Ecr. l’inf. (1)

Parution hebdomadaire pendant le confinement

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

Je vous enjoins tous à regarder sur Arte le documentaire en deux parties Ku-Klux-Klan, une histoire américaine (à chercher sur arte.tv/guide/fr/). L’on en apprend de belles sur un mouvement anti-noir, çà on le sait, mais aussi antisémite et antidémocrate, mené par des prédicateurs galvanisés et pas défavorables à l’esclavage. Un mouvement qui a fini par délaisser les opérations d’envergure et isolées pour finalement multiplier les actes opérés par des « loups solitaires ». Un mouvement sectaire et mafieux, qui a infiltré une bonne partie de la société, et terroriste. Cà ne vous rappelle rien ? Bingo : entretien de David De Pas, juge d’instruction, dans le Parisien du 14 novembre : « Les organisations djihadistes, une synthèse parfaite entre secte et mafia ».

Je vous dis çà car j’entends trop souvent cette petite musique : « oui mais quand même, si on avait pas publié/republié/expliqué à l’école les caricatures, on n’en serait pas là ».

Moi-même, je n’aimais pas Charlie… sauf pour ses dessins ! Exception : ceux sur la religion. Je n’ai jamais été choqué, ni scandalisé, mais c’est qu’ils étaient tout simplement mauvais… Mais j’estime qu’un dessin, un journal, un livre, un film mauvais a tout de même le droit d’être publié…

Les islamistes n’ont pas attendu ces fameux dessins, ni « l’affaire du voile » pour passer à l’acte ! Comme on le verra, ils sont passé à l’acte depuis la création des Frères musulmans, en appliquant les méthodes de toutes les mafias terroristes du monde, du Ku-Klux-Klan en passant par la Camorra.

Avant tout, deux points :

Ceux qui se sont toujours couchés, avec les « pas d’amalgame » et « pas de vagues ». Ce sont les victimes et les idiots utiles du relativisme culturel, qui ne date pas des ethnic studies anglo-saxonnes, ni de mai 68, mais des années 30 avec l’Ecole de Francfort et les déconstructionnistes d’une part, et avec Lévi-Strauss d’autre part. Elisabeth Badinter raconte, dans le Figaro du 13 novembre, comment elle fut obligée de rentrer dans le lard d’une Danielle Mitterrand qui avait refusé de condamner l’excision et la polygamie sur le sol français, au nom du respect de toutes les cultures.

Ceux, en face, le Croissant entre les dents, et non pas sur le coeur. Nous allons en parler. Pour cela, je vous recommande la lecture de trois ouvrages, deux minces et un épais.

Si l’Islamisme est toujours « radical », c’est pour mettre en valeur un islamisme « modéré », bien sûr !

Tout d’abord, de Chahdortt Djavann : Bas les voiles ! (Folio Gallimard, 2003). Pour cette romancière et anthropologue d’origine iranienne, qui a porté le voile pendant dix ans avant de s’exiler en France, ce port, même volontaire, comme tout marquage culturel et discriminant, devrait être interdit. Cette interdiction, selon elle, devrait être un préalable à tout débat sur la laïcité et ce langage de fermeté aurait du être tenu il y a dix ou vingt ans [écrit en 2003 !].

Ensuite de Michel Onfray : Penser l’Islam (Grasset/Fasquelle, 2016) – disponible en Livre de Poche. Pour lui, « on doit pouvoir lire le Coran comme on lit la Bible, la Torah ou Platon […] Ce programme n’est un péché que chez ceux qui n’aiment ni la liberté ni l’exercice de la raison ». Certains diront que c’est à des Musulmans d’accomplir ce programme. Il y en a. Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, en sait quelque chose : il est sous protection policière…

Venons en au gros pavé, véritable somme sur les Frères musulmans : Mohamed Sifaoui, Taqiyya – Comment les Frères musulmans veulent infiltrer la France, Editions de l’Observatoire, 2019. Taqiyya, en arabe signifie littéralement la « prudence » ou « crainte » pour se « protéger ». Appliqué aux Islamistes, c’est la dissimulation : « montrer et dire le contraire de ce que l’on prépare, qui doit, en toute circonstance, demeurer secret et dissimulé », technique qui facilite l’infiltration.

Mohamed Sifaoui.

Comme son sous-titre ne l’indique pas, il ne s’agit pas que de la France : l’auteur explique le départ idéologique des islamistes, en la personne de l’Egyptien Hassan El-Banna (1906-1949), grand-père du gourou Tariq Ramadan, et fondateur en 1928 de la Confrérie des Frères musulmans, qui allait essaimer dans les pays du Croissant. Pensée totalitaire, méthodes redoutables, soutien à l’idéologie nazie… Ils n’ont en effet pas attendu les caricatures…

Tout çà, ce n’est que l’Orient compliqué ? Bon nombre de « cadres » des Frères se sont exilés en Occident à partir des années 50. En France l’Institut européen de Sciences humaines (IESH) de Château-Chinon s’appelle en arabe Al-Kouliya Al-Ouroubiya Lil Dirassat Al-Islamiya, c’est-à-dire Faculté européenne de Sciences islamiques. Bel exemple de taqiyya !

« Les organisations djihadistes,
une synthèse parfaite
entre secte et mafia ».

Juge David De Pas

Propagandistes prêts à bondir, chantage à l’islamophobie (fonds de commerce d’une certaine gauche), maîtrise parfaite des médias, destruction du féminisme par le voile, action sociale dans les banlieues abandonnées… Je ne vais pas dévoiler tout l’ouvrage de Sifaoui, mais ce dernier détaille le grignotage des mentalités et des institutions par les islamistes, non pas par leur force, mais par notre faiblesse et celle de nos dirigeants : Sarkozy, Hollande et Macron (jusqu’à récemment) ayant été malheureusement persuadés que, « quelque part », on pouvait « aménager » la laïcité.

Faut-il rappeler que Mohamed Sifaoui vit lui aussi sous protection policière ?

Addendum : le roman Soumission de Michel Houellebecq (Flammarion, 2015) est instructif par rapport au noyautage communautariste du monde universitaire, mais, comme le soulignent aussi bien Onfray que Sifaoui, Houellebecq ne connaît rien à l’Islam et voit l’action des « Frères » comme faisant partie d’un « grand remplacement » à la Zemmour alors que ces derniers veulent dévier les mentalités des musulmans du monde entier : il ne s’agit pas de croisade. Notons, pour faire écho avec le contexte du roman, que la Sorbonne a décidé de supprimer en 2019, sous la pression des communautaristes, le cycle de cours Prévention de la radicalisation animé par Mohamed Sifaoui !

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J’les confonds toujours (1)

PARUTION HEBDOMADAIRE PENDANT LE CONFINEMENT

Qui se souvient d’Anne Gaillard ? Cette journaliste, animatrice d’une émission sur France-Inter (L’Émission d’Anne Gaillard, 1975-1978), joua le rôle de porte-parole des droits des consommateurs. Dans le cadre de son activité, elle fit l’objet de quelques procès. Elle était réputée pour le caractère dictatorial de ses interviews, à la limite de l’hystérie. Un jour, lors d’une séance du Sénat, elle apostropha vivement le sénateur Henri Caillavet qui reçut une flopée d’injures, se demandant ce qu’elle lui voulait. C’est qu’elle s’était trompée de sénateur ! Elle avait confondu avec Marcel Cavaillé !

Nous avons tous fait ce genre d’erreur (je veux dire de confusion de nom !), surtout quand les (quasi-) homonymes ont la même activité !

Dans cette nouvelle rubrique, qui va nous occuper longtemps (ah ! Pour une liste, c’est une liste !), il ne s’agira pas des noms communs, comme erg et reg, deux caractéristiques géologiques du Sahara. Nous aborderons plutôt des noms propres – ces personnes et lieux géographiques que nous confondons souvent. Enfin, la liste n’est pas exhaustive : chaque soir, dans mon lit, je trouve un couple… je veux dire une paire ou un trio de noms propres qui se confondent ! Je vous en présente aujourd’hui six, mais il y en a, pour l’instant encore 80 ! De quoi tenir au moins quatre ans !

  • Konrad ADENAUER (1876-1967) et Dwight EISENHOWER (1890-1969) – deux hommes d’Etat.

Les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître le nom d’ADENAUER, plus pour des raisons de culture générale que de non-concommitance chronologique. Konrad ADENAUER, ancien maire de Cologne, fut un activiste anti-nazi et devint le premier chancelier allemand après le IIIème Reich, de 1949 à 1963 (trois mandats). Catholique fervent, comme de Gaulle, il fut avec le Général l’artisan de la réconciliation franco-allemande en 1963. Dwight EISENHOWER (surnommé Ike) fut un américain militaire de carrière. Commandant des Forces alliées pendant la seconde Guerre, puis des Forces alliées en Europe, il devint en 1952 le 34ème Président, conservateur, des Etats-Unis pour deux mandats, succédant à l’ignoble réactionnaire Harry Truman. Non seulement les patronymes de l’Allemand et de l’Américain sont proches, mais celui du grand-père d’Ike, immigrant allemand, s’orthographiait Eisenhauer.

La réconciliation franco-allemande de 1963 : signature du Traité de l’Elysée.
  • AGADEZ et AGADIR – deux villes berbères.

AGADEZ (ou Agades), fondé par les Berbères au XIème siècle, est un carrefour caravanier du nord du Niger. Il est aujourd’hui la base arrière des migrants de l’Afrique subsaharienne. AGADIR est un port du sud du Maroc, dont l’histoire n’est pas attestée avant le XIIIème siècle. Il a subi de nombreux tremblements de terre. Celui de 1960 a totalement détruit cette ville de 40 000 habitants, qui a été reconstruite 2 km plus au sud. Les noms des deux villes ont des origines tamazight, mais de significations différentes : AGADEZ signifie « rendre visite », ce qui s’impose pour un noeud commercial. AGADIR veut dire « escarpement ».

  • Alphonse ALLAIS (1854-1905), Maurice ALLAIS (1911-201o) et Emile ALLAIS (1912-2012) – que dire ? Trois aventuriers à leur façon ?

Dans une publication politique, j’avais lu un article sur l’économiste Maurice ALLAIS… prénommé Alphonse ! Alphonse ALLAIS est l’écrivain humoristique « bien connu »… mais qui l’a lu ? Ce fils de pharmacien fut plus intéressé par s’amuser que par les études. Esprit fin et observateur, c’était une plume acerbe, un formidable conteur de nouvelles, et un mystificateur de première. On excusera son anglomanie, beaucoup moins sa misogynie [A lire : Alphonse Allais, Oeuvres Anthumes et Oeuvres Posthumes, collection Bouquins, Robert Laffont]. Maurice ALLAIS, lui, reçut le prix Nobel d’économie en 1988, sur des travaux à contre-courant de la pensée libérale. De surcroît, il les avait réalisés en amateur, ce qui embarassa la bien-pensance des « économistes » ! C’est que Maurice ALLAIS était un scientifique de profession, sur des sujets de physique comme l’anisotropie de l’espace (rien à voir avec le Ricard). Quant à Emile ALLAIS, quasi contemporain du précédent, c’est un pionnier du ski alpin français (j’ai bien fait de vérifier : pour moi c’était un alpiniste). C’était la grande époque de la montagne, quand nous frisions roche (ah ! ah !).

  • Nicholas ANGELICH (né en 1970) et Martha ARGERICH (née en 1941) – deux pianistes classiques.

Oui, je sais, je suis désolé de vous parler de musique classique, car c’est de çà qu’il s’agit. Je les croyais tous les deux allemands ! ARGERICH, dont le nom est d’origine catalane, est argentine naturalisée (quel horrible mot! Ca fait empaillé…) suisse. ANGELICH est américain. ARGERICH maîtrise un répertoire très vaste. C’est à mon avis la meilleure pianiste avec Maria Joao Pires. ANGELICH est plutôt spécialiste de Brahms, mais je le connais peu.

Martha Argerich joue le concerto pout piano n°1 de Beethoven.
  • APPALACHES et APENNINS – deux chaînes de montagnes.

Les APPALACHES (deux P, un L) sont situées dans l’est de l’Amérique du Nord. Point culminant : le Mont Mitchell (2037 m) en Caroline du Nord. C’est drôle : je ne m’imaginais pas des montagnes dans cet Etat. Le nom vient d’Alpachen, une tribu indienne (rien à voir avec les Apaches !). Quand aux APENNINS (un P, deux N), ils sont la colonne vertébrale de l’Italie, de sismicité aigüe. Cette chaîne est communément divisée en trois parties : nord, centre et sud. Point culminant : le Corno Grande (2912 m), dans les Abbruzes. Le nom vient du celtique pen, sommet rocheux. A noter qu’une chaîne de montagnes lunaire porte aussi le nom d’APENNINS. Quel happening !

  • ARDECHE et ARIEGE – deux départements.

Oh, çà, çà doit être quelque part dans le Midi, là où vont les écolos et les baba-cool, mais j’les confonds toujours ! L’ARDECHE, situé au sud-est, correspond peu ou prou à l’ancienne province du Vivarais. De l’autre côté du Rhône se tient son symétrique : la Drôme. L’Ardèche, affluent du Rhône, traverse son département éponyme d’est en ouest. Privas, 8321 habitants, est la Préfecture la moins peuplée de France ! De même, ce département est le seul à ne disposer d’aucune commune desservie par la SNCF. L’ARIEGE, grosso modo le Comté de Foix, est au sud-sud-ouest (comme diraient les marins) et est frontalière avec l’Espagne. L’Ariège, affluent de la Garonne la traverse du nord au sud. Pour répondre à la première phrase de cette notice, un recours avait été demandé pour changer le nom du département en Ariège-Pyrénées, pour mieux situer le département afin de le promouvoir – rejeté par le Conseil d’Etat. « Chef-lieu » : Foix.

A suivre…

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Fromage et défiscalisation

PENDANT LE CONFINEMENT, CE BLOG PARAITRA CHAQUE SEMAINE

Peu ou prou, le présent blog a six mois (areu !). Par rapport à l’ancien (http://mrliste.hautetfort.com), celui-ci, à périodicité équivalente, est plus vu.

Le graphique sur la droite montre, sur six mois, le nombre de vues (en rose) et le nombre de visiteurs (en brun). Mais ne vous reposez pas sur vos lauriers, la répartition par semaine donne ceci :

Il y a eu en tout 125 visiteurs et 226 vues, dont 141 de France métropolitaine, 66 de Chine, 14 des Etats-Unis, 2 de Singapour, 2 de Monaco et 1 de Guadeloupe. Je soupçonne la plupart de naviguer sous VPN, c’est-à-dire sous localisation fictive, toutefois, les connexions chinoises se font via Baidu.

J’ai d’autre part 7 abonnés, dont l’ami Ruhaud, et Brice Auffoy (http://bricea.home.blog) à travers son blog La Page et la Chambre, site littéraire dont j’avoue ne pas m’y être trop intéressé jusqu’ici, mais je vais m’y plonger. Le peu que j’en ai lu avait un goût de revenez-y !

Que dire de ces « stats » ? C’est très très peu car je ne fais pas de billet quotidien, comme certains, mais une tendance s’amorce. Et je demande aux visiteurs occasionnels de ne pas être passifs : laissez des commentaires et faîtes connaître ! Blog trop intellectuel (j’essaie de relever le niveau) ou trop potache ? Trop ou pas assez dans une « ligne du Parti » ? Vous êtes aussi trop exaspéré, ou ravi, de mon obsession textuelle des listes (on ne se refait pas). Commentaires SVP !

En réalité, ce n’est pas de cela dont je voulais vous entretenir. L’actuel ministre de l’Agriculture est à l’origine d’une loi obligeant les camemberts (à propos de statistiques) à ne pas se contenter de la mention « fabriqué en Normandie » (on fabrique dans cette région bon nombre de « plâtres » industriels infâmes sous cette mention, avec du lait polonais ou autre), mais à mentionner, si c’est le cas, l’appellation d’origine protégée, elle seule étant la preuve d’un vrai camembert.

Ce ministre s’appelle… Julien Denormandie (né, comme son nom ne l’indique pas, à Cahors). Franchement, çà ne s’invente pas !

Mais je n’avais pas l’intention de parler de camemberts. Julien Denormandie a été aussi ministre de la Ville et du Logement, et est aussi à l’origine d’un de ces « dispositifs immobiliers défiscalisants » dont seule la France moisie des petits épargnants et des would-be notables a le secret. Malgré le mot « logement » dans l’intitulé du ministère, ce dispositif, comme tous les autres, a été concocté pour les investisseurs, comme on dit en novlangue libérale. C’est-à-dire ni vous, ni moi.

A la base, le fameux Malraux. Qu’est-ce que le plus littéraire et le plus idéaliste des ministres gaulliens est allé faire dans cette galère ? Il est vrai que le dispositif était destiné aux centres anciens présentant un patrimoine historique riche.

En 1996, apparut le Périssol. Ambigu, tout de même. Le mot évoquait un peu le soleil (parasol, tournesol…), pour peu, on y buvait le Ricard. Mais quand même quelque peu périssable, voir périlleux… L’investissement risqué, quoi !

En 1999 vint le Besson neuf. Pas Luc, ce beauf à la Dupont-Moretti, mais Eric, une de ces personnalités au look de cadre dont on dit : « Profession : libéral ». Et il est neuf, flambant neuf : le Lecanuet des temps modernes…

Patatras, en 2003 : le Robien classique. Un Robien ne peut être que classique : d’ailleurs, on dit Gilles de Robien. Les gens à particule, ils sont tous à l’UDF, ils sont les chantres du centre, comme Giscard. Mais comme si çà ne suffisait pas vint en 2006 le temps du Robien recentré, çà ne s’invente pas !

La même année, coup double avec le Borloo neuf et le Borloo ancien. Neuf peut-être mais chiffonné et pas peigné !

En 2009 : le Scellier. Çà fait sérieux, notarial, entre cave à vin et enveloppe scellée – la province patrimoniale, style Bordelais.

Quatre ans plus tard vit apparaître le Duflot… ou le Duflop, car il a fait un bide. Et coucou, voilà mon Pinel. Pas de gros mots, s’il vous plaît ! Pinel aura-t-il guéri la névrose défiscalisatoire ? Mais je confonds avec Philippe Pinel (1745-1826), l’un des pères de la médecine mentale moderne.

A propos, d’ailleurs, de cerveau qui disjoncte et de connections qui ne se font pas, voici le Cosse ancien, qui remplace le Borloo ancien, et nous aboutissons en 2018 au Pinel recentré

Tout çà, tout çà pour accoucher l’année dernière du Denormandie. C’était laborieux…

Et j’apprends qu’existe aussi le Censi-Bouvard !

Qu’en pense Pécuchet ?

Comme quoi fromage et défiscalisation, çà n’est pas toujours la Suisse !

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Dekoikonparle ? (2)

Inde(s)/Indien/Hindou

Sur mon lieu de travail, une minute de silence a été dite lundi 26 octobre en mémoire de Samuel Paty, victime d’une fatwa islamiste. Quelque chose, néanmoins, me chiffonne et ne me met pas à l’aise. La note de service annonçant cette cérémonie stipulait (de mémoire) : « pour ceux qui le souhaitent ». Cela m’a rappelé le cours de Samuel Paty, invitant « ceux qui le souhaitent » à ne pas regarder les caricatures, ou par effet miroir, à assister à la séance. Bien sûr, tout le monde est libre de faire ce qu’il veut : une minute de silence n’est pas une consigne professionnelle ! Mais dans ce cas de figure, « pour ceux qui le souhaitent » peut vouloir dire « si les valeurs républicaines heurtent votre sensibilité, n’y assistez pas ». Bien entendu, il n’y avait aucune mauvaise intention de la part de la direction, mais je pense qu’on a tous gardé dans notre inconscient l’attitude d’ « encore [se] coucher », comme le titre Marianne du 21 octobre.

N’y pensons plus (tout au moins le temps de lire ce blog), et évadons-nous avec le deuxième volet de notre Dekoikonparle ? :

Quand j’étais petit (oui, marcjoly a été petit), les Hindous vivaient en Inde, et les Indiens combattaient les cow-boys avec des plumes sur la tête. Aujourd’hui, ce sont ces derniers qui vivent en Inde, les Hindous se contentant d’être des adorateurs de Vichnou.

Alors Indiens ou Hindous ? Et pourquoi les Sioux ou les Apaches sont des Indiens ? Et « les Indes » ? Il y en avait plusieurs ?

On nous a tellement dit que le mot « hindou » n’avait rien à voir avec celui d’ « Inde ». En réalité, les deux sont dérivés de la version en vieux persan, hindu, du mot sanskrit Sindhu, l’appellation du fleuve… Indus. Tiens, un troisième compère ! L’Indus est en fait à l’Inde ce que le Nil est à l’Egypte : une colonne vertébrale qui a façonné la civilisation.

Le monde occidental connaissait dès l’Antiquité l’existence de l’Inde, de par les routes commerciales terrestres ou maritimes. Le mot eut tendance a désigner l’Asie lointaine, et quand Christophe Colomb pensait aller en Inde, il disait vrai : il voulait rejoindre l’extrémité de l’Asie, et les habitants du Nouveau Monde furent appelés… Indiens.

Ainsi, les Antilles furent appelées Indes occidentales, pour ne pas les confondre avec le sous-continent indien, mais aussi avec les Indes néerlandaises, à savoir notre… Indonésie, à l’époque colonie hollandaise. Les Anglais en rajoutèrent une couche, ou plutôt plusieurs avec leur Empire des Indes, qui comprenait les actuels Pakistan, Inde, Sri-Lanka et Birmanie. Jusqu’aux indépendances de 1947, l’on parla des Indes au pluriel.

Mézalor, mézalor (comme dirait Queneau), si les Indiens sont en Amérique, comment appeler ceux d’Asie ? On trouva une facilité : Hindous, car la plupart l’étaient, mais le mot désigne les pratiquants de l’Hindouisme, cette religion issue du brahmanisme. Et çà tombe bien : les Indiens parlent l’hindi, qui s’écrit en alphabet devanagari. La même langue se parle au Pakistan, mais avec l’alphabet arabe : c’est l’ourdou. Evidemment, en Inde, tout est compliqué : tout le monde n’est pas hindou (on compte des musulmans, sikhs, bahaïs, chrétiens…) et 40% seulement de la population parle hindi (langue officielle).

« Votre père ? -Hindou. -Et votre grand-père ? -Un dur ! »

Nouveau rebondissement : il fallait distinguer la nationalité de la religion. L’Inde fut à nouveau peuplée d’Indiens, et « ceux d’Amérique » devinrent des Amérindiens. Quant aux Etasuniens, ils ont d’abord dit Indians (ce qui est ambigu) ou Natives (considéré comme dégradant). Ils se sont ensuite rabattu sur Indian-Americans, tout aussi ambigu depuis l’immigration provenant du sous-continent indien. On n’en sort pas ! L’Amérique latine a, elle, gardé Indianos.

Enfin, cette appellation quelque peu internationale ne l’est pas du tout chez les intéressés : l’appellation officielle de l’Inde est Bharat. Rassurez-vous, dans le langage courant, les Indiens disent Hindustan : l’honneur est sauf.

L’Hindustan Ambassador : un modèle culte de la production automobile indienne !

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