Entrevue exclusive avec Charles de Gaulle

De nouveaux lecteurs, assidus je l’espère, de ce blog : les amis Denis Veysset et Yannick Baudry ! A eux d’abreuver ce site de commentaires, histoire que ce ne soit pas toujours la Pacompry, la Laplanche et le Ruhaud…

Nous sommes intimidés et émus : Le Champouin est heureux d’avoir obtenu un entretien avec le général de Gaulle, à l’occasion d’une visite outre-tombe de ce dernier. Le général, avec ses qualités et ses défauts, nous a quelque peu malmenés. Nous reproduisons ici l’intégralité de cette rencontre.

LE CHAMPOUIN [Emus et hésitants] : Mon général, c’est un honneur de nous recevoir. Après cinquante-deux ans d’absence, que pensez-vous de la politique française ?

CHARLES DE GAULLE : Vous ne me demandez même pas ce que je pense du Monde ! Les vieux démons des puissances d’argent ont encore plus de démangeaisons, et les Américains continuent de pousser au crime. Nous sommes à nouveau en plein tumulte des années trente ! Nous avons cédé aux puissances étrangères : c’est la démission du diplomate, et la trahison du militaire. J’avais eu raison de me méfier de l’OTAN. Tout ça pour ça ! [Un temps] J’ai une pensée pour cet Est, mais aussi pour cet Orient qui ne s’est pas simplifié, bien au contraire.

LC : Et les politiques français ?

Ch de G : Franchement, c’est pire que sous la IVe, et je ne vous parle même pas de la IIIe ! Il faut à nouveau donner un coup de pied dans les partis. [clin d’oeil…] Quant aux Français, ils sont naturellement retournés à leurs petites préoccupations, à la défense de leurs petits intérêts, à leurs petites querelles.

LC : Que pensez-vous de Macron ?

Ch de G : Ce gamin, c’est Mitterrand ! Un Rastignac tout en jésuitisme, et la banque Rothschild comme Pompidou. Ceux-là savent tuer le Père ! De toute façon, le centre, ce sont les puissances d’argent.

LC : Et Valérie Pécresse ?

Ch de G : La fonction de président ne sied pas à une femme. Et puis, je crains fort qu’elle soit encore plus libérale que Macron. Toujours les puissances d’argent… Pour paraphraser un de vos slogans : gaullistes partout, gaulliens nulle part !

Les écologistes,
c’est les soviets moins l’électricité.

LC : Et Marine Le Pen ? Çà fait un peu Algérie française, pour vous…

Ch de G : J’ai peu de sympathie pour les familles de millionnaires… Mais vous m’agacez, à la fin, avec votre litanie des candidats à la candidature ! Je suis capable de les citer moi-même ! Mme Taubira, par exemple, même le Parti Radical ne se reconnaît pas dans cette transparence – c’est dire ! Quant à Mme Hidalgo, elle porte de belles robes… Mélenchon ? Il n’est qu’une grande gueule ! Jadot ? C’est un idiot ! Vos « écologistes », c’est les soviets moins l’électricité ! Les candidats que je viens de citer sont tous – vous m’entendez – tous des fossoyeurs de mon grand dessein nucléaire… Seul Roussel et Mme Arthaud me semblent, à défaut d’être réalistes, sensés.

LC : Vous ne nous avez pas parlé d’Eric Zemmour, mon général…

Ch de G : Celui-là est sûr de lui et dominateur … Et puis c’est un Pied-noir : il ne connaît rien à la France industrielle. Mais surtout, il révise l’Histoire. Pour cela, on devrait le fusiller…

LC : Alors, quel aurait été votre candidat idéal ?

Ch de G : Moi-même ! Encore une fois, je dois tout faire dans ce pays, même outre-tombe ! Mais puisque vous insistez, il y aurait ce Georges Kuzmanovic, un vrai souverainiste. Mais il s’y est pris trop tard, et puis, sans argent et avec une presse qui n’aime pas la France… Dans ce pays, on ne favorise que ceux qui sont déjà établis ! A présent, Messieurs, je ne vais pas tarder à me retirer, ce voyage extra-sépulture m’a fatigué. Avez-vous une dernière question ?

LC : Justement, mon général, nous supposons que vous avez reçu d’autres visiteurs…

Ch de G : Evidemment, et les Français ont brillé par leur absence… Et parmi les étrangers, je n’ai reçu que des importuns, des imbéciles et des crapules : Obama, Gorbatchev, Walesa… Ah, il fallait les voir !

LC : Mais les autres ?

Ch de G : Ceux qui sont en place ? Je ne vous aurais rien dit pour des raisons de discrétion, mais rassurez-vous : ils ont tous fait le mort !

[Nous voulions lui parler de la société, d’Histoire, d’économie, des idées et de sujets de fond, mais il fit un geste discret signifiant la fin de l’entretien.]

LC : Merci beaucoup, mon général, c’était un grand honneur…

Ch de G : Vous me l’avez déjà dit.

Cette entrevue imaginaire n’est pas sans rapport avec l’actualité internationale [Cet article est rédigé le 26 février].

Ce blog prend depuis un certain temps une tournure plus polémique (je n’oublie pas le reste), mais on ne peut pas rester dans l’insouciance.

Je recommande à tous le discours de Vladimir Poutine du 24 février, à regarder sur le site de RT News (https://youtu.be/TKIIm2ucrXY). L’Occident en prend, à juste titre, plein la gueule : morgue et arrogance euro-américaine, accords non respectés, entrisme de l’OTAN, mensonges médiatiques de la « communauté internationale », coup d’Etat extérieur néo-nazi en Ukraine… Poutine été très posé et très calme, rien à voir avec un Bolsonaro ou un Trump !

Malheureusement, nous aimons trop le Grand-Frère, comme on dit dans 1984. Une collègue me dit : « Mais il n’y aurait pas un moyen de dire la vérité (selon elle) aux Russes, via l’internet ou autre chose ? » Bien sûr, çà existe : il y a Radio Free Europe/Radio Liberty, organe de propagande américaine, mais il y a aussi… toutes les médias occidentaux. Et bien entendu les Russes ont accès à tout cela. Mais ma collègue ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi le discours de Poutine est si peu disponible sur « nos » médias occidentaux (Mme Michu n’a pas l’internet et ne connaît que RTL et Ouest-France). L’impartialité est le grand principe du journalisme ! Mais pour ma collègue, comme pour la plus grande partie de la population, Poutine est, par postulat et par axiome le méchant, et l’idée de présenter les choses de façon impartiale ne l’a même pas effleuré. C’est lamentable.

Quand on a à ce point lavé les cerveaux, c’est que nous sommes en dictature.

Dernière minute. J’ai sous les yeux Le Parisien du 26, qui titre sans rire, page 14 : « S’informer sans être manipulé ». Ce quotidien, comme les autres journaux, n’a jamais fait allusion au contenu du discours du 24… Juste en dessous, sur la même page, on apprend que le sénateur Laurent Lafon (UDI), ex-conseiller de Marine Le Pen, « a envoyé un courrier au président de l’ARCOM pour demander la suspension de RT France ». Quand Poutine dit qu’il faut dénazifier l’Ukraine…

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Auteur : marcjoly

Derrière le pseudonyme de marcjoly se glisse un idéaliste né en 1961, féru de langue française, de géographie et de science, oulipiste refoulé et pasticheur déconneur. Eternel étudiant, ce rêveur fit un peu de politique, puis chaussa les pantoufles du monde des musées et celui des archives. Il s'est déjà fait connaître, sous le nom de Mr. Liste - www.http://mrliste.hautetfort.com . [Photo : Albert Barzilaï]

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