Derrière le pseudonyme de marcjoly se glisse un idéaliste né en 1961, féru de langue française, de géographie et de science, oulipiste refoulé et pasticheur déconneur. Eternel étudiant, ce rêveur fit un peu de politique, puis chaussa les pantoufles du monde des musées et celui des archives.
Il s'est déjà fait connaître, sous le nom de Mr. Liste - www.http://mrliste.hautetfort.com .
[Photo : Albert Barzilaï]
Extrait de professions de foi des candidats pour l’élection législative du 12 juin dans la 16ème circonscription de Paris : « je m’engage à éradiquer le fléau du crack dans le 19ème« , « j’ai grandi à la porte des Lilas », « nous pouvons agir pour améliorer notre quotidien de la Porte de la Villette aux Buttes Chaumont » avec un encadré « Nos priorités pour le 19ème« … Or le mandat législatif n’est pas un mandat local, mais national, car le député représente la Nation dans son intégralité ! Confusion entretenue par la notion de circonscription qui n’existe que pour des raisons techniques : imaginez des professions de foi voire des bulletins avec une liste de 577 candidats au niveau national ! Par conséquent, les accusations de parachutage ne sont pas justifiées pour les législatives.
Ainsi, en ces temps troublés, un seul candidat dans cette « circo » à Paris, celui du Parti ouvrier indépendant démocratique, dénonçaitquelque chose relevant du domaine national, à savoir les Affaires étrangères : « l’intervention croissante de l’OTAN dans la guerre à l’est de l’Europe ».
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Nouvelle rubrique ! Paris en photos ! Il ne s’agira pas de photographier Paris d’un point de vue uniquement architectural, ni de retracer l’histoire des rues. Evidemment, on ne lève pas assez le nez et beaucoup de choses dans Paris nous échappent : des petites « pépites ». Par exemple, j’ai été stupéfait par le nombre de balcons fleuris en plein Paris !
L’ordre alphabétique nous impose de débuter par la rue de l’Abbaye, commençant (comme l’écrivent les index des plans de ville) rue de l’Echaudé, 18 et finissant rue Bonaparte, 37.
Cette rue est assez courte, mais l’Abbaye en question était celle de St-Germain-des-Prés, dont l’emprise était autrefois immense.
Nota : afin d’être plus libre, je n’ai pas cru utile ni opportun de replacer les photos dans l’ordre croissant des numéros de rue, ni dans l’ordre pair/impair.
La perspective de la Rue de l’Abbaye donne une fausse impression de cul-de-sac.
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En réalité, elle se rétrécit et se poursuit juste de la longueur de cet immeuble, dont l’enseigne du pas-de-porte nous rappelle que les merlans ont beaucoup d’imagination (Diminu’tif, etc).
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Et voici une autre enseigne, et sage conseil !
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C’est là, la télé ?
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Par contre, il y a un centre culturel du Crous, eh oui ! Et sur le trottoir d’en face, d’autres choses encore pour étudiants.
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Jouxtant le bâtiment de l’aumônerie, ce superbe bâtiment est un site de l’Institut Catholique de Paris.
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Ce qu’ils peuvent être véner, ces gens du 12ème, quand ils se garent dans le 6ème !
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La perspective inverse n’est pas géniale, avec derrière la Place St-Germain-des-Prés, cet horrible immeuble de la Faculté de Médecine.
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Petite fantaisie, que certains appelleront une crotte. Moi, j’adore l’unique fenêtre excentrée.
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Ces échelles de ramoneur m’ont toujours intrigué.
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Finissons en beauté avec l’église Saint-Germain-des-Prés et son Palais abbatial.
Elizabeth Borne Première Ministre !!! Là, il ne s’agit plus de provocation, ni d’une gifle, mais bien de ce que, dans la Maffia, on appelle un « avertissement »…Macron, après avoir effacé la présidentielle, enjambe maintenant les législatives.
Je suis EX-CE-DEE par tous ces Français irresponsables qui laissent filer la dette ! Je pense -mon cher- qu’une bonne correction ne leur ferait pas de mal !
De gauche (!) à droite : Elizabeth Borne et Christine Lagarde.
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Spécial Mars ? Mais nous sommes en Juin !
Mais il s’agit de la planète Mars, car l’exploration martienne est très prolifique en projets scientifiques et instruments embarqués (et débarqués) en tous genres, et les projets scientifiques sont très créatifs et prolifiques en matière de sigles !
Signalons en guise d’apéritif qu’Arianespace peut se lire en français Ariane Espace ou en anglais Ariane Space, que le rover (on doit dire en français « astromobile ») chinois Yutu (« Lapin de Jade ») peut se lire You too ou bien U2, et que les sondes chinoises Chang’e, du nom d’une déesse de la Lune, peuvent se lire Change, ce qui montre le caractère international de ce qu’il faudrait appeler (n’en déplaise aux Américains et maintenant à l’UE) la coopération spatiale. L’expulsion des Russes du projet ExoMars (entre autres) est un comportement infantile et inacceptable.
Chang’e, déesse chinoise de la Lune.
Revenons aux sigles, et commençons par le commencement avec tout simplement… MARS (MArs Radiation Science experiment).
Les prénoms féminins sont toujours à l’honneur pour nommer les projets. Ainsi, voici AMELIA (Atmospheric Mars Entry and Landing Investigation and Analysis), et LARA (LAnder RAdioscience).
Il s’agira de ne pas louper sa trajectoire avec CheMin [sic] (CHEmistry & MINeralogy – aucun rapport en fait avec un déplacement) et avec une idée contraire : STATIC (Supra Thermal And Thermal Ion Composition – même remarque).
N’oublions pas nos classiques grecs avec OMEGA (Observatoire Martien pour l’étude de l’Eau, les Glaces et de l’Activité). Puis vient THEMIS (THermal EMission Imaging Spectrometer). Cette dernière étant la déesse de la Justice, de la loi et de l’Equité, voici maintenant WISDOM, « sagesse » en anglais (Water Ice and Subsurface Deposit Observation on Mars).
Coucou, voici RAT (Rock Abrasion Tool, une meule à godets pour creuser des trous dans les roches – un rongeur, donc !), les jumeaux TWINS (Temperature and Winds for INSight) et un concept récurrent en science(-fiction) : BEAM, « rayon » en anglais, (Bigelow-Expendable Activity Module). Un programme de simulation de vie sur Mars, basé à Hawaii, s’appelle HawaIi Space Exploration Analog and Simulation, soit HI-SEAS, c’est-à-dire « Eaux profondes ». Et tous les jours c’est MARDI (MARs Descent Imager).
Il y a du fromage sur Mars !
Et j’ai lu, à propos de la mission ExoMars (ESA) de 2022, maintenant reportée, qu’il existe un instrument russe, un magnétomètre, nommé MAIGRET. Est-ce un sigle ? Ou bien ce dispositif a-t-il baptisé ainsi à cause de son flair ? Le site de l’ESA mentionne l’instrument mais n’en dit pas plus…
Pour résumer, tout cela fait rêver… avec DREAMS (Dust characterization, Risk assessment, and Environmental Analyzer on the Martian Surface).
[Principale source pour cet article : Objectif Mars, Hors-série Le Monde – La Vie, 2020. Paru simultanément en tant que « vrai » livre chez Glénat].
Evidemment, tous les projets scientifiques sont concernés, y compris ceux qui dépassent largement le système solaire. Ainsi TRAPPIST (TRAnsiting Planets and PlanetIsimals Small Telescope) est un instrument au service de SPECULOOS (Search for Planets EClipsing ULtra- cOOl Stars). Car SPECULOOS est un projet de l’université de Liège ! J’adore ! [A ce sujet, je vous recommande http://trappist.one (en anglais) sur ce projet génial qui a pour objet les exoplanètes, et où l’on parle d’harmonie des sphères !] Bon, ces sigles-là sont plutôt capillotractés, et versent dans l’à-peu-près …
Ce blog avait deux ans.Avecmarcjoly en piste, DéjàLe Champouin perçait sous Mr liste.
« Putain, deux ans »!
Vous l’aurez compris, cela fait deux ans que LeChampouin existe : çà s’arrose ! Et Macron : putain, encore cinq ans ! Cà ne s’arrose pas.
Je ne vais pas faire un bilan statistique détaillé, mais voici le nombre de vues du présent site (en rose) depuis juin 2020. Le pic de fréquentation a eu lieu pendant le confinement, et j’avais augmenté la périodicité. Des vues, certes mais avec peu d’internautes (en pourpre). Et voilà les détails :
… et nouveau record le 18 mai : 52 vues !
L’ami Ruhaud m’a reproché de mélanger humour, encyclopédie et polémique… J’assume, puisqu’il s’agit d’un blog amoureux (comme la collection des dictionnaires éponymes). J’ai choisi de classer mes rubriques en trois catégories (ce qui apparaît sous le titre à gauche) : « encyclopédie », « atelier d’écriture » et « polémique ».
Alors suivez-vous bien ce blog ? Et qu’en pensez-vous ? Voici pour vous ce petit test :
Le blog écrit par votre serviteur avant Le Champouin s’appelait…
Mr. Lost.
Mr Least.
Mr Liste.
Ce blog est en réalité…
Un ramassis potache de jeux de mots idiots, un Oulipo du pauvre.
Le sous-marin d’un mouvement souverainiste, voire populiste.
Un ovni bloguistique génial.
…Poil au dos !
Combien d’internautes consultent Le Champouin ?
Jeff Bezos et Mark Zuckerberg me l’on dit : c’est une clientèle intergalactique.
Trois : Mme Geypatout-Compry, Mr Rustaud et Mme Laplanche.
Heu, les graphiques ci-dessus, c’est cumulé ou non ?
Conséquence de la guerre en Ukraine : pénurie d’huile de tournesol, et donc de chips. Et les Russes coupent le gaz à la Pologne. Les Polonais pourront toujours utiliser du gaz de chips. Allez, les pisse-froid, on rit : c’est une blague…
Alors, j’ai pondu celui ci-dessous à partir de Thierry Paquot, Terre urbaine : cinq défis pour le devenir urbain de la planète, La Découverte, 2006. Excellent ouvrage au demeurant, d’un écologiste « philosophe de l’urbain » que certains veulent absolument qualifier de décroissant, ce qu’il n’est pas ! Lui est plutôt dans la mouvance slow-life, un mode de vie sans portable ni malbouffe. Je ferai peut-être un papier (comme dirait l’ami Ruhaud) sur ce sujet.
En tous cas, penser autrement la ville implique de penser autrement… tout court, et puis Paquot écorne au passage le jargon des écolo-technocrates déconstructionnistes enseignant dans les universités de Seattle ou de Berlin.
ANTI-INDEX
Banque de temps (p. 51)
Bêtement posée sur une butte-garage (p. 124)
« Bougisme » (p. 99)
Capitalisme « liquide » (p. 7)
Carcan lignagier (p. 177)
Club des faux héros, club du feu infernal (p. 152)
Clubisme spontané (p. 152)
Clubisme spontané.
« Commissions méchantes » (p. 157)
« Ecologie des langues » (p. 195)
« Elément morphotypologique générateur de l’établissement de la bioreligion » (p. 9)
Famille cognatique (p. 142)
Horde de chats faméliques en rivalité avec des chiens errants (p. 30)
Incrémentalisme spontané (p. 18)
Interférences d’un local et d’un global pluriels (p.17)
La langue est « l’habitat de l’être » (p. 196)
« Le transplanté transpire la série dont il est issu » (p. 23)
« Les jeunes d’aujourd’hui ont un moteur d’auto dans le ventre » (p. 96)
Littérature « grise » internationale (p. 97)
Littérature grise.
Mot passe-partout de l’onusien (p. 130)
Mythe de la petite maison dans la prairie (p. 127)
« On tondra les pelouses à Noël » (p. 103)
« Oreille/oreille où s’emboîtent les silences » (p. 178)
Paillasse à haute rentabilité (p. 48)
« Parlement des êtres vivants » (p.11)
Banksy, Devolved Parliament, 2009.
« Polistique » (p. 136)
« Poubellisation » (p. 57)
« Privance » (p. 74)
Promenadologie (p. 157)
Relier les toits des immeubles algérois par une autoroute (p. 96)
« Sentiment terrien » (p. 110)
« Stagériat » (p. 7)
Street politics (p. 153)
Suppression arbitraire de la sieste (p. 174)
« Tout communique » (p. 99)
Et vice-versa.
Un incitateur à urbanité, un démultiplicateur de civilité, un incubateur d’altérité (p. 193)
Un ou deux retraités lassés des programmes télévisés (p. 150)
« Urbanisation des mœurs » (p. 27)
« Urbanisme de prétoire » (p. 155)
Urbanisme spontané et sans urbanisme, mais pas sans urbanité (p. 50)
« Ville panique » (p. 17)
« Villes lentes » (p. 10)
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Villes grises internationales
Urbanisation de la sieste
Commissions des programmes télévisés
Oreille/oreille, mais pas sans urbanité
Horde de chats faméliques de prétoire
On tondra les pelouses par une autoroute
Les jeunes d’aujourd’hui en rivalité avec des chiens errants
Paillasse cognatique
Un ou deux retraités où s’emboîtent les silences
Gabin et Signoret dans Le Chat, Pierre Granier-Deferre, 1971 , d’après Simenon.
Je vous recommande l’interview de Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse qui a travaillé pour l’OTAN, publié le 15 mars sur le site suisse Zeitgeschehen in Focus. Il est intitulé : La politique des Etats-Unis a toujours été d’empêcher l’Allemagne et la Russie de coopérer plus étroitement. Vous pouvez trouver la traduction française sur https://solidariteetprogres.fr, le site du mouvement de Jacques Cheminade.
Au moment où Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour, il est temps de mettre les choses au point. Son discours tourne autour d’un sujet : l’immigration. Si on peut trouver légitime d’entrer en guerre contre la « racaille », contre les cultures non solubles dans la République ou contre le regroupement familial, le sujet n’est pas l’immigration en soi. D’ailleurs, ce n’est pas la priorité des « gens oubliés », pourtant en souffrance à cause des incivilités et de l’insécurité, et malgré la qualification des gilets jaunes « d’extrême-droite » par les médias. Le Pen n’est surtout qu’une souverainiste frelatée qui n’a pas les couilles de sortir de l’UE et de la BCE.
Alors, quand on parle des Arabes, dekoikonparle ?
Les Anglo-saxons distinguent arab (critère ethnique), arabian (critère géographique) et arabic (critère linguistique). Car dans les pays arabes, il n’y a pas que des Arabes ! Et l’arabe peut être parlé ailleurs que dans les pays arabes…
Au départ, les Arabes sont des sémites (çà y est, je viens de déclencher une guerre mondiale !) originaires de la péninsule dite arabique. Ils sont aujourd’hui également présents dans le reste du Moyen-Orient, au Machrek (Egypte, Soudan, Libye), au Maghreb et sur la côte est de l’Afrique (Somalie, Mozambique), soit « les pays arabes ».
« Qu’est-ce que c’est que ces Portugais qui viennent bouffer le pain de nos Arabes ? »
Coluche
Mais dans ces pays vivent aussi des non-Arabes : Kurdes (Syrie, Irak), Juifs (Palestine), ethnies africaines (Soudan, Mauritanie, Somalie) et Kabyles (Maghreb). C’est que la plupart de « nos » Arabes, comme dirait Coluche, sont en réalité des Kabyles !
Chrétiens syriens. Ce sont de vrais Arabes.
En dehors de toutes ces régions citées, si on ne parle pas arabe, on peut en utiliser l’alphabet ! Ainsi les Iraniens (le farsi), les Pakistanais (l’ourdou) [cf. Dekoikonparle ? (2)] et les Afghans (afghani, pachto, baloutche). Le président turc Erdogan voudrait bien « détricoter » l’héritage kémaliste en rétablissant l’alphabet arabe.
Mais voilà que çà se corse (il y a toujours un moment où çà se corse dans un Dekoikonparle) [faire un Dekoikonparle sur la Corse]. Car on a tendance à confondre arabe et musulman.
Ainsi, le pays musulman le plus peuplé est… l’Indonésie, peuplé de Malais et de Chinois. Sont aussi musulmans : le Pakistan, peuplé d’Indiens et de Baloutches ; l’Inde (20% de musulmans indiens) ; la Turquie (Turcs) ; le Nigéria (50% de musulmans Yorubas ou Igbos) et bon nombre de pays d’Afrique dite subsaharienne ; les pays en -stan (Kirghizes, Turkmènes, Tadjiks…), sans compter l’Albanie ou la Bosnie-Herzégovine…
Indonésiens. Des Arabes, vraiment ? D’ailleurs, ce monsieur a un faux air d’Obama…
Alors, retrouvons Coluche : « Ouais…, les Arabes…, tout çà… » Et comme le dit un occupant « arabe » de mon immeuble, peuplé en majorité de Cambodgiens : « Ouais… , les Chinois… , tout çà… ».
Vous vous êtes tous jetés dans la gueule du loup : 22 vues pour la rubrique renversante du 1er avril !Un record !
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« Pas la peine de tout rejeter en bloc. Une personne n’est pas un pays. Un président n’est pas une nation à lui tout seul. Une culture est toujours plus grande que le peuple dont elle jaillit, mais sans ce peuple elle n’existerait pas. Alors un peu de nuance ô monde », écrit à juste titre l’autrice du Blogue du vestiaire, ma lectrice « Mme Laplanche » (leblogueduvestiaire.blogspot.com). D’avoir ostracisé les artistes classiques Valerii Guerguiev ou Anna Netrebko est un scandale ! De mettre en veille le programme ExoMars, à cause de la participation des Russes en est un autre. Et puis on a en effet oublié que de grands esprits russes comme Gogol ou Prokofiev étaient ukrainiens. Car il n’y a pas d’Ukrainiens ni de Russes « de souche », mais un peuple souvent « mixte ».
Un dessin dans Marianne : un père de famille bobo qui dit « je vais voir dans le grenier si on n’a pas des trucs russes à boycotter ». Bien vu !
Le ton désagréable de nos échanges avec Moscou est loin des amabilités que nous réservons à nos amis démocrates du Qatar ou de l’Arabie saoudite…
J’ai entendu à la radio l’expression « les Alliés » pour désigner « le bloc occidental ». La France n’a pas déclaré la guerre à la Russie, que je sache.
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Pour nous changer les idées, connaissez-vous ce jeu qui consiste à substituer, dans toutes les expressions contenant « coeur », le mot « cul » ? Fou-rires et bonne humeur assurés ! Vraiment, si nous n’avez pas le moral, je vous le recommande ! J’y reviendrai peut-être…
Autre exercice : prendre n’importe quel texte, et finir chaque phrase alternativement par « par devant » et « par derrière ». Succès garanti !
Le tourisme de masse, c’est quand les gens sucent des glaces dans la Galerie du même nom !
Mais voici un autre exercice plus subtil, mais pas forcément hilarant : mon lieu de travail est proche du musée des Arts décoratifs, dont la façade (une partie du Palais du Louvre) en rénovation est recouverte d’une gigantesque bâche à la gloire de la marque Dior, une de ces bâches dont les marques suent la vulgarité et l’obscénité d’une culture bling-bling servant de modèle à une génération mondialisée dont les touristes du Louvre et des Champs-Elysées sont les représentants. Il y a pire que Dior : Zalando, sur le chantier du Théâtre de la Ville, exhibait il y a peu en format XXL le sporstwear de style racaille, avec tronches idoines.
Mes collègues féminines semblant malheureusement n’y voir que du second degré, j’ai voulu porter la chose au niveau quelque peu métaphysique (?) :
Dieu
Dior*
A la grâce de Dior
*Dior émeut (Nietzsche)
*Dieu aime or (Christian Dieu)
Dieu dit : « or ! »
Dior dit : « heu… »
Dior seul le sait
Dis : « hors Dieu ! »
Dis heu… « DIOR ! »
Dior soit loué !
J’aime Dior partout : sous tous les ciors, dans tous les liors, et même au pior !
Dans l’article précédent, la personne qui interroge de Gaulle sur l’illustration de bannière, n’est pas Robert Badinter, comme certains l’ont cru, mais le journaliste Michel Droit.
Dans la série Mauvaises « translations », j’aurais pu ajouter une entrée « acronymes ». En français un acronyme est syllabique (Medef, Unesco), alors qu’un sigle s’épelle lettre par lettre (« èratépé », « ertéel »). Acronym, en américain signifie « sigle » de manière générique. Acronyme, çà fait américain, moderne, libéral… « Sigle », çà fait ringard, monde d’avant, gaullo-communiste, quand on mettait des points entre chaque lettre : C.E.A., S.N.C.F., C.G.T., U.R.S.S. Alors dans le monde d’aujourd’hui, on dit : acronyme…
On en a vu passer des sigles socio-économico-statistiques du genre : le BOF, la PIPE, le CRADOC. Heu pardon : le CEVIPOF, le BIPE, le CREDOC ! On n’a jamais su ce que c’était… Les sigles administratifs ne font pas rêver non plus, mais la DIRECCTE (DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) est bien trouvée. Quant au plan ORSEC (Organisation de la Réponse de la SEcurité Civile), il ne concerne pas seulement les inondations, malgré son nom !
Comme on vient de le voir, il y a quand même certains sigles intéressants, et c’est là où je veux en venir aujourd’hui.
Ne vous trompez pas de Raid !
Par exemple : le GRIMP. Il s’agit du GRoupe d’Intervention en Milieu Périlleux [des Pompiers de Paris], qui effectue des secours en paroi, secours en puits… Pas mal, non ? Dans le même ordre d’idées : le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion).
Les partis politiques, syndicats et assimilés ont été de grands pourvoyeurs de sigles et acronymes. Le MODEM (MOuvement DEMocrate), voiture-balai de politiciens tocards, a emprunté à l’informatique grâce au modulateur-démodulateur, pas plus loufoque que le MOU (Mouvement Ondulatoire Unifié) cher à Pierre Dac. Dans SUD (Solidaires, Unitaires, Démocratiques), l’acronyme, par sa fraîcheur, apporte plus de sens que sa signification bateau. Quant au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), si je n’aime pas du tout ce mouvement communautariste, le sigle est, lui, très bien trouvé. Dans la même idéologie, il manque une lettre pour échapper au PIR, à savoir le Parti des Indigènes de la République. Il y eut d’autre part il y a plus de trente ans le POE (Parti Ouvrier Européen). On pense tout de suite au grand Edgar, qui aurait pu donner son nom à la… poésie ! Le POE ayant existé aussi en Italie, la blague a été faite par Andrea Camilleri dans une de ses enquêtes du commissaire Montalbano ! Enfin, relevé dans Marianne n° 1300 du 10 février : les Juifs reniant les valeurs de leur culture jusqu’à tendre vers l’extrême-droite (Monsieur Z., mais lequel des deux ?) ont été surnommés par leur coreligionnaires les PIAF (patriotes israélites antisémites français)…
Tiens, encore l’Italie ! La culture n’est pas en reste avec deux musées à Rome (je le fais en français, mais cela revient au même) : le MAXXI (Musée d’Art du XXIème siècle) et le MACRO (Musée d’Art Contemporain de ROme). C’est mieux que le FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain), la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain), la FNAC (Fédération Nationale d’Achat des Cadres : au départ, il s’agissait d’une entité fournissant aux cadres des bons de réduction sur des produits culturels), le froc, le fric… Et pour faire plaisir à Fleur Pellerin, qui fut ministre des Contenus, pardon, de la Culture et de la Communication : le PAF, Paysage Audiovisuel Français (Police de l’Air et des Frontières, ou Participation Aux Frais ?). Pour l’anecdote, AGLAE est l’Accélérateur Grand Louvre d’Analyse Elémentaire, un équipement utile à la restauration et l’expertise des oeuvres.
Et le SPQR, Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale ! Je trouve çà génial ! D’ailleurs dans je ne sais plus quel Astérix, un légionnaire au nez rouge brandit plutôt une enseigne VDQS (vin délimité de qualité supérieure)… A propos de nourritures terrestres, l’Association pour la Gestion des Restaurants des Administrations Financières est l’AGRAF !
René Waldmann, Les Charmes de Maggaly, Editions Lyonnaises d’art et d’histoire, 1993.
Les transports ne sont pas en reste : METro Est-Ouest Rapide, nom de projet de la ligne 14 à Paris devient METEOR, et Métro Automatique à Grand Gabarit de l’Agglomération LYonnaise, celui de la ligne D, fait MAGGALY. Il y eut également un éphémère TRansports Urbains de Fort-de-France, soit TRUFF. Enfin, il existe la FNAUT (Fédération NAtionale des Usagers des Transports) : ses membres – des voyageurs, donc – sont-ils des fnautes ? Cela rappelle les « transports poétiques » chers à l’architecte Roland Castro.
Les INSPé ne sont pas les Inspecteurs d’Académie (« 22, v’là l’inspé ! »), mais les Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Education, qui ont succédé aux Ecoles Normales, puis aux IUFM. Le MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) fait référence à l’anthropo-sociologue Marcel Mauss. Quant au RUCHE, c’est le Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale, ce qui tombe un peu à plat car ce genre de réseau, ce serait plutôt une ruche, qui de surcroît à un rapport avec l’environnement.
La vie administrativo-technocratico-managériale est une mine de sigles ou d’acronymes divers. Pour mémoire : ESTÉVE (Évolution du Système de Traitement de l’ÉValuation dématérialiséE), et RENOIRH (RENOuveau Interministériel de gestion des Ressources Humaines). Il n’y a pas de renouveau interministériel « tout court » : ç’aurait été le Renoi !
Et puis il y a les comportements : le LULU (Locally Unwanted Land Use) – usage indésirable d’un terrain local ; et BANANA (Building Absolutely Nothing Anywhere Near Anyone) – ne rien construire quelque part à proximité de quiconque [Julien Damon, Thierry Paquot, Les 100 mots de la Ville, PUF-Que-sais-je, 2014].
Encore raté !
Parfois, l’idée du sigle est carrément ratée. Prenons le cas de la Force de maintien de la paix (!) Licorne. Comme en anglais « licorne » se dit unicorn, on pourrait penser qu’il s’agissait de United Nations Ivory Coast quelque chose… Eh bien non. En anglais, c’est l’UNOCI : United Nations Operations in Côte d’Ivoire [sic]. Dommage !
Et gare aux faux-amis. En anglais, l’Organization of American States (Organisation des Etats Américains – OEA), donne… l’OAS ! Et la Tennessee Valley Authority, créée par Roosevelt, et qu’on pourrait traduire par un gaullien «Office d’aménagement de la vallée du Tennessee», donne en anglais… notre TVA !
Un conseil, déjà donné par marcjoly dans une publication antérieure : ne marchez jamais dans la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement). Pourtant on dit que çà porte bonheur !
De nouveaux lecteurs, assidus je l’espère, de ce blog : les amis Denis Veysset et Yannick Baudry ! A eux d’abreuver ce site de commentaires, histoire que ce ne soit pas toujours la Pacompry, la Laplanche et le Ruhaud…
Nous sommes intimidés et émus : Le Champouin est heureux d’avoir obtenu un entretien avec le général de Gaulle, à l’occasion d’une visite outre-tombe de ce dernier. Le général, avec ses qualités et ses défauts, nous a quelque peu malmenés. Nous reproduisons ici l’intégralité de cette rencontre.
LE CHAMPOUIN [Emus et hésitants] :Mon général, c’est un honneur de nous recevoir. Après cinquante-deux ans d’absence, que pensez-vous de la politique française ?
CHARLES DE GAULLE : Vous ne me demandez même pas ce que je pense du Monde ! Les vieux démons des puissances d’argent ont encore plus de démangeaisons, et les Américains continuent de pousser au crime. Nous sommes à nouveau en plein tumulte des années trente ! Nous avons cédé aux puissances étrangères : c’est la démission du diplomate, et la trahison du militaire. J’avais eu raison de me méfier de l’OTAN. Tout ça pour ça ! [Un temps] J’ai une pensée pour cet Est, mais aussi pour cet Orient qui ne s’est pas simplifié, bien au contraire.
LC : Et les politiques français ?
Ch de G : Franchement, c’est pire que sous la IVe, et je ne vous parle même pas de la IIIe ! Il faut à nouveau donner un coup de pied dans les partis. [clin d’oeil…] Quant aux Français, ils sont naturellement retournés à leurs petites préoccupations, à la défense de leurs petits intérêts, à leurs petites querelles.
LC : Que pensez-vous de Macron ?
Ch de G : Ce gamin, c’est Mitterrand ! Un Rastignac tout en jésuitisme, et la banque Rothschild comme Pompidou. Ceux-là savent tuer le Père ! De toute façon, le centre, ce sont les puissances d’argent.
LC : Et Valérie Pécresse ?
Ch de G : La fonction de président ne sied pas à une femme. Et puis, je crains fort qu’elle soit encore plus libérale que Macron. Toujours les puissances d’argent… Pour paraphraser un de vos slogans : gaullistes partout, gaulliens nulle part !
Les écologistes, c’est les soviets moins l’électricité.
LC : Et Marine Le Pen ? Çà fait un peu Algérie française, pour vous…
Ch de G : J’ai peu de sympathie pour les familles de millionnaires… Mais vous m’agacez, à la fin, avec votre litanie des candidats à la candidature ! Je suis capable de les citer moi-même ! Mme Taubira, par exemple, même le Parti Radical ne se reconnaît pas dans cette transparence – c’est dire ! Quant à Mme Hidalgo, elle porte de belles robes… Mélenchon ? Il n’est qu’une grande gueule ! Jadot ? C’est un idiot ! Vos « écologistes », c’est les soviets moins l’électricité ! Les candidats que je viens de citer sont tous – vous m’entendez – tous des fossoyeurs de mon grand dessein nucléaire… Seul Roussel et Mme Arthaud me semblent, à défaut d’être réalistes, sensés.
LC : Vous ne nous avez pas parlé d’Eric Zemmour, mon général…
Ch de G : Celui-là est sûr de lui et dominateur … Et puis c’est un Pied-noir : il ne connaît rien à la France industrielle. Mais surtout, il révise l’Histoire. Pour cela, on devrait le fusiller…
LC : Alors, quel aurait été votre candidat idéal ?
Ch de G : Moi-même ! Encore une fois, je dois tout faire dans ce pays, même outre-tombe ! Mais puisque vous insistez, il y aurait ce Georges Kuzmanovic, un vrai souverainiste. Mais il s’y est pris trop tard, et puis, sans argent et avec une presse qui n’aime pas la France… Dans ce pays, on ne favorise que ceux qui sont déjà établis ! A présent, Messieurs, je ne vais pas tarder à me retirer, ce voyage extra-sépulture m’a fatigué. Avez-vous une dernière question ?
LC : Justement, mon général, nous supposons que vous avez reçu d’autres visiteurs…
Ch de G : Evidemment, et les Français ont brillé par leur absence… Et parmi les étrangers, je n’ai reçu que des importuns, des imbéciles et des crapules : Obama, Gorbatchev, Walesa… Ah, il fallait les voir !
LC : Mais les autres ?
Ch de G : Ceux qui sont en place ? Je ne vous aurais rien dit pour des raisons de discrétion, mais rassurez-vous : ils ont tous fait le mort !
[Nous voulions lui parler de la société, d’Histoire, d’économie, des idées et de sujets de fond, mais il fit un geste discret signifiant la fin de l’entretien.]
LC : Merci beaucoup, mon général, c’était un grand honneur…
Ch de G : Vous me l’avez déjà dit.
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Cette entrevue imaginaire n’est pas sans rapport avec l’actualité internationale [Cet article est rédigé le 26 février].
Ce blog prend depuis un certain temps une tournure plus polémique (je n’oublie pas le reste), mais on ne peut pas rester dans l’insouciance.
Je recommande à tous le discours de Vladimir Poutine du 24 février, à regarder sur le site de RT News (https://youtu.be/TKIIm2ucrXY). L’Occident en prend, à juste titre, plein la gueule : morgue et arrogance euro-américaine, accords non respectés, entrisme de l’OTAN, mensonges médiatiques de la « communauté internationale », coup d’Etat extérieur néo-nazi en Ukraine… Poutine été très posé et très calme, rien à voir avec un Bolsonaro ou un Trump !
Malheureusement, nous aimons trop le Grand-Frère, comme on dit dans 1984. Une collègue me dit : « Mais il n’y aurait pas un moyen de dire la vérité (selon elle) aux Russes, via l’internet ou autre chose ? » Bien sûr, çà existe : il y a Radio Free Europe/Radio Liberty, organe de propagande américaine, mais il y a aussi… toutes les médias occidentaux. Et bien entendu les Russes ont accès à tout cela. Mais ma collègue ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi le discours de Poutine est si peu disponible sur « nos » médias occidentaux (Mme Michu n’a pas l’internet et ne connaît que RTL et Ouest-France). L’impartialité est le grand principe du journalisme ! Mais pour ma collègue, comme pour la plus grande partie de la population, Poutine est, par postulat et par axiome le méchant, et l’idée de présenter les choses de façon impartiale ne l’a même pas effleuré. C’est lamentable.
Quand on a à ce point lavé les cerveaux, c’est que nous sommes en dictature.
Dernière minute. J’ai sous les yeux Le Parisien du 26, qui titre sans rire, page 14 : « S’informer sans être manipulé ». Ce quotidien, comme les autres journaux, n’a jamais fait allusion au contenu du discours du 24… Juste en dessous, sur la même page, on apprend que le sénateur Laurent Lafon (UDI), ex-conseiller de Marine Le Pen, « a envoyé un courrier au président de l’ARCOM pour demander la suspension de RT France ». Quand Poutine dit qu’il faut dénazifier l’Ukraine…
A voir sur Arte en « riplet » : un docu sur Patti Smith (wouah !), poétesse et performeuse plus que « chanteuse », une de ces artistes féministes, comme la plasticienne Nikki de Saint-Phalle*, qui ne se baladaient toutefois pas avec un sécateur dans leur sac à main (je ne vois guère Patti Smith avec un sac à main…). Il est clair que même dans la contre-culture, on était beaucoup plus créatif qu’aujourd’hui…
*Une féministe qui s’appelle Saint-Phalle, çà n’est pas banal !
Voilà, çà commence bien pour l’auteur de ces lignes qui en plus, change de métier pour travailler dans les bibliothèques ! Mais Times are in a Changin’, comme le disait Bob en chantant faux [faire la liste des interprètes qui chantent faux].
Les temps changent et les idé(ologi)es, les obsessions, les enjeux (le mot creux des sociologues et politologues), les auteurs et les livres changent aussi.
Voici une préoccupation des années 30 :
On en a brasillé pour moins que çà !
Quarante ans plus tard, la nouvelle grille de lecture pour tout expliquer :
Disponible aussi en 10/18 : c’est mieux, les pages se détachent, et il n’en reste aucune trace !
Enfin, la prose des nouveaux obsédés encore quarante ans plus tard (et vlan, dans la gueule !) :
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