Les couvertures auxquelles vous avez échappé (5)

Des primaires pour désigner les candidats à la candidature ? Mais, à ce que je sache, c’est aux élus de parrainer des candidats, puis aux Français de choisir ! Il y a plusieurs prétendants pour une même sensibilité (gauche, droite, écolos) voire pour un seul parti ? Eh bien, ledit parti assume ses candidatures multiples ! A ce tarif, il ne reste qu’à mettre en place un Conseil de la Révolution pour désigner les candidats « officiels », comme en République Islamique d’Iran !

Aujourd’hui, il y a des comparateurs pour tout : les aspirateurs, les ordinateurs, les pâtes à tartiner, les agences de voyages, les forfaits box internet, les contrats d’assurance, les restaurants, les pompes funèbres, les masques anti-covid, les sites de rencontre, les partenaires dégotés sur les sites de rencontre, et les comparateurs eux-mêmes. Kelcoût.fr, Kelcoup.fr, Kelcon.fr… Le tout avec force notes voire dénonciations… Et, heureusement, lancements d’alerte.

Les deux principales associations françaises de consommateurs n’ont pas été les pionnières : il y eut avant elles les guides de restaurants, dont le célèbre Michelin (qui n’est plus que l’ombre de lui-même), et le Gault & Millau, qui y a apporté le concept de banc d’essai, y compris pour les produits alimentaires, ce qui fit scandale chez les critiques gastronomiques.

Artefacts culturels (livres, spectacles) mis à part (la critique, quoi !), il s’agissait de comparer des choses que l’on consomme. Mais celles que l’on ne consomme pas ? Peut-on éditer un guide comparatif des idées ? Idées religieuses ou spirituelles, idées morales*, idées économiques, idées politiques…

*A ce sujet, il est aberrant que personne ne s’exprime sur le fait qu’une idée politique ou économique puisse être morale ou non…

Des médias qui, au mieux dénoncent, au pire font la leçon, il y en a, la presse française appartenant aux Bolloré, Lagardère, LVMH, etc. D’autres se lancent dans le « débat » ou le « décryptage », qui sont des faux-nez. Et si on tentait des bancs d’essai ou des comparatifs en la matière ? [Nota : il n’y a aucune hostilité envers les deux magazines parodiés ci-dessous.]

En voici un dont cette rubrique trash a le secret :

Et un autre :

Au point où en est…

Ma bibliothèque amoureuse (7/infini)

Spécial modes d’acquisition

Deux lectures par rapport à l’actualité (je ne garantis pas leur disponibilité) : Laurent DESSART (un ami dont j’ai perdu la trace), L’Afghanistan – Précis historique, L’Harmattan, 2004. Pour comprendre la matrice culturelle et sociétale de ce pays. D’autre part : Françoise OLIVIER-UTARD, Politique et archéologie – Histoire de la Délégation archéologique française en Afghanistan 1922-1982, Editions Recherche et Civilisations, 2003. Un regard sur les relations franco-afghanes. Recréée en 2002, la DAFA existe toujours, sans doute rapatriée ces derniers temps.

Dès lors qu’il existe plusieurs façons de classer sa bibliothèque : sujet, thème, genre, chronologie, auteur, titre, édition, collection, format, couleur (!), épaisseur, odeur, type de reliure… (une fidèle lectrice, Mme Geypatout-Compry, de Jarnac-sur-Loire, pourrait en témoigner), il pourrait être judicieux, lorsqu’on aborde l’aspect « amoureux », affectif, subjectif, de sa collection de livres, de la classer par mode d’acquisition.

Bon, les livres achetés à la FNAC et ceux appartenant déjà au conjoint, on connaît. Mais il y a d’autres modes.

Je vais essayer d’en donner un aperçu.

  • André CHERPILLOD, Histoire des chiffres, autoédition, 1996.

Auteur remarquable pour trois points de vue. D’abord André Cherpillod, espérantiste, fait partie des derniers philologues et polygraphes. Il a écrit des centaines d’ouvrages sur tous les sujets en espéranto, français, et bien d’autres langues ! Ensuite ses ouvrages sont parus soit en autoédition, soit aux éditions de la Blanchetière… c’est à dire Cherpillod tout seul chez lui. Enfin ses livres, la plupart épuisés, sont surtout disponibles via les deux associations espérantistes en France : SAT-Amikaro et Espéranto-France. C’est de l’un ou l’autre que mon exemplaire provient. Il faudra en tous cas que je fasse un jour un papier sur André Cherpillod.

Le « collector » des Cherpillod.

  • Daniel JUSTENS, La mathématique du Chat, Delagrave/Casterman, 2008.

Comme souvent, livre acheté à la librairie (pardon, il faut maintenant dire « boutique »…) d’un musée, en l’occurrence celui de la BD à Bruxelles. J’y suis entré uniquement pour l’architecture du lieu. Le livre est plus intéressant que je ne le pensais : c’est un authentique ouvrage de mathématique basé sur… Le Chat de Philippe Geluck, lequel, pourtant, n’est en soi pas terrible. Mlle Areu, étudiante en vulcanologie médiévale de ma connaissance, m’a rétorqué : « Depuis quand les chats font-ils des mathématiques »?

  • Deutsches Museum, Museum Guide, 3ème édition 2005.

Acheté lui aussi à la lib… (et puis merde !) d’un musée : le Deutsches Museum de Munich, musée scientifique absolument complet comme les Français sont incapables de faire. Là, pour le coup, il s’agit du « guide » (140 pages !) officiel du musée, c’est-à-dire du catalogue des collections permanentes.

  • Christiane COSSUS, 6 leçons d’électricité, SODEL, sans date.

Livre datant du collège (çà ne me rajeunit pas) sur les bases de l’électricité. Comment ce fait-il qu’il s’agisse du Livre de l’enseignant ? Mystère.

  • La Bible de Jérusalem, Desclée de Brouwer, 1975  » (imprimatur : Paris, le 8 février 1975 – E. BERRAR, v. é.) .

Elle m’avait été offerte par ma belle-mère, pour Noël. Tout le monde était atterré et moi aussi. Il y a de ces cadeaux …

  • E. et J. BOURCIEZ, Phonétique française – Etude historique, Klincksieck, 1982.

Un des vestiges de mes livres de fac. Tout sur la « réduction du mot latin en français », le « traitement des voyelles accentuées », les « labiales latines », etc. Ecrit par un de ces couples d’universitaires dont seule la France à le secret.

  • Etienne RUHAUD, Disparaître, Unicité, 2013.

Ce n’est pas pour passer la brosse à reliure (heu, à reluire !), mais ce romanceau (112 pages) est écrit par mon ami Etienne dont je vous rebat les oreilles, et préfacé par feu Dominique Noguez, tout de même ! Mon exemplaire est dédicacé :« Pour Marc, ce court récit urbain, en lui souhaitant le meilleur… Merci. Toute notre amitié, Etienne ». Comme çà, vous savez que dans la vraie vie, marcjoly a pour prénom Marc.

  • JEAN-CHARLES, La foire aux bidasses, Presses de la Cité, 1973.

Jean-Charles était le spécialiste des « perles », notamment celles des cancres. Cet ouvrage consacré aux bidasses (c’est la même chose) et aux militaires en général (c’est le cas de le dire) a été trouvé tellement hilarant par votre serviteur que celui-ci l’a volé durant son service militaire en 1984 à la bibliothèque de l’Unité Marine de Fort-de-France.

  • Collectif, Le daguerréotype français. Un objet photographique, RMN, 2003.

Travaillant dans les musées, ceux-ci m’offrent tous les ans ainsi qu’aux collègues un catalogue d’exposition. Celui-ci reflète un monde proto-photographique disparu : taudis pré-haussmanniens, femmes à coiffe en dentelle, trognes d’une population qui ne connaissait pas le dentiste mais connaissait bien les bouteilles de vin…

  • René VALLERY-RADOT, La vie de Pasteur, Flammarion, 1900 (l’exemplaire et une réédition de 1925).

Cette biographie écrite par le gendre de Louis Pasteur, et dégotée chez un bouquiniste, n’est pas rééditée aujourd’hui. J’aurais malheureusement tant à dire de ces tauliers, dont le métier consiste à ne jamais vouloir acheter les livres qu’on veut leur vendre, et qui de surcroît vous engueulent…

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