
Ukraine, Gaza, Taïwan… Ainsi, en votant le budget de guerre supplémentaire soumis par le président Biden, le Congrès américain donne son aval à la guerre permanente. L’ineptie crasse d’un quart de siècle d’interventions militaires occidentales n’a pas servi de leçon...
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Le passage de la flamme olympique : non prévu par Pierre de Coubertin, ce rituel à la gloire du IIIème Reich ne sera créé qu’en 1936 pour promouvoir le culte du corps et de la race… D’ailleurs, dans l’Histoire, le sport a été inventé comme préparation à la guerre…
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On remarquera que les trois débats importants impliquant un vote législatif (aide à mourir, inscription du droit à l’avortement* dans la Constitution, aide à l’Ukraine contre la Russie) ont un point commun : la mort. On est loin de l’esprit optimiste des trente Glorieuses !
*L’auteur de ces lignes ne s’oppose pas du tout à l’avortement, bien au contraire.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
Elle […] compare les données avec celles des nourritures qu’elle a ingurgité la veille et dont elle a noté les quantités exactes sur un agenda manifestement réservé à ce seul usage :
| Thé sans sucre et sans lait | 0 |
| Un jus d’ananas | 66 |
| Un yaourt | 60 |
| Trois biscuits de seigle | 60 |
| Carottes râpées | 45 |
| Côtelettes d’agneau (deux) | 192 |
| Courgettes | 35 |
| Chèvre frais | 190 |
| Coings | 70 |
| Soupe de poissons (sans croûtons ni rouille) | 180 |
| Sardines fraîches | 240 |
| Salade de cresson au citron vert | 66 |
| Saint-Nectaire | 400 |
| Sorbet aux myrtilles | 110 |
| Total | 1714 |
Les puristes diront qu’un tableau n’est pas une liste. C’est vrai que çà à moins de charme…
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C’était parti pour être une belle fête, mais deux jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques, la presse rapportait que des membres du Comité d’organisation des JO avaient fraudé la billetterie, avec l’aval du Comité olympique international qui aurait fermé les yeux. On parlait d’une « caisse noire ». On ne connaissait pas les montants. Cela commençait bien… « On règlera les comptes plus tard, nous ne pouvons pas perturber ce grand moment de fraternité et de paix* », avait déclaré Aurélie Nouméa-Etcétéra, la ministre des Sports, des Jeux olympiques, des Jeux paralympiques et de la Célébration nationale et internationale autour des Valeurs sportives, parasportives, de Diversité et d’Inclusivité. Les membres du CIO et leurs relais français étaient, eux, aux abonnés absents…
*Trois jours auparavant, le président Jean-Baptiste Micron était à l’ONU pour un discours dans lequel il avait parlé de « vitrifier » [sic] la Russie…

L’ouverture se déroula plutôt bien, même si les forces de l’ordre (Police, gendarmes, militaires) jurèrent qu’on ne les y reprendrait plus.
Las ! Le mardi suivant fut l’objet d’une catastrophe. La foule arrivait en masse pour assister aux épreuves féminines de rugby à 7, qui avaient lieu au Stade de France. Une bousculade s’ensuivit dans les couloirs du métro Place de Clichy. 17 morts, 38 blessés. Il s’avérait que les flux étaient régulés pour l’occasion sur la ligne 14 du métro ainsi que sur le RER B, mais pas ailleurs. Le bon sens eut été d’arrêter non pas les Jeux, mais tout du moins l’ensemble des épreuves de rugby. Il n’en fut rien. Gérard Dardmalin, le ministre de l’Intérieur, se défaussa en arguant qu’il n’était pas celui des Transports. Ce dernier, Patrick Vertdegrite restait inaudible. Ana-Maria Lopez, la maire de Paris, renvoya la balle vers le préfet de Police et vers le Snif, l’organisme en charge des transports parisiens. Pendant quelques jours, la grogne commença à se faire entendre aussi bien du point de vue parisien qu’international.
« Nous, on y va pour participer.
Coluche
Eux, ils y vont pour gagner !
Salauds ! »
Le 8 août eurent lieu les épreuves du 10 km en eau libre, au niveau du pont Alexandre III. Jean-Baptiste Micron n’avait pas osé exécuter sa promesse de l’année précédente : celle de se baigner dans le Seine… Néanmoins, quelques heures après la fin de l’épreuve, les athlètes commencèrent à ressentir rougeurs et picotements pour les uns, nausées et maux de tête pour les autres. L’opinion finit par comprendre, puis apprendre, que les résultats bactériologiques et toxicologiques de l’eau de la Seine avaient été bidouillés…
En réalité, le ras-le-bol de la population était unanime : les sondages montraient que 88% des interrogés étaient hostiles à ces Jeux du cirque.

Le lendemain arriva l’impensable : à Villeneuve d’Ascq, juste avant la demi-finale hommes de handball au stade Pierre-Mauroy, la file d’attente due au contrôle Vigipirate devint la cible de barbus à Kalachnikov. 12 morts et une centaine de blessés. Les assaillants s’avéraient déjà connus pour faits de délinquance, et fichés S. Consternation. « On ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne. Et cet éternel débat sur les fichés S est inapproprié », déclarèrent piteusement Micron/Dardmalin, ce qui fit les choux gras de la presse nationale et internationale qui ne manqua pas d’ironiser sur le fait qu’il restait encore deux jours avant la fermeture pour qu’aient lieu soit une prise d’otage palestinienne comme à Munich en 1972, soit des bagarres entre athlètes russes « sous bannière neutre » et ukrainiens.
La cérémonie de clôture fut annulée. Inutile aussi de signaler que le nombre de médailles obtenues par les athlètes français fut ridicule…
CIO, COJO, Ministère de l’Intérieur, Renseignement, police, gendarmerie, Préfecture de Police, mairie de Paris, tous se renvoyèrent la balle. Lors des nombreuses réunions de crise, le président Micron semblait atone.

Une semaine plus tard, Ingrid, son épouse, était inquiète. Jean-Baptiste avait disparu. On le retrouva le lendemain, errant curieusement en pyjama le long de la voie ferrée Paris-Amiens, entre la gare de Hargicourt et celle de Moreuil, en hurlant : « Je suis François Ruffin, je suis François Ruffin ! » Il fut brièvement interné à l’hôpital Sainte-Anne, puis dans un lieu tenu secret pour des raisons de discrétion et de sécurité.
Des élections présidentielles furent organisées en novembre. Marielle Le Guen (RN) fut élue avec un score de 68%, avec un fort taux d’abstention… de la part des classes urbaines diplômées et aisées. Son poulain Kévin Bordello devint premier Ministre.
Puis tout redevint comme avant : ultra-libéralisme, soumission à l’ordre européen, transition écologique, austérité…
On raconte que Jean-Baptiste Micron vient de temps en temps à l’Elysée, en tant que « visiteur du soir ».
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