Les couvertures auxquelles vous avez échappé (4)

Hebdomadaire pendant le confinement

SPECIAL POCHETTES DE DISQUES

Ce numéro des Couvertures auxquelles vous avez échappé est, à l’approche d’un Noël que j’espère plus gibertien (par exemple) qu’amazonien, un spécial pochettes de disques.

La pochette de disque eut son heure de gloire avec le 78 tours : gros plan d’un Caruso empâté, ou photo de groupe de Ray Ventura et ses Collégiens.

Avec le 33 tours, on eut droit aux belles silhouettes de chefs d’orchestre sur fond noir sur lesquelles se détachait l’étiquette jaune de Deutsche Grammophon, ou bien une photo de groupe (encore) de personnages célèbres : l’album Sgt Pepper’s Lonely Heart Club Band des Beatles.

Les 45 tours furent moins imaginatifs : destinés à ne durer qu’une saison de hit-parade, et se contentant du portrait de l’artiste en minet avec un sourire idiot.

Le CD sonna le glas des pochettes : le support présente une surface trop restreinte, surtout pour les rééditions ! Et puis les maisons de disques rognent sur tous les coûts : plus de photographies ad hoc (on puise dans une banque d’images), encore moins de dessins, plus de livret à rédiger et fabriquer…

Je vous propose aujourd’hui deux pochettes, évidemment réalisées par mes soins. Je ne vous dis rien et vous laisse seulement découvrir celle-ci d’abord :

Et voici l’autre, totalement différente, bien sûr :

Oui, je sais : …peut en cacher un autre.

BONUS

Ces chanteurs auxquels vous avez échappé :

Hugo Frey

Henri Caumacias

Michel-Paul Nareff

Quand j’étais petit, je les écrivais comme çà !

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Métro loufoque – M 5

Publication hebdomadaire pendant le confinement

Nouvelles du front :

La première mention « J’aime » sur mon site (en l’occurrence, à propos du Dekoikonparle sur l’Inde), vient du blogueur Gabriel Guicheron et de son site L’Hexa-Dom, consacré à l’actualité guadeloupéenne. Mèsi an pil !

Record battu mercredi 25 novembre avec un acharné qui a réalisé 17 vues sur le site !

D’autre part, je n’ai pas de réaction de certains internautes proches, auxquels j’envoie une alerte à chaque publication. Toutefois, une lectrice, Mme Fracasse, de Choisy-sur-Moselle, me dit en off qu’elle « s’est bien amusée avec mon dernier billet ». Tout vient à point…

Le nom d’un des deux terminus de la ligne 5 du métro parisien ne fait pas rêver : Bobigny-Pablo Picasso, même si l’évocation de Picasso est susceptible d’apporter un peu de fantaisie. Je pense que le pompon est atteint sur la 8 avec Maisons-Alfort – Stade ! A quand « Drancy – Caisse primaire d’Assurance-maladie » ou « Stains – Centre communal d’action sociale » ?

Mais il y a un biais : serait-ce l’évocation même de Bobigny qui ne fisse pas rêver ? Ben oui… Architecture corbusiéresque + politique délibérée de non-mixité sociale + démission totale (et clientélisme) par rapport à l’Islam(isme ?) = ce qu’on sait, qu’il convient (moins quand même, depuis la fatwa lancée contre Samuel Paty) d’appeler le « vivre-ensemble ».

Pour revenir aux stations du métro étendu aux banlieues, on aura remarqué les noms de Léo Lagrange, Paul Vaillant-Couturier, Corentin Celton, Marcel Sembat, Louise Michel, Gabriel Péri, Guy Môquet, et Pablo Picasso, impliqué artistiquement dans la guerre d’Espagne. Sans compter Robespierre. Cela ne faisait pas non plus rêver ceux qui ne prenaient jamais le métro (« Chauffeur ! A Léo-Lagrange ! »). C’est que la RATP était un bastion communiste, et l’extension du réseau vers les « banlieues rouges » était une conquête par rapport à un métropolitain qui n’avait pas l’intention, au départ, de dépasser les fortifs. A propos de fortifs, allez voir l’exposition Paris 1910-1937 – Promenades dans les collections Albert-Kahn jusqu’au 11 janvier à la Cité de l’Architecture (sur réservation et sous réserve de réouverture au public et/ou de prolongation…)

J’ai dit Guy Môquet, pas autre chose !

Cinquième occasion pour marcjoly de réitérer l’exercice oulipien consistant à détourner les noms des stations, et selon une contrainte, rédiger un texte.

La contrainte d’aujourd’hui : introduire ces noms par ordre alphabétique de la dernière lettre !

M 5 : PIQUE-ASSIETTE – CHAPEAU DE PAILLE D’ITALIE

  • Bobigny – Pablo-Picasso > Pique-assiette
  • Bobigny – Pantin – Raymond-Queneau > Quenelle
  • Eglise de Pantin > Ca glisse, le patin !
  • Hoche > Moche
  • Porte de Pantin > Sorte de putain
  • Ourcq > Ours
  • Laumière > Lumière
  • Jaurès > Aurès
  • Stalingrad > Plantigrade
  • Gare du Nord > Hôtel du Nord
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Jacques Bonsergent > Jean dessert Jacques
  • République > Raie pudique
  • Oberkampf > Mein Kampf
  • Richard-Lenoir > Chat noir
  • Bréguet- Sabin > Mon beau sapin
  • Bastille > Baston
  • Quai de la Rapée > Carottes râpées
  • Gare d’Austerlitz > Gâteau, ce délice
  • Saint-Marcel > Ses mains sales
  • Campo-Formio > Ca va fort mieux
  • Place d’Italie > Chapeau de paille d’Italie

JEAN LA MAIN HAUTE

A l'Hôtel du Nord, le gâteau, ce délice -au miel- que ne délaisserait pas un plantigrade, était bon, donc, mais d'un moche ! On aurait dit un chapeau de paille d'Italie...  

Ailleurs, c'était quenelles, lumières, pique-assiettes... Une ambiance réveillon, quand une raie pudique (j'exagère...), lisant Mein Kampf, sorte de putain, Mon beau sapin, etc., décida de foutre le bordel.  Ha ! Cà glisse, le patin ! Baston, chat noir, et tout le tremblement ! 

Résultat : cure de carottes rapées, souvenir de ses mains sales, Argelès...  Ne manquait plus qu'un monastère dans les Aurès, retiré du monde, façon ours. Tout çà pour avoir fait le jacques. Quand Jean dessert Jacques, çà va fort mieux !

Déjà ?

Pour être court, c’est court ! Et je me surprends avec ce style elliptique, sans verbe. Qu’en pensez-vous ? J’attends vos commentaires…

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Fromage et défiscalisation

PENDANT LE CONFINEMENT, CE BLOG PARAITRA CHAQUE SEMAINE

Peu ou prou, le présent blog a six mois (areu !). Par rapport à l’ancien (http://mrliste.hautetfort.com), celui-ci, à périodicité équivalente, est plus vu.

Le graphique sur la droite montre, sur six mois, le nombre de vues (en rose) et le nombre de visiteurs (en brun). Mais ne vous reposez pas sur vos lauriers, la répartition par semaine donne ceci :

Il y a eu en tout 125 visiteurs et 226 vues, dont 141 de France métropolitaine, 66 de Chine, 14 des Etats-Unis, 2 de Singapour, 2 de Monaco et 1 de Guadeloupe. Je soupçonne la plupart de naviguer sous VPN, c’est-à-dire sous localisation fictive, toutefois, les connexions chinoises se font via Baidu.

J’ai d’autre part 7 abonnés, dont l’ami Ruhaud, et Brice Auffoy (http://bricea.home.blog) à travers son blog La Page et la Chambre, site littéraire dont j’avoue ne pas m’y être trop intéressé jusqu’ici, mais je vais m’y plonger. Le peu que j’en ai lu avait un goût de revenez-y !

Que dire de ces « stats » ? C’est très très peu car je ne fais pas de billet quotidien, comme certains, mais une tendance s’amorce. Et je demande aux visiteurs occasionnels de ne pas être passifs : laissez des commentaires et faîtes connaître ! Blog trop intellectuel (j’essaie de relever le niveau) ou trop potache ? Trop ou pas assez dans une « ligne du Parti » ? Vous êtes aussi trop exaspéré, ou ravi, de mon obsession textuelle des listes (on ne se refait pas). Commentaires SVP !

En réalité, ce n’est pas de cela dont je voulais vous entretenir. L’actuel ministre de l’Agriculture est à l’origine d’une loi obligeant les camemberts (à propos de statistiques) à ne pas se contenter de la mention « fabriqué en Normandie » (on fabrique dans cette région bon nombre de « plâtres » industriels infâmes sous cette mention, avec du lait polonais ou autre), mais à mentionner, si c’est le cas, l’appellation d’origine protégée, elle seule étant la preuve d’un vrai camembert.

Ce ministre s’appelle… Julien Denormandie (né, comme son nom ne l’indique pas, à Cahors). Franchement, çà ne s’invente pas !

Mais je n’avais pas l’intention de parler de camemberts. Julien Denormandie a été aussi ministre de la Ville et du Logement, et est aussi à l’origine d’un de ces « dispositifs immobiliers défiscalisants » dont seule la France moisie des petits épargnants et des would-be notables a le secret. Malgré le mot « logement » dans l’intitulé du ministère, ce dispositif, comme tous les autres, a été concocté pour les investisseurs, comme on dit en novlangue libérale. C’est-à-dire ni vous, ni moi.

A la base, le fameux Malraux. Qu’est-ce que le plus littéraire et le plus idéaliste des ministres gaulliens est allé faire dans cette galère ? Il est vrai que le dispositif était destiné aux centres anciens présentant un patrimoine historique riche.

En 1996, apparut le Périssol. Ambigu, tout de même. Le mot évoquait un peu le soleil (parasol, tournesol…), pour peu, on y buvait le Ricard. Mais quand même quelque peu périssable, voir périlleux… L’investissement risqué, quoi !

En 1999 vint le Besson neuf. Pas Luc, ce beauf à la Dupont-Moretti, mais Eric, une de ces personnalités au look de cadre dont on dit : « Profession : libéral ». Et il est neuf, flambant neuf : le Lecanuet des temps modernes…

Patatras, en 2003 : le Robien classique. Un Robien ne peut être que classique : d’ailleurs, on dit Gilles de Robien. Les gens à particule, ils sont tous à l’UDF, ils sont les chantres du centre, comme Giscard. Mais comme si çà ne suffisait pas vint en 2006 le temps du Robien recentré, çà ne s’invente pas !

La même année, coup double avec le Borloo neuf et le Borloo ancien. Neuf peut-être mais chiffonné et pas peigné !

En 2009 : le Scellier. Çà fait sérieux, notarial, entre cave à vin et enveloppe scellée – la province patrimoniale, style Bordelais.

Quatre ans plus tard vit apparaître le Duflot… ou le Duflop, car il a fait un bide. Et coucou, voilà mon Pinel. Pas de gros mots, s’il vous plaît ! Pinel aura-t-il guéri la névrose défiscalisatoire ? Mais je confonds avec Philippe Pinel (1745-1826), l’un des pères de la médecine mentale moderne.

A propos, d’ailleurs, de cerveau qui disjoncte et de connections qui ne se font pas, voici le Cosse ancien, qui remplace le Borloo ancien, et nous aboutissons en 2018 au Pinel recentré

Tout çà, tout çà pour accoucher l’année dernière du Denormandie. C’était laborieux…

Et j’apprends qu’existe aussi le Censi-Bouvard !

Qu’en pense Pécuchet ?

Comme quoi fromage et défiscalisation, çà n’est pas toujours la Suisse !

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Prie-Dieu pour dormeur seul

Je viens de lire de Sigmund Freud : Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient (Folio Gallimard, 1988 – traduit de l’allemand par Denis Messier).

Votre serviteur n’a pas tout compris, et la lecture est parfois pénible, surtout quand Freud essaie d’expliquer un mot d’esprit ou une histoire drôle. Comme dirait Coluche : « Oui, je sais, même en Suisse, elle a pas marché ».

Le célèbre barbu a recueilli un corpus de mots d’esprit, traits d’esprit, contrepèteries, charades, histoires drôles, et en particulier, évidemment, blagues juives. Le tout bien entendu en allemand, et le traducteur a fait comme il a pu !

« Oui, je sais :
même en Suisse, elle a pas marché ».

  • Coluche

Je n’ai pas reproduit ici de Yiddishe Vitze, elles sont connues, et il existe plein de recueils à ce sujet [Lire entre autres Leo Rosten, Les Joies du Yiddish, Calmann-Levy, 1994 ; Marc-Alain Ouaknin, Dory Rotnemer, La bible de l’humour juif (1 et 2), Ramsay, 1995 et 1997]. Voici un florilège des autres blagues citées dans le livre de Freud, que j’ai  choisi d’illustrer par Dubout :

Freud présente le Witz (plus qu’une histoire drôle, une substantificque moelle), comme étant spécifiquement allemand, alors que c’est typiquement Jüdisch mitteleuropäisch ! En fait, un bon Witz doit provoquer, vers la fin, un « aha ! », preuve qu’une magie s’opère… 

Quoi ! vous êtes marié ?

– C’est vrai. Epousantable, mais vrai. 

La vanité ? Oui, c’est l’un de ses quatre talons d’Achille.

Le couple X vit sur un assez grand pied. Aux dires des uns, le mari, ayant gagné pas mal d’argent, disposerait maintenant d’un joli petit matelas ; selon d’autres, la femme, ayant disposé d’un joli petit matelas, aurait gagné pas mal d’argent.

Un des premiers actes de Napoléon III après son accession au pouvoir fut confisquer les biens de la maison d’Orléans. On fit, à cette époque, l’excellent jeu de mots suivant : « C’est le premier vol de l’aigle ».

Heine, à propos d’une dame complaisante : « Elle ne pouvait se résoudre à refuser, à rejeter, à éliminer quoi que ce soit, si ce n’est ses urines ».

Un adjudant à un appelé n’éprouvant aucun goût pour le service militaire : « Ecoute, achète-toi un fusil et installe-toi à ton compte ».

Je m’étonne que les chats aient le pelage percé de deux trous à l’endroit précis où se trouvent leurs yeux.

Frédéric le Grand entend parler d’un prédicateur qui a la réputation d’avoir commerce avec les morts. Il le fait venir et lui demande : « Pouvez-vous évoquer les esprits ? » L’homme répond : « Sire, je suis à vos ordres. Mais eux ne veulent pas venir ».

Cette épigramme de Lessing :

A ce qu’on m’a raconté,

Cette bonne Galathée

Se teint les cheveux en noir ;

Toute autre est la vérité,

Car ils étaient déjà noirs

Quand elle les a achetés.

Eine zweischläfrige Frau (une femme à deux places).

Ein einschläfriger Kirchenstuhl (un prie-Dieu pour dormeur seul).

– Comment s’appelle un cannibale qui a dévoré son père et sa mère ?

– Un orphelin.

– Et quand en plus, il a dévoré tous ses autres parents ?

– Un légataire universel.

Et enfin, ma préférée :

Cette jeune fille me fait penser à Dreyfus. Les militaires ne croient pas à son innocence.

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Départements loufoques (4)

Ce blog, encore confidentiel, est consulté de temps en temps par un internaute aux Etats-Unis (à moins qu’il s’agisse de quelqu’un sous VPN), et par un autre en Chine via Baidu. Faîtes-vous connaître et laissez un message !

Il y a beaucoup d’incohérences dans les appellations des départements français. Le principe de base était celui-ci : remplacer les provinces, de superficies inégales, par des territoires égaux, tous accessibles à partir de leur chef-lieu en une journée de cheval. Et ne plus en référer aux anciennes appellations, qui rappelaient l’ancien régime, mais principalement aux cours d’eaux et montagnes. Ces derniers pouvant être respectivement supérieurs ou inférieurs, et hauts ou bas. Il ne s’agissait pas d’un jugement de valeur, mais de l’altitude. Cela s’appelle de la géographie physique…

Il y a eu, tout du moins pour les départements d’origine (1790), des exceptions : le Calvados (un banc rocheux) sur proposition du député de Bayeux, au lieu de l’Orne-Inférieure ; les Bouches-du-Rhône au lieu de Rhône-Inférieur ; le Finistère (fin de la terre) ; la Côte-d’Or (côteaux de vignobles) ; les Landes (végétation) ; la Manche, le Pas-de-Calais et le Morbihan (une mer, un détroit et un golfe) ; le Nord (sans savoir que des décennies plus tard, un autre territoire français aurait son nord : c’est l’Afrique !).

Le pompon a été atteint avec l’essor du tourisme : les Basses-Pyrénées sont devenues atlantiques : basses, le ski y aurait été impossible, et sans l’Atlantique, Biarritz n’existait plus. Et ce tour de voltige avec les Basses-Alpes devenant les Alpes… de Haute-Provence. Là, c’est fort ! Sans compter les Côtes d’Armor, parce que les Côtes-du-Nord, on se les gèle ! Comptons aussi la Seine-Inférieure et la Loire-Inférieure, l’une devenant maritime, mais l’autre atlantique. Allez savoir…

Même aberration pour les « nouveaux » départements d’Ile-de-France. Les Hauts-de-Seine, c’est pour moi le plateau de Langres… de même que les Hauts-de-France (je ferai un article sur les nouvelles régions) sont pour moi au Mont-Blanc.

Le phénomène est aussi maintenant récurrent pour les noms de ville : Châlons-sur-Marne a été rebaptisée pour des raisons purement champagnistiques, c’est-à-dire touristico-économiques. Et sous prétexte de regroupement de communes, Montereau se trimballe un encombrant Fault-Yonne, et Cherbourg un Octeville…

Voici donc la dernière partie de cette série :

PARIS : Département éponyme de la ville, qui à l’époque gallo-romaine, s’appelait Lucette (tu me la présenteras).

SEINE-MARITIME : Son paysage est une vraie scène maritime. Je vous recommande la Pizzeria Jeanne d’Arc (au feu de bois) – Place du Marché à Rouen.

Une scène maritime…

SEINE-ET-MARNE : Que la Seine est morne ! « J’aime bien Melun : c’est moins surfait que la Côte » (Chevalier et Laspalès).

YVELINES : Quoi ? Evelyne ? Et elles sont deux ? Tu me les présenteras ! Chef-lieu : Versailles, çà en jette…

« J’aime bien Melun :
c’est moins surfait que la Côte »

Chevalier et Laspalès

DEUX-SEVRES : Amateurs de laitages : après Les 2 Vaches®, voici les Deux-Chèvres !

SOMME : Département à additions et à siestes. Pour le chef-lieu, c’est la s’maine des acides aminés.

TARN (de saumon) : Son chef-lieu fait rêver : Bali !

TARN-ET-GARONNE : Darne et carottes au menu. Chef-lieu Montauban, comme à Paris la rue du Monte-à-bord, heu… du Mont-Thabor, et le square Monte-au-long, heu… Montholon.

VAR : S’appelle ainsi car ce fleuve côtier ne l’arrose pas. Du beau, du bon, Dubonnet – Toul, Toulon, Toulouse.

VAUCLUSE : Ah, ouais, le Comtat Venaissin, quoi ! On ne dit pas « je vais à Avignon. » On ne dit pas non plus « je vais à Vignon ».

VENDEE : Département à brader : vendez ! Chef-lieu : La Roche-aux-Fées (allusion à quelque chose que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. Indice : çà se mangeait). Dernière minute : on m’apprend qu’il s’agit de La-Roche-sur-Yon.

VIENNE : Certains vont même jusqu’à dire que Charles Martel a battu les Arabes à moitié. Département qui se trouve en Autriche.

HAUTE-VIENNE : Il y a une Haute-Vienne ? Conséquence de précédemment, çà doit être le Grossglockner (3797 m) !

VOSGES : Existe-t-il un bizutage lors du passage de la fameuse ligne bleue ? Son chef-lieu est Lapine (en un seul mot…)

YONNE : Son chef-lieu est prononcé Aukserre par les ignares. Idem pour Bruxelles.

TERRITOIRE-DE-BELFORT : Quand j’étais petit, j’étais fasciné par ce mystérieux « territoire », que j’imaginais à l’aune de Monaco, d’Andorre ou du Luxembourg. Y parlait-on français ? Y acceptait-on les francs ? Y avait-il un poste de douane ? Quand j’ai su qu’il ne s’agissait que d’un département français, j’ai été déçu…

ESSONNE : deux E, Deux S, Deux N. Chef-lieu : Evry, souvent accompagné de son accessoire, la corbeille.

HAUTS-DE-SEINE : Et çà recommence ! Alors que ce terme devrait désigner le plateau de Langres. ! Du beau, du bon, Dubonnet – Nantes, Nanterre, et quoi d’autre ?

SEINE-SAINT-DENIS : Y se sont pas foulés pour le nom. C’est à y perdre la tête.

VAL-DE-MARNE : Ce nom me fait penser à une nouvelle d’Edgar Poe : La vérité sur le cas de M. Valdemar. En son chef-lieu habite la môme de Jean Ferrat (dans un meublé) – même qu’elle porte pas de lunettes de soleil…

Anna Karina dans Vivre sa vie, de Jean-Luc Godard, avec la chanson de Jean Ferrat

VAL-D’OISE : Département qui sonne comme une eau minérale (« Tiens, passe-moi la Valdoise »). Il a pour chef-lieu Pontoise. Pour le pont, il serait temps, car après, l’Oise se jette (d’un geste désespéré) dans la Seine.

GUADELOUPE : Seul département français dont le nom est d’origine arabe ! L’Oued-al-Lub a donné Guadalupe en espagnol, puis Guadeloupe en français, avant que les créolophones ne l’écrasent en Gwadloup. Chef-lieu : Basse-Terre. Dommage ! Pointe-à-Pitre aurait été plus rigolo.

MARTINIQUE : Dans la liste des départements qui sonnent comme…, celui-là fait penser à une sorte de manteau : « Il s’était drapé dans une vaste martinique, qui lui arrivait aux chevilles ». Chef-lieu Fort-de-France, dont les habitants s’appellent les Foyalais, car cette ville s’appelait autrefois Fort-Royal, prononcé Foyal avec l’accent créole (ce n’est pas une blague).

GUYANE : Ne pas confondre avec la Guyenne, cette ancienne province française. Guyane + Cayenne = Guyenne. Donc le chef-lieu n’est pas Kourou, coucou !

REUNION : Drôle de nom pour un département qui n’est pas un archipel. Il a son chef-lieu dans le 9-3.

MAYOTTE : Ile qui s’appelle en mahorais… Maoré, et dont le chef-lieu est Mamoudzou. C’est curieux, j’ai connu un Comorien qui s’appelait Mahamoudou.

FIN

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Les couvertures auxquelles vous avez échappé (3)

NB : retrouvez les deux premiers articles de cette série de « couvertures » sur http://

mrliste.hautetfort.com

On a vu ces dernières années fleurir de nouveaux « concepts éditoriaux ». Ainsi la collection : le schmilblick pour les Nuls (First), déclinaison française de l’américaine For Dummies. Je dois l’avouer, je n’ai jamais lu un ouvrage de la collection, sauf dans le domaine de l’informatique : Windows® (toutes les versions y sont passées), Excel®, l’ordinateur portable. L’humour américain est traduit littéralement, et çà tombe à côté. Un ami m’ayant persuadé que Linux® était le Graal, j’ai acheté le livre et n’ai absolument rien compris.

Autre concept : le schmilblick expliqué à ma fille (Seuil). Recette : prendre un auteur « sage » et consensuel : Frédéric Lenoir, Hubert Reeves, Tahar ben Jelloun (on a échappé à Yann-Arthus Bertrand, Jean-Claude Carrière, Eric-Emmanuel Schmitt…) et lui commander un ouvrage sur un thème galvaudé (climat, racisme, mondialisation) mais permettant de laver le cerveau des fameuses générations futures

Les Dictionnaire amoureux (Plon) du schmilblick, eux, sont beaucoup plus intéressants, car justement plus subjectifs et moins consensuels. Ils sont écrits par des passionnés, pas par des serveurs de soupe.

Enfin, les Anti-manuel (qui ne constituent pas une collection – le titre est juste repris pour certains ouvrages) du schmilblick sont des rafraîchissements dans notre pays, car vont à l’encontre de la tradition académique, où la pensée doit s’adapter à la norme et donner la bonne réponse. C’est Claude Duneton qui a inauguré les anti-manuels avec celui de français (C. Duneton et J.-P. Pagliano, Seuil, 1978).

C’est l’occasion de tester de nouveaux détournements :

D’abord, celui-ci :

L’actualité nous a fait échapper au Dictionnaire amoureux de l’inceste, ou de la Shoah…

Et celui-là, dont l’auteur est peut-être sage, mais pas consensuel et encore moins galvaudé :

Le pauvre ! Mais comment cela se peut-ce ?

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Métro loufoque – M 4

Retrouvez les lignes 1 à 3 sur :

https://mrliste.hautetfort.com

Nota : un fidèle lecteur, jusque là potentiel et empêché (il n’arrivait pas à se connecter) à enfin eu accès à mon blog. Il s’agit de M. Lalouette, de Jeteux-Plumerai (Orne).

Quand j’étais petit (oui j’ai été petit), la ligne 4 Orléans-Clignancourt, comme on disait alors, n’avait pas bonne réputation pour ma maman, car c’était la ligne « sale et moche », qui, de surcroît, ne desservait pas les beaux quartiers. C’était la mort dans l’âme que l’on « changeait » à Barbès-Rochechouart. Au delà, vers le nord, c’était Terra incognita

Considérations sociales et sécuritaires à part, cette ligne, ainsi que le complexe flambant neuf (à l’époque) du RER de Châtelet-les Halles, avait une particularité : couloirs et stations dégageaient une odeur de pourriture, qui rappelait celle des fins de marché, quand cageots et fruits invendables jonchent le sol. C’est bien des années plus tard que j’appris que cette odeur avait pour origine une bactérie contre laquelle divers moyens avaient été utilisés en vain : produits chimiques, bactéries mangeuses de bactéries… Il fallut des années pour s’en débarrasser.

Métro ligne 4 de… Séoul. Là, on est sûr que c’est propre !

Pour cette rubrique, il n’est pas nécessaire d’être parisien. N’importe quel internaute provincial ou étranger peut participer, il suffit juste de se procurer un plan de métro de Paris.

Les noms (réels) des stations de métro étant ce qu’ils sont, pleins de leur ridicule, de leur « mal-t’à-propos », de leur inadéquation, j’ai donc rebaptisé le réseau, le plus souvent par associations d’idées, souvent avec le sel inégal des à-peu-près voire des contrepèteries. En route avec, pour aujourd’hui, la ligne 4.

M4 : CLIGNOTE COURT – MAIRIE DE MON TROU

  • Porte de Clignancourt > Clignote court
  • Simplon > Simplet
  • Marcadet-Poissonnniers >Marc a des nasses aux pieds
  • Château-Rouge > Haricot rouge
  • Barbès-Rochechouart > Barbare-Rochechouesse
  • Gare du Nord > Hôtel du Nord
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Château d’eau > Chat-dodo
  • Strasbourg – Saint-Denis > Gainsbourg ! Cinq demis !
  • Réaumur-Sébastopol > Raie au Paul – Sébaste au mur (le sébaste est un poisson)
  • Etienne Marcel > Aisselle martienne
  • Les Halles > Idéal
  • Châtelet > Chatterley (celle dont l’amant est le garde-chasse dans le roman de D. H. Lawrence)
  • Cité > Lubricité
  • Saint-Michel > Galettes St-Michel
  • Odéon > Frédéric Lodéon
  • Saint-Germain-des-Prés > Saint des brins germés
  • Saint-Sulpice > Supplice
  • Saint-Placide > Placid & Muzo (bande dessinée des années 60 et 70)
La fameuse collection carrée « poche », dont également Pif, Pifou, Gai-Luron et Arthur le fantôme.
  • Montparnasse- Bienvenüe > Viens par là mon velu
  • Vavin > Ravin
  • Raspail > Rase-poil
  • Denfert-Rochereau > Foré d’en roche
  • Mouton-Duvernet > Mouton-Rothschild
  • Alésia > Allez-y
  • Porte d’Orléans > Charles d’Orléans
  • Mairie de Montrouge > Marie de mon trou (ah, c’est d’un goût…)

C’est maintenant que çà se corse. Car grâce à cette suite, on peut établir ce que l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle, https://www.oulipo.net/fr/contraintes) appelle une contrainte, c’est-à-dire un exercice d’écriture qui se plie à une règle.

Notre contrainte pour aujourd’hui : faire un petit récit où l’on utilisera, dans l’ordre alphabétique, toutes ces stations de métro fantaisistes. Bon, le texte qui suit n’est pas le meilleur. Tant pis, c’est parti :

SOUMIS A LA QUESTION

A quoi ressemble une aisselle martienne ? Allez-y ! Cherchez ! A Argelès, ils n’ont pas compris la question et ont répondu (les barbares !) : « Rochechouesse » ! Et ils ont eu le culot de dire qu’ils s’étaient trompés et que la réponse était « Charles d’Orléans »…  Et le chat-dodo, croisement improbable après l’arrivée du félin sur l’Ile Bourbon, existe-t-il ? Je voudrais vous y voir ! Quant à la Chatterley [cf.M1], dont les yeux (et le reste) clignotent court, le garde-chasse l’a-t-il forée d’en roche ?

Toujours est-il que Frédéric Lodéon, bourré et croyant reconnaître tout le monde chez les garçons de café (« Gainsbourg ! Cinq demis ! ») s’en fut réduit à bouffer des galettes Saint-Michel et une boîte d’haricots rouges à l’hôtel du Nord. Pas l’idéal ! Quand même, ce qu’on devient quand on est obligé de répondre à des questions idiotes… De quoi plonger dans la lubricité. Marc a des nasses aux pieds… (la sienne ne s’appelait pas Popaul, mais Marc). Quand je pense à Marie (la sienne ne s’appelait pas Fernande, mais Marie)... Marie de mon trou, oui ! Lodéon finit par attaquer un Mouton-Rothschild et crut chercher la réponse dans Placid & Muzo. Quelle déchéance ! Il aurait mieux fait de s’intéresser aux fameuses recettes de la raie au mur ou du sébaste au Paul [cf.M3].

Puis sa conscience bascula dans un rase-poil de ravin, dont il sortit de manière psychédélique dans le saint des saints des brins germés, façon marijuana. Là, un simplet le sortit de son supplice et lui dit : « Viens par là mon velu » !

Ah, il faut que je vous quitte car j’aperçois deux hommes en blanc qui viennent me chercher…

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Bienvenue !

Le Champouin, quèsaco ? Il s’agit d’un blog de miscellanées, c’est-à-dire de mélanges scientifiques et littéraires. Il paraîtra tous les quinze jours.

Peut-être connaissez vous les Miscellanées de Mr. Schott (Ben Schott, Editions Allia, 2008) ? Eh bien, il s’agit d’éléments de la même eau, ou ejusdem farinae, comme disait Rabelais. J’avais songé au Tupéroir, allusion à une marque de récipients alimentaires, mais c’était déjà pris. J’ai donc choisi le Champouin, pour frotter les idées et laver ce bas monde afin de se débarrasser des idées négatives.

Mais il s’agit aussi d’un blog amoureux, comme la fameuse collection des dictionnaires du même nom, c’est-à-dire totalement personnel et subjectif. C’est pourquoi il suivra parfois l’actualité et n’hésitera pas à être polémique s’il le faut.

Marcjoly, l’auteur du Champouin, s’appelait Mr. Liste dans une vie internautique antérieure, et animait le blog éponyme http://mrliste.hautetfort.com, qui n’évolue plus mais est toujours consultable.

Un grand merci à Etienne Ruhaud (pagepaysage.wordpress.com), sans qui ni l’ancien, ni le présent blog n’auraient vu le jour.

 

Du coup, comme j’ai bien parlé, je ne vais pas amorcer maintenant un long sujet, mais simplement vous présenter deux petites blagues visuelles, réalisées « sans trucages » (séquence La réalité rejoint la fiction) :

Tout d’abord celle-ci, prise par moi-même en 2015 à Salles-la-Source, dans l’Aveyron :

Mais que fait là ce « chiotte » ? Décharge sauvage ou canular ?

Et celle-là, à Reims, il y a deux ans :

Dieu-Lumière ! Le paradis des Francs-Maçons ?

Et rendez-vous dans deux semaines ! ♦

 

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