Dekoikonparle ? (3)

Nous reprenons notre parution quinzomadaire. Prochain numéro le 15 mai.

Les « DOM-TOM »

J’évoquais dans le dernier numéro (Ma bibliothèque amoureuse #6 https://champouin.blog/2021/04/22/ma-bibliotheque-amoureuse-6-infini/) des ouvrages à vocation géographique illustrés par des cartes. Bingo ! Vient de paraître un hors-série du Point: La France et sa géographie, dans lequel il y a… des cartes ainsi qu’un entretien avec Jean-Robert Pitte (dont je ne savais pas qu’il était président de la Société de géographie), déjà évoqué. Se trouve pp.60 et 61 un point sur la France d’outremer, qui peut servir à illustrer le sujet d’aujourd’hui : çà tombe bien !

Un homme politique des ma connaissance (quoi ? marcjoly connaît un homme politique ? Séki ? Séki ?) s’évertuait il y a quelques années encore à parler des « DOM-TOM », alors que le concept n’existait administrativement plus. Il a heureusement depuis rectifié le tir en parlant de l’Outre-mer, et même des outre-mers, selon ce pluriel tendance : les publics, les personnels, les contenus, les quartiers, les territoires, les mobilités et « les possibles » dont, d’après les plumes de Macron, il nous faut bien entendu « réinventer le champ ».

Il y a beaucoup de fantasmes, d’ignorance et d’idées reçues à propos des « DOM-TOM ». « Ah, vous êtes des DOM-TOM ? » ne veut rien dire ! C’est comme demander : « Vous êtes d’Auvergne – Rhône-Alpes ? ». En parler, toujours. Les situer sur la carte, jamais. Le dessin en bannière de titre en est un peu la représentation convenue d’îles forcément « paradisiaques » et de cocotiers que les Hexagonaux veulent d’ailleurs absolument appeler « palmiers ».

Sixième continent : Reggae Dom-Tom (1984 ?)

Plutôt que de faire un cours détaillé sur les divers statuts administratifs des régions concernées, nous allons élaguer les idées reçues, et je vous invite à consulter le hors-série du Point susmentionné, ou bien à télécharger ou consulter la carte ci-dessous :

A noter, a contrario, que la France métropolitaine se définit par l’ensemble des territoires français situés en Europe. Ainsi, la Corse ou l’île de Sein ne font pas partie de l’Outre-mer.

« Traîner une île avec soi… »

Helena Noguerra
  • « Tout çà, c’est des îles… »

VRAI, à une exception près : la Guyane, qui est un morceau de continent sud-américain. Pour pousser le bouchon un peu loin, on pourrait aussi citer la tranche fine de ce gâteau qu’est le continent antarctique, et qui nous revient : la Terre-Adélie. Pour revenir aux îles, certaines sont d’un seul tenant comme la Martinique, d’autres des archipels comme la Polynésie française.

  • « Tout çà, c’est dans l’hémisphère sud… »

VRAI et FAUX. Lors de l’enterrement de mon grand-père, en plein mois de janvier et sous la neige, un vague cousin, croyant que je vivais encore en Martinique, m’a dit : « Si je comprends bien, chez toi c’est l’été, vu que c’est l’hémisphère sud » (bon, c’est toute l’année l’été, mais ce n’est pas çà qu’il voulait dire). Or, ne sont dans l’hémisphère nord que nos dépendances situées proches du (ou sur le) continent américain : St-Pierre-et-Miquelon (évidemment), Guadeloupe, St-Barthélémy, St-Martin, Martinique, Guyane.

  • « Tout çà, c’est dans le Pacifique… »

VRAI et FAUX. C’est bien connu, les « DOM-TOM », c’est l’archipel de Toutouasamémé, les vahinés et aloha ! Cette vision polynésienne et Pacifique, c’est géographiquement la Polynésie française et Wallis-et-Futuna. La Nouvelle-Calédonie est également dans le Pacifique. Mais la France a aussi des dépendances dans l’océan Indien (Réunion, Mayotte), ainsi que quelques îles non peuplées appartenant aux TAAF (Terres australes et antarctiques françaises et îles éparses). Quant à l’Atlantique : cf. le paragraphe précédent.

« Wallis et Futuna : 96, 2% »
  • Alors, les DOM, les TOM, c’est quoi ?

Les situations administratives ont beaucoup évolué, mais « au jour d’aujourd’hui », les TOM n’existent plus, les DOM sont devenus des DROM (départements-régions d’outremer) : Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte. La Nouvelle-Calédonie dispose d’un statut sui generis. Tout le reste est COM (collectivité d’outremer). Il y a une gradation vers l’autonomie : DROM >COM > Nouvelle-Calédonie. Je ne rentre pas dans le détail. Les TAAF, peuplées par scientifiques, militaires et pingouins, ont un statut à part. A noter que les îles minuscules que sont Saint-Martin et Saint-Barthélémy, qui étaient auparavant des communes de la Guadeloupe, sont devenus chacune une COM, pour des raisons fiscales et bancaires. Il n’y a pas de quoi être fier…

Et maintenant c’est encore plus confus que vous ne le pensiez… Est-ce qu’ils parlent français, utilisent l’euro, reçoivent la télé ? Vivent-ils dans des cases ? Ont-ils un os dans le nez ? Et qu’est-ce qu’ils mangent ? …

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Ma bibliothèque amoureuse (6/infini)

Spécial atlas et assimilés

Quand j’étais documentaliste au lycée Edouard-Herriot à Lyon, il y a plus de vingt ans, il n’y avait pas de programme en géographie pour le concours de l’ENS Sèvres-Ulm. Le prof de prépa avait donc choisi comme thème la cartographie, ce qui n’emballait pas les étudiants, mais moi, si. Il leur avait établi comme base de travail un manuel de géographie de… Terminale, plein de cartes, qui m’enchantait !

Quelques années après, le géographe Jean-Robert Pitte faisait l’éloge de la cartographie. Ce qui ne m’étonne pas du personnage, anti-sorbonnard et attaché à l’idée de terroir, non pour regarder en arrière, à la Pétain ou à la Giono, mais pour aller de l’avant. C’est cette même idée de terroir qui anime le journaliste gastronomique Périco Légasse. D’ailleurs Pitte s’est tourné vers la géographie de la gastronomie et du vin. Tout cela pour dire que les férus de cartographie sont des gens bien.

J’ai toujours eu une passion pour les atlas et les plans de réseau.

Encore aujourd’hui, je ne peux pas m’empêcher de mettre mon nez dans les cartes routières Michelin (les meilleures, à tous points de vue) et les plans de ville. Je me fais des scénarios (c’est mieux que de « se faire des films ») : si toutes les nationales étaient remplacées par des autoroutes, quel serait leur tracé ? Et si je créais un métro dans telle ville, par où passerait-il ?

Inutile de dire que ces ouvrages ne se contentent pas de dormir dans ma bibliothèque, mais sont régulièrement consultés !

Florilège (quel poncif!) :

  • Atlas des routes de France, Solar (ou son équivalent chez Reader’s Digest).

Le GPS de ma voiture, bien qu’intégré dans l’écran large central, ne m’aide pas en tant que plan de route. Il me sert plutôt pour me dépatouiller en ville (chercher un parking, chercher par où rattraper la départementale 304, etc.). Mais un voyage ne se prépare pas ainsi ! Je préfère me plonger dans les cartes version papier. Et toutes les cartes en une avec cet ouvrage où la topographie se suit « bord-à-bord », de page en page. Même s’il prend de la place dans la voiture.

  • Bruno Tertrais, Delphine Papin, L’atlas des frontières, Les Arènes, 2016.

Au moment où l’édification croissante anti-migrants de murs devient insoutenable, mais où la passoire qu’est l’espace Schengen devient ridicule, l’ouvrage vient à point. Certaines frontières d’aujourd’hui sont historiques (culturelles, religieuses), d’autres sont artificielles (celles de l’Afrique décidée par les puissances coloniales). D’autres sont baroques, comme les enclaves (voire enclaves dans l’enclave), sans parler des émiettements à checkpoints, comme en Palestine. Il y a des conflits frontaliers tout aussi baroques. Et quand un fleuve sépare deux états, où passe la frontière ? Celle-ci est elle en condominium, à la rive, en ligne médiane, au talweg, transfrontalière ? Et selon que l’on considère la Caspienne comme une mer ou un lac, les revendications ne sont pas les mêmes… [A lire aussi : Régis Debray, Eloge des frontières, Gallimard, 2010].

  • Les Atlas de l’Histoire, les Atlas du Monde – hors-série, ceux de Courrier International.

La revue l’Histoire a publié ces dernières années des hors-séries. Des Afriques, des mondes de l’Asie, de France… Histoire, colonisation, les enjeux actuels, les défis. Avec des cartes, des cartes, des cartes… Quant à ceux du Monde et de Courrier, ils abordent des sujets divers : atlas des Villes, atlas des Utopies (c’est un peu la même chose), atlas de l’Eau.

  • Michael Swift, Villes du Monde – Les cartes à travers l’Histoire, Géo, 2009.

L’évolution des villes à travers les plans d’époque : ville romaine post-oppidum, motte castrale, bourg médiéval, élargissement et extension après destruction des remparts, intégration des faubourgs, apparition des gares… Une cinquantaine de villes pour les quelles on peut jouer à avant/après. Retrouve-t-on le cardo ou le castrum, le plan colonial en damier, la tracé d’une rivière dans les hypercentres ou les downtowns contemporains ?

  • Danielle Chadych et Dominique Leborgne, Atlas de Paris – Evolution d’un paysage urbain, Parigramme, 2007 ; Jean-Robert Pitte (dir.), Paris, histoire d’une ville, Hachette, 1993.

Deux bibles sur l’histoire de Paris. Encore plus consultés que les autres ! Là aussi, le avant/après s’impose, surtout si on vérifie in situ : dans la rue, sur un immeuble, etc.

Jean-Robert Pitte

  • Collectif, Le Grand Pari(s) – Consultation internationale sur l’avenir de la métropole parisienne, Le Moniteur, 2009.

Il s’agit du catalogue de l’exposition de 2009 à la Cité de l’Architecture, qui présentait les résultats de ladite consultation engagée par l’Etat. De grands cabinets d’architectes avaient planché sur le sujet (Richard Rogers, Christian de Portzamparc, Jean Nouvel, Roland Castro et d’autres moins connus). Suppression des barrières physiques (périphérique, autoroutes, emprises SNCF, friches industrielles…), « requalification » des axes ou des zones en déshérence, désenclavement à l’aide de nouveaux réseaux de transport, densification/mutualisation et « en même temps » verdissement, corridor de développement Paris-Le Havre… Ce qui est intéressant, c’est que les architectes sont restés raisonnables par rapport à l’idéologie environnementaliste, et n’ont pas non plus proposé de smart city sous l’emprise des GAFAM. Mais c’était en 2009… Malheureusement, sept mois après le rendu des études, la loi dite du Grand Paris n’a rien eu à voir avec les travaux des architectes… N’ont été seulement retenus que quelques pôles (La Défense, Saclay, Le Bourget/Villepinte…) reliés par le fameux supermétro. Les architectes ont travaillé pour rien…

Paris est toujours un roman…

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The Greta Watcher (3)

« Au cas où je serais réincarné, je souhaiterais l’être sous la forme d’un virus mortel afin d’apporter ma contribution au problème de la surpopulation. »

Prince Philip, duc d’Edimbourg

Nota : les Greta Watchers n°1 et 2 sont consultables sur notre ancien blog http://mrliste.hautetfort.com .

Je ne me réjouis pas de la disparition d’autrui, mais on ne regrettera pas le décès de Philip Mountbatten, duc d’Edimbourg, prince « qu’on sort », ou plutôt pas très sortable, et que les médias nous ont présenté comme « gaffeur » (qu’en termes bien choisis ces choses-là sont dites !). Exemples cités par Le Parisien du 10 avril : au président nigérian Obasanjo, en tenue traditionnelle : « On dirait que vous êtes prêt à aller au lit ». A un routard revenant de Papouasie : « Vous avez réussi à ne pas être mangé ? » A un étudiant en partance pour un stage en Chine : « Ne restez pas trop longtemps, sans quoi vous aurez les yeux bridés ». A un handicapé en fauteuil roulant : « Combien de personnes avez-vous fauché ce matin, avec ce truc ? »

C’est que la matrice intellectuelle de Philip est celle du cercle des malthusiens Francis Galton et Thomas Huxley (grand-père d’Aldous), au 19ème siècle. Ceux qui ont créé les réseaux eugénistes, réseaux qui ont par la suite financé la mise en place de Hitler.

La famille Huxley : Le grand-père Thomas (au centre) et ses deux petits-fils Julian et Aldous.

Depuis soixante ans, le prince Philip a personnellement engagé son World Wildlife Fund (WWF – Fonds mondial pour la Nature), qu’il a créé en 1961 avec un autre Huxley (Julian, frère d’Aldous) dans le but explicite de lever des fonds destinés à financer les activités de l’Union Internationale pour la conservation de la Nature (UICN). Philip convainquit le prince Bernhardt des Pays-Bas, authentique adhérent au parti nazi (dès 1933 !), d’accepter la présidence du WWF International.

Sous prétexte de protéger la nature, le WWF-UICN poursuit en réalité deux objectifs centraux : la réduction de la population mondiale (d’où la citation sur la photo en bannière de titre, rapportée par l’agence de presse allemande DPA en août 1988), notamment dans les pays du Sud, et la concentration des matières premières du monde dans les mains de quelques multinationales, surtout britanniques ou anglo-hollandaises. Il s’agit de faire de l’Afrique un immense parc naturel, dans lequel on peut extraire toute sortes de métaux en toute tranquillité. D’ailleurs, Philip, ce « protecteur » de la nature, était un grand amateur de… safaris. Et pour faire respecter ce nouvel ordre environnemental planétaire, rien de tel qu’un gouvernement mondial.

Le WWF est loin de signifier Villages Vacances de France !

Contrairement à l’idée reçue, le nom Battenberg n’a pas été anglicisé en Mountbatten en raison des sympathies nazies de la famille, mais à cause de la première Guerre Mondiale : la changement de nom est intervenu en 1917. Idem pour la branche anglaise Saxe-Cobourg & Gotha, qui devint Windsor. Cela n’a pas empêché les deux maisons d’avoir eu par la suite des sympathies quelque peu WASP, ou plutôt White Anglican Supremacist Princes !

Quand la reine d’Angleterre pète,
la Queen couine et le wind sort !

Anglican ? Rien n’est moins sûr. Parallèlement à l’attirance des nazis pour un nouvel Age situé entre le théosophique et le païen, avec un Homme Nouveau (on commence par le naturisme, et on finit par la Nature…), Philip d’Edimbourg déclare : « Il est désormais évident que le pragmatisme écologique des religions dites païennes […] était bien plus réaliste en termes d’une éthique de la conservation que les philosophies monothéistes plus intellectuelles de religions révélées » (Conférence de presse au National Press Club de Washington, 18 mai 1990). Son fils, le Prince Charles, n’est en ce sens, qu’une version soft de son père.

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Métro loufoque – M 6

Nota : parution hebdomadaire durant ce troisième « confinement » !

Retrouvez d’autres métros loufoques sur : http://mrliste.hautetfort.com

Le « bug » de la semaine dernière était évidemment un poisson d’avril !

Vous-êtes vous déjà demandé pourquoi certaines rames du métro parisien sont sur pneus ?

En 1956, la ligne 11 fut équipée de façon expérimentale : la RATP cherchait une ligne courte pour tester une solution de rapidité et de souplesse, par son adhérence sur la bande de roulement, et une solution de confort. La 1 (Porte Maillot – Château de Vincennes, à l’époque) fut plutôt une vitrine pour une ligne fréquentée par les touristes (confort). Et la 4, la plus fréquentée à l’époque, avait besoin d’accélérations et de freinages précis pour un meilleur cadencement.

La ligne 6, ce fut différent. Les fenêtres des immeubles haussmanniens des 7ème et du 15ème arrondissements jouxtaient le métro aérien. Les bourgeois réclamaient moins de bruit. En réalité, en ligne droite, le MP (matériel pneu) est plus bruyant que le MF (matériel fer). C’est dans les virages torturés de la 6 qu’il est plus silencieux.

Quant à l’autre ligne aérienne, la 2 traversant Barbès et la Goutte-d’Or, on n’eut pas tant d’égards pour ses riverains, et cette ligne garda son MF !

Je vous renvoie aux précédents Métros loufoques pour connaître le principe de ce qui va suivre. Cette fois, il n’y aura pas de contrainte particulière. Les stations apparaîtront dans l’ordre.

M 6 : GENERAL DEUX ETOILES DE GAULLE – INCARNATION

  • Charles-de-Gaulle – Etoile > Général deux étoiles de Gaulle
  • Kléber > Kléber -Colombes [ancienne marque de pneus]
  • Boissière > Brassière
  • Trocadéro > Tant qu’y a des ronds
  • Passy > Passif
  • Bir-Hakeim > Akim-Color [qui se souvient de cette BD cheap des années soixante ?]
… qui fut le concurrent de Rahan !
  • Dupleix > Complexe
  • La Motte-Piquet – Grenelle > La motte piquait la quenelle [ah, bravo …]
  • Cambronne > Cambrure
  • Sèvres-Lecourbe > Lèvres se courbent
  • Pasteur > A c’t’heure
  • Montparnasse-Bienvenüe > Viens par là, mon velu
  • Edgar-Quinet > Ecarquillé
  • Raspail > Rase-poil
  • Denfert-Rochereau > Foré d’en roche
  • Saint-Jacques > Singea
  • Glacière > D’la chair
  • Corvisart > Corps bizarre
  • Place d’Italie > Un chapeau de paille d’Italie [pièce d’Eugène Labiche]
  • Nationale > Là, si on y allait
  • Chevaleret > Chevalet
  • Quai de la Gare > Cas de la guerre
  • Bercy > Persil
… parce qu’elle est anti-reposition ! Même en allemand !
  • Dugommier > Du sommier
  • Daumesnil > Beau mais nul
  • Bel-Air > Bellérophon [Personnage de la mythologie grecque – « Arrêtez de bêler, au fond ! »]
  • Picpus > Rictus
  • Nation > Incarnation

BED TRIP

Le Général deux étoiles De Gaulle avait prévu de visiter l'usine Kléber-Colombes. Un stagiaire de l'Elysée (un artiste peintre !), un rêveur, s'étant trompé, ce fut une usine de brassières. "Bah ! Tant qu'y a des ronds", se dit le grand Charles.

Le stagiaire avait un lourd passif : grand lecteur d'Akim-Color, on rencontrait cette personnalité complexe également à Pigalle, ce qui aggravait son cas. Un soir, tandis que la motte piquait la quenelle, il pensa secrètement à une cambrure et à l'instant où les lèvres se courbent... Mais elle l'avait accueilli par un "c'est à c't'heure que t'arrives ? Allez, viens par là, mon velu !". Ses yeux étaient écarquillés à la vue du rase-poil (d'où la motte qui pique*). Bref, il fallait qu'il l'eut forée d'en roche, mais il singea. D'la chair... Un corps bizarre... Il regretta que la chose ne soit pas couverte d'un chapeau de paille d'Italie.

" Bon, là, si on y allait ?". Il prit son chevalet. "J'en fais cas, de la guerre ! J'en fais cas, de la motte au persil, du sommier ! C'était beau, mais nul ! Allons dompter Pégase, tel un Bellérophon !". Il eut un rictus : de Bellérophon, il se crut l'incarnation.

*C’était téléphoné, non ?

Angst !, comme dirait mon ami Etienne Ruhaud…

Ou alors :

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Faux-nez (2/2)

Nota : parution hebdomadaire durant le troisième « confinement » !

L’autre jour, j’ai été invité chez un couple d’amis, fort charmants au demeurant. Bien évidemment, la conversation a porté sur les vaccins (« Tu te ferais vacciner, toi ? », etc.) Et je dis : « pourquoi pas le Spoutnik-V (le vaccin russe) ? » [non encore agréé en UE]. Stupeur. « Ah, ben surtout pas ! » Réflexe très révélateur de mes amis, avec un silence valant sous-entendu implicite : « parce que c’est russe ».

C’est que mes amis avaient répondu ce qu’il est convenu de répondre, et pensé ce qu’il est convenu de penser ! Je ne leur en veux pas : cette anecdote est révélatrice de ce qu’est la fabrique de l’opinion, et de comment nous tombons tous dans le piège de nous coucher inconsciemment devant la pensée unique, les cerveaux ayant été nourris à la vulgate anti-russe et anti-chinoise. Peu importe que Navalny soit un ultra-nationaliste et ultra-libéral, ni que les Chinois voient dans l’Occident ce que dénonçait De Gaulle : le régime des partis.

Je les ai même incité (les amis, pas les Chinois !) à consulter ce blog : il ne s’agit surtout pas d’une attaque personnelle !

Voici donc le deuxième volet de ce Faux-nez :

  • Homme fort

Terminologie utilisée par les médias pour transformer un dirigeant hors communauté internationale [cf. Faux-nez (1)] en tyran sanguinaire. On a même entendu « Matteo Salvini, l’homme fort de l’Italie » ! A noter que les princes dirigeants de l’Arabie Séoudite et des Emirats, ou des va-t-en guerre comme Biden ne sont pas considérés comme des hommes forts !

  • Marchés (les)

« Les marchés » (on ne dit plus : « la Main invisible », les peuples ne sont plus dupes) sont aux élites actuelles ce que « les masses » étaient au régime de Mao.

  • OTAN

Bras armé de l’Union européenne, de la communauté internationale et des marchés. Et pour que l’OTAN garde sa raison d’être, car les peuples là non plus ne sont plus dupes, on a réinventé la guerre froide.

  • Pharaonique

Adjectif servant à désigner tout grand projet infrastructurel, dès que celui-ci déplaît aux élites à l’esprit comptable opposées au développement pour le peuple, et aux environnementalistes. Ainsi, le Complexe des Trois-Gorges (remplaçant une centaine de centrales à charbon), le canal Rhin-Rhône et la LGV Lyon-Turin (tous deux une alternative au transport routier) ont été qualifiés de projets pharaoniques.

Chantier de la future capitale administrative en … Egypte !
  • Planète (la)

Vous avez remarqué ? Autrefois, on disait : « la Terre ». Dire : « la Planète » est une façon tête-à-claques de marquer son pessimisme en pensant que l’Homme est un assassin…

  • Populiste

« Le terme est d’usage polémique : il permet d’inclure dans une même catégorie vague tous les groupes qu’on aime pas et qu’on perçoit comme ennemis. » (Pierre-André Taguieff, in Marianne du 12 juin 2020). On en arrive à qualifier de populistes : Vladimir Poutine, Michel Onfray, Viktor Orban, Jacques Cheminade, Donald Trump, Boris Johnson, les Gilets Jaunes, etc. L’art d’additionner des carottes et des navets…

  • « Protéger mes enfants »

Pour un artiste [cf. Faux-nez (1) https://champouin.blog/2021/02/01/faux-nez-1/], dire : « Si je pars aux-Etats-Unis, c’est pour protéger mes enfants » signifie qu’il s’exile pour des raisons fiscales. Exemples : Dany Boon, Marion Cotillard, Omar Sy…

  • Société civile

Terme désignant des hommes politiques… issus du monde de la banque, des grands groupes cotés en bourse, de BlackRock, etc… What did you expect ?, disait une publicité pour une boisson. Aucun ouvrier, artisan, artiste, fonctionnaire catégorie B ou C chez les élus LREM ! On observe le même phénomène « société civile » dans certains pays « émergents » : des rappeurs ou footballeurs qui deviennent chefs d’Etat : ils ont l’argent et le carnet d’adresses !

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Anti-index (1)

Un nouveau blog, ou plutôt blogue, car l’autrice (l’auteure, l’auteuse, l’auteur.e ?) l’orthographie comme il se doit. Il s’agit de http://leblogueduvestiaire.blogspot.com [je vous conseille de bien taper  » http://  » et de le mettre en favoris]. C’est le blogue d’une fidèle et charmante lectrice, la fameuse Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie. Evidemment, elle ne s’appelle pas comme cela et souhaite (je pense) garder l’anonymat. Le blogue du vestiaire, originellement placardé sous format papier comme son nom l’indique, est consacré à ses coups de coeur littéraires (sa bibliothèque amoureuse ?), pleins de bienveillance. Alors bonne continuation, take care ! Et have fun !

Je l’ai écrit à plusieurs reprises : les publications françaises se distinguent bien souvent par leur manque d’index, mais aussi d’illustrations, de schémas ou de tableaux. Ou alors, pour ces trois derniers, en format timbre-poste. Témoin le nombre de fois où j’ai ouvert, dans une librairie, un livre français d’histoire, de géographie, de sciences ou d’art (!), sans trouver aucun des éléments cités précédemment. Le présent blog n’échappe pas à la règle, mais c’est pour des raisons techniques. Je vais essayer d’y remédier. Les Anglo-saxons, eux, ont l’esprit pratique et didactique. Bon nombre de collections françaises intéressantes sont en réalité des adaptations de collections anglaises, canadiennes ou américaines.

Idem pour les musées : on voit bien la difficulté pour les Français d’établir une médiation scientifique : entre un musée des Arts-et-métiers poussiéreux et le grand n’importe quoi de la Cité des sciences de la Villette… La même chose pour la médiation artistique ou patrimoniale : fiches de salle rédigées… par les conservateurs, exposition au musée Guimet consacrée à la ville indienne de Lucknow… sans aucune carte pour la situer.

Au delà, pour notre peuple intellectualiste qui semble ne pas avoir changé depuis la Sorbonne de Rabelais voire depuis Aristote, l’absence d’esprit pratique se traduit par les carences de l’information et de la signalétique. « Culte du secret » (les gens ne doivent – ou ne peuvent – pas savoir), non-anticipation de l’info en amont, infos rédigées en langage interne… On n’est pas doués…

Revenons à l’index, bien utile pour « retrouver » une entrée dans un livre. Il y a quelques années, le magazine Science&Vie avait décidé de ne pas se prendre au sérieux en établissant dans chaque numéro un anti-index, un index humoristique, appelé de façon inexacte « contre-sommaire ». Un sommaire, c’est une table des matières, pas un index. Je pense que la raison de cette mauvaise terminologie est que, « dans la vraie vie », un anti-index est « une liste ordonnée d’enregistrements permettant leur élagage rapide lors de recherches » (Wiktionnaire).

L’anti-index ou contre-sommaire, comme l’on voudra, de Science&Vie consistait en un « petit florilège des mots de ce numéro ». Il s’agissait de relever des mots ou expressions paraissant incongrus (surtout dans un magazine scientifique), drôles ou décalés. Voici un exemple (malheureusement, je n’avais pas relevé les numéro et date de la publication) :

Je ne sais pas qui est A.G., l’auteur. Sachant que beaucoup d’oulipiens sont des scientifiques, la piste de l’Oulipo n’est pas à exclure…

En tous cas, c’est très intéressant. D’abord, c’est une liste, c’est-à-dire une bonne base de travail littéraire. Ensuite c’est un prétexte à toutes sortes de choses poétiques ou surréalistes. Et on peut la triturer dans tous les sens ! Paires inversées : « sciences noires » et « substances bourgeoises », « second record » et « triste cerveau ». On peut en faire de vraies ou pseudo-contrepèteries : « gullage de base », « joues de feu », « cames de Luther ». Il y a des évocations salaces : « fantasme », « fentes de Young », « une bonne pompe ». Des « particules bohmiennes » qui pourraient être bohémiennes. Et il y a Houellebecq, que A.G. a trouvé pertinent à lui tout seul !

Une bonne pompe.

Eh bien, des anti-index, il y en aura d’autres, car j’en ai concocté ! Rendez-vous dans une publication ultérieure !

Mauvaises « translations » ! (2/2)

J’ai loupé le coche du 14 février, mais voici en exclusivité ma mise en scène pour la Saint-Valentin (veuillez éloigner les enfants) :

Oui, oui, oui ! Ouiii !

Voici une version plus chaste :

Théâtre, théâtre, théâtre !

Tout à l’heure j’ai entendu – et sur RFI, de surcroît – une journaliste parler de la Hague. Je ne voyais pas le rapport entre les Pays-Bas et le Cotentin, et puis j’ai compris : elle voulait parler… de La Haye ! Elle avait stupidement traduit Den Haag, ou The Hague, en anglais, par un nom qui lui était plus familier…

Non seulement on fait aujourd’hui des contresens par ignorance (le niveau de culture générale des journalistes chute lamentablement, comme pour le reste de la population), mais on a oublié que bon nombre de villes étrangères se traduisent en français…

J’entends souvent parler de l’université de Leyden ou de Groningen, toujours au Pays-Bas. Or, on dit Leyde et Groningue. On apprenait autrefois en leçon de choses ce qu’était la bouteille de Leyde… Ou encore Trento, en Italie. Et le concile de Trente, b… ? On entend trop de Cremona, Piacenza, Lucca en français dans le texte : c’est Crémone, Plaisance, Lucques qu’il faut dire. De même pour Speyer, Regensburg : Spire, Ratisbonne.

Ceci dit, j’ai entendu une fois un italien parler, en français, de Monaco à propos de Munich. Car en italien, Munich se dit Monaco di Bavaria pour la distinguer de la Principauté.

Traduire des noms propres ou des noms communs, c’est toujours aussi périlleux… Et voilà donc la suite de nos traductions qui tombent à côté :

  • Fermier.

Dans tous les textes francophones ou traduits d’une autre langue que l’anglais, on trouve des agriculteurs ou éleveurs (termes neutres), des cultivateurs (terme courant et populaire tendant à vieillir), des paysans (terme historico-culturel) et des exploitants agricoles (terme administratif et socio-économique). Dans ceux traduits de l’anglais, ils deviennent comme par hasard tous des « fermiers ». C’est que l’anglais ne connaît qu’un seul mot, farmer ! Autrefois, on ne connaissait que des « paysans », et on précisait s’ils étaient fermiers (propriétaires) ou métayers (locataires), mais la ferme a toujours été le seul terme pour désigner l’exploitation, aussi bien en français qu’en anglais.

  • Iles Leeward.

C’est une faute assez rare, mais j’ai été témoin une fois dans un journal, et une fois « dans le poste », de la mention de ces « Iles Leeward » qui seraient des paradis fiscaux ou bancaires. En réalité, leeward est un terme de marine signifiant « sous le vent » (à l’abri du vent), par rapport à windward, « au vent » (exposé au vent). Dans le contexte des Antilles, Leeward Islands désigne le nord de l’arc antillais (Iles Vierges, Anguilla, St-Martin, St-Kitts, Antigua) et Windward Islands, le sud (Guadeloupe, Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St-Vincent, Grenade). C’est un terme de géographie physique : il n’y a donc pas d' »Iles Leeward » en français, et aucun Etat paradis bancaire ne s’appelle comme çà ! Il faut mieux alors parler des paradis bancaires des grandes Antilles, ou les citer nommément…

  • Nonne.

Ce que nous appelons moniale dans le registre ecclésiastique, religieuse dans le registre standard et bonne soeur dans le registre familier est, dans les textes anglo-saxons, souvent traduit par nonne, sous l’influence de l’anglais nun. Certes, « nonne » existe en français, mais dans le contexte du Moyen-âge, ou alors dans un registre plaisant !

Nun sex, monk rock !
  • Officier public.

Quel jargon ! On voit de temps en temps cette expression, et on sent parfois que le traducteur a été gêné aux entournures car il s’est demandé le rapport avec la chose militaire ! En anglais, la fonction publique, le service public s’appellent public office. Un public officer, voire un officer tout court quand le contexte est explicite, c’est quelqu’un travaillant dans la fonction publique, à savoir tout bonnement un fonctionnaire, quelque soit son grade. A noter qu' »officier public » existe en français : mais c’est quelqu’un détenant une charge : notaire, huissier de justice… Rien à voir.

  • Panel.

Dans certaines conférences, séminaires et autres « universités d’été » (là aussi j’en suis témoin chez une organisation qui fait la même erreur depuis 40 ans !), l’on parle de « panel » ! Un panel, en anglais, c’est une table ronde, une partie de conférence-débat consacrée à un thème ou ordre de jour particulier. Mais « panel » en français, est un terme de statistique, qui signifie « échantillon ». On trouve souvent ce terme à propos de sondages. C’est bien session ou volet, qu’il faut utiliser dans les conférences.

  • Tarmac.

Un beau jour, dans les années 1990, je tombe sur ce mot : tarmac. Diable ! S’agissait-il d’un tissu écossais ? D’un dignitaire inca ? Le mot vient de tar (goudron) et MacAdam (le monsieur qui a inventé le revêtement goudronné que le BTP français appelle de l’enrobé), et il s’emploie dans le contexte aéroportuaire. Autrement dit un tarmac, c’est notre bonne vieille piste ! Seulement voilà : piste, çà fait embarquement ringard au Bourget dans les années 50, tandis que « tarmac », çà a de la gueule, çà fait logistique humanitaire sur une base militaire !

  • Vétéran.

A l’occasion des opérations extérieures américaines (toutes destinées à être perdues), on a vu dans la prose journalistique la prolifération de « vétérans » dans le contexte de leurs troubles post-traumatiques, de leur réinsertion, de leur oubli de la part des institutions, etc. Un vétéran, en français, c’est un ancien (les vétérans de la Marche des Beurs, du Tour de France ou des missions lunaires), souvent avec une notion de lutte ou d’exploit. En anglais, veteran ce n’est qu’un ancien combattant. Ici aussi, dans les textes traduits de l’anglais, ces derniers deviennent automatiquement des « vétérans ». Re-seulement voilà : ancien combattant fait vieux con ancien d’Algérie à béret et moustache alors que « vétéran », çà fait beau mec musclé avec sa jambe artificielle dernier cri !

Zao, Ancien combattant (1984) : un petit bijou de la chanson congolaise avec sa rythmique implacable et son art de dire des choses sérieuses avec le second degré !

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Sucreries

Deux retours sur Beethoven :

Ce compositeur (cf. le n° du 15 janvier) est maintenant victime de la cancel culture. Dans le magazine américain en ligne Vox, Nate Sloan et Charlie Harding assènent que la Cinquième Symphonie est perçue par les femmes, les LGBTQ+ et les non-Blancs comme symbole d’élitisme et de supériorité des Blancs. La musicologue féministe Susan McClary compare, elle, la Neuvième symphonie à « une rage meurtrière d’un violeur incapable d’atteindre son but » [traduit par moi]. Et à l’Université de Cambridge, un appel a été lancé pour supprimer (cancel) Beethoven… Comme le dit Duncan, un internaute sur le site Slipped Disc : « Cancel Cambridge instead ! »

Un site haïtien (en créole) consacré à la musique classique, avec une rubrique sur la vie de Beethoven ! Il s’agit d’Akademizik (akademizik.net), site de Rémy Junior Monexant.

Message personnel : allez, l’ami Ruhaud, écoute moins de métal et d’électro et plus de Beethoven ! Eh oui, j’ai lu ton entretien avec J.-P. Gavard-Perret !

Je viens de lire par James Walvin : Histoire du sucre, histoire du monde, 2020, La Découverte. Cà aurait pu s’appeler : « De l’esclavage à Coca-Cola ». Dès le 18ème siècle, l’industrie du sucre a été perçue comme un marché captif : thé et café sucrés, confitures et marmelades, biscuits, chocolat, rhum – certains ont bien compris qu’ils s’agissait d’une addiction. Et comme dit le Nègre de Surinam dans le Candide de Voltaire, « c’est à ce prix [l’ esclavage] que vous mangez du sucre en Europe ». On achetait même les esclaves sur les côtes d’Afrique en échange de rhum… fabriqués par leurs frères déportés aux Antilles…

« c’est à ce prix [l’ esclavage]
que vous mangez du sucre en Europe ».

Voltaire, Zadig.

Du coup, une autre épidémie que celle que vous savez est en train de ravager le monde : l’addiction au sucre, et ses conséquences sur la santé, notamment l’obésité… Non seulement de par les sucreries et les sodas (dont celle de la marque à la canette rouge au liseré blanc), mais aussi de par l’alcool ou les plats préparés.

Dieu sait si l’on nous a habitué tout petit, et il y a quelque chose de régressif dans ces « douceurs ». N’ayant pas été élevé dans la culture (l’idéologie ?) des bonbons, j’ai gardé un souvenir étrange de la classe de neige (c’était en 1971) : les trois dimanches matin de ce séjour étaient consacrés à l’achat de Malabar, Carambar, Smarties, Pez et Zan en spirale. J’ai dû faire comme les autres mais déjà, je ne comprenais pas pourquoi les maîtresses toléraient cela. Probablement, cela ne se fait plus aujourd’hui pour des raisons d’éducation nutritionnelle – ou est-ce de la naïveté de ma part ?

Je vous avais promis de publier les textes que j’écris. Voici deux textounets, courtes pochades assez récentes, autour (comme on dit dans les sous-titres des expositions) du thème des aliments (?) sucrés. Le premier est plaisant, sans plus. Le second a plus de sucre sel.

MAMIE GATEAU

Elle arrive toujours les bras chargés, avec des fleurs (de son jardin, dit-elle, mais ma parole, à force, il ne doit plus en rester beaucoup !) et des gâteaux.

Des gâteaux, beaucoup de gâteaux. Des grands, des petits, des secs, des fourrés, des mous, des consistants, des achetés et des faits maison, avec amour.

« Tiens, tu veux gâteau ? » Elle vous en propose tous les jours. Gêné, on refuse.

Elle vous met le gâteau de force dans la main, pour ne pas dire dans la bouche : « Prends, c’est gâteau. »

Elle est comme çà, Mamie Gâteau.

Allez, on l’aurait bien eue comme grand-mère…

GANESH

C’est un petit garçon qui aime les sucreries,

Oh, mon Dieu qu’il les aime, vous auriez vu, Madame !

D’ailleurs, il ne mange pas proprement

Et fait des miettes.

.

Il aime le Bon Dieu et la Sainte Vierge,

Oh, comme il les aime, vous auriez vu, Madame !

D’ailleurs, il a beaucoup d’images pieuses :

Il en a placardé un peu partout.

.

Il sourit constamment,

Oh , mon Dieu qu’il est content, vous auriez vu, Madame !

D’ailleurs, il est tellement, tellement, tellement,

Tellement, tellement, tellement content

Que parfois, il parle tout seul et bave un peu.

Mignon, non ?

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Faux-nez (1/2)

Retour sur actu : dans le numéro précédent, j’avais évoqué une éventuelle pénurie de vaccins organisée par les labos pour faire monter les prix. Eh bien, bingo ! Le 22 janvier, Pfizer BioNTech assurait ne pas pouvoir livrer le nombre attendu de vaccins « pour des raisons techniques », puis « pour des problèmes de rendement ». Cela s’appelle « le moment boursier »…

Et pas de confinement pour l’instant, c’est-à-dire pendant les soldes…

En 1968, dans Le Jacassin (Le Livre de Poche, 1968), l’écrivain Pierre Daninos dressait un nouvel inventaire des idées reçues, folies bourgeoises et automatismes, à la Flaubert. Une section s’appelait « Si l’on vous dit… n’y croyez pas ! ».

De façon plus profonde et dans un autre registre, George Orwell, dans 1984 (Gallimard, 1950, disponible aujourd’hui en Folio), décrivait un monde futur de dictature censée être acceptée par la population car les mots désignent leur contraire : « La guerre, c’est la paix »,  « La liberté, c’est l’esclavage », « L’ignorance, c’est la force ».

« La Guerre, c’est la Paix. »

George Orwell, 1984.

Aujourd’hui, nous y voilà : les « forces du maintien de la paix », la « flexibilité », un fonds d' »investissement »… Procédé déjà utilisé par des dictatures passées : Pravda signifiait : « La Vérité » !* Aujourd’hui Big Brother, grâce à l’électronique et l’Intelligence Artificielle (technologies néanmoins utiles en tant que tel), multiplie le contrôle décrit par Orwell à la puissance supérieure.

*En 2020, un quotidien libéral français (pléonasme…) s’appelle L’Opinion !

Attention, « certaines scènes risquent de heurter la sensibilité des lecteurs », comme on dit. Si c’est le cas, vous avez échoué au test… Vous avez alors droit à un gage : lire les Mémoires de Charles de Gaulle, militer au Parti communiste, vous intéresser à F. D. Roosevelt… Voici donc mon jacassin à moi, ou plutôt mon tracassin :

  • Ajustement structurel

Mot faux-nez pour austérité.

  • Artiste

Produit marketé par Warner/Sony/Disney. Ex. : rappeur, « chanteuse » de RNB montrant ses cuisses, minet à la Bénabar qui croit jouer les écrivains-poètes, etc..

  • Candidat fantaisiste

Candidat à la présidentielle non adoubé par l’oligarchie, malgré les 500 parrainages (de même qu’il faut dissoudre le peuple, il faut dissoudre les parrainages, en attendant de supprimer les élections !). Spécimen de candidat « fantaisiste » tête de Turc : Jacques Cheminade, qu’on fusilla pour l’exemple en ne validant pas son compte de campagne en 1995. Les comptes de Chirac et de Balladur, eux, étaient bien entendu nickel !

  • Climatosceptique

Mot signifiant peu ou prou « ne croyant pas aux tendances futures du climat », et dont on affuble en réalité ceux qui doutent que ces tendances puissent avoir, en partie ou en totalité, une origine humaine, ce qui n’est pas la même chose ! Le débat est interdit : contredire le GIEC est un blasphème (faire les « gros yeux »…). Faut-il rappeler que le GIEC n’est pas un organisme scientifique ni une association de chercheurs, mais une association intergouvernementale qui examine et synthétise ce qui s’est publié dans la littérature scientifique sur la question de l’influence de l’homme sur le climat (source : http://jancovici.com, le site de J.-M. Jancovici, ingénieur lui même engagé contre le réchauffement climatique). Autrement dit, le GIEC n’est qu’un comité de relecture – et dans lequel les décisions se votent à main levée ! Quand les faits scientifiques relèvent de l’opinion… Les climatosceptiques ne sont pas encore des révisionnistes, voire des négationnistes, mais çà ne saurait tarder !

  • Commission indépendante

Commission partisane, composée exclusivement d’activistes écologistes, et exigée par ces derniers lorsque les analyses des scientifiques (Académie des Sciences, AIEA, etc.) leur déplaisent.

  • Communauté internationale

Désigne ceux qui font tout pour soutenir l’ordre ordolibéral au niveau international. Constituent la communauté internationale : les diplomates de la « doctrine diplomatique Kouchner », l’Otan, l’UE… Face à ce qui va à l’encontre de la « communauté internationale », on est prié de faire les « gros yeux », sur injonction des médias. « La communauté internationale » n’en est pas une. Ce flasque zombie reste une formule creuse, un alibi rhétorique aux mains du Directoire occidental qui s’en est jusqu’ici arrogé le mandat » (Régis Debray, Eloge des frontières, Gallimard, 2010). Ainsi la « communauté internationale » s’agite pour la libération de Navalny mais se fout de Julian Assange qu’on laisse crever dans l’indifférence générale .

Gros yeux !

  • Croissance

Dépression économique et financière. Cela fait quarante ans qu’on nous parle de la croissance américaine, par exemple, pour désigner la « désintégration contrôlée » de ce pays. Et les « experts » continuent de dire : « Les Etats-Unis, première puissance mondiale » : bel exemple de déni ! En réalité ils se basent sur les PNB et PIB qui sont des indices déconnectés de l’économie réelle.

  • Expert

Technocrate désigné pour mettre en place ou faire appliquer des réformes impopulaires. Ex : Christine Lagarde. La désignation d’un expert peut même se substituer à l’élection d’un homme politique, comme on l’a vu en Italie avec Matteo Renzi, seul président du Conseil non élu !

  • Fake news

Informations ou faits que les élites en place ne voudraient pas qu’ils soient divulgués. « Les partisans du président Macron ont tendance à utiliser l’expression fake news pour désigner des faits qui leur déplaisent, davantage que pour brocarder des informations erronées. » (Hadrien Mathoux, in Marianne du 21 février 2020).

  • Fonds d’investissement

Faux-nez pour fonds de spéculation !

  • Forces de maintien de la paix

Expression qui désigne des forces armées déployées pour un conflit qui a vocation de ne jamais se terminer. Spécialistes : les Forces américaines (qui n’ont jamais gagné un conflit depuis la Corée), l’Otan, les Forces françaises déployées en Afrique, et surtout l’ONU.

  • Grande réinitialisation (Great Reset)

Présenté de façon idyllique comme le monde d’après, désigne ce qui sera une dictature monétaire, financière, sociale et politique : une austérité au carré sous des prétextes environnementaux et sous la « gouvernance » réelle d' »experts » Mc Kinsey et BlackRock. Ce nouveau fascisme sera inconsciemment accepté par la population qui, grâce à l’aumône via « l’argent-hélicoptère », pourra accéder à des dérivatifs style abonnement à Netflix. Du pain et des jeux XXL. On aimera le Grand Frère, quoi.

Le  » Grand Chambardement », comme chantait Béart ?

A su(rv)ivre…

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