Belle Marquise

*Souligné par nous.

C’est aussi le dixième anniversaire du massacre de Charlie Hebdo. Hélas, hélas, hélas – et çà n’est qu’un exemple-, une amie m’a envoyé ce SMS (non verbatim) : « Mais qu’est-ce qu’ils ont encore à parler de Charlie, il va y avoir encore des attentats ». Se coucher, encore… La question n’est pas de savoir si on aime Charlie et ses dessins de bites, mais si on doit garder la liberté d’expression. Les barbus sont en guerre contre l’Occident, des caricatures sont une bonne riposte ! Mais nous devrions entrer également en guerre contre le wokisme, sinon çà ne marche pas. Comme toute guerre, il y aura des conséquences et, oui, il y aura -il y a déjà- des attentats pour lesquels les auteurs seront décrits une énième fois par les médias comme ayant des « problèmes psychiatriques ». Une pathologie qui s’appelle l’Islam…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Bartlebooth se retrouvait parfois avec [...] un Charlot (melon, badin et jambes arquées), une tête de Cyrano, un gnome, une sorcière, une femme avec un hennin, un saxophone, une table de café, un poulet rôti, un homard, une bouteille de champagne, la danseuse des paquets de Gitanes ou le casque ailé des Gauloises, une main, un tibia, une fleur de lys, divers fruits, ou un alphabet presque complet avec des pièces en J, en K, en L, en M, en W, en Z, en X, en Y et en T."

Est paru il y a deux mois un excellent hors-série du Monde : Réinventons la ville. On peut notamment y lire un entretien tout aussi excellent avec l’écrivain français Alain Damasio*. Celui-ci relate que les multinationales s’accaparent les villes, lesquelles deviennent des marques : ainsi Paris devient la ville LVMH, Seattle la ville Boeing/Starbucks, Cannes la ville Netflix, New-York la ville Trump (qui est de facto une marque)…

*Ne pas confondre avec le neuroscientifique portugais (que je croyais italien) Antonio Damasio. J’les confonds toujours !

Damasio a également séjourné dans la Silicon Valley dans un but sociologique, et remarque qu’il n’y a « aucune mixité. Aucun échange croisé. J’en ai parlé à des Français sur place en leur demandant comment se passe la séduction si personne n’ose. On m’a répondu : ils regardent sur l’appli Bumble […] Et si quelqu’un te plaît, tu fais comment ? -Eh bien, je ne vais pas la voir, ce serait intrusif ! ». Ce « moment #Me too » fait froid dans le dos, tout de même… A l’inverse, j’avais lu, il y a quelques années, une BD scénarisée par un Japonais relatant son séjour à Paris*. Ce dernier s’était évertué, fleur bleue, à tenter de faire une déclaration d’amour, jusqu’à ce que quelqu’un lui explique les subtilités de la vie parisienne (d’alors. Tout cela est fini aujourd’hui) : « On ne fait pas de déclaration. -Mais alors comment on fait ? -Eh bien, on baise ! ». Et de se demander comment procéder si on ne déclare pas sa flamme. Bref, faudrait savoir !

*Je n’ai pas retrouvé les références.

Pour m’inspirer j’me suis fait un café crème « ème »
Mais par erreur je l’ai sucré au sel gemme « ème »
C’ n’était pas bon, ma foi je l’ai bu quand même « ème »
Ah faut-il que faut-il que je… faut-il que je…
C’est malheureux je n’ai pas trouvé de thème « ème »
J’ t’aurai fait un truc avec des rimes en « ème »ème »
Tu aurais compris que c’était un stratagème… »ème »
Pour te dir’ que… te dir’ que je…te dir’ que je…
Oui !

Harry Mathews.

Puisque nous sommes dans l’amour, voici un texte d’Harry Mathews (1930-2017). Cet écrivain et traducteur américain francophone, ami de Georges Perec et de surcroît mari de Niki de Saint-Phalle, était membre de l’Oulipo. Le texte qui suit, Belle Marquise, est-il la conséquence du précédent ?

Plaisir d'amour ne dure qu'un instant, chagrin d'amour dure toute une vie
Plaisir d'amour ne dure qu'un instant, une vie d'amour dure tout un chagrin
Plaisir d'amour ne dure qu'un chagrin, un instant d'amour dure toute une vie
Plaisir d'amour ne dure qu'un chagrin, une vie d'amour dure tout un chagrin
Plaisir d'amour ne dure qu'une vie, chagrin d'amour dure tout un instant.
Guy Lelong.

Voici maintenant Guy Lelong, que je pensais être aussi oulipiste : il ne l’est pas mais utilise les contraintes dans ses textes. Bien que né en 1952, il se situe dans le sillage du Nouveau roman. Il a aussi comme domaines d’activité la musique, les arts plastiques et l’architecture. Voici Nuit sans date rue Saint-Jacques :

La rue tombe noire, noire, la noire rue noire tombe là.
La rue tombe noire, noire, la tombe noire, rue noire, là.
La rue tombe noire, noire, tombe la noire rue noire, là.
La rue, tombe noire, noire, rue noire, la tombe noire, là.
La rue tombe noire, rue noire noire, là, tombe noire, là.
La rue tombe noire, la noire noire rue, noire tombe là.
La rue tombe noire la noire noire rue noire tombe, là.
La rue tombe, noire, noire, là ; tombe noire, rue noire, là.
La rue, tombe, là. Noire, noire tombe, noire rue, noire là.
La rue noire tombe ; noire la noire, noire rue-tombe ; là.
La rue tombe. La noire rue noire. Noire tombe noire. Là.
Wendy Cope.

Et pour finir, mon préféré. Il s’agit d’un texte de la poétesse britannique Wendy Cope (née en 1945). Cope fait souvent dans les poèmes courts à la fibre comique. Voici The Uncertainty of A Poet, illustration du tableau éponyme de Chirico ? Evidemment, je ne traduis pas le texte : çà n’aurait aucun sens.

Giorgio de Chirico, L’incertitude du Poète, 1913.
I am a poet.
I am very fond of bananas.

I am bananas.
I am very fond of a poet.

I am a poet of bananas.
I am very fond.

A fond poet of 'I am, I am'-
Very bananas.

Fond of 'Am I bananas?
Am I?'-a very poet.

Bananas of a poet!
Am I fond? Am I very?

Poet bananas! I am.
I am fond of a 'very.'

I am of very fond bananas.
Am I a poet?

Ce poème a été ensuite parodié maintes fois. Exemple :

Vous çà alors plu ? Pensez-qu’en vous ?

Métro loufoque – M 10

En tant qu’archiviste que je suis dans la vraie vie, j’ai dû traiter il y a peu un dossier de naturalisation datant des années 1930. Y figurait une lettre du maire de Mazan (Vaucluse)… attestant de la bonne moralité de l’intéressé. Echo à l’actualité ! En tous cas, il ahurissant de constater, lors du procès de 2024, la défense adverse insinuer que « quelque part » Gisèle Pelicot en fait peut-être un peu trop… Courage à elle, qui porte le même prénom que feu Mme Halimi ! Ce qui est clair, c’est qu’il y aura un « après Mazan », tout du moins il faut le souhaiter.

Retour sur l’affaire du cycliste renversé intentionnellement au mois d’octobre à Paris : il est inacceptable pour un automobiliste d’emprunter les voies cyclables et de surcroît de percuter volontairement un cycliste. Les cyclistes sont à juste titre indignés, mais vont amplifier une impunité dont ils jouissaient déjà : en effet, pour chaque cyclobobo parisien, tout ce qui entrave sa marche, automobiliste ou piéton, est présumé ennemi. Feux grillés, refus de s’arrêter devant les piétons, vitesse excessive, non-usage de la sonnette, zig-zags devant les voitures, position aux angles morts, la coupe est pleine et on comprend l’exaspération des autres usagers. Contrairement aux pays germaniques ou scandinaves, il n’y a pas en France de politique globale des déplacements, mais la juxtaposition de celle de la voiture, de celle du vélo, de celle de la trottinette, de celle du piéton… Cela ne peut pas fonctionner. En tous cas je ne descendrai jamais dans la rue pour aller défendre les cyclistes.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Au moment où cela commençait à devenir pour lui un peu trop facile, il fut saisi par la frénésie des factorielles : 1! = 1 ; 2! = 2 ; 3! = 6 ; 4! = 24 ; 5! = 120 ; 6! = 720 ; 7! = 5 040 ; 8! = 40 320 ; 9! = 362 880 ; 10! = 3 628 800 ; 11! = 39 916 800 ; 12! = 479 001 860 ; [...] ; 22! = 1 124 000 727 777 607 680 000, soit plus d'un milliard de fois sept cent soixante-dix-sept milliards."

Rhâââ ! Ca n’en finit pas, cette rubrique… Celle-ci est consacrée à la ligne 10 du métro parisien. Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais quelque soit l’endroit de Paris où je me trouve, je dois toujours changer deux fois pour attraper cette ligne, la seule qui traverse la rive gauche d’est en ouest et qui contient une boucle juste avant son extrémité.

Même si elle s’encanaille entre Odéon et Gare d’Austerlitz, il s’agit quand même de la « ligne chic pour vieilles dames » dont le charme tient aussi à l’ancienneté et la vétusté de son matériel. La RATP a planifié (jusqu’en 2033 !) le remplacement de ses trains par le MF 19 sur toutes les lignes non automatiques. Et là, j’ai deux versions contradictoires. L’une dit que la 10, la plus vétuste, recevra ce matériel en priorité, dès 2025. L’autre affirme que, seule ligne à ne pas connaître de conduite manuelle assistée, elle ne sera modernisée qu’en dernier, le temps d’effectuer la mise à niveau…

Je rappelle le principe du Métro loufoque : le jeu consiste à détourner le nom des stations et d’écrire un texte avec ces nouveaux noms. On remarquera que, boucle oblige, une fois arrivé au terminus, je reviens en arrière pour achever l’autre coté de la boucle. C’est parti :

M 10 : ECOLE BERLITZ – 35 CLOUS :

  • Gare d’Austerlitz > Ecole Berlitz (école de langues réputée).
  • Jussieu > Judicieux.
  • Cardinal Lemoine > Jean-Luc Lemoine (humoriste et chroniqueur français).
  • Maubert-Mutualité > Robert était alité.
  • Cluny-La Sorbonne > Clooney la sort bonne.
  • Odéon > Frédéric Lodéon.
  • Mabillon > Cabillaud.
  • Sèvres-Babylone > Suivre Baby Doll.
  • Vaneau > Vanné.
  • Duroc > T-Roc (modèle Volkswagen).
  • Ségur > Sécure.
  • La-Motte-Picquet – Grenelle > La motte piquait.
  • Avenue Emile-Zola > Gorgonzola.
  • Charles Michels > Vermicelle.
  • Javel – André-Citroën > Entre ces six troënes.

  • Eglise d’Auteuil > Réglisse douteuse.
  • Michel-Ange – Auteuil > Mickey, l’ange, dans le fauteuil.
  • Porte d’Auteuil > Porte d’auto.
  • Boulogne – Jean-Jaurès > Bologne, j’en jurerais !
Bologne, c’est aussi du rhum de Guadeloupe !
  • Boulogne – Pont-de-Saint-Cloud > 35 clous.
  • Michel-Ange – Molitor > Mickey, l’ange, mollit trop.
  • Chardon-Lagache > Sent bon la vache.
  • Mirabeau > Virago.

REPEAT AFTER ME : « WHERE IS BABY DOLL ? »

Robert, à l’école Berlitz, trouva judicieux de regarder (même pas en anglais) un sketch de Jean-Luc Lemoine. Le soir, Robert, nauséeux, était alité. Il regarda Gravity. « No Facebook tonight », dit le beau George dans la scène de l’éruption solaire. Clooney la sort bonne, se dit-il. Puis il vomit. Il appela son ami Frédéric Lodéon (car il avait des relations) qui le mit en garde : -« c’est le cabillaud qui t’a rendu malade ».

Le lendemain, en chasse, il se mit en tête de poursuivre Baby Doll. Se rappelant que la veille, il était vanné, il le fit en T-Roc, ce qui était plus sécure. Mais il se dit qu’il allait encore vomir, car son cerveau se remplit d’images de monceaux de bouffe, de fromages en motte. Eurk ! La motte piquait, et le gorgonzola lui donna des haut-le-coeur. Il ne manquait plus qu’une bonne platrée de vermicelle… Il sortit de la voiture et alla dégueuler entre ces six troënes. Peut-être que la réglisse avait amorcé le processus. réglisse douteuse…

Mickey, l’ange, dans le fauteuil (Baby Doll s’appelait Mickey) n’imaginait pas ce qui pouvait se passer derrière une porte d’auto. -« Même à Bologne, j’en jurerais ! », pensa-t-elle. Au même moment : -« par les trente-cinq clous de Bologne, j’en jurerais ! Mickey, l’ange, mollit trop !, pensa Robert, mais elle sent bon, la vache ! Allons chasser cette virago !« 

FIN

Mon Dieu que c’est mauvais… C’est même le moins bon…

Ma bibliothèque amoureuse (9/infini)

Emeutes en Martinique : la révolte est légitime. Toute l’économie (commerces, grande distribution, concessionnaires automobiles, import…) est aux mains des Békés. Mais les violences sont attisées par les situations de la Nouvelle-Calédonie et de Mayotte… dont les causes sont différentes ! Pour l’une il s’agit de la négation de la forte identité kanake, et pour l’autre de immigration ingérable de Comoriens et d’Africains des Grand Lacs. Ce qui est regrettable, est que les comportements violents (pillages, incendies, destructions) sont le fait, comme dans les deux autres Communautés précitées, d’une minorité constituée de délinquants, trafiquants de drogue, et autres petits branleurs. La majorité des Martiniquais sont exaspérés. Sur le site web de France-Antilles, un internaute remarque que la CAF n’a pas subi de dégradations…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Il lui donna des explications techniques avant de lui faire visiter le Manoir à l'Envers, un vieux castel gothique planté sur ses cheminées avec des fenêtres renversées et des meubles accrochés au plafond, le Palais lumineux, cette maison féerique où tout, des meubles aux tentures, des tapis aux bouquets, était fait de verre [...], le Globe céleste, le Palais du Costume, le Palais de l'Optique, avec sa grande lunette permettant de voir la LUNE à UN mètre, les Dioramas du Club Alpin, le Panorama transatlantique, Venise à Paris et une dizaine d'autres pavillons."

Biographies, autobiographies et Mémoires (mais pas souvenirs, çà fait trop animateur TV ou acteur ne sachant pas écrire), sont des révélateurs de l’état d’esprit du lecteur. On a du coup une idée de son apprentissage (au lecteur ou au « biographé » ?), de ses passions ou de ses orientations politiques. Est-il littéraire, scientifique, les deux ? S’il est ni l’un ni l’autre, c’est qu’il ne lit pas… Il y a des bios intéressantes sans forcément être des sommes – la tradition française de la biographie de 6oo pages chez Plon ou chez Fayard (Beethoven des Massin, Louis XI de Murray Kendall*…) a un peu vécu…

*Ce dernier, prêté et jamais rendu…

Qu’ai-je dans mon escarcelle (c’est-à-dire dans ma bibliothèque) à vous montrer ?

  • Luc Brisson, Platon, Cerf, 2020.

Il y a pléthore de livres sur la pensée de Platon, mais peu sur le bonhomme. L’ouvrage de Brisson a l’avantage de pouvoir être lu par un profane, bien que l’auteur soit un universitaire (surtout en France !).

  • Christine Pedotti, Jésus – cet homme inconnu, XO éditions, 2013 (disponible en Livre de Poche).

Un livre sur l’homme Jésus, bien qu’on ait pratiquement aucun témoignage purement historique. On pense à Platon, concernant quelqu’un qui mettait chacun devant ses contradictions et maniait le sens de l’humour. Des comportements qui mènent à la cigüe ou à la croix… Pedotti, journaliste à Témoignage Chrétien, est à ma connaissance la seule qui soulève cette dimension de l’humour à propos de Jésus.

  • Mireille Hadas-Lebel, Philon d’ Alexandrie – un penseur en diaspora, Fayard, 2003.
  • Gérard Haddad, Maïmonide, Les Belles Lettres, 1998.
  • Géraldine Roux, Maïmonide, Points, 2017.

Houlà, là ! Philon (-20 av. J.C.-45 ap. J.C.), Moïse Maïmonide (1138-1204), grandes figures de la pensée juive… Il doit s’agir de gros pavés hermétiques ! Que nenni ! Ces deux ouvrages (136 p. et 191 p.) sont tout simples ! De surcroît, Haddad, spécialiste de judaïsme, est aussi psychanalyste. Cà relativise… Et nous qui croyions que tout çà, c’était de l’hébreu (ha, ha!). Mais qui, non juif (et encore…), en France, est capable de citer le nom de penseurs juifs d’avant le 20ème siècle ?

  • Serge Bramly, Léonard de Vinci, J.-C. Lattès, 1988 (disponible en Livre de Poche).

Il ne s’agit pas de l’ouvrage le plus fluide – et l’écriture de Bramly, pourtant romancier et essayiste, est parfois pénible – mais ce pavé (670 p.) est le livre le plus complet sur le sujet. Surtout, il narre aussi bien le Léonard artiste que le Léonard ingénieur, les autres ouvrages traitant souvent de l’un ou de l’autre. On découvre un Vinci prolifique et polymathe*, qui ne finissait pourtant jamais ses projets ! Manquent (on est en France…) des illustrations, mais il y a un index !

*Un polymathe est quelqu’un s’intéressant à tous les sujets.

  • Max Caspar, Kepler, Dover Publications, 1993.

On cite souvent l’astronome Kepler mais personne n’est capable de décrire son cheminement intellectuel… Cette biographie en anglais (non traduite en français) est éditée par Dover, excellente maison new-yorkaise qui s’est intéressée (entre autres) à Mozart, Edgar Poe, Oscar Wilde, Einstein, au ballet classique et à l’histoire des sciences.

Johannes Kepler. Un faux air de Jean Rochefort ?

  • Moi, Benjamin Franklin – citoyen du monde et homme des Lumières, Autobiographie et textes scientifiques de B. Franklin, réunis et commentés par Jean Audouze, Dunod, 2006.
  • Collectif, Benjamin Franklin, homme de science, homme du monde, CNAM/Paris musées, 2007.

C’est fou ce que ces titres se ressemblent ! Le mieux est de lire l’autobiographie du « bonhomme Franklin » en anglais, mais Penguin Classics n’édite pas le texte intégral… Je l’avais lue en anglais dans une édition épuisée et Franklin ne manquait pas d’humour ! En tous cas, encore un polymathe, un vrai ! C’est-à-dire de la race de ceux qui (comme Vinci) sont totalement autodidactes ! Et en plus il était politique ! Pouvez pas comprendre… Quant à l’ouvrage collectif, il s’agit du livre de l’exposition au musée des Arts et Métiers en 2007.

  • Georges Hourdin, L’Abbé Grégoire, évêque et démocrate, Desclée de Brouwer, 1989.

Personnage étrange, à la fois très conservateur et très libertaire ! Il partageait quelques préjugés de son époque, mais l’esclavage et la peine de mort étaient pour lui deux lignes rouges à ne pas franchir. Un Victor Hugo avant l’heure !

  • Forrest McDonald, Alexander Hamilton – A Biography, W. W. Norton & Company, 1979.

Hamilton est l’un des « pères fondateurs » des Etats-Unis. Il est néanmoins moins connu (surtout en France) que Franklin, le falot Washington ou le réactionnaire pro-britannique Jefferson. Hamilton passerait aujourd’hui pour communiste à cause de la création d’une banque nationale publique, plus tard sabotée pour devenir l’union de banques privées qu’est la Banque Centrale. Il mourut dans un duel (meurtre déguisé ?) contre Aaron Burr, un autre réactionnaire.

  • Janine Alexandre Debray, Schoelcher, Perrin, 1983.

J’ai trouvé ce livre, écrit par la mère de Régis Debray, chez un bouquiniste. Là encore, peu connaissent le Schoelcher avant d’avant 1848. On apprend qu’il a sillonné les Antilles et vu l’esclavage de ses propres yeux : ce n’est pas un abolitionniste de salon. Cet homme à la fois très calme et écorché vif était à la pointe de toutes les injustices.

Celui-ci pas lu…

  • Emil Ludwig, Bismarck, Payot, 1929.

Traduction française (introuvable aujourd’hui) d’un ouvrage allemand, (même remarque), trouvé chez feu mon beau-père. Bismarck n’est pas aimé en France, avec tous les clichés stupides du « prussisme » : « Ach ! Gasque à bointe ! », etc. Et qui connaît le Bismarck d’avant 1870 ? Il appert également, à la lecture de l’ouvrage, qu’il a été mal conseillé en 1870, puis carrément congédié par Guillaume II en 1890 suite à une cabale.

Oui, je sais, çà fait rire...

  • Margery Weiner, Helen Keller, Edito-Service (Genève), 1971, distribué par Le Cercle du bibliophile.

Traduction française, également, d’un livre disponible peut-être encore chez les bouquinistes. Helen Keller, voilà une femme pas banale, de par son handicap (aveugle et sourde) et de par sa personnalité ! Par « femme », entendons plutôt un « couple », celui qu’elle forma avec Anne Sullivan*, qui lui « parlait » dans les mains grâce à un alphabet tactile de son invention. Le handicap d’Helen les obligea a partager leurs intimités… Helen Keller voulut tout apprendre, tout savoir (elle fit des études supérieures), était idéaliste (on pense à Marie Curie, Romain Rolland ou Einstein). Elle fut parfois crédule, comme sa tentative de faire du cinéma, où on s’est servi et moqué d’elle… C’est à ma connaissance la seule biographie complète du personnage.

*Hors du sujet de ce livre, Anne Sullivan eut elle aussi une vie non banale avant de rencontrer Keller.

  • Eve Curie, Madame Curie, Gallimard (Folio), 1938.
  • Ariadna Castellarnau, Marie Curie – la combattante aux deux prix Nobel qui sauva des millions de vie, RBA, 2020. Paru en français dans la collection « Femmes d’exception », disponible chez les marchands de journaux.

Ténacité, ténacité, ténacité ! C’est ainsi qu’on peut résumer la vie de Marie Curie, récemment attaquée car  » inventrice » de la radioactivité. Vieille histoire : étrangère, femme, discipline nouvelle ne relevant pas totalement de la physique ni de la chimie, relation adultère (vraie ou supposée) avec Paul Langevin, tout a été prétexte à la discréditer. Le premier des deux ouvrages a été écrit par sa fille Eve (soeur d’Irène) la seule « non scientifique »* des enfants de Marie, mais dont le talent a servi à faire connaître la cause de sa mère.

*Evidemment, on se doute qu’elle a une formation scientifique, inévitable dans les générations Curie/Joliot jusqu’aujourd’hui.

  • Collectif, Pierre Dac – du côté d’ailleurs, MAHJ/Gallimard, 2020.

C’est le livre de l’exposition éponyme organisée en 2020 par le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme. L’accent est mis sur les origines et la judéité de Pierre Dac, et par conséquent, de son engagement à Londres dès 1943. On apprend beaucoup sur « Pierre Dac avant Pierre Dac », car on oublie qu’il a eu une carrière avant-guerre.

  • Jacques Pessis, Joséphine Baker, Gallimard (Folio), 2007.

A la parution (2007) de ce livre, qui aurait pensé que Baker serait entrée au Panthéon ? Et pas seulement dans son engagement pour la France libre, mais aussi pour son parcours pour les libertés et son idéalisme. C’est vrai que son projet « d’enfants du Monde » des Milandes était un peu surprenant, mais ne se serait pas fait si Joséphine n’avait pas été quelque peu « timbrée », ce qu’il faut voir comme une qualité (cf. d’autres personnages listés dans cette rubrique) !

  • Florence de Lussy, Simone Weil, PUF (Que sais-je ?), 2016.

Justement, on en parlait, des gens « timbrés » ! Simone Weil (1909-1943 – à ne pas confondre avec l’autre, cela m’agace), quelle femme étrange ! Une ténacité intellectuelle mêlée à une sensibilité extrême, tout comme, dans un autre registre, Friedrich Schiller. La question métaphysique là hantait, au point qu’elle est tombée dans le mysticisme, ce qui n’était pas son meilleur côté. Elle sacrifiait les choses matérielles, au point parfois de s’abstenir de se nourrir, ce qui rappelle Marie Curie pendant ses études… Elle voulait connaître la condition humaine : dénonçant les marxistes de salon, cette fille de bourgeois alla travailler en usine – incompatible avec son état de santé. Sacrifice, encore ! Personne inclassable : à Londres, ceux autour de de Gaulle ne surent pas quoi lui faire faire …

  • Amelia Platts Boynton Robinson, Le combat des Noirs aux Etats-Unis -témoignage d’une amie de Rosa Parks et de Martin Luther King, Duboiris, 2007.

Les Etats-Unis, encore ! Mais qu’est-ce que c’est que ce titre idiot et mal emmanché ? L’ouvrage original s’appelle Bridge Across Jordan (Schiller Institute, 1991). Explication : il s’agit de l’autobiographie d’Amelia Robinson (1911-2015), une dame que j’ai eu l’honneur de rencontrer. Cette militante américaine des Droits civiques est à l’origine des Marches de Selma à Montgomery en 1965. Robinson tomba sous les coups des policiers, et perdit connaissance sur le pont Edmund Pettus sur la rivière Alabama. D’où la métaphore biblique du pont sur le Jourdain.

Amelia Robinson.

  • Martin Luther King, Autobiographie, textes réunis par Clayborne Carson, Bayard, 2000.

Les Droits civiques, encore ! Il faut vraiment lire cette autobiographie pour comprendre ce que King n’était pas. Pas un communiste, pas un anti-blanc comme le Malcom X des débuts ou les Black Panthers, pas un simple « chef » du mouvement des Droits civiques, mais un homme d’Etat potentiel qui aurait pu devenir président des Etats-Unis. Peu de gens savent aussi que sa culture était immense – et pas seulement théologique : il possédait une culture classique phénoménale. Enfin cet homme de paix voulait en finir avec la guerre du Vietnam : c’est probablement, malgré tout, la raison de son assassinat.

Exercices de « stiche » (4)

Encore une fois, un « chapeau » un peu long imposé par l’actualité :

Une jeune fille de douze ans violée, parce que juive, par d’autres adolescents du même âge, chauffés à blanc par la propagande LFiste et celle de « comités » comme Urgence Palestine… Serge Klarsfeld déclare qu’en cas de duel entre La France Insoumise et le Rassemblement National, il soutiendra et votera, sans « hésitation », le candidat RN (extrême-droite) : « Aujourd’hui, le Rassemblement national soutient les juifs, soutient l’État d’Israël et il est tout à fait normal, vu l’activité que j’ai eue ces 60 dernières années, qu’entre un parti antisémite et un parti pro-juifs, je vote pour un parti pro-juifs ». Attention : si le RN est officiellement antisémite, il n’est pas sûr que certains responsables de ce parti (je ne parle même pas des militants) le soient… En tous cas, la prise de position de Klarsfeld en dit long sur l’islamo-gauchisme, et je crois malheureusement et sincèrement que cela va être open bar pour les antisémites si LFI devient majoritaire.

Alors, le 7 juillet, au deuxième tour, que faire, comme disait Lénine ? La peste ultra-libérale ReNaissance, ou le choléra d’un Mélenchon qui n’a pas hésité à refuser l’investiture à trois dirigeants trop opposés au wokisme et à l’antisémitisme ? Mais que fait Ruffin dans cette galère ? Sans compter que, dans cette appellation frelatée de « Front Populaire », on compte François Hollande (!) et le bobo mondain Glucksmann… Ayons quand même en tête que tout ce qu’on peut désigner par « riches », « élites » ou « oligarchie » votent toujours et ne s’abstiennent jamais…

On n’a rien attendu non plus du dernier G7 – comme d’habitude. Le communiqué final exige que la Russie indemnise l’Ukraine pour les dommages qu’elle lui a causés (> 486 milliards de dollars). Si ce principe était appliqué aux Etats-Unis et aux pays européens pour les dommages de guerre qu’ils ont causés, on imagine les sommes qui seraient en jeu ! Autre perle du communiqué final : le FIMI (sigle anglo-saxon pour Manipulation de l’information et ingérence étrangères), volonté de contrôler l’opinion publique, afin de faire taire toute opinion dissidente, notamment en période électorale – le tout, bien entendu, au nom de la défense des « valeurs démocratiques ». Et puisqu’on parle d’Ukraine, aucune des trois formations en lice pour le second tour n’appelle à des négociations de paix ! En échange d’un accord avec le néo-conservateur Glucksmann pour créer le (faux) Front populaire, LFI a abandonné sa demande de négociations et a dû accepter l’engagement en faveur d’un « soutien indéfectible à la résistance ukrainienne ».

ASSANGE LIBÉRÉ ! La presse en a moins parlé que de la mort de Navalny…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Avec le souci d'ordre et de propreté qui la caractérise en tout, elle vida son réfrigérateur et fit cadeau de ses restes à sa concierge : un demi-quart de beurre, une livre de haricots verts frais, deux citrons, un demi-pot de confiture de groseilles, un fond de crème fraîche, quelques cerises, un peu de lait, quelques bribes de fromage, diverses fines herbes et trois yaourts au goût bulgare."

Plus jeune, « j’avais du mal », comme on dit aujourd’hui quand on ne sait pas s’exprimer, avec Charles Trenet* qui pour moi était un vieux monsieur compassé et suranné. Le genre de la vieille ***** (oups !) qui vous reçoit en robe de chambre vers quatre heures de l’après-midi autour d’un porto. Mais en réalité, Trenet est resté jeune toute sa vie (cheveux teints, canotier comme Maurice Chevalier, oeil qui pétille), à la différence de Brassens qui a toujours été vieux (pipe, moustache, air souffreteux)…

*On écrit Trenet sans accent, tout comme Clemenceau, Saint-Exupery, Perec (Georges, pas Marie-Josée), Alexis Leger (dit Saint-John Perse), Saint-Remi (patron de Reims), Saint-Valery-sur-Somme ou Saint-Valery-en-Caux.

Eclatex vs. Flippax !

J’ai finalement fini par aimer Trenet, car j’ai découvert ce qu’était le swing en écoutant les orchestres de Ray Ventura ou de Jacques Hélian. Puis j’ai entendu ce même swing, ralenti et chanté par Trenet, qui donnait une sorte de nostalgie, nostalgie agréable, s’il en est.

Du coup, j’ai envie d’appeler ce poète « Charles traînait ».

Je ne dirais pas que son écriture est facile, mais on la reconnaît souvent : il y a une « patte » Trenet. Et on oublie souvent qu’il était également compositeur.

Charles Trenet (paroles et musique), Ménilmontant, 1938.

Dans le pastiche* qui suit, le personnage principal est l’autobus, témoin, malgré un narrateur (« je »), de la scène de l’altercation et, « deux heures plus tard », de celle du bouton. A ce sujet, le refrain se rapporte à l’homme une première fois, puis à l’autobus la fois suivante. D’ailleurs, ce « vieil autobus S » n’est-il pas Trenet lui-même ? Comme le poète, l’autobus doit traîner (encore) tout un tas de souvenirs : en 1942, lors de la rédaction d’Exercices de style**, circulaient, reconvertis au gazogène, des bus qui avaient directement succédé aux chevaux, avaient connu les Années folles et n’étaient plus tout jeunes…

*Rappel : de Récit in Exercices de style de Raymond Queneau (Gallimard).

**Paru en 1947.

Renault TN4 F de 1935, avec sa plate-forme arrière.

J’ai utilisé dans le refrain l’expression : « il était bien trop pomme ». Il y a parfois des gens (plutôt des femmes) s’exprimant ainsi, et j’ai pensé que cette fantaisie correspondait bien à la délicatesse et la poésie de notre troubadour :

Le vieil autobus S,
Tout près du parc Monceau,
Flanaît avec paresse
Tout en fendant les flots.

Sur la plate-forme arrière,
Je vis un vieux zazou
Si extraordinaire
Avec son feutre mou.



[Refrain]
Il parlait à un homme
Lui marchant sur les pieds,
Mais il était trop pomme
Pour devoir insister.



Je l'revis bien plus tard
En grande conversation
D'vant la gare Saint-Lazare
Avec un compagnon

Qui lui dit pour sa part
De remonter l'bouton
De son pardessus noir
Et pas d'son pantalon.

Le vieil autobus S,
Tout près du parc Monceau,
Flânait avec paresse
Tout en fendant les flots.



[Refrain]
Il roulait trop bonhomme
Et semblait musarder,
Mais il était trop pomme
Pour devoir s'arrêter.



Le vieil autobus S,
Tout près du parc Monceau,
Flânait avec tendresse
Tout en fendant les flots.

C’était la rubrique Pascal Sevran…

Rapt à la RATP

Palais-Royal, Saint-Paul, Nation, Victor Hugo, Stalingrad, Avron, Wagram, Simplon, Vavin, Raspail, Barbara, Bobigny – Pablo-Picasso, Ourcq, Campo-Formio, Passy, Corvisart, Picpus, Louis Blanc, Sully-Morland, Tolbiac, Bolivar, Botzaris, Balard, Boucicaut, La Tour-Maubourg, Billancourt, Jasmin, Saint-Augustin, Duroc, Mabillon, Cluny, Goncourt, Jourdain, Marx Dormoy, Lamarck-Caulaincourt, Vaugirard, Garibaldi.

Plus tard : Thiais-Orly (M 14), La Dhuys (M 11), Noisy-Champs (M 11).

Ouf !

Laisser un commentaire

C’est le cas de le dire !

« J’ai deux avocats, disait Mitterrand, Badinter pour le droit et Roland Dumas pour le tordu ». C’est tout à fait çà : Dumas, le cynique aux basses œuvres*, et Badinter, homme de convictions. Je trouve légitime que ce dernier finisse au Panthéon, à la différence de Simone Veil, qui, malgré son vécu et son courage, ne sera pas entrée dans l’Histoire. Jacques Vergès fut aussi homme de convictions, mais si Badinter aurait pu être l’avocat de terroristes, il n’en aurait jamais soutenu personnellement ni idéologiquement.

*Et même après Mitterrand : Dumas au Conseil constitutionnel fit tout pour invalider les maigres comptes de campagne du « bleu » Jacques Cheminade, mais valida celles, « irréprochables », de Balladur et de Chirac…

Le pétard mouillé du mouvement des agriculteurs : aussi bien eux que le pouvoir proposaient un programme, une « liste de courses », mais pas de projet… Résultat : les vrais gagnants, c’est encore une fois la FNSEA, ce vivier… de ministres de l’Agriculture. Faut-il rappeler que ce « syndicat » fut fondé en 1946 par d’anciens membres de la Corporation paysanne, le syndicat agricole officiel du régime de Vichy ?

Depuis l’Ukraine où il était né, l’écrivain yiddish Cholem Aleikhem (1859-1916) regardait la France de l’affaire Dreyfus comme étant ce pays extraordinaire où un Juif peut être capitaine et avoir seulement la moitié des gens contre lui…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Olivia devint alors l'étoile d'une série touristique dans laquelle elle était la jeune américaine de bonne famille, pleine de bonne volonté, allant faire du ski nautique aux Everglades, se bronzant au Bahamas, aux Caraïbes ou aux Canaries, se déchaînant au Carnaval de Rio, acclamant les toreros à Barcelone, se cultivant à l'Escorial, se recueillant au Vatican, sablant le champagne au Moulin Rouge, buvant de la bière à l'Oktoberfest de Munich, etc., etc., etc."

Il y a de ces coïncidences : j’ai connu une Claude Albert qui habitait rue Paul-Albert. J’ai aussi connu un Emile Desmas habitant rue Emile-Desmas. La rue honore son père, au prénom identique, fusillé par les Allemands en août 44.

Mais il y a mieux ! Quand Thierry Le Luron a commencé à se faire connaître, je me souviens mes parents dire : « C’est pas possible, c’est un pseudonyme… » Eh bien non : c’était son vrai nom ! Un fantaisiste s’appelait vraiment LE LURON.

Cette situation porte un nom. Un patronyme en lien avec la profession de son récipiendaire (récipient d’air ?) s’appelle un aptonyme.

Puisqu’on évoque les artistes, parlons de Blandine BELLAVOIR, la comédienne qui jouait Avril dans Les petits meurtres d’Agatha Christie. Si elle s’était appelée Mochavoir, çà ne l’aurait pas fait, comme on dit…. Et le dernier film réalisé par Pierre Richard, DROIT DANS LE MUR, fut… un bide. De toute façon, le cinéma fut inventé par les frères LUMIÈRE. Bertrand CANTAT, lui, chantait, bien entendu. Vous chantiez, eh bien tuez maintenant… S’il avait dansé, il aurait pu s’appeler Marius PETIPA ou bien Benjamin MILLEPIED ! Autre chanteur, Arthur H en a (comme Cantat) consommé beaucoup… Chez les peintres : j’ai longtemps cru que le peintre Giovanni-Antonio CANALETTO portait un pseudonyme en lien avec Venise et ses canaux, mais il était en fait le dernier rejeton de la famille Canal1 ! Et le tchèque Bohumil KUBISTA (1884-1918) fut l’un des tout premiers cubistes ! Quant aux éditions GALLIMARD2 (fondées par Gaston GALLIMARD), elles portent bien leur nom : un gallimard, c’est un encrier.

1 Source : Cà m’intéresse, septembre 2023.

2 Une division de ce groupe éditorial s’appelle Madrigall, anagramme de Gallimard. Génial !

Coup double !

Les sportifs et assimilés ne sont pas en reste. Au choix : Dimitri CHAMPION (cyclisme) ou bien Thierry CHAMPION (tennis). Laurence ÉPÉE fut championne d’escrime et Michael GÉLABALE, joueur de basket3. Roger FRISON-ROCHE fut un écrivain et guide de haute montagne. Caroline AIGLE fut la première femme pilote de chasse.

3 Les puristes diront qu’on peut dire « balle » pour le foot et le hand, mais qu’on dit « ballon » pour le basket…

Incroyable mais vrai ! L’explorateur Amédée-François FRÉZIER (1682-1773) fut celui qui apporta du Chili nos fraises4. Le nom de Frézier est par une coïncidence extraordinaire une déformation du mot « fraise »5 : Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles le Simple à la fin d’un banquet à Anvers en 916 ; le roi le remercia en l’anoblissant et lui donnant le nom de Fraise, qui se déforma en Frazer après émigration de la famille en Angleterre, puis en Frézier, après son retour en Savoie pour faire souche6. La boucle était bouclée ! Une anecdote analogue court autour d’un autre explorateur, Pierre Poivre (1719-1786), mais celui-ci n’acclimata que la muscade et le girofle…

4 Jusqu’alors, on ne connaissait en Europe de fraises que celles dites des bois.

5 Mais « fraise » vient de *fragasia, déformation du latin fragaria, et non pas de Frézier !

6 Source : Wikipedia.

L’agriculture est un beau sujet d’aptonymes, puisque Jean-Michel MÉTAYER fut dirigeant de la FNSEA, et Edith CRESSON ministre de l’Agriculture. Leur adversaire, Dominique BELLEPOMME, fut expert en pesticides. Marc DUFUMIER, lui, est agronome et enseignant à AgroParisTech. Quant à (Cantat ?) Roger DES PRÉS, ex-chanteur d’un groupe de rock, vient d’installer une… ferme (sous l’Arche de la Défense, toutefois…).

Un autre syndicaliste, Jean-Paul MÉGRET, est secrétaire général du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP) !

L’ingénieur et physicien Augustin Fresnel mit au point pour le phare de Cordouan une lentille en verre à échelons qui réfracte la lumière. Il en confia la fabrication à un opticien du nom de François SOLEIL (1775-1846)7 ! Plus tard, on eut le Dr Alain TARDIF, spécialiste de la chronobiologie, Didier NOURRISSON, spécialiste des comportements alimentaires (et non pas des bébés) et Jean-Louis CHEMINÉE (1937-2003), vulcanologue.

7 Source : Mémoires d’Avenir n° 52, octobre 2023.

A la fin du 19ème siècle, l’abbé LAGLAYSE formera et encadrera Pierre-Joseph Granereau, fils de paysans, comme ce dernier disait lui-même « au milieu de cette terre qui colle aux pieds » ! Laglayse s’associera au mouvement du Sillon de Marc Sangnier, et son disciple Granereau fondera celui des Maisons familiales Rurales8.

8 Source : La désintégration contrôlée de l’Education, Solidarité & progrès, 2023.

Le groupe FORMERET, « acteur majeur de la location de salles à Paris depuis 1984 », loue la plupart du temps ses salles pour des formations.

Quoi d’autre au menu (à part des fraises) ? Une entreprise de pompes funèbres d’Angers s’appelle TOMBINI, une autre, sise à Paris près du Père-Lachaise, s’appelle LECREUX. Les obsèques auraient-elles été célébrées par l’abbé, écrivain et psychanalyste Marc ORAISON (1914-1979), par Mgr MARIE-SAINTE (1928-2017), archevêque de Fort-de-France ou bien par Mgr AUMONIER, évêque auxiliaire à Paris ?

Jean-René FOURTOU a pris en 2002 la tête de Vivendi, entreprise fourre-tout s’il en est… Jacques GÉNÉREUX est économiste, président de l’Association internationale pour l’économie humaine. Jean MONNET, lui, était (malheureusement) monétariste… Michel DROIT a été journaliste et écrivain de droite, Marcel GAUCHET est un essayiste et sociologue de gauche.

Nous avons cité une ministre, mais ces derniers sont des grands fournisseurs d’aptonymes. Jacques DELORS9 pour les Finances, Claude ÉVIN initiateur d’une loi sur l’alcool, Elisabeth BORNE pour les Transports, Louis LE PENSEC pour la Mer… Pour les autres politiciens, Benoît APPARU, Jean-Vincent PLACÉ, Guillaume LARRIVÉ sont dans le tiercé des notables. Quant à Marion MARÉCHAL, là voilà ! Et qui se souvient du président du Parti de la Loi naturelle (prônant entre autre la lévitation) ? Il s’appelait Benoît FRAPPÉ.

9 Delors en Barre ?

Parfois, le nom décrit une réalité contraire : on parle alors d’antaptonyme.

Qui n’a pas ri à l’évocation des chaudières FRISQUET ? Ou du sinapisme10 RIGOLLOT ? Car un sinapisme sur la peau, çà pique, çà chauffe et çà n’a rien de rigolo. Quant à la société ONET (services aux entreprises), elle ne l’est guère car elle a été condamnée pour pénibilité et harcèlement, « formations à la va-vite, cadences infernales, pénurie de matériels »…

10 Un sinapisme est un cataplasme à base de moutarde. J’explique pour les millenials : un cataplasme est une préparation de plante assez pâteuse pour être appliquée sur la peau dans un but thérapeutique.

Un trou noir,
c’est troublant.

Gilles Mahé

Connaissez-vous les Nouvelles Editions LATINES ? Elles ont leur siège à Paris 1 rue Palatine. Faudrait savoir ! De même, le musée du VIN, à Paris, se situe rue des Eaux, dans le 16ème arrondissement.

Un des grands géographes du 19ème siècle, auteur de la Nouvelle géographie universelle, s’appelait Elisée RECLUS ! Et de nos jours, Jean-Pierre LUMINET est un spécialiste des trous noirs. Quant à Cécile de FRANCE, c’est une comédienne belge !

Jean-Claude TRICHET, ex-gouverneur de la Banque de France porte bien son nom ! Sans oublier le judoka David DOUILLET ou Bérangère COUILLARD, ministre déléguée à l’égalité hommes/femmes.

Pour revenir aux aptonymes, rien ne vaut celui qui a le mieux incarné la France : Charles… DE GAULLE ! Là aussi, tout comme le jeune Daniel Cordier, beaucoup ont cru y voir un pseudonyme !

Laisser un commentaire

Anti-index (3)

Enfin, je me sens moins seul ! Dans 20 minutes du 15 décembre paraissait un papier intitulé : « Le goût du fromage, je ne peux pas », ce qui a été longtemps ma situation. « Une étude vient mettre des chiffres sur ce ressenti. Quelques 6% des personnes interrogées par des chercheurs du Centre de recherches en neurosciences de Lyon affirment avoir une aversion pour le fromage ». Il existe de surcroît les tyrophobes, ceux qui ont une peur bleue du fromage, notamment ceux avec du pourri*. Je ne voudrais pas me lancer dans des règlements de compte familiaux, mais dans mon entourage, j’ai longtemps subi une sorte de harcèlement idiot par rapport à mon « cas »… Et comme depuis, il m’arrive d’en manger certains, on me fait les gros yeux : « Mais je croyais que tu ne mangeais pas de fromage ? » Et merde ! Sans compter ceux qui me voient manger du fromage blanc : « Mais tu manges bien du fromage blanc ! » Comme si le fromage blanc, c’était du fromage… Pouvez pas comprendre ! Et allez vous faire voir.

*fromages bleus, eux aussi…

Macron craint un épisode Gilets jaunes bis ! C’est que les agriculteurs refusent à la fois l’Union européenne et la transition écologique, les effrontés ! Jusque là, aucun mot dans la presse française des manifestations de paysans, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Italie, qui durent depuis tout de même un an, déjà… Autre forme de censure en Allemagne : mettre le focus sur la montée de l’extrême droite plutôt que sur ces manifs. Alors les élections européennes approchent, et ordre est donné par Macron de faire de la câlinothérapie… Comme d’habitude, il dira « je vous ai compris ! », organisera un gadget (états généraux, livre blanc, participation citoyenne), et rien. Mais çà, c’était le monde d’avant… Et la Cgt Ratp a déposé un préavis de grève courant du 5 février au 9 septembre prochain. HA ! HA HA ! HA !

« Ouiiin !!! Ils ont cassé notre JOuet ! »

Discours de politique générale de Gabriel Attal absolument dégueulasse : attaque en règle contre les chômeurs, et en même temps « désmicardisation » qui consistera… à baisser les cotisations patronales sur les salaires supérieurs au Smic. Une fois de plus…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] ils montaient des drames historiques, des comédies de moeurs, des grands classiques, des comédies bourgeoises, des mélodrames modernes, des vaudevilles, des farces, des grand-guignolades, des adaptations hâtives de Sans famille, des Misérables ou de Pinocchio, où Fresnel faisait Jimini la Conscience avec un vieux frac peint censé représenter un corps de criquet et deux ressorts, terminés par des bouchons, collés sur son front pour figurer les antennes".

Le dessin de bannière ci-dessus évoque notre rubrique Anti-index, mais représente aussi la philosophie des Archives Nationales : les archives courantes, celles « des boîtes Lyreco® du local du dernier étage » (anglais file management) se transforment avec le temps en archives définitives, à savoir en documents patrimoniaux et historiques (anglais archives).

C’est le troisième opus de notre anti-index. De quoi s’agit-il ? Il s’agit de relever dans un ouvrage des mots ou expressions cocasses ou décalées. Un lecteur innocent qui consulterait cet index pour avoir une idée du livre serait emmené sur des voies de traverses et des chemins détournés, assez borderline, où il croiserait Freud, San-Antonio, Rabelais ou James Joyce…

Aujourd’hui, notre source est Odon Vallet, Petit lexique des idées fausses sur les religions, Albin Michel, 2002.

Vallet est, avec Frédéric Lenoir et Jean-François Colosimo, l’un des trois vulgarisateurs français des religions*. A la différence des deux autres, il manie beaucoup l’humour et reste humble. L’ouvrage cité montre bien l’aspect freudien des religions. J’oserais dire que cela permet de comprendre les fantasmes et frustrations des -au hasard- islamistes (virginité, aspiration au paradis, culte du martyr…).

*Vous les avez sûrement vu à Noël à la télévision dans des émissions genre C dans l’air à l’occasion de l’incontournable marronnier « Peut-on encore croire aujourd’hui à l’esprit de Noël ? » ou quelque chose de ce genre...

[Nota : certaines entrées sont entre guillemets, citations ou bien typographies volontaires de la part de l’auteur.]

Agir comme un Crétois (p. 205)

Ascenseur du sabbat (p.188)

Bonzesses (p. 36)

Bop-bop (p. 36)

Confrérie soufie des Kizil Bash ou Bonnets rouges (p. 8)

La plume est le dard
du dessinateur

Louis Pons

« Cuisine de brahmane » (p. 41)

« Dard » clitoridien (p. 74)

« Découvre tes cheveux, retrousse ta robe, dénude tes cuisses » (p. 235)

Démocratisation de la vie éternelle (p. 174)

« Désert de l’Amour » (p. 19)

Faut-il comparer Elvis à Jésus ? (p. 92)

Frictions du linga dans le yoni (p. 104)

Hiérodules non mariées (p. 235)

Imam caché (p. 53)

« Taqiyya » signifie « dissimulation »...

Impuissance grammaticale (p. 26)

Incrédule masqué (p. 33)

« Industrie de Sodome » (p. 19)

Jeter des Arabes dans la Seine (p. 26)

Juges ecclésiastiques au Moyen-âge excommuniant les charançons (p. 22)

Kimbanguistes (p. 223)

L’échelle de Jacob sert de marchepied (p. 186)

L’Evangile est un « livre où l’on mange tout le temps » (p. 18)

« L’union simultanée avec plusieurs femmes s’appelle l’union avec un troupeau de vaches » (p. 103)

La culpabilité est une notion singapourienne (p. 60)

La vache prit alors le chemin des sacristies (p. 225)

« Le brahmane instruit ne doit pas promener sa langue sur l’intimité de la femme » (p. 103)

Le champ des fantasmes et la sphère des orgasmes (p. 165)

Le schématisme des lieux communs n’a d’égal que le simplisme des paradoxes (p. 7)

Lecteur qui, au-dessus du précieux texte, agite un chasse-mouches (p. 111)

Les influences pernicieuses et les envies incontrôlables (p. 154)

Moine-amiral (p. 144)

On a même traduit le mot « religion » par « petit fichu » (p. 236)

On peut donc faire zazen dans les gratte-ciels de New-York (p. 242)

Pollution nocturne des moines (p. 199)

« Super-culte » (p. 120)

Surmoi angélique de Dieu (p. 233)

Syro-malabar (p. 142)

Un jeune reporter grec nommé Xénophon (p. 152)

Véhicule de Diamant (p. 63)

Laisser un commentaire

Métro loufoque – M 9

La guerre russo-ukrainienne ne marche pas ? Essayons un « Bataclan » palestinien en Israël, histoire de l’avoir enfin, notre guerre nucléaire, avec la collaboration d’idiots utiles que sont aussi bien le Hamas que le gouvernement réactionnaire de Netanyahou. Malheureusement, ce n’est pas une blague… Et les vieux démons trotkystes du NPA et de la Nupes sont toujours là : antisémitisme et promotion implicite de l’islamisme – qu’il ne faut pas stigmatiser, bien sûr (pas de vagues ?)… A propos de l’attentat d’Arras : encore quelque chose qu’on a pas vu venir, tout comme les autorités israéliennes n’ont rien vu non plus samedi 7 octobre – çà en dit long sur la débâcle des pays du bloc occidental ! Sarkozy a réduit les effectifs du Renseignement, et on va mettre en place Vigipirate renforcé, qui ne sert à rien ! Notre tueur coche toutes les cases : Tchétchène (encore), fiché S (encore), famille délinquante (encore). S’il avait été tué lors d’un délit de fuite de contrôle routier, il y aurait eu des rassemblements « Justice pour Mohamed », avec le soutien de « comités Adama »...

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] des milliers de petits jouets et accessoires scolaires données en prime à tout acheteur d'une boîte de Sherwoods' à certaines époques déterminées : plumiers, petits cahiers, jeux de cubes, petits puzzles, petits tamis pour pépites (réservés à la clientèle californienne), photos faussement dédicacées des grandes vedettes de music-hall."

La ligne 9 du métro parisien a rythmé toute mon enfance. J’avais déjà narré les péripéties du jeune marcjoly à Aubervilliers, aux prises avec le métro à la Porte de la Villette. Après Aubervilliers, nous avons habité Boulogne-Billancourt, puis Chaville. Pour « sortir » à Paris, il nous fallait donc nous rendre au Pont de Sèvres par un bus qui, à l’époque, ne sentait pas la rose : le 171, ligne qui existe toujours ! Puis commençait le long périple de la ligne 9.

L’impression qui m’est restée est celle d’un trajet qui n’en finissait pas… De facto, la ligne traverse tout le 16ème arrondissement avec des stations aux noms étranges : Ranelagh, Franklin D. Roosevelt (je prononçais « Droosevelt »), ou noms qui sonnent comme des gags : Jasmin (une fleur !), La Muette (taisez-vous !) et l’énigmatique Rue de la Pompe. Sans compter les jumeaux Michel-Ange – Auteuil et Michel-Ange – Molitor (que j’énonçais en trois fois : Michel prononcé comme le prénom, Ange, puis Molitor). Il y avait aussi les trois « -tin » : Saint-Augus, Havre-Caumar et Chaussée d’An. Eh oui, nous sommes comme çà, les ar/au-tistes. Pouvez pas comprendre ! Passons à notre Métro Loufoque :

[Rappel : suivant le principe des autres Métros loufoques, il s’agit de détourner le nom des stations, et d’écrire un petit texte à partir de ceux-ci. On peut aussi faire subir des contraintes au texte, ce que je faisais au début, mais ce n’est pas nécessaire.]

M 9 : PONT DES CHEVRES – MAIRIE DE MONTREUX

  • Pont-de-Sèvres > Pont des chèvres
  • Billancourt > Bille en tête
  • Marcel-Sembat > Marcel s’en bat les couilles
  • Porte de Saint-Cloud > Saint-Maclou
  • Exelmans > Excellent
  • Michel-Ange – Molitor : Mickey l’ange, mollit trop (Mickey l’ange est un roman de Geneviève Dormann – Albin Michel, 1995. Et à propos de métropolitain, Pétain mollit trop !)
  • Michel-Ange – Auteuil : Mickey, l’ange dans le fauteuil
  • Jasmin > Yasmine
  • Ranelagh > Raah, là, là ! [suggestion d’Etienne Ruhaud]
  • La Muette > L’amulette
  • Rue de la Pompe > Rude Lapon
  • Trocadéro > Tant qu’y a des ronds…
  • Iéna > Y’en a
  • Alma-Marceau > Sophie Marceau
  • Franklin D. Roosevelt > Benjamin Franklin
  • Saint-Philippe-du-Roule > Alors çà roule ?
  • Miromesnil > Giromagny (commune du Territoire de Belfort)
  • Saint-Augustin > Didier Gustin (imitateur des années 90)
Didier Gustin
  • Havre-Caumartin > Jacques Martin
  • Chaussée d’Antin – La Fayette > Yvan Dautin (comédien et chanteur des années 70)
  • Richelieu-Drouot > Jean-Claude Drouot (Comédien né en 1938. Il jouait dans Thierry-la-Fronde)
Je me souviens de Thierry la Fronde
  • Grands-Boulevards > Audrey Pulvar
  • Bonne-Nouvelle > Pas de nouvelles
  • Strasbourg – Saint-Denis > Gainsbourg ! Cinq demis !
  • République > Raie publique
  • Oberkampf > Mein Kampf
  • Saint-Ambroise > Framboise
Boby Lapointe, Avanie et framboise, dans le film de François Truffaut : Tirez sur le pianiste (1960), avec Aznavour dans le rôle du pianiste. Truffaut a créé un précédent en imposant le sous-titrage de la chanson, contre l’avis de la production !

  • Voltaire > Voltarène
  • Charonne > Charogne
  • Rue des Boulets > Rouler bourré
  • Nation > Incarnation
  • Buzenval > Buchenwald
  • Maraîchers > Marre, fait chier ! [suggestion d’Etienne Ruhaud, qui connaît bien le quartier]
  • Porte de Montreuil > Ce que je porte est monstrueux
  • Robespierre > Roger Pierre
  • Croix de Chavaux > Choix de travaux
  • Mairie de Montreuil > Rémi de Montreux

J’avoue que les deux stations avec Montreuil m’ont donné du fil à retordre… Il ne reste plus qu’à pondre un texte au forceps :

ECLATEX VS. FLIPPAX

Sur le pont des chèvres, la nature bille en tête, Marcel s’en bat les couilles des conneries parisiennes, Instagram, les paillettes…

Chez Saint-Maclou, sur l’excellent revêtement de sol, Mickey, l’ange, mollit trop. Puis Mickey, l’ange, dans le fauteuil, met Yasmine sur ses genoux. Raah, là, là ! 

En pleine toundra, Marcel ne veut pas rendre l’amulette au rude Lapon. Elle lui portera bonheur.

Pour Mickey, tout baigne. Tant qu’y a des ronds… Et y’en a ! Mais Yasmine ne lui suffit plus. Il lui faut Sophie Marceau.

En rase campagne, sur les traces de Humboldt, Marcel fait des expériences à la Benjamin Franklin, et s’éclate.

Mickey à Yasmine : « Alors, çà roule, ma poule ? » Né à Giromagny, parti de rien, Mickey l’imposteur ne voulait pas se contenter d’une carrière à la Didier Gustin, qu’il confondait avec Jacques Martin ou Yvan Dautin, bons pour les boomers !

Marcel, le « boomer », préférait le panache à la Jean-Claude Drouot à la frime de l’influenceur Mickey.

« Audrey Pulvar, pas de nouvelles… », soupire Mickey… « Putain, je vais me saoûler comme Gainsbourg : cinq demis ! Audrey, raie publique, oui !« 

« Que la nature est belle », se réjouit Marcel, « rien à voir avec Mein Kampf ! » Allons déguster une petite framboise…

Mickey a une grosseur à la cheville, qu’il masse avec du Voltarène®. « Ah, charogne ! » dit-il en contemplant ce cou-de-pied turgescent.

« Framboise, oui ! Mais, il ne faut pas rouler bourré !« 

« Ce monde pourri est l’incarnation de Buchenwald ! MARRE ! FAIT CHIER ! Ce que je porte est monstrueux !« 

« Mais mon bonhomme, fais comme moi : prends-la plume. Vois-tu, je m’appelais Roger Pierre. Après tout un choix de travaux d’écriture, je publie sous le nom de Rémi de Montreux !« 

« Tu fais chier avec ta nature, ta sagesse, ton calme et ta plume. Mets-toi là dans le cul ».

FIN

Mouais…

Laisser un commentaire

Premier prix de gratin !

Dans le numéro précédent, j’aurais pu ajouter ceci à propos de la Belgique : nous avons une Flandre, les Belges ont les Flandres. Par contre nous avons les Ardennes, ils ont l’Ardenne.

Au moment où je rédige cet article, l’évènement le plus important de la planète semble être la blessure d’Antoine Dupont. J’EN AI ABSOLUMENT RIEN A FOUTRE !

Si vous passez par Montpellier, allez voir l’exposition (jusqu’au 15 octobre au MO.CO) consacrée à Neo Rauch. Ce peintre allemand né en 196o nous décrit un monde imaginaire et onirique. Du Garouste avec un zeste de Plonck et Replonck. Cà me donne l’idée de faire un article du genre Eloge du figuratif (lequel reprend d’ailleurs du poil de la bête).

Neo Rauch, The Microscopic Giant.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[o]n pouvait y faire aussi bien du cheval que de la voile, du ski nautique, de la chasse sous marine, de la pêche au gros, des promenades à dos de chameau, des stages de poterie, de tissage ou de sparterie, de l'expression corporelle ou du training autogène."

Où l’on voit qu’il en est du training comme de la soudure…

Les branleurs qui frimaient avec leur HP 50 !

Autres sports : le thème et la version. Je parle là du grec et du latin, mais enseigner l’hébreu ou le sanskrit ne serait pas inintéressant non plus ! Pour moi, les langues, « mortes » ou « vivantes », ont plus d’intérêt que les mathématiques (matière morte, justement). Mais, conséquence de l’effondrement du niveau de l’Education nationale, on n’apprend (presque plus) les langues anciennes au lycée et plus du tout au collège. Apprendre les dérivées ou les intégrales en 1ère et terminale n’apporte rien pour le développement personnel. Qu’on enseigne çà uniquement à la fac pour ceux qui ont la fibre matheuse (les petits branleurs qui excellent en maths pour préparer une école de… commerce) !

D’ailleurs, entre nous, le grec ancien, langue musicale par excellence, est plus légitime que le latin, idiome « unifié » créé artificiellement pour des raisons administratives alors que les peuples italiques employaient à l’oral des dialectes divers… Au lycée, on apprend surtout le latin et accessoirement le grec : çà devrait être l’inverse.

Le latin, c’est du chinois !

Tiens, soyons fous : créons une nouvelle langue ancienne : pas le palatin* ni le fenugrec, mais le gratin, fusion du grec et du latin ! Ce serait, comme il se doit, une langue à « cas », c’est-à-dire à déclinaisons. Que ceux qui n’ont fait ni latin, ni grec, ni allemand, ni russe veulent bien m’excuser de ne pas comprendre de quoi je parle… Je sais bien que pour vous, le latin c’est du chinois (sauf pour les Chinois pour lesquels c’est de l’hébreu) !

*Les Editions Latines, à Paris, ont leur siège rue Palatine. Faudrait savoir !

La rose, Rose !, de la rose, à la rose, par la rose…

Nous pourrions décliner les mots à l’accusatoire pour les avocats sophistes, au(x) génitoire(s) pour les lupanars de Pompéi, au suppositoire (dans des lupanars plus spécialisés ?), au primitif pour s’adresser aux peuples barbares, au plumitif pour en foutre plein la vue quand on s’appelle Cicéron, à l’apéritif pour commencer les orgies, au vomitif (conséquence de ce qui précède), au laxatif (même remarque ?) et au supplétif pour les auxiliaires, non pas des verbes mais des armées romaines.

Ne mettez pas « votre poire » au génitif !

Nous pourrions également conjuguer à la forme poussive qui serait la preuve que le latin, c’est laborieux ! Il y aurait d’autre formes : l’improviste pour exprimer les actions soudaines et le sapin pour les actions… définitives. Ou le lapin, lupin, rupin, rapin, radin, gadin, gamin, aaaargh!!!!

Et comme la syntaxe française est issue de celle du latin, il existerait aussi une langue française parallèle avec les conjugaisons qui suivent : ainsi l’absent quand il n’y a pas de sujet, le passé décomposé pour les dépositions judiciaires à déclarations contradictoires et l’impatient pour les services de police. Et le moins-que-parfait, pour les crimes ratés ? Quant au passé compliqué, l’est-il plus que le passé simple (qui l’est déjà) ? Le conditionnel serait remplacé par le suppositoire déjà évoqué, mais le traditionnel, qu’est-ce ?

Enfin, je ne résiste pas à cette réplique de sketch des Frères Ennemis (mais qui pourrait être de Chevallier & Laspalès) :

« Dîtes-moi, est-ce que vous avez fait du latin ?

– Non, mais hier j’ai fait des crêpes. »

Laisser un commentaire

Honteux et confus…

Merci à Etienne Ruhaud [https://pagepaysage.wordpress.com] d’avoir évoqué la quadricentenaire de la naissance de Blaise Pascal. Voir également, sur France Mémoire, le site mémoriel du ministère de la Culture [https://www.france-memoire.fr/dossiers/naissance-de-blaise-pascal] : beaucoup de documents à lire, voir ou écouter, dont la lettre apostolique Sublimitas et miseria hominis du pape François à propos de Pascal. Sans compter, sur le même sujet, l’éditorial de Jacques Julliard dans Marianne du 22 juin. Pour une fois, Julliard écrit un papier sur autre chose que « la droite » et « la gauche » !

Prigogine : qu’en penser ? J’attends d’en savoir un peu plus. Est-il l’agent volontaire ou involontaire de l’Otan ?  A suivre…

L’autre jour, à la FNAC, je m’enquis (qu’est-ce qu’il parle bien, marcjoly) de chercher un DVD des Inconnus. Pas trouvé. En réalité le rayon humour était réduit à peau de chagrin (le chagrin étant l’équivalent poétique du zébi). Juste una testa di gondola, comme on dit à Venise, dont la moitié était constitué des insipides Florence Foresti et Gad Elmaleh. La FNAC regorge de films dits « d’action » (comprendre : de violence), mais d’humour, point. De Funès, Les Inconnus, Coluche : au poteau, ces horribles racistes et homophobes ! En ces temps d’inclusivité et de relativisme culturel, défense de rire ! Par contre, dans les séries, les jeux vidéo mais aussi dans la réalité : théâtres d’opérations manipulés par l’OTAN, hôpitaux et abords des collèges, contrôle de police, cités des banlieues, on peut au choix : bombarder, poignarder, tirer une balle dans la tête, tirer des coups de mortier, empêcher l’intervention des pompiers, incendier les poubelles, provoquer un suicide d’adolescent via Tik-Tok, etc. Triste époque !

J’avais promis que je présenterai « mes » textes au fur et à mesure, mais les pastiches, métros loufoques et exercices divers d’écriture ont pris le pas…

Celui-ci est vintage. Dans mon souvenir, il avait été composé quand j’étais petit. Soit, disons, selon mes propres critères, jusqu’à douze ans. Bon, mettons treize. Et là, le rouge m’est venu aux joues : j’ai gardé ce texte, écrit au verso d’un document datant du… 27 juin 1977.

J’avais bientôt seize ans !? Presque l’âge de Rimbaud…

Du coup il fallait que je transforme cette honte en fierté, comme un film navet qui devient culte, justement par sa qualité de navet.

Ni la BnF, ni les Archives Nationales (département des Archives privées) n’en ont voulu… Je me demande bien pourquoi !

Je me souviens l’avoir composé juste après la lecture de Michel Laclos, Jeux de lettres, jeux d’esprit, Jean-Claude Simoën, 1977. Un ouvrage, issu des Jeux de l’été du Figaro, un peu daté : palindromes, anagrammes, holorimes et tutti quanti plus ou moins oulipiens, le meilleur côtoyant le pire.

Suite à cette lecture, je décidai de m’adonner à quelques exercices et contraintes, et c’est ainsi que j’en suis venu à pondre, au forceps et en une après-midi, Le corps beau et l’heureux Nar (holorime de Le corbeau et le Renard). Tout le monde l’a fait, c’est la tarte à la crème des exercices de style, et je pense que le mien doit être le pire :

LE CORPS BEAU ET L'HEUREUX NAR

Mettre corps beau sur un art Breuperchay :
Tenez. Tend son bec, Infreau, mage.
Mettre heureux Nar : parle aux deux rats léchés,
Lui tinte à "peu près", seul engage.
Hé bon ! Jour ! Monsieur "duc Orbeau",
Queue, vous êtes jolie, Queue [sic] ! Vous me semblait [sic] beau !
Si, Parazar, votre plume, âge
Ressemble à votre rame, âge,
Vous êtes l'oeuf Hényx des hôtes de Céboix.
Assez, maux ! Le corps beau ne se sent pas de joie :
Il ouvre un Largebec et l'S tombait? Sape, roi !
L'heureux Nar sens ses I, elle lui dit :
Mon bon monsieur, âpre né, que tout flatte, heure.
Vitheau dépend de* celui qui les coûte.
Sept leçons vaut bien. Infreau, mage, s'en doute.
Le corps beau, tout  dès qu'on fit**, 
Jura. Mets un peu Tar, qu'on ne l'y prend Dréplud.

*Rayé par ma maman qui a remplacé par « Vite au dés, pende »

**Apparemment, j’avais confondu « honteux et confus » avec « tout déconfit »… Un acte manqué ?

Vous n’avez rien compris ? A cette fin, j’avais ajouté ce long codicille :

Explication [sic] :

Comment mettre un beau corps dans l'art Breuperchay (école picturale du XVIIIème siècle) : le mage Infreau est gourmand, et pour Nar le content hermaphrodite, le mage se faisant passer pour Nar, il parle très fort à deux souris propres, cela n'engage que lui : il lui dit qu'il a une belle queue. Il s'appelle Parazar une de ses plumes et compare la queue à une rame, et à Hénix, divinité céboisienne [sic] représentée par un oeuf. Le corps beau est tellement flatté qu'il ouvre une boîte de Largebec (fromage normand), et que l'S de "matières grasses" tombe. Le roi en saperait. Mais Nar sent les I de "matières" et lui dit que tout flatte le temps qui s'appelle Vitheau, et que la flatterie et chère. Vitheau est tombé sept fois dans le panneau. Infreau le sait. Pour prendre un certain Dréplud, il faut mettre Tar au lieu de corps beau.

C’est encore plus nébuleux ! Je précise que je ne consommais pas de substances illicites… Et j’aurai pu signer Laffont-Taine : on aurait eu l’éditeur et l’auteur en même temps !

Et si je faisais une holorime de l’explication elle-même ? « Comme en mètre, un bock horde en lard… » Mais non, Jean d’laf’, je blague…

On n’est pas sérieux quand on a seize ans.

Laisser un commentaire