Le testament des Maastricheurs

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Mettez-le en « favoris »…

Des nouvelles du front :

Ce blog compte une nouvelle lectrice : Mme Fridigearium. Standing ovation !

Un M. Cottiè me dit : « J’en ai assè de voir Ă©crit mĂ©langes scientifiques. OĂą sont-ils ? » RĂ©ponse : cher ami, des considĂ©rations linguistiques ou gĂ©ographiques sont-elles scientifiques ? Et puis un blog mène toujours lĂ  oĂą on ne veut pas aller !

Une fidèle et charmante lectrice, Mme Laplanche, s’insurge du traitement que j’ai infligĂ© au football. Je rappelle que mes Ă©crits sont aussi polĂ©miques… Je ferai ultĂ©rieurement un billet consacrĂ© Ă  cette question, et Ă  la manière dont la polĂ©mique est perçue en France.

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Aujourd’hui, une nouvelle rubrique ! Celle consacrĂ©e aux textes de marcjoly, car votre serviteur Ă©crit des textes, des poèmes, et mĂŞme des chansons !

Ecrire… Tout un continent… Et le sentiment de culpabiliser car on a tous le prĂ©texte de ne pas avoir le temps. Plus les injonctions de l’entourage : « mais tu devrais Ă©crire ! » – SpĂ©cial dĂ©dicace (tiens, un terme qui concerne les Ă©crivains !) : Etienne Ruhaud, Christophe Cottier et Eric SauzĂ©, trois connaissances qui manient la plume.

Vintage ! Le texte qui suit date de 1992 ! C’est un texte polĂ©mique (Ă  ces mots, dix internautes français rĂ©silient leur abonnement) et politique, Ă©crit dans le contexte de la signature du traitĂ© de Maastricht. Il doit ĂŞtre chantĂ© sur l’air du Testamour de Jacques Dutronc.

Ce n’est pas que j’aime Dutronc ce cynique, ni Lanzmann son parolier, mais cette chanson m’Ă©tait venue Ă  l’esprit je ne sais comment, et je l’avais Ă©crite en vingt minutes. J’avais reproduit l’esprit des jeux de mots du texte original.

Ma chanson qui, hors du contexte du moment, tombe Ă  cĂ´tĂ©, mĂ©rite des explications. Dans ce « BĂ©bĂŞte show« , il y a quelques personnages que les moins de trente ans ne peuvent pas connaĂ®tre.

« Je laisse Tonton Ă  Tata. Je laisse Jack Lang Ă  Tonton » : je demande de l’indulgence par rapport Ă  ce dont on pouvait rire autrefois mais plus maintenant. Sous le jeune homme insouciant de 31 ans que j’Ă©tais perçait dĂ©jĂ  l’horrible mâle blanc hĂ©tĂ©ro cisgenre de près de 60 ans que je suis…

« Je laisse […] Mickey Ă  Bush » : c’Ă©tait la construction d’EuroDisneyland. La population avait bien mordu Ă  l’hameçon. Du coup, il Ă©tait impossible, dans la conversation, d’ĂŞtre contre : « Mais çà va crĂ©er des emplois ! », hurlaient les gens…

« Chirac et ses odeurs » fait allusion Ă  la malheureuse phrase de ce dernier sur les immigrĂ©s : « …sans compter les odeurs ».

« Je laisse Tapie Ă … didas » : faut-il rappeler que Nanard avait rachetĂ© Adidas pour une bouchĂ©e de pain pour le pressurer et le revendre (sa spĂ©cialitĂ©) ?

Maxwell, c’est Robert Maxwell, un magnat de la presse britannique et agent d’influence ultra libĂ©ral et europĂ©iste. Il s’Ă©tait donnĂ© une image de philanthrope, grâce Ă  la fondation qui porte son nom, navire amiral de ses nombreuses entreprises basĂ© au Liechtenstein. « Tout au long de son parcours, il s’est montrĂ© un dirigeant aux pratiques malsaines » dixit WikipĂ©dia qui, refusant de se mouiller, ajoute sans rire : « rĂ©f. nĂ©cessaires ». Ă€ 68 ans, Maxwell chuta « malencontreusement » de son yacht alors qu’il Ă©tait au large des Canaries…

Paretti, c’est Giancarlo Paretti, l’ancien dirigeant du CrĂ©dit Lyonnais au moment de « la » fameuse affaire impliquant cette banque.

« BalcĂ©ro » est Leszek Balcerowicz, qui a infligĂ© la « thĂ©rapie de choc » libĂ©rale Ă  la Pologne après la chute du communisme pour rĂ©cidiver en Ukraine.

Jean Monnet n’Ă©tait Ă©videmment plus d’actualitĂ©, sauf dans la tĂŞte des « centristes », nom de code pour dĂ©signer les mon(n)Ă©taristes obsĂ©dĂ©s de la dette, Ă  savoir notamment Barre comme Delors.

LE TESTAMENT DES MAASTRICHEURS


Je laisse Tonton Ă  Tata. 
Je laisse Jack Lang Ă  Tonton. 
Je laisse Cresson Ă  sa botte, 
Le Pen Ă  son oeil, 
Bush Ă  oreille 
Et Mickey Ă  Bush.
 
Je laisse un Rocard, sinon rien. 
Je laisse Giscard Ă  son destin. 
Je laisse Chirac Ă  ses odeurs, 
Villiers à la Vendée, 
La Vendée aux Deux-Sèvres 
Et Seguin à sa chèvre. 

Oui, de Maastricht faisons le testament, 
le testament de ce texte imbécile.  
Oui, de Maastricht faisons le testament,
Le testament de ces idiots utiles. 

Je laisse Béré à Govoy. 
Je laisse Tapie Ă ... didas. 
Je laisse Maxwell Ă  Marbella, 
Paretti au Lyonnais, 
Le lion Ă  Belfort 
Chevènement je ne sais où. 

Je laisse la Pologne à Balcéro. 
Je laisse Havel à la Tchéco. 
Je laisse Thatcher Ă  un tas de choses, 
Jean Monnet au fric, 
Barre Ă  la monnaie  
Et Delors en Barre. 

Oui, de Maastricht faisons le testament, 
Le testament de l'Europe-zizanie. 
Oui, de Maastricht faisons le testament, 
Le testament de ces odieux nazis !

Texte gĂ©nial selon les organisateurs, affligeant selon la police ! BrĂ»lot politiquement mĂ©chant ou candeur crasse de l’auteur ? Boby Lapointe en herbe ou bien torchon potache ? A vos commentaires ! ♦

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Ma bibliothèque amoureuse (4/l’infini)

Retrouvez les autres Bibliothèques amoureuses sur :

http://mrliste.hautetfort.com/

Cette rubrique est un bol d’air destinĂ© Ă  se nettoyer des choses laides et abrutissantes : au jour oĂą j’Ă©cris ce billet, va se tenir dans une heure cette horreur qui s’appelle le match de finale de la Ligue des champions, et qui procurera un orgasme Ă  des hordes de beaufs au cerveau de petit pois dĂ©ferlant sur les Champs-ElysĂ©es après avoir ingurgitĂ© et pissĂ© des litres de bière. Beaufs y compris en col blanc (Hidalgo [Anne, pas Michel], Macron, Michel Cymes, Enrico Macias, plus tout le CAC 40) louant le libĂ©ralisme, Ă  savoir l’argent facile des racailles footballeurs et rappeurs. Je gerbe sur ces deux dernières catĂ©gories. « Que chaque balustre d’urinoir public eĂ»t hĂ©ritĂ© de [leur] lambeau », comme Ă©crivait LĂ©on Bloy*.

*mais bien entendu pour de mauvaises raisons : Ă  propos de Victor Hugo lors de son enterrement.

Alors, spĂ©cial dĂ©dicace pour une fidèle lectrice : Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie, qui attend impatiemment la quatrième numĂ©ro consacrĂ© Ă  ma « bibliothèque amoureuse ».

Pour ceux qui n’ont pas connu le blog Mr. Liste (lien dans la bannière ci-dessus), il s’agit des livres de la bibliothèque personnelle de marcjoly, votre serviteur. Enfin ceux qui prĂ©sentent un tel intĂ©rĂŞt qu’il ne les prĂŞte pas. Un livre, c’est comme une brosse Ă  dents. Il s’agit donc d’une bibliothèque totalement subjective et passionnĂ©e, j’en ai expliquĂ© les raisons dans le premier numĂ©ro de cette rubrique (cf. donc, Mr. Liste).

Alors, voici. Je ne l’ai pas voulu, mais on remarquera que cette liste, Ă©tablie « gĂ©ographiquement » sur mes Ă©tagères, est quelque peu politique !

  • Cheikh Anta Diop, L’Afrique noire prĂ©coloniale, PrĂ©sence Africaine, 1960.

Diop, auteur aussi de Nations nègres et culture et des Fondements Ă©conomiques et culturels d’un Etat fĂ©dĂ©ral d’Afrique noire, fut un africain anticonformiste. Ce SĂ©nĂ©galais, docteur en sciences sociales Ă©galement spĂ©cialiste en chimie nuclĂ©aire, remarqua un certain nombre de points communs linguistiques et anthropologiques entre l’Afrique noire actuelle et l’Egypte ancienne. Il en dĂ©duisit après des recherches approfondies, que l’Egypte ancienne Ă©tait peuplĂ©e de Noirs, que les langues de l’ouest africain proviennent de l’ Ă©gyptien, et que des structures sociales et mentales ouest-africaines (matriarcat, cosmogonie) viennent aussi d’Egypte. L’idĂ©e Ă©tait bonne, mais les hypothèses s’avĂ©rèrent en partie fausses : on se dĂ©pĂŞcha de traiter Diop de charlatan, et il fut de surcroĂ®t rĂ©cupĂ©rĂ© par les suprĂ©macistes noirs. Un de ses Ă©mules, le camerounais Koto EssomĂ©, mourut dans des conditions très Ă©tranges…

« Tu as raison, Socrate.
Cela est vrai, cela se peut. »

  • Tous les « dialogues » de Platon (Garnier-Flammarion).

Les « dialogues » de Platon sont en fait ceux du maĂ®tre Socrate rassemblĂ©s par l’Ă©lève Platon. A la première lecture, c’est un peu dĂ©concertant, çà ne ressemble pas Ă  des dialogues, les interlocuteurs (ses Ă©lèves Ă  l’AcadĂ©mie) face Ă  Socrate se contentant de dire : « Tu as raison Socrate, cela est vrai, cela se peut… » C’est que le maĂ®tre les pousse dans leurs derniers retranchements ! AttachĂ© Ă  la vĂ©ritĂ©, il ne veut pas les voir tourner autour du pot, comme les Sophistes… Cette quĂŞte de la vĂ©ritĂ© fut insupportable pour les Ă©lites de l’Ă©poque, accusant ainsi Socrate de pervertir la jeunesse (ils diraient aujourd’hui qu’il s’agit d’une secte). Mon petit doigt me dit que Socrate est toujours d’actualitĂ©…

Oh, non ! Décidément !
  • Michael Parenti, L’assassinat de Jules CĂ©sar – une histoire populaire de l’ancienne Rome, Editions Delga, 2017.

L’auteur, un AmĂ©ricain enseignant en sciences politiques, et pas vraiment Ă  droite, dĂ©monte entièrement le mythe d’un CĂ©sar usurpateur despotique assassinĂ© par des sĂ©nateurs voulant restaurer les libertĂ©s rĂ©publicaines. Tout Ă  l’inverse de l’image donnĂ©e par CicĂ©ron, le lèche-cul de l’oligarchie, et par Shakespeare dans sa pièce Jules CĂ©sar (pour une fois, le gĂ©nial William avait tout faux) ! Loin de l’image de la « brillante » civilisation, Rome Ă©tait un empire de latifundia et d’escadrons de la mort, rien Ă  envier Ă  certaines dictatures d’AmĂ©rique latine… l’esclavage en plus. Sans parler de la  » ville aux sept collines » dans laquelle s’entassait un Lumpenproletariat d’esclaves et de plĂ©bĂ©iens. CĂ©sar fit en rĂ©alitĂ© voter des lois pour amĂ©liorer la condition des pauvres (remembrement agricole, moratoire sur les dettes, limitation des avoirs privĂ©s…), ce que la caste des optimates ne put supporter…

  • Jeanne d’Arc, le procès de Rouen, lu et commentĂ© par Jacques TrĂ©molet de Villers, Les Belles Lettres, 2016.

On parle toujours des minutes du procès de Jeanne d’Arc, mais qui les a lues ? Les actes authentiques ont finalement Ă©tĂ© parus et commentĂ©s pour le grand public, grâce Ă  Jacques TrĂ©molet, avocat d’extrĂŞme-droite et catholique, certes (personne n’est parfait). Celui-ci a eu l’Ă©lĂ©gance de ne pas biaiser ses remarques par ses opinions ni sa foi, et commente le procès en bon avocat. On fait la connaissance d’une Jeanne bonne chrĂ©tienne mais surtout pas mystique, dont les « visions » ont Ă©tĂ© des intuitions, alors que l’accusation veut en faire une sorcière et n’a pas voulu l’emmener sur le terrain politique, de peur de se dĂ©voiler. La stratège militaire qu’est Jeanne est forcĂ©ment fine psychologue, et ne s’est pas laissĂ©e dĂ©monter. Elle a faibli uniquement par sa mĂ©connaissance de la procĂ©dure. En lisant les minutes, on cerne le profil rĂ©el ou supposĂ© des accusateurs et tĂ©moins : soft cops (comme on dirait aujourd’hui), bad cops, dĂ©terminĂ©s, sceptiques, avocats du diable, idĂ©ologues… Du coup, on aurait aussi voulu une « Ă©dition Vergès » de ces commentaires !

A suivre…

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Prie-Dieu pour dormeur seul

Je viens de lire de Sigmund Freud : Le mot d’esprit et sa relation Ă  l’inconscient (Folio Gallimard, 1988 – traduit de l’allemand par Denis Messier).

Votre serviteur n’a pas tout compris, et la lecture est parfois pĂ©nible, surtout quand Freud essaie d’expliquer un mot d’esprit ou une histoire drĂ´le. Comme dirait Coluche : « Oui, je sais, mĂŞme en Suisse, elle a pas marchĂ© ».

Le cĂ©lèbre barbu a recueilli un corpus de mots d’esprit, traits d’esprit, contrepèteries, charades, histoires drĂ´les, et en particulier, Ă©videmment, blagues juives. Le tout bien entendu en allemand, et le traducteur a fait comme il a pu !

« Oui, je sais :
mĂŞme en Suisse, elle a pas marchĂ© ».

  • Coluche

Je n’ai pas reproduit ici de Yiddishe Vitze, elles sont connues, et il existe plein de recueils Ă  ce sujet [Lire entre autres Leo Rosten, Les Joies du Yiddish, Calmann-Levy, 1994 ; Marc-Alain Ouaknin, Dory Rotnemer, La bible de l’humour juif (1 et 2), Ramsay, 1995 et 1997]. Voici un florilège des autres blagues citĂ©es dans le livre de Freud, que j’ai  choisi d’illustrer par Dubout :

Freud prĂ©sente le Witz (plus qu’une histoire drĂ´le, une substantificque moelle), comme Ă©tant spĂ©cifiquement allemand, alors que c’est typiquement JĂĽdisch mitteleuropäisch ! En fait, un bon Witz doit provoquer, vers la fin, un « aha ! », preuve qu’une magie s’opère… 

Quoi ! vous êtes marié ?

– C’est vrai. Epousantable, mais vrai. 

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La vanitĂ© ? Oui, c’est l’un de ses quatre talons d’Achille.

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Le couple X vit sur un assez grand pied. Aux dires des uns, le mari, ayant gagné pas mal d’argent, disposerait maintenant d’un joli petit matelas ; selon d’autres, la femme, ayant disposé d’un joli petit matelas, aurait gagné pas mal d’argent.

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Un des premiers actes de NapolĂ©on III après son accession au pouvoir fut confisquer les biens de la maison d’OrlĂ©ans. On fit, Ă  cette Ă©poque, l’excellent jeu de mots suivant : Â« C’est le premier vol de l’aigle Â».

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Heine, Ă  propos d’une dame complaisante : « Elle ne pouvait se rĂ©soudre Ă  refuser, Ă  rejeter, Ă  Ă©liminer quoi que ce soit, si ce n’est ses urines ».

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Un adjudant Ă  un appelĂ© n’éprouvant aucun goĂ»t pour le service militaire : « Ecoute, achète-toi un fusil et installe-toi Ă  ton compte Â».

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Je m’étonne que les chats aient le pelage percé de deux trous à l’endroit précis où se trouvent leurs yeux.

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FrĂ©dĂ©ric le Grand entend parler d’un prĂ©dicateur qui a la rĂ©putation d’avoir commerce avec les morts. Il le fait venir et lui demande : « Pouvez-vous Ă©voquer les esprits ? Â» L’homme rĂ©pond : « Sire, je suis Ă  vos ordres. Mais eux ne veulent pas venir Â».

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Cette Ă©pigramme de Lessing :

A ce qu’on m’a raconté,

Cette bonne Galathée

Se teint les cheveux en noir ;

Toute autre est la vérité,

Car ils étaient déjà noirs

Quand elle les a achetés.

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Eine zweischläfrige Frau (une femme à deux places).

Ein einschläfriger Kirchenstuhl (un prie-Dieu pour dormeur seul).

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– Comment s’appelle un cannibale qui a dĂ©vorĂ© son père et sa mère ?

– Un orphelin.

– Et quand en plus, il a dĂ©vorĂ© tous ses autres parents ?

– Un lĂ©gataire universel.

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Et enfin, ma préférée :

Cette jeune fille me fait penser Ă  Dreyfus. Les militaires ne croient pas Ă  son innocence.

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Départements loufoques (4)

Ce blog, encore confidentiel, est consultĂ© de temps en temps par un internaute aux Etats-Unis (Ă  moins qu’il s’agisse de quelqu’un sous VPN), et par un autre en Chine via Baidu. FaĂ®tes-vous connaĂ®tre et laissez un message !

Il y a beaucoup d’incohĂ©rences dans les appellations des dĂ©partements français. Le principe de base Ă©tait celui-ci : remplacer les provinces, de superficies inĂ©gales, par des territoires Ă©gaux, tous accessibles Ă  partir de leur chef-lieu en une journĂ©e de cheval. Et ne plus en rĂ©fĂ©rer aux anciennes appellations, qui rappelaient l’ancien rĂ©gime, mais principalement aux cours d’eaux et montagnes. Ces derniers pouvant ĂŞtre respectivement supĂ©rieurs ou infĂ©rieurs, et hauts ou bas. Il ne s’agissait pas d’un jugement de valeur, mais de l’altitude. Cela s’appelle de la gĂ©ographie physique…

Il y a eu, tout du moins pour les dĂ©partements d’origine (1790), des exceptions : le Calvados (un banc rocheux) sur proposition du dĂ©putĂ© de Bayeux, au lieu de l’Orne-InfĂ©rieure ; les Bouches-du-RhĂ´ne au lieu de RhĂ´ne-InfĂ©rieur ; le Finistère (fin de la terre) ; la CĂ´te-d’Or (cĂ´teaux de vignobles) ; les Landes (vĂ©gĂ©tation) ; la Manche, le Pas-de-Calais et le Morbihan (une mer, un dĂ©troit et un golfe) ; le Nord (sans savoir que des dĂ©cennies plus tard, un autre territoire français aurait son nord : c’est l’Afrique !).

Le pompon a Ă©tĂ© atteint avec l’essor du tourisme : les Basses-PyrĂ©nĂ©es sont devenues atlantiques : basses, le ski y aurait Ă©tĂ© impossible, et sans l’Atlantique, Biarritz n’existait plus. Et ce tour de voltige avec les Basses-Alpes devenant les Alpes… de Haute-Provence. LĂ , c’est fort ! Sans compter les CĂ´tes d’Armor, parce que les CĂ´tes-du-Nord, on se les gèle ! Comptons aussi la Seine-InfĂ©rieure et la Loire-InfĂ©rieure, l’une devenant maritime, mais l’autre atlantique. Allez savoir…

MĂŞme aberration pour les « nouveaux » dĂ©partements d’Ile-de-France. Les Hauts-de-Seine, c’est pour moi le plateau de Langres… de mĂŞme que les Hauts-de-France (je ferai un article sur les nouvelles rĂ©gions) sont pour moi au Mont-Blanc.

Le phĂ©nomène est aussi maintenant rĂ©current pour les noms de ville : Châlons-sur-Marne a Ă©tĂ© rebaptisĂ©e pour des raisons purement champagnistiques, c’est-Ă -dire touristico-Ă©conomiques. Et sous prĂ©texte de regroupement de communes, Montereau se trimballe un encombrant Fault-Yonne, et Cherbourg un Octeville…

Voici donc la dernière partie de cette série :

PARIS : DĂ©partement Ă©ponyme de la ville, qui Ă  l’époque gallo-romaine, s’appelait Lucette (tu me la prĂ©senteras).

SEINE-MARITIME : Son paysage est une vraie scène maritime. Je vous recommande la Pizzeria Jeanne d’Arc (au feu de bois) – Place du MarchĂ© Ă  Rouen.

Une scène maritime…

SEINE-ET-MARNE : Que la Seine est morne ! « J’aime bien Melun : c’est moins surfait que la CĂ´te Â» (Chevalier et Laspalès).

YVELINES : Quoi ? Evelyne ? Et elles sont deux ? Tu me les prĂ©senteras ! Chef-lieu : Versailles, çà en jette…

« J’aime bien Melun :
c’est moins surfait que la CĂ´te Â»

Chevalier et Laspalès

DEUX-SEVRES : Amateurs de laitages : après Les 2 Vaches®, voici les Deux-Chèvres !

SOMME : DĂ©partement Ă  additions et Ă  siestes. Pour le chef-lieu, c’est la s’maine des acides aminĂ©s.

TARN (de saumon) : Son chef-lieu fait rĂŞver : Bali !

TARN-ET-GARONNE : Darne et carottes au menu. Chef-lieu Montauban, comme Ă  Paris la rue du Monte-Ă -bord, heu… du Mont-Thabor, et le square Monte-au-long, heu… Montholon.

VAR : S’appelle ainsi car ce fleuve cĂ´tier ne l’arrose pas. Du beau, du bon, Dubonnet – Toul, Toulon, Toulouse.

VAUCLUSE : Ah, ouais, le Comtat Venaissin, quoi ! On ne dit pas « je vais Ă  Avignon. Â» On ne dit pas non plus « je vais Ă  Vignon Â».

VENDEE : DĂ©partement Ă  brader : vendez ! Chef-lieu : La Roche-aux-FĂ©es (allusion Ă  quelque chose que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaĂ®tre. Indice : çà se mangeait). Dernière minute : on m’apprend qu’il s’agit de La-Roche-sur-Yon.

VIENNE : Certains vont mĂŞme jusqu’à dire que Charles Martel a battu les Arabes Ă  moitiĂ©. DĂ©partement qui se trouve en Autriche.

HAUTE-VIENNE : Il y a une Haute-Vienne ? ConsĂ©quence de prĂ©cĂ©demment, çà doit ĂŞtre le Grossglockner (3797 m) !

VOSGES : Existe-t-il un bizutage lors du passage de la fameuse ligne bleue ? Son chef-lieu est Lapine (en un seul mot…)

YONNE : Son chef-lieu est prononcĂ© Aukserre par les ignares. Idem pour Bruxelles.

TERRITOIRE-DE-BELFORT : Quand j’étais petit, j’étais fascinĂ© par ce mystĂ©rieux « territoire », que j’imaginais Ă  l’aune de Monaco, d’Andorre ou du Luxembourg. Y parlait-on français ? Y acceptait-on les francs ? Y avait-il un poste de douane ? Quand j’ai su qu’il ne s’agissait que d’un dĂ©partement français, j’ai Ă©tĂ© déçu…

ESSONNE : deux E, Deux S, Deux N. Chef-lieu : Evry, souvent accompagnĂ© de son accessoire, la corbeille.

HAUTS-DE-SEINE : Et çà recommence ! Alors que ce terme devrait dĂ©signer le plateau de Langres. ! Du beau, du bon, Dubonnet – Nantes, Nanterre, et quoi d’autre ?

SEINE-SAINT-DENIS : Y se sont pas foulĂ©s pour le nom. C’est Ă  y perdre la tĂŞte.

VAL-DE-MARNE : Ce nom me fait penser Ă  une nouvelle d’Edgar Poe : La vĂ©ritĂ© sur le cas de M. Valdemar. En son chef-lieu habite la mĂ´me de Jean Ferrat (dans un meublĂ©) – mĂŞme qu’elle porte pas de lunettes de soleil…

Anna Karina dans Vivre sa vie, de Jean-Luc Godard, avec la chanson de Jean Ferrat

VAL-D’OISE : DĂ©partement qui sonne comme une eau minĂ©rale (« Tiens, passe-moi la Valdoise Â»). Il a pour chef-lieu Pontoise. Pour le pont, il serait temps, car après, l’Oise se jette (d’un geste dĂ©sespĂ©rĂ©) dans la Seine.

GUADELOUPE : Seul dĂ©partement français dont le nom est d’origine arabe ! L’Oued-al-Lub a donnĂ© Guadalupe en espagnol, puis Guadeloupe en français, avant que les crĂ©olophones ne l’écrasent en Gwadloup. Chef-lieu : Basse-Terre. Dommage ! Pointe-Ă -Pitre aurait Ă©tĂ© plus rigolo.

MARTINIQUE : Dans la liste des dĂ©partements qui sonnent comme…, celui-lĂ  fait penser Ă  une sorte de manteau : Â« Il s’était drapĂ© dans une vaste martinique, qui lui arrivait aux chevilles Â». Chef-lieu Fort-de-France, dont les habitants s’appellent les Foyalais, car cette ville s’appelait autrefois Fort-Royal, prononcĂ© Foyal avec l’accent crĂ©ole (ce n’est pas une blague).

GUYANE : Ne pas confondre avec la Guyenne, cette ancienne province française. Guyane + Cayenne = Guyenne. Donc le chef-lieu n’est pas Kourou, coucou !

REUNION : DrĂ´le de nom pour un dĂ©partement qui n’est pas un archipel. Il a son chef-lieu dans le 9-3.

MAYOTTE : Ile qui s’appelle en mahorais… MaorĂ©, et dont le chef-lieu est Mamoudzou. C’est curieux, j’ai connu un Comorien qui s’appelait Mahamoudou.

FIN

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Les couvertures auxquelles vous avez Ă©chappĂ© (3)

NB : retrouvez les deux premiers articles de cette sĂ©rie de « couvertures » sur http://

mrliste.hautetfort.com

On a vu ces dernières annĂ©es fleurir de nouveaux « concepts Ă©ditoriaux ». Ainsi la collection : le schmilblick pour les Nuls (First), dĂ©clinaison française de l’amĂ©ricaine For Dummies. Je dois l’avouer, je n’ai jamais lu un ouvrage de la collection, sauf dans le domaine de l’informatique : Windows® (toutes les versions y sont passĂ©es), Excel®, l’ordinateur portable. L’humour amĂ©ricain est traduit littĂ©ralement, et çà tombe Ă  cĂ´tĂ©. Un ami m’ayant persuadĂ© que Linux® Ă©tait le Graal, j’ai achetĂ© le livre et n’ai absolument rien compris.

Autre concept : le schmilblick expliquĂ© Ă  ma fille (Seuil). Recette : prendre un auteur « sage » et consensuel : FrĂ©dĂ©ric Lenoir, Hubert Reeves, Tahar ben Jelloun (on a Ă©chappĂ© Ă  Yann-Arthus Bertrand, Jean-Claude Carrière, Eric-Emmanuel Schmitt…) et lui commander un ouvrage sur un thème galvaudĂ© (climat, racisme, mondialisation) mais permettant de laver le cerveau des fameuses gĂ©nĂ©rations futures

Les Dictionnaire amoureux (Plon) du schmilblick, eux, sont beaucoup plus intĂ©ressants, car justement plus subjectifs et moins consensuels. Ils sont Ă©crits par des passionnĂ©s, pas par des serveurs de soupe.

Enfin, les Anti-manuel (qui ne constituent pas une collection – le titre est juste repris pour certains ouvrages) du schmilblick sont des rafraĂ®chissements dans notre pays, car vont Ă  l’encontre de la tradition acadĂ©mique, oĂą la pensĂ©e doit s’adapter Ă  la norme et donner la bonne rĂ©ponse. C’est Claude Duneton qui a inaugurĂ© les anti-manuels avec celui de français (C. Duneton et J.-P. Pagliano, Seuil, 1978).

C’est l’occasion de tester de nouveaux dĂ©tournements :

D’abord, celui-ci :

L’actualitĂ© nous a fait Ă©chapper au Dictionnaire amoureux de l’inceste, ou de la Shoah…

Et celui-lĂ , dont l’auteur est peut-ĂŞtre sage, mais pas consensuel et encore moins galvaudĂ© :

Le pauvre ! Mais comment cela se peut-ce ?

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MĂ©tro loufoque – M 4

Retrouvez les lignes 1 Ă  3 sur :

https://mrliste.hautetfort.com

Nota : un fidèle lecteur, jusque lĂ  potentiel et empĂŞchĂ© (il n’arrivait pas Ă  se connecter) Ă  enfin eu accès Ă  mon blog. Il s’agit de M. Lalouette, de Jeteux-Plumerai (Orne).

Quand j’Ă©tais petit (oui j’ai Ă©tĂ© petit), la ligne 4 OrlĂ©ans-Clignancourt, comme on disait alors, n’avait pas bonne rĂ©putation pour ma maman, car c’Ă©tait la ligne « sale et moche », qui, de surcroĂ®t, ne desservait pas les beaux quartiers. C’Ă©tait la mort dans l’âme que l’on « changeait » Ă  Barbès-Rochechouart. Au delĂ , vers le nord, c’Ă©tait Terra incognita

ConsidĂ©rations sociales et sĂ©curitaires Ă  part, cette ligne, ainsi que le complexe flambant neuf (Ă  l’Ă©poque) du RER de Châtelet-les Halles, avait une particularitĂ© : couloirs et stations dĂ©gageaient une odeur de pourriture, qui rappelait celle des fins de marchĂ©, quand cageots et fruits invendables jonchent le sol. C’est bien des annĂ©es plus tard que j’appris que cette odeur avait pour origine une bactĂ©rie contre laquelle divers moyens avaient Ă©tĂ© utilisĂ©s en vain : produits chimiques, bactĂ©ries mangeuses de bactĂ©ries… Il fallut des annĂ©es pour s’en dĂ©barrasser.

MĂ©tro ligne 4 de… SĂ©oul. LĂ , on est sĂ»r que c’est propre !

Pour cette rubrique, il n’est pas nĂ©cessaire d’ĂŞtre parisien. N’importe quel internaute provincial ou Ă©tranger peut participer, il suffit juste de se procurer un plan de mĂ©tro de Paris.

Les noms (rĂ©els) des stations de mĂ©tro Ă©tant ce qu’ils sont, pleins de leur ridicule, de leur « mal-t’Ă -propos », de leur inadĂ©quation, j’ai donc rebaptisĂ© le rĂ©seau, le plus souvent par associations d’idĂ©es, souvent avec le sel inĂ©gal des Ă -peu-près voire des contrepèteries. En route avec, pour aujourd’hui, la ligne 4.

M4 : CLIGNOTE COURT – MAIRIE DE MON TROU

  • Porte de Clignancourt > Clignote court
  • Simplon > Simplet
  • Marcadet-Poissonnniers >Marc a des nasses aux pieds
  • Château-Rouge > Haricot rouge
  • Barbès-Rochechouart > Barbare-Rochechouesse
  • Gare du Nord > HĂ´tel du Nord
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Château d’eau > Chat-dodo
  • Strasbourg – Saint-Denis > Gainsbourg ! Cinq demis !
  • RĂ©aumur-SĂ©bastopol > Raie au Paul – SĂ©baste au mur (le sĂ©baste est un poisson)
  • Etienne Marcel > Aisselle martienne
  • Les Halles > IdĂ©al
  • Châtelet > Chatterley (celle dont l’amant est le garde-chasse dans le roman de D. H. Lawrence)
  • CitĂ© > LubricitĂ©
  • Saint-Michel > Galettes St-Michel
  • OdĂ©on > FrĂ©dĂ©ric LodĂ©on
  • Saint-Germain-des-PrĂ©s > Saint des brins germĂ©s
  • Saint-Sulpice > Supplice
  • Saint-Placide > Placid & Muzo (bande dessinĂ©e des annĂ©es 60 et 70)
La fameuse collection carrĂ©e « poche », dont Ă©galement Pif, Pifou, Gai-Luron et Arthur le fantĂ´me.
  • Montparnasse- BienvenĂĽe > Viens par lĂ  mon velu
  • Vavin > Ravin
  • Raspail > Rase-poil
  • Denfert-Rochereau > ForĂ© d’en roche
  • Mouton-Duvernet > Mouton-Rothschild
  • AlĂ©sia > Allez-y
  • Porte d’OrlĂ©ans > Charles d’OrlĂ©ans
  • Mairie de Montrouge > Marie de mon trou (ah, c’est d’un goĂ»t…)

C’est maintenant que çà se corse. Car grâce Ă  cette suite, on peut Ă©tablir ce que l’Oulipo (Ouvroir de littĂ©rature potentielle, https://www.oulipo.net/fr/contraintes) appelle une contrainte, c’est-Ă -dire un exercice d’Ă©criture qui se plie Ă  une règle.

Notre contrainte pour aujourd’hui : faire un petit rĂ©cit oĂą l’on utilisera, dans l’ordre alphabĂ©tique, toutes ces stations de mĂ©tro fantaisistes. Bon, le texte qui suit n’est pas le meilleur. Tant pis, c’est parti :

SOUMIS A LA QUESTION

A quoi ressemble une aisselle martienne ? Allez-y ! Cherchez ! A Argelès, ils n’ont pas compris la question et ont rĂ©pondu (les barbares !) : « Rochechouesse Â» ! Et ils ont eu le culot de dire qu’ils s’étaient trompĂ©s et que la rĂ©ponse Ă©tait « Charles d’OrlĂ©ans Â»â€¦  Et le chat-dodo, croisement improbable après l’arrivĂ©e du fĂ©lin sur l’Ile Bourbon, existe-t-il ? Je voudrais vous y voir ! Quant Ă  la Chatterley [cf.M1], dont les yeux (et le reste) clignotent court, le garde-chasse l’a-t-il forĂ©e d’en roche ?

Toujours est-il que FrĂ©dĂ©ric LodĂ©on, bourrĂ© et croyant reconnaĂ®tre tout le monde chez les garçons de cafĂ© (« Gainsbourg ! Cinq demis ! Â») s’en fut rĂ©duit Ă  bouffer des galettes Saint-Michel et une boĂ®te d’haricots rouges Ă  l’hĂ´tel du Nord. Pas l’idĂ©al ! Quand mĂŞme, ce qu’on devient quand on est obligĂ© de rĂ©pondre Ă  des questions idiotes… De quoi plonger dans la lubricitĂ©. Marc a des nasses aux pieds… (la sienne ne s’appelait pas Popaul, mais Marc). Quand je pense Ă  Marie (la sienne ne s’appelait pas Fernande, mais Marie)... Marie de mon trou, oui ! LodĂ©on finit par attaquer un Mouton-Rothschild et crut chercher la rĂ©ponse dans Placid & Muzo. Quelle dĂ©chĂ©ance ! Il aurait mieux fait de s’intĂ©resser aux fameuses recettes de la raie au mur ou du sĂ©baste au Paul [cf.M3].

Puis sa conscience bascula dans un rase-poil de ravin, dont il sortit de manière psychĂ©dĂ©lique dans le saint des saints des brins germĂ©s, façon marijuana. LĂ , un simplet le sortit de son supplice et lui dit : « Viens par lĂ  mon velu Â» !

Ah, il faut que je vous quitte car j’aperçois deux hommes en blanc qui viennent me chercher…

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Dekoikonparle ? (1)

GAULOIS – ROMAN

Il existe en Lorraine deux communes : Audun-le-Tiche et Audun-le-Roman, distantes de 12 km. A quoi correspondent ce Tiche et ce Roman ? 

Tiche vient du latin tedescus qui signifie germanique. Roman, lui, renvoie Ă  la langue romane.

On l’aura compris, la frontière linguistique passait entre les deux Audun. Une des conséquences fut qu’Audun-le-Tiche se trouve aujourd’hui en Moselle (annexée en 1870) et Audun-le-Roman en secteur mosellan non annexé, donc en Meurthe-et-Moselle (pour faire court…)

Mais d’autres vocables dĂ©signent l’aire linguistique non germanique : ceux issus de gallus ou gallicus…

Gallus désigne la Gaule, et par extension ce qui est celte (ou plutôt celte de l’ouest, car en réalité toute l’Europe était celte). On peut ainsi citer la Galice (Espagne), la Galicie (Roumanie) et la Galatie (Asie Mineure).

On retrouve gallus dans le pays de Galles (Wales), ainsi que chez les Wallons, par opposition aux Flamands au parler germanique. En Alsace, en allant vers le col du Bonhomme Ă  partir de Kaysersberg, on tombe sur des patelins aux noms sonnant français (Orbey, Labaroche…) : c’est le pays welsche, un mot se rapprochant d’une spĂ©cialitĂ© culinaire irlandaise pour certains, du Pas-de-Calais pour d’autres, mais en rĂ©alitĂ© galloise : le welsh rarebit.

Ah ouais, un croque-monsieur, quoi !

On le voit : les mots issus de gallus ne dĂ©signent pas seulement une « francitude » ou une « romanitude » linguistique, mais plus une opposition par rapport Ă  une « germanitude » qu’elle soit anglaise, flamande, alsacienne, allemande, etc.

Et mĂŞme une double opposition  : Ă  une « germanitude » et une « italianitude ». On sait que l’église anglicane (créée, en passant, pour s’accorder aux histoires de cul d’Henry VIII…) n’obĂ©it pas au pape, c’est-Ă -dire Ă  Rome. On a parlĂ©, Ă  propos du culte catholique sous les règnes de Louis XIV et de NapolĂ©on de gallicanisme : l’autoritĂ© du pape est reconnue (on se dĂ©marque de l’anglicanisme), mais Ă©galement, faut pas pousser Sa MajestĂ© dans les orties (on se dĂ©marque du papisme) : Louis XIV est de droit divin et NapolĂ©on a remodelĂ© le catĂ©chisme en son sens. L’ « Islam de France », cher Ă  Nicolas Sarkozy, est-il un gallicanisme ?

Revenons sur roman.

La Suisse francophone se dit romande car le dialecte roman parlĂ© lĂ -bas est le romand (avec un d). Ă‡Ă  se corse (rebonjour, NapolĂ©on !)

D’autre part, un roman, c’est au dĂ©part un ouvrage de fiction Ă©crit en langue romane, Ă  la diffĂ©rence des ouvrages « sĂ©rieux Â» Ă©crits en latin.

On y perd son latin !

Enfin le style roman s’appelle ainsi, car il va dans la continuitĂ© du style romain. Mais en anglais, çà se corse encore : romain se dit roman, et roman (le style) se dit romanesque… Et un roman (le livre) se dit novel, une nouvelle short novel. Il y a de quoi devenir gallican !

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Bienvenue !

Le Champouin, quèsaco ? Il s’agit d’un blog de miscellanĂ©es, c’est-Ă -dire de mĂ©langes scientifiques et littĂ©raires. Il paraĂ®tra tous les quinze jours.

Peut-ĂŞtre connaissez vous les MiscellanĂ©es de Mr. Schott (Ben Schott, Editions Allia, 2008) ? Eh bien, il s’agit d’Ă©lĂ©ments de la mĂŞme eau, ou ejusdem farinae, comme disait Rabelais. J’avais songĂ© au TupĂ©roir, allusion Ă  une marque de rĂ©cipients alimentaires, mais c’Ă©tait dĂ©jĂ  pris. J’ai donc choisi le Champouin, pour frotter les idĂ©es et laver ce bas monde afin de se dĂ©barrasser des idĂ©es nĂ©gatives.

Mais il s’agit aussi d’un blog amoureux, comme la fameuse collection des dictionnaires du mĂŞme nom, c’est-Ă -dire totalement personnel et subjectif. C’est pourquoi il suivra parfois l’actualitĂ© et n’hĂ©sitera pas Ă  ĂŞtre polĂ©mique s’il le faut.

Marcjoly, l’auteur du Champouin, s’appelait Mr. Liste dans une vie internautique antĂ©rieure, et animait le blog Ă©ponyme http://mrliste.hautetfort.com, qui n’Ă©volue plus mais est toujours consultable.

Un grand merci Ă  Etienne Ruhaud (pagepaysage.wordpress.com), sans qui ni l’ancien, ni le prĂ©sent blog n’auraient vu le jour.

 

Du coup, comme j’ai bien parlĂ©, je ne vais pas amorcer maintenant un long sujet, mais simplement vous prĂ©senter deux petites blagues visuelles, rĂ©alisĂ©es « sans trucages » (sĂ©quence La rĂ©alitĂ© rejoint la fiction) :

Tout d’abord celle-ci, prise par moi-mĂŞme en 2015 Ă  Salles-la-Source, dans l’Aveyron :

Mais que fait lĂ  ce « chiotte » ? DĂ©charge sauvage ou canular ?

Et celle-lĂ , Ă  Reims, il y a deux ans :

Dieu-Lumière ! Le paradis des Francs-Maçons ?

Et rendez-vous dans deux semaines ! ♦

 

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