« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.
LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Le client d'une des nouvelles hostelleries Marvel [...] aurait également son champ de ski, ses remontées mécaniques, sa patinoire, son fond sous-marin, ses vagues à surf, son safari, son aquarium géant, son musée d'art ancien, ses ruines romaines, son champ de bataille, sa pyramide, son église gothique, son souk, son bordj, sa cantina, sa Plaza de Toros, son site archéologique, sa Bierstübe, son Bal-à-Jo, ses danseuses de Bali, etc., etc., etc., et etc."
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Claude Lévi-Strauss.
Dans cet article, il ne sera pas question d’ethnies, ce qui serait du racisme, mais de cultures, de religions et de mentalités. Désolé, Lévi-Strauss, mais la mantra débitée au collège, au lycée, à la fac, sur « France Cul » et sur Arte (« Toutes les cultures se valent »), ce chantage à la bien-pensance antidiscriminatoire, est à mettre à la poubelle. Que « valent » des cultures ayant pratiqué les sacrifices humains, l’anthropophagie, ou bien « simplement » l’esclavage, l’infériorité des femmes ou l’antisémitisme ?
L’auteur de ces lignes, marcjoly, votre serviteur, est un « mâle français blanc hétérosexuel cisgenre de plus de soixante ans ». Mais ce que nous allons exposer ne provient pas de lui mais de deux sources… arabes. La première s’appelle Adonis, pseudonyme provocateur d’Ali Ahmed Saïd, né en 1930 en Syrie. Cet ancien représentant de la ligue arabe à l’Unesco est surtout le plus grand poète arabe contemporain avec Mahmoud Darwich. Athée, il se montre très critique envers l’islam – c’est le moins qu’on puisse dire – dans son livre d’entretiens avec la psychanalyste Houria Abdelouahed Violence et islam (Seuil, 2015). Adonis dénonce le caractère intrinsèque de la violence dans cette religion.
L’autre source, est à mon avis, plus justement méchante encore. Cette bombe s’appelle Driss Ghali, universitaire marocain et musulman pratiquant vivant en France, auteur d’Une contre-histoire de la colonisation française (éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2023).
Adonis, tout d’abord. Pour lui, « L’islam, puisqu’il est né parfait, combat tout ce qui lui était antérieur et tout ce qui est venu après. «Tout» désigne : philosophie, art, pensée, créativité, vision du monde, etc ». « Dans l’islam, le mouvement est forcément tourné vers le passé. L’avenir n’a pas de sens et n’existe qu’à la lumière de passé : le passé, c’est l’avenir du présent ». « Le musulman voit le monde à travers la vision islamique qui est ancienne et close. L’islam n’a besoin ni du monde, ni de l’autre, ni de la culture puisqu’il est la Culture absolue […] Quelle nouveauté a-t-il apportée par rapport aux anciennes civilisations ? « « La grande majorité de la société arabe est encore dominée par l’ignorance, l’analphabétisme et l’obscurantisme religieux » et « on peut constater le manque d’un esprit de recherche et d’innovation » dans un monde figé dans lequel le progrès et l’avenir n’existent pas, car « le pouvoir est devenue la propriété de la tribu. Depuis, l’Histoire est restée liée au pouvoir de la tribu ». Un bon « cas » pour la psychanalyste qui a mené l’entretien avec Adonis !
Adonis.
Ce dernier en vient au vif du sujet : Il y a dans l’islam « l’absence de «l’autre comme structure» […] L’autre est à annuler en tant qu’autre. D’où la violence qui habite le djihad. le meurtre de l’Autre est un djihad« . « Historiquement, l’islam […] a été fondé par l’esprit de la tribu, les conquêtes et la puissance de l’argent. Aujourd’hui, Daech s’enrichit grâce aux ghanâ’im [butins de guerre] et la mainmise sur le pétrole, le gaz, l’argent des banques et la vente des femmes ». Et puisqu’il y a soumission (islam, en arabe) à l’islam et à ses préceptes (prix de la miséricorde), l’homme doit faire preuve de vassalité.
Pour Adonis, face à ce constat, l’islam est condamné à régresser.
Venons-en maintenant à Driss Ghali. je vais parler de son ouvrage précité, mais en préparant cet article par le biais de l’internet, je suis tombé sur une entrevue sur Breizh-Info à propos de son autre ouvrage (que je n’ai pas lu) : Français, ouvrez-les yeux ! – Une radiographie de la France par un immigré (L’Artilleur, 2023). Ce qu’il y écrit là résume totalement son propos, et j’aurais pu m’arrêter là : « Le comportement des immigrés en France est influencé par leur civilisation d’origine. Quand ils viennent de civilisations où la courtoisie et le travail sont des valeurs suprêmes, tout va bien : Vietnamiens, Chinois etc. Quand ils viennent de civilisations de commerçants où l’adaptabilité est une valeur cardinale, tout va bien aussi : les Libanais, les Syriens, les Arméniens… Quand ils viennent de civilisations tribales et féodales qui ne promeuvent pas le travail, l’instruction et le civisme, ça se passe mal : Afrique du Nord, Afrique subsaharienne… Au sein d’une tribu, la productivité est le dernier des soucis, il suffit de razzier les voisins ou de mener une campagne de piraterie (ou un jihad) afin de capter la valeur ajoutée que l’on ne sait pas produire localement. Parfois, on dispose d’esclaves à la maison ou aux champs. Autrement dit, le travail est mal vu, il est associé aux faibles et aux soumis, les forts et les riches font la guerre et ont des esclaves qui travaillent pour eux. Conséquence : inutile de s’instruire puisqu’il n’est pas question d’améliorer les méthodes de production. En revanche, on exige de l’individu qu’il se batte avec hargne et cruauté pour défendre les siens. On attend de lui qu’il considère les autres comme des « sous-hommes », tout juste bons à le servir ou à déguerpir ».
Bon. Vous allez vous en remettre…
Driss Ghali.
Quelques commentaires : 1. la typologie que dresse Ghali des différents peuples relève à la fois du cliché (Asiatiques travailleurs, Levantins commerçants…) et de la vérité* ! 2. Breizh-info est malheureusement un média internet de droite identitaire, et Driss Ghali est parfois invité sur Radio-Courtoisie. D’autre part, son éditeur, Jean-Cyrille Godefroy, non conformiste, fut le cofondateur, avec Cabu (!), du (mauvais) journal pacifiste satirique anti-Otan La grosse Bertha et professe aujourd’hui des positions non politiquement correctes sur la Russie. Son autre éditeur, L’Artilleur, édite des « climatosceptiques ». Ghali est-il donc « d’extrême » ? Est-ce « l’arabe de service » ? Ou bien les seuls médias qui lui permettent de s’exprimer sont-ils les précités… parce que cela les arrange bien ? Ou alors les autres médias ne veulent pas entendre ce discours ? Vous avez quatre heures…
*A ce sujet, je suggère de regarder les trois films de Philippe de Chauveron Qu’est qu’on a [-/tous/encore] fait au bon Dieu, avec Christian Clavier, où l’on voit que la frontière entre cliché et vérité est ténue…et que l’on peut en rire – n’est-ce pas les wokistes ?
Je vous vois venir, mais dans sa Contre-histoire de la colonisation Driss Ghali ne fait pas l’apologie de la colonisation, en soi « une idée tordue ». Ce qu’il dit est que le Maghreb était, avant la colonisation, un coupe-gorge misérable connaissant pauvreté, arbitraire et arriération : conditions sanitaires et économiques plus que précaires, « disette, criquets, lèpres et maladies de la peau, typhus, dysenterie ». « La magie et la superstition sont le seul recours du Marocain ».« Il connaît parfaitement sa place dans la société. Et de sa soumission dépend sa survie. Il baise la main du notable qui lui jette des miettes aux grandes fêtes religieuses, il se jette au pied du caïd qui […] le défend face au juge (cadi) qui […] penche toujours du côté de celui qui lui graisse la patte ».« La société est ainsi organisée autour de la relation patron-client ». « On n’a pas le choix, car l’Etat est minimal, il est même absent la plupart du temps ».« Agressivité plutôt que tempérance. Loyauté restreinte aux membres de la tribu plutôt que sens de l’intérêt général ».
Mais « si l’homme va mal, la femme a un sort plus lamentable encore. Elle n’est rien. Un butin dans les razzias qui éclatent de temps en temps […] Une marchandise que l’on achète en versant une dot à sa famille ». Quant à l’enfant, « il n’existe pas en tant que tel ». Et tout citadin « dans des villes fortifiées et fermées à clé la nuit par peur des pillards » assiste plusieurs fois par an à l’arrivée de caravanes « chargées de leur cargaison humaine, des enfants noirs, des femmes noires et des mâles noirs que l’on a castrés en cours de route ».
L’auteur établit aussi un panorama pré- et postcolonial de l’Afrique subsaharienne et de l’Indochine, que je ne reprendrai pas, faute de place.
La colonisation, maintenant. Les habitants d’un territoire colonial ont besoin d’être pris en main par « des infirmiers, des médecins, et des officiers de l’état civil, sans compter les instituteurs ». « Par millions, les Marocains, les Algériens et les Vietnamiens ont passé une vie entière sans voir […] un seul médecin ou un seul instituteur français ». « Ils ont vécu parqués dans une réalité hybride où leur mode de vie est maintenu et leur souveraineté est annulée ». Tout çà pour çà… Car, pour que l’Etat colonial développe des infrastructures d’énergie, de santé, de logement, de transport, etc., « il aurait fallu dédier des universités entières à l’étude des cultures d’Asie et d’Afrique, à la cartographie des religions et des sectes, à l’enseignement des langues, à l’analyse des sous-sols et de la biodiversité »… Or l’Ecole nationale de la France d’outre-mer n’a formé que des… administrateurs, sinon, elle ne serait pas française…
Code vestimentaire venant du Moyen-Orient.
Et après ? Driss Ghali écrit que depuis les années 1970-1980, « l’inégalité, le fait tribal et le fanatisme religieux » ont refait surface. L’inégalité :« Une école à deux vitesses est donc apparue, l’une en Arabe où l’on prépare les pauvres au chômage de masse […], l’autre en français où les « fils de » recevaient le sésame du succès ». Le fait tribal : le paysan, urbanisé, a importé ses mœurs. « Il refuse de payer l’impôt et s’engouffre dans l’informel », « il insiste pour payer un bakchich à l’infirmier des urgences pour passer en premier, il vomira sa détestation du régime […] mais se jettera aux pieds d’un conseiller municipal pour obtenir une prébende« . Il ne fera rien aussi pour s’assurer que ses enfants vont à l’école. Le fanatisme religieux : la religiosité populaire « a accepté d’assimiler des codes venus d’ailleurs, du Moyen-Orient en particulier ». « Les Maghrébins ont réinventé une noblesse religieuse qui a son mot en politique, dans la figure du barbu« .
Ouf !
Je vous laisse réfléchir, turbiner et cogiter sur tout cela, dans le contexte du relativisme culturel.
Vous me dîtes « Navalny », ce type connu pour ses opinions xénophobes et réactionnaires, soutien de la politique chauviniste grand-russe, qui avait qualifié les Géorgiens de « rongeurs » et les Tchétchènes de « cafards » ? Je vous réponds « Assange », enfermé depuis douze ans. Ah, excusez-moi : c’est vrai que vous appartenez au camp du Bien…C’est fou ce que les Occidentaux se trompent toujours : quand on leur demandait de citer le nom d’un dissident du système soviétique, ils répondaient systématiquement « Soljénitsyne », ce vieux raskolnik réactionnaire, alors que les opposants au système soviétique répondaient « Sakharov »… dont le prix éponyme avait malheureusement été attribué à Alexeï Navalny.Mais même le récit occidental sur la mort de ce dernier tombe à l’eau : « Je vais peut-être vous décevoir, mais nous savons qu’il est mort à cause d’un caillot sanguin », a déclaré Kyrilo Budanov, le chef du renseignement militaire ukrainien.
Macron veut envoyer des troupes contre une puissance nucléaire… Les élections européennes arrivent. Pour forcer les gens à « bien » voter, il faut jouer sur la peur : « si vous ne voulez pas voir les Russes défiler sur les Champs-Elysées, ne votez pas pour les populistes ou pour les extrêmes*, mais pour nous ».Désolé Macron, mais le théâtre d’opérations mondial, çà n’est pas le salon de l’Agriculture. Nous avons, en France, un Président qui ne comprend pas ce que représente une guerre nucléaire! Autant élire un enfant de cinq ans …
*En novlangue bienpensante, est populiste ou extrême tout ce qui ne relève pas de l’ordolibéralisme européiste.
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Autant je suis un partisan de l’IVG*, autant je suis contre le fait de tout inscrire dans la Constitution. Cette dernière ne doit pas être le doublon du Code civil, mais doit uniquement inscrire des principes.
*Quelle idée de désigner ce moment psychiquement et douloureusement important dans la vie d’une femme par un sigle froid technico-administratif…
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"[...] à côté du cadran indiquant des stations aux noms exotiques et mystérieux - Hilversum, Sottens, Allouis, Vatican, Kerguelen, Monte Ceneri, Bergen, Tromsö, Bari, Tanger, Falun, Horby, Beromünster, Pouzzoles, Mascate, Amara, - un cercle s'allumait et quatre faisceaux orthogonaux émis par un point brillant se rétrécissaient au fur et à mesure que l'on captait de plus en plus exactement la longueur d'ondes souhaitée [...]"
Je me souviens des derniers temps des postes de TSF en bakélite… Le cadran mentionnait en effet ces villes sur le territoire desquelles étaient érigés des émetteurs. Je soupçonne Georges Perec d’avoir inventé celui des Kerguelen, non captable en Europe. Allouis, dans le Cher, a émis pour Radio-Paris en 1938, puis jusqu’en 2016pour Paris-Inter devenue France Inter. Ce n’est donc pas une mauvaise transcription de Sarrelouis (Allemagne), où se situait l’émetteur d’Europe n°1 de 1955 à 2019.La joyeuse époque des grandes ondes, du noir et blanc, des 78 tours, des anciens francs et des téléphones à cadran !
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Dans le J’les confonds toujours précédent (https://champouin.blog/2023/06/01/jles-confonds-toujours-5/), j’avais évoqué Buffet et Dubuffet. Effectivement, dans Le Journal des Arts du 23 juin 2023, entrevue de Michel-Edouard Leclerc à propos de sa fondation, le Fonds Hélène et Edouard Leclerc, à Landerneau : « Nous recevons jusqu’à 7 000 scolaires par saison. Le livre d’or est très instructif. Les gens confondent Buffet et Dubuffet*, mais témoignent d’un véritable appétit de connaissances. »
*marcjoly, votre serviteur, faisait cette confusion jusqu’il y a très peu…
Suite de cette liste qui n’est pas prête d’être terminée :
le CAP FERRAT et le CAP FERRET – deux presqu’îles pour riches du sud de la France.
Le CAP FERRAT (< lat. ferratus = herbeux), on le sait, c’est le paradis des milliardaires sur la Côte d’Azur, juste à l’ouest de Villefranche-sur-Mer. Cela n’aura qu’un temps : la loi Littoral protège maintenant les site de tout excès d’urbanisation. Le tout est dans le mot « excès », à géométrie variable quand on a le bras long… Un phare à l’extrémité du cap sert à la régularisation du trafic maritime et à la veille visuelle des incendies de forêt. Le CAP FERRET (nom évoquant des dépôts ferrugineux dus à l’érosion d’une couche de grès) est le cordon littoral au sud du bassin d’Arcachon, qui fait face à la dune de Pyla*. De nombreuses personnalités, moins bling-bling qu’au cap Ferrat, y demeurent. Cette pointe est en train de s’éroder de trois à quatre mètres par an. Sur la presqu’île du cap Ferret se trouvent des forages exploitant une nappe de pétrole située à 3 200 m de profondeur, exploités de 1962 à 1994**. Là aussi, on y trouve un phare, et un sémaphore sert à la surveillance des incendies de forêt.
*Il y aura une entrée Pilat/Pyla dans cette rubrique.
** Je viens d’apprendre qu’on veut relancer les forages au même endroit!
Saint-Cap-Jean-Ferrat !
COLLONGES-LA-ROUGE et PEROUGES – deux « plus beaux villages de France » pour touristes.
COLLONGES-LA-ROUGE (en occitan Colonjas < lat. colonicas = terre cultivée par un colon), est un village de Corrèze, à 19 km de Brive, dans le Causse corrézien. Il est situé sur une faille de grès rouge aves lequel les maisons se sont construites. Les moines de l’abbaye de Charroux, dans le Poitou, y fondèrent un prieuré en 782. Puis le bourg devint une escale sur la route de Compostelle, et tira son activité des vignobles. L’épidémie de phylloxéra et l’exode rural vidèrent Collonges de ses habitants et le village se transforma en carrière de pierre. Afin d’enrayer son déclin, des mesures de classement furent entreprises dès 1905, qui en feront un site touristique et pittoresque quelque peu artificiel avec ses artisans et boutiques de souvenirs. Il est aujourd’hui malheureusement atteint par la gentrification. PEROUGES, d’étymologie inconnue, est une cité médiévale fortifiée juchée sur un mamelon à 300 m d’altitude. Elle est située à 35 km au nord-est de Lyon. Cet oppidum fut fortifié vers 1100 et subira diverses fluctuations politiques et de vassalité. Au 13ème siècle, il devient un bourg commercial. Après 1800, il subit son déclin et son vignoble est lui aussi atteint par le phylloxéra. En 1911, est fondé le Comité de défense et de conservation du vieux Pérouges. Après 1950 s’installent des artisans d’art… Même schéma, réplicable pour tant de villages « pittoresques » français… On pourrait aussi citer Carrouges, dans l’Orne, gros bourg plus que village, moins pittoresque mais un brin touristique.
Le CARTEL des Forges et le CARTEL des Gauches – deux classes politiques en lutte.
Appelé également et officiellement Comité des Forges, le CARTEL DES FORGES est une alliance créée en France (sur le modèle allemand) en 1864 par l’industrie sidérurgique et menée par Eugène 1er Schneider et Charles de Wendel. Il est réorganisé en 1887 en réponse à la structuration du mouvement ouvrier français. Il s’agit d’une part d’un cartel, c’est-à-dire qu’il décide du contingentement de la production et de la répartition des marchés, et d’autre part d’un organe réactionnaire de défense patronale, représentant le « mur d’argent ». Il sera dissous en 1940 mais renaîtra sous la forme soft de l’UIMM. Le CARTEL DES GAUCHES était une coalition électorale constituée non pas en 1936 comme on le croit, mais en 1924, entre les radicaux indépendants, le Parti radical et radical-socialiste, le Parti républicain-socialiste, et la SFIO. Cette coalition remporta les élections législatives cette année-là. Elle fut reconduite pour les élections de 1932 mais entraina une majorité parlementaire fragile. Les socialistes de la SFIO seront au gouvernement en 1936 de par leur participation dans la coalition du Front populaire (qui inclut cette fois les communistes) en 1936, et qui n’est officiellement et formellement pas celle du cartel des Gauches. Il est clair que, dans le contexte de la lutte des classes, « forges » et « gauches » s’affrontaient…
Du coup, il y a aussi un cartel des droites…
CHALON-sur-Saône et CHÂLONS-en-Champagne – deux villes françaises.
CHALON (sans S ni accent circonflexe)-sur-Saône est une ville de Saône-et-Loire, plus peuplée (45 000 hab.) que sa préfecture Mâcon. Le nom Chalon vient de Cavillonum, d’une racine cav- (hauteur) ou cab- (cheval). On ne connaît pas de traces archéologiques de la ville de Chalon pour la période antique, bien qu’étant un noeud de routes romaines. A l’époque franque, elle sera la capitale du royaume des Burgondes. Assiégée par Louis XI en 1478, elle reviendra à la couronne de France. A partir du 1er Empire, la ville va se développer industriellement (fonderie, verre, textile). C’est la ville natale de Nicéphore Niépce et de Gérard Collomb, récemment disparu. CHÂLONS (avec S et circonflexe) -en-Champagne (anciennement sur-Marne) est la préfecture de la Marne (45 000 hab. également). Son nom vient d’un peuple gaulois : les Catalaunes (d’où les fameux Champs Catalauniques). C’est dès le 12ème siècle une ville commerciale située sur une route « des foires » (commerce drapier). D’autre part la Marne ravitaillait Paris en bois et grains, vins et moutons. Au 19ème siècle, ce fut la montée en puissance du « champagne » (le vin). Dans les années 1970, une partie de la vieille ville fut détruite, ce qui fut dénoncé par le dessinateur Cabu, enfant du pays. En 1995, la commune, trouvant la Marne peu vendeuse, fit stupidement changer le nom en Châlons-en-Champagne.
– Dis, t’a vu Monte-Carlo ? – Non, j’ai vu monter personne. – Dis, t’as vu Monte-Cristo ? – Non, j’ai vu monter personne.
Annie Cordy
Le CHATEAU d’If et le CHATEAU de Monte-Cristo – deux bâtisses en lien avec Alexandre Dumas.
Quiconque a lu Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas connaît le CHATEAU D’IF. Ce bâtiment existe vraiment : il a été construit en 1529 sur ordre de François Ier sur l’îlot d’If de l’archipel du Frioul situé, comme son nom ne l’indique pas, au centre de la rade de Marseille. C’est une forteresse devenue prison en 1540. Au 18ème siècle, on y enferme les Protestants. En 1848, les émeutiers et après 1851, les bagnards en transit. C’est aujourd’hui un site touristique. Dans le roman de Dumas, Edmond Dantès y est enfermé, où il se lie d’amitié avec l’abbé Faria. Quant au CHATEAU DE MONTE-CRISTO, c’est la demeure que Dumas s’est fait construire entre 1844 et 1847 par l’architecte Hippolyte Durand à Port-Marly (Yvelines). « – Monsieur Durand, vous allez ici même tracer un parc anglais au milieu duquel je veux un château renaissance, en face d’un pavillon gothique entouré d’eau… Il y a des sources, vous m’en ferez des cascades. – Mais Monsieur Dumas, le sol est un fond de glaise, vos bâtiments vont glisser. – Monsieur Durand, vous creuserez jusqu’au tuf… Vous ferez deux étages de caves et d’arcades. – Cela vous coûtera quelques centaines de mille francs. – Je l’espère bien ! » Dumas choisit de baptiser sa demeure le « château de Monte-Cristo » en référence à son deuxième roman historique. Le plus cocasse est que Dumas a fait édifier, au milieu d’une île artificielle dans le parc, un petit castel néo-gothique de deux étages de briques rouges et pierre blanche qu’il baptise « château d’If » ! De nos jours, l’ensemble se visite.
« J’ai deux avocats, disait Mitterrand, Badinter pour le droit et Roland Dumas pour le tordu ». C’est tout à fait çà : Dumas, le cynique aux basses œuvres*, et Badinter, homme de convictions. Je trouve légitime que ce dernier finisse au Panthéon, à la différence de Simone Veil, qui, malgré son vécu et son courage, ne sera pas entrée dans l’Histoire. Jacques Vergès fut aussi homme de convictions, mais si Badinter aurait pu être l’avocat de terroristes, il n’en aurait jamais soutenu personnellement ni idéologiquement.
*Et même après Mitterrand : Dumas au Conseil constitutionnel fit tout pour invalider les maigres comptes de campagne du « bleu » Jacques Cheminade, mais valida celles, « irréprochables », de Balladur et de Chirac…
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Le pétard mouillé du mouvement des agriculteurs : aussi bien eux que le pouvoir proposaient un programme, une « liste de courses », mais pas de projet… Résultat : les vrais gagnants, c’est encore une fois la FNSEA, ce vivier… de ministres de l’Agriculture. Faut-il rappeler que ce « syndicat » fut fondé en 1946 par d’anciens membres de la Corporation paysanne, le syndicat agricole officiel du régime de Vichy ?
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Depuis l’Ukraine où il était né, l’écrivain yiddish Cholem Aleikhem (1859-1916) regardait la France de l’affaire Dreyfus comme étant ce pays extraordinaire où un Juif peut être capitaine et avoir seulement la moitié des gens contre lui…
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Olivia devint alors l'étoile d'une série touristique dans laquelle elle était la jeune américaine de bonne famille, pleine de bonne volonté, allant faire du ski nautique aux Everglades, se bronzant au Bahamas, aux Caraïbes ou aux Canaries, se déchaînant au Carnaval de Rio, acclamant les toreros à Barcelone, se cultivant à l'Escorial, se recueillant au Vatican, sablant le champagne au Moulin Rouge, buvant de la bière à l'Oktoberfest de Munich, etc., etc., etc."
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Il y a de ces coïncidences : j’ai connu une Claude Albert qui habitait rue Paul-Albert. J’ai aussi connu un Emile Desmas habitant rue Emile-Desmas. La rue honore son père, au prénom identique, fusillé par les Allemands en août 44.
Mais il y a mieux ! Quand Thierry Le Luron a commencé à se faire connaître, je me souviens mes parents dire : « C’est pas possible, c’est un pseudonyme… » Eh bien non : c’était son vrai nom ! Un fantaisiste s’appelait vraiment LE LURON.
Cette situation porte un nom. Un patronyme en lien avec la profession de son récipiendaire (récipient d’air ?) s’appelle un aptonyme.
Puisqu’on évoque les artistes, parlons de Blandine BELLAVOIR, la comédienne qui jouait Avril dans Les petits meurtres d’Agatha Christie. Si elle s’était appelée Mochavoir, çà ne l’aurait pas fait, comme on dit…. Et le dernier film réalisé par Pierre Richard, DROIT DANS LE MUR, fut… un bide. De toute façon, le cinéma fut inventé par les frères LUMIÈRE. Bertrand CANTAT, lui, chantait, bien entendu. Vous chantiez, eh bien tuez maintenant… S’il avait dansé, il aurait pu s’appeler Marius PETIPA ou bien Benjamin MILLEPIED ! Autre chanteur, Arthur H en a (lui aussi) consommé beaucoup… Chez les peintres : j’ai longtemps cru que le peintre Giovanni-Antonio CANALETTO portait un pseudonyme en lien avec Venise et ses canaux, mais il était en fait le dernier rejeton de la famille Canal1 ! Et le tchèque Bohumil KUBISTA (1884-1918) fut l’un des tout premiers cubistes ! Quant aux éditions GALLIMARD2 (fondées par Gaston GALLIMARD), elles portent bien leur nom : un gallimard, c’est un encrier.
1 Source : Cà m’intéresse, septembre 2023.
2 Une division de ce groupe éditorial s’appelle Madrigall, anagramme de Gallimard. Génial !
Coup double !
Les sportifs et assimilés ne sont pas en reste. Au choix : Dimitri CHAMPION (cyclisme) ou bien Thierry CHAMPION (tennis). Laurence ÉPÉE fut championne d’escrime et Michael GÉLABALE, joueur de basket3. Roger FRISON-ROCHE fut un écrivain et guide de haute montagne. Caroline AIGLE fut la première femme pilote de chasse.
3 Les puristes diront qu’on peut dire « balle » pour le foot et le hand, mais qu’on dit « ballon » pour le basket…
Incroyable mais vrai ! L’explorateur Amédée-François FRÉZIER (1682-1773) fut celui qui apporta du Chili nos fraises4. Le nom de Frézier est par une coïncidence extraordinaire une déformation du mot « fraise »5 : Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles le Simple à la fin d’un banquet à Anvers en 916 ; le roi le remercia en l’anoblissant et lui donnant le nom de Fraise, qui se déforma en Frazer après émigration de la famille en Angleterre, puis en Frézier, après son retour en Savoie pour faire souche6. Une anecdote analogue court autour d’un autre explorateur, Pierre Poivre (1719-1786), mais celui-ci n’acclimata que la muscade et le girofle…
4 Jusqu’alors, on ne connaissait en Europe de fraises que celles dites des bois.
5 Mais « fraise » vient de *fragasia, déformation du latin fragaria, et non pas de Frézier !
6 Source : Wikipedia.
L’agriculture est un beau sujet d’aptonymes, puisque Jean-Michel MÉTAYER fut dirigeant de la FNSEA, et Edith CRESSON ministre de l’Agriculture. Leur adversaire, Dominique BELLEPOMME, fut expert en pesticides. Marc DUFUMIER, lui, est agronome et enseignant à AgroParisTech. Quant à (Cantat ?) Roger DES PRÉS, ex-chanteur d’un groupe de rock, vient d’installer une… ferme (sous l’Arche de la Défense, toutefois…).
Un autre syndicaliste, Jean-Paul MÉGRET, est secrétaire général du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP) !
L’ingénieur et physicien Augustin Fresnel mit au point pour le phare de Cordouan une lentille en verre à échelons qui réfracte la lumière. Il en confia la fabrication à un opticien du nom de François SOLEIL (1775-1846)7 ! Plus tard, on eut le Dr Alain TARDIF, spécialiste de la chronobiologie, Didier NOURRISSON, spécialiste des comportements alimentaires (et non pas des bébés) et Jean-Louis CHEMINÉE (1937-2003), vulcanologue.
7 Source : Mémoires d’Avenir n° 52, octobre 2023.
A la fin du 19ème siècle, l’abbé LAGLAYSE formera et encadrera Pierre-Joseph Granereau, fils de paysans, comme ce dernier disait lui-même « au milieu de cette terre qui colle aux pieds » ! Laglayse s’associera au mouvement du Sillon de Marc Sangnier, et son disciple Granereau fondera celui des Maisons familiales Rurales8.
8 Source : La désintégration contrôlée de l’Education, Solidarité & progrès, 2023.
Le groupe FORMERET, « acteur majeur de la location de salles à Paris depuis 1984 », loue la plupart du temps ses salles pour des formations.
Quoi d’autre au menu (à part des fraises) ? Une entreprise de pompes funèbres d’Angers s’appelle TOMBINI, une autre, sise à Paris près du Père-Lachaise, s’appelle LECREUX. Les obsèques auraient-elles été célébrées par l’abbé, écrivain et psychanalyste Marc ORAISON (1914-1979), par Mgr MARIE-SAINTE (1928-2017), archevêque de Fort-de-France ou bien par Mgr AUMONIER, évêque auxiliaire à Paris ?
Jean-René FOURTOU a pris en 2002 la tête de Vivendi, entreprise fourre-tout s’il en est… Jacques GÉNÉREUX est économiste, président de l’Association internationale pour l’économie humaine. Jean MONNET, lui, était (malheureusement) monétariste… Michel DROIT a été journaliste et écrivain de droite, Marcel GAUCHET est un essayiste et sociologue de gauche.
Nous avons cité une ministre, mais ces derniers sont des grands fournisseurs d’aptonymes. Jacques DELORS9 pour les Finances, Claude ÉVIN initiateur d’une loi sur l’alcool, Elisabeth BORNE pour les Transports, Louis LE PENSEC pour la Mer… Pour les autres politiciens, Benoît APPARU, Jean-Vincent PLACÉ, Guillaume LARRIVÉ sont dans le tiercé des notables. Quant à Marion MARÉCHAL, là voilà ! Et qui se souvient du président du Parti de la Loi naturelle (prônant entre autre la lévitation) ? Il s’appelait Benoît FRAPPÉ.
9 Delors en Barre ?
Parfois, le nom décrit une réalité contraire : on parle alors d’antaptonyme.
Qui n’a pas ri à l’évocation des chaudières FRISQUET ? Ou du sinapisme10 RIGOLLOT ? Car un sinapisme sur la peau, çà pique, çà chauffe et çà n’a rien de rigolo. Quant à la société ONET (services aux entreprises), elle ne l’est guère car elle a été condamnée pour pénibilité et harcèlement, « formations à la va-vite, cadences infernales, pénurie de matériels »…
10 Un sinapisme est un cataplasme à base de moutarde. J’explique pour les millenials : un cataplasme est une préparation de plante assez pâteuse pour être appliquée sur la peau dans un but thérapeutique.
Un trou noir, c’est troublant.
Gilles Mahé
Connaissez-vous les Nouvelles Editions LATINES ? Elles ont leur siège à Paris 1 rue Palatine. Faudrait savoir ! De même, le musée du VIN, à Paris, se situe rue des Eaux, dans le 16ème arrondissement.
Un des grands géographes du 19ème siècle, auteur de la Nouvelle géographie universelle, s’appelait Elisée RECLUS ! Et de nos jours, Jean-Pierre LUMINET est un spécialiste des trous noirs. Quant à Cécile de FRANCE, c’est une comédienne belge !
Jean-Claude TRICHET, ex-gouverneur de la Banque de France porte bien son nom ! Sans oublier le judoka David DOUILLET ou Bérangère COUILLARD, ministre déléguée à l’égalité hommes/femmes.
Pour revenir aux aptonymes, rien ne vaut celui qui a le mieux incarné la France : Charles… DE GAULLE ! Là aussi, tout comme le jeune Daniel Cordier, beaucoup ont cru y voir un pseudonyme !
Enfin, je me sens moins seul ! Dans 20 minutes du 15 décembre paraissait un papier intitulé : « Le goût du fromage, je ne peux pas », ce qui a été longtemps ma situation. « Une étude vient mettre des chiffres sur ce ressenti. Quelques 6% des personnes interrogées par des chercheurs du Centre de recherches en neurosciences de Lyon affirment avoir une aversion pour le fromage ». Il existe de surcroît les tyrophobes, ceux qui ont une peur bleue du fromage, notamment ceux avec du pourri*. Je ne voudrais pas me lancer dans des règlements de compte familiaux, mais dans mon entourage, j’ai longtemps subi une sorte de harcèlement idiot par rapport à mon « cas »…Et comme depuis, il m’arrive d’en manger certains, on me fait les gros yeux : « Mais je croyais que tu ne mangeais pas de fromage ? » Et merde ! Sans compter ceux qui me voient manger du fromage blanc : « Mais tu manges bien du fromage blanc ! » Comme si le fromage blanc, c’était du fromage… Pouvez pas comprendre ! Et allez vous faire voir.
*fromages bleus, eux aussi…
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Macron craint un épisode Gilets jaunes bis ! C’est que les agriculteurs refusent à la fois l’Union européenne et la transition écologique, les effrontés ! Jusque là, aucun mot dans la presse française des manifestations de paysans, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Italie, qui durent depuis tout de même un an, déjà… Autre forme de censure en Allemagne : mettre le focus sur la montée de l’extrême droite plutôt que sur ces manifs. Alors les élections européennes approchent, et ordre est donné par Macron de faire de la câlinothérapie… Comme d’habitude, il dira « je vous ai compris ! », organisera un gadget (états généraux, livre blanc, participation citoyenne), et rien. Mais çà, c’était le monde d’avant…Et la Cgt Ratp a déposé un préavis de grève courant du 5 février au 9 septembre prochain.HA ! HA HA !HA !
« Ouiiin !!! Ils ont cassé notre JOuet ! »
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Discours de politique générale de Gabriel Attal absolument dégueulasse : attaque en règle contre les chômeurs, et en même temps « désmicardisation » qui consistera… à baisser les cotisations patronales sur les salaires supérieurs au Smic. Une fois deplus…
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"[...] ils montaient des drames historiques, des comédies de moeurs, des grands classiques, des comédies bourgeoises, des mélodrames modernes, des vaudevilles, des farces, des grand-guignolades, des adaptations hâtives de Sans famille, des Misérables ou de Pinocchio, où Fresnel faisait Jimini la Conscience avec un vieux frac peint censé représenter un corps de criquet et deux ressorts, terminés par des bouchons, collés sur son front pour figurer les antennes".
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Le dessin de bannière ci-dessus évoque notre rubrique Anti-index, mais représente aussi la philosophie des Archives Nationales : les archives courantes, celles « des boîtes Lyreco® du local du dernier étage » (anglais file management) se transforment avec le temps en archives définitives, à savoir en documents patrimoniaux et historiques (anglais archives).
C’est le troisième opus de notre anti-index. De quoi s’agit-il ? Il s’agit de relever dans un ouvrage des mots ou expressions cocasses ou décalées. Un lecteur innocent qui consulterait cet index pour avoir une idée du livre serait emmené sur des voies de traverses et des chemins détournés, assez borderline, où il croiserait Freud, San-Antonio, Rabelais ou James Joyce…
Aujourd’hui, notre source est Odon Vallet, Petit lexique des idées fausses sur les religions, Albin Michel, 2002.
Vallet est, avec Frédéric Lenoir et Jean-François Colosimo, l’un des trois vulgarisateurs français des religions*. A la différence des deux autres, il manie beaucoup l’humour et reste humble. L’ouvrage cité montre bien l’aspect freudien des religions. J’oserais dire que cela permet de comprendre les fantasmes et frustrations des -au hasard- islamistes (virginité, aspiration au paradis, culte du martyr…).
*Vous les avez sûrement vu à Noël à la télévision dans des émissions genre C dans l’air à l’occasion de l’incontournable marronnier « Peut-on encore croire aujourd’hui à l’esprit de Noël ? » ou quelque chose de ce genre...
[Nota : certaines entrées sont entre guillemets, citations ou bien typographies volontaires de la part de l’auteur.]
Agir comme un Crétois (p. 205)
Ascenseur du sabbat (p.188)
Bonzesses (p. 36)
Bop-bop (p. 36)
Confrérie soufie des Kizil Bash ou Bonnets rouges (p. 8)
Je vous souhaite une bonne année 2024 sans égorgement ni décapitation. Pendant les JO, çà ferait tache… Sauf pour Mélenchon et Chikirou, incapables de prononcer le mot « terroriste ». Ces deux-là osent tout : c’est à çà qu’on les reconnaît.
Quoi d’autre au menu ? L’assassinat d’un dirigeant des Brics (au hasard : Lula), un conflit contre l’Arabie saoudite, seul médiateur possible pour le conflit israélo-palestinien (sauf si Marwan Barghouti est assassiné dans sa cellule) et un petit krach financier de derrière les fagots.
Quoi d’autre encore ? Les « experts », hier de la covid, aujourd’hui de la Russie (les mêmes qui avaient prédit la chute « imminente » de Bachar el Assad), passeront six mois de plus à prévoir la fin du pouvoir russe, déjà prévue dès… février 2022 ! Caramba, encore raté ! Sans compter, comme l’a affirmé Lloyd Austin, le Secrétaire américain à la Défense, qu’il est « fort probable » que les troupes américaines se retrouvent bientôt en train de combattre la Russie en Ukraine… Pourtant çà devrait marcher : l’Union européenne, (avec bientôt à sa tête Mario Draghi qui a déclaré le 29 novembre que l’UE devait se transformer d’urgence en un Etat à part entière),c’est la démocratie et la diversité… Quoi ? J’ai dit une bêtise ?Enfin.. Tant que l’Otan ou le Hamas sont là pour nous débarrasser des punaises de lit…
Dernière minute : nous avons une ministre de la Santé, des Affaires sociales… et du Travail (mais pas de la santé au travail…). Et un ministère de l’Education nationale, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques… Faut-il en rire ou en pleurer ? Un ministère des JO ! Nous en sommes là ! Je suggère un ministère des Affaires étrangères, européennes et du football, voire un ministère de (l’agri)culture…Pendant ce temps, la Chine, dont les objectifs sont la fusion nucléaire, l’exploration spatiale et la recherche fondamentale s’esclaffe, et a raison de nousconsidérer comme des guignols.
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A chaque repas de fin d’année, surgit toujours le sujet clivant qui divise tout le monde à table et mène au clash. Il y a ainsi eu la covid (« Moi, j’te dis que c’est un complot des Chinois/que la covid n’existe pas/que les vaccins c’est dangereux »), la réforme des retraites (« Moi, j’te dis que c’est un complot pour éliminer les vieux/que la réforme est nécessaire pour éponger la dette »), la guerre en Ukraine (« Moi, j’te dis que Poutine va envahir la Pologne/que tout ça c’est un complot des pétroliers à cause des gazoducs »). Cette année, le sujet tournait autour de Depardieu.Pour ou contre Gégé…
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Sur Kissinger :
Julos Beaucarne (paroles et musique), Lettre à Kissinger, 1975
Kissinger, Delors… Ils ont fait partie de ces gens dont on se demande s’ils vivent encore… Or je suis tombé, en famille, sur une émission TV idiote (pléonasme) comportant une séquence intitulée Mouru/pas mouru ? Il s’agit de proposer des noms de célébrités à l’invité et de lui demander s’ils sont morts ou non !
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
Bartlebooth [...] y disposait, dans un ordre rituel, treize petits godets de couleur - noir d'ivoire, sépia colorée, terre de Sienne brûlée, ocre jaune, jaune indien, jaune de chrome clair, vermillon, laque de Garance, vert Véronèse, vert olive, outremer, cobalt, bleu de Prusse - ainsi que quelques gouttes de blanc de zinc de Madame Maubois [...]
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DE L’IMPOSSIBILITE DE VISITER LE MUSEE CLUMET
ou dix raisons psychosexuelles de ne pouvoir visiter un musée.
Un jour, je m’enquis d’aller visiter le musée Clumet (6, place d’Iéna – et – Paul-Painlevé réunis) à Paris, à savoir le musée des Arts Médiétiques et Asiavaux. Je ne voulais pas rater de contempler la fameuse oeuvre dite « aux Mille Fleurs »*, la Joconde de ce musée.
*Pour certains il s’agit d’un vase, pour d’autres une tenture. Faudrait savoir !
Malheureusement, cette oeuvre était partie pour une grande exposition à Sidney. Un article du Journal des Arts m’informa que la dite expo se terminait début octobre. » Bon, me dis-je, comptons qu’elle soit prolongée, comptons aussi le démontage/transport/remontage (car je ne suis pas naïf, je sais ce qui se passe en coulisses), je remets çà début janvier. »
Début janvier, je trouve porte close : une feuille A4 chiffonnée et de travers, fixée par un adhésif révélant des empreintes digitales et dans lequel un cheveu s’était inséré, disait qu’« en raison d’un incident tecnique [sic], le musée [était] exceptionnellement fermé. »
Autre jour, autre tentative. La salle dans laquelle se trouve l’oeuvre était fermée, car on montait in situ l’installation contemporaine Mon (mes) seul (s) désir(s) dont j’appris plus tard qu’il s’agissait d’une banderole en matière recyclée représentant un dragon chevauchant sexuellement une licorne, le tout s’appelant [Untitled #4], car l’auteur, « un artiste gay helvéto-ukrainien d’origine kényane qui vit entre Londres et Séoul » comme l’indiquait la plaquette de présentation, en avait réalisé d’autres.
Quand ce cirque fut terminé, je me cassai encore le nez. On ne pouvait accéder au musée. Celui-ci faisait l’objet d’un tournage pour la saison #2183 de Games of Thrones à moins que ce fut pour le dernier film de Woody Allen dans lequel Kate Winslet visite la Conciergerie, le musée Clumet et le Palais de Tokyo.
Lorsque je revins, le musée subissait un mouvement social. Un employé qui distribuait des tracts, un autocollant Cgt sur le sein gauche, m’informa que l’EPMC (Etablissement Public du Musée Clumet), suite à un audit du cabinet Deloitte, KPMG, BDO, PwC et associés, avait décidé de fusionner les surveillants, caissiers, conférenciers, agents de sécurité incendie et vendeurs de la boutique en un seul corps de personnel, lequel serait affublé d’un uniforme de pompier/vigile, sur le bandeau duquel serait inscrit « Clumet – Extrêmuséum ».
Tout conflit social a une fin, ne serait-ce que par usure, et je décidai de retenter ma chance. A l’approche du musée, une grappe de gens battait le pavé à l’extérieur, tandis qu’une sirène émettait, du tréfonds du bâtiment, un « dindon-dindon-dindon », entrecoupé d’une bouillie de messages qu’on ne saisissait pas. On m’expliqua qu’une alarme incendie s’était déclenchée, et que cela risquait de durer fort longtemps.
Je pris mon mal en patience et tentai encore un autre jour. Mais une foule considérable accompagnait déjà les couloirs, les quais et les rames du métro. En sortant, le quartier était bouclé. Le Comité olympique international avait décidé de faire passer la flamme éponyme par le musée Clumet, le sport étant désormais considéré comme une « pratique culturelle » et facteur de diversité et d’inclusivité. Le ministre de la Culture, Franck Ribériester, était lui-même un ancien joueur de foot.
De guerre lasse, je revins à l’assaut un mois plus tard. Hélas, des installations provisoires de type Algeco m’ont fait présager l’impensable : une feuille délavée par les pluies, insérée dans un transparent d’écolier, et le tout fixé par de l’adhésif type « déménagement », m’informa que le musée était fermé pour rénovation. Réouverture dans deux ans !
Salle khmère du musée Guimet ou bien frigidarium du musée de Cluny ?
…
Deux… cinq ans plus tard, le musée avait rouvert depuis quelques semaines et je fus comblé : finis le hall étriqué, les éclairages pisseux, les multiples marches à monter ou descendre et le parquet crasseux ! Malheureusement, la salle dédiée à l’oeuvre aux mille fleurs était privatisée : un défilé de mode s’y déroulait le soir même, organisé par la maison Gucciotte dans le cadre de la Fashion Week.
Je remis le paquet deux semaines plus tard. Stupeur ! Une affiche, ejusdem farinae que celles précitées, me signifia que le musée était définitivement fermé. « Pour en savoir plus, flashez ce QR code ». Nul code sur ce torchon : il figurait sur une autre affiche, format A2 et imprimée, fixée dans un cadre sur la palissade du chantier. Que je ne pus scanner, mon téléphone n’étant pas connecté à l’internet.
J’eus l’explication : la nouvelle ministre des Contenus culturels (nouvelle appellation du ministère concerné), Faune Pellegrin, avait pris la décision, en accord avec le Président de la République et l’Union Européenne, de sortir les musées nationaux encore non autonomes financièrement du giron de l’Etat (opération promue par Ingrid Micron, l’épouse du Président), et de les confier à des fondations « afin de réduire le fardeau de la dette ». Clumet revenait à celle créée par le milliardaire et mécène Marc Toutdroit de la Carrière. Les oeuvres, qui dormaient physiquement dans le musée, « tournaient » désormais dans des lieux culturels prestigieux à l’international : Venise, Abu Dhabi, Shanghai, Barcelone…
Consolation : on peut toutefois les contempler sur le web à condition, bien sûr, de s’abonner à Gogol Artefacts (99,99 € par mois).
Je mourrai sans revoir mon oeuvre aux Mille Fleurs, sauf dans un vieux Skira en noir et blanc, ou bien un Taschen des années 70 aux couleurs fausses…
La réalité dépasse l’affliction : la photo officielle de l’investiture du nouveau président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguéma, le 4 septembre à Libreville. Faut-il en rire ou en pleurer de ce militaire tout droit sorti d’une opérette d’Offenbach ?
Le ridicule vient-il du fait que le Gabon, contrairement aux pays du Sahel, appartient au « camp du bien » de la « communauté internationale » ?
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Je n’ai pas eu le temps d’évoquer Henry « qui s’ingère », dont le décès le 29 novembre ne m’affecte pas… j’en reparlerai probablement.
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"[...] Philémon écrit à Baucis :
J'y vy trois cents et neuf pelicans; six mille et seize oizeaux seleucieds, marchans en ordonnance et dévorans les sauterelles parmy les bleds; des cynamolges, des argathyles, des caprimulges, des thynnincules, des crotenotaires, voire, dis-je, des onocrotales avec leur grand gosier; des stymphalides, harpyes, panthères, dorcades, cemades, cynocephales, satyres, cartassonnes, tarandes, ures, monopes, pephages, cepes, neares, steres, cercopiteques, bisons, musimones, bytures, ophyres, stryges, gryphes."
Et non pas des Séleucides, des crottes de nez, des invalides, des Harpic, des satires, des Carcassonne, des Monop’, des bitures, des ophiures et des griffes !
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Enfin l’article musical de fin d’année ! Après les chansons listes (2021) et les chansons-tango (2022), voici les chansons idiotes.
Il ne s’agit pas de mauvaises chansons, ce qui n’aurait pas d’intérêt, mais de chansons volontairement et délicieusement idiotes ! Le registre du benêt ou de l’oie blanche existait déjà dans les opéras. L’opérette, avec ses livrets délicieusement (encore) invraisemblables, en a usé et abusé, mais le genre eut son heure de gloire entre approximativement 1885 et 1935 avec les comiques troupiers. Ces chanteurs, habillés en uniforme militaire de la guerre de 1870* (pantalon garance, épaulettes et tout le tralala), avaient l’art de débiter des conneries, comme on ne disait pas encore, avec le plus grand sérieux : c’était l’archétype du brave jeune homme mal dégrossi mais démerdard. Dranem et Georgius en ont été les chefs de file. Le dernier représentant du genre fut Fernandel**. Les trois précités ont tous d’ailleurs fait de l’opérette. Puis après-guerre le chanson idiote se fit rarissime. Je précise que Bo le lavabo ou Dur, dur d’être bébé et autres chansons récentes de beaufs n’entrent pas dans cette catégorie : en effet il ne s’en dégage aucun sel…
*On montrait ainsi qu’en 14, on avait une guerre de retard, ce qui s’est également passé en 40…
**La mode était, pour les artistes de l’entre-guerres, de prendre un nom de scène unique, à la fois nom et prénom (Damia, Polaire, Arletty, Raimu, Dalio…)
Dranem, donc, chanteur emblématique de son époque, faisait exprès de chanter un peu faux, parlait plus qu’il ne chantait d’ailleurs, et Maurice Chevalier s’en est beaucoup inspiré :
Dranem : Les p’tits pois (E. Spencer, F. Mortreuil), 1931.
Gaston Ouvrard (dit Ouvrard tout court), déjà cité dans Les chansons-listes (https://champouin.blog/2021/12/15/les-chansons-listes/). Avec Dranem et Georgius, il fut l’un des trois comiques-troupiers emblématiques de l’entre-deux guerres :
Ouvrard (paroles et musique) : Mes tics, année ?
« Est-c’que j’te d’mande si ta grand-mère fait du vélo ? »
Après-guerre, le filon comique-troupier était épuisé, l’opérette était mourante, mais beaucoup de chanteurs étaient issus de ce répertoire, comme Bourvil. J’aurais pu citer aussi la chanson Est-ce que j’te d’mande (si ta grand-mère fait du vélo – l’expression vient de là), tirée de l’opérette Trois jeunes filles nues de Raoul et Moretti avec paroles d’Y. Mirande et A. Willemetz, créée par Dranem et reprise par Bourvil. Voici la chanson la plus délicieusement débile de Bourvil, dans le navet de Jean Boyer : Le trou normand (1952).
Une déclaration d’amour ce n’est pas facile, on est tous passés par là ! C’est Boby Lapointe qui s’y colle, le pauvre ! J’adore le rire niais dont on ignore si c’est le sien où celui de l’aimée :
Encore déclarer sa flamme – ou l’entretenir… Mais ce sujet est un prétexte : dans la chanson qui suit, Brel, avec un accent inimitable, dénonce en réalité l’hypocrisie d’une société bruxelloise corsetée. Et l’on voit que Brel est un excellent comédien* :
*Je suis impressionné par la dentition de cheval du chanteur sur cette vidéo. Notons qu’il s’agissait d’un dentier, Brel ayant perdu ses dents dès sa jeunesse, en courant les cabarets. Ces derniers (dont Les Trois Baudets dirigé par Jacques Canetti) étaient de véritables négriers, et les artistes faisaient trois cabarets chaque soir pour avoir un sandwich…
Jacques Brel (paroles et musique), Les bonbons, 1963.
On le sait peu, mais entre 1966 et 1969, Coluche a éclusé tous les cabarets du Quartier latin pour chanter des chansons « sérieuses » (Trenet, Vian, Ferré, Brassens). Cela, ajouté au fait d’avoir appris la guitare tout seul, lui servira plus tard pour chanter des parodies. Dans celle-ci, il attaque la mode des chanteurs québécois du début des années 70 :
Coluche (paroles et musique Coluche et Xavier Thibaut), J’y ai dit…viens (chanson canadienne), 1974.
En 1976 arrive un ovni : Yvan Autain dit Yvan Dautun, comédien-chanteur plus ou moins libertaire (et accessoirement père de Clémentine Autain). Je l’ai croisé (lui, pas elle) récemment dans un restaurant, aux côtés des membres de la troupe originelle de la comédie musicale Notre-Dame de Paris, dans laquelle il joua.
Yvan Dautun (paroles et musique), La méduse, 1976.
Pour une chanson minimaliste, en voilà une ! Mais le contenu débité par nos politiques/experts/journalistes/sociologues/plumitifs est tellement indigent… Autant alors en faire une chanson, par Philippe Katerine, qui ose tout !
Comment ? Vous ne connaissez pas Didier Super ? Ce chanteur, inimitable avec son accent ch’ti, fait du second degré son fonds de commerce. J’aurais pu vous passer la chanson contre les complotistes, dans laquelle il dit : « et en plus les extra-terrestres, ils sont tous Juifs » ! Mais en voici une autre, dans laquelle il attaque aussi bien les touristes beaufs (style Grande-Motte) que les restaurateurs attrape-gogos. Une « performance » que n’auraient pas dénié des mystificateurs déconneurs comme Raphaël Misrahi ou Jean-Yves Lafesse :
On remarquera tout de même que, plus on avance dans le temps, moins ces chansons dégagent de substantificque moëlle. Autrement dit, les meilleures sont les plus anciennes… On ne sait plus ce qu’est le rire et d’autre part, on ne sait plus faire de chansons. Rires et chansons…
Horrible affiche de propagande dans le métro parisien… George Orwell m’a fourni la traduction de ce texte : « Enjambement des peuples, wokisme et austérité ». Une variante de l’affiche est Unité, sécurité et développement durable, que le dico Orwell traduit par » Sodomie de la Grèce par l’Allemagne sans vaseline, guerre contre la Russie et (toujours) austérité ».Je redoute la toute nouvelle génération, cible de ce lavage de cerveau, une fois au pouvoir. Les nouveaux S.A. …
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A voir sur Arte, un documentaire : Capitalisme américain, le culte de la richesse, (de 1870 à aujourd’hui) en trois parties. On y apprend la non-acceptation par les milliardaires du principe de l’Etat (l’idéologie libertarienne) ; le mythe (et l’imposture) du self made man, de Rockefeller cireur de chaussures à Steve Jobs bricolant dans son garage ; et l’argument de la philanthropie, exemptée d’impôts de surcroît (Carnegie, Bill Gates…) comme chantage pour l’acceptation de leur rôle de prédateurs.
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La cause palestinienne ? Mais comme le dit l’écrivain Kamel Daoud dans Le Point, elle « est morte le 7 octobre 2023, assassinée par des éléments fanatisés, englués dans une idéologie islamiste de la pire espèce. »
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"Il y a des rubriques politiques et syndicales, des pages sportives, des bandes dessinées, des nouvelles du lycée, des mots croisés, des petites annonces, des informations locales, des faits divers, de la publicité - généralement fournie par des parents d'élèves ayant un commerce à côté du lycée - et plusieurs rubriques de jeux et de bricolages (conseils pour poser le papier peint, fabriquez vous-même votre damier de jacquet, réussissez vos encadrements, etc.)"
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Un des grands géographes du 19ème siècle s’appelait Elisée… Reclus. Et en 1794, Xavier de Maistre, en résidence surveillée pendant quarante-deux jours suite à sa participation à un duel, écrivait Voyage autour de ma chambre. Toutes les destinations de voyage étant aujourd’hui galvaudées, voilà qui serait original :
Mais il y a pire, l’actualité – le procès du pédophile en série Jean-Christophe Quenot – m’a inspiré cette autre couverture :
Dans Marianne du 26 octobre, une entrevue (comme dirait Ardisson) avec Albert Dupontel. Bof… Toutefois, il s’avère que le bonhomme n’est pas inintéressant : « […] je n’aime pas le football […] ce sport est une sorte d’euthanasie populaire », « Je n’ai plus la télévision depuis vingt-cinq ans. C’est une source d’anxiété en moins dans ma vie », « Je suis tombé récemment sur un discours lumineux de Charles de Gaulle consacré à la question du capital. […] ce discours-là ne s’inscrivait dans aucune case. Le genre de discours qui nous manque cruellement aujourd’hui ».
Le besoin urgent d’illibéralisme que réclame notre société fait que beaucoup (re)découvrent de Gaulle. Surtout de la part d’anciens « gauchistes » : l’ex-mauroyiste Franz-Olivier Giesbert, l’ex-guerillero (de salon ?) Régis Debray, l’ex-mitterrandien Max Gallo et l’ex-libertaire Michel Onfray dont le dernier hors-série de sa revue Front Populaire s’intitule Quoi de neuf ? de Gaulle ! Ce quarteron mènerait-il, selon la novlangue orwellienne, une « croisade mettant en péril l’équilibre du rêve européen et des valeurs universelles de la démocratie en creusant ainsi le gouffre de la dette, participant là-même à la montée des extrêmes » ?
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"[...]il lui donna des explications techniques avant de lui faire visiter le Manoir à l'envers [...], le Palais lumineux [...], le Globe céleste, le Palais du Costume, le Palais de l'Optique [...], les Dioramas du Club Alpin, le Panorama transatlantique, Venise à Paris et une dizaine d'autres pavillons."
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Le numéro précédent de cette rubrique était consacré à la Place de l’Abbé-Georges-Hénocque. Je viens d’apprendre que c’est là que le militant d’extrême-gauche Pierre Goldman* (frère de Jean-Jacques) avait été assassiné en 1981. Pas de plaque commémorative : nous sommes dans le 16ème arrondissement, çà ferait mauvais genre !
*On notera qu’il fut une époque où l’extrême-gauche trotkyste, prolétarienne ou libertaire, n’était pas antisémite comme aujourd’hui. Elle comptait ainsi parmi ses rangs Alain Krivine, Daniel Bensaïd, Daniel Cohn-Bendit ou Pierre Goldman…
Aujourd’hui une rue consacrée à un autre abbé. Qui était l’abbé Gillet ?
Scrogneugneu ! Au fait cette rue se situe commençant avenue Alphonse XIII et finissant rue Jean Bologne (13ème arrondissement).
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Le début de la rue, en équerre, n’a aucun intérêt, mais la suite donne un air de village…
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…avec son clocher !
Quant à l’abbé Grégoire, on ne le présente plus. On notera que la rue de ce prêtre « de gauche » est proche de ce bastion « catho » qu’est la rue de Sèvres (rue de l’Abbé Grégoire : commençant rue de Sèvres, 75 et finissant rue de Vaugirard, 92).
On peut arriver à lire « sous-station Vaneau ». Je pensais que c’était une de ces anciennes stations d’alimentation électrique pour le métro, mais Jean Tricoire, Un siècle de métro en 14 lignes – de Bienvenüe à Météor, La vie du Rail, 1999, ne la mentionne pas. Il s’agit donc d’un ancien transformateur électrique sans rapport avec la RATP.
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Ce que c’était naguère (écoles techniques), et ce que c’est aujourd’hui, à savoir l’école Ferrandi, la « grande école » de cuisine.
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Un coin peint en blanc, c’est moins terne…
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Pas mal !
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Très belle verrière façon Art déco. On notera que l’hôtel s’appelle de manière faussement authentique « Saint-Grégoire », allusion à l’abbé Grégoire…
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Dommage qu’il n’y ait plus d’enseignes anciennes à Paris, ni ailleurs… Par contre, certaines enseignes modernes sont du genre « réponse à tout ».
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Que faut-il en penser ?
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Nourritures terrestres (de deux établissements différents). A droite, çà ressemble à du welsh rarebit (revisité avec du curcuma ?)…
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On remarquera que l’hôpital Laënnec n’est pas loin.
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En donnant vers la rue de Sèvres, curieusement la rue de l’Abbé-Grégoire se rétrécit et permet d’entrevoir les toits en tuiles des anciens bâtiments de l’hôpital Laënnec.
Faut-il absolument une solution à deux Etats : un Etat palestinien et un Etat-Nyahou ? Même dans l’horreur de l’adversité, il faut une dose d’humour, sinon on se flingue…
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LA LISTE PEREC DU JOUR :
"[...] un article sur le curare dans Science et Vie, un autre sur les épidémies d'hépatite dans France-Soir, les aventures du commissaire Bougret et de son fidèle adjoint Charolles dans les Rubriques-à-brac de Gotlib, plusieurs faits divers sur les habituels scandales financiers du cinéma français, une lecture hâtive du Cid, un roman policier d'Agatha Christie intitulé La Mort dans les nuages, un film avec Danny Kaye dont le titre anglais est Knock on Wood et le titre français Un grain de folie."
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Dans la rubrique Faux-nez (1/2) du 1er février 20211, à l’entrée « climatosceptique », j’avais écrit ceci : « Mot signifiant peu ou prou « ne croyant pas aux tendances futures du climat », et dont on affuble en réalité ceux qui doutent que ces tendances puissent avoir, en partie ou en totalité, une origine humaine, ce qui n’est pas la même chose ! Le débat est interdit : contredire le GIEC est un blasphème (faire les « gros yeux »…). Faut-il rappeler que le GIEC n’est pas un organisme scientifique ni une association de chercheurs, mais une association intergouvernementale qui examine et synthétise ce qui s’est publié dans la littérature scientifique sur la question de l’influence de l’homme sur le climat . Autrement dit, le GIEC n’est qu’un comité de relecture – et dans lequel les décisions se votent à main levée ! Quand les faits scientifiques relèvent de l’opinion… Les climatosceptiques ne sont pas encore des révisionnistes, voire des négationnistes, mais çà ne saurait tarder !2« Certains m’avaient dit : « Tu exagères… »
Eh bien, on y est…
Voici ce que nous apprend la publication en ligne Strategic Alert du 7 septembre 2023 : Norbert Häring, chroniqueur du quotidien allemand Handelsblatt, s’est penché sur deux entités à savoir le NKD (Netzwerk Klimajournalismus Deutschland – Réseau allemand de journalisme climatique) et le britannique WWA (World Weather Attribution)3.
Norbert Häring.
Le premier a publié une charte signée par 302 journalistes allemands. Le second a publié (en douze langues !) un Guide sur l’attribution [de causes qui dérèglent le climat] par les journalistes : les événements météorologiques extrêmes et le changement climatique4.
« Ce n’est plus du journalisme, mais de la propagande. »
Norbert Häring
Selon la Charte, la tâche des journalistes spécialisés dans le climat est de « reconnaître que le colonialisme et le paradigme de la croissance sont les causes de la crise climatique ». Elle consiste aussi « à déclarer que la crise climatique est une menace pour la démocratie et les droits fondamentaux ». Autant il faut en finir avec le colonialisme, autant ce texte exhale des relents wokistes : on sent que le développement ou le nucléaire sont forcément des instruments oppressifs créés par des mâles blancs hétérosexuels populistes sino-russes d’extrême droite… Ainsi, pour un exemple concret de la mise en oeuvre de la doxa du NKD, une publication Instagram de la chaîne publique WDR préconise de remplacer « changement climatique » par « crise climatique » (ce qui est déjà fait par tous), et « climato-sceptique » par « climato-négationniste ». Nous y voilà.
« zu einem klaren ethischen Ziel » : dans un but éthique… mon oeil !
Dans Briefing sur le climat, un autre document du NKD, il est recommandé de marteler la litanie suivante : « 99% des scientifiques sont d’accord » sur le changement climatique d’origine humaine. Häring commente : « […] la science a établi que les gens sont prêts à dire n’importe quoi si on leur répète assez souvent que la science l’a établi. » Et il ajoute : « Ce n’est plus du journalisme, mais de la propagande. »
Quant au Guide rédigé par le WWA, de même orientation, l’introduction à son édition allemande a été rédigée par Ozden Terli, le présentateur météo de la ZDF… Présentateurs météo, au rapport ! Pas d’écarts ! Norbert Häring souligne que parmi les sponsors de la WWA, figure le tristement célèbre Impérial College of London, qui a fourni des bases pseudo-scientifiques pour des contre-mesures environnementales…
Evelyne Dhéliat n’a plus qu’à bien se tenir…
On attend plus qu’un tribunal de Nuremberg pour climato-révisionnistes… Ne riez pas : certains parlent déjà du Tribunal pénal international pour non-respect des accords de Kyoto…
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