Ursula von der Leyen reconnaît enfin « l’erreur stratégique » de l’UE, consistant à « tourner le dos à une source d’énergie fiable, abordable et à faibles émissions » – comprendre : le nucléaire. Aha ! Ce qu’elle n’a pas dit, c’est qu’en tant que membre du gouvernement Merkel, elle avait initié la sortie totale du nucléaire de l’Allemagne en 2011. De plus, elle était l’auteure du Green Deal de l’UE, excluant la même énergie.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Ses seules activités consistèrent à assister quotidiennement aux conférences préparatoires, commissions mixtes, séminaires d'étude, conseils de gestion, colloques interdisciplinaires, assemblées générales, sessions plénières, comités de lecture et autres séances de travail qui, à ce niveau de la hiérarchie, constituent l'essentiel de la vie de cet organisme avec les communications téléphoniques, les conversations de couloir, les déjeuners d'affaires, les projections de rushes et les déplacements à l'étranger."
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L’autre jour, dans le panier à linge, je tombai (on « tombe » beaucoup dans la langue française…) sur une minuscule socquette, qui semblait convenir à un pied d’enfant en bas âge, enfant dont notre foyer est dépourvu. Mystère.
Ce genre de situation, incongrue, « surréaliste »*, comique, soudaine, touchante, parfois délicieusement ridicule, arrive quand on ne s’y attend pas, et provoque toujours le rire. Aha !
*Je mets des guillemets : mon ami Etienne Ruhaud [https://pagepaysage.wordpress.com/] n’aime pas les acceptions frelatées du mot surréaliste.
Tout ceci est vieux comme la préhistoire…
Lascaux : la « scène du puits » (vers -22 000). Incongru, surréaliste, comique, touchant…
Alors pensons à l’apparition soudaine :
d’un cochon
d’un billet de 500 euros
d’un pot de chambre
d’une veuve à voilette
d’un violon
d’une tête de veau
d’un chien avec une tache sur l’oeil
d’une chaise à porteurs
d’un concombre
d’un policier à sifflet et képi
d’une Fiat 500 (ancien modèle)
d’un asticot
d’une femme en bigoudis
d’un os
d’Edouard Balladur (ou Gérard Larcher, ou n’importe quel notable pompeux et ridicule)
(Rires)
d’une culotte
d’un beauf à moustache
d’une poire
d’un cerveau
Splash !
d’un canard
d’un poil
d’un nain.
Ceci dit, il y a des associations : le cochon va avec le pot de chambre, le pot de chambre avec le violon (ne dit-on pas « pisser dans un violon » ?), le chien avec l’os, Edouard Balladur avec la chaise à porteurs, l’asticot avec la poire, la culotte avec le poil, et, le meilleur pour la fin – roulement de tambour – la veuve avec le concombre…
Pour réprimer ce vice inapproprié, rien ne vaut l’agent de police à képi et sifflet, qui est également un beauf à moustache !
L'illustration ci-dessus représente un PILI : Plan Indicateur Lumineux d’Itinéraires. Les PILI, créés en 1937, trop onéreux à mettre à jour en cas de modification du réseau, car purement électriques et non électroniques, ont été abandonnés. Dans certaines stations, des plans interactifs sans âme ont pris le relais...
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This is War ! Les Marx Brothers dans La soupe au canard (Duck Soup), 1933.
C’est la guerre ! « L’Etat profond » américain, que dénonçait un moment Trump (souvent Trump varie…) nous refait le coup de « l’armée irakienne, troisième armée du Monde » ou de la « preuve des armes de destructions massives ». Cette fois, « l’Iran prépare l’arme nucléaire ». Ben voyons ! On remarquera que, pour leur part, les Etats-Unis et Israël ont préparé celle-ci depuis longtemps… En réalité, cette guerre vise à empêcher l’émergence d’un monde multipolaire, dans lequel les BRICS, dont l’Iran fait partie, veulent substituer à l’empire financier du dollar une nouvelle architecture de développement mutuel.
Macron lèche-cul, dans son allocution du 3 mars, a rejeté la responsabilité de cette guerre sur l’Iran : Trump et Netanyahou n’y sont pour rien, bien sûr ! Il a fallu que notre président admette du bout des lèvres, que l’intervention contre Téhéran sortait du droit international… Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol a eu plus de couilles en n’ayant pas autorisé l’armée américaine à utiliser des bases espagnoles pour l’offensive contre l’Iran. « Nous n’allons pas nous rendre complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde » a-t-il déclaré.Quand les uns disent « No pasdaran », l’Espagne dit tout simplement ¡ no pasarán !
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Free Palestein, heu… Palestine !
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Une pièce parquetée, presque carrée. Au centre, une table ronde sur laquelle sont disposés deux couverts, un dessous-de-plat métallique en forme de losange, une soupière dont le couvercle échancré laisse passer le manche d'une louche en métal argenté, une assiette blanche avec un cervelas coupé en deux nappé d'une sauce moutardée et un camembert dont l'étiquette représente un Grognard. Contre le mur du fond, une desserte de style indéterminé sur laquelle sont posés une lampe dont le socle est un cube d'opaline, une bouteille de Pastis 51, une unique pomme rouge sur une assiette d'étain, et un journal du soir dont on peut lire l'énorme manchette : PONIA : LE CHATIMENT SERA EXEMPLAIRE."
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Dans Métro loufoque – M 10 (https://champouin.blog/2024/11/15/metro-loufoque-m-10/), j’avais écrit à propos du nouveau matériel roulant MF 19 : « J’ai deux versions contradictoires. L’une dit que la 10, la plus vétuste, recevra ce matériel en priorité, dès 2025. L’autre affirme que, seule ligne à ne pas connaître de conduite manuelle assistée, elle ne sera modernisée qu’en dernier, le temps d’effectuer la mise à niveau… ». C’est bien la première version qui prévaut : j’ai pris ce modèle de rame sur la 10 il y a deux jours. Pour l’instant, une seule rame sur la ligne, à titre d’essai. Aucune réaction des usagers qui, visiblement, n’en avaient rien à foutre. Il n’y a aujourd’hui hélas plus de curiosité, plus d’esprit ni « scientifique » ni esthétique…
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La ligne 11 du métro parisien a longtemps été celle qui permet de relier « en bas » avec « en haut ». Analogue à la ligne C du métro lyonnais, elle part de l’hypercentre et rejoint le boulevard situé en hauteur via la pente. La rue du Faubourg-du-Temple dans un cas, les pentes de la Croix-Rousse dans l’autre. D’ailleurs, le boulevard de la Croix-Rousse et celui de Belleville possèdent tous deux ici et là des « redents », témoins d’anciennes fortifications.
De même que la C lyonnaise a remplacé la « ficelle » Croix-Paquet – Croix- Rousse, la 11 parisienne, jusqu’ici ligne la plus courte* du réseau RATP, a remplacé le funiculaire de Belleville (1891-1924) de République à Jourdain. Prolongée jusqu’à la Mairie des Lilas en 1935, elle vient de rejoindre l’année dernière Rosny – Bois-Perrier : incitation à boire une eau minérale frelatée ? Elle a du coup troqué ses rames MP 59 (oui, elles dataient de 1959 !) par des MP 14, confortables et climatisées.
*Si l’on excepte les « fausses » lignes 3 bis et 7 bis.
Comme d’habitude, nous allons détourner les noms des stations de la ligne, noms qui vont nous servir pour écrire un texte.
M 11 : Chatterley – Oh dis, bois du Perrier® !
Châtelet > Chatterley.
Hôtel de Ville > Hôtel de passe.
Rambuteau > Mobutu.
Arts et Métiers > Armée de métier.
République > Raie publique.
Goncourt > Concours.
Belleville > Belle fille.
Pyrénées > Périnée.
Jourdain > Monsieur Jourdain.
Place des Fêtes > Plate des fesses.
Télégraphe > Pornographe.
Porte de Lilas > Le bordel ira.
Mairie des Lilas > Marie délira.
Serge Gainsbourg > Ces gars se bourrent.
Romainville-Carnot > Concarneau.
Montreuil-Hôpital > Mon trou au p’tit tas.
La Dhuys > La cuisse.
Coteaux-Beauclair > Coco bouclé.
Rosny – Bois-Perrier > Oh dis, bois du Perrier® !
Mouais…
TEXTE :
Marie Chatterley, dans un hôtel de passe, recevait Mobutu qui s’était trompé, pensant être au Chabanais ou au One Two Two. Chatterley pensait appartenir à l’armée de métier de la raie publique, et recrutée sur concours. Cette belle fille qui jouait du périnée était putain sans le savoir, tel Monsieur Jourdain. Elle était plate des fesses mais, pour ce pornographe de Mobutu : « tant que le bordel ira… ».Un moment, Marie délira (çà rime) : le dictateur congolais puait la bière. « Ces gars se bourrent comme à Concarneau », se dit elle. Dans cet échange glauque, on l’entendit dire : « Mon trou au p’tit tas ! » tandis que l’autre réclamait la cuisse. Elle mit sa main dans sa chevelure crépue : « Mon coco bouclé ! ». Mais il étouffait. « Oh dis, bois du Perrier® ! »FIN.
On n’en a pas parlé « à la télé » ni « dans le poste ». Si vous êtes parisien, Hype, çà doit vous dire quelque chose. Les fameux taxis bleus avec des nuages (des Toyota Mirai) roulant à l’hydrogène. Hype avait même commencé à trouver des partenariats pour développer des stations de recharge. Or, dans dans Taxi News (magazine dédié à la profession) du mois de janvier, Mathieu Gardies, dirigeant de Hype, explique son retrait de sortir de la technologie hydrogène* : « La filière mobilité hydrogène s’est progressivement figée, faute d’avoir bénéficié d’un calendrier cohérent entre le développement des véhicules, celui des infrastructures et la maîtrise des coûts d’exploitation ». Je découvre plus tard en couverture d’Epsil00n de janvier : » HYDROGENE – LA FIN D’UN REVE INDUSTRIEL ». Mazette ! Vous le saviez, vous ? Coût de production incompressible, mauvais rendement, molécule difficile à transporter, trop de risques d’explosion, besoin de métaux critiques… Tous les projets hydrogène s’effondrent : ArcelorMittal, Siemens, Renault, Airbus, Stellantis, TotalEnergies, sans compter les spécialistes Elogen ou Mc Phy. Bref, l’hydrogène, c’est fini…
*Ce qui explique pourquoi je vois de plus en plus de taxis Hype électriques.
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Allez voir l’expo Geluck expose Le Chat au musée Maillol, à Paris (jusqu’au 3 mai 2026). J’avoue ne pas être tropfan du Chat: toujours le même dessin, des jeux de mots assez idiots… Mais ce qui est à mon avis le plus intéressant n’est pas Le Chat en soi, mais l’univers Geluck – un sacré déconneur, belge évidemment. Ne ratez pas dans l’expo quelques unes des émissions qu’il faisait dans les années septante à la RTBF : quelque chose entre La caméra invisible, Benny Hill, Le petit Rapporteur et Jean-Michel Ribes.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Il a devant lui une boîte en bois blanc abondamment pourvue d'étiquettes, de timbres, de cachets, et de sceaux en cire rouge, d'où il a sorti cinq broches en argent et en strass, style Arts déco, représentant cinq sportives stylisées : une nageuse crawlant au milieu de vaguelettes en festons, une skieuse fonçant schuss, une gymnaste en tutu jonglant avec des torches enflammées, une joueuse de golf à la canne haute et une plongeuse exécutant un impeccable saut de l'ange ."
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L’autre jour, dans le journal, je tombe sur ce texte qui se veut sage, avisé et consensuel :
« Construire la société française et travailler pour le pays, c’est bâtir une société harmonieuse en se lançant dans des projets (pensons par exemple aux salles de shoot). En effet, la France évolue et tend vers l’égalité hommes-femmes. On peut alors choisir quand tomber enceinte, même pour les couples homosexuels dans l’impossibilité de procréer, les parents et les médecins en conviennent : c’est ainsi que l’on va détruire l’identité sexuée. En réalité, l’avenir des jeunes français passera par l’école, à commencer par l’école maternelle. Mais pour donner aux élèves la même éducation, il faudra un personnel scolaire chargé de veiller à la discipline, qui veillera également que les élèves respectent la propreté des lieux. On s’assurera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants en voiture, mais que ces derniers privilégient le cyclisme et la marche. »
Horreur et malheur ! Tonnerre et éclairs ! Ce brûlot réactionnaire m’a scandalisé ! J’ai aussitôt pris ma plus belle plume (la plume étant l’allégorie du fichier .txt) et j’ai envoyé illico ma version à la rédaction du journal :
« Le Nous inclusif et solidaire qui fait France, c’est faire de l’en-commun en produisant des possibles (pensons par exemple aux pièces de consommation à moindre risque). En effet, les dynamiques plurielles de la société tendent vers l’égalité femmes-hommes. On peut alors choisir quand se trouver en état de grossesse médicalement constaté, même pour les couples confrontés à l’infertilité sociale, les acteurs impliqués dans le conception en conviennent : c’est ainsi que l’on va détruire les stéréotypes de genre. En réalité, l’avenir des jeunes français passera par l’école, à commencer par la première école. Mais pour bâtir du commun, il faudra des groupes académiques climat scolaire qui veilleront à ce que les élèves ne versent pas dans la dynamique naturelle à la salissure. On s’assurera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants par le moyen d’engins carbonés, mais que ces derniers privilégient les déplacements apaisés. »
C’est que, voyez-vous, je suis un parfait lèche-cul : j’ai voté Macron à la tête de la France, Hidalgo à celle de Paris, je kiffe l’Union européenne et je lave le cerveau de mes enfants à propos de transition climatique. Le journal en question, organe officieux du pouvoir, et qui appartient à un empire du CAC 40 , ne pourra que publier cette version !
Las ! C’est un autre texte qui est sorti, des esprits méchants ayant décidé d’être encore plus suce-boules que moi, qui croyais être à la pointe de la modernité de la pensée…
« Le we care de l’union européenne, c’est de faire du living together grâce au champ innovationnel (pensons par exemple aux espaces récréatifs régulés). En effet les dynamiques arc-en-ciel de genre et de race s’aplanissent. On peut alors se challenger sur l’état de prégnance ovulaire, mêmes pour les couples conceptionnellement empêchés, il y a pour cela un consensus des référents procréation : c’est ainsi qu’on abolit les clivages genrés. Le futur des générations à venir passera par l’école première. Mais pour l’apprendre-ensemble, il faudra des assistants pédagogiques du savoir-être, qui seront vigilants sur la pollution quotidienne et à bas bruit des élèves. On veillera à ce que les parents ne déposent pas leurs enfants au moyen de mobilités énergétiquement fossiles, mais qu’ils privilégient le slow moving ».
Du coup, j’ai un doute : peut-être ont-ils cru que je faisais le jeu des extrêmes…
Orwell : 1 .Le Prix de la Paix de Westphalie* a été attribué pour 2026 à… l’Otan (!), ainsi qu’à socioMovens, une « ONG » chargée de préparer le terrain pour des révolutions de couleur. En novlangue orwellienne, un coup d’Etat extérieur devient une « révolution de couleur », la guerre devient une « opération de maintien de la paix », et, comme le prouve ce prix, la guerre devient la « paix ». 2. Le 15 octobre s’est tenu à la ZAD (pardon) la fac de Saint-Denis un « grand rassemblement anti-impérialiste ». Près de 200 étudiants ont applaudi une intervenante se disant « fière »de revendiquer l’attaque du 7 octobre, qu’elle a présentée comme un « accélérateur de l’histoire ». Orwell encore : le massacre devient « résistance », le terrorisme « lutte de libération », et les terroristes des « rebelles »…
*Le traité de Westphalie (1648) mit fin à la Guerre de Trente ans. On en fit une doctrine qui, pour faire court, oblige le vainqueur à aider à la reconstruction du/des pays vaincu(s) afin que les conditions politico-économiques pérennisent la paix.
Plan de paix (ou ce qu’il en est au moment de la parution de ce blog) : un plan de paix très à l’avantage de Trump et du business, mais un plan de paix tout de même, que Macron, téléguidé par la géopolitique britannique, va tout faire pour le saboter…
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Astrophysicien⋅ne⋅s, on ne dit pas « une naine blanche » mais « une femme de petite taille non racisée » !
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Ecrans : 1.D’après MyMood, la plateforme consacrée à la santé mentale des jeunes, 50% de ceux-ci présentaient des symptômes dépressifs en 2024. La covid a exacerbé l’isolement numérique (réseaux « sociaux » et jeux vidéo). 50% c’est affolant… 2. Comme le constate Yann Diener dans Charlie Hebdo : « Un enfant a du mal à apprendre à lire ? On le met au fond de la classe sur une tablette. Un enfant est trop dépendant aux écrans ? On lui trouve une thérapie comportementale… sur tablette »…
"Il s'appelait Monsieur Gouttman et il fabriquait des articles de piété qu'il vendait lui-même dans les églises et les procures : des croix, des médailles et des chapelets de toutes dimensions, des candélabres pour oratoires, des autels portatifs, des bouquets de clinquant, des sacrés-coeurs en carton bleu, des saint Joseph à barbe rouge, des calvaires de porcelaine."
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Dans les années 1990, mes activités à Lyon m’amenaient à venir régulièrement à Bourg-en-Bresse avec mon ami Eric Sauzé, lequel appelait plaisamment cette ville Berg-en-Brousse. Il ne s’agissait pas de se moquer de cette préfecture ni de ses habitants, simplement le calembour était ce qu’on appelle bien trouvé*.
*Hommage aux plus créatifs de mes connaissances en matière de « cale-en-bourg » : Eric Sauzé, Karel Vereycken, et, spécial dédicace musée de Cluny, Cédric Pailler !
On peut décliner cet exercice (la contrepèterie) pour pas mal de villes françaises ! Tout du moins, en ce qui nous concerne, il faut qu’un seul de ces éléments soit un mot qui existe (c’est tout le sel de l’à-peu-près), pour que le résultat soit pornographique (grâce au dard ou la moule, par exemple) ou bien évoque la lose assurée (grâce au ridé ou au pelé). Je reconnais toutefois que certains résultats sont quelque peu capillotractés. J’ai évidemment choisi des communes dont, selon moi, bon nombre de gens a plus ou moins entendu parler, sinon çà tombe à côté. La liste qui suit est établie par ordre des départements, ce qui fait que Berg-en-Brousse (Ain) arrive en premier ! J’ai inclus les ex-DOM, aujourd’hui communautés d’outremer – où l’on voit que la commune guadeloupéenne de Capesterre-Belle-Eau est une source de calembours. Certains départements ne m’ont pas inspiré : Bas- et Haut-Rhin avec leur toponymie germanique, peu propices à l’exercice contrapétique.
Allons-y pour ce grand voyage :
Valsegarde-sur-Ballerine
Berg-en-Brousse, Villombes-lès-Dards, Ambugieu-en-Bérêt, Valsegarde-sur-Ballerine (évidemment), Foire-en-Tardenay, Saint-Siourçain-sur-Poule, Théer-sur-Moule et sa voisine Pandemoule-la-Nalieue, Saint-Vaurent-du-Lard, Villefrère-sur-Manche, Saint-Cap-Jean-Ferrat, Tarassiège-sur-Arcon, Hermes-les-Taxes, Nogeine-sur-Sang, Sar-sur-Benne, Romilleine-sur-Scie, Sévechac-le-Râteau, Anse-en-Provexe, Saint-Promis-de-Rêvance (l’espoir fait vivre…), Mos-sur-Fer, Les Rennes-Mis-Pas-Beaux (pauvres bêtes…), Trouvère-sur-Mille, Coursères-sur-Meule, Isignère-sur-Mie, Saint-Aaron-Montmand (un converti), Grive-la-Baillarde, Aumur-en-Sexois, Quernat-la-Salada, Saint-Rambon-d’Albert, Vence-lès-Balourds et sa voisine Saint-Chaul-Trois-Patauds, Rohan-sur-Misère, Onches-en-Couches, Saint-LOL-de-Péon, Châteaufou-du-Neuf, Gnères-de-Baluchon, Lespoc-Médard, Quédelnau-de-Mastoc, Labalains-lès-Mous, Palaflos-les-Veaux, Sainte-Taure-de-Roumaine, Azeau-le-Ridé, Cinq-Mâles-la-Pire, Sainte-Çoire-sur-Lie, Saint-Corlien-en-Verjus, Chenneterre-sur-Mou, Chennemerre-sur-Tout (variante), Le-Vuy-en-Pelé, Sulloire-sur-Lie, Châteaunoir-sur-l’Oeuf, La-Berté-Feinte-aux-Seins non loin de La-Mamelle-Saint-Chespin, Saint-Pircq-Salopie, La-Marelle-Capival, Montray-Bel-Oeil, Lèche-sur-le-Soir (le matin, c’est pas mal aussi…), Chatnoir-sur-LOL, Le-Bléry-Poussé, Le Messie-Placé, Sainte-Mise-et-Glaire, Bourbain-les-Bonnes, Colégly-lès-Deux-On-Baise et Dolégly-lès-Queues-On-Baise (qu’en pense Yvonne ?), Gâteau-Chontier, Soute-à-Poumon, Buc-le-Dard, Belle-Mère-en-Isle, Berk-lès-Siens, Mémères-lès-Zietz, Salaud-Châtains, Chaton-Chineau, Meule-en-Barons, Nain-le-Soble,
Je me sens moins seul : même l’emblématique Laurent Lopez, président dans les années 199o de l’association militante Mieux se déplacer à bicyclette (l’un des deux mouvements pionniers avec Vélorution), est atterré. Il ne se reconnaît plus dans les cyclistes d’aujourd’hui. « A l’époque, a-t-il déclaré dans Le Parisien, on pensait que celui qui choisirait de se déplacer à vélo serait un usager vigilant, regardant, civique… Mais on était de doux rêveurs ! ». Sentiment partagé par de nombreux cyclistes « historiques » qui ne roulent pas assez vite dans les couloirs au goût de leurs alter ego bobos, tyrans sur deux roues. Avec 34 millions de déplacements à vélo par jour, les mobilités ne sont guère restées « douces »...
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N’est pas non plus resté doux ce coup d’Etat permanent qui consiste à remplacer Philippe par Castex, Castex par Borne, Borne par Attal, Attal par Barnier, Barnier par Bayrou, Bayrou par Lecornu. Tout cela est un mélange d’ego de Macron, de position hors-sol de ce dernier, de mépris d’une « populace » de 67 millions d’habitants et le pire : la pression des milieux financiers sur leur imbécile utile qu’est le Président français, un type persuadé de faire l’Histoire, entre guerre nucléaire otanienne et Jeux olympiques...
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Les colis étaient enveloppés dans une poche de nylon représentant un drapeau américain ; ils contenaient une brosse à dents, un tube de pâte dentifrice, trois tablettes de cachets effervescents recommandés en cas de névralgies, gastralgies et acidités, un savon, trois doses de shampooing, une bouteille de boisson gazeuse, un stylo à bille, quatre paquets de gomme à mâcher, un étui de lames de rasoir, un porte-carte en matière synthétique destiné à recevoir une photographie [...], une petite médaille dont la découpe avait la forme de l'Etat de l'Union où le soldat était né [...] et une paire de chaussettes."
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Les mots, la parole… Quand j’étais petit, attiré par les langues, je dévorais les méthodes Assimil. Ce qui fait qu’aujourd’hui, au lieu d’avoir chez moi ces livres sur l’anglais, l’espagnol, l’allemand comme tout le monde, je possède des méthodes sur le picard, le créole, l’espéranto, le chinois, le basque… Et savez-vous qu’il existe une méthode d’argot, dénommée La méthode à Mimile (Alphonse Boudard, Luc Etienne, Ed. La Jeune Parque, 1970, diverses rééditions en Livre de Poche – épuisé aujourd’hui) ? L’ancien truand devenu écrivain et le pataphysicien reprenaient les codes de la méthode Assimil (avec l’aimable autorisation de cette dernière) pour l’apprentissage de l’argot. Boudard appartient à cette génération d’écrivains d’après-guerre (Antoine Blondin, René Fallet, Albert Simonin, Michel Audiard, Frédéric Dard…) qui nous ont fait découvrir les richesses d’une langue « verte ».
Revenons à Assimil et ses détournements. Je vous propose ceci :
J’étais aussi attiré par les dictionnaires, et en particulier ceux qui étaient encyclopédiques, avec des planches. Ah, la planche sur les escaliers : les différents types d’escalier, les différentes parties d’un escalier… Je me plongeais aussi dans les dicos de noms propres. Et celui-là ?
Gros mots larvaires ou gros mollards verts ? Vous êtes songeurs… Non, vous n’êtes ni chez Bigard, ni chez Hanouna…
En tout cas cela donne envie, même si c’est totalement improductif, de dire des gros mots à Castal, Baynier, Bartex et autres Premiers ministres interchangeables !
" Dans le cagibi attenant à la chambre d'Hébert, au milieu d'un amoncellement de vieilles chaussures, de réserves de verveine-menthe, de chaufferettes électriques en cuivre toutes cabossées, de patins à glace, de raquettes aux boyaux flasques, de magazines dépareillés, de romans illustrés, de vieux vêtements et de vieilles ficelles, on trouva un imperméable gris et dans la poche de cet imperméable une boîte en carton plutôt plate d'environ quinze centimètres sur dix, sur laquelle était écrit :
La seule gomme
qui efface BIEN l'encre
LA GOMME "HEPHAS"
Chez Ely and Co
85, rue des Dames, Bruxelles "
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La 7ème Compagnie au clair de lune…
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Petit, je fus celui qui, plongé dans les dictionnaires et encyclopédies, dévorait les planches et tableaux, et en particulier, ceux des alphabets.
Ces derniers, tout comme le tableau périodique des éléments ou la liste ordonnancée des planètes, étaient pour moi un monde à part. Je me mis à établir une classification des lettres par symétrie : verticale, horizontale, verticale et horizontale, ou aucune symétrie.
Mais c’est bien plus tard que je me suis mis à composer ces amuses-gueules (amuse-girls ?), quelque part entre Raymond Devos et Philippe Gelluck, que je dévoile dans l’interlude qui suit :
B
b est le bébé du B. Donc dans bébé, il y a deux bébés.
E
A quoi çà rim’, le E muet, à quoi çà rimeuh ?
Il faut qu’çà rim’, le E muet, il faut qu’çà rimeuh.
Léo Ferré : Jolie mômeeuh…
K
Le K est un cas : c’est le cas K. Dans le général Catroux, il y a K et trou. Mais qu’à Catroux ?
(A cet instant, vingt internautes se désabonnent, et un m’envoie : « Si j’avais su que c’était si bête, j’aurai amené les gosses »).
L
Dans un L, il y a deux ailes (c’est un vol en oblique). Dans une 4L, il y a donc huit ailes.
N
Dans haine, il y a N (commentaire de Mme Geypatoux-Compry, de Blois-sur-Bannier : « Y s’est pas foulé… »).
P
Le P est à côté du Q, et le pet est à côté du cul. Le train va partir, éloignez-vous de la bordure du Q, s’il-vous-plaît.
Q
Il y a une coquille à « couille », il y a une couille dans « coquille » (d’ailleurs, il y a une pouille dans le cottage).
Il y a une queue à Q (sinon çà ferait O, bande de dégoûtants). Queue s’épelle cuhuheuhuheu.
R
Dans « errer », il y a trois R qui errent.
S
Le SS, est-ce Hess ? Et dans CRS, est-ce S ?
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Blog affligeant selon la Police, génial selon les organisateurs !
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A propos de la légende de bannière de titre « par marcjoly, de l’Académie Française »: « L’usage, sans droit, d’un titre attaché à une profession réglementée par l’autorité publique ou d’un diplôme officiel ou d’une qualité dont les conditions d’attribution sont fixées par l’autorité publique est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ». Alors, faisons-le, ne respectons rien ! La mention « de l’Académie Française » fut utilisée auparavant systématiquement sur toutes ses copiespar Alphonse Allais lycéen (qui fut renvoyé une dizaine de fois…), ainsi qu’occasionnellement par Cavanna.
En tant qu’archiviste que je suis dans la vraie vie, j’ai dû traiter il y a peu un dossier de naturalisation datant des années 1930. Y figurait une lettre du maire de Mazan (Vaucluse)… attestant de la bonne moralité de l’intéressé. Echo à l’actualité ! En tous cas, il ahurissant de constater, lors du procès de 2024, la défense adverse insinuer que « quelque part » Gisèle Pelicot en fait peut-être un peu trop… Courage à elle, qui porte le même prénom que feu Mme Halimi ! Ce qui est clair, c’est qu’il y aura un « après Mazan », tout du moins il faut le souhaiter.
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Retour sur l’affaire du cycliste renversé intentionnellement au mois d’octobre à Paris : il est inacceptable pour un automobiliste d’emprunter les voies cyclables et de surcroît de percuter volontairement un cycliste. Les cyclistes sont à juste titre indignés, mais vont amplifier une impunité dont ils jouissaient déjà : en effet, pour chaque cyclobobo parisien, tout ce qui entrave sa marche, automobiliste ou piéton, est présumé ennemi. Feux grillés, refus de s’arrêter devant les piétons, vitesse excessive, non-usage de la sonnette, zig-zags devant les voitures, position aux angles morts, la coupe est pleine et on comprend l’exaspération des autres usagers. Contrairement aux pays germaniques ou scandinaves, il n’y a pas en France de politique globale des déplacements, mais la juxtaposition de celle de la voiture, de celle du vélo, de celle de la trottinette, de celle du piéton… Cela ne peut pas fonctionner. En tous cas je ne descendrai jamais dans la rue pour aller défendre les cyclistes.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Au moment où cela commençait à devenir pour lui un peu trop facile, il fut saisi par la frénésie des factorielles : 1! = 1 ; 2! = 2 ; 3! = 6 ; 4! = 24 ; 5! = 120 ; 6! = 720 ; 7! = 5 040 ; 8! = 40 320 ; 9! = 362 880 ; 10! = 3 628 800 ; 11! = 39 916 800 ; 12! = 479 001 860 ; [...] ; 22! = 1 124 000 727 777 607 680 000, soit plus d'un milliard de fois sept cent soixante-dix-sept milliards."
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Rhâââ ! Ca n’en finit pas, cette rubrique… Celle-ci est consacrée à la ligne 10 du métro parisien. Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais quelque soit l’endroit de Paris où je me trouve, je dois toujours changer deux fois pour attraper cette ligne, la seule qui traverse la rive gauche d’est en ouest et qui contient une boucle juste avant son extrémité.
Même si elle s’encanaille entre Odéon et Gare d’Austerlitz, il s’agit quand même de la « ligne chic pour vieilles dames » dont le charme tient aussi à l’ancienneté et la vétusté de son matériel. La RATP a planifié (jusqu’en 2033 !) le remplacement de ses trains par le MF 19 sur toutes les lignes non automatiques. Et là, j’ai deux versions contradictoires. L’une dit que la 10, la plus vétuste, recevra ce matériel en priorité, dès 2025. L’autre affirme que, seule ligne à ne pas connaître de conduite manuelle assistée, elle ne sera modernisée qu’en dernier, le temps d’effectuer la mise à niveau…
Je rappelle le principe du Métro loufoque : le jeu consiste à détourner le nom des stations et d’écrire un texte avec ces nouveaux noms. On remarquera que, boucle oblige, une fois arrivé au terminus, je reviens en arrière pour achever l’autre coté de la boucle. C’est parti :
M 10 : ECOLE BERLITZ – 35 CLOUS :
Gare d’Austerlitz > Ecole Berlitz (école de langues réputée).
Jussieu > Judicieux.
Cardinal Lemoine > Jean-Luc Lemoine (humoriste et chroniqueur français).
Maubert-Mutualité > Robert était alité.
Cluny-La Sorbonne > Clooney la sort bonne.
Odéon > Frédéric Lodéon.
Mabillon > Cabillaud.
Sèvres-Babylone > Suivre Baby Doll.
Vaneau > Vanné.
Duroc > T-Roc (modèle Volkswagen).
Ségur > Sécure.
La-Motte-Picquet – Grenelle > La motte piquait.
Avenue Emile-Zola > Gorgonzola.
Charles Michels > Vermicelle.
Javel – André-Citroën > Entre ces six troënes.
Eglise d’Auteuil > Réglisse douteuse.
Michel-Ange – Auteuil > Mickey, l’ange, dans le fauteuil.
Robert, à l’école Berlitz, trouva judicieux de regarder (même pas en anglais) un sketch de Jean-Luc Lemoine. Le soir, Robert, nauséeux, était alité. Il regarda Gravity. « No Facebook tonight », dit le beau George dans la scène de l’éruption solaire. Clooney la sort bonne, se dit-il. Puis il vomit. Il appela son ami Frédéric Lodéon (car il avait des relations) qui le mit en garde : -« c’est le cabillaud qui t’a rendu malade ».
Le lendemain, en chasse, il se mit en tête de poursuivre Baby Doll. Se rappelant que la veille, il était vanné, il le fit en T-Roc, ce qui était plus sécure. Mais il se dit qu’il allait encore vomir, car son cerveau se remplit d’images de monceaux de bouffe, de fromages en motte. Eurk ! La motte piquait, et le gorgonzola lui donna des haut-le-coeur. Il ne manquait plus qu’une bonne platrée de vermicelle… Il sortit de la voiture et alla dégueuler entre ces six troënes. Peut-être que la réglisse avait amorcé le processus. réglisse douteuse…
Mickey, l’ange, dans le fauteuil (Baby Doll s’appelait Mickey) n’imaginait pas ce qui pouvait se passer derrière une porte d’auto.-« Même à Bologne, j’en jurerais ! », pensa-t-elle. Au même moment : -« par les trente-cinq clous de Bologne, j’en jurerais ! Mickey, l’ange, mollit trop !, pensa Robert, mais elle sent bon, la vache ! Allons chasser cette virago !«
FIN
Mon Dieu que c’est mauvais… C’est même le moins bon…
Barnier n’a gardé que du gaullisme dont il se réclame que les oeuvres complètes du général, bien rangées dans sa bibliothèque...
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Que dire de la nouvelle Commission européenne présentée le 17 septembre ? Elle est encore plus favorable à la guerre que la précédente ! Les postes les plus influents sont attribués aux Etats baltes, les plus lèche-cul de l’Otan… L’estonienne Kaja Kallas est la nouvelle Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, et le letton Andrius Kubilius est nommé Commissaire à la Défense et à l’Espace ! Tous unis pour vitrifier la Russie, et donc nous avec !
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Biden décoré de la Grand-Croix de classe spéciale de l’Ordre du mérite allemand, pour son « mérite exceptionnel » en faveur des relations américano-allemandes : certains suggèrent avec malice que c’est pour avoir fait de l’Allemagne une cible privilégiée des armes nucléaires tirées de l’Est comme de l’Ouest, en cas de guerre contre la Russie et l’Otan…
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Le 16ème sommet des BRICS à Kazan a été l’évènement le plus important de l’année 2024. Il ne s’agit pas d’une étape dans un combat contre blocs : BRICS contre axe du Bien. Il s’agit plutôt pour la majorité mondiale (50% de la population, 38% du PIB*) de faire en sorte que le monde ne subisse plus le pouvoir de la City et de Wall Street. L’Europe et les Etats-Unis se devraient d’adhérer aux BRICS ! Vous nous excluez, nous vous incluons !
*Respectivement 10% et 29% pour les pays du G7.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
YE OLDE IRISH COFFEE HOUSE 47, rue Bochart-de-Saron, 47 (Tlph. 148.84)
Truffes au foie gras Caviar aux lentilles Cailles en caisses Huîtres d’Ostende
Vin de Tokay Eau d’Arquebuse Champagne Grand Crémant
Dans La liste Perec du 1er octobre, Georges Perec exposait les différentes prononciations possibles du nom CINOC. Or, lors d’une conversation, un collègue m’a parlé du sculpteur Coysevox (1640-1720), qu’il prononce /kojzvoks/, alors que l’on dit /kwazvo/. Wikipedia nous apprend que « le nom de famille Quoyzeveau se trouve écrit d’une quantité de façons aussi différentes que Coëzeveau, Coiseveau, etc. Antoine Coysevox a inauguré la graphie Coysevox et l’a adoptée définitivement à partir de 1679 ». Je n’ai pas réussi à savoir pour quelle raison.Quoizeveau, quasi de veau, Quevauvillers, queue de veau… on croirait du Bobby Lapointe (de la queue).
Quevauvillers (Somme).
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Il y a quelques années, je tombai (on « tombe » souvent dans les introductions des articles de marcjoly) sur ce sticker humoristique collé sur un poteau : « Votez Giscard d’Estaing et gagnez une R 16 TS ». Diable !
Cette voiture faisait rêver. Tous ceux de ma génération se disaient : « quand je serai grand, j’aurai une R 16 TS à injection, avec des feux de recul » (évidemment on était incapables d’expliquer ce que voulait dire « à injection ») ! Mais çà n’est pas où je voulais en venir aujourd’hui.
On l’aura compris, l’autocollant en question est une blague faisant référence au fait que ce modèle automobile fut l’attribut et le symbole du « cadre dynamique » de la « société libérale avancée » des giscardiens Jean-Jacques Servan-Schreiber, Jean « Dents blanches » Lecanuet, François de Closets et autres atlantistes proto-libéraux des années 1970 prêts à liquider l’héritage du « père », et prônant la société de consommation.
L’actualité sportive à venir me fait revenir sur un article du Parisien du 18 novembre 2022 : « Ces enfants vont aller jouer les supporters au Qatar – A l’initiative d’une association, 25 écoliers de Sarcelles vont s’envoler dimanche pour Doha, accompagnés d’ados des Ulis et de jeunes autistes venus de Paris ». Encore une fois, on n’échappe pas au cliché : quartiers défavorisés donc bien évidemment football/boxe/rap/hip-hop, des modes culturels (?) déjà bien endogènes des « quartiers ». Il ne sera pas question de musique classique ni de science. D’autant plus que ces gamins veulent tous devenir footballeurs, le modèle de l’argent facile. Et cerise sur le gâteau : en 2021, la Coupe se déroulait au Qatar. La plupart allaient y retrouver des « valeurs » déjà ancrées dans leur environnement familial : machisme, antisémitisme, et la culture du conflit qu’est toute compétition. Qu’en penser ? La même chose que pour les mères de familles musulmanes que l’on fait participer à des « ateliers couscous » : aucun espoir d’intégration. « On n’arrête pas de nous dire d’ouvrir le champ des possibles. Pour le coup, nous le faisons ! », affirmait sans rirela directrice de l’école primaire de Sarcelles participant à l’opération… Soumission, écrirait Houellebecq.
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Karim Khan, le procureur de la Cour Pénale Internationale a bien joué en lançant un mandat d’arrêt contre Netanyahou (les wokistes antisémites se réjouissent)… et contre trois dirigeants du Hamas (merde… raté pour eux!).
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« J’ai dix ans ». Jordan Bardella ou Gabriel Attal ?
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Il tient dans la main un biberon géant dont les graduations évoquent en termes familiers ou semi-argotiques les exploits ou fiascos amoureux censés correspondre aux quantités d'alcool absorbées (Viens Poupoule, Mont'là d'sus tu verrasMontmartre, Le Pont de la Rivière Kwaï, Satisfaite ou remboursée, Reviens veux-tu, Do do l'enfant do, Extinction des feux, etc.)."
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Pour la centième parution de ce blog, voici un petit foutage de gueule bien justifié :
Tous ceux de ma génération (enfin surtout celle d’avant) se souviennent de Maurice Duverger, universitaire et juriste, né en 1917 à Angoulême*.
*Donc proche chronologiquement et géographiquement de François Mitterrand...
Duverger, la référence en matière de droit constitutionnel et de science politique ! Le Dalloz incarné ! « Maurice Duverger est le plus grand politologue français », dixit sans rire FranceArchives, le portail officiel des Archives de France…
Drôle (si l’on peut dire) de bonhomme ! Militant d’extrême-droite depuis l’âge de quinze ans, puis responsable à Bordeaux de l’organisation de jeunesse du PPF de Jacques Doriot, il enseignera sous l’Occupation à l’Institut d’études corporatives et sociales, un laboratoire de la doctrine corporatiste sous le régime de Vichy. A t-il légitimé le statut des Juifs ? Georges Vedel témoigne que que « loin d’approuver le principe des mesures frappant les fonctionnaires juifs et encore moins d’en favoriser l’application, Maurice Duverger en a proposé une interprétation totalement restrictive de nature à en paralyser l’effet, ce qui, dans les circonstances du moment, constituait la contribution la plus efficace qu’un juriste pût apporter à l’opposition aux textes qu’il commentait ». Mouais… En juin 1941, Duverger fera partie de l’équipe de rédaction de l’hebdomadaire Le Progrès, fondé par Adrien Marquet, ministre de l’intérieur du Maréchal Pétain en 1940. Maurice Duverger, sous le nom de Philippe Orgène, signe des articles culturels, politiques et sociaux. Aux côtés des officiels de Vichy, les personnalités allemandes y sont interviewées sans complaisance.
Philippe Orgène ? Le prénom Philippe n’est pas anodin…
Après s’être rapproché de la Résistance*, il devint un éditorialiste écouté au journal Le Monde, le quotidien de tous les régimes, dirigé par l’ancien collaborationniste Hubert Beuve-Méry, et deviendra fervent communiste et admirateur de l’Union Soviétique ! Il justifiera le stalinisme en affirmant que « la crainte des purges maintient les militants en haleine, réveille constamment leur zèle. » Jeune collabo puis vieux stal !
*Tonton, pourquoi tu tousses ?
Ainsi, il rejoindra le panthéon des imposteurs intouchables multicartes, des bourgeois plus ou moins collabos devenus soudainement proches du peuple, entre le « granphilosophe » Jean-Paul Sartre et le « granpenseur » Raymond Aron, dont il fallait obligatoirement placer une citation dans une dissertation… corrigée par un granprofesseur de même acabit. Eussent-ils vécu plus longtemps, tout ce petit monde serait devenu de parfaits ultra-libéraux europhiles.
J’ai retrouvé une blague délicieusement méchante, dont j’ignore l(es) auteur(s), parue en 1988 dans Nouvelle Solidarité, le journal du mouvement de Jacques Cheminade (déjà !) : des militants qui, visiblement, savaient s’amuser. J’y ai effectué des modifications minimes.
Pour comprendre un tant soit peu ce qui suit, l’Angkar était le nom donné au Parti communiste du Kampuchéa démocratique. François Genoud, est un suisse, ancien pronazi, qui est devenu banquier du FLN et d’autre mouvements (pan)arabes, parfois terroristes. Quant à Viktor Tchébrikov, c’était le chef du KGB sous Gorbatchev.
Complément à la bibliographie de M. Maurice Duverger
Duverger (M.), Le statut des jeunes juristes en zone libre (carrière, salaire, promotion, considération sociale, idéologie), Vichy, 1942. Avec une préface de Philippe Henriot et un commentaire de Louis Darquier de Pellepoix.
Duverger (M.), La torture dans ses aspects juridiques : baignoire, magnéto, arrachement des ongles, torsion des parties génitales, simulacre d’exécution, Athènes, 1965. Avec un appendice : Le lavage de cerveau & le sujet de droit.
Duverger (M.), Les ordonnances et décrets de M. Pol Pot et de l’Angkar : statut juridique comparé de l’exécution au manche de pioche et de la balle dans la nuque, Editions de l’Objectivité scientifique, Phnom-Penh, 1976.
Duverger (M.), Influence de la pensée des juristes arabes sur l’action législative et exécutive d’Idi Amine Dada, Editions du ministère de l’Intérieur, Kampala, 1977.
Duverger (M.), Adolf Eichmann, éléments biographiques pour une évaluation finale, François Genoud éditeur, Lausanne, 1980.
Duverger (M.), Renaissance du Droit en URSS : perestroïka, glasnost et pensée nouvelle de Mikhaïl Serguéiévitch Gorbachev, Editions Goulag-Presse, Moscou, 1990. Avec une préface de Viktor Tchébrikov.
Duverger (M.), Mémoires – Une vie et une carrière au service du Droit, de la Rigueur et de la Morale, Plon, Paris, 1986. Six volumes.
Ukraine, Gaza, Taïwan… Ainsi, en votant le budget de guerre supplémentaire soumis par le président Biden, le Congrès américain donne son aval à la guerre permanente. L’ineptie crasse d’un quart de siècle d’interventions militaires occidentales n’a pas servi de leçon...
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Le passage de la flamme olympique : non prévu par Pierre de Coubertin, ce rituel à la gloire du IIIème Reich ne sera créé qu’en 1936 pour promouvoir le culte du corps et de la race… D’ailleurs, dans l’Histoire, le sport a été inventé comme préparation à la guerre…
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On remarquera que les trois débats importants impliquant un vote législatif (aide à mourir, inscription du droit à l’avortement* dans la Constitution, aide à l’Ukraine contre la Russie) ont un point commun : la mort. On est loin de l’esprit optimiste des trente Glorieuses !
*L’auteur de ces lignes ne s’oppose pas du tout à l’avortement, bien au contraire.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
Elle […] compare les données avec celles des nourritures qu’elle a ingurgité la veille et dont elle a noté les quantités exactes sur un agenda manifestement réservé à ce seul usage :
Thé sans sucre et sans lait
0
Un jus d’ananas
66
Un yaourt
60
Trois biscuits de seigle
60
Carottes râpées
45
Côtelettes d’agneau (deux)
192
Courgettes
35
Chèvre frais
190
Coings
70
Soupe de poissons (sans croûtons ni rouille)
180
Sardines fraîches
240
Salade de cresson au citron vert
66
Saint-Nectaire
400
Sorbet aux myrtilles
110
Total
1714
Les puristes diront qu’un tableau n’est pas une liste. C’est vrai que çà à moins de charme…
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C’était parti pour être une belle fête, mais deux jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques, la presse rapportait que des membres du Comité d’organisation des JO avaient fraudé la billetterie, avec l’aval du Comité olympique international qui aurait fermé les yeux. On parlait d’une « caisse noire ». On ne connaissait pas les montants. Cela commençait bien… « On règlera les comptes plus tard, nous ne pouvons pas perturber ce grand moment de fraternité et de paix* », avait déclaré Aurélie Nouméa-Etcétéra, la ministre des Sports, des Jeux olympiques, des Jeux paralympiques et de la Célébration nationale et internationale autour des Valeurs sportives, parasportives, de Diversité et d’Inclusivité. Les membres du CIO et leurs relais français étaient, eux, aux abonnés absents…
*Trois jours auparavant, le président Jean-Baptiste Micron était à l’ONU pour un discours dans lequel il avait parlé de « vitrifier » [sic] la Russie…
L’ouverture se déroula plutôt bien, même si les forces de l’ordre (Police, gendarmes, militaires) jurèrent qu’on ne les y reprendrait plus.
Las ! Le mardi suivant fut l’objet d’une catastrophe. La foule arrivait en masse pour assister aux épreuves féminines de rugby à 7, qui avaient lieu au Stade de France. Une bousculade s’ensuivit dans les couloirs du métro Place de Clichy. 17 morts, 38 blessés. Il s’avérait que les flux étaient régulés pour l’occasion sur la ligne 14 du métro ainsi que sur le RER B, mais pas ailleurs. Le bon sens eut été d’arrêter non pas les Jeux, mais tout du moins l’ensemble des épreuves de rugby. Il n’en fut rien. Gérard Dardmalin, le ministre de l’Intérieur, se défaussa en arguant qu’il n’était pas celui des Transports. Ce dernier, Patrick Vertdegrite restait inaudible. Ana-Maria Lopez, la maire de Paris, renvoya la balle vers le préfet de Police et vers le Snif, l’organisme en charge des transports parisiens. Pendant quelques jours, la grogne commença à se faire entendre aussi bien du point de vue parisien qu’international.
« Nous, on y va pour participer. Eux, ils y vont pour gagner ! Salauds ! »
Coluche
Le 8 août eurent lieu les épreuves du 10 km en eau libre, au niveau du pont Alexandre III. Jean-Baptiste Micron n’avait pas osé exécuter sa promesse de l’année précédente : celle de se baigner dans le Seine… Néanmoins, quelques heures après la fin de l’épreuve, les athlètes commencèrent à ressentir rougeurs et picotements pour les uns, nausées et maux de tête pour les autres. L’opinion finit par comprendre, puis apprendre, que les résultats bactériologiques et toxicologiques de l’eau de la Seine avaient été bidouillés…
En réalité, le ras-le-bol de la population était unanime : les sondages montraient que 88% des interrogés étaient hostiles à ces Jeux du cirque.
Le lendemain arriva l’impensable : à Villeneuve d’Ascq, juste avant la demi-finale hommes de handball au stade Pierre-Mauroy, la file d’attente due au contrôle Vigipirate devint la cible de barbus à Kalachnikov. 12 morts et une centaine de blessés. Les assaillants s’avéraient déjà connus pour faits de délinquance, et fichés S. Consternation. « On ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne. Et cet éternel débat sur les fichés S est inapproprié », déclarèrent piteusement Micron/Dardmalin, ce qui fit les choux gras de la presse nationale et internationale qui ne manqua pas d’ironiser sur le fait qu’il restait encore deux jours avant la fermeture pour qu’aient lieu soit une prise d’otage palestinienne comme à Munich en 1972, soit des bagarres entre athlètes russes « sous bannière neutre » et ukrainiens.
La cérémonie de clôture fut annulée. Inutile aussi de signaler que le nombre de médailles obtenues par les athlètes français fut ridicule…
CIO, COJO, Ministère de l’Intérieur, Renseignement, police, gendarmerie, Préfecture de Police, mairie de Paris, tous se renvoyèrent la balle. Lors des nombreuses réunions de crise, le président Micron semblait atone.
Une semaine plus tard, Ingrid, son épouse, était inquiète. Jean-Baptiste avait disparu. On le retrouva le lendemain, errant curieusement en pyjama le long de la voie ferrée Paris-Amiens, entre la gare de Hargicourt et celle de Moreuil, en hurlant : « Je suis François Ruffin, je suis François Ruffin ! » Il fut brièvement interné à l’hôpital Sainte-Anne, puis dans un lieu tenu secret pour des raisons de discrétion et de sécurité.
Des élections présidentielles furent organisées en novembre. Marielle Le Guen (RN) fut élue avec un score de 68%, avec un fort taux d’abstention… de la part des classes urbaines diplômées et aisées. Son poulain Kévin Bordello devint premier Ministre.
Puis tout redevint comme avant : ultra-libéralisme, soumission à l’ordre européen, transition écologique, austérité…
On raconte que Jean-Baptiste Micron vient de temps en temps à l’Elysée, en tant que « visiteur du soir ».
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