’oligarchie, et par Shakespeare dans sa pièce Jules César (pour une fois, le génial William avait tout faux) ! Loin de l’image de la « brillante » civilisation, Rome était un empire de latifundia et d’escadrons de la mort, rien à envier à certaines dictatures d’Amérique latine… l’esclavage en plus. Sans parler de la  » ville aux sept collines » dans laquelle s’entassait un Lumpenproletariat d’esclaves et de plébéiens. César fit en réalité voter des lois pour améliorer la condition des pauvres (remembrement agricole, moratoire sur les dettes, limitation des avoirs privés…), ce que la caste des optimates ne put supporter…

  • Jeanne d’Arc, le procès de Rouen, lu et commenté par Jacques Trémolet de Villers, Les Belles Lettres, 2016.

On parle toujours des minutes du procès de Jeanne d’Arc, mais qui les a lues ? Les actes authentiques ont finalement été parus et commentés pour le grand public, grâce à Jacques Trémolet, avocat d’extrême-droite et catholique, certes (personne n’est parfait). Celui-ci a eu l’élégance de ne pas biaiser ses remarques par ses opinions ni sa foi, et commente le procès en bon avocat. On fait la connaissance d’une Jeanne bonne chrétienne mais surtout pas mystique, dont les « visions » ont été des intuitions, alors que l’accusation veut en faire une sorcière et n’a pas voulu l’emmener sur le terrain politique, de peur de se dévoiler. La stratège militaire qu’est Jeanne est forcément fine psychologue, et ne s’est pas laissée démonter. Elle a faibli uniquement par sa méconnaissance de la procédure. En lisant les minutes, on cerne le profil réel ou supposé des accusateurs et témoins : soft cops (comme on dirait aujourd’hui), bad cops, déterminés, sceptiques, avocats du diable, idéologues… Du coup, on aurait aussi voulu une « édition Vergès » de ces commentaires !

A suivre…

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Prie-Dieu pour dormeur seul

Je viens de lire de Sigmund Freud : Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient (Folio Gallimard, 1988 – traduit de l’allemand par Denis Messier).

Votre serviteur n’a pas tout compris, et la lecture est parfois pénible, surtout quand Freud essaie d’expliquer un mot d’esprit ou une histoire drôle. Comme dirait Coluche : « Oui, je sais, même en Suisse, elle a pas marché ».

Le célèbre barbu a recueilli un corpus de mots d’esprit, traits d’esprit, contrepèteries, charades, histoires drôles, et en particulier, évidemment, blagues juives. Le tout bien entendu en allemand, et le traducteur a fait comme il a pu !

« Oui, je sais :
même en Suisse, elle a pas marché ».

  • Coluche

Je n’ai pas reproduit ici de Yiddishe Vitze, elles sont connues, et il existe plein de recueils à ce sujet [Lire entre autres Leo Rosten, Les Joies du Yiddish, Calmann-Levy, 1994 ; Marc-Alain Ouaknin, Dory Rotnemer, La bible de l’humour juif (1 et 2), Ramsay, 1995 et 1997]. Voici un florilège des autres blagues citées dans le livre de Freud, que j’ai  choisi d’illustrer par Dubout :

Freud présente le Witz (plus qu’une histoire drôle, une substantificque moelle), comme étant spécifiquement allemand, alors que c’est typiquement Jüdisch mitteleuropäisch ! En fait, un bon Witz doit provoquer, vers la fin, un « aha ! », preuve qu’une magie s’opère… 

Quoi ! vous êtes marié ?

– C’est vrai. Epousantable, mais vrai. 

La vanité ? Oui, c’est l’un de ses quatre talons d’Achille.

Le couple X vit sur un assez grand pied. Aux dires des uns, le mari, ayant gagné pas mal d’argent, disposerait maintenant d’un joli petit matelas ; selon d’autres, la femme, ayant disposé d’un joli petit matelas, aurait gagné pas mal d’argent.

Un des premiers actes de Napoléon III après son accession au pouvoir fut confisquer les biens de la maison d’Orléans. On fit, à cette époque, l’excellent jeu de mots suivant : « C’est le premier vol de l’aigle ».

Heine, à propos d’une dame complaisante : « Elle ne pouvait se résoudre à refuser, à rejeter, à éliminer quoi que ce soit, si ce n’est ses urines ».

Un adjudant à un appelé n’éprouvant aucun goût pour le service militaire : « Ecoute, achète-toi un fusil et installe-toi à ton compte ».

Je m’étonne que les chats aient le pelage percé de deux trous à l’endroit précis où se trouvent leurs yeux.

Frédéric le Grand entend parler d’un prédicateur qui a la réputation d’avoir commerce avec les morts. Il le fait venir et lui demande : « Pouvez-vous évoquer les esprits ? » L’homme répond : « Sire, je suis à vos ordres. Mais eux ne veulent pas venir ».

Cette épigramme de Lessing :

A ce qu’on m’a raconté,

Cette bonne Galathée

Se teint les cheveux en noir ;

Toute autre est la vérité,

Car ils étaient déjà noirs

Quand elle les a achetés.

Eine zweischläfrige Frau (une femme à deux places).

Ein einschläfriger Kirchenstuhl (un prie-Dieu pour dormeur seul).

– Comment s’appelle un cannibale qui a dévoré son père et sa mère ?

– Un orphelin.

– Et quand en plus, il a dévoré tous ses autres parents ?

– Un légataire universel.

Et enfin, ma préférée :

Cette jeune fille me fait penser à Dreyfus. Les militaires ne croient pas à son innocence.

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Départements loufoques (4)

Ce blog, encore confidentiel, est consulté de temps en temps par un internaute aux Etats-Unis (à moins qu’il s’agisse de quelqu’un sous VPN), et par un autre en Chine via Baidu. Faîtes-vous connaître et laissez un message !

Il y a beaucoup d’incohérences dans les appellations des départements français. Le principe de base était celui-ci : remplacer les provinces, de superficies inégales, par des territoires égaux, tous accessibles à partir de leur chef-lieu en une journée de cheval. Et ne plus en référer aux anciennes appellations, qui rappelaient l’ancien régime, mais principalement aux cours d’eaux et montagnes. Ces derniers pouvant être respectivement supérieurs ou inférieurs, et hauts ou bas. Il ne s’agissait pas d’un jugement de valeur, mais de l’altitude. Cela s’appelle de la géographie physique…

Il y a eu, tout du moins pour les départements d’origine (1790), des exceptions : le Calvados (un banc rocheux) sur proposition du député de Bayeux, au lieu de l’Orne-Inférieure ; les Bouches-du-Rhône au lieu de Rhône-Inférieur ; le Finistère (fin de la terre) ; la Côte-d’Or (côteaux de vignobles) ; les Landes (végétation) ; la Manche, le Pas-de-Calais et le Morbihan (une mer, un détroit et un golfe) ; le Nord (sans savoir que des décennies plus tard, un autre territoire français aurait son nord : c’est l’Afrique !).

Le pompon a été atteint avec l’essor du tourisme : les Basses-Pyrénées sont devenues atlantiques : basses, le ski y aurait été impossible, et sans l’Atlantique, Biarritz n’existait plus. Et ce tour de voltige avec les Basses-Alpes devenant les Alpes… de Haute-Provence. Là, c’est fort ! Sans compter les Côtes d’Armor, parce que les Côtes-du-Nord, on se les gèle ! Comptons aussi la Seine-Inférieure et la Loire-Inférieure, l’une devenant maritime, mais l’autre atlantique. Allez savoir…

Même aberration pour les « nouveaux » départements d’Ile-de-France. Les Hauts-de-Seine, c’est pour moi le plateau de Langres… de même que les Hauts-de-France (je ferai un article sur les nouvelles régions) sont pour moi au Mont-Blanc.

Le phénomène est aussi maintenant récurrent pour les noms de ville : Châlons-sur-Marne a été rebaptisée pour des raisons purement champagnistiques, c’est-à-dire touristico-économiques. Et sous prétexte de regroupement de communes, Montereau se trimballe un encombrant Fault-Yonne, et Cherbourg un Octeville…

Voici donc la dernière partie de cette série :

PARIS : Département éponyme de la ville, qui à l’époque gallo-romaine, s’appelait Lucette (tu me la présenteras).

SEINE-MARITIME : Son paysage est une vraie scène maritime. Je vous recommande la Pizzeria Jeanne d’Arc (au feu de bois) – Place du Marché à Rouen.

Une scène maritime…

SEINE-ET-MARNE : Que la Seine est morne ! « J’aime bien Melun : c’est moins surfait que la Côte » (Chevalier et Laspalès).

YVELINES : Quoi ? Evelyne ? Et elles sont deux ? Tu me les présenteras ! Chef-lieu : Versailles, çà en jette…

« J’aime bien Melun :
c’est moins surfait que la Côte »

Chevalier et Laspalès

DEUX-SEVRES : Amateurs de laitages : après Les 2 Vaches®, voici les Deux-Chèvres !

SOMME : Département à additions et à siestes. Pour le chef-lieu, c’est la s’maine des acides aminés.

TARN (de saumon) : Son chef-lieu fait rêver : Bali !

TARN-ET-GARONNE : Darne et carottes au menu. Chef-lieu Montauban, comme à Paris la rue du Monte-à-bord, heu… du Mont-Thabor, et le square Monte-au-long, heu… Montholon.

VAR : S’appelle ainsi car ce fleuve côtier ne l’arrose pas. Du beau, du bon, Dubonnet – Toul, Toulon, Toulouse.

VAUCLUSE : Ah, ouais, le Comtat Venaissin, quoi ! On ne dit pas « je vais à Avignon. » On ne dit pas non plus « je vais à Vignon ».

VENDEE : Département à brader : vendez ! Chef-lieu : La Roche-aux-Fées (allusion à quelque chose que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. Indice : çà se mangeait). Dernière minute : on m’apprend qu’il s’agit de La-Roche-sur-Yon.

VIENNE : Certains vont même jusqu’à dire que Charles Martel a battu les Arabes à moitié. Département qui se trouve en Autriche.

HAUTE-VIENNE : Il y a une Haute-Vienne ? Conséquence de précédemment, çà doit être le Grossglockner (3797 m) !

VOSGES : Existe-t-il un bizutage lors du passage de la fameuse ligne bleue ? Son chef-lieu est Lapine (en un seul mot…)

YONNE : Son chef-lieu est prononcé Aukserre par les ignares. Idem pour Bruxelles.

TERRITOIRE-DE-BELFORT : Quand j’étais petit, j’étais fasciné par ce mystérieux « territoire », que j’imaginais à l’aune de Monaco, d’Andorre ou du Luxembourg. Y parlait-on français ? Y acceptait-on les francs ? Y avait-il un poste de douane ? Quand j’ai su qu’il ne s’agissait que d’un département français, j’ai été déçu…

ESSONNE : deux E, Deux S, Deux N. Chef-lieu : Evry, souvent accompagné de son accessoire, la corbeille.

HAUTS-DE-SEINE : Et çà recommence ! Alors que ce terme devrait désigner le plateau de Langres. ! Du beau, du bon, Dubonnet – Nantes, Nanterre, et quoi d’autre ?

SEINE-SAINT-DENIS : Y se sont pas foulés pour le nom. C’est à y perdre la tête.

VAL-DE-MARNE : Ce nom me fait penser à une nouvelle d’Edgar Poe : La vérité sur le cas de M. Valdemar. En son chef-lieu habite la môme de Jean Ferrat (dans un meublé) – même qu’elle porte pas de lunettes de soleil…

Anna Karina dans Vivre sa vie, de Jean-Luc Godard, avec la chanson de Jean Ferrat

VAL-D’OISE : Département qui sonne comme une eau minérale (« Tiens, passe-moi la Valdoise »). Il a pour chef-lieu Pontoise. Pour le pont, il serait temps, car après, l’Oise se jette (d’un geste désespéré) dans la Seine.

GUADELOUPE : Seul département français dont le nom est d’origine arabe ! L’Oued-al-Lub a donné Guadalupe en espagnol, puis Guadeloupe en français, avant que les créolophones ne l’écrasent en Gwadloup. Chef-lieu : Basse-Terre. Dommage ! Pointe-à-Pitre aurait été plus rigolo.

MARTINIQUE : Dans la liste des départements qui sonnent comme…, celui-là fait penser à une sorte de manteau : « Il s’était drapé dans une vaste martinique, qui lui arrivait aux chevilles ». Chef-lieu Fort-de-France, dont les habitants s’appellent les Foyalais, car cette ville s’appelait autrefois Fort-Royal, prononcé Foyal avec l’accent créole (ce n’est pas une blague).

GUYANE : Ne pas confondre avec la Guyenne, cette ancienne province française. Guyane + Cayenne = Guyenne. Donc le chef-lieu n’est pas Kourou, coucou !

REUNION : Drôle de nom pour un département qui n’est pas un archipel. Il a son chef-lieu dans le 9-3.

MAYOTTE : Ile qui s’appelle en mahorais… Maoré, et dont le chef-lieu est Mamoudzou. C’est curieux, j’ai connu un Comorien qui s’appelait Mahamoudou.

FIN

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Les couvertures auxquelles vous avez échappé (3)

NB : retrouvez les deux premiers articles de cette série de « couvertures » sur http://

mrliste.hautetfort.com

On a vu ces dernières années fleurir de nouveaux « concepts éditoriaux ». Ainsi la collection : le schmilblick pour les Nuls (First), déclinaison française de l’américaine For Dummies. Je dois l’avouer, je n’ai jamais lu un ouvrage de la collection, sauf dans le domaine de l’informatique : Windows® (toutes les versions y sont passées), Excel®, l’ordinateur portable. L’humour américain est traduit littéralement, et çà tombe à côté. Un ami m’ayant persuadé que Linux® était le Graal, j’ai acheté le livre et n’ai absolument rien compris.

Autre concept : le schmilblick expliqué à ma fille (Seuil). Recette : prendre un auteur « sage » et consensuel : Frédéric Lenoir, Hubert Reeves, Tahar ben Jelloun (on a échappé à Yann-Arthus Bertrand, Jean-Claude Carrière, Eric-Emmanuel Schmitt…) et lui commander un ouvrage sur un thème galvaudé (climat, racisme, mondialisation) mais permettant de laver le cerveau des fameuses générations futures

Les Dictionnaire amoureux (Plon) du schmilblick, eux, sont beaucoup plus intéressants, car justement plus subjectifs et moins consensuels. Ils sont écrits par des passionnés, pas par des serveurs de soupe.

Enfin, les Anti-manuel (qui ne constituent pas une collection – le titre est juste repris pour certains ouvrages) du schmilblick sont des rafraîchissements dans notre pays, car vont à l’encontre de la tradition académique, où la pensée doit s’adapter à la norme et donner la bonne réponse. C’est Claude Duneton qui a inauguré les anti-manuels avec celui de français (C. Duneton et J.-P. Pagliano, Seuil, 1978).

C’est l’occasion de tester de nouveaux détournements :

D’abord, celui-ci :

L’actualité nous a fait échapper au Dictionnaire amoureux de l’inceste, ou de la Shoah…

Et celui-là, dont l’auteur est peut-être sage, mais pas consensuel et encore moins galvaudé :

Le pauvre ! Mais comment cela se peut-ce ?

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Métro loufoque – M 4

Retrouvez les lignes 1 à 3 sur :

https://mrliste.hautetfort.com

Nota : un fidèle lecteur, jusque là potentiel et empêché (il n’arrivait pas à se connecter) à enfin eu accès à mon blog. Il s’agit de M. Lalouette, de Jeteux-Plumerai (Orne).

Quand j’étais petit (oui j’ai été petit), la ligne 4 Orléans-Clignancourt, comme on disait alors, n’avait pas bonne réputation pour ma maman, car c’était la ligne « sale et moche », qui, de surcroît, ne desservait pas les beaux quartiers. C’était la mort dans l’âme que l’on « changeait » à Barbès-Rochechouart. Au delà, vers le nord, c’était Terra incognita

Considérations sociales et sécuritaires à part, cette ligne, ainsi que le complexe flambant neuf (à l’époque) du RER de Châtelet-les Halles, avait une particularité : couloirs et stations dégageaient une odeur de pourriture, qui rappelait celle des fins de marché, quand cageots et fruits invendables jonchent le sol. C’est bien des années plus tard que j’appris que cette odeur avait pour origine une bactérie contre laquelle divers moyens avaient été utilisés en vain : produits chimiques, bactéries mangeuses de bactéries… Il fallut des années pour s’en débarrasser.

Métro ligne 4 de… Séoul. Là, on est sûr que c’est propre !

Pour cette rubrique, il n’est pas nécessaire d’être parisien. N’importe quel internaute provincial ou étranger peut participer, il suffit juste de se procurer un plan de métro de Paris.

Les noms (réels) des stations de métro étant ce qu’ils sont, pleins de leur ridicule, de leur « mal-t’à-propos », de leur inadéquation, j’ai donc rebaptisé le réseau, le plus souvent par associations d’idées, souvent avec le sel inégal des à-peu-près voire des contrepèteries. En route avec, pour aujourd’hui, la ligne 4.

M4 : CLIGNOTE COURT – MAIRIE DE MON TROU

  • Porte de Clignancourt > Clignote court
  • Simplon > Simplet
  • Marcadet-Poissonnniers >Marc a des nasses aux pieds
  • Château-Rouge > Haricot rouge
  • Barbès-Rochechouart > Barbare-Rochechouesse
  • Gare du Nord > Hôtel du Nord
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Château d’eau > Chat-dodo
  • Strasbourg – Saint-Denis > Gainsbourg ! Cinq demis !
  • Réaumur-Sébastopol > Raie au Paul – Sébaste au mur (le sébaste est un poisson)
  • Etienne Marcel > Aisselle martienne
  • Les Halles > Idéal
  • Châtelet > Chatterley (celle dont l’amant est le garde-chasse dans le roman de D. H. Lawrence)
  • Cité > Lubricité
  • Saint-Michel > Galettes St-Michel
  • Odéon > Frédéric Lodéon
  • Saint-Germain-des-Prés > Saint des brins germés
  • Saint-Sulpice > Supplice
  • Saint-Placide > Placid & Muzo (bande dessinée des années 60 et 70)
La fameuse collection carrée « poche », dont également Pif, Pifou, Gai-Luron et Arthur le fantôme.
  • Montparnasse- Bienvenüe > Viens par là mon velu
  • Vavin > Ravin
  • Raspail > Rase-poil
  • Denfert-Rochereau > Foré d’en roche
  • Mouton-Duvernet > Mouton-Rothschild
  • Alésia > Allez-y
  • Porte d’Orléans > Charles d’Orléans
  • Mairie de Montrouge > Marie de mon trou (ah, c’est d’un goût…)

C’est maintenant que çà se corse. Car grâce à cette suite, on peut établir ce que l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle, https://www.oulipo.net/fr/contraintes) appelle une contrainte, c’est-à-dire un exercice d’écriture qui se plie à une règle.

Notre contrainte pour aujourd’hui : faire un petit récit où l’on utilisera, dans l’ordre alphabétique, toutes ces stations de métro fantaisistes. Bon, le texte qui suit n’est pas le meilleur. Tant pis, c’est parti :

SOUMIS A LA QUESTION

A quoi ressemble une aisselle martienne ? Allez-y ! Cherchez ! A Argelès, ils n’ont pas compris la question et ont répondu (les barbares !) : « Rochechouesse » ! Et ils ont eu le culot de dire qu’ils s’étaient trompés et que la réponse était « Charles d’Orléans »…  Et le chat-dodo, croisement improbable après l’arrivée du félin sur l’Ile Bourbon, existe-t-il ? Je voudrais vous y voir ! Quant à la Chatterley [cf.M1], dont les yeux (et le reste) clignotent court, le garde-chasse l’a-t-il forée d’en roche ?

Toujours est-il que Frédéric Lodéon, bourré et croyant reconnaître tout le monde chez les garçons de café (« Gainsbourg ! Cinq demis ! ») s’en fut réduit à bouffer des galettes Saint-Michel et une boîte d’haricots rouges à l’hôtel du Nord. Pas l’idéal ! Quand même, ce qu’on devient quand on est obligé de répondre à des questions idiotes… De quoi plonger dans la lubricité. Marc a des nasses aux pieds… (la sienne ne s’appelait pas Popaul, mais Marc). Quand je pense à Marie (la sienne ne s’appelait pas Fernande, mais Marie)... Marie de mon trou, oui ! Lodéon finit par attaquer un Mouton-Rothschild et crut chercher la réponse dans Placid & Muzo. Quelle déchéance ! Il aurait mieux fait de s’intéresser aux fameuses recettes de la raie au mur ou du sébaste au Paul [cf.M3].

Puis sa conscience bascula dans un rase-poil de ravin, dont il sortit de manière psychédélique dans le saint des saints des brins germés, façon marijuana. Là, un simplet le sortit de son supplice et lui dit : « Viens par là mon velu » !

Ah, il faut que je vous quitte car j’aperçois deux hommes en blanc qui viennent me chercher…

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Dekoikonparle ? (1)

GAULOIS – ROMAN

Il existe en Lorraine deux communes : Audun-le-Tiche et Audun-le-Roman, distantes de 12 km. A quoi correspondent ce Tiche et ce Roman ? 

Tiche vient du latin tedescus qui signifie germanique. Roman, lui, renvoie à la langue romane.

On l’aura compris, la frontière linguistique passait entre les deux Audun. Une des conséquences fut qu’Audun-le-Tiche se trouve aujourd’hui en Moselle (annexée en 1870) et Audun-le-Roman en secteur mosellan non annexé, donc en Meurthe-et-Moselle (pour faire court…)

Mais d’autres vocables désignent l’aire linguistique non germanique : ceux issus de gallus ou gallicus

Gallus désigne la Gaule, et par extension ce qui est celte (ou plutôt celte de l’ouest, car en réalité toute l’Europe était celte). On peut ainsi citer la Galice (Espagne), la Galicie (Roumanie) et la Galatie (Asie Mineure).

On retrouve gallus dans le pays de Galles (Wales), ainsi que chez les Wallons, par opposition aux Flamands au parler germanique. En Alsace, en allant vers le col du Bonhomme à partir de Kaysersberg, on tombe sur des patelins aux noms sonnant français (Orbey, Labaroche…) : c’est le pays welsche, un mot se rapprochant d’une spécialité culinaire irlandaise pour certains, du Pas-de-Calais pour d’autres, mais en réalité galloise : le welsh rarebit.

Ah ouais, un croque-monsieur, quoi !

On le voit : les mots issus de gallus ne désignent pas seulement une « francitude » ou une « romanitude » linguistique, mais plus une opposition par rapport à une « germanitude » qu’elle soit anglaise, flamande, alsacienne, allemande, etc.

Et même une double opposition  : à une « germanitude » et une « italianitude ». On sait que l’église anglicane (créée, en passant, pour s’accorder aux histoires de cul d’Henry VIII…) n’obéit pas au pape, c’est-à-dire à Rome. On a parlé, à propos du culte catholique sous les règnes de Louis XIV et de Napoléon de gallicanisme : l’autorité du pape est reconnue (on se démarque de l’anglicanisme), mais également, faut pas pousser Sa Majesté dans les orties (on se démarque du papisme) : Louis XIV est de droit divin et Napoléon a remodelé le catéchisme en son sens. L’ « Islam de France », cher à Nicolas Sarkozy, est-il un gallicanisme ?

Revenons sur roman.

La Suisse francophone se dit romande car le dialecte roman parlé là-bas est le romand (avec un d). Çà se corse (rebonjour, Napoléon !)

D’autre part, un roman, c’est au départ un ouvrage de fiction écrit en langue romane, à la différence des ouvrages « sérieux » écrits en latin.

On y perd son latin !

Enfin le style roman s’appelle ainsi, car il va dans la continuité du style romain. Mais en anglais, çà se corse encore : romain se dit roman, et roman (le style) se dit romanesque… Et un roman (le livre) se dit novel, une nouvelle short novel. Il y a de quoi devenir gallican !

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