Stop « Brutish » geopolitics !

Bonne rentrée à tous, si l’on peut dire…

Viol (par derrière) sans vaseline : c’est le programme de « l’année blanche » ou plutôt noire que Bayrou veut nous imposer. Les médias ont beaucoup insisté sur la suppression de deux jours fériés en 2026*, mais cela n’est pas le plus grave en soi, même s’il y aura fort à parier qu’il y aura un « effet cliquet » : ce sera définitif. Le reste est ahurissant : gel des pensions de retraite, des prestations sociales, des budgets de services publics, des rémunérations des fonctionnaires, baisse des droits des demandeurs d’emploi ; déremboursements des médicaments et des consultations. Et mesures qui pourraient prises par ordonnance dès l’automne. Retour, donc, au 19ème siècle pour un patronat qui n’a digéré ni les luttes syndicales d’entre 1880 et 1920, ni le Front populaire, ni les mesures issues du Conseil national de la Résistance, ni celles des accords de Grenelle. Retour aussi aux années 30 avec une économie de guerre à la Hjalmar Schacht ! Ach ! Retour à Pinochet. Retour à Thatcher. Retour aux « conditionnalités » du FMI… L’Occident, qui s’est effondré par l’obsession de la dette, croit utiliser l’obsession de la dette comme remède… et va s’effondrer encore. Pendant ce temps, les Chinois, adultes, se taisent et agissent …

*Personnellement, je suis pour la suppression des jours fériés religieux obligatoires, mais pour le patronat, il ne devrait plus y avoir aucun jour férié pour ces « feignants de Français ».

Entrons dans le vif du sujet : tous dans la rue le 10 septembre pour un blocage total ! Les Gilets Jaunes sont un caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron. On remarquera que 1. Bayrou veut faire son vote de confiance deux jours avant pour saboter le mouvement, et que 2. ces couards de syndicats ont peur d’être considérés comme d’extrême-droite s’ils se lancent dans le mouvement… Mais surtout, faisons le lien entre la situation internationale (Ukraine, Gaza, bulle des cryptomonnaies) et ce qui se passe en France, sinon çà ne sert à rien.

Nous retrouvons LA LISTE PEREC DU JOUR :

"La vitrine contient une collection de modèles réduits de machines de guerre antiques, à monter soi-même : des béliers, des vineas, dont Alexandre se servit pour mettre ses travailleurs à couvert au siège de Tyr, des catapultes syriennes qui jetaient à cent pieds des pierres monstrueuses, des balistes, des pyroboles, de scorpions qui lançaient tout à la fois des milliers de javelots, des miroirs ardents - tel celui d'Archimède qui embrasait, en un clin d'oeil, des flottes entières - et des tours armées de faux supportées par de fougueux éléphants."

La vineæ (appelée vinea par G. Perec) est utilisée pour se mettre à l’abri par les soldats qui devaient se rendre dans les tours mobiles. Il s’agit d’une sorte de baraque roulante en bois entièrement recouverte de peaux mouillées pour la protéger des projectiles enflammés lancés du haut des murailles de la cité.

Dans un brûlot paru le 27 mai dernier dans UK Column, la journaliste Vanessa Beeley montre que la manipulation britannique de tout le Proche-Orient remonte à l’accord Sykes-Picot de 1916, accord secret qui partagea l’Empire ottoman en sphères d’influence britannique et française. Ce dépeçage inique conduira, des décennies plus tard, à un « Axe de la Résistance » : FPLP, Iran des mollahs, Hamas, Hezbollah, Jihad islamique palestinien, Houthis, Syrie de 2025 … tous créés ou encouragés par les Britanniques.

Plus récemment, c’est une alliance entre Tony Blair, George W. Bush et le MI6 (renseignement britannique) qui avait lancé l’opération ayant conduit en décembre au renversement de Saddam Hussein. Beeley explique qu’après avoir détruit la nation irakienne, ces mêmes réseaux ont oeuvré pour faire de même en Syrie et faire tomber Bachar El-Assad par une avancée rapide des forces terroristes, après avoir choisi et formé un dirigeant de Daech et d’Al-Qaïda, Al-Jolani pour en faire le chef de l’Etat sous le nom d’Ahmad Al-Chareh. Il s’avère qu’un rôle-clé dans cette opération a été joué par Tony Blair et son ancien chef de cabinet Jonathan Powell, impliqué dans le montage frauduleux sur les armes de destruction massive ayant servi à justifier la guerre en Irak*.

*Aucun lien de parenté avec l’ex-secrétaire d’Etat américain Colin Powell, qui avait exhibé au Congrès une prétendue fiole d’anthrax comme « preuve » de l’existence de ces armes. Décidément…

Jonathan Powell et Ahmad Al-Chareh.

La prétendue « guerre contre le terrorisme » née après le 11 septembre 2001, a culminé avec la prise de contrôle de la Syrie par… le terrorisme ! Al-Qaïda y mène aujourd’hui des pogroms de nettoyage ethnique contre toutes les minorités…

Quelques jours avant la chute de Bachar, le premier Ministre britannique Keir Starmer avait nommé Jonathan Powell à la sécurité nationale, d’où il continue à propager la doctrine Blair.

La récente nomination de Tony Blair en tant que « conseiller spécial sur le Moyen-Orient » auprès de l’envoyé spécial Steve Witkoff, qui s’efforce de trouver des règlements en Palestine et en Ukraine, est plus inquiétante.

L’Ukraine, donc : comme le dit Jeffrey Sachs*, la haine de l’Angleterre vis-à-vis de la Russie remonte aux années 1840 avec la guerre de Crimée, mettant fin à l’alliance anglo-russe datant de l’opposition à Napoléon. Les Britanniques se sont mis à détester un rival potentiel qui aurait pu traverser l’Afghanistan pour aller envahir les Indes…

*L’économiste américain Jeffrey Sachs fut l’artisan de la « thérapie de choc » pour la Pologne et la Russie post-soviétique. Avec le remps, il semble avoir finalement gagné en sagesse…

Le rôle prépondérant des Britanniques dans le maintien du monde unipolaire est désormais reconnu par un nombre grandissant d’acteurs mondiaux. En Russie également, les accusations se multiplient. Le 9 juin dernier, Serguéi Lavrov a déclaré sans ambages que les services britanniques « étaient impliqués à 100% » dans les attaques terroristes contre la Russie. Quatre jours auparavant, sur Sky News, Andréi Kéline, ambassadeur de Russie au Royaume-uni s’exprimait sur l’attaque par drones contre les aérodromes stratégiques russes :  » Ce type d’attaque implique, bien sûr, la fourniture de technologies de pointe, de données dites géospatiales, qui ne peuvent être transmises que par ceux qui les possèdent. et c’est Londres et Washington ».

Andréi Kéline.

Dans cette histoire, écoutons plutôt les Russes : le 10 mars dernier, le SVR (service des renseignements extérieurs) déclarait : « Londres est extrêmement irrité par le fait que D. Trump « mène un dialogue avec la Russie comme avec une superpuissance et se montre méprisant envers ses alliés les plus proches » ». Cette déclaration du SVR a été rédigée dans le contexte des efforts frénétiques déployés par Starmer pour soutenir Zelensky. Selon l’agence TASS, « les autorités britanniques considèrent comme une « priorité urgente » de saper les efforts de maintien de la paix de la nouvelle administration sur le volet ukrainien ». Le SVR ajoute que Starmer fait tout pour « renforcer la résistance du régime de Kiev face à la pression croissante de Washington ».

Et le même SVR de conclure : « Aujourd’hui comme à la veille des deux guerres mondiales du siècle dernier, Londres agit comme le principal instigateur du conflit mondial. Il est temps de démasquer les Britanniques et d’envoyer un signal clair à la perfide Albion et à ses élites : vous ne réussirez pas ».

Quand on vous parlait d’Etat profond*…

*Cf. notre article Peur de Trump ? (https://champouin.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=10207&action=edit).

Sources :

Peur de Trump ?

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Oeufs de saumon
Bortsch glacé
Timbale d'Ecrevisse
Filet de Boeuf Carpaccio
Salade de Vérone
Edam étuvé
Salade aux Trois Fruits Rouges
Charlotte au Cassis

*
Vodka au piment
Bouzy rouge
"

Trump, donc.

Le sujet est vaste, et mériterait plusieurs articles. Il ne s’agit pas seulement de Donald Trump, « l’homme orange », mais de l’avenir du monde. Ne pouvant pas tout traiter en un article, je vais mettre de côté la question économique et la question « identitaire » sachant que, comme on dit de manière simpliste, « tout est lié ». Il ne s’agira pas non plus d’encenser Trump, mais de voir que certains changements positifs sont en potentiel.

Tous les voyants sont au rouge,
tous les voyous sont orange ?

Je vais mettre plutôt l’accent sur le meilleur de Trump : les nominations, sur sa proposition, de la lieutenant-colonelle Tulsi Gabbard à la tête du renseignement national et de l’ancien procureur fédéral Kash Patel à la tête du FBI, qui ont tous deux le courage de s’opposer aux manipulations de l’opinion publique de ce que certains américains appellent le Deep State – l’Etat profond. Gabbard et Patel ne sont pas parfaits, et nul ne peut dire avec certitude ce qu’ils feront, mais on peut dire avec certitude qui redoute leur surveillance et pourquoi.

Le renseignement américain est une usine à gaz de 18 (!) agences employant 854 000 personnes, et une politique néfaste émane, depuis des décennies et sans impunité, de la « bureaucratie permanente » du gouvernement américain et de leurs mentors au sein d’agences, fondations et groupes de réflexion de l’establishment, ainsi que des intérêts du « complexe militaro-industriel ».

Florilège sinistre des basses oeuvres de « l’Etat profond » :

Dans les années 50 (sous J. Edgar Hoover), un programme du FBI nommé COINTELPRO impliquait la surveillance, l’infiltration et la perturbation illégales d’un large éventail d’organisations et de mouvements politiques considérés comme indésirables. En 1975, une commission Church (du nom de son président) révélait que l’affirmation par le FBI de l’abandon de COINTELPRO était fausse.

La croyance selon laquelle Martin Luther King était communiste provenait de COINTELPRO.

La même commission mettait au jour l’existence d’un tissu d’activités secrètes consistant à recruter des journalistes de renom pour en faire des relais de la propagande de la CIA. On jugeait cela scandaleux, mais aujourd’hui cette manipulation est complètement ouverte sans que personne ne bronche ! C’est ainsi que les médias avaient indiqué que « le Président Trump pourrait être impliqué dans activités au nom du gouvernement russe pouvant constituer des menaces à la sécurité nationale des Etats-Unis ». Tulsi Gabbard, elle, avait récemment affronté la presse dominante, exprimant son scepticisme à l’égard des campagnes visant à organiser des affrontements militaires avec l’Iran, la Syrie, la Chine ; et remettait en cause la « provocation » de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine, dogme cher aux néo-conservateurs comme Hillary Clinton ou John Bolton, la qualifiant d’« atout russe ».

En 1974, Bernard Lewis, agent de renseignement britannique de premier plan, promouvait l’idée que la propagation du fondamentalisme islamique pourrait créer une zone d’instabilité le long des flancs sud de la Russie et de la Chine, tactique anti-guerre froide soutenue avec enthousiasme par le conseiller américain à la Sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski. Les Etats-Unis ont donc financé, entraîné et armé les moudjahidines afghans dans les années 1980, lesquels se sont transformés en groupes terroristes radicalisés (Al-Qaïda, Daesh et leurs avatars), recevant des Américains un milliard de dollars par an à partir de 2012, afin de déstabiliser l’Irak puis la Syrie. A cette période, « Sir » Richard Dearlove*, ancien chef du MI-6 britannique (encore…), s’impliquait dans la fabrication de mythe de « l’armée irakienne troisième armée du Monde », et dans celui des « armes de destruction massives » de Saddam Hussein (et plus tard dans celui du « trucage par Poutine des élections américaines de 2016 »). Plus c’est gros, plus çà passe… Les complotistes ne sont pas toujours ceux qu’on pense.

*Le mal nommé…

Colin Powell, Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, apportant en 2003 la « preuve » que l’Irak est susceptible de posséder des armes de destruction massive, en présentant sans aucune mesure de sécurité une capsule contenant prétendûment de l’anthrax…

Gabbard et Patel mènent également campagne contre l’Agence américaine pour le développement international (USAID), qui relève du Département d’Etat, contient outre ses programmes de santé, d’eau potable, etc, des catégories de financement résolument subversives : « résolution des conflits », « lutte contre la corruption », « promotion de la démocratie ». L’USAID est associée à la Fondation pour la démocratie (NED) et l’Open Society*. Tous ces acteurs de l’Etat profond ont, pendant des décennies, trouvé des prétextes pour lancer des guerres impérialistes et inutiles que les Etats-Unis ont toutes perdues, ou bien des « Révolutions de couleur » dans des pays divers. Pourquoi s’embarrasser de la diplomatie quand existent la guerre et la déstabilisation ?

*Malheureusement, la plupart des détracteurs de cette dernière utilisent le fait qu’elle est dirigée par « le juif George Soros », argument idiot s’il en est, mais qui arrange bien l’Open Society elle-même : « vous êtes contre nous, donc vous êtes antisémites »…

Gabbard s’est également opposée à la « relation spéciale » consistant à échanger des données de surveillance orwelliennes entre l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA) et l’Office gouvernemental des communications (GCHQ) du Royaume Uni. Elle fut qualifiée par le sénateur Adam Schiff d’« apostate démocrate et apologiste de Vladimir Poutine » (encore !). Ces dernières années, la loi sur la surveillance du renseignement étranger (FISA) et le tribunal ad hoc (FISC), ironiquement créés en réponse au COINTELPRO, ont permis d’espionner à leur gré les citoyens d’un autre pays et échanger leurs données. Les lanceurs d’alerte Snowden et Assange, eux, ont connu les conséquences de dénoncer l’Etat profond…

Trump, par les nominations de Patel et Gabbard, veut visiblement faire le ménage dans ce bordel organisé. Trump est le pertubateur en chef pour le meilleur et pour le pire. Nous ne sommes pas dupes : il s’agit aussi pour ce libertarien de supprimer les budgets de ces agences (mais aussi les budgets du financement des guerres, ce qui n’est pas négligeable). Rappelons que les flancs faibles de Trump restent la crise économique et financière dans son pays, et son refus d’entamer des relations gagnant-gagnant avec le reste du monde. Mais surtout, surtout, et c’est l’essentiel, tout cela s’inscrit dans un nouvel ordre mondial qui veut en finir avec la politique de la canonnière. Ainsi, les Européens, obsédés par la guerre, s’aperçoivent qu’ils ne peuvent plus compter sur l’Otan. Les pauv’ chéris ! Mais au lieu de féliciter Trump et le soutenir, ils veulent prolonger la guerre « jusqu’au dernier ukrainien », retentant ainsi le sabotage opéré par Boris Johnson en mars 2022 pour torpiller l’accord d’Istanbul entre Poutine et Zelensky…

Courez camarades européens, le vieux monde est derrière vous !

Cornu copiae

The Bayrou Watcher (#2) : je ne m’en suis pas souvenu sur le coup, mais dans le roman Soumission de Michel Houellebecq (Flammarion, 2015), le président de la République nouvellement élu, l’islamiste « modéré » Mohammed Ben Abbes, prend dans un premier temps pour premier Ministre François Bayrou « parce que c’est le plus bête », souligne le narrateur !

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] des ferrailleurs à gros gants viendront se disputer les tas : le plomb des tuyauteries, le marbre des cheminées, le bois des charpentes et des parquets, des portes et des plinthes, le cuivre et le laiton des poignées et des robinets, les grands miroirs et les ors de leurs cadres, les pierres d'évier, les baignoires, le fer forgé des rampes d'escalier..."

Nota : des charmants lecteurs m’ont demandé un article sur Donald Trump (du genre « Faut-il avoir peur de Trump »). Je ne suis pas blogueur professionnel et écrire un article de fond demande du temps. Je ne sais pas quand l’article en question sera prêt – évidemment, actualité oblige, le plus tôt serait le mieux. A défaut l’article qui suit fait partie de la routine de ceux qui sont rédigés à l’avance (j’ai pour l’instant des articles planifiés jusqu’au 1er avril) :

Il y a quelques décennies, l’Institut Schiller, un think tank géostratégique cornucopien* fondé par Helga Zepp-Larouche (et son satellite le Club de la Vie, nommé ainsi par opposition aux théories malthusiennes du Club de Rome), affirmait que si l’Australie accueillait toute la population de la Terre, elle n’aurait que la densité de la Belgique. Gros yeux et désapprobation générale de la part de la bien-pensance. Cela ne se peut pas, tout le monde sait bien que la planète est surpeuplée, c’est bien connu…

*Cornucopien (nom et adj. du latin cornu copiae, corne d’abondance) désigne ceux qui pensent qu’il n’y a pas de limite à la croissance. L’Institut Schiller, menant campagne depuis plus de quarante ans, n’utilise cependant pas ce terme apparu récemment.

Téléphone, La Bombe humaine, 1979.

De nos jours, un autre sniper revient à la charge à contre-courant du pessimisme ambiant : le géographe et essayiste Christophe Guilluy. Celui-ci, dans La France périphérique – Comment on a sacrifié les classes populaires (Flammarion, 2014), remettait au goût du jour le concept d‘Homme oublié, au centre des préoccupations de Franklin D. Roosevelt. « Ces temps funestes appellent à la construction de projets qui reposent sur l’Homme oublié : puissance économique, non organisée mais indispensable, de projets comme ceux de 1917 qui ont bâti depuis les fondations jusqu’au toit, qui ont fait une fois de plus confiance en l’Homme oublié comme base de la pyramide économique ». – FDR, allocation radiodiffusée du 7 avril 1932 (traduit par nous).

Maynard Dixon (1875-1946), Forgotten Man, 1934,
(Brigham Young University Museum of Art)

Revenons à nos moutons démographiques. Dans Marianne du 25 mai 2023, Guilluy ne prenait pas au sérieux l’annonce par l’ONU (une belle opération de com…) du franchissement du seuil des huit milliards d’habitants : c’est que seuls les pays « développés » (généralement les moins peuplés…) procèdent à des recensements ! L’Inde, par exemple, n’a pas connu de recensement depuis 1991 ! La marge d’erreur de la population mondiale, écrit Christophe Guilluy, est de +/- 800 millions de personnes.

Néanmoins, sommes-nous si nombreux ? J’invite les internautes à consulter une carte de la densité mondiale : celle-ci est de 6o hab/km2, deux fois moins que celle de la France [https://i.pinimg.com/originals/c0/98/5c/c0985cca1a3293eb992fcab504dcce87.jpg], ce qui dément le cliché « L’Afrique, çà grouille », comme je l’ai déjà entendu. « Si on s’amusait à rassembler tous les Terriens sur le territoire états-unien, notre densité s’élèverait à 814 hab/km2« , écrit Guilluy en citant les chiffres du démographe Gérard-François Dumont. En comparaison, la densité de l’Ile-de-France est de 1020 hab/km2 ! Souvent, la vérité sort de la bouche, non des « experts environnementaux » et des statisticiens, mais des démographes ou géographes : Christophe Guilluy, Hervé Le Bras, Emmanuel Todd.

De gauche à droite, et de haut en bas : Guilluy, Le Bras et Todd.

« Doit-on s’alarmer de la croissance exponentielle de la population ? Non plus ». C’est que la décélération de la population est amorcée depuis des décennies, due au vieillissement et à la baisse de la fécondité, et va marquer tout le 21ème siècle. Et de nous présenter ce paradoxe : le Japon, territoire « surpeuplé » et vieillissant. S’il y a trop de Tokyoïtes (38 millions d’habitants dans la grande aire métropolitaine du Kanto !), il n’y a pas assez de Japonais, et l’archipel est en train de se dépeupler !

Il existe un autre cornucopien : vous le voyez venir (roulement de tambour)…

C’est Elon Musk ! Nous y voilà. Père de dix enfants, il est persuadé qu’il n’y a pas de limite aussi bien à la croissance démographique qu’à la croissance technologique. Pas mal, non ?

Seulement voilà, il y a un os…

Tout d’abord, Musk est un libéral, et de la pire espèce : celles des libertariens. Les libertariens (ne pas confondre avec les libertaires) s’opposent à toute forme de régulation étatique, même dans le domaine régalien. Or le libéralisme est incompatible avec une politique nationale de crédit finançant des grands projets à long terme en vue du développement ! D’autre part le sud-africain Elon MuSSk est un suprémaciste : pour lui il n’y a pas de limite à la croissance démographique, à condition qu’il s’agisse de Blancs au QI élevé… Cornucopien, mais hélas « darwinien »* !

*Je mets des guillemets car cet adjectif, d’emploi courant, est inapproprié. Darwin n’a fait qu’affirmer l’évolution des espèces face au fixisme biblique. C’est Francis Galton qui y a ajouté la notion de « loi du plus fort ». Attaquons plutôt ce dernier !

« Mais s’il n’y avait pas Musk, qui ferait ces projets (science, spatial, médical…) ? ». Le problème est que Musk, véritable passionné, est également un irrationnel et un exalté*. Explorer Mars dans la décennie, alors qu’on ne sait encore rien des conditions de vie humaine dans un environnement extraterrestre – et sans retour, relève du suicide !

*Peut-être dû au fait que, selon ses dires, on lui a diagnostiqué un syndrome d’Asperger ?

Oublions Musk et revenons à nos histoires de cornes (d’abondance) : progrès et population illimités. Voici quelques idées, je les livre sans ordre précis car il s’agit d’un tout :

  • Il n’y a pas de limite à la créativité humaine, donc aux technologies.
  • Il n’y a pas de limites aux ressources, car on peut transmuter les éléments grâce à la physique nucléaire (fusion).
  • Pour assurer les deux points précédents, l’éducation est primordiale.
  • La densité de la population n’est pas un problème – à condition que le développement soit en adéquation. Densité sans développement apporte la pauvreté.
  • Un Etat dont les niveaux culturel, éducatif et sanitaire s’effondrent se paupérise, et le nombre et l’espérance de vie de sa population s’effondrent aussi.
  • Une population dont le niveau de développement matériel et humain (éducation et santé) est élevé voit sa population ne plus augmenter exponentiellement.
  • Le progrès n’est pas dans le superflu (déplacement aérien Paris-Nice, smartphone, lave-vaisselle dans un foyer de deux personnes…) mais le nécessaire (énergie, infrastructures, écoles, hôpitaux).
  • Le libéralisme n’est pas un facteur de développement (court-termisme, obsession de la dette, monopoles industriels et agro-alimentaires et leurs destructions environnementales comme la monoculture intensive).
  • A partir d’un certain niveau d’éducation (alphabétisation, scolarisation des filles, contraception, monogamie) la population décroit en maintenant un niveau de vie décent et une espérance de vie élevée.
  • Le but de l’humanité n’est pas d’augmenter sa population per se, ni le progrès per se, mais d’augmenter le potentiel de densité énergétique par habitant.

Et vlan dans la gueule qui pensent que « la démographie, c’est mathématique », ou qu’il suffit d’appliquer la courbe de Fibonacci ! Vous savez, celle des lapins ! Mais l’être humain n’est un animal que par son enveloppe. Pour le reste, il est capable lui-même de limiter sa population.

C’est trop pour vous ? Allez, vous allez vous en remettre…

Ecr. l’inf. (4)

Pour ceux qui en étaient restés à Stanislas* Guérini, Guillaume Kasbarian est le nouveau Ministre de la Fonction publique, de la Simplification et de la Transformation de l’action publique. Tout est dans l’intitulé, car dès que ce dernier à appris qu’Elon Musk était nommé par Trump à la tête d’un « département de l’efficacité gouvernementale », il s’est précipité sur son clavier : « J’ai hâte de partager avec vous les meilleurs pratiques pour […] repenser les organisations publiques pour améliorer l’efficacité des agents publics ». Admettons qu’en tant que tel, il s’agit d’une bonne intention (on peut rêver). Il sera plus difficile d’admettre que Kasbarian ne sache pas qui est Musk…

*Prénom tête-à -claques, s’il en est ! A bas les Edouard, les Charles-Henri, etc…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Avant la guerre, elle travaillait dans une usine de cartonnages, qui faisait des emboîtages pour des livres d'art, en carton fort recouvert de soie, de cuir ou de suédine, avec des titres frappés à froid, des classeurs, des présentoirs publicitaires, des garnitures de bureau, des cartonniers en toile rouge sombre ou vert Empire avec des filets à l'or fin, et des boîtes fantaisie - à gants, à cigarettes, à chocolats, à pâtes de fruits - avec des décorations au pochoir".

L’arrestation le 16 novembre de l’écrivain Boualem Sansal par les autorités algériennes, suivie de son incarcération, est inquiétante, pas seulement en soi, mais aussi pour l’avenir de l’Algérie.

Il ne s’agit pas seulement de propos, comme il a été dit, sur la légitimité du territoire algérien : Sansal affirme en effet qu’une bonne partie aurait été arrachée au Maroc par la France colonisatrice. En réalité, Boualem Sansal a depuis des années dénoncé le vrai visage de l’Algérie : intolérance, totalitarisme, brutalité, islam(isme), haine et manipulations idéologiques. Il dénonce également l’antisémitisme.

Boualem Sansal :

Le Serment des barbares, Gallimard (Folio), 1999.

2084 : la fin du monde, Gallimard, 2015.

L’infortune s’abat aussi sur Kamel Daoud. Son dernier roman, Houris (prix Goncourt 2024), fait intervenir un personnage, une femme privée de la parole suite à une tentative d’égorgement lors des massacres des années 1990. Une algérienne au cas similaire lui fait aujourd’hui un procès. Il faut savoir que la loi dite « de réconciliation » (comprendre « de compromis avec les islamistes ») post-décennie noire interdit de narrer les faits de l’époque. Cette femme a-t-elle reçu des pressions du pouvoir en place ? Tout cela s’inscrit dans une stratégie de tension (« une prise d’otages de Paris par Alger », écrit L’Express) contre tous ceux qui dénoncent la dangereuse jonction du djihadisme et du décolonialisme, car c’est de cela dont il s’agit.

Kamel Daoud :

Meursault, contre-enquête, Gallimard (Folio), 2023

Houris, Gallimard, 2024

Kamel Daoud

Daoud a écrit un brûlot dans Marianne du 7 novembre. Je cite : « Aujourd’hui, camouflés derrière la barrière linguistique, les islamistes diffusent un révisionnisme dont l’objet est la guerre d’Algérie : celle-ci devient dans leur récit, largement diffusé, un djihad contre une France coloniale et chrétienne ». Les prémices de cette dimension religieuse perçaient tout de même déjà sous l’habit du FLN, mais ses sympathisants français communistes, trotskystes n’ont rien vu ou ont refusé de voir (« ils peuvent penser ce qu’ils veulent : moi, de tout façon je m’en fous, je suis athée »)*. Pire : « intellectuels » (Vidal-Naquet, Duras, Clavel) aussi bien que porteurs de valises, aveuglés par leur tiers-mondisme relativiste, encensèrent par la suite la révolution en Iran… Aujourd’hui, une certaine gauche wokiste et antisémite, aveuglée par la lutte (légitime) pro-palestinienne, ne s’émeut pas de l’oppression des mollahs sur les femmes iraniennes. Je ne parle même pas de la complaisance ou de la démission de nos élites politiques. Pas de vagues !

*Il y eut tout de même des militants FLN juifs ou chrétiens...

La matrice intellectuelle de tout cela est le relativisme culturel de l’Ecole de Francfort et de Normale Sup des années 30, relayés par Lévi-Strauss, puis par les bourgeois staliniens germanopratins Aragon/Triolet et Sartre/Beauvoir. Avec une couche supplémentaire : la culpabilité post-décolonisation.

Le bon temps des partouzes chic sous la faucille et le marteau…

J’entends déjà certains objecter que Boualem Sansal est proche de Michel Onfray et collabore au magazine Livre Noir. Daoud et Sansal sont au demeurant proches de Marianne, que la gauche citée supra qualifie de populiste, si ce n’est d’extrême-droite. Et ce que dit Kamel Daoud sur l’histoire maghrébine rejoint les propos de Driss Ghali (cf. notre rubrique Ecrasons l’infâme#3 https://wordpress.com/post/champouin.blog/7093), lequel s’exprime dans des médias assez à droite. Mais quels média mainstream aura les couilles publier ce que disent frontalement Sansal, Daoud et Ghali ? Qui osera publier, in your face (comme disent les Américains) ou zyé dan zyé (comme disent les Antillais,) ce que pensent nos trois mousquetaires du Maghreb ? En tous cas, je vois très bien Marianne, qui mène un combat pro-laïcité depuis trente ans, faire l’objet d’un attentat islamiste, et Boualem Sansal, Kamel Daoud (ce serait pour lui la deuxième fois), Yasmina Khadra, Rachid Boudjedra, qui ont fui les horreurs des « frères » dans l’Algérie des années 90, faire l’objet de fatwas…

Alors il est temps pour l’Algérie d’en finir avec la « rente » mémorielle du FLN (qui rappelle celle des dinosaures de l’ANC en Afrique du Sud, ou celle des « gaullistes » anti-gaulliens UDR/RPR) et de se projeter enfin vers le futur. L’Algérie doit abandonner ses fausses fiertés et honneurs, et tout ce qui va avec (corruption, rente gazière, prépondérance de l’Armée, et soumission aux barbus). C’est la condition pour qu’une nouvelle demande d’adhésion de ce pays au BRICS* soit enfin acceptée, pour une économie non dirigée par le dollar, l’euro ou les hydrocarbures.

*Une première demande a été rejetée en 2023.

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

Manu et les soldats de plomb

Législatives : la plateforme privée qui permet de trouver à qui donner sa procuration s’appelle… Plan Procu ! Elections : les nouvelles galipettes…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Après avoir exercé divers métiers dont il se plaisait à débiter la liste sur un rythme de plus en plus accéléré, ajusteur, soutier, chansonnier, marin, professeur d'équitation, artiste de variétés, chef d'orchestre, nettoyeur de jambons, saint, clown, soldat pendant cinq minutes, bedeau dans une église spiritualiste, et même figurant dans un des premiers courts métrages de Laurel et Hardy, Morellet était devenu, à vingt-neuf ans, préparateur de chimie à l'Ecole Polytechnique".

J’avais prévu un autre article, sur un sujet plus léger, mais l’actualité politique et surtout stratégique m’a fait réagir.

Ainsi il conviendrait de pousser des cris d’orfraie au vu des résultats électoraux du Rassemblement national et des partis qualifiés par l’oligarchie de populistes ? Au lendemain du 10 mai 1981, beaucoup pensaient que les Russes allaient défiler sur les Champs-Elysées. Eh bien ces jours-ci, ils ne vont pas non plus défiler à Bruxelles ou Strasbourg.

Le RN n’est hélas qu’un mouvement ultra-libéral de plus, tout comme Renaissance ou le Parti socialiste. On ferait plutôt mieux de se demander pourquoi la liste du Parti communiste français n’a fait que 2,5 %… Léon Deffontaines et ses amis seraient-ils des « candidats fantaisistes », expression assénée avec gourmandise par l’élite quand ces derniers ne lui plaisent pas (cf. envers Jacques Cheminade en 1995) ?

Hue, t’es russe ?

Mais ce n’est même pas de cela dont il faut s’inquiéter, ni des traîtrises tragi-comiques dans les alliances partisanes. Ce qui est inquiétant, c’est la fuite en avant belliciste d’Emmanuel « Boum-boum » Macron.

A ce propos, les cérémonies du Débarquement* ont totalement détournées de leur objet ! La Russie, autre libératrice en 1944 n’a pas été invitée, par contre on fait venir l’Ukraine qui, à l’époque, n’avait brillé ni par sa judéophilie, ni par sa détestation des Nazis… Ce moment de paix qu’aurait dû être ce 80ème anniversaire est devenu une déclaration de guerre de Macron et de Biden contre la Russie – et accessoirement une propagande électorale de la part du président français… Lamentable !

*Notons que de Gaulle a toujours refusé d’assister à ces cérémonies car « la France avait été traitée comme un paillasson », tout en honorant « ceux qui ont donné leur vie à leur patrie sur notre terre ».

Pour une certaine gauche, ce n’est pas un sujet : LFI s’en fout, et de surcroît importe en France le conflit israélo-palestinien tout en rêvant de la destruction d’Israël, rejoignant ainsi l’idéologie du bataillon Azov et des nazillons du mouvement Pravy Sektor, dont j’ai encore vu il y a quelques jours à Paris une voiture (immatriculée en Pologne, cette fois) en arborer les emblèmes. L’union de la Gauche pour les législatives va être elle aussi difficile à porter…

Prisonnier d’une idéologie libérale de la dette, l’Occident est aux abois. Or historiquement, la meilleure manière d’effacer les dettes est de jouer aux soldats de plomb pour de vrai, c’est-à-dire de faire la guerre… Assistance technique militaire, accord donné à l’Ukraine pour utiliser des missiles français pour frapper le sol russe, don de Mirage puisés sur le stock de l’armée française, accélération du processus de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE – et de facto à l’Otan : tout cela constitue des lignes rouges à ne pas franchir. Les mêmes lignes rouges existentielles comme celles franchies lors de la crise des missiles de Cuba en 1962. Comme le dit l’ancien ministre LR Pierre Lellouche dans Le Figaro, « Emmanuel Macron risque de faire sauter tous les verrous qui nous protègent de la troisième guerre mondiale ». Lellouche est bien gentil : c’est « guerre nucléaire » qu’il faudrait dire…

Puisque les dernières élections concernaient l’Europe, parlons-en, de l’adhésion de l’Ukraine ! Les vingt-sept* passent l’éponge sur les déficiences de l’Etat de droit de ce pays, qui ne répond à aucun des critères nécessaires pour adhérer à l’UE, à commencer par la nécessité d’en finir avec une corruption endémique.

*A vingt-sept, ce n’est plus une union, mais un gloubi-boulga…

L’Otan, dont son caniche français, a opté pour le contrôle politique, pour l’idée que tous les pays du monde devaient adopter le modèle néolibéral occidental, fait de changements de régime, de révolutions de couleur et de guerres interventionnistes causant des millions de morts. La Chine au contraire, s’est concentrée avant tout sur le développement économique et la lutte pour sortir de la pauvreté 850 millions de ses propres citoyens, puis, de plus en plus, sur une coopération gagnant-gagnant avec les nations du Sud.

L’essayiste Max-Erwann Gastineau, interrogé par Marianne en décembre 2023, déclarait qu’« il est sidérant de voir les élites françaises ou européennes brandir leur suffisance, faire comme si le simple fait de jouer dans le «camp des démocraties» était une garantie d’avenir, de prospérité et de puissance digne d’être jetée à la face des autocrates. Nous avons oublié les conditions de la puissance, et notamment ses conditions non économiques. L’effondrement du système éducatif français devrait, à ce titre, bien plus nous inquiéter que les discours de Vladimir Poutine* ». Comment alors reprocher au président chinois d’avoir une stratégie, quand l’Europe n’en a aucune ? Cette Europe et cet Occident débiles dont les orientations économiques et financières ont conduit leurs citoyens dans le mur sont des jouets idéaux pour le pays de Xi Jinping ! La Nature a horreur du vide, et c’est la Chine qui le remplit.

*Souligné par nous.

Le reste, aussi bien chez les plumitifs médiatiques qu’au café du Commerce, n’est que verbiage et papotage.

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Ecr. l’inf. (3)

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Le client d'une des nouvelles hostelleries Marvel [...] aurait également son champ de ski, ses remontées mécaniques, sa patinoire, son fond sous-marin, ses vagues à surf, son safari, son aquarium géant, son musée d'art ancien, ses ruines romaines, son champ de bataille, sa pyramide, son église gothique, son souk, son bordj, sa cantina, sa Plaza de Toros, son site archéologique, sa Bierstübe, son Bal-à-Jo, ses danseuses de Bali, etc., etc., etc., et etc."

Claude Lévi-Strauss.

Dans cet article, il ne sera pas question d’ethnies, ce qui serait du racisme, mais de cultures, de religions et de mentalités. Désolé, Lévi-Strauss, mais la mantra débitée au collège, au lycée, à la fac, sur « France Cul » et sur Arte (« Toutes les cultures se valent »), ce chantage à la bien-pensance antidiscriminatoire, est à mettre à la poubelle. Que « valent » des cultures ayant pratiqué les sacrifices humains, l’anthropophagie, ou bien « simplement » l’esclavage, l’infériorité des femmes ou l’antisémitisme ?

L’auteur de ces lignes, marcjoly, votre serviteur, est un « mâle français blanc hétérosexuel cisgenre de plus de soixante ans ». Mais ce que nous allons exposer ne provient pas de lui mais de deux sources… arabes. La première s’appelle Adonis, pseudonyme provocateur d’Ali Ahmed Saïd, né en 1930 en Syrie. Cet ancien représentant de la ligue arabe à l’Unesco est surtout le plus grand poète arabe contemporain avec Mahmoud Darwich. Athée, il se montre très critique envers l’islam – c’est le moins qu’on puisse dire – dans son livre d’entretiens avec la psychanalyste Houria Abdelouahed Violence et islam (Seuil, 2015). Adonis dénonce le caractère intrinsèque de la violence dans cette religion.

L’autre source, est à mon avis, plus justement méchante encore. Cette bombe s’appelle Driss Ghali, universitaire marocain et musulman pratiquant vivant en France, auteur d’Une contre-histoire de la colonisation française (éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2023).

Adonis, tout d’abord. Pour lui, « L’islam, puisqu’il est né parfait, combat tout ce qui lui était antérieur et tout ce qui est venu après. «Tout» désigne : philosophie, art, pensée, créativité, vision du monde, etc ». « Dans l’islam, le mouvement est forcément tourné vers le passé. L’avenir n’a pas de sens et n’existe qu’à la lumière de passé : le passé, c’est l’avenir du présent ». « Le musulman voit le monde à travers la vision islamique qui est ancienne et close. L’islam n’a besoin ni du monde, ni de l’autre, ni de la culture puisqu’il est la Culture absolue […] Quelle nouveauté a-t-il apportée par rapport aux anciennes civilisations ? «  « La grande majorité de la société arabe est encore dominée par l’ignorance, l’analphabétisme et l’obscurantisme religieux » et « on peut constater le manque d’un esprit de recherche et d’innovation » dans un monde figé dans lequel le progrès et l’avenir n’existent pas, car « le pouvoir est devenue la propriété de la tribu. Depuis, l’Histoire est restée liée au pouvoir de la tribu ». Un bon « cas » pour la psychanalyste qui a mené l’entretien avec Adonis !

Adonis.

Ce dernier en vient au vif du sujet : Il y a dans l’islam « l’absence de «l’autre comme structure» […] L’autre est à annuler en tant qu’autre. D’où la violence qui habite le djihad. le meurtre de l’Autre est un djihad« . « Historiquement, l’islam […] a été fondé par l’esprit de la tribu, les conquêtes et la puissance de l’argent. Aujourd’hui, Daech s’enrichit grâce aux ghanâ’im [butins de guerre] et la mainmise sur le pétrole, le gaz, l’argent des banques et la vente des femmes ». Et puisqu’il y a soumission (islam, en arabe) à l’islam et à ses préceptes (prix de la miséricorde), l’homme doit faire preuve de vassalité.

Pour Adonis, face à ce constat, l’islam est condamné à régresser.

Venons-en maintenant à Driss Ghali. je vais parler de son ouvrage précité, mais en préparant cet article par le biais de l’internet, je suis tombé sur une entrevue sur Breizh-Info à propos de son autre ouvrage (que je n’ai pas lu) : Français, ouvrez-les yeux ! – Une radiographie de la France par un immigré (L’Artilleur, 2023). Ce qu’il y écrit là résume totalement son propos, et j’aurais pu m’arrêter là : « Le comportement des immigrés en France est influencé par leur civilisation d’origine. Quand ils viennent de civilisations où la courtoisie et le travail sont des valeurs suprêmes, tout va bien : Vietnamiens, Chinois etc. Quand ils viennent de civilisations de commerçants où l’adaptabilité est une valeur cardinale, tout va bien aussi : les Libanais, les Syriens, les Arméniens… Quand ils viennent de civilisations tribales et féodales qui ne promeuvent pas le travail, l’instruction et le civisme, ça se passe mal : Afrique du Nord, Afrique subsaharienne… Au sein d’une tribu, la productivité est le dernier des soucis, il suffit de razzier les voisins ou de mener une campagne de piraterie (ou un jihad) afin de capter la valeur ajoutée que l’on ne sait pas produire localement. Parfois, on dispose d’esclaves à la maison ou aux champs. Autrement dit, le travail est mal vu, il est associé aux faibles et aux soumis, les forts et les riches font la guerre et ont des esclaves qui travaillent pour eux. Conséquence : inutile de s’instruire puisqu’il n’est pas question d’améliorer les méthodes de production. En revanche, on exige de l’individu qu’il se batte avec hargne et cruauté pour défendre les siens. On attend de lui qu’il considère les autres comme des « sous-hommes », tout juste bons à le servir ou à déguerpir ».

Bon. Vous allez vous en remettre…

Driss Ghali.

Quelques commentaires : 1. la typologie que dresse Ghali des différents peuples relève à la fois du cliché (Asiatiques travailleurs, Levantins commerçants…) et de la vérité* ! 2. Breizh-info est malheureusement un média internet de droite identitaire, et Driss Ghali est parfois invité sur Radio-Courtoisie. D’autre part, son éditeur, Jean-Cyrille Godefroy, non conformiste, fut le cofondateur, avec Cabu (!), du (mauvais) journal pacifiste satirique anti-Otan La grosse Bertha et professe aujourd’hui des positions non politiquement correctes sur la Russie. Son autre éditeur, L’Artilleur, édite des « climatosceptiques ». Ghali est-il donc « d’extrême » ? Est-ce « l’arabe de service » ? Ou bien les seuls médias qui lui permettent de s’exprimer sont-ils les précités… parce que cela les arrange bien ? Ou alors les autres médias ne veulent pas entendre ce discours ? Vous avez quatre heures…

*A ce sujet, je suggère de regarder les trois films de Philippe de Chauveron Qu’est qu’on a [-/tous/encore] fait au bon Dieu, avec Christian Clavier, où l’on voit que la frontière entre cliché et vérité est ténue… et que l’on peut en rire – n’est-ce pas les wokistes ?

Je vous vois venir, mais dans sa Contre-histoire de la colonisation Driss Ghali ne fait pas l’apologie de la colonisation, en soi « une idée tordue ». Ce qu’il dit est que le Maghreb était, avant la colonisation, un coupe-gorge misérable connaissant pauvreté, arbitraire et arriération : conditions sanitaires et économiques plus que précaires, « disette, criquets, lèpres et maladies de la peau, typhus, dysenterie ». « La magie et la superstition sont le seul recours du Marocain ». « Il connaît parfaitement sa place dans la société. Et de sa soumission dépend sa survie. Il baise la main du notable qui lui jette des miettes aux grandes fêtes religieuses, il se jette au pied du caïd qui […] le défend face au juge (cadi) qui […] penche toujours du côté de celui qui lui graisse la patte ». « La société est ainsi organisée autour de la relation patron-client ». « On n’a pas le choix, car l’Etat est minimal, il est même absent la plupart du temps ». « Agressivité plutôt que tempérance. Loyauté restreinte aux membres de la tribu plutôt que sens de l’intérêt général ».

Mais « si l’homme va mal, la femme a un sort plus lamentable encore. Elle n’est rien. Un butin dans les razzias qui éclatent de temps en temps […] Une marchandise que l’on achète en versant une dot à sa famille ». Quant à l’enfant, « il n’existe pas en tant que tel ». Et tout citadin « dans des villes fortifiées et fermées à clé la nuit par peur des pillards » assiste plusieurs fois par an à l’arrivée de caravanes « chargées de leur cargaison humaine, des enfants noirs, des femmes noires et des mâles noirs que l’on a castrés en cours de route ».

L’auteur établit aussi un panorama pré- et postcolonial de l’Afrique subsaharienne et de l’Indochine, que je ne reprendrai pas, faute de place.

La colonisation, maintenant. Les habitants d’un territoire colonial ont besoin d’être pris en main par « des infirmiers, des médecins, et des officiers de l’état civil, sans compter les instituteurs ». « Par millions, les Marocains, les Algériens et les Vietnamiens ont passé une vie entière sans voir […] un seul médecin ou un seul instituteur français ». « Ils ont vécu parqués dans une réalité hybride où leur mode de vie est maintenu et leur souveraineté est annulée ». Tout çà pour çà… Car, pour que l’Etat colonial développe des infrastructures d’énergie, de santé, de logement, de transport, etc., « il aurait fallu dédier des universités entières à l’étude des cultures d’Asie et d’Afrique, à la cartographie des religions et des sectes, à l’enseignement des langues, à l’analyse des sous-sols et de la biodiversité »… Or l’Ecole nationale de la France d’outre-mer n’a formé que des… administrateurs, sinon, elle ne serait pas française…

Code vestimentaire venant du Moyen-Orient.

Et après ? Driss Ghali écrit que depuis les années 1970-1980, « l’inégalité, le fait tribal et le fanatisme religieux » ont refait surface. L’inégalité : « Une école à deux vitesses est donc apparue, l’une en Arabe où l’on prépare les pauvres au chômage de masse […], l’autre en français où les « fils de » recevaient le sésame du succès ». Le fait tribal : le paysan, urbanisé, a importé ses mœurs. « Il refuse de payer l’impôt et s’engouffre dans l’informel », « il insiste pour payer un bakchich à l’infirmier des urgences pour passer en premier, il vomira sa détestation du régime […] mais se jettera aux pieds d’un conseiller municipal pour obtenir une prébende« . Il ne fera rien aussi pour s’assurer que ses enfants vont à l’école. Le fanatisme religieux : la religiosité populaire « a accepté d’assimiler des codes venus d’ailleurs, du Moyen-Orient en particulier ». « Les Maghrébins ont réinventé une noblesse religieuse qui a son mot en politique, dans la figure du barbu« .

Ouf !

Je vous laisse réfléchir, turbiner et cogiter sur tout cela, dans le contexte du relativisme culturel.

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Le vieux monde est derrière toi

Il paraît que j’agace beaucoup mes proches avec « mes positions sur la Russie », différentes de celles du narratif de la « communauté internationale ». A vrai dire, la vraie question n’est pas cette guerre, dans laquelle aussi bien les Russes que les Ukrainiens piétinent. Je vous vois venir me faire les gros yeux : « il va le dire ! » Eh bien non : il ne s’agit même pas de l’Otan contre la Russie et la Chine, car çà n’est qu’une conséquence.

Ce dont il s’agit, c’est un changement de paradigme. L’idéologie libérale des obsédés de la dette, avec son bras droit la Démocratie (je vais en reparler) et son bras gauche la transition énergétique, est un échec. Entendre Antonio Gutterres, secrétaire général de l’Onu (pauvre type !), déclarer « Le monde est en ébullition » est pathétique, mais révélateur d’un système de pensée politique aux abois…

Le cerveau d’Antonio Gutteres est en ébullition…

Pire, c’est une crise de civilisation : abandon de la culture classique au profit d’un entertainment planétaire (téléréalité, foot…), enseignements scolaire et universitaire incapables de former des scientifiques ou des dirigeants dignes de ce nom, déclin des infrastructures et des services publics, tiers-mondisation des nations occidentales, recul de l’espérance de vie à la naissance, embryon de dictature – n’est-ce pas, Macron ? Nous sommes totalement empêtrés dans une politique étrangère conçue pour perpétuer l’hostilité envers la Russie et ruiner les relations avec la Chine, au détriment de notre prospérité et de notre système social. Nous avons besoin d’un changement fondamental dans l’orientation de la politique et rejeter l’ensemble du paradigme néolibéral et vert.

Or le « bloc occidental » est minoritaire dans le monde. Il n’est pas légitime pour donner des leçons de paix stratégique, sociale ou environnementale. Du coup, on assiste actuellement à l’émergence d’un mouvement de « non-alignés » (Afrique, Amérique du Sud) et à une montée en puissance de la Chine et de l’Inde, les fameux BRICS (la Russie en fait aussi partie) dont il convenait de dire il y a peu que c’était un pétard mouillé. Il s’agit en réalité d’une véritable offensive anti-libérale de la part de ces pays qui font le lien entre crise sociale, financière et guerre en Ukraine ou ailleurs. Lula (illustration de bannière) en est un des chefs de file. La logique de confrontation des blocs, mais c’était le monde d’avant, celle de la peur des « Rouges » !

L’écrivaine d’origine cubaine Zoé Valdes, de nationalités française et espagnole, s’est présentée aux législatives en Espagne pour le parti d’extrême droite Vox « afin de lutter contre le communisme » !

Non seulement les pays non-occidentaux proposent une architecture financière alternative en refusant le dollar et l’euro comme standards de transaction, mais au « Sommet pour un nouveau pacte financier mondial », le « machin » tenu à Paris les 22 et 23 juin, ils ont préféré parler des fins de mois plutôt que de la fin du monde, car l’argent qui a financé la guerre en Ukraine aurait pu permettre le développement en Afrique.

La logique de confrontation des blocs,
c’était le monde d’avant !

Après la peur des Rouges, celle des Jaunes : il est de bon ton de dénoncer une direction chinoise « sanguinaire et tyrannique ». Mettons-nous plutôt à la place des Chinois : quand ils regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ? Ils voient d’abord des dirigeants anciens banquiers et avocats d’affaires… Bel exemple de moralité, quand bon nombre de leurs homologues chinois sont ingénieurs de formation ! Ensuite, ils ne voient aucune vision à long terme, quand eux raisonnent sur un siècle. D’autre part la vie politique des pays de l’Ouest est rythmée par ce que dénonçait De Gaulle : le régime des partis… Alors les Chinois se demandent : « pourquoi ces pays ne réalisent-ils plus de développement économique, alors que nous y sommes arrivés ? »

« Je lui parlai de la France, il me parla du Parti Radical ! » (De Gaulle à propos de son entretien avec Edouard Herriot)

La réponse est simple : le but d’un Etat, c’est d’imposer le développement ! Utiliser son autorité pour le bien public ! Car le premier droit, c’est celui de pouvoir se nourrir, se loger, se soigner, pouvoir travailler, etc. Quand Spinoza affirme que la liberté doit être la finalité de l’Etat, veut-il dire la liberté le ventre vide ? Quel est le périmètre de la « Démocratie » occidentale ? En ce sens, le véritable modèle de la Chine n’est pas celui des pays communistes, mais celui de Singapour*.

*A la différence que Singapour a gardé quelques mauvaises habitudes de son ancien colonisateur britannique, comme le blanchiment d’argent…

Evidemment, dans la « communauté internationale », celle située dans le camp du Bien, il est convenu de dénoncer l’initiative One Road, one Belt (mal traduite par « Ceinture et Route »*) et appelée de façon informelle La nouvelle Route de la Soie, excellente métaphore. Salauds de Chinois qui laissent une dette colossale à « nos » pays du Sud ! C’est sans compter les réalisations infrastructurelles effectives de ces initiatives, ce que n’ont pas permis les plans type FMI/Banque mondiale.

*Les Chinois étant très avisés, je dirais « Ceinture et Bretelles » !

C’est dans ce contexte qu’il faut voir la tentative désespérée de l’Otan et ses caniches de se lancer dans une économie et une logique de guerre plutôt que de chercher un plan de paix et de développement. Le reste est du verbiage d' »experts » et de « spécialistes » politico-médiatiques, hier de la Covid, aujourd’hui de la Russie…

L’organisation Humanity for Peace (L’humanité pour la paix), une vaste coalition d’organisations, a annoncé sa mobilisation du 6 au 9 août 2023, date de commémoration du bombardement atomique de Hiroshima. Cf. https://solidariteetprogres.fr/nos-actions-20/actions/le-6-aout-l-humanite-manifestera.html .

Alors cours, camarade, et retrouve Le Champouin le 1er septembre !

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Dekoikonparle ? (5)

Le nucléaire

(Pas mal, mon centrage de texte sur l’illustration ci-dessus…)

Edifiant : dans Le Parisien du 14 octobre, un reportage sur ce que le nom de Samuel Paty représente pour les collégiens et lycéens franciliens. Je passe sur « Samuel Paty, il est au PSG, c’est çà ? »… Pas forcément d’hostilité manifeste, mais pour la plupart quelque chose du genre : « Ah oui, c’est le prof qui s’est fait tuer parce qu’il allait trop loin* »… Et déjà, à l’annonce de la commémoration de sa mort, des menaces de la part de parents…

*Souligné par nous.

A l’heure où « l’urgence climatique » nous recommande en même temps d’éviter et de préférer l’énergie nucléaire, et où d’autre part un conflit atomique est malheureusement envisageable, la chose – « le nucléaire » – est d’actualité.

L’opinion a été marquée par Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011). La cause de Tchernobyl, c’est l’incompétence du personnel de la centrale et des dirigeants soviétiques, non la technologie per se. Celle de Fukushima, c’est un tsunami (même remarque). Quand à Three Mile Island, le coeur a fondu mais la cuve étanche a rempli son rôle. Il n’y a donc pas eu d’accident nucléaire à cet endroit*. Le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert, écrit aujourd’hui, mentionnerait « Nucléaire : toujours être contre ». Marie Curie au poteau ! Mais comment être contre un principe physique ? Pourquoi pas contre la gravitation ou contre le Gulf Stream ? Mais au fait, quand on dit « le nucléaire », dekoikonparle ?

*Il est en effet important de savoir de quoi l’on parle. A la suite des dysfonctionnements de Three Mile Island, les faiseurs d’opinion environnementalistes et médiatiques comme Jane Fonda furent déchaînés et il y eut ce film : Le Syndrome chinois. Ce « syndrome » serait le fait que la fusion extrême d’un réacteur américain ferait celui-ci s’enfoncer au point de ressortir à l’autre bout de la planète, à savoir en Chine (qui n’est même pas l’antipode des USA…) ! A supposer que cela soit vrai (les scientifiques en ont beaucoup ri), la gravité ferait qu’il resterait bloqué au centre… Beaucoup de gens sont devenus anti-nucléaires malheureusement à cause de ce film.

Toutes les technologies employées aujourd’hui pour exploiter l’énergie nucléaire relèvent de la fission : il s’agit de scinder des noyaux d’atomes lourds. Cette fission dégage de la chaleur. A partir de là, le schéma est le même que pour une centrale thermique : la chaleur produit de la vapeur qui alimente un alternateur. Sauf que la quantité de combustible (quelques grammes d’isotope) est infime : c’est l’avantage.

Eh bien même pour la fission, le nucléaire ne veut rien dire !

S’agit-il de réacteurs à barres de graphite, à eau pressurisée, à eau bouillante, à haute température, à lit de boulets, refroidis au gaz, à sels fondus (au thorium au lieu d’uranium), à eau supercritique, à caloporteur plomb ? Il y en a d’autres. Je ne vais pas rentrer ici dans les détails ! Mais quand j’entends Macron défendre le nucléaire*, c’est un idiot. Il est juste là pour défendre les nucléocrates de l’EPR (on dit en français REP : réacteur à eau pressurisée), une technologie déjà dépassée ! Surtout quand on privilégie des « cathédrales » comme Flamanville, dont les « merdes arrivent en escadrille ». Il faudrait au contraire multiplier des unités plus petites, comme les centrales flottantes.

*et en même temps les moulins à vent 2.0… En tous cas tout cela révèle l’absence de culture scientifique des dirigeants occidentaux, la plupart banquiers ou avocats d’affaires…

Les « sels de fonte » entrant dans la composition de la Vache-qui-rit n’ont rien à voir avec les réacteurs à sels fondus !

« Bon, d’accord, mais les déchets ?

Cà tombe bien, il y a aussi des technologies pour résoudre le problème… sauf que les comptables au pouvoir, ainsi que les obsédés de la dette* ont réussi à saboter les projets Superphénix en 1998, Phénix en 2010 et Astrid en 2019 : il n’y a pas de quoi être fier… Superphénix était un surrégénérateur, à savoir un réacteur à neutrons rapides à caloporteur sodium pouvant fonctionner au plutonium 239, mais aussi au MOX (plutonium sur support d’uranium appauvri) issu du retraitement du combustible usé. Astrid était un projet analogue, mais plus avancé, notamment dans la transmutation des déchets. Ces trois projets, c’était çà aussi le nucléaire !

*Néo-Dictionnaire de idées reçues : « Grands projets : toujours pharaoniques« .

Superphénix (Creys-Malville, France).

Eh, anti-nuc, tu crois t’en tirer comme çà ? Je n’ai parlé que de la fission ! Mais il y a aussi la fusion. C’est la technologie dans laquelle deux noyaux atomiques de deutérium s’assemblent pour former un noyau plus lourd. Cà aussi, c’est le nucléaire. Et c’est très écolo : cette réaction est à l’œuvre de manière naturelle dans le Soleil. Au lieu d’essayer de capter péniblement l’énergie solaire via des panneaux, il n’y a qu’à reproduire le processus, qui résout de surcroît le problème des déchets !

Il est de bon ton de dire ou d’écrire : « OK, la fusion, mais dans quarante ans, peut-être… ». On disait et écrivait déjà cela en 1970, volonté urgente de ne rien faire… Aujourd’hui il y a le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) à Cadarache, un réacteur de type tokamak (concept soviétique au départ), auquel participent 35 pays. Cà aussi c’est le nucléaire, Macron ! Que va-t-on inventer pour le saboter ? La participation des Russes, la « sobriété » ? Macron et consorts ne voient pas l’évolution technologique entre les plusieurs générations du nucléaire, et ne comprennent pas la légitimité des prototypes expérimentaux, forcément couteux.

ITER (Cadarache, France).

[Pour aller plus loin, je vous recommande : Yves Paumier, Les énergies du futur, in Fusion, hors-série n°05, 2005. Les archives de feu l’excellent magazine scientifique Fusion (le bien-nommé), dont votre serviteur avait eu l’occasion de traduire quelques articles, sont aujourd’hui disponibles sur le site La recherche du Bonheur, de Jean-Gabriel Mahéo : http://www.larecherchedubonheur.com/article-27284380.html .]

« Mais attendez maintenant, vous allez voir la suiiii-te », chantait Boby Lapointe. Car je n’ai parlé que du nucléaire civil. Il y a aussi le nucléaire militaire. La Bombe, quoi !

Car il y a la bombe A, la bombe H et la bombe à neutrons. Alors, quand on dit « la bombe », dekoikonparle ?

Décidément, on ne va pas s’en sortir…

Guy Béart, le Grand Chambardement.

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Choses désagréables

Un homme politique de ma connaissance (séki ?, séki ?) commençait parfois ses interventions publiques par « je vais vous dire aujourd’hui des choses désagréables ». En effet, si vous ne savez pas que nous sommes au bord d’une guerre nucléaire, c’est que vous dormez (il y a les soldes, le foot et Netflix pour çà). Dire que la Russie n’est pas une démocratie et que Poutine est quelque peu autocrate peut être vrai, mais n’est pas le sujet ! Le sujet, c’est qu’on risque de se prendre un Hiroshima bis.

Qu’on le veuille ou non, l’Ukraine a toujours appartenu à la sphère russe. Le découvrir aujourd’hui, tu parles d’un scoop ! En réalité, faire de ce pays un cheval de Troie de l’OTAN est une provocation, d’autant plus que l’OTAN ne sert plus à rien, si ce n’est à être le bras armé de l’ordolibéralisme et le dernier râle de la bête blessée qu’est l’ « Euromérique ».

D’autant plus que du côté occidental, l’habitude a été prise de régler les Affaires étrangères en se passant des diplomates. Et Vladimir Poutine a rappelé au monde entier les promesses non tenues des principaux dirigeants occidentaux lors de la chute du Mur de Berlin, qu’en échange de la réunification de l’Allemagne au sein de l’OTAN, ils ne chercheraient pas à étendre leur influence vers la Russie (James Baker, 9 février 1990 : « L’OTAN ne bougera pas d’un centimètre vers l’est »). En 1997, la Russie adhère au Conseil OTAN-Russie dont l’un des documents fondateurs affirme que « l’OTAN et la Russie ne se considèrent pas comme des adversaires ».

En 2019, la RAND Corporation, un des plus importants groupes de réflexion américains – et des plus conservateurs -, énumérait « six mesures géopolitiques » que pourraient prendre les Etats-Unis contre la Russie. La numéro trois : « encourager un changement de régime en Biélorussie » et la numéro cinq : « réduire l’influence russe en Asie centrale ».

En 2020, la National Endowment for Democracy (NED), fondation privée à but non lucratif des États-Unis, fondée en 1983 sous le gouvernement de Ronald Reagan, dont l’objectif déclaré par les autorités américaines est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde, a versé plus d’un million de dollars dans une vingtaine de projets au Kazakhstan.

Quant à l’Open Society Foundation de George Soros (réaction de l’ennemi : « vous êtes antisémite ! ». Ce n’est pas le sujet), elle a dépensé presque quatre fois plus d’argent en 2020 au Kazakhstan pour des activités analogues.

La galaxie Open Society.

Mukhtar Ablyazov, ex ministre et ancien banquier recherché par les justices kazakhe, russe et ukrainienne pour corruption et détournement de fonds, se réfugie en Grande-Bretagne en 2009 et informe l’ambassade des Etats-Unis de son intention de provoquer un changement de régime au Kazakhstan.

Encore une de ces révolutions de couleur fabriquée et financée de l’extérieur, comme celle qui a installé un gouvernement néo-nazi en Ukraine en 2014 ! Honte à ceux qui s’ingèrent (« Kissinger » ?). Et comme je ne suis pas Macron, j’ai envie d’emmerder les obsédés de l’OTAN.

Biden-va-t-en-guerre va-t-il persévérer avec la Chine ? J’entends déjà la petite musique : « Oui, mais les Ouïghours ? » Puisque je parlais de cheval de Troie, le Xinjiang en est un du terrorisme islamique, d’où l’état de siège permanent dans cette région.  Jusqu’à 5000 Ouïghours combattent dans divers groupes militants en Syrie et le Xinjiang a connu des vagues d’attentats bataclanesques. Et l’on retrouve le NED et l’Open Society… Concernant les camps de travail pour Ouïghours, c’est un mélange de demi-vérités, de vérités sorties de leur contexte, de fabrications et de mensonges. L’éventail de structures allant de la mine « à la Germinal » jusqu’au quasi Arbeitenlager est une spécialité chinoise, malheureusement, mais pas spécifique au contexte anti-ouïghour.

[sources : lesakerfrancophone.fr, moonofalabama.org, EIR Strategic Alert, Tony Cartalucci (New Eastern Outlook)]

Un mot sur l’Union Européenne : Macron a évoqué la menace russe dans son discours inaugural de la présidence française de l’UE… On a pas attendu ce discours pour savoir que l’UE a l’OTAN comme bras armé. Et on a pas attendu cette présidence pour découvrir la propagande pro-UE. Obligation de faire figurer sur le courrier électronique officiel une bannière « EUROPE2022.FR » aux couleurs européennes. Prêchi-prêcha dans les manuels d’histoire-géographie de cette année : « En quoi l’Union européenne est-elle un nouveau territoire de référence et d’appartenance pour les Européens et les Français ? » (Magnard), « Le sentiment d’appartenance à l’UE est renforcé par la participation de la France à plusieurs programmes [comme] Erasmus + » (Hatier). On n’a pas attendu Erasmus (bon programme au demeurant) pour savoir que les voyages et les rencontres forment la jeunesse, au Portugal, en Allemagne, en Russie, en Chine, en Australie, au Congo, en Inde ou en Bolivie !

Alors n’attendez pas d’avoir un Yankee dans l’kiki, ni un Ruskoff dans l’popoff ! Voilà les choses désagréables que je voulais vous dire.

Contrairement aux apparences, ce n’est pas une charmante lectrice,
Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie,
quand elle n’est pas contente (il manque la « ride du lion ») !

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Ecr. l’inf. (2)

Taqiyya : mot arabe signifiant « dissimulation »

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

Je ne reproduirai pas ici les infâmes affiches du Conseil de l’Europe destinées à « lutter contre les discours de haine antimusulmans » et à promouvoir « la liberté dans le hijab« . Je cite juste le texte de l’une d’entre elles : « Beauty is in diversity as freedom is in hijab. How boring would be the word if everyone would look the same ? Celebrate diversity & respect hijab. » [« La beauté se trouve dans la diversité autant que la liberté dans le hijab. Le monde serait bien monotone si chacun se ressemblait. Célébrons la diversité et respectons le hijab. »]. Pour les béotiens, je rappelle que le hijab désigne « le voile cachant les cheveux, les oreilles et le cou que portent de nombreuses musulmanes » (Le Robert).

Ces affiches portent arborent un #WECAN4HRS (comprendre : « We can for human rights speech ») – on sent la tyrannie des réseaux « sociaux » – et portent les logos de l’Union européenne, du Conseil de l’Europe et de WE CAN avec un coeur dans lequel est écrit : « No Hate« .

WE CAN est une émanation officielle du Conseil de l’Europe. Le rôle du Conseil est d’être « le gardien de la sécurité démocratique, fondée sur les droits de l’Homme, la démocratie et l’état de droit ». De lui émane la fameuse Cour européenne des droits de l’Homme. Y’a un problème.

Le siège du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

En effet, la FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organization), la branche « jeunesse » des Frères Musulmans, et l’EMFW (European Forum of Muslim Women), leur branche « femme », font partie des trente membres du Conseil consultatif de la Jeunesse auprès du Conseil de l’Europe. Comme l’écrit la journaliste Céline Pina le 03 novembre sur le site Figarovox : « Imaginez un peu si ce même conseil avait inclus une organisation néonazie […] dans un conseil consultatif, les cris d’orfraie qui auraient été poussés. » Je cite encore Pina : « Le problème est l’influence grandissante que certaines organisations ont au sein des instances internationales, qu’elles utilisent comme des chevaux de Troie. » Lobbying et taqiyya (dissimulation) comme dirait l’écrivain Mohamed Sifaoui…

« La jeunesse musulmane au Rendez-vous des Jeunes Européens pour débattre de l’avenir de l’Europe », cette fois au Parlement européen.

Autre lobbying en ce domaine, celui de l’Open Society, réseau de fondations créé par George Soros*, dont une des activités consiste à financer des « révolutions de couleur », autrement dit des changements de régime dans des pays dont le régime ne plaît pas à la « communauté internationale ». En bon français, cela s’appelle de l’ingérence…

* Nota : les milieux antisémites, qui voient le complot juif partout, attaquent volontiers Soros, mais évidemment pour de mauvaises raisons… Il est d’ailleurs cocasse que des antisémites attaquent quelqu’un qui soutient des islamistes…

Des membres du Conseil de l’Europe, la France a été la seule à s’indigner, par la voix de Sarah El Hairy, secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement (l’aurait-elle fait s’il n’y avait pas eu d’attentats ?), et le Conseil a déclaré « suspendre » sa campagne. A part les entrefilets AFP de circonstance, des médias confidentiels, Marine Zemmour/Eric Le Pen (ou l’inverse) et Céline Pina déjà citée, seule Caroline Fourest (la seule militante LGBTQ+ opposée aux cultures woke et « inclusive ») en a parlé dans Marianne

Encore une fois : échec de l’idéologie relativiste droits-de-l’hommiste donneuse de leçons ! Les institutions européennes, à force de promouvoir la démocratie dans l’espace public, ont dénié celle dans l’espace privé, et leur conception des droits de l’Homme est particulière car entre ceux-ci et les droits économiques, elles choisissent systématiquement les premiers. Soyez pauvres, mais dans la démocratie !

Quand les Chinois regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ?

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