
En 1984, avant d’accomplir mon Service National (je me souviens du Service National…), mon père me fit envoyer un courrier que les autorités militaires n’ont jamais reçu. Nous eûmes plus tard l’explication d’une jeune adjudante : « Votre courrier n’était pas affranchi ». Mon père : « Mais la franchise militaire… » Elle : « ?… ». Il lui explique. « Je ne savais même pas que çà existait… » Et pour cause, çà faisait des années que c’était supprimé ! Info pour les non-boomers : tout courrier envoyé à l’Etat (au sens large : la sécu, EDF, les CCP, son député…) était libre d’affranchissement. On indiquait sur l’enveloppe FP (franchise postale). Pour l’Armée, c’était FM (franchise militaire)… Les gouvernements radins euro-libéraux obsédés par la dette ont mis fin à cette pratique, qui n’est encore en vigueur que pour écrire au Président de la République ou au Père Noël [!]. Insultez donc Macron, c’est gratuit !
Je me souviens, donc,
De la franchise postale.
De Madame Soleil (que je confondais avec Ménie Grégoire).
Des passerelles pour accéder à l’avion.
Des pastilles Pulmoll.

De l’école non-mixte.
Des portières « suicide » des 2 CV, 4 CV et des camionnettes TUB.
De la queue à la Sécurité sociale.
Des vieux Arabes avec une petite moustache.
Du bulletin météo d’Albert Simon.
« Défense de fumer, de cracher
et de parler au machiniste ».
Des nécessaires de toilette.
Des Vélosolex.
Des Nouvelles Galeries.
Des autobus à plate forme.
Des WC au fond de la cour.
De la bouillie Aliment Picot.
Des cartes perforées.

Des buffets de gare.
Des conserves Olida [Olida on ice ?]
Des vieux garçons de café pleins de tics.
Des becs-de-lièvre.
Des freins à tambours.
Des halls de banque à verrière art déco.
Du magazine Noir & Blanc.
Des haricots verts en boîte dans les restaurants.
Des essuie-glaces chromés.
Du Mistral (un train TEE).

Des bigoudis.
Des bébés portant des bonnets.
Des travaux du périphérique.
Des inscriptions « Lavage – Graissage – Vidange » des stations-services.
Des rames Sprague (vertes et rouges) du métro.
Des gardiens de musée en uniforme.

Des têtes de veau avec du persil dans les oreilles, aux vitrines des bouchers.
Des billes.
De la collection « poche » : Pif, Pifou, Gai-Luron, Arthur.
Des cols pelle-à-tarte et des pantalons patte-d’éléphant.
Des trains de banlieue sentant la ferraille.
Des yaourts à l’unité.
De l’affichage électoral sauvage.
Des petites voitures Norev.

Des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier.
De la cuisinière, chez mes grands-parents, marchant au charbon et bois, seul chauffage de la maison.
Des grands caniches.
Des catalogues (papier) de jouets, véritables livres.
A suivre…
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