Le testament des Maastricheurs

https://champouin.blog

Mettez-le en « favoris »…

Des nouvelles du front :

Ce blog compte une nouvelle lectrice : Mme Fridigearium. Standing ovation !

Un M. Cottiè me dit : « J’en ai assè de voir écrit mélanges scientifiques. Où sont-ils ? » Réponse : cher ami, des considérations linguistiques ou géographiques sont-elles scientifiques ? Et puis un blog mène toujours là où on ne veut pas aller !

Une fidèle et charmante lectrice, Mme Laplanche, s’insurge du traitement que j’ai infligé au football. Je rappelle que mes écrits sont aussi polémiques… Je ferai ultérieurement un billet consacré à cette question, et à la manière dont la polémique est perçue en France.

Aujourd’hui, une nouvelle rubrique ! Celle consacrée aux textes de marcjoly, car votre serviteur écrit des textes, des poèmes, et même des chansons !

Ecrire… Tout un continent… Et le sentiment de culpabiliser car on a tous le prétexte de ne pas avoir le temps. Plus les injonctions de l’entourage : « mais tu devrais écrire ! » – Spécial dédicace (tiens, un terme qui concerne les écrivains !) : Etienne Ruhaud, Christophe Cottier et Eric Sauzé, trois connaissances qui manient la plume.

Vintage ! Le texte qui suit date de 1992 ! C’est un texte polémique (à ces mots, dix internautes français résilient leur abonnement) et politique, écrit dans le contexte de la signature du traité de Maastricht. Il doit être chanté sur l’air du Testamour de Jacques Dutronc.

Ce n’est pas que j’aime Dutronc ce cynique, ni Lanzmann son parolier, mais cette chanson m’était venue à l’esprit je ne sais comment, et je l’avais écrite en vingt minutes. J’avais reproduit l’esprit des jeux de mots du texte original.

Ma chanson qui, hors du contexte du moment, tombe à côté, mérite des explications. Dans ce « Bébête show« , il y a quelques personnages que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître.

« Je laisse Tonton à Tata. Je laisse Jack Lang à Tonton » : je demande de l’indulgence par rapport à ce dont on pouvait rire autrefois mais plus maintenant. Sous le jeune homme insouciant de 31 ans que j’étais perçait déjà l’horrible mâle blanc hétéro cisgenre de près de 60 ans que je suis…

« Je laisse […] Mickey à Bush » : c’était la construction d’EuroDisneyland. La population avait bien mordu à l’hameçon. Du coup, il était impossible, dans la conversation, d’être contre : « Mais çà va créer des emplois ! », hurlaient les gens…

« Chirac et ses odeurs » fait allusion à la malheureuse phrase de ce dernier sur les immigrés : « …sans compter les odeurs ».

« Je laisse Tapie à… didas » : faut-il rappeler que Nanard avait racheté Adidas pour une bouchée de pain pour le pressurer et le revendre (sa spécialité) ?

Maxwell, c’est Robert Maxwell, un magnat de la presse britannique et agent d’influence ultra libéral et européiste. Il s’était donné une image de philanthrope, grâce à la fondation qui porte son nom, navire amiral de ses nombreuses entreprises basé au Liechtenstein. « Tout au long de son parcours, il s’est montré un dirigeant aux pratiques malsaines » dixit Wikipédia qui, refusant de se mouiller, ajoute sans rire : « réf. nécessaires ». À 68 ans, Maxwell chuta « malencontreusement » de son yacht alors qu’il était au large des Canaries…

Paretti, c’est Giancarlo Paretti, l’ancien dirigeant du Crédit Lyonnais au moment de « la » fameuse affaire impliquant cette banque.

« Balcéro » est Leszek Balcerowicz, qui a infligé la « thérapie de choc » libérale à la Pologne après la chute du communisme pour récidiver en Ukraine.

Jean Monnet n’était évidemment plus d’actualité, sauf dans la tête des « centristes », nom de code pour désigner les mon(n)étaristes obsédés de la dette, à savoir notamment Barre comme Delors.

LE TESTAMENT DES MAASTRICHEURS


Je laisse Tonton à Tata. 
Je laisse Jack Lang à Tonton. 
Je laisse Cresson à sa botte, 
Le Pen à son oeil, 
Bush à oreille 
Et Mickey à Bush.
 
Je laisse un Rocard, sinon rien. 
Je laisse Giscard à son destin. 
Je laisse Chirac à ses odeurs, 
Villiers à la Vendée, 
La Vendée aux Deux-Sèvres 
Et Seguin à sa chèvre. 

Oui, de Maastricht faisons le testament, 
le testament de ce texte imbécile.  
Oui, de Maastricht faisons le testament,
Le testament de ces idiots utiles. 

Je laisse Béré à Govoy. 
Je laisse Tapie à... didas. 
Je laisse Maxwell à Marbella, 
Paretti au Lyonnais, 
Le lion à Belfort 
Chevènement je ne sais où. 

Je laisse la Pologne à Balcéro. 
Je laisse Havel à la Tchéco. 
Je laisse Thatcher à un tas de choses, 
Jean Monnet au fric, 
Barre à la monnaie  
Et Delors en Barre. 

Oui, de Maastricht faisons le testament, 
Le testament de l'Europe-zizanie. 
Oui, de Maastricht faisons le testament, 
Le testament de ces odieux nazis !

Texte génial selon les organisateurs, affligeant selon la police ! Brûlot politiquement méchant ou candeur crasse de l’auteur ? Boby Lapointe en herbe ou bien torchon potache ? A vos commentaires ! ♦

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Ma bibliothèque amoureuse (4/l’infini)

Retrouvez les autres Bibliothèques amoureuses sur :

http://mrliste.hautetfort.com/

Cette rubrique est un bol d’air destiné à se nettoyer des choses laides et abrutissantes : au jour où j’écris ce billet, va se tenir dans une heure cette horreur qui s’appelle le match de finale de la Ligue des champions, et qui procurera un orgasme à des hordes de beaufs au cerveau de petit pois déferlant sur les Champs-Elysées après avoir ingurgité et pissé des litres de bière. Beaufs y compris en col blanc (Hidalgo [Anne, pas Michel], Macron, Michel Cymes, Enrico Macias, plus tout le CAC 40) louant le libéralisme, à savoir l’argent facile des racailles footballeurs et rappeurs. Je gerbe sur ces deux dernières catégories. « Que chaque balustre d’urinoir public eût hérité de [leur] lambeau », comme écrivait Léon Bloy*.

*mais bien entendu pour de mauvaises raisons : à propos de Victor Hugo lors de son enterrement.

Alors, spécial dédicace pour une fidèle lectrice : Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie, qui attend impatiemment la quatrième numéro consacré à ma « bibliothèque amoureuse ».

Pour ceux qui n’ont pas connu le blog Mr. Liste (lien dans la bannière ci-dessus), il s’agit des livres de la bibliothèque personnelle de marcjoly, votre serviteur. Enfin ceux qui présentent un tel intérêt qu’il ne les prête pas. Un livre, c’est comme une brosse à dents. Il s’agit donc d’une bibliothèque totalement subjective et passionnée, j’en ai expliqué les raisons dans le premier numéro de cette rubrique (cf. donc, Mr. Liste).

Alors, voici. Je ne l’ai pas voulu, mais on remarquera que cette liste, établie « géographiquement » sur mes étagères, est quelque peu politique !

  • Cheikh Anta Diop, L’Afrique noire précoloniale, Présence Africaine, 1960.

Diop, auteur aussi de Nations nègres et culture et des Fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire, fut un africain anticonformiste. Ce Sénégalais, docteur en sciences sociales également spécialiste en chimie nucléaire, remarqua un certain nombre de points communs linguistiques et anthropologiques entre l’Afrique noire actuelle et l’Egypte ancienne. Il en déduisit après des recherches approfondies, que l’Egypte ancienne était peuplée de Noirs, que les langues de l’ouest africain proviennent de l’ égyptien, et que des structures sociales et mentales ouest-africaines (matriarcat, cosmogonie) viennent aussi d’Egypte. L’idée était bonne, mais les hypothèses s’avérèrent en partie fausses : on se dépêcha de traiter Diop de charlatan, et il fut de surcroît récupéré par les suprémacistes noirs. Un de ses émules, le camerounais Koto Essomé, mourut dans des conditions très étranges…

« Tu as raison, Socrate.
Cela est vrai, cela se peut. »

  • Tous les « dialogues » de Platon (Garnier-Flammarion).

Les « dialogues » de Platon sont en fait ceux du maître Socrate rassemblés par l’élève Platon. A la première lecture, c’est un peu déconcertant, çà ne ressemble pas à des dialogues, les interlocuteurs (ses élèves à l’Académie) face à Socrate se contentant de dire : « Tu as raison Socrate, cela est vrai, cela se peut… » C’est que le maître les pousse dans leurs derniers retranchements ! Attaché à la vérité, il ne veut pas les voir tourner autour du pot, comme les Sophistes… Cette quête de la vérité fut insupportable pour les élites de l’époque, accusant ainsi Socrate de pervertir la jeunesse (ils diraient aujourd’hui qu’il s’agit d’une secte). Mon petit doigt me dit que Socrate est toujours d’actualité…

Oh, non ! Décidément !
  • Michael Parenti, L’assassinat de Jules César – une histoire populaire de l’ancienne Rome, Editions Delga, 2017.

L’auteur, un Américain enseignant en sciences politiques, et pas vraiment à droite, démonte entièrement le mythe d’un César usurpateur despotique assassiné par des sénateurs voulant restaurer les libertés républicaines. Tout à l’inverse de l’image donnée par Cicéron, le lèche-cul de l’oligarchie, et par Shakespeare dans sa pièce Jules César (pour une fois, le génial William avait tout faux) ! Loin de l’image de la « brillante » civilisation, Rome était un empire de latifundia et d’escadrons de la mort, rien à envier à certaines dictatures d’Amérique latine… l’esclavage en plus. Sans parler de la  » ville aux sept collines » dans laquelle s’entassait un Lumpenproletariat d’esclaves et de plébéiens. César fit en réalité voter des lois pour améliorer la condition des pauvres (remembrement agricole, moratoire sur les dettes, limitation des avoirs privés…), ce que la caste des optimates ne put supporter…

  • Jeanne d’Arc, le procès de Rouen, lu et commenté par Jacques Trémolet de Villers, Les Belles Lettres, 2016.

On parle toujours des minutes du procès de Jeanne d’Arc, mais qui les a lues ? Les actes authentiques ont finalement été parus et commentés pour le grand public, grâce à Jacques Trémolet, avocat d’extrême-droite et catholique, certes (personne n’est parfait). Celui-ci a eu l’élégance de ne pas biaiser ses remarques par ses opinions ni sa foi, et commente le procès en bon avocat. On fait la connaissance d’une Jeanne bonne chrétienne mais surtout pas mystique, dont les « visions » ont été des intuitions, alors que l’accusation veut en faire une sorcière et n’a pas voulu l’emmener sur le terrain politique, de peur de se dévoiler. La stratège militaire qu’est Jeanne est forcément fine psychologue, et ne s’est pas laissée démonter. Elle a faibli uniquement par sa méconnaissance de la procédure. En lisant les minutes, on cerne le profil réel ou supposé des accusateurs et témoins : soft cops (comme on dirait aujourd’hui), bad cops, déterminés, sceptiques, avocats du diable, idéologues… Du coup, on aurait aussi voulu une « édition Vergès » de ces commentaires !

A suivre…

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Prie-Dieu pour dormeur seul

Je viens de lire de Sigmund Freud : Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient (Folio Gallimard, 1988 – traduit de l’allemand par Denis Messier).

Votre serviteur n’a pas tout compris, et la lecture est parfois pénible, surtout quand Freud essaie d’expliquer un mot d’esprit ou une histoire drôle. Comme dirait Coluche : « Oui, je sais, même en Suisse, elle a pas marché ».

Le célèbre barbu a recueilli un corpus de mots d’esprit, traits d’esprit, contrepèteries, charades, histoires drôles, et en particulier, évidemment, blagues juives. Le tout bien entendu en allemand, et le traducteur a fait comme il a pu !

« Oui, je sais :
même en Suisse, elle a pas marché ».

  • Coluche

Je n’ai pas reproduit ici de Yiddishe Vitze, elles sont connues, et il existe plein de recueils à ce sujet [Lire entre autres Leo Rosten, Les Joies du Yiddish, Calmann-Levy, 1994 ; Marc-Alain Ouaknin, Dory Rotnemer, La bible de l’humour juif (1 et 2), Ramsay, 1995 et 1997]. Voici un florilège des autres blagues citées dans le livre de Freud, que j’ai  choisi d’illustrer par Dubout :

Freud présente le Witz (plus qu’une histoire drôle, une substantificque moelle), comme étant spécifiquement allemand, alors que c’est typiquement Jüdisch mitteleuropäisch ! En fait, un bon Witz doit provoquer, vers la fin, un « aha ! », preuve qu’une magie s’opère… 

Quoi ! vous êtes marié ?

– C’est vrai. Epousantable, mais vrai. 

La vanité ? Oui, c’est l’un de ses quatre talons d’Achille.

Le couple X vit sur un assez grand pied. Aux dires des uns, le mari, ayant gagné pas mal d’argent, disposerait maintenant d’un joli petit matelas ; selon d’autres, la femme, ayant disposé d’un joli petit matelas, aurait gagné pas mal d’argent.

Un des premiers actes de Napoléon III après son accession au pouvoir fut confisquer les biens de la maison d’Orléans. On fit, à cette époque, l’excellent jeu de mots suivant : « C’est le premier vol de l’aigle ».

Heine, à propos d’une dame complaisante : « Elle ne pouvait se résoudre à refuser, à rejeter, à éliminer quoi que ce soit, si ce n’est ses urines ».

Un adjudant à un appelé n’éprouvant aucun goût pour le service militaire : « Ecoute, achète-toi un fusil et installe-toi à ton compte ».

Je m’étonne que les chats aient le pelage percé de deux trous à l’endroit précis où se trouvent leurs yeux.

Frédéric le Grand entend parler d’un prédicateur qui a la réputation d’avoir commerce avec les morts. Il le fait venir et lui demande : « Pouvez-vous évoquer les esprits ? » L’homme répond : « Sire, je suis à vos ordres. Mais eux ne veulent pas venir ».

Cette épigramme de Lessing :

A ce qu’on m’a raconté,

Cette bonne Galathée

Se teint les cheveux en noir ;

Toute autre est la vérité,

Car ils étaient déjà noirs

Quand elle les a achetés.

Eine zweischläfrige Frau (une femme à deux places).

Ein einschläfriger Kirchenstuhl (un prie-Dieu pour dormeur seul).

– Comment s’appelle un cannibale qui a dévoré son père et sa mère ?

– Un orphelin.

– Et quand en plus, il a dévoré tous ses autres parents ?

– Un légataire universel.

Et enfin, ma préférée :

Cette jeune fille me fait penser à Dreyfus. Les militaires ne croient pas à son innocence.

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Départements loufoques (4)

Ce blog, encore confidentiel, est consulté de temps en temps par un internaute aux Etats-Unis (à moins qu’il s’agisse de quelqu’un sous VPN), et par un autre en Chine via Baidu. Faîtes-vous connaître et laissez un message !

Il y a beaucoup d’incohérences dans les appellations des départements français. Le principe de base était celui-ci : remplacer les provinces, de superficies inégales, par des territoires égaux, tous accessibles à partir de leur chef-lieu en une journée de cheval. Et ne plus en référer aux anciennes appellations, qui rappelaient l’ancien régime, mais principalement aux cours d’eaux et montagnes. Ces derniers pouvant être respectivement supérieurs ou inférieurs, et hauts ou bas. Il ne s’agissait pas d’un jugement de valeur, mais de l’altitude. Cela s’appelle de la géographie physique…

Il y a eu, tout du moins pour les départements d’origine (1790), des exceptions : le Calvados (un banc rocheux) sur proposition du député de Bayeux, au lieu de l’Orne-Inférieure ; les Bouches-du-Rhône au lieu de Rhône-Inférieur ; le Finistère (fin de la terre) ; la Côte-d’Or (côteaux de vignobles) ; les Landes (végétation) ; la Manche, le Pas-de-Calais et le Morbihan (une mer, un détroit et un golfe) ; le Nord (sans savoir que des décennies plus tard, un autre territoire français aurait son nord : c’est l’Afrique !).

Le pompon a été atteint avec l’essor du tourisme : les Basses-Pyrénées sont devenues atlantiques : basses, le ski y aurait été impossible, et sans l’Atlantique, Biarritz n’existait plus. Et ce tour de voltige avec les Basses-Alpes devenant les Alpes… de Haute-Provence. Là, c’est fort ! Sans compter les Côtes d’Armor, parce que les Côtes-du-Nord, on se les gèle ! Comptons aussi la Seine-Inférieure et la Loire-Inférieure, l’une devenant maritime, mais l’autre atlantique. Allez savoir…

Même aberration pour les « nouveaux » départements d’Ile-de-France. Les Hauts-de-Seine, c’est pour moi le plateau de Langres… de même que les Hauts-de-France (je ferai un article sur les nouvelles régions) sont pour moi au Mont-Blanc.

Le phénomène est aussi maintenant récurrent pour les noms de ville : Châlons-sur-Marne a été rebaptisée pour des raisons purement champagnistiques, c’est-à-dire touristico-économiques. Et sous prétexte de regroupement de communes, Montereau se trimballe un encombrant Fault-Yonne, et Cherbourg un Octeville…

Voici donc la dernière partie de cette série :

PARIS : Département éponyme de la ville, qui à l’époque gallo-romaine, s’appelait Lucette (tu me la présenteras).

SEINE-MARITIME : Son paysage est une vraie scène maritime. Je vous recommande la Pizzeria Jeanne d’Arc (au feu de bois) – Place du Marché à Rouen.

Une scène maritime…

SEINE-ET-MARNE : Que la Seine est morne ! « J’aime bien Melun : c’est moins surfait que la Côte » (Chevalier et Laspalès).

YVELINES : Quoi ? Evelyne ? Et elles sont deux ? Tu me les présenteras ! Chef-lieu : Versailles, çà en jette…

« J’aime bien Melun :
c’est moins surfait que la Côte »

Chevalier et Laspalès

DEUX-SEVRES : Amateurs de laitages : après Les 2 Vaches®, voici les Deux-Chèvres !

SOMME : Département à additions et à siestes. Pour le chef-lieu, c’est la s’maine des acides aminés.

TARN (de saumon) : Son chef-lieu fait rêver : Bali !

TARN-ET-GARONNE : Darne et carottes au menu. Chef-lieu Montauban, comme à Paris la rue du Monte-à-bord, heu… du Mont-Thabor, et le square Monte-au-long, heu… Montholon.

VAR : S’appelle ainsi car ce fleuve côtier ne l’arrose pas. Du beau, du bon, Dubonnet – Toul, Toulon, Toulouse.

VAUCLUSE : Ah, ouais, le Comtat Venaissin, quoi ! On ne dit pas « je vais à Avignon. » On ne dit pas non plus « je vais à Vignon ».

VENDEE : Département à brader : vendez ! Chef-lieu : La Roche-aux-Fées (allusion à quelque chose que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. Indice : çà se mangeait). Dernière minute : on m’apprend qu’il s’agit de La-Roche-sur-Yon.

VIENNE : Certains vont même jusqu’à dire que Charles Martel a battu les Arabes à moitié. Département qui se trouve en Autriche.

HAUTE-VIENNE : Il y a une Haute-Vienne ? Conséquence de précédemment, çà doit être le Grossglockner (3797 m) !

VOSGES : Existe-t-il un bizutage lors du passage de la fameuse ligne bleue ? Son chef-lieu est Lapine (en un seul mot…)

YONNE : Son chef-lieu est prononcé Aukserre par les ignares. Idem pour Bruxelles.

TERRITOIRE-DE-BELFORT : Quand j’étais petit, j’étais fasciné par ce mystérieux « territoire », que j’imaginais à l’aune de Monaco, d’Andorre ou du Luxembourg. Y parlait-on français ? Y acceptait-on les francs ? Y avait-il un poste de douane ? Quand j’ai su qu’il ne s’agissait que d’un département français, j’ai été déçu…

ESSONNE : deux E, Deux S, Deux N. Chef-lieu : Evry, souvent accompagné de son accessoire, la corbeille.

HAUTS-DE-SEINE : Et çà recommence ! Alors que ce terme devrait désigner le plateau de Langres. ! Du beau, du bon, Dubonnet – Nantes, Nanterre, et quoi d’autre ?

SEINE-SAINT-DENIS : Y se sont pas foulés pour le nom. C’est à y perdre la tête.

VAL-DE-MARNE : Ce nom me fait penser à une nouvelle d’Edgar Poe : La vérité sur le cas de M. Valdemar. En son chef-lieu habite la môme de Jean Ferrat (dans un meublé) – même qu’elle porte pas de lunettes de soleil…

Anna Karina dans Vivre sa vie, de Jean-Luc Godard, avec la chanson de Jean Ferrat

VAL-D’OISE : Département qui sonne comme une eau minérale (« Tiens, passe-moi la Valdoise »). Il a pour chef-lieu Pontoise. Pour le pont, il serait temps, car après, l’Oise se jette (d’un geste désespéré) dans la Seine.

GUADELOUPE : Seul département français dont le nom est d’origine arabe ! L’Oued-al-Lub a donné Guadalupe en espagnol, puis Guadeloupe en français, avant que les créolophones ne l’écrasent en Gwadloup. Chef-lieu : Basse-Terre. Dommage ! Pointe-à-Pitre aurait été plus rigolo.

MARTINIQUE : Dans la liste des départements qui sonnent comme…, celui-là fait penser à une sorte de manteau : « Il s’était drapé dans une vaste martinique, qui lui arrivait aux chevilles ». Chef-lieu Fort-de-France, dont les habitants s’appellent les Foyalais, car cette ville s’appelait autrefois Fort-Royal, prononcé Foyal avec l’accent créole (ce n’est pas une blague).

GUYANE : Ne pas confondre avec la Guyenne, cette ancienne province française. Guyane + Cayenne = Guyenne. Donc le chef-lieu n’est pas Kourou, coucou !

REUNION : Drôle de nom pour un département qui n’est pas un archipel. Il a son chef-lieu dans le 9-3.

MAYOTTE : Ile qui s’appelle en mahorais… Maoré, et dont le chef-lieu est Mamoudzou. C’est curieux, j’ai connu un Comorien qui s’appelait Mahamoudou.

FIN

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Les couvertures auxquelles vous avez échappé (3)

NB : retrouvez les deux premiers articles de cette série de « couvertures » sur http://

mrliste.hautetfort.com

On a vu ces dernières années fleurir de nouveaux « concepts éditoriaux ». Ainsi la collection : le schmilblick pour les Nuls (First), déclinaison française de l’américaine For Dummies. Je dois l’avouer, je n’ai jamais lu un ouvrage de la collection, sauf dans le domaine de l’informatique : Windows® (toutes les versions y sont passées), Excel®, l’ordinateur portable. L’humour américain est traduit littéralement, et çà tombe à côté. Un ami m’ayant persuadé que Linux® était le Graal, j’ai acheté le livre et n’ai absolument rien compris.

Autre concept : le schmilblick expliqué à ma fille (Seuil). Recette : prendre un auteur « sage » et consensuel : Frédéric Lenoir, Hubert Reeves, Tahar ben Jelloun (on a échappé à Yann-Arthus Bertrand, Jean-Claude Carrière, Eric-Emmanuel Schmitt…) et lui commander un ouvrage sur un thème galvaudé (climat, racisme, mondialisation) mais permettant de laver le cerveau des fameuses générations futures

Les Dictionnaire amoureux (Plon) du schmilblick, eux, sont beaucoup plus intéressants, car justement plus subjectifs et moins consensuels. Ils sont écrits par des passionnés, pas par des serveurs de soupe.

Enfin, les Anti-manuel (qui ne constituent pas une collection – le titre est juste repris pour certains ouvrages) du schmilblick sont des rafraîchissements dans notre pays, car vont à l’encontre de la tradition académique, où la pensée doit s’adapter à la norme et donner la bonne réponse. C’est Claude Duneton qui a inauguré les anti-manuels avec celui de français (C. Duneton et J.-P. Pagliano, Seuil, 1978).

C’est l’occasion de tester de nouveaux détournements :

D’abord, celui-ci :

L’actualité nous a fait échapper au Dictionnaire amoureux de l’inceste, ou de la Shoah…

Et celui-là, dont l’auteur est peut-être sage, mais pas consensuel et encore moins galvaudé :

Le pauvre ! Mais comment cela se peut-ce ?

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Métro loufoque – M 4

Retrouvez les lignes 1 à 3 sur :

https://mrliste.hautetfort.com

Nota : un fidèle lecteur, jusque là potentiel et empêché (il n’arrivait pas à se connecter) à enfin eu accès à mon blog. Il s’agit de M. Lalouette, de Jeteux-Plumerai (Orne).

Quand j’étais petit (oui j’ai été petit), la ligne 4 Orléans-Clignancourt, comme on disait alors, n’avait pas bonne réputation pour ma maman, car c’était la ligne « sale et moche », qui, de surcroît, ne desservait pas les beaux quartiers. C’était la mort dans l’âme que l’on « changeait » à Barbès-Rochechouart. Au delà, vers le nord, c’était Terra incognita

Considérations sociales et sécuritaires à part, cette ligne, ainsi que le complexe flambant neuf (à l’époque) du RER de Châtelet-les Halles, avait une particularité : couloirs et stations dégageaient une odeur de pourriture, qui rappelait celle des fins de marché, quand cageots et fruits invendables jonchent le sol. C’est bien des années plus tard que j’appris que cette odeur avait pour origine une bactérie contre laquelle divers moyens avaient été utilisés en vain : produits chimiques, bactéries mangeuses de bactéries… Il fallut des années pour s’en débarrasser.

Métro ligne 4 de… Séoul. Là, on est sûr que c’est propre !

Pour cette rubrique, il n’est pas nécessaire d’être parisien. N’importe quel internaute provincial ou étranger peut participer, il suffit juste de se procurer un plan de métro de Paris.

Les noms (réels) des stations de métro étant ce qu’ils sont, pleins de leur ridicule, de leur « mal-t’à-propos », de leur inadéquation, j’ai donc rebaptisé le réseau, le plus souvent par associations d’idées, souvent avec le sel inégal des à-peu-près voire des contrepèteries. En route avec, pour aujourd’hui, la ligne 4.

M4 : CLIGNOTE COURT – MAIRIE DE MON TROU

  • Porte de Clignancourt > Clignote court
  • Simplon > Simplet
  • Marcadet-Poissonnniers >Marc a des nasses aux pieds
  • Château-Rouge > Haricot rouge
  • Barbès-Rochechouart > Barbare-Rochechouesse
  • Gare du Nord > Hôtel du Nord
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Château d’eau > Chat-dodo
  • Strasbourg – Saint-Denis > Gainsbourg ! Cinq demis !
  • Réaumur-Sébastopol > Raie au Paul – Sébaste au mur (le sébaste est un poisson)
  • Etienne Marcel > Aisselle martienne
  • Les Halles > Idéal
  • Châtelet > Chatterley (celle dont l’amant est le garde-chasse dans le roman de D. H. Lawrence)
  • Cité > Lubricité
  • Saint-Michel > Galettes St-Michel
  • Odéon > Frédéric Lodéon
  • Saint-Germain-des-Prés > Saint des brins germés
  • Saint-Sulpice > Supplice
  • Saint-Placide > Placid & Muzo (bande dessinée des années 60 et 70)
La fameuse collection carrée « poche », dont également Pif, Pifou, Gai-Luron et Arthur le fantôme.
  • Montparnasse- Bienvenüe > Viens par là mon velu
  • Vavin > Ravin
  • Raspail > Rase-poil
  • Denfert-Rochereau > Foré d’en roche
  • Mouton-Duvernet > Mouton-Rothschild
  • Alésia > Allez-y
  • Porte d’Orléans > Charles d’Orléans
  • Mairie de Montrouge > Marie de mon trou (ah, c’est d’un goût…)

C’est maintenant que çà se corse. Car grâce à cette suite, on peut établir ce que l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle, https://www.oulipo.net/fr/contraintes) appelle une contrainte, c’est-à-dire un exercice d’écriture qui se plie à une règle.

Notre contrainte pour aujourd’hui : faire un petit récit où l’on utilisera, dans l’ordre alphabétique, toutes ces stations de métro fantaisistes. Bon, le texte qui suit n’est pas le meilleur. Tant pis, c’est parti :

SOUMIS A LA QUESTION

A quoi ressemble une aisselle martienne ? Allez-y ! Cherchez ! A Argelès, ils n’ont pas compris la question et ont répondu (les barbares !) : « Rochechouesse » ! Et ils ont eu le culot de dire qu’ils s’étaient trompés et que la réponse était « Charles d’Orléans »…  Et le chat-dodo, croisement improbable après l’arrivée du félin sur l’Ile Bourbon, existe-t-il ? Je voudrais vous y voir ! Quant à la Chatterley [cf.M1], dont les yeux (et le reste) clignotent court, le garde-chasse l’a-t-il forée d’en roche ?

Toujours est-il que Frédéric Lodéon, bourré et croyant reconnaître tout le monde chez les garçons de café (« Gainsbourg ! Cinq demis ! ») s’en fut réduit à bouffer des galettes Saint-Michel et une boîte d’haricots rouges à l’hôtel du Nord. Pas l’idéal ! Quand même, ce qu’on devient quand on est obligé de répondre à des questions idiotes… De quoi plonger dans la lubricité. Marc a des nasses aux pieds… (la sienne ne s’appelait pas Popaul, mais Marc). Quand je pense à Marie (la sienne ne s’appelait pas Fernande, mais Marie)... Marie de mon trou, oui ! Lodéon finit par attaquer un Mouton-Rothschild et crut chercher la réponse dans Placid & Muzo. Quelle déchéance ! Il aurait mieux fait de s’intéresser aux fameuses recettes de la raie au mur ou du sébaste au Paul [cf.M3].

Puis sa conscience bascula dans un rase-poil de ravin, dont il sortit de manière psychédélique dans le saint des saints des brins germés, façon marijuana. Là, un simplet le sortit de son supplice et lui dit : « Viens par là mon velu » !

Ah, il faut que je vous quitte car j’aperçois deux hommes en blanc qui viennent me chercher…

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Dekoikonparle ? (1)

GAULOIS – ROMAN

Il existe en Lorraine deux communes : Audun-le-Tiche et Audun-le-Roman, distantes de 12 km. A quoi correspondent ce Tiche et ce Roman ? 

Tiche vient du latin tedescus qui signifie germanique. Roman, lui, renvoie à la langue romane.

On l’aura compris, la frontière linguistique passait entre les deux Audun. Une des conséquences fut qu’Audun-le-Tiche se trouve aujourd’hui en Moselle (annexée en 1870) et Audun-le-Roman en secteur mosellan non annexé, donc en Meurthe-et-Moselle (pour faire court…)

Mais d’autres vocables désignent l’aire linguistique non germanique : ceux issus de gallus ou gallicus

Gallus désigne la Gaule, et par extension ce qui est celte (ou plutôt celte de l’ouest, car en réalité toute l’Europe était celte). On peut ainsi citer la Galice (Espagne), la Galicie (Roumanie) et la Galatie (Asie Mineure).

On retrouve gallus dans le pays de Galles (Wales), ainsi que chez les Wallons, par opposition aux Flamands au parler germanique. En Alsace, en allant vers le col du Bonhomme à partir de Kaysersberg, on tombe sur des patelins aux noms sonnant français (Orbey, Labaroche…) : c’est le pays welsche, un mot se rapprochant d’une spécialité culinaire irlandaise pour certains, du Pas-de-Calais pour d’autres, mais en réalité galloise : le welsh rarebit.

Ah ouais, un croque-monsieur, quoi !

On le voit : les mots issus de gallus ne désignent pas seulement une « francitude » ou une « romanitude » linguistique, mais plus une opposition par rapport à une « germanitude » qu’elle soit anglaise, flamande, alsacienne, allemande, etc.

Et même une double opposition  : à une « germanitude » et une « italianitude ». On sait que l’église anglicane (créée, en passant, pour s’accorder aux histoires de cul d’Henry VIII…) n’obéit pas au pape, c’est-à-dire à Rome. On a parlé, à propos du culte catholique sous les règnes de Louis XIV et de Napoléon de gallicanisme : l’autorité du pape est reconnue (on se démarque de l’anglicanisme), mais également, faut pas pousser Sa Majesté dans les orties (on se démarque du papisme) : Louis XIV est de droit divin et Napoléon a remodelé le catéchisme en son sens. L’ « Islam de France », cher à Nicolas Sarkozy, est-il un gallicanisme ?

Revenons sur roman.

La Suisse francophone se dit romande car le dialecte roman parlé là-bas est le romand (avec un d). Çà se corse (rebonjour, Napoléon !)

D’autre part, un roman, c’est au départ un ouvrage de fiction écrit en langue romane, à la différence des ouvrages « sérieux » écrits en latin.

On y perd son latin !

Enfin le style roman s’appelle ainsi, car il va dans la continuité du style romain. Mais en anglais, çà se corse encore : romain se dit roman, et roman (le style) se dit romanesque… Et un roman (le livre) se dit novel, une nouvelle short novel. Il y a de quoi devenir gallican !

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Bienvenue !

Le Champouin, quèsaco ? Il s’agit d’un blog de miscellanées, c’est-à-dire de mélanges scientifiques et littéraires. Il paraîtra tous les quinze jours.

Peut-être connaissez vous les Miscellanées de Mr. Schott (Ben Schott, Editions Allia, 2008) ? Eh bien, il s’agit d’éléments de la même eau, ou ejusdem farinae, comme disait Rabelais. J’avais songé au Tupéroir, allusion à une marque de récipients alimentaires, mais c’était déjà pris. J’ai donc choisi le Champouin, pour frotter les idées et laver ce bas monde afin de se débarrasser des idées négatives.

Mais il s’agit aussi d’un blog amoureux, comme la fameuse collection des dictionnaires du même nom, c’est-à-dire totalement personnel et subjectif. C’est pourquoi il suivra parfois l’actualité et n’hésitera pas à être polémique s’il le faut.

Marcjoly, l’auteur du Champouin, s’appelait Mr. Liste dans une vie internautique antérieure, et animait le blog éponyme http://mrliste.hautetfort.com, qui n’évolue plus mais est toujours consultable.

Un grand merci à Etienne Ruhaud (pagepaysage.wordpress.com), sans qui ni l’ancien, ni le présent blog n’auraient vu le jour.

 

Du coup, comme j’ai bien parlé, je ne vais pas amorcer maintenant un long sujet, mais simplement vous présenter deux petites blagues visuelles, réalisées « sans trucages » (séquence La réalité rejoint la fiction) :

Tout d’abord celle-ci, prise par moi-même en 2015 à Salles-la-Source, dans l’Aveyron :

Mais que fait là ce « chiotte » ? Décharge sauvage ou canular ?

Et celle-là, à Reims, il y a deux ans :

Dieu-Lumière ! Le paradis des Francs-Maçons ?

Et rendez-vous dans deux semaines ! ♦

 

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