En novembre dernier, Giraudy, grand nom de l’affichage publicitaire des années 60 à 84, rebaptisé et racheté par des « investisseurs », était de retour sous son nom originel. On se souvient de Myriam, la jeune fille qui posait seins nus en 1981, avec la légende « Demain, j’enlève le bas ». Wouaaah ! Tous ceux de ma génération en avaient la langue pendante… Déception : elle avait bien enlevé le bas, mais de dos… Giraudy est revenu ces derniers temps avec une affiche analogue, mais de seins nus, il n’en est plus question. En tous cas, cette anecdote appartient bien à la liste des Je me souviens, dont votre serviteur avait déjà consacré deux billets.
J’aurais pu évoquer d’autres slogans, officiels ou bien commerciaux : « Au volant, la vue c’est la vie », « Mettez un tigre dans votre moteur* » ou le fameux « Maman, maman, je n’ai rien aux dents ».
*On remarquera que huit entrées de la liste concernent l’automobile, un des domaines qui ont le plus évolué en deux générations.
Il reste donc à me souvenir :
Des pompistes.
De l’Hovercraft.
Des bègues, des bossus et des nains.
Des survêtements vert foncé ou grenat.
Du Yabon.
Des familles nombreuses.
De la tirette de starter.
Des filets à provisions.
Des gens qui étaient vieux à soixante ans.
Du « tac-a-tac ».
Du Parti communiste [le vrai !].
Des chaisières dans les parcs et jardins.
Des monuments noirs car non ravalés.
Du stationnement en épi.
Des crèmeries (« beurre, oeufs, fromage ») qui puaient.
Des cantines on en était servi.
Des bouteilles d’eau minérale en verre.
Des landaus.
Des troupeaux de vaches sur les départementales.
Des phares additionnels Cibié ou Marchal.
Des fameux vert et orange des années 70.
Des teckels avec leur petit manteau écossais.
Des flippers.
Des pare-chocs chromés.
Des cabines téléphoniques à la Poste.
Des ambulances DS break.
Des fiches-cuisine de Françoise Bernard, dans Elle.
De Ménie Grégoire.
Des cassates et des tranches napolitaines, comme dessert au restaurant.
Des boutiques de « photo-ciné-son ».
Des « manèges » à tampons dans les bureaux.
Des strapontins au milieu, dans les cars.
Des grands-magasins Inno.
De l’Aspro.
De la petite « queue » antistatique à l’arrière des voitures.
Du courant à 110 volts.
Des mouchoirs en tissu.
Des circuits 24® [marque finalement déposée en… 2020].
Des bâtards dans les boulangeries.
De l’intitulé « location de voitures sans chauffeur ».
De la distribution des prix.
Des opticiens qui vendaient appareils photo et télescopes.
De la mire de la télé.
Des motocrottes.
Des plaques d’immatriculation noires.
Des poubelles en métal.
Je me souviens du général de Gaulle.
Je me souviens de Gilbert Bécaud.
Gilbert Bécaud (musique), Pierre Delanoé (paroles), Tu le regretteras, 1965.
Il y a 14 lignes de métro en tout. Avec la 8, nous en sommes à la moitié de ce pensum imbuvable selon la Police, génial selon votre serviteur : le métro loufoque (loup-phoque ?). Courage, courage, chers internautes !
La ligne 8 du métro est la plus longue du métro parisien. A une extrémité, au fil des années, la ligne a grignoté laborieusement du terrain : Porte de Charenton, puis Charenton-Ecoles, puis Maisons-Alfort – Les Juilliottes, puis Créteil- Préfecture, et enfin Créteil-Pointe du Lac. De l’autre côté, cette ligne interminable n’a jamais été prolongée, en restant figée à la station Balard.
De plus, ce n’est pas une radiale, mais une gigantesque parabole, qui monte vers le nord pour franchir la Seine puis à nouveau redescendre vers le Sud.
Tout comme la 13, le 8 est équipée du MF (matériel fer) 77, qui fut un mauvais choix. Pour pallier l’affluence, on prit le parti d’augmenter la capacité des voitures plutôt que celle de la cadence entre deux arrêts. D’autre part, ce matériel est sujet à vibrations et la mauvaise conception de ses bogies (les trains de roues) [private joke spécial dédicace Mme Geypatout-Compry] le font crisser de manière atroce dans les virages. De surcroît, sa livrée intérieure bleu foncé était anxiogène et le petit « corner cosy » au fond de chaque voiture était prétexte à regroupement d’une faune particulière (clochards, toxicomanes, fêtards…).
Suivant le principe des autres Métros loufoques, il s’agit de détourner le nom des stations, et d’écrire un petit texte à partir de ceux-ci. On peut aussi faire subir des contraintes au texte, mais ce n’est pas nécessaire.
M 8 : BATARD – LANCELOT-DU-LAC
Balard > Bâtard
Lourmel > Lourd miel
Boucicaut > Boursicote
Félix Faure > Fait l’effort
Commerce > Commère
La Motte-Piquet – Grenelle > La motte piquait
La grande motte aussi ?
Ecole Militaire > Et comme il l’était
La Tour-Maubourg > Ca tourne au bout
Invalides > Invasion
Concorde > Coucourde (sorte de courge)
Madeleine > Bas de laine
Opéra > Apéro
Richelieu-Drouot > Jean-Claude Drouot (Comédien né en 1938. Il jouait dans Thierry-la-Fronde)
Grands-Boulevards > Audrey Pulvar
Bonne-Nouvelle > Pas de nouvelles
Strasbourg – Saint-Denis > Gainsbourg ! Cinq demis !
République > Raie publique
Filles du Calvaire > Canard colvert
Saint-Sébastien – Froissard > Poissard
Chemin vert > Citron vert
Bastille > Pastille
Ledru-Rollin > Leroy-Merlin
Faidherbe-Chaligny > Faits d’armes alignés
Reuilly-Diderot > Neuilly-l’idiot
Montgallet > Mandala
Daumesnil > Beau mais nul
Michel Bizot > Bisous
Porte Dorée > Mordoré
Porte de Charenton > Porte des charentaises
Liberté > Puberté
Charenton-écoles > Charançons et sols
Berk !
Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort > Ecole disciplinaire
Maisons-Alfort – Stade > Vorstadt
Maisons-Alfort – Les Juilliottes > Les bouillottes
Créteil – L’Echat > Tranquille, le chat
Créteil – Université > C’est élu, faire cité !
Créteil – Préfecture > C’était des factures
Créteil – Pointe-du-Lac > Lancelot-du-Lac
LES PARTITAIRES ELEMENCULES
Michel, ce bâtard, voulait déguster le lourd miel de l’argent. « Quand on boursicote, on fait l’effort », lui dit la commère hélée cinq minutes avant rue Saint-Denis. Bon, la motte piquait. De quoi mettre en rage. Et comme il l’était, il vit que çà tourne au bout. « Que m’arrive-t-il ? C’est l’invasion ? » se demanda-t-il en pensant aux morpions. « Mais non, coucourde, lui dit-elle, ah au fait, tu n’as pas rempli mon bas de laine, monsieur le financier. Avec çà je pourrai prendre l’apéro ».
Pendant ce temps, Jean-Claude Drouot avait un rencard avec Audrey Pulvar. Pas de nouvelles non plus de Gainsbourg ! « Cinq demis ! » lança-t-il désespéré au garçon.
En quittant la raie publique, Michel aurait voulu se prendre pour un canard colvert. A lui la liberté ! Mais il était trop poissard ! Blême comme un citron vert, il prit une pastille et alla se changer les idées chez Leroy-Merlin.
Jean-Claude, lui, pensa à tous ses faits d’armes alignés avant Audrey. Tout y passa : les plans-cul à Neuilly-l’idiot, les appartements tapissés de mandalas, c’était beau mais nul. Tout comme les bisous devant un bibelot mordoré.
Une fois chez lui, toujours Michel porte des charentaises. Il repensa aux morpions : après la puberté, c’est charançons et sols douteux. Il se souvint de l’Ecole disciplinaire dans une banlieue, pardon, presque une Vorstadt, ach ! A présent, c’était plutôt les bouillottes, tranquille le chat !
Pour Jean-Claude, lui, c’était la célébrité comme son pote maire d’une ville du 93. C’est élu, faire cité !
Mais pour Michel, c’était des factures. Il supprima le nom « Jean-Claude » de son agenda et décida, sous amphés, de réécrire Lancelot-du-Lac.
A propos du conflit en Ukraine, j’entends trop la petite musique : « La faute à l’OTAN ? Je ne peux pas te laisser dire çà ! ». Désolé, mais l’OTAN a plusieurs fois violé ses propres règles :
L’article 1 engage les parties à respecter le statut des Nations Unies et à régler tout différend affectant la paix internationale par des moyens spécifiques. Or jamais un pays de l’OTAN n’a demandé le respect de cette règle ! Au contraire : il y a eu chez eux un élan pour en découdre ! L’article 4 stipule que tout pays membre, estimant que la sécurité de l’Alliance est en danger, peut solliciter une consultation entre pays alliés. Au contraire, les Américains ont convoqué ces derniers… pour planifier une défense « forte ». Quant aux articles 5 et 6, ils stipulent que l’assistance mutuelle ne s’appliquent qu’aux Etats membres subissant une attaque armée. Désolé, mais l’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN.
Vous l’avez peut-être vu en en-tête, ce blog est maintenant pourvu d’un n° ISSN (International Standard Serial Number – Identifiant international pour les publications en série). Le but de cet identifiant est de permettre que Le Champouin soit catalogué sur les instruments de recherche bibliographique – et ainsi de pouvoir optimiser son référencement.
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Alors, au moment où le monde est à un tournant de l’Histoire important, lavons-nous l’esprit avec une Bibliothèque amoureuse sur le thème de l’histoire de l’humanité. L’histoire de l’humanité, mais c’est l’Histoire tout court, va t-on me dire ! C’est ce que çà devrait être, en effet. Mais, comme le dénonçait Marc Bloch (Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien, 1949, réédité en 2020 chez Dunod, collection Ekho), c’est trop souvent l’histoire des faits au détriment des celle des causes biologiques, climatiques, dynamiques ou de la psyché.
Les interrogations, doutes, peurs et remises en question dûs à la fuite en avant libérale, au bruits de bottes, à l’intelligence artificielle et l’emprise des GAFAM, au transhumanisme et au changement climatique ont créé un attrait pour cette approche. En est témoin le succès du livre de Yuval Noah Harari Sapiens : Une brève histoire de l’humanité (Albin Michel, 2015)*. C’est que le « qui sommes-nous, d’où venons-nous, où allons-nous ? » n’est pas le temps des politiciens !
*Pas lu… Je n’en parlerai donc pas dans cette rubrique.
D’autre part, des percées scientifiques récentes ont influé dans ce sens. Dans le domaine des origines, la paléogénétique a fait reculer la chronologie du caractère humain, et fait abandonner le logique de lignée pour celle de foisonnement et métissage. Et surprise, il y a eu d’autres Sapiens (Florès, Denisova) ! Dans le domaine de l’Univers (car nous n’avons pas vocation à rester sur notre berceau la Terre : çà, c’est pour les bébés), l’on « voit » maintenant ce que l’on ne voyait pas auparavant : « bruit de fond » de l’Univers, trou noir et exoplanètes, souvent grâce au réseau d’astronomes amateurs et connectés.
Le hasard est à la science ce que la « main invisible » est à l’économie…
J’ai toujours été persuadé que l’humanité ne relève pas du hasard (n’en déplaise à Jacques Monod) mais à une intention. « Ah, je vois, vous croyez en Dieu », on se dépêche de me répondre. Eh bien non, et puis ces oppositions matériel/spirituel, scientifique/religieux, raison/passion m’agacent un peu – témoin Blaise Pascal qui a dépassé tout cela.
Qu’y a-t-il alors à ce sujet dans ma « bibliothèque amoureuse » ?
Christian Grataloup (dir.), Atlas historique de la Terre, Les Arènes, 2022.
De la Terre ? Mais on a dit de l’humanité ! Oui, c’est la Terre qui a conditionné l’Homme (et le vivant). Qui a conditionné les migrations, l’habitat, l’élevage, l’agriculture, les épidémies, les transports, l’énergie. Autrement dit : le biome a influencé l’Anthropocène (Quoi ? Keskidi ?). Ce livre est génial. Cartes et infographie à toutes les pages et (fait rare en France) un index des nations, des lieux et des acteurs. Il y a même un signet !
Homo Sapiens – L’Humanité en partage, Hors-série Le Monde – La Vie, 2021.
Je n’aime pas Le Monde, le journal officiel de tous les régimes. Je n’aime pas non plus La Vie, hebdomadaire « chrétien » pour lequel l’Homme est abaissé en dessous de la Nature. Les hors-série des deux titres réunis sont, par contre, beaucoup plus intéressants. [Cf : Objectif Mars,Hors-série Le Monde – La Vie, 2020.] Homo Sapiens est en vérité un véritable livre (192 p.). Qu’est-ce qui caractérise le fait humain, et pourquoi est-il apparu ? La revue fait aussi le point sur diversité des gènes et diversité des langues, ainsi que que sur le caractère expansif de l’Homme nomade et sédentaire : peuplement et civilisations.
Du Zhen Jun, Independance of the Country – Super Tower 2, série Tour de Babel, 2010
L’Histoire de l’Homme, Hors-série Le Monde – La Vie, 2017.
Encore ! Il est vrai que les gens sont passionnés, et c’est donc un thème bankable ! Entre « l’Homme avant l’Homme » (la « paléo »), et « Où allons-nous ? » (quelque peu éludé …), sont traités ce qui fait le propre de l’Homme et la « révolution Sapiens« . Agriculture, villes, techniques, religion, mais aussi l’altérité, la « race », l’esclavage, tout y passe et les auteurs font état des dernières avancées de la recherche, sur le néolithique ou sur le cerveau, par exemple.
James Scott, Homo Domesticus – une histoire profonde des premiers Etats, La Découverte, 2019.
Ce livre explore les dynamiques qui se sont déployées de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers Etats. Il remet en cause le narratif convenu : chasse-cueillette, puis agriculture/sédentarisation, puis élevage, puis villes, puis Etats. Tout ne s’est pas passé comme çà partout, ni dans cette ordre. Là encore, il y eut foisonnement, chassé-croisés et paradoxes (agroforesterie à la fin du Paléolithique, agglomérations importantes sans rues…). Et surtout, avant les animaux et plantes, l’Homme a entrepris de se domestiquer lui-même ! La révolution néolithique a aussi son revers : zoonoses épidémiques, esclavage, guerre… mais là encore, pas toujours comme on le pensait !
Catal Höyük, une des premières villes – sans rues (vue d’artiste).
Peter Garnsey, Penser la propriété, Les Belles Lettres, 2013.
Cité ici pour mémoire, c’est un livre plus philosophique qu’historique, mais qui s’insère bien dans le paradigme que développe le thème de ce numéro de Ma bibliothèque amoureuse, notamment les deux ouvrages suivants :
David Graeber, Dette : 5000 ans d’histoire, Actes Sud (Babel), 2013.
Pour une somme, c’est une somme : 667 pages, presque le chiffre du Diable ! Universitaire « gauchiste », un des leaders d’Occupy Wall Street, l’Américain Graeber a écrit ce livre, dépité que dans son entourage, dès qu’on aborde la question politique de la dette, on lui réponde systématiquement : « Oui mais s’il y a une dette, elle doit être payée ! ». Le droit contre la morale ! David Graeber démonte un mythe : celui du troc avant la monnaie. En réalité, le troc n’a jamais existé, mais la dette, c’est-à-dire une relation de confiance, oui. Et la dette a pris réalité avec le mariage, la servitude, l’esclavage. Mais on pouvait aussi l’effacer grâce à un moratoire (rédemption…).
Olivier Grenouilleau, Qu’est-ce que l’esclavage ? – Une histoire globale, Gallimard (Folio histoire), 2014.
Tout d’abord, Grenouilleau est un de ceux qui avait osé écrire et dire que la traite africaine islamique a eu autant d’ampleur que la traite transatlantique. Wokistes, communautaristes et consorts lui étaient tombés dessus… En lisant Qu’est-ce que l’esclavage, j’ai eu l’impression de relire Dette : 5000 ans d’histoire ! C’est que l’esclavage résulte de la dette ! En réalité, les ouvrages de Scott, Graeber et Grenouilleau traitent d’un même sujet, inhérent à l’humanité : la propriété.
Enfin, une « trilogie » :
François Sigaut, Comment Homo devint faber, CNRS éditions, 2012.
Bruno Jacomy, Une histoire des techniques, Seuil, 1990.
Bruno Jacomy, L’âge du plip – Chroniques de l’innovation technique, Seuil, 2002.
Je dis « trilogie » car il y a pour moi une continuité épistémologique et chronologique. L’ouvrage de Sigaut traite de la main, spécificité humaine, de l’expérience et de la transmission. Jacomy, ingénieur des Arts et Métiers, ne se contente pas de faire un panorama : il explique, par exemple, la continuité montagne > torrents > moulin > machine-outil. Ce qui explique la présence dans le Jura de Peugeot, de Japy et de l’horlogerie. Et dans L’âge du plip, il explique la transition vanne > robinet > commande rotative > bouton > télécommande.
Alors au moment où communautaristes, wokistes, spécistes et genristes veulent nier l’universel, reprenons ces paroles d’Eugène Pottier : « L’Internationale sera le genre humain« !
A la manif du 19 janvier, j’ai fait une « rafle » de tous les tracts et autocollants donnés (et vendus, pour les plus intègres) par toute la galaxie politico-syndicale. C’est là qu’on peut s’apercevoir qu’il y a pléthore de partis communistes, chacun affirmant que le « vrai », c’est le sien. Outre le PCF, on compte le POCF (O pour ouvrier), le PRCF (Pôle de renaissance communiste en France). Il y en a d’autres… Le PRCF propose de « sortir de l’OTAN, véritable machine de guerre poussant à l’apocalypse nucléaire contre la Russie et la Chine en détournant l’argent des travailleurs ». Enfin !
Intéressant également dans ce tract : « lutter pour un syndicalisme de combat et de masse,nécessitant d’en finir avec la Confédération européenne des syndicats (CES) ». Comme l’écrit Pierre-Yves Rougeyron dans un article délicieusement méchant de Front Populaire (n° 11), c’est d’abord la CFDT qui, se détournant du « christianisme progressiste », se rapprochera du PSU (la gauche la plus anti-gaulliste) : des anticolonialistes versant dans la francophobie et l’antisémitisme, des autogestionnaires qui ont fini libéraux, l’UNEF*, et des « chrétiens de gauche » dominés par le gourou européiste et monétariste Jacques Delors (de l’UNEF). La CFDT sera la première à adhérer à la CES, ce sont aujourd’hui tous les grands syndicats français, CGT comprise !
*Le « portage de valises », du FLN jusqu’au PS, semble être une spécialité de l’UNEF et de son bras armé clientéliste : la mutuelle MNEF.
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Troisième opus de pastiche littéraire sur le thème de l‘Exercice de style quenellien (queneautesque ?) intitulé Récit (« Un jour vers midi du côté du parc Monceau… »).
Notre oeuvre détournée aujourd’hui : Texaco, de Patrick Chamoiseau (Gallimard, 1992).
« Oiseau de Cham… »
Roman étrange que ce Texaco : une saga entre Rabelais (idole de l’auteur et de la narratrice) et Rushdie. Il faut prendre des notes, sinon on est perdu. On est aussi perdu si on ne connaît ni la Martinique et Fort-de-France en particulier, ni l’histoire de ces lieux. Et également si on ne connaît ni le créole, ni le français vernaculaire avec ses créolismes dans sa morphologie et sa syntaxe, ainsi que son vocabulaire faux-ami du français hexagonal.
J’aurais pu trouver des équivalents plus approchants du Parc Monceau, tel la Place Bertin à St-Pierre ou celle de la Savane à Fort-de-France, mais le gros de l’action se déroule au quartier Texaco, faiblard en espaces verts aux époques de la narration (de la fin du 19ème siècle à 1980). En guise d’autobus : le taxi collectif, appelé bombe* dans les années 1950-1960. Du coup, ce n’est pas un voyageur qui écrase les pieds d’un passager (à huit dans un break, on ne peut pas bouger), mais quelqu’un d’extérieur quand le passager sort. Et la gare St-Lazare est remplacée par l’embarcadère de Texaco, proto-terminal pétrolier.
*On dit aujourd’hui taxico pour taxi collectif. J’ai hésité à faire un jeu de mots avec Texaco…
J’ai connu les taxis collectifs 504 break en Martinique au début des années 80. On était huit à l’intérieur.
Je préfère ne pas expliquer chaque mot ou expression non hexagonale, cela perdrait de son charme : laissez-vous juste porter par la musique. Evidemment, si je n’avais pas vécu en Martinique, j’aurai été incapable d’écrire le pastiche qui suit…
Cahier n° 32 de Marie-Josette Saint-Driveur, page 44, Bibliothèque Schoelcher.
ARRET-BEKE. Il faut que je te raconte, Chamoiseur, ce qu'a vu ce jour-là, en ce temps béton, Ti-c'est-ma-faute. C'était avant l'arrivée de l'Urbaniste. Un jour, vers midi, du côté de Texaco-d'en-haut, la bombe calligraphiée "FDF-Schoelcher par la campagne" (c'était avant la Pénétrante), ô cabrette Peugeot bondée de malheur, ramenait Cémafaute l'Haïtien de l'en-ville. Il déposa ("à l'arrêt pour moi, s'il-vous-plaît") un passager. Dès lui sorti, un major avec un col bâton-canne, qui portait un bakoua entouré d'un galon tressé, fit exprès de lui marcher sur ses pieds - et ses beaux souliers d'en-France. Et puis un coup de cabêche blo bidim pour toi, ti-désordeur. Le bougre s'enfuit : il avait reconnu l'homme du béké. Tu connais la meilleure du milan, Chamois-dlo-écriveur-de-mes-mots ? A deux heures du soir, Cémafaute revit le bidimé devant l'embarcadère. Un ami lui conseillait de faire remplacer le bouton de sa chemise, modeste harde déchirée à cause l'homme de main, par Man Ernestine, docteur-linge et bonne couturière.
Et voilà. Comme le chantait le pianiste et interprète martiniquais Francisco (1932-2013) : « Sa’w ka di di sa ? » – Qu’est ce que vous en dîtes ?
Une « scène des arts et de la science » ? Oui, çà existe : c’est le Théâtre de la Reine Blanche, dont la programmation allie ces deux domaines que ces cartésiens de Français considèrent comme incompatibles (on notera qu’Einstein jouait du violon ou que l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet est aussi poète). Echantillon de spectacles à venir : Exil Intérieur (sur Lise Meitner, collaboratrice d’Otto Hahn), Prix No’Bell (sur Jocelyn Bell qui a découvert les pulsars) et bien d’autres. Pour ma part je suis allez voir en octobre Shakespeare et la Relativité (eh oui !). Elisabeth Bouchaud, physicienne de formation (elle s’intéresse aux propriétés de rupture des matériaux) dirige ce théâtre depuis avril 2014. Elle est également comédienne et autrice. [https://www.reineblanche.com/]
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Question centrale qui devrait être abordée pendant la COP 27 : quel effet aurait une guerre nucléaire sur le climat de notre planète ? Ce ne sont surtout pas les Verts va-t-en guerre allemands qui vont y répondre…
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L’année dernière, un « atelier d’écriture » portant sur un « je me souviens » à la Perec, nous avait conduit, après transformations, à une liste de mots qui n’existent pas, mais auxquels j’avais décidé de donner une vie.
Un premier opus a paru le 1er août de l’année dernière. En voici un deuxième.
Sachez qu’il y aura d’autres articles analogues : des mots-valises, et aussi des mots rares, existants, mais auxquels je donnerai un autre sens.
Retrouvons donc les mots qui proviennent de contrepèteries à partir de ma liste « Je me souviens ».*
*Laquelle liste n’est pas terminée, mais je ne ferai plus de transformations.
Bavélite (n. f.) :
Manie de parler sans cesse, en tenant des propos flous aussi bien du point de vue de la forme que du fond. Ex : « Bérurier n’avait pas envie de rencontrer le José. Chaque fois qu’il s’étaient vus, l’autre tournait en bavélite, de sorte que le Gros ne pouvait en tirer aucune information ». (Frédéric Dard)
Canvine (n. f.) :
Etablissement situé dans les beaux-quartiers, où l’on mange en dégustant des vins sélectionnés. Ex : « Patrick avait donné rendez-vous à Sophie dans une canvine de l’Ile Saint-Louis. C’était évidemment pour parler de son projet, mais il comptait bien que cela se termine en baise ». (Michel Houellebecq)
Versigner (v. intr.) :
Signer, jurer, attester de manière définitive et péremptoire. Ex : « Sous le regard éberlué de son adversaire et de celui indifférent du notaire, Hareau, content de lui, versigna ». (Guy de Maupassant)
Michu (n.m.) :
Grosse écharpe pour homme. Ex : » On ne vit plus que le père Goriot, le cou engoncé dans un michu hors d’âge ». (Honoré de Balzac)
Le plus cocasse, c’est qu’en cherchant une illustration d’écharpe ou de fichu, je suis réellement tombé sur cette affiche du téléfilm Le Père Goriot (2004), avec Charles Aznavour et Tchéky Karyo !
Nombrilles (n. f. pl.) :
Foule, amas de personnes, qui semblent très agités par un mouvement continu. Ex : « Apprécier le silence luxueux et rare des appartements du Gouverneur nous changea du brouhaha et du va-et-vient des nombrilles autochtones ». (Pierre Loti)
Toussoir (n.m.) :
Glotte, gorge (argot). Ex : « Moi, j’avais pas trop envie d’voir/ces rombières qui se raclent le toussoir ». (Pierre Perret)
Lunoire (n.f.) :
Fixation sur une idée précise mais funeste, une sentiment précis mais sombre. Ex : « C’est l’horrible lunoire, compagne d’une idée/qui m’obsède et me tue d’une funeste épée ». (Charles Baudelaire)
Edvard Munch, Mélancolie, 1894. Munch devait illustrer Les Fleurs du Mal, projet qui est resté inachevé.
Milliforme (n.f.) :
Personne dont l’obsession est de se rassembler en respectant un ordonnancement précis et délimité au cordeau. Ex : « Je me mis à haïr cette redingote dont les boutons semblaient représenter un rassemblement de milliformes ». (Jules Vallès)
Chartelette (n. f.) :
Ensemble de petites règles tacites et informelles à usage plutôt familial. Ex : « L’on mit un temps à se rendre compte combien Folcoche avait obligé malgré nous à établir cette chartelette ». (Hervé Bazin)
Chartelette au tocolat.
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Enfin, puisque nous sommes encore en automne, je ne résiste pas à l’interprétation par Charles Trenet de Chanson d’automne (« Les sanglots longs… ») de Verlaine. Le swing dans toute sa splendeur…
[J’avais scanné une photo de palimpseste d’affichage électoral (à la Villeglé), mais il a disparu et je n’ai plus l’image…]
Depuis octobre 2019, au Pays-bas, des milliers d’agriculteurs, forcés d’abandonner leur profession jugée désormais nuisible, ont bloqué les autoroutes. Pas vu à la télévision française. Depuis début septembre, à Prague, des milliers de gens manifestent régulièrement contre l’OTAN, l’inflation et les sanctions envers la Russie, et pour renouer des relations cordiales avec la Russie. Pas vu à la télévision française.
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Be-Bop–A-Lula ! Espérons une nouvelle dynamique en Amérique de sud à la Lula/Chavez/Kirchner/Morales !
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Annie Ernaux prix Nobel : légitime ou galvaudé ? Pas galvaudé si ce prix eût été attribué plus tôt. En tous cas, pour comprendre le déterminisme social, Ernaux, c’est sans doute plus vivant et moins indigeste que Bourdieu !
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Lors du dernier scrutin présidentiel, vous n’aimiez ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen ? Ni les autres ? Le mode de scrutin ne vous convenait pas non plus ? Peu importe !
Et si on créait ex nihilo de nouveaux présidents ? Il suffit de couper en deux des bulletins de vote différents, et de réduire les prétendants à l’état de cadavres (ah !) exquis (oh !) !
Certains se prêtent plus à l’exercice que d’autres : plus facile pour Macron, Pécresse et Zemmour, plus difficile pour les autres. Encore un mode de scrutin inique ! Décidément, on y arrivera pas !
Par ce procédé, on obtient :
NICOLAS DUPONT-AMOUR
EMMANUEL MAMOUR
JEAN LAMOUR
JEAN-LUC MELENCHTOU (Quelle salade !)
EMMANUEL MATOU (Raminagrobis ?)
EMMANUEL MACHON (La République en Mâche ?)
VALERIE PETHAUD
VALERIE PEDALGO (nouvel opérateur de vélos en libre-service ?)
VALERIE PEUR
VALERIE PETOU (pétouille ?)
PHILIPPE POUPONT-AIGNAN
On pourrait réaliser le même effet avec les programmes, en mode Ces professions de foi auxquelles vous avez échappé !
Et à propos de président de la République, ce moment dont on ne se lasse jamais :
« Arrêtez ! Arrêtez ! Vous vous êtes trompés ! C’était le président de la République ! » – Louis de Funès et Coluche dans L’aile ou la cuisse, Claude Zidi, 1976.
Avant Le Champouin, marcjoly tenait un blog nommé Mr Liste (http://mrliste.hautetfort.com). Ce dernier a finalement mis du temps pour être bien référencé dans les moteurs de recherche (c’est pas trop tôt), mais sa navigation n’est pas intuitive. Votre serviteur va donc vous proposer pour cette été trois « rediffusions » légèrement retouchées ou actualisées, que vous pourrez consulter comme qui dirait en riplet ou en peau de caste. « Ah, ben pour les vacances, y s’est pas foulé… ». Mais du coup, il n’y aura pas « relâche » au 15 août.
La réélection de notre premier-de-la-classe-tête-à-claques-qui-n’aime-pas-le-peuple-et-qui-enjambe-tout (Parlement, syndicats, collectivités territoriales, présidentielle, législative et partis « qui ne sont pas de gouvernement ») m’oblige à ressortir ce billet à titre provocateur : Macron mort ?
Eh bien, un macron mort, çà existe, marcjoly l’a lu de ses propres yeux !
En effet, « Sur un clavier d’ordinateur, une touche morte (macron mort) peut servir à obtenir les caractères diacrités d’un macron ». Diable !
Et l’on apprend que « Le français n’utilise normalement pas de macron ». On se disait bien qu’on pouvait s’en passer ! Mais l’on précise « sauf pour la transcription de termes étrangers » – et de nous parler du « diacritique conjoining macron« … Voilà donc la raison de l’appétence de notre cher Président pour la langue de la start-up nation !
De plus, il y aurait un « diacritique moitié droit de macron ». Il y aurait aussi un « diacritique moitié gauche de macron ». Là, çà m’étonnerait ! Quoi qu’il en soit, il y a bien un « diacritique macron-grave ».
Et j’ai une explication sur la rapidité de la mise en place des « réformes » : il existe un « macron pleine chasse » !
Sous le patronage de Saint-Uber ?
Mieux encore, « en LaTeX, le macron s’obtient par l’instruction ⁄ = ». Qu’en pense Brigitte ?
Tout s’explique : il s’agit en fait d’une norme typographique Unicode. Ainsi, le caractère ā est un a macron, à savoir la lettre a surmontée du signe diacritique ‾. Tout cela est extrait d’un article Wikipédia, à l’entrée « Macron (diacritique) » .
Pour le fun, sachez qu’existent aussi, liste non exhaustive, a crochet en chef (toujours le chef qui enjambe !), a hatchek, apoint suscrit (et le peuple n’y a point souscrit), a tilde, a ogonek, a schwa réfléchi, a culbuté (qu’en pense Brigitte ?) et, note d’exotisme, a tchandrabindou.
Conséquence de la guerre en Ukraine : pénurie d’huile de tournesol, et donc de chips. Et les Russes coupent le gaz à la Pologne. Les Polonais pourront toujours utiliser du gaz de chips. Allez, les pisse-froid, on rit : c’est une blague…
Alors, j’ai pondu celui ci-dessous à partir de Thierry Paquot, Terre urbaine : cinq défis pour le devenir urbain de la planète, La Découverte, 2006. Excellent ouvrage au demeurant, d’un écologiste « philosophe de l’urbain » que certains veulent absolument qualifier de décroissant, ce qu’il n’est pas ! Lui est plutôt dans la mouvance slow-life, un mode de vie sans portable ni malbouffe. Je ferai peut-être un papier (comme dirait l’ami Ruhaud) sur ce sujet.
En tous cas, penser autrement la ville implique de penser autrement… tout court, et puis Paquot écorne au passage le jargon des écolo-technocrates déconstructionnistes enseignant dans les universités de Seattle ou de Berlin.
ANTI-INDEX
Banque de temps (p. 51)
Bêtement posée sur une butte-garage (p. 124)
« Bougisme » (p. 99)
Capitalisme « liquide » (p. 7)
Carcan lignagier (p. 177)
Club des faux héros, club du feu infernal (p. 152)
Clubisme spontané (p. 152)
Clubisme spontané.
« Commissions méchantes » (p. 157)
« Ecologie des langues » (p. 195)
« Elément morphotypologique générateur de l’établissement de la bioreligion » (p. 9)
Famille cognatique (p. 142)
Horde de chats faméliques en rivalité avec des chiens errants (p. 30)
Incrémentalisme spontané (p. 18)
Interférences d’un local et d’un global pluriels (p.17)
La langue est « l’habitat de l’être » (p. 196)
« Le transplanté transpire la série dont il est issu » (p. 23)
« Les jeunes d’aujourd’hui ont un moteur d’auto dans le ventre » (p. 96)
Littérature « grise » internationale (p. 97)
Littérature grise.
Mot passe-partout de l’onusien (p. 130)
Mythe de la petite maison dans la prairie (p. 127)
« On tondra les pelouses à Noël » (p. 103)
« Oreille/oreille où s’emboîtent les silences » (p. 178)
Paillasse à haute rentabilité (p. 48)
« Parlement des êtres vivants » (p.11)
Banksy, Devolved Parliament, 2009.
« Polistique » (p. 136)
« Poubellisation » (p. 57)
« Privance » (p. 74)
Promenadologie (p. 157)
Relier les toits des immeubles algérois par une autoroute (p. 96)
« Sentiment terrien » (p. 110)
« Stagériat » (p. 7)
Street politics (p. 153)
Suppression arbitraire de la sieste (p. 174)
« Tout communique » (p. 99)
Et vice-versa.
Un incitateur à urbanité, un démultiplicateur de civilité, un incubateur d’altérité (p. 193)
Un ou deux retraités lassés des programmes télévisés (p. 150)
« Urbanisation des mœurs » (p. 27)
« Urbanisme de prétoire » (p. 155)
Urbanisme spontané et sans urbanisme, mais pas sans urbanité (p. 50)
« Ville panique » (p. 17)
« Villes lentes » (p. 10)
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Villes grises internationales
Urbanisation de la sieste
Commissions des programmes télévisés
Oreille/oreille, mais pas sans urbanité
Horde de chats faméliques de prétoire
On tondra les pelouses par une autoroute
Les jeunes d’aujourd’hui en rivalité avec des chiens errants
Paillasse cognatique
Un ou deux retraités où s’emboîtent les silences
Gabin et Signoret dans Le Chat, Pierre Granier-Deferre, 1971 , d’après Simenon.
Vous vous êtes tous jetés dans la gueule du loup : 22 vues pour la rubrique renversante du 1er avril !Un record !
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« Pas la peine de tout rejeter en bloc. Une personne n’est pas un pays. Un président n’est pas une nation à lui tout seul. Une culture est toujours plus grande que le peuple dont elle jaillit, mais sans ce peuple elle n’existerait pas. Alors un peu de nuance ô monde », écrit à juste titre l’autrice du Blogue du vestiaire, ma lectrice « Mme Laplanche » (leblogueduvestiaire.blogspot.com). D’avoir ostracisé les artistes classiques Valerii Guerguiev ou Anna Netrebko est un scandale ! De mettre en veille le programme ExoMars, à cause de la participation des Russes en est un autre. Et puis on a en effet oublié que de grands esprits russes comme Gogol ou Prokofiev étaient ukrainiens. Car il n’y a pas d’Ukrainiens ni de Russes « de souche », mais un peuple souvent « mixte ».
Un dessin dans Marianne : un père de famille bobo qui dit « je vais voir dans le grenier si on n’a pas des trucs russes à boycotter ». Bien vu !
Le ton désagréable de nos échanges avec Moscou est loin des amabilités que nous réservons à nos amis démocrates du Qatar ou de l’Arabie saoudite…
J’ai entendu à la radio l’expression « les Alliés » pour désigner « le bloc occidental ». La France n’a pas déclaré la guerre à la Russie, que je sache.
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Pour nous changer les idées, connaissez-vous ce jeu qui consiste à substituer, dans toutes les expressions contenant « coeur », le mot « cul » ? Fou-rires et bonne humeur assurés ! Vraiment, si nous n’avez pas le moral, je vous le recommande ! J’y reviendrai peut-être…
Autre exercice : prendre n’importe quel texte, et finir chaque phrase alternativement par « par devant » et « par derrière ». Succès garanti !
Le tourisme de masse, c’est quand les gens sucent des glaces dans la Galerie du même nom !
Mais voici un autre exercice plus subtil, mais pas forcément hilarant : mon lieu de travail est proche du musée des Arts décoratifs, dont la façade (une partie du Palais du Louvre) en rénovation est recouverte d’une gigantesque bâche à la gloire de la marque Dior, une de ces bâches dont les marques suent la vulgarité et l’obscénité d’une culture bling-bling servant de modèle à une génération mondialisée dont les touristes du Louvre et des Champs-Elysées sont les représentants. Il y a pire que Dior : Zalando, sur le chantier du Théâtre de la Ville, exhibait il y a peu en format XXL le sporstwear de style racaille, avec tronches idoines.
Mes collègues féminines semblant malheureusement n’y voir que du second degré, j’ai voulu porter la chose au niveau quelque peu métaphysique (?) :
Dieu
Dior*
A la grâce de Dior
*Dior émeut (Nietzsche)
*Dieu aime or (Christian Dieu)
Dieu dit : « or ! »
Dior dit : « heu… »
Dior seul le sait
Dis : « hors Dieu ! »
Dis heu… « DIOR ! »
Dior soit loué !
J’aime Dior partout : sous tous les ciors, dans tous les liors, et même au pior !
En 1984, avant d’accomplir mon Service National (je me souviens du Service National…), mon père me fit envoyer un courrier que les autorités militaires n’ont jamais reçu. Nous eûmes plus tard l’explication d’une jeune adjudante : « Votre courrier n’était pas affranchi ». Mon père : « Mais la franchise militaire… » Elle : « ?… ». Il lui explique. « Je ne savais même pas que çà existait… » Et pour cause, çà faisait des années que c’était supprimé ! Info pour les non-boomers : tout courrier envoyé à l’Etat (au sens large : la sécu, EDF, les CCP, son député…) était libre d’affranchissement. On indiquait sur l’enveloppe FP (franchise postale). Pour l’Armée, c’était FM (franchise militaire)… Les gouvernements radins euro-libéraux obsédés par la dette ont mis fin à cette pratique, qui n’est encore en vigueur que pour écrire au Président de la République ou au Père Noël [!]. Insultez donc Macron, c’est gratuit !
Je me souviens, donc,
De la franchise postale.
De Madame Soleil (que je confondais avec Ménie Grégoire).
Des passerelles pour accéder à l’avion.
Des pastilles Pulmoll.
Ce produit inefficace, comme tous ceux contre la toux, fut la vache à lait des pharmaciens !
De l’école non-mixte.
Des portières « suicide » des 2 CV, 4 CV et des camionnettes TUB.
De la queue à la Sécurité sociale.
Des vieux Arabes avec une petite moustache.
Du bulletin météo d’Albert Simon.
« Défense de fumer, de cracher et de parler au machiniste ».
Des nécessaires de toilette.
Des Vélosolex.
Des Nouvelles Galeries.
Des autobus à plate forme.
Des WC au fond de la cour.
De la bouillie Aliment Picot.
Des cartes perforées.
Des buffets de gare.
Des conserves Olida [Olidaon ice ?]
Des vieux garçons de café pleins de tics.
Des becs-de-lièvre.
Des freins à tambours.
Des halls de banque à verrière art déco.
Du magazine Noir & Blanc.
Des haricots verts en boîte dans les restaurants.
Des essuie-glaces chromés.
Du Mistral (un train TEE).
Au moins, on voyageait. Aujourd’hui on prend le TGV comme le métro…
Des bigoudis.
Des bébés portant des bonnets.
Des travaux du périphérique.
Des inscriptions « Lavage – Graissage – Vidange » des stations-services.
Des rames Sprague (vertes et rouges) du métro.
Des gardiens de musée en uniforme.
Emile Guimet et les gardiens de son musée à Paris vers 1914.
Des têtes de veau avec du persil dans les oreilles, aux vitrines des bouchers.
Des billes.
De la collection « poche » : Pif, Pifou, Gai-Luron, Arthur.
Des cols pelle-à-tarte et des pantalons patte-d’éléphant.
Des trains de banlieue sentant la ferraille.
Des yaourts à l’unité.
De l’affichage électoral sauvage.
Des petites voitures Norev.
Petit coquin !
Des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier.
De la cuisinière, chez mes grands-parents, marchant au charbon et bois, seul chauffage de la maison.
Des grands caniches.
Des catalogues (papier) de jouets, véritables livres.
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