De l’impossibilité de visiter le musée Clumet

Je vous souhaite une bonne année 2024 sans égorgement ni décapitation. Pendant les JO, çà ferait tache… Sauf pour Mélenchon et Chikirou, incapables de prononcer le mot « terroriste ». Ces deux-là osent tout : c’est à çà qu’on les reconnaît.

Quoi d’autre au menu ? L’assassinat d’un dirigeant des Brics (au hasard : Lula), un conflit contre l’Arabie saoudite, seul médiateur possible pour le conflit israélo-palestinien (sauf si Marwan Barghouti est assassiné dans sa cellule) et un petit krach financier de derrière les fagots.

Quoi d’autre encore ? Les « experts », hier de la covid, aujourd’hui de la Russie (les mêmes qui avaient prédit la chute « imminente » de Bachar el Assad), passeront six mois de plus à prévoir la fin du pouvoir russe, déjà prévue dès… février 2022 ! Caramba, encore raté ! Sans compter, comme l’a affirmé Lloyd Austin, le Secrétaire américain à la Défense, qu’il est « fort probable » que les troupes américaines se retrouvent bientôt en train de combattre la Russie en Ukraine… Pourtant çà devrait marcher : l’Union européenne, (avec bientôt à sa tête Mario Draghi qui a déclaré le 29 novembre que l’UE devait se transformer d’urgence en un Etat à part entière), c’est la démocratie et la diversité… Quoi ? J’ai dit une bêtise ? Enfin.. Tant que l’Otan ou le Hamas sont là pour nous débarrasser des punaises de lit…

Dernière minute : nous avons une ministre de la Santé, des Affaires sociales… et du Travail (mais pas de la santé au travail…). Et un ministère de l’Education nationale, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques… Faut-il en rire ou en pleurer ? Un ministère des JO ! Nous en sommes là ! Je suggère un ministère des Affaires étrangères, européennes et du football, voire un ministère de (l’agri)culture… Pendant ce temps, la Chine, dont les objectifs sont la fusion nucléaire, l’exploration spatiale et la recherche fondamentale s’esclaffe, et a raison de nous considérer comme des guignols.

A chaque repas de fin d’année, surgit toujours le sujet clivant qui divise tout le monde à table et mène au clash. Il y a ainsi eu la covid (« Moi, j’te dis que c’est un complot des Chinois/que la covid n’existe pas/que les vaccins c’est dangereux »), la réforme des retraites (« Moi, j’te dis que c’est un complot pour éliminer les vieux/que la réforme est nécessaire pour éponger la dette »), la guerre en Ukraine (« Moi, j’te dis que Poutine va envahir la Pologne/que tout ça c’est un complot des pétroliers à cause des gazoducs »). Cette année, le sujet tournait autour de Depardieu. Pour ou contre Gégé…

Sur Kissinger :

Julos Beaucarne (paroles et musique), Lettre à Kissinger, 1975

Kissinger, Delors… Ils ont fait partie de ces gens dont on se demande s’ils vivent encore… Or je suis tombé, en famille, sur une émission TV idiote (pléonasme) comportant une séquence intitulée Mouru/pas mouru ? Il s’agit de proposer des noms de célébrités à l’invité et de lui demander s’ils sont morts ou non !

LA LISTE PEREC DU JOUR :

Bartlebooth [...] y disposait, dans un ordre rituel, treize petits godets de couleur - noir d'ivoire, sépia colorée, terre de Sienne brûlée, ocre jaune, jaune indien, jaune de chrome clair, vermillon, laque de Garance, vert Véronèse, vert olive, outremer, cobalt, bleu de Prusse - ainsi que quelques gouttes de blanc de zinc de Madame Maubois [...]

DE L’IMPOSSIBILITE DE VISITER LE MUSEE CLUMET

ou dix raisons psychosexuelles de ne pouvoir visiter un musée.

Un jour, je m’enquis d’aller visiter le musée Clumet (6, place d’Iéna – et – Paul-Painlevé réunis) à Paris, à savoir le musée des Arts Médiétiques et Asiavaux. Je ne voulais pas rater de contempler la fameuse oeuvre dite « aux Mille Fleurs »*, la Joconde de ce musée.

*Pour certains il s’agit d’un vase, pour d’autres une tenture. Faudrait savoir !

Malheureusement, cette oeuvre était partie pour une grande exposition à Sidney. Un article du Journal des Arts m’informa que la dite expo se terminait début octobre.  » Bon, me dis-je, comptons qu’elle soit prolongée, comptons aussi le démontage/transport/remontage (car je ne suis pas naïf, je sais ce qui se passe en coulisses), je remets çà début janvier. »

Début janvier, je trouve porte close : une feuille A4 chiffonnée et de travers, fixée par un adhésif révélant des empreintes digitales et dans lequel un cheveu s’était inséré, disait qu’« en raison d’un incident tecnique [sic], le musée [était] exceptionnellement fermé. »

Autre jour, autre tentative. La salle dans laquelle se trouve l’oeuvre était fermée, car on montait in situ l’installation contemporaine Mon (mes) seul (s) désir(s) dont j’appris plus tard qu’il s’agissait d’une banderole en matière recyclée représentant un dragon chevauchant sexuellement une licorne, le tout s’appelant [Untitled #4], car l’auteur, « un artiste gay helvéto-ukrainien d’origine kényane qui vit entre Londres et Séoul » comme l’indiquait la plaquette de présentation, en avait réalisé d’autres.

Quand ce cirque fut terminé, je me cassai encore le nez. On ne pouvait accéder au musée. Celui-ci faisait l’objet d’un tournage pour la saison #2183 de Games of Thrones à moins que ce fut pour le dernier film de Woody Allen dans lequel Kate Winslet visite la Conciergerie, le musée Clumet et le Palais de Tokyo.

Lorsque je revins, le musée subissait un mouvement social. Un employé qui distribuait des tracts, un autocollant Cgt sur le sein gauche, m’informa que l’EPMC (Etablissement Public du Musée Clumet), suite à un audit du cabinet Deloitte, KPMG, BDO, PwC et associés, avait décidé de fusionner les surveillants, caissiers, conférenciers, agents de sécurité incendie et vendeurs de la boutique en un seul corps de personnel, lequel serait affublé d’un uniforme de pompier/vigile, sur le bandeau duquel serait inscrit « Clumet – Extrêmuséum ».

Tout conflit social a une fin, ne serait-ce que par usure, et je décidai de retenter ma chance. A l’approche du musée, une grappe de gens battait le pavé à l’extérieur, tandis qu’une sirène émettait, du tréfonds du bâtiment, un « dindon-dindon-dindon », entrecoupé d’une bouillie de messages qu’on ne saisissait pas. On m’expliqua qu’une alarme incendie s’était déclenchée, et que cela risquait de durer fort longtemps.

Je pris mon mal en patience et tentai encore un autre jour. Mais une foule considérable accompagnait déjà les couloirs, les quais et les rames du métro. En sortant, le quartier était bouclé. Le Comité olympique international avait décidé de faire passer la flamme éponyme par le musée Clumet, le sport étant désormais considéré comme une « pratique culturelle » et facteur de diversité et d’inclusivité. Le ministre de la Culture, Franck Ribériester, était lui-même un ancien joueur de foot.

De guerre lasse, je revins à l’assaut un mois plus tard. Hélas, des installations provisoires de type Algeco m’ont fait présager l’impensable : une feuille délavée par les pluies, insérée dans un transparent d’écolier, et le tout fixé par de l’adhésif type « déménagement », m’informa que le musée était fermé pour rénovation. Réouverture dans deux ans !

Salle khmère du musée Guimet ou bien frigidarium du musée de Cluny ?

Deux… cinq ans plus tard, le musée avait rouvert depuis quelques semaines et je fus comblé : finis le hall étriqué, les éclairages pisseux, les multiples marches à monter ou descendre et le parquet crasseux ! Malheureusement, la salle dédiée à l’oeuvre aux mille fleurs était privatisée : un défilé de mode s’y déroulait le soir même, organisé par la maison Gucciotte dans le cadre de la Fashion Week.

Je remis le paquet deux semaines plus tard. Stupeur ! Une affiche, ejusdem farinae que celles précitées, me signifia que le musée était définitivement fermé. « Pour en savoir plus, flashez ce QR code ». Nul code sur ce torchon : il figurait sur une autre affiche, format A2 et imprimée, fixée dans un cadre sur la palissade du chantier. Que je ne pus scanner, mon téléphone n’étant pas connecté à l’internet.

J’eus l’explication : la nouvelle ministre des Contenus culturels (nouvelle appellation du ministère concerné), Faune Pellegrin, avait pris la décision, en accord avec le Président de la République et l’Union Européenne, de sortir les musées nationaux encore non autonomes financièrement du giron de l’Etat (opération promue par Ingrid Micron, l’épouse du Président), et de les confier à des fondations « afin de réduire le fardeau de la dette ». Clumet revenait à celle créée par le milliardaire et mécène Marc Toutdroit de la Carrière. Les oeuvres, qui dormaient physiquement dans le musée, « tournaient » désormais dans des lieux culturels prestigieux à l’international : Venise, Abu Dhabi, Shanghai, Barcelone…

Consolation : on peut toutefois les contempler sur le web à condition, bien sûr, de s’abonner à Gogol Artefacts (99,99 € par mois).

Je mourrai sans revoir mon oeuvre aux Mille Fleurs, sauf dans un vieux Skira en noir et blanc, ou bien un Taschen des années 70 aux couleurs fausses…

Laisser un commentaire

The Greta Watcher (4)

Climatosceptiques = SS ?

Faut-il absolument une solution à deux Etats : un Etat palestinien et un Etat-Nyahou ? Même dans l’horreur de l’adversité, il faut une dose d’humour, sinon on se flingue…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] un article sur le curare dans Science et Vie, un autre sur les épidémies d'hépatite dans France-Soir, les aventures du commissaire Bougret et de son fidèle adjoint Charolles dans les Rubriques-à-brac de Gotlib, plusieurs faits divers sur les habituels scandales financiers du cinéma français, une lecture hâtive du Cid, un roman policier d'Agatha Christie intitulé La Mort dans les nuages, un film avec Danny Kaye dont le titre anglais est Knock on Wood et le titre français Un grain de folie."

Dans la rubrique Faux-nez (1/2) du 1er février 20211, à l’entrée « climatosceptique », j’avais écrit ceci : « Mot signifiant peu ou prou « ne croyant pas aux tendances futures du climat », et dont on affuble en réalité ceux qui doutent que ces tendances puissent avoir, en partie ou en totalité, une origine humaine, ce qui n’est pas la même chose ! Le débat est interdit : contredire le GIEC est un blasphème (faire les « gros yeux »…). Faut-il rappeler que le GIEC n’est pas un organisme scientifique ni une association de chercheurs, mais une association intergouvernementale qui examine et synthétise ce qui s’est publié dans la littérature scientifique sur la question de l’influence de l’homme sur le climat . Autrement dit, le GIEC n’est qu’un comité de relecture – et dans lequel les décisions se votent à main levée ! Quand les faits scientifiques relèvent de l’opinion… Les climatosceptiques ne sont pas encore des révisionnistes, voire des négationnistes, mais çà ne saurait tarder !2«  Certains m’avaient dit : « Tu exagères… »

Eh bien, on y est…

Voici ce que nous apprend la publication en ligne Strategic Alert du 7 septembre 2023 : Norbert Häring, chroniqueur du quotidien allemand Handelsblatt, s’est penché sur deux entités à savoir le NKD (Netzwerk Klimajournalismus Deutschland – Réseau allemand de journalisme climatique) et le britannique WWA (World Weather Attribution)3.

Norbert Häring.

Le premier a publié une charte signée par 302 journalistes allemands. Le second a publié (en douze langues !) un Guide sur l’attribution [de causes qui dérèglent le climat] par les journalistes : les événements météorologiques extrêmes et le changement climatique4.

« Ce n’est plus du journalisme,
mais de la propagande. »

Norbert Häring

Selon la Charte, la tâche des journalistes spécialisés dans le climat est de « reconnaître que le colonialisme et le paradigme de la croissance sont les causes de la crise climatique ». Elle consiste aussi « à déclarer que la crise climatique est une menace pour la démocratie et les droits fondamentaux ». Autant il faut en finir avec le colonialisme, autant ce texte exhale des relents wokistes : on sent que le développement ou le nucléaire sont forcément des instruments oppressifs créés par des mâles blancs hétérosexuels populistes sino-russes d’extrême droite… Ainsi, pour un exemple concret de la mise en oeuvre de la doxa du NKD, une publication Instagram de la chaîne publique WDR préconise de remplacer « changement climatique » par « crise climatique » (ce qui est déjà fait par tous), et « climato-sceptique » par « climato-négationniste ». Nous y voilà.

« zu einem klaren ethischen Ziel » : dans un but éthique… mon oeil !

Dans Briefing sur le climat, un autre document du NKD, il est recommandé de marteler la litanie suivante : « 99% des scientifiques sont d’accord » sur le changement climatique d’origine humaine. Häring commente : « […] la science a établi que les gens sont prêts à dire n’importe quoi si on leur répète assez souvent que la science l’a établi. » Et il ajoute : « Ce n’est plus du journalisme, mais de la propagande. »

Quant au Guide rédigé par le WWA, de même orientation, l’introduction à son édition allemande a été rédigée par Ozden Terli, le présentateur météo de la ZDF… Présentateurs météo, au rapport ! Pas d’écarts ! Norbert Häring souligne que parmi les sponsors de la WWA, figure le tristement célèbre Impérial College of London, qui a fourni des bases pseudo-scientifiques pour des contre-mesures environnementales…

Evelyne Dhéliat n’a plus qu’à bien se tenir…

On attend plus qu’un tribunal de Nuremberg pour climato-révisionnistes… Ne riez pas : certains parlent déjà du Tribunal pénal international pour non-respect des accords de Kyoto…

Oui : gros yeux !

1 https://champouin.blog/2021/02/01/faux-nez-1/

2 Souligné aujourd’hui par moi.

3 https://www.worldweatherattribution.org/wp-content/uploads/FR_WWA-Les-evenements-meteorologiques-extremes-et-le-changement-climatique.pdf

4 https://www.strategicalert.news/fr/

Laisser un commentaire

Le vieux monde est derrière toi

Il paraît que j’agace beaucoup mes proches avec « mes positions sur la Russie », différentes de celles du narratif de la « communauté internationale ». A vrai dire, la vraie question n’est pas cette guerre, dans laquelle aussi bien les Russes que les Ukrainiens piétinent. Je vous vois venir me faire les gros yeux : « il va le dire ! » Eh bien non : il ne s’agit même pas de l’Otan contre la Russie et la Chine, car çà n’est qu’une conséquence.

Ce dont il s’agit, c’est un changement de paradigme. L’idéologie libérale des obsédés de la dette, avec son bras droit la Démocratie (je vais en reparler) et son bras gauche la transition énergétique, est un échec. Entendre Antonio Gutterres, secrétaire général de l’Onu (pauvre type !), déclarer « Le monde est en ébullition » est pathétique, mais révélateur d’un système de pensée politique aux abois…

Le cerveau d’Antonio Gutteres est en ébullition…

Pire, c’est une crise de civilisation : abandon de la culture classique au profit d’un entertainment planétaire (téléréalité, foot…), enseignements scolaire et universitaire incapables de former des scientifiques ou des dirigeants dignes de ce nom, déclin des infrastructures et des services publics, tiers-mondisation des nations occidentales, recul de l’espérance de vie à la naissance, embryon de dictature – n’est-ce pas, Macron ? Nous sommes totalement empêtrés dans une politique étrangère conçue pour perpétuer l’hostilité envers la Russie et ruiner les relations avec la Chine, au détriment de notre prospérité et de notre système social. Nous avons besoin d’un changement fondamental dans l’orientation de la politique et rejeter l’ensemble du paradigme néolibéral et vert.

Or le « bloc occidental » est minoritaire dans le monde. Il n’est pas légitime pour donner des leçons de paix stratégique, sociale ou environnementale. Du coup, on assiste actuellement à l’émergence d’un mouvement de « non-alignés » (Afrique, Amérique du Sud) et à une montée en puissance de la Chine et de l’Inde, les fameux BRICS (la Russie en fait aussi partie) dont il convenait de dire il y a peu que c’était un pétard mouillé. Il s’agit en réalité d’une véritable offensive anti-libérale de la part de ces pays qui font le lien entre crise sociale, financière et guerre en Ukraine ou ailleurs. Lula (illustration de bannière) en est un des chefs de file. La logique de confrontation des blocs, mais c’était le monde d’avant, celle de la peur des « Rouges » !

L’écrivaine d’origine cubaine Zoé Valdes, de nationalités française et espagnole, s’est présentée aux législatives en Espagne pour le parti d’extrême droite Vox « afin de lutter contre le communisme » !

Non seulement les pays non-occidentaux proposent une architecture financière alternative en refusant le dollar et l’euro comme standards de transaction, mais au « Sommet pour un nouveau pacte financier mondial », le « machin » tenu à Paris les 22 et 23 juin, ils ont préféré parler des fins de mois plutôt que de la fin du monde, car l’argent qui a financé la guerre en Ukraine aurait pu permettre le développement en Afrique.

La logique de confrontation des blocs,
c’était le monde d’avant !

Après la peur des Rouges, celle des Jaunes : il est de bon ton de dénoncer une direction chinoise « sanguinaire et tyrannique ». Mettons-nous plutôt à la place des Chinois : quand ils regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ? Ils voient d’abord des dirigeants anciens banquiers et avocats d’affaires… Bel exemple de moralité, quand bon nombre de leurs homologues chinois sont ingénieurs de formation ! Ensuite, ils ne voient aucune vision à long terme, quand eux raisonnent sur un siècle. D’autre part la vie politique des pays de l’Ouest est rythmée par ce que dénonçait De Gaulle : le régime des partis… Alors les Chinois se demandent : « pourquoi ces pays ne réalisent-ils plus de développement économique, alors que nous y sommes arrivés ? »

« Je lui parlai de la France, il me parla du Parti Radical ! » (De Gaulle à propos de son entretien avec Edouard Herriot)

La réponse est simple : le but d’un Etat, c’est d’imposer le développement ! Utiliser son autorité pour le bien public ! Car le premier droit, c’est celui de pouvoir se nourrir, se loger, se soigner, pouvoir travailler, etc. Quand Spinoza affirme que la liberté doit être la finalité de l’Etat, veut-il dire la liberté le ventre vide ? Quel est le périmètre de la « Démocratie » occidentale ? En ce sens, le véritable modèle de la Chine n’est pas celui des pays communistes, mais celui de Singapour*.

*A la différence que Singapour a gardé quelques mauvaises habitudes de son ancien colonisateur britannique, comme le blanchiment d’argent…

Evidemment, dans la « communauté internationale », celle située dans le camp du Bien, il est convenu de dénoncer l’initiative One Road, one Belt (mal traduite par « Ceinture et Route »*) et appelée de façon informelle La nouvelle Route de la Soie, excellente métaphore. Salauds de Chinois qui laissent une dette colossale à « nos » pays du Sud ! C’est sans compter les réalisations infrastructurelles effectives de ces initiatives, ce que n’ont pas permis les plans type FMI/Banque mondiale.

*Les Chinois étant très avisés, je dirais « Ceinture et Bretelles » !

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la tentative désespérée de l’Otan et ses caniches de se lancer dans une économie et une logique de guerre plutôt que de chercher un plan de paix et de développement. Le reste est du verbiage d' »experts » et de « spécialistes » politico-médiatiques, hier de la Covid, aujourd’hui de la Russie…

L’organisation Humanity for Peace (L’humanité pour la paix), une vaste coalition d’organisations, a annoncé sa mobilisation du 6 au 9 août 2023, date de commémoration du bombardement atomique de Hiroshima. Cf. https://solidariteetprogres.fr/nos-actions-20/actions/le-6-aout-l-humanite-manifestera.html .

Alors cours, camarade, et retrouve Le Champouin le 1er septembre !

Laisser un commentaire

Parlez dans l’Hygiaphone !

Spécial 1er mai !

Pourrissement ?

J’ai retrouvé cette petite pépite de 1985. Il s’agit de l’un des poèmes les plus connus de Joby Bernabé, poète martiniquais né en 1945 :

Joby Bernabé, La logique du pourrissement, 1985.

Mort de Harry Belafonte : un partisan de première heure du Mouvement des droits civiques de Martin Luther King, et un militant pour la paix. Kennedy le nomma comme consultant dans les Peace Corps, dont les volontaires travaillaient de concert avec des gouvernements, des écoles, et des entrepreneurs sur des sujets comme l’éducation, la santé, l’agriculture dans les pays en développement. Un autre artiste fut plus engagé encore : Paul Robeson (1898-1976), authentique militant communiste, et tête de turc du maccarthysme.

On peut penser ce qu’on veut de la fonction publique (FP) : inertie, corporatisme syndical, agents planqués, manque de motivation derrière le guichet, déconnexion du monde économique, népotisme… Ce sont souvent des réalités qui ne doivent plus être. Mais ces constats sont utilisés par les élites euro-libérales pour dégraisser le « mammouth » public et le mettre au pas du secteur privé, sans se soucier de la raison pour laquelle une FP existe. Je n’ai qu’une insulte à leur adresse : « comptables ! » Et au guichet, vous êtes priés de parler dans l’Hygiaphone !

Les élites ont donc mis la FP à l’aune du privé via des critères de management, un mot même pas français. Oh, pardon nous sommes une start-up nation ! Voici donc un florilège de novlangue orwellienne due à cette nouvelle orientation, cette nouvelle politique, euh… gouvernance, qui déterminera l’efficacité… euh, l’efficience de la FP .

[Sur le management, lire : Johann Chapoutot, Libres d’obéir – Le management, du nazisme à aujourd’hui, nrf essais, Gallimard, 2020 : tout sur les inventeurs du management moderne, Herbert Backe ou Reinhard Höhn, des « rationalisateurs de la performance » du IIIème Reich, reconvertis après-guerre en gourous du management… – Dans un autre registre : Jean-Bill Duval, Karim Duval, Petit précis de culture bullshit, Le Robert, 2023.]

Il n’y a plus donc d’administrations, de services, d’établissements ni de prestataires*. Il n’y a plus que des opérateurs, voire des acteurs ! Hollywood devant la machine à café ! Ces opérateurs, dont on détermine le périmètre, sont sous la tutelle d’autres opérateurs… ou plutôt ils ont ces derniers comme niveau de portage.

*On a introduit des prestataires, puisqu’on a désormais dénié aux fonctionnaires le droit de planter un simple clou…

Le niveau de portage du sac de la vieille dame…

Les fonctionnaires sont groupés par corps de métiers, c’est-à-dire par corps (tout court). Bon, il y a mieux que « corps », lesquels devraient d’ailleurs être redéfinis et actualisés, mais on emploie aujourd’hui le néologisme filière métiers, anglicisme tête-à-claque qui consiste à juxtaposer deux substantifs sans préposition entre les deux. Le personnel est remplacé par les personnels, autre anglicisme, et la direction du personnel remplacée par la direction RH, laquelle s’appelle ainsi car l’humain n’est plus pris en cause. Les postes déterminent les effectifs… mais çà, c’était avant. Depuis la LOLF, nouvelle comptabilité publique depuis 2001*, on compte les agents en EPTP (équivalents temps plein travaillés). L’inhumain, encore…

*Cette nouvelle comptabilité alloue désormais les « enveloppes » en fonction d’objectifs, ce qui est une bonne chose. Mais ceux-ci ne sont pas qualitatifs : ce sont des objectifs de performance

Comment tout cela marche ? Grâce aux moyens humains (?), financiers et juridiques alloués aux opérateurs de la FP. Pardon : grâce à la boîte à outils. Exemple : la boîte à outils RH. Et ce qu’on appelait autrefois « services généraux », s’appelle maintenant fonctions « transversales », par opposition aux fonctions « sectorielles ». Toutefois, on emploie là encore cet anglicisme de fonctions support ! A propos de moyens juridiques, on ne parle plus d’application d’un texte du général au particulier, mais de déclinaison ou de transcription.

Alors on ne dirige plus, mais on pilote. On ne décide plus mais on rend des arbitrages. Et ensuite on finalise, et on attend que ce soit décidé, pardon, acté. Si les choses changent, on ne parlera plus d’hypothèses (d’évolution, de décision) mais de scénarios (Hollywood, encore !) qu’il faudra valider.

On ne dirige plus mais on pilote.

Donc les fonctionnaires fonctionnent, et leur travail est cadré par des notes et des mémos, maintenant des modes opératoires et des consignes opérationnelles, qu’il faudra incrémenter (moi, je les excrémente !)… Celles-ci décriront les modalités des missions qui impacteront le service. Lesquelles missions, de plus en plus, ont été façonnées par des consultants issus de « cabinets de conseil » (Mc Kinsey, Deloitte, KPMG, etc) et dont le but est « d’enjamber » les fonctionnaires.

Voilà l’idéologie des nouveaux n+1, n+2, n+3, etc. Oui : les brasseurs de vent qui « bullshitent » beaucoup, ceux-là même qui ont voté Macron, et qui aujourd’hui, tandis que leurs subordonnés de catégorie C viennent au travail en RER et métro, se la pètent en arrivant le matin avec leur vélo électrique, et se gargarisent de mots tels que « développement durable » et « diversité », tandis que 1. leurs batteries de vélo exploitent les Congolais dans les mines de cobalt et que 2. leur « diversité » exclut les banlieusards et les agents de plus de 60 ans.

Sans faire du Bourdieu à deux balles, je pense qu’il y a des coups de pied au niveau du cul qui se perdent.

Curieusement, les agents ne sont pas encore des collaborateurs, comme dans le privé. En tout cas, les fossoyeurs de la fonction publique, ainsi que la nouvelle génération de chefs de service technocrates carriéristes, collaborent bien, eux !

Il fut une époque où on en a fusillé pour moins que çà.

Une réponse à « Parlez dans l’Hygiaphone ! »

  1. Avatar de rions mes frères.
    rions mes frères.

    Dans le même ordre de « bullshitting  » il y a le film « les 2 Alfred » avec les excellents frères Podalydès, où il est question d’un poste de « consulting process » à pourvoir dans une start up. Va comprendre !

    J’aime

Laisser un commentaire

Dekoikonparle ? (5)

Le nucléaire

(Pas mal, mon centrage de texte sur l’illustration ci-dessus…)

Edifiant : dans Le Parisien du 14 octobre, un reportage sur ce que le nom de Samuel Paty représente pour les collégiens et lycéens franciliens. Je passe sur « Samuel Paty, il est au PSG, c’est çà ? »… Pas forcément d’hostilité manifeste, mais pour la plupart quelque chose du genre : « Ah oui, c’est le prof qui s’est fait tuer parce qu’il allait trop loin* »… Et déjà, à l’annonce de la commémoration de sa mort, des menaces de la part de parents…

*Souligné par nous.

A l’heure où « l’urgence climatique » nous recommande en même temps d’éviter et de préférer l’énergie nucléaire, et où d’autre part un conflit atomique est malheureusement envisageable, la chose – « le nucléaire » – est d’actualité.

L’opinion a été marquée par Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011). La cause de Tchernobyl, c’est l’incompétence du personnel de la centrale et des dirigeants soviétiques, non la technologie per se. Celle de Fukushima, c’est un tsunami (même remarque). Quand à Three Mile Island, le coeur a fondu mais la cuve étanche a rempli son rôle. Il n’y a donc pas eu d’accident nucléaire à cet endroit*. Le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert, écrit aujourd’hui, mentionnerait « Nucléaire : toujours être contre ». Marie Curie au poteau ! Mais comment être contre un principe physique ? Pourquoi pas contre la gravitation ou contre le Gulf Stream ? Mais au fait, quand on dit « le nucléaire », dekoikonparle ?

*Il est en effet important de savoir de quoi l’on parle. A la suite des dysfonctionnements de Three Mile Island, les faiseurs d’opinion environnementalistes et médiatiques comme Jane Fonda furent déchaînés et il y eut ce film : Le Syndrome chinois. Ce « syndrome » serait le fait que la fusion extrême d’un réacteur américain ferait celui-ci s’enfoncer au point de ressortir à l’autre bout de la planète, à savoir en Chine (qui n’est même pas l’antipode des USA…) ! A supposer que cela soit vrai (les scientifiques en ont beaucoup ri), la gravité ferait qu’il resterait bloqué au centre… Beaucoup de gens sont devenus anti-nucléaires malheureusement à cause de ce film.

Toutes les technologies employées aujourd’hui pour exploiter l’énergie nucléaire relèvent de la fission : il s’agit de scinder des noyaux d’atomes lourds. Cette fission dégage de la chaleur. A partir de là, le schéma est le même que pour une centrale thermique : la chaleur produit de la vapeur qui alimente un alternateur. Sauf que la quantité de combustible (quelques grammes d’isotope) est infime : c’est l’avantage.

Eh bien même pour la fission, le nucléaire ne veut rien dire !

S’agit-il de réacteurs à barres de graphite, à eau pressurisée, à eau bouillante, à haute température, à lit de boulets, refroidis au gaz, à sels fondus (au thorium au lieu d’uranium), à eau supercritique, à caloporteur plomb ? Il y en a d’autres. Je ne vais pas rentrer ici dans les détails ! Mais quand j’entends Macron défendre le nucléaire*, c’est un idiot. Il est juste là pour défendre les nucléocrates de l’EPR (on dit en français REP : réacteur à eau pressurisée), une technologie déjà dépassée ! Surtout quand on privilégie des « cathédrales » comme Flamanville, dont les « merdes arrivent en escadrille ». Il faudrait au contraire multiplier des unités plus petites, comme les centrales flottantes.

*et en même temps les moulins à vent 2.0… En tous cas tout cela révèle l’absence de culture scientifique des dirigeants occidentaux, la plupart banquiers ou avocats d’affaires…

Les « sels de fonte » entrant dans la composition de la Vache-qui-rit n’ont rien à voir avec les réacteurs à sels fondus !

« Bon, d’accord, mais les déchets ?

Cà tombe bien, il y a aussi des technologies pour résoudre le problème… sauf que les comptables au pouvoir, ainsi que les obsédés de la dette* ont réussi à saboter les projets Superphénix en 1998, Phénix en 2010 et Astrid en 2019 : il n’y a pas de quoi être fier… Superphénix était un surrégénérateur, à savoir un réacteur à neutrons rapides à caloporteur sodium pouvant fonctionner au plutonium 239, mais aussi au MOX (plutonium sur support d’uranium appauvri) issu du retraitement du combustible usé. Astrid était un projet analogue, mais plus avancé, notamment dans la transmutation des déchets. Ces trois projets, c’était çà aussi le nucléaire !

*Néo-Dictionnaire de idées reçues : « Grands projets : toujours pharaoniques« .

Superphénix (Creys-Malville, France).

Eh, anti-nuc, tu crois t’en tirer comme çà ? Je n’ai parlé que de la fission ! Mais il y a aussi la fusion. C’est la technologie dans laquelle deux noyaux atomiques de deutérium s’assemblent pour former un noyau plus lourd. Cà aussi, c’est le nucléaire. Et c’est très écolo : cette réaction est à l’œuvre de manière naturelle dans le Soleil. Au lieu d’essayer de capter péniblement l’énergie solaire via des panneaux, il n’y a qu’à reproduire le processus, qui résout de surcroît le problème des déchets !

Il est de bon ton de dire ou d’écrire : « OK, la fusion, mais dans quarante ans, peut-être… ». On disait et écrivait déjà cela en 1970, volonté urgente de ne rien faire… Aujourd’hui il y a le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) à Cadarache, un réacteur de type tokamak (concept soviétique au départ), auquel participent 35 pays. Cà aussi c’est le nucléaire, Macron ! Que va-t-on inventer pour le saboter ? La participation des Russes, la « sobriété » ? Macron et consorts ne voient pas l’évolution technologique entre les plusieurs générations du nucléaire, et ne comprennent pas la légitimité des prototypes expérimentaux, forcément couteux.

ITER (Cadarache, France).

[Pour aller plus loin, je vous recommande : Yves Paumier, Les énergies du futur, in Fusion, hors-série n°05, 2005. Les archives de feu l’excellent magazine scientifique Fusion (le bien-nommé), dont votre serviteur avait eu l’occasion de traduire quelques articles, sont aujourd’hui disponibles sur le site La recherche du Bonheur, de Jean-Gabriel Mahéo : http://www.larecherchedubonheur.com/article-27284380.html .]

« Mais attendez maintenant, vous allez voir la suiiii-te », chantait Boby Lapointe. Car je n’ai parlé que du nucléaire civil. Il y a aussi le nucléaire militaire. La Bombe, quoi !

Car il y a la bombe A, la bombe H et la bombe à neutrons. Alors, quand on dit « la bombe », dekoikonparle ?

Décidément, on ne va pas s’en sortir…

Guy Béart, le Grand Chambardement.

Laisser un commentaire

Soyez modernes : prenez le train !

Sur Salman Rushdie : on n’a pas tellement entendu de personnalités médiatiques à ce sujet… Fallait-il qu’il fût mort ? Et je parie que si Mmes Hidalgo ou Rousseau en ont parlé, elles n’ont pas employé le mot « islamiste »… J’invite en tous cas tout le monde à lire le billet qu’Etienne Ruhaud a publié, à propos de l’attentat contre Rushdie, sur son site https://pagepaysage.wordpress.com/ .

Sur la « sobriété » ordonnée par Elisabeth Thatcher Borne : les modèles Schacht/Hitler et Pinochet ne marchant plus, on instaure l’austérité au nom du dérèglement climatique, et au nom de la guerre en Ukraine… On aura toutefois remarqué que l’inflation massive des matières premières a commencé bien avant le conflit, il y a plus de deux ans, dû au fait que « les marchés » relèvent du casino ! A propos d’austérité environnementale, à lire le très bon article du hors série n° 3 du magazine scientifique epsiloon, consacré à l’infini, qui compare de manière objective et honnête cornucopiens (ceux pour qui le progrès repousse sans cesse les limites) et néomalthusiens (la croissance se heurte au mur des ressources). Pour une fois les cornucopiens ne sont pas qualifiés de scientistes !

Bonne rentrée à tous. Avez-vous bien voyagé ? Si oui, avez-vous pris le train ? Voire le métro !

marcjoly, votre serviteur (oui, il n’y a pas de majuscule à marcjoly), s’est souvent présenté comme un passionné des transports urbains et/ou ferrés*, mais ne vous en a pas fait profiter, à part la rubrique Métro loufoque dans laquelle on parle assez peu de métro ! Il faut que je « liquide » cette dernière (courage, encore sept lignes…). et que je passe au choses « sérieuses », notamment avec mon comparatif des réseaux de métro, et avec mon projet de rebaptême intelligent et légitime des noms de stations, non pas loufoque mais dans un souci de cohérence…

*A propos, connaissiez-vous la Boutique du train : ce magasin, qui se situait dans la gare St-Lazare, côté rue d’Amsterdam, avait fermé il y a quelques années pour réaménagement de la gare. Et j’en étais fort marri. En réalité, elle avait juste déménagé plus haut, 29 rue de Clichy. Livres, vidéo et gadgets « autour » du ferroviaire.

En tous cas, les choses sont en train (!) de changer, car un vent nouveau, frais et stimulant arrive grâce à la jeune génération. Quelques millenials consacrent des chaînes Youtube aux transports ferrés : Le Ferrovipathe et Urban Traveller presque exclusivement, Merci Citron et Princesse Armire parmi d’autres sujets. Je vous recommande de taper ces noms en mots-clé et de les mettre en favoris. Ces jeunes ont les défauts de leurs qualités et les qualités de leurs défauts : un peu wokistes, faiblards en culture générale et historique, mais passionnés par des sujets (trains, métros, réseaux) qui semblent a priori ne pas coller à l’air du temps. Ainsi le ferroviaire intéresserait d’autres individus que des cégétistes alcooliques abonnés à La Vie du Rail ! Pourtant ces jeunes gens ne sont pas étudiants en ingéniérie ou en économie des transports, et ne travaillent pas à la RATP ou la SNCF.

Un exemple très didactique du Ferrovipathe à propos du métro parisien.

Ainsi, j’ai été ainsi surpris de voir que le projet saboté de l’aérotrain de Bertin, qu’il fut bon ton de décrier (« utopique », « pharaonique », « gabegie », « non rentable », « fantaisiste », « ne marchera jamais », etc.) soit défendu plus de 50 ans après par cette génération – et aussi quelques trentenaires et quadras qui ont monté une ou deux start-up dans cet objectif. Princesse Armire déclare avoir été le plus attaqué, à la suite de ses vidéos, non sur son ambivalence sexuelle ostensible, mais sur sa défense de l’aérotrain ! Il y a encore quelques scrogneugneu, ceux que j’appellerai les comptables, qui n’ont pas digéré cette insolence ferroviaire. J’en profite pour dire que la grande vitesse n’aurait pas du passer par une technologie classique « upgradée » (le TGV), mais par une infrastructure inédite, sans frottement, à savoir aujourd’hui la sustentation magnétique, beaucoup plus « rentable » que le TGV nécessitant une maintenance de la voie, de la chaîne câbles/caténaires/pantographes et des bogies de roulement.

Cette gare inutile fut en réalité, en échange de l’abandon du projet d’aérotrain, un cadeau au lobby sidérurgique (Schneider, au Creusot) qui fabriquait le bon vieux rail et non la voie en béton de Bertin.

Toutes ces vidéos, grâce à des « tours de France ferroviaires » par exemple, font ressortir l’incurie de nos dirigeants en matière de réseaux. Exercices qui montrent qu’il n’est pas facile de voyager partout en train : nous minimisons le nombre de voies abandonnées, fermées pour manque d’entretien ou pour « absence de rentabilité ». Pourtant, pour ces « petites » lignes, les solutions existent : navettes à motorisation hybride composées d’une ou deux voitures, cadencement synchronisé aux correspondances, arrêt à la demande comme dans le bus, accessibilité intégrale aux personnes à mobilité réduite, stationnement P+R à proximité des arrêts… Nos youtubeurs cités supra revendiquent que nos décideurs doivent à nouveau miser sur les trafics local et intercités au détriment de la grande vitesse. Je ne suis pas d’accord : il faut miser sur les trois à la fois, plus le fret de surcroît ! Le problème est plutôt que le bon vieux maillage partant de Paris a été réitéré pour la grande vitesse : même si le principe du hub n’est pas mauvais en soi, Lyon-Nantes doit-il passer par Paris pour laisser Vierzon et Bourges de côté ? Enfin les écolos, toujours prompts à dégainer leur vélo ou trottinette de centre-métropole, se sont désintéressés des transports extra-urbains (trop « gilets jaunes » à leur goût) voire y ont été hostiles au nom de l’environnement.

La ligne (exploitée par Kéolis !) qu’on appelle encore Le Blanc-Argent, du nom de ses deux anciens terminus, ne parcourt plus que Salbris – Luçay-le -Mâle : elle est trop détériorée à ses extrémités.

Revenons à nos nouveaux passeurs. Ils voyagent et ont été éblouis par la Suisse (et le Japon, pays quelque peu similaire), patrie non seulement des trains, mais aussi des « solutions de transport » tous azimuts dans un pays montagneux au possible : tram, tram-train, train « classique », train à crémaillère – toutes motorisations et tous écartements de voie – et aussi funiculaires ou téléphériques… L’on dira que les trains suisses sont chers, ce qui est vrai (tout est cher en Suisse), et qu’en plus de la CFF, il y a pléthore de compagnies privées (ou des sociétés d’économie mixte). Eh bien, on en a pour son argent : trains à l’heure, cadencement à heures fixes (15 mn de correspondance maximum), desserte intégrale des zones rurales, tarifs transparents (suivez mon regard…) et titres de transport standard utilisables sur tous les trains, funiculaires, navettes lacustres, etc. Surtout, l’on remarquera que la Suisse n’appartient pas à l’Union européenne, qu’il est donc permis de creuser le déficit pour bâtir des infrastructures, et que les banques prêtent. En France, RailCoop, un opérateur privé qui veut relancer les lignes secondaires, n’intéresse pas les bailleurs de fonds…

Alors prenons le train du Futur !

Laisser un commentaire

Entrevue exclusive avec Charles de Gaulle

De nouveaux lecteurs, assidus je l’espère, de ce blog : les amis Denis Veysset et Yannick Baudry ! A eux d’abreuver ce site de commentaires, histoire que ce ne soit pas toujours la Pacompry, la Laplanche et le Ruhaud…

Nous sommes intimidés et émus : Le Champouin est heureux d’avoir obtenu un entretien avec le général de Gaulle, à l’occasion d’une visite outre-tombe de ce dernier. Le général, avec ses qualités et ses défauts, nous a quelque peu malmenés. Nous reproduisons ici l’intégralité de cette rencontre.

LE CHAMPOUIN [Emus et hésitants] : Mon général, c’est un honneur de nous recevoir. Après cinquante-deux ans d’absence, que pensez-vous de la politique française ?

CHARLES DE GAULLE : Vous ne me demandez même pas ce que je pense du Monde ! Les vieux démons des puissances d’argent ont encore plus de démangeaisons, et les Américains continuent de pousser au crime. Nous sommes à nouveau en plein tumulte des années trente ! Nous avons cédé aux puissances étrangères : c’est la démission du diplomate, et la trahison du militaire. J’avais eu raison de me méfier de l’OTAN. Tout ça pour ça ! [Un temps] J’ai une pensée pour cet Est, mais aussi pour cet Orient qui ne s’est pas simplifié, bien au contraire.

LC : Et les politiques français ?

Ch de G : Franchement, c’est pire que sous la IVe, et je ne vous parle même pas de la IIIe ! Il faut à nouveau donner un coup de pied dans les partis. [clin d’oeil…] Quant aux Français, ils sont naturellement retournés à leurs petites préoccupations, à la défense de leurs petits intérêts, à leurs petites querelles.

LC : Que pensez-vous de Macron ?

Ch de G : Ce gamin, c’est Mitterrand ! Un Rastignac tout en jésuitisme, et la banque Rothschild comme Pompidou. Ceux-là savent tuer le Père ! De toute façon, le centre, ce sont les puissances d’argent.

LC : Et Valérie Pécresse ?

Ch de G : La fonction de président ne sied pas à une femme. Et puis, je crains fort qu’elle soit encore plus libérale que Macron. Toujours les puissances d’argent… Pour paraphraser un de vos slogans : gaullistes partout, gaulliens nulle part !

Les écologistes,
c’est les soviets moins l’électricité.

LC : Et Marine Le Pen ? Çà fait un peu Algérie française, pour vous…

Ch de G : J’ai peu de sympathie pour les familles de millionnaires… Mais vous m’agacez, à la fin, avec votre litanie des candidats à la candidature ! Je suis capable de les citer moi-même ! Mme Taubira, par exemple, même le Parti Radical ne se reconnaît pas dans cette transparence – c’est dire ! Quant à Mme Hidalgo, elle porte de belles robes… Mélenchon ? Il n’est qu’une grande gueule ! Jadot ? C’est un idiot ! Vos « écologistes », c’est les soviets moins l’électricité ! Les candidats que je viens de citer sont tous – vous m’entendez – tous des fossoyeurs de mon grand dessein nucléaire… Seul Roussel et Mme Arthaud me semblent, à défaut d’être réalistes, sensés.

LC : Vous ne nous avez pas parlé d’Eric Zemmour, mon général…

Ch de G : Celui-là est sûr de lui et dominateur … Et puis c’est un Pied-noir : il ne connaît rien à la France industrielle. Mais surtout, il révise l’Histoire. Pour cela, on devrait le fusiller…

LC : Alors, quel aurait été votre candidat idéal ?

Ch de G : Moi-même ! Encore une fois, je dois tout faire dans ce pays, même outre-tombe ! Mais puisque vous insistez, il y aurait ce Georges Kuzmanovic, un vrai souverainiste. Mais il s’y est pris trop tard, et puis, sans argent et avec une presse qui n’aime pas la France… Dans ce pays, on ne favorise que ceux qui sont déjà établis ! A présent, Messieurs, je ne vais pas tarder à me retirer, ce voyage extra-sépulture m’a fatigué. Avez-vous une dernière question ?

LC : Justement, mon général, nous supposons que vous avez reçu d’autres visiteurs…

Ch de G : Evidemment, et les Français ont brillé par leur absence… Et parmi les étrangers, je n’ai reçu que des importuns, des imbéciles et des crapules : Obama, Gorbatchev, Walesa… Ah, il fallait les voir !

LC : Mais les autres ?

Ch de G : Ceux qui sont en place ? Je ne vous aurais rien dit pour des raisons de discrétion, mais rassurez-vous : ils ont tous fait le mort !

[Nous voulions lui parler de la société, d’Histoire, d’économie, des idées et de sujets de fond, mais il fit un geste discret signifiant la fin de l’entretien.]

LC : Merci beaucoup, mon général, c’était un grand honneur…

Ch de G : Vous me l’avez déjà dit.

Cette entrevue imaginaire n’est pas sans rapport avec l’actualité internationale [Cet article est rédigé le 26 février].

Ce blog prend depuis un certain temps une tournure plus polémique (je n’oublie pas le reste), mais on ne peut pas rester dans l’insouciance.

Je recommande à tous le discours de Vladimir Poutine du 24 février, à regarder sur le site de RT News (https://youtu.be/TKIIm2ucrXY). L’Occident en prend, à juste titre, plein la gueule : morgue et arrogance euro-américaine, accords non respectés, entrisme de l’OTAN, mensonges médiatiques de la « communauté internationale », coup d’Etat extérieur néo-nazi en Ukraine… Poutine été très posé et très calme, rien à voir avec un Bolsonaro ou un Trump !

Malheureusement, nous aimons trop le Grand-Frère, comme on dit dans 1984. Une collègue me dit : « Mais il n’y aurait pas un moyen de dire la vérité (selon elle) aux Russes, via l’internet ou autre chose ? » Bien sûr, çà existe : il y a Radio Free Europe/Radio Liberty, organe de propagande américaine, mais il y a aussi… toutes les médias occidentaux. Et bien entendu les Russes ont accès à tout cela. Mais ma collègue ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi le discours de Poutine est si peu disponible sur « nos » médias occidentaux (Mme Michu n’a pas l’internet et ne connaît que RTL et Ouest-France). L’impartialité est le grand principe du journalisme ! Mais pour ma collègue, comme pour la plus grande partie de la population, Poutine est, par postulat et par axiome le méchant, et l’idée de présenter les choses de façon impartiale ne l’a même pas effleuré. C’est lamentable.

Quand on a à ce point lavé les cerveaux, c’est que nous sommes en dictature.

Dernière minute. J’ai sous les yeux Le Parisien du 26, qui titre sans rire, page 14 : « S’informer sans être manipulé ». Ce quotidien, comme les autres journaux, n’a jamais fait allusion au contenu du discours du 24… Juste en dessous, sur la même page, on apprend que le sénateur Laurent Lafon (UDI), ex-conseiller de Marine Le Pen, « a envoyé un courrier au président de l’ARCOM pour demander la suspension de RT France ». Quand Poutine dit qu’il faut dénazifier l’Ukraine…

Laisser un commentaire

Choses désagréables

Un homme politique de ma connaissance (séki ?, séki ?) commençait parfois ses interventions publiques par « je vais vous dire aujourd’hui des choses désagréables ». En effet, si vous ne savez pas que nous sommes au bord d’une guerre nucléaire, c’est que vous dormez (il y a les soldes, le foot et Netflix pour çà). Dire que la Russie n’est pas une démocratie et que Poutine est quelque peu autocrate peut être vrai, mais n’est pas le sujet ! Le sujet, c’est qu’on risque de se prendre un Hiroshima bis.

Qu’on le veuille ou non, l’Ukraine a toujours appartenu à la sphère russe. Le découvrir aujourd’hui, tu parles d’un scoop ! En réalité, faire de ce pays un cheval de Troie de l’OTAN est une provocation, d’autant plus que l’OTAN ne sert plus à rien, si ce n’est à être le bras armé de l’ordolibéralisme et le dernier râle de la bête blessée qu’est l’ « Euromérique ».

D’autant plus que du côté occidental, l’habitude a été prise de régler les Affaires étrangères en se passant des diplomates. Et Vladimir Poutine a rappelé au monde entier les promesses non tenues des principaux dirigeants occidentaux lors de la chute du Mur de Berlin, qu’en échange de la réunification de l’Allemagne au sein de l’OTAN, ils ne chercheraient pas à étendre leur influence vers la Russie (James Baker, 9 février 1990 : « L’OTAN ne bougera pas d’un centimètre vers l’est »). En 1997, la Russie adhère au Conseil OTAN-Russie dont l’un des documents fondateurs affirme que « l’OTAN et la Russie ne se considèrent pas comme des adversaires ».

En 2019, la RAND Corporation, un des plus importants groupes de réflexion américains – et des plus conservateurs -, énumérait « six mesures géopolitiques » que pourraient prendre les Etats-Unis contre la Russie. La numéro trois : « encourager un changement de régime en Biélorussie » et la numéro cinq : « réduire l’influence russe en Asie centrale ».

En 2020, la National Endowment for Democracy (NED), fondation privée à but non lucratif des États-Unis, fondée en 1983 sous le gouvernement de Ronald Reagan, dont l’objectif déclaré par les autorités américaines est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde, a versé plus d’un million de dollars dans une vingtaine de projets au Kazakhstan.

Quant à l’Open Society Foundation de George Soros (réaction de l’ennemi : « vous êtes antisémite ! ». Ce n’est pas le sujet), elle a dépensé presque quatre fois plus d’argent en 2020 au Kazakhstan pour des activités analogues.

La galaxie Open Society.

Mukhtar Ablyazov, ex ministre et ancien banquier recherché par les justices kazakhe, russe et ukrainienne pour corruption et détournement de fonds, se réfugie en Grande-Bretagne en 2009 et informe l’ambassade des Etats-Unis de son intention de provoquer un changement de régime au Kazakhstan.

Encore une de ces révolutions de couleur fabriquée et financée de l’extérieur, comme celle qui a installé un gouvernement néo-nazi en Ukraine en 2014 ! Honte à ceux qui s’ingèrent (« Kissinger » ?). Et comme je ne suis pas Macron, j’ai envie d’emmerder les obsédés de l’OTAN.

Biden-va-t-en-guerre va-t-il persévérer avec la Chine ? J’entends déjà la petite musique : « Oui, mais les Ouïghours ? » Puisque je parlais de cheval de Troie, le Xinjiang en est un du terrorisme islamique, d’où l’état de siège permanent dans cette région.  Jusqu’à 5000 Ouïghours combattent dans divers groupes militants en Syrie et le Xinjiang a connu des vagues d’attentats bataclanesques. Et l’on retrouve le NED et l’Open Society… Concernant les camps de travail pour Ouïghours, c’est un mélange de demi-vérités, de vérités sorties de leur contexte, de fabrications et de mensonges. L’éventail de structures allant de la mine « à la Germinal » jusqu’au quasi Arbeitenlager est une spécialité chinoise, malheureusement, mais pas spécifique au contexte anti-ouïghour.

[sources : lesakerfrancophone.fr, moonofalabama.org, EIR Strategic Alert, Tony Cartalucci (New Eastern Outlook)]

Un mot sur l’Union Européenne : Macron a évoqué la menace russe dans son discours inaugural de la présidence française de l’UE… On a pas attendu ce discours pour savoir que l’UE a l’OTAN comme bras armé. Et on a pas attendu cette présidence pour découvrir la propagande pro-UE. Obligation de faire figurer sur le courrier électronique officiel une bannière « EUROPE2022.FR » aux couleurs européennes. Prêchi-prêcha dans les manuels d’histoire-géographie de cette année : « En quoi l’Union européenne est-elle un nouveau territoire de référence et d’appartenance pour les Européens et les Français ? » (Magnard), « Le sentiment d’appartenance à l’UE est renforcé par la participation de la France à plusieurs programmes [comme] Erasmus + » (Hatier). On n’a pas attendu Erasmus (bon programme au demeurant) pour savoir que les voyages et les rencontres forment la jeunesse, au Portugal, en Allemagne, en Russie, en Chine, en Australie, au Congo, en Inde ou en Bolivie !

Alors n’attendez pas d’avoir un Yankee dans l’kiki, ni un Ruskoff dans l’popoff ! Voilà les choses désagréables que je voulais vous dire.

Contrairement aux apparences, ce n’est pas une charmante lectrice,
Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie,
quand elle n’est pas contente (il manque la « ride du lion ») !

Laisser un commentaire

Ecr. l’inf. (2)

Taqiyya : mot arabe signifiant « dissimulation »

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

Je ne reproduirai pas ici les infâmes affiches du Conseil de l’Europe destinées à « lutter contre les discours de haine antimusulmans » et à promouvoir « la liberté dans le hijab« . Je cite juste le texte de l’une d’entre elles : « Beauty is in diversity as freedom is in hijab. How boring would be the word if everyone would look the same ? Celebrate diversity & respect hijab. » [« La beauté se trouve dans la diversité autant que la liberté dans le hijab. Le monde serait bien monotone si chacun se ressemblait. Célébrons la diversité et respectons le hijab. »]. Pour les béotiens, je rappelle que le hijab désigne « le voile cachant les cheveux, les oreilles et le cou que portent de nombreuses musulmanes » (Le Robert).

Ces affiches portent arborent un #WECAN4HRS (comprendre : « We can for human rights speech ») – on sent la tyrannie des réseaux « sociaux » – et portent les logos de l’Union européenne, du Conseil de l’Europe et de WE CAN avec un coeur dans lequel est écrit : « No Hate« .

WE CAN est une émanation officielle du Conseil de l’Europe. Le rôle du Conseil est d’être « le gardien de la sécurité démocratique, fondée sur les droits de l’Homme, la démocratie et l’état de droit ». De lui émane la fameuse Cour européenne des droits de l’Homme. Y’a un problème.

Le siège du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

En effet, la FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organization), la branche « jeunesse » des Frères Musulmans, et l’EMFW (European Forum of Muslim Women), leur branche « femme », font partie des trente membres du Conseil consultatif de la Jeunesse auprès du Conseil de l’Europe. Comme l’écrit la journaliste Céline Pina le 03 novembre sur le site Figarovox : « Imaginez un peu si ce même conseil avait inclus une organisation néonazie […] dans un conseil consultatif, les cris d’orfraie qui auraient été poussés. » Je cite encore Pina : « Le problème est l’influence grandissante que certaines organisations ont au sein des instances internationales, qu’elles utilisent comme des chevaux de Troie. » Lobbying et taqiyya (dissimulation) comme dirait l’écrivain Mohamed Sifaoui…

« La jeunesse musulmane au Rendez-vous des Jeunes Européens pour débattre de l’avenir de l’Europe », cette fois au Parlement européen.

Autre lobbying en ce domaine, celui de l’Open Society, réseau de fondations créé par George Soros*, dont une des activités consiste à financer des « révolutions de couleur », autrement dit des changements de régime dans des pays dont le régime ne plaît pas à la « communauté internationale ». En bon français, cela s’appelle de l’ingérence…

* Nota : les milieux antisémites, qui voient le complot juif partout, attaquent volontiers Soros, mais évidemment pour de mauvaises raisons… Il est d’ailleurs cocasse que des antisémites attaquent quelqu’un qui soutient des islamistes…

Des membres du Conseil de l’Europe, la France a été la seule à s’indigner, par la voix de Sarah El Hairy, secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement (l’aurait-elle fait s’il n’y avait pas eu d’attentats ?), et le Conseil a déclaré « suspendre » sa campagne. A part les entrefilets AFP de circonstance, des médias confidentiels, Marine Zemmour/Eric Le Pen (ou l’inverse) et Céline Pina déjà citée, seule Caroline Fourest (la seule militante LGBTQ+ opposée aux cultures woke et « inclusive ») en a parlé dans Marianne

Encore une fois : échec de l’idéologie relativiste droits-de-l’hommiste donneuse de leçons ! Les institutions européennes, à force de promouvoir la démocratie dans l’espace public, ont dénié celle dans l’espace privé, et leur conception des droits de l’Homme est particulière car entre ceux-ci et les droits économiques, elles choisissent systématiquement les premiers. Soyez pauvres, mais dans la démocratie !

Quand les Chinois regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ?

Laisser un commentaire

Xi Jinping : 1, Thatcher : 0

C’est fou comme la réalité amène les bonnes questions. Il y a une semaine, lors d’un dîner avec des amis, l’un d’entre eux, quelqu’un d’avisé de surcroît, me dit : « Mais la faillite d’Evergrande, elle risque de provoquer un krach en Chine… ». Or, j’avais rédigé le billet suivant le 9 octobre…

De Zemmour à Jadot, tous libéraux ! Jadot se dit « ni de droite, ni de gauche » mais se dit favorable à « la libre entreprise et l’économie de marché ». Edouard Philippe se réclame en off de Thatcher, et Pécresse dit vouloir être « 2/3 Thatcher, 1/3 Merkel ». Maîtresse Pécresse en dominatrice SM ! Bref, gaullistes partout, gaulliens nulle part !

« You’re already dead crass » chantaient les punks (anglais, les vrais !) à propos du « tas de chair » !

Alors permettez-moi de vous parler de l’économiste italien Michele Geraci, expert de la Chine (https://michelegeraci.com/, site en anglais et en italien), lui-même cité dans le n° 40 de la lettre mensuelle EIR Strategic Alert.

Michele Geraci

On dit toujours : « le jour où la Chine subira un krach financier, ce sera la fin des haricots ». Faux ! Car la Chine possède tous les moyens macro-économiques interdits en Europe pour éviter les crises systémiques ! Je cite Geraci :

  1. Elle émet sa propre monnaie.
  2. Elle décide de la courbe des taux d’intérêt autour d’une table.
  3. Elle n’a aucune limite au déficit.
  4. Elle décide du taux de change autour d’une table.
  5. Elle contrôle le compte courant à travers des politiques commerciales indépendantes.
  6. Elle contrôle les entrées et sorties de capitaux.
  7. Elle n’a pas de monnaie internationale, et n’est donc pas à la merci de Wall Street.
  8. Et enfin, la clé de tout : elle n’a pas de grosse dette extérieure.

Elle a donc tous les leviers qui nous sont refusés ! [Fin de citation]

Bien évidemment, Macron-caniche finit toujours, même après une affaire de sous-marins, par pleurer dans le giron de l’OTAN pour aider celle-ci à aller casser la gueule à ces salauds de Chinois.

Avertissement : certains « souverainistes » frelatés refusent de sortir de l’UE, de la BCE et de l’OTAN.

« Caramba, j’étais pourtant persuadé que ce Z… était souverainiste… »

Laisser un commentaire