
Il paraît que j’agace beaucoup mes proches avec « mes positions sur la Russie », différentes de celles du narratif de la « communauté internationale ». A vrai dire, la vraie question n’est pas cette guerre, dans laquelle aussi bien les Russes que les Ukrainiens piétinent. Je vous vois venir me faire les gros yeux : « il va le dire ! » Eh bien non : il ne s’agit même pas de l’Otan contre la Russie et la Chine, car çà n’est qu’une conséquence.
Ce dont il s’agit, c’est un changement de paradigme. L’idéologie libérale des obsédés de la dette, avec son bras droit la Démocratie (je vais en reparler) et son bras gauche la transition énergétique, est un échec. Entendre Antonio Gutterres, secrétaire général de l’Onu (pauvre type !), déclarer « Le monde est en ébullition » est pathétique, mais révélateur d’un système de pensée politique aux abois…

Pire, c’est une crise de civilisation : abandon de la culture classique au profit d’un entertainment planétaire (téléréalité, foot…), enseignements scolaire et universitaire incapables de former des scientifiques ou des dirigeants dignes de ce nom, déclin des infrastructures et des services publics, tiers-mondisation des nations occidentales, recul de l’espérance de vie à la naissance, embryon de dictature – n’est-ce pas, Macron ? Nous sommes totalement empêtrés dans une politique étrangère conçue pour perpétuer l’hostilité envers la Russie et ruiner les relations avec la Chine, au détriment de notre prospérité et de notre système social. Nous avons besoin d’un changement fondamental dans l’orientation de la politique et rejeter l’ensemble du paradigme néolibéral et vert.
Or le « bloc occidental » est minoritaire dans le monde. Il n’est pas légitime pour donner des leçons de paix stratégique, sociale ou environnementale. Du coup, on assiste actuellement à l’émergence d’un mouvement de « non-alignés » (Afrique, Amérique du Sud) et à une montée en puissance de la Chine et de l’Inde, les fameux BRICS (la Russie en fait aussi partie) dont il convenait de dire il y a peu que c’était un pétard mouillé. Il s’agit en réalité d’une véritable offensive anti-libérale de la part de ces pays qui font le lien entre crise sociale, financière et guerre en Ukraine ou ailleurs. Lula (illustration de bannière) en est un des chefs de file. La logique de confrontation des blocs, mais c’était le monde d’avant, celle de la peur des « Rouges » !
Non seulement les pays non-occidentaux proposent une architecture financière alternative en refusant le dollar et l’euro comme standards de transaction, mais au « Sommet pour un nouveau pacte financier mondial », le « machin » tenu à Paris les 22 et 23 juin, ils ont préféré parler des fins de mois plutôt que de la fin du monde, car l’argent qui a financé la guerre en Ukraine aurait pu permettre le développement en Afrique.
La logique de confrontation des blocs,
c’était le monde d’avant !
Après la peur des Rouges, celle des Jaunes : il est de bon ton de dénoncer une direction chinoise « sanguinaire et tyrannique ». Mettons-nous plutôt à la place des Chinois : quand ils regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ? Ils voient d’abord des dirigeants anciens banquiers et avocats d’affaires… Bel exemple de moralité, quand bon nombre de leurs homologues chinois sont ingénieurs de formation ! Ensuite, ils ne voient aucune vision à long terme, quand eux raisonnent sur un siècle. D’autre part la vie politique des pays de l’Ouest est rythmée par ce que dénonçait De Gaulle : le régime des partis… Alors les Chinois se demandent : « pourquoi ces pays ne réalisent-ils plus de développement économique, alors que nous y sommes arrivés ? »
La réponse est simple : le but d’un Etat, c’est d’imposer le développement ! Utiliser son autorité pour le bien public ! Car le premier droit, c’est celui de pouvoir se nourrir, se loger, se soigner, pouvoir travailler, etc. Quand Spinoza affirme que la liberté doit être la finalité de l’Etat, veut-il dire la liberté le ventre vide ? Quel est le périmètre de la « Démocratie » occidentale ? En ce sens, le véritable modèle de la Chine n’est pas celui des pays communistes, mais celui de Singapour*.
*A la différence que Singapour a gardé quelques mauvaises habitudes de son ancien colonisateur britannique, comme le blanchiment d’argent…
Evidemment, dans la « communauté internationale », celle située dans le camp du Bien, il est convenu de dénoncer l’initiative One Road, one Belt (mal traduite par « Ceinture et Route »*) et appelée de façon informelle La nouvelle Route de la Soie, excellente métaphore. Salauds de Chinois qui laissent une dette colossale à « nos » pays du Sud ! C’est sans compter les réalisations infrastructurelles effectives de ces initiatives, ce que n’ont pas permis les plans type FMI/Banque mondiale.
*Les Chinois étant très avisés, je dirais « Ceinture et Bretelles » !

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la tentative désespérée de l’Otan et ses caniches de se lancer dans une économie et une logique de guerre plutôt que de chercher un plan de paix et de développement. Le reste est du verbiage d' »experts » et de « spécialistes » politico-médiatiques, hier de la Covid, aujourd’hui de la Russie…

Alors cours, camarade, et retrouve Le Champouin le 1er septembre !
































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