Métro loufoque – M 5

Publication hebdomadaire pendant le confinement

Nouvelles du front :

La première mention « J’aime » sur mon site (en l’occurrence, à propos du Dekoikonparle sur l’Inde), vient du blogueur Gabriel Guicheron et de son site L’Hexa-Dom, consacré à l’actualité guadeloupéenne. Mèsi an pil !

Record battu mercredi 25 novembre avec un acharné qui a réalisé 17 vues sur le site !

D’autre part, je n’ai pas de réaction de certains internautes proches, auxquels j’envoie une alerte à chaque publication. Toutefois, une lectrice, Mme Fracasse, de Choisy-sur-Moselle, me dit en off qu’elle « s’est bien amusée avec mon dernier billet ». Tout vient à point…

Le nom d’un des deux terminus de la ligne 5 du métro parisien ne fait pas rêver : Bobigny-Pablo Picasso, même si l’évocation de Picasso est susceptible d’apporter un peu de fantaisie. Je pense que le pompon est atteint sur la 8 avec Maisons-Alfort – Stade ! A quand « Drancy – Caisse primaire d’Assurance-maladie » ou « Stains – Centre communal d’action sociale » ?

Mais il y a un biais : serait-ce l’évocation même de Bobigny qui ne fisse pas rêver ? Ben oui… Architecture corbusiéresque + politique délibérée de non-mixité sociale + démission totale (et clientélisme) par rapport à l’Islam(isme ?) = ce qu’on sait, qu’il convient (moins quand même, depuis la fatwa lancée contre Samuel Paty) d’appeler le « vivre-ensemble ».

Pour revenir aux stations du métro étendu aux banlieues, on aura remarqué les noms de Léo Lagrange, Paul Vaillant-Couturier, Corentin Celton, Marcel Sembat, Louise Michel, Gabriel Péri, Guy Môquet, et Pablo Picasso, impliqué artistiquement dans la guerre d’Espagne. Sans compter Robespierre. Cela ne faisait pas non plus rêver ceux qui ne prenaient jamais le métro (« Chauffeur ! A Léo-Lagrange ! »). C’est que la RATP était un bastion communiste, et l’extension du réseau vers les « banlieues rouges » était une conquête par rapport à un métropolitain qui n’avait pas l’intention, au départ, de dépasser les fortifs. A propos de fortifs, allez voir l’exposition Paris 1910-1937 – Promenades dans les collections Albert-Kahn jusqu’au 11 janvier à la Cité de l’Architecture (sur réservation et sous réserve de réouverture au public et/ou de prolongation…)

J’ai dit Guy Môquet, pas autre chose !

Cinquième occasion pour marcjoly de réitérer l’exercice oulipien consistant à détourner les noms des stations, et selon une contrainte, rédiger un texte.

La contrainte d’aujourd’hui : introduire ces noms par ordre alphabétique de la dernière lettre !

M 5 : PIQUE-ASSIETTE – CHAPEAU DE PAILLE D’ITALIE

  • Bobigny – Pablo-Picasso > Pique-assiette
  • Bobigny – Pantin – Raymond-Queneau > Quenelle
  • Eglise de Pantin > Ca glisse, le patin !
  • Hoche > Moche
  • Porte de Pantin > Sorte de putain
  • Ourcq > Ours
  • Laumière > Lumière
  • Jaurès > Aurès
  • Stalingrad > Plantigrade
  • Gare du Nord > Hôtel du Nord
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Jacques Bonsergent > Jean dessert Jacques
  • République > Raie pudique
  • Oberkampf > Mein Kampf
  • Richard-Lenoir > Chat noir
  • Bréguet- Sabin > Mon beau sapin
  • Bastille > Baston
  • Quai de la Rapée > Carottes râpées
  • Gare d’Austerlitz > Gâteau, ce délice
  • Saint-Marcel > Ses mains sales
  • Campo-Formio > Ca va fort mieux
  • Place d’Italie > Chapeau de paille d’Italie

JEAN LA MAIN HAUTE

A l'Hôtel du Nord, le gâteau, ce délice -au miel- que ne délaisserait pas un plantigrade, était bon, donc, mais d'un moche ! On aurait dit un chapeau de paille d'Italie...  

Ailleurs, c'était quenelles, lumières, pique-assiettes... Une ambiance réveillon, quand une raie pudique (j'exagère...), lisant Mein Kampf, sorte de putain, Mon beau sapin, etc., décida de foutre le bordel.  Ha ! Cà glisse, le patin ! Baston, chat noir, et tout le tremblement ! 

Résultat : cure de carottes rapées, souvenir de ses mains sales, Argelès...  Ne manquait plus qu'un monastère dans les Aurès, retiré du monde, façon ours. Tout çà pour avoir fait le jacques. Quand Jean dessert Jacques, çà va fort mieux !

Déjà ?

Pour être court, c’est court ! Et je me surprends avec ce style elliptique, sans verbe. Qu’en pensez-vous ? J’attends vos commentaires…

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Ecr. l’inf. (1)

Parution hebdomadaire pendant le confinement

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

Je vous enjoins tous à regarder sur Arte le documentaire en deux parties Ku-Klux-Klan, une histoire américaine (à chercher sur arte.tv/guide/fr/). L’on en apprend de belles sur un mouvement anti-noir, çà on le sait, mais aussi antisémite et antidémocrate, mené par des prédicateurs galvanisés et pas défavorables à l’esclavage. Un mouvement qui a fini par délaisser les opérations d’envergure et isolées pour finalement multiplier les actes opérés par des « loups solitaires ». Un mouvement sectaire et mafieux, qui a infiltré une bonne partie de la société, et terroriste. Cà ne vous rappelle rien ? Bingo : entretien de David De Pas, juge d’instruction, dans le Parisien du 14 novembre : « Les organisations djihadistes, une synthèse parfaite entre secte et mafia ».

Je vous dis çà car j’entends trop souvent cette petite musique : « oui mais quand même, si on avait pas publié/republié/expliqué à l’école les caricatures, on n’en serait pas là ».

Moi-même, je n’aimais pas Charlie… sauf pour ses dessins ! Exception : ceux sur la religion. Je n’ai jamais été choqué, ni scandalisé, mais c’est qu’ils étaient tout simplement mauvais… Mais j’estime qu’un dessin, un journal, un livre, un film mauvais a tout de même le droit d’être publié…

Les islamistes n’ont pas attendu ces fameux dessins, ni « l’affaire du voile » pour passer à l’acte ! Comme on le verra, ils sont passé à l’acte depuis la création des Frères musulmans, en appliquant les méthodes de toutes les mafias terroristes du monde, du Ku-Klux-Klan en passant par la Camorra.

Avant tout, deux points :

Ceux qui se sont toujours couchés, avec les « pas d’amalgame » et « pas de vagues ». Ce sont les victimes et les idiots utiles du relativisme culturel, qui ne date pas des ethnic studies anglo-saxonnes, ni de mai 68, mais des années 30 avec l’Ecole de Francfort et les déconstructionnistes d’une part, et avec Lévi-Strauss d’autre part. Elisabeth Badinter raconte, dans le Figaro du 13 novembre, comment elle fut obligée de rentrer dans le lard d’une Danielle Mitterrand qui avait refusé de condamner l’excision et la polygamie sur le sol français, au nom du respect de toutes les cultures.

Ceux, en face, le Croissant entre les dents, et non pas sur le coeur. Nous allons en parler. Pour cela, je vous recommande la lecture de trois ouvrages, deux minces et un épais.

Si l’Islamisme est toujours « radical », c’est pour mettre en valeur un islamisme « modéré », bien sûr !

Tout d’abord, de Chahdortt Djavann : Bas les voiles ! (Folio Gallimard, 2003). Pour cette romancière et anthropologue d’origine iranienne, qui a porté le voile pendant dix ans avant de s’exiler en France, ce port, même volontaire, comme tout marquage culturel et discriminant, devrait être interdit. Cette interdiction, selon elle, devrait être un préalable à tout débat sur la laïcité et ce langage de fermeté aurait du être tenu il y a dix ou vingt ans [écrit en 2003 !].

Ensuite de Michel Onfray : Penser l’Islam (Grasset/Fasquelle, 2016) – disponible en Livre de Poche. Pour lui, « on doit pouvoir lire le Coran comme on lit la Bible, la Torah ou Platon […] Ce programme n’est un péché que chez ceux qui n’aiment ni la liberté ni l’exercice de la raison ». Certains diront que c’est à des Musulmans d’accomplir ce programme. Il y en a. Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, en sait quelque chose : il est sous protection policière…

Venons en au gros pavé, véritable somme sur les Frères musulmans : Mohamed Sifaoui, Taqiyya – Comment les Frères musulmans veulent infiltrer la France, Editions de l’Observatoire, 2019. Taqiyya, en arabe signifie littéralement la « prudence » ou « crainte » pour se « protéger ». Appliqué aux Islamistes, c’est la dissimulation : « montrer et dire le contraire de ce que l’on prépare, qui doit, en toute circonstance, demeurer secret et dissimulé », technique qui facilite l’infiltration.

Mohamed Sifaoui.

Comme son sous-titre ne l’indique pas, il ne s’agit pas que de la France : l’auteur explique le départ idéologique des islamistes, en la personne de l’Egyptien Hassan El-Banna (1906-1949), grand-père du gourou Tariq Ramadan, et fondateur en 1928 de la Confrérie des Frères musulmans, qui allait essaimer dans les pays du Croissant. Pensée totalitaire, méthodes redoutables, soutien à l’idéologie nazie… Ils n’ont en effet pas attendu les caricatures…

Tout çà, ce n’est que l’Orient compliqué ? Bon nombre de « cadres » des Frères se sont exilés en Occident à partir des années 50. En France l’Institut européen de Sciences humaines (IESH) de Château-Chinon s’appelle en arabe Al-Kouliya Al-Ouroubiya Lil Dirassat Al-Islamiya, c’est-à-dire Faculté européenne de Sciences islamiques. Bel exemple de taqiyya !

« Les organisations djihadistes,
une synthèse parfaite
entre secte et mafia ».

Juge David De Pas

Propagandistes prêts à bondir, chantage à l’islamophobie (fonds de commerce d’une certaine gauche), maîtrise parfaite des médias, destruction du féminisme par le voile, action sociale dans les banlieues abandonnées… Je ne vais pas dévoiler tout l’ouvrage de Sifaoui, mais ce dernier détaille le grignotage des mentalités et des institutions par les islamistes, non pas par leur force, mais par notre faiblesse et celle de nos dirigeants : Sarkozy, Hollande et Macron (jusqu’à récemment) ayant été malheureusement persuadés que, « quelque part », on pouvait « aménager » la laïcité.

Faut-il rappeler que Mohamed Sifaoui vit lui aussi sous protection policière ?

Addendum : le roman Soumission de Michel Houellebecq (Flammarion, 2015) est instructif par rapport au noyautage communautariste du monde universitaire, mais, comme le soulignent aussi bien Onfray que Sifaoui, Houellebecq ne connaît rien à l’Islam et voit l’action des « Frères » comme faisant partie d’un « grand remplacement » à la Zemmour alors que ces derniers veulent dévier les mentalités des musulmans du monde entier : il ne s’agit pas de croisade. Notons, pour faire écho avec le contexte du roman, que la Sorbonne a décidé de supprimer en 2019, sous la pression des communautaristes, le cycle de cours Prévention de la radicalisation animé par Mohamed Sifaoui !

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J’les confonds toujours (1)

PARUTION HEBDOMADAIRE PENDANT LE CONFINEMENT

Qui se souvient d’Anne Gaillard ? Cette journaliste, animatrice d’une émission sur France-Inter (L’Émission d’Anne Gaillard, 1975-1978), joua le rôle de porte-parole des droits des consommateurs. Dans le cadre de son activité, elle fit l’objet de quelques procès. Elle était réputée pour le caractère dictatorial de ses interviews, à la limite de l’hystérie. Un jour, lors d’une séance du Sénat, elle apostropha vivement le sénateur Henri Caillavet qui reçut une flopée d’injures, se demandant ce qu’elle lui voulait. C’est qu’elle s’était trompée de sénateur ! Elle avait confondu avec Marcel Cavaillé !

Nous avons tous fait ce genre d’erreur (je veux dire de confusion de nom !), surtout quand les (quasi-) homonymes ont la même activité !

Dans cette nouvelle rubrique, qui va nous occuper longtemps (ah ! Pour une liste, c’est une liste !), il ne s’agira pas des noms communs, comme erg et reg, deux caractéristiques géologiques du Sahara. Nous aborderons plutôt des noms propres – ces personnes et lieux géographiques que nous confondons souvent. Enfin, la liste n’est pas exhaustive : chaque soir, dans mon lit, je trouve un couple… je veux dire une paire ou un trio de noms propres qui se confondent ! Je vous en présente aujourd’hui six, mais il y en a, pour l’instant encore 80 ! De quoi tenir au moins quatre ans !

  • Konrad ADENAUER (1876-1967) et Dwight EISENHOWER (1890-1969) – deux hommes d’Etat.

Les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître le nom d’ADENAUER, plus pour des raisons de culture générale que de non-concommitance chronologique. Konrad ADENAUER, ancien maire de Cologne, fut un activiste anti-nazi et devint le premier chancelier allemand après le IIIème Reich, de 1949 à 1963 (trois mandats). Catholique fervent, comme de Gaulle, il fut avec le Général l’artisan de la réconciliation franco-allemande en 1963. Dwight EISENHOWER (surnommé Ike) fut un américain militaire de carrière. Commandant des Forces alliées pendant la seconde Guerre, puis des Forces alliées en Europe, il devint en 1952 le 34ème Président, conservateur, des Etats-Unis pour deux mandats, succédant à l’ignoble réactionnaire Harry Truman. Non seulement les patronymes de l’Allemand et de l’Américain sont proches, mais celui du grand-père d’Ike, immigrant allemand, s’orthographiait Eisenhauer.

La réconciliation franco-allemande de 1963 : signature du Traité de l’Elysée.
  • AGADEZ et AGADIR – deux villes berbères.

AGADEZ (ou Agades), fondé par les Berbères au XIème siècle, est un carrefour caravanier du nord du Niger. Il est aujourd’hui la base arrière des migrants de l’Afrique subsaharienne. AGADIR est un port du sud du Maroc, dont l’histoire n’est pas attestée avant le XIIIème siècle. Il a subi de nombreux tremblements de terre. Celui de 1960 a totalement détruit cette ville de 40 000 habitants, qui a été reconstruite 2 km plus au sud. Les noms des deux villes ont des origines tamazight, mais de significations différentes : AGADEZ signifie « rendre visite », ce qui s’impose pour un noeud commercial. AGADIR veut dire « escarpement ».

  • Alphonse ALLAIS (1854-1905), Maurice ALLAIS (1911-201o) et Emile ALLAIS (1912-2012) – que dire ? Trois aventuriers à leur façon ?

Dans une publication politique, j’avais lu un article sur l’économiste Maurice ALLAIS… prénommé Alphonse ! Alphonse ALLAIS est l’écrivain humoristique « bien connu »… mais qui l’a lu ? Ce fils de pharmacien fut plus intéressé par s’amuser que par les études. Esprit fin et observateur, c’était une plume acerbe, un formidable conteur de nouvelles, et un mystificateur de première. On excusera son anglomanie, beaucoup moins sa misogynie [A lire : Alphonse Allais, Oeuvres Anthumes et Oeuvres Posthumes, collection Bouquins, Robert Laffont]. Maurice ALLAIS, lui, reçut le prix Nobel d’économie en 1988, sur des travaux à contre-courant de la pensée libérale. De surcroît, il les avait réalisés en amateur, ce qui embarassa la bien-pensance des « économistes » ! C’est que Maurice ALLAIS était un scientifique de profession, sur des sujets de physique comme l’anisotropie de l’espace (rien à voir avec le Ricard). Quant à Emile ALLAIS, quasi contemporain du précédent, c’est un pionnier du ski alpin français (j’ai bien fait de vérifier : pour moi c’était un alpiniste). C’était la grande époque de la montagne, quand nous frisions roche (ah ! ah !).

  • Nicholas ANGELICH (né en 1970) et Martha ARGERICH (née en 1941) – deux pianistes classiques.

Oui, je sais, je suis désolé de vous parler de musique classique, car c’est de çà qu’il s’agit. Je les croyais tous les deux allemands ! ARGERICH, dont le nom est d’origine catalane, est argentine naturalisée (quel horrible mot! Ca fait empaillé…) suisse. ANGELICH est américain. ARGERICH maîtrise un répertoire très vaste. C’est à mon avis la meilleure pianiste avec Maria Joao Pires. ANGELICH est plutôt spécialiste de Brahms, mais je le connais peu.

Martha Argerich joue le concerto pout piano n°1 de Beethoven.
  • APPALACHES et APENNINS – deux chaînes de montagnes.

Les APPALACHES (deux P, un L) sont situées dans l’est de l’Amérique du Nord. Point culminant : le Mont Mitchell (2037 m) en Caroline du Nord. C’est drôle : je ne m’imaginais pas des montagnes dans cet Etat. Le nom vient d’Alpachen, une tribu indienne (rien à voir avec les Apaches !). Quand aux APENNINS (un P, deux N), ils sont la colonne vertébrale de l’Italie, de sismicité aigüe. Cette chaîne est communément divisée en trois parties : nord, centre et sud. Point culminant : le Corno Grande (2912 m), dans les Abbruzes. Le nom vient du celtique pen, sommet rocheux. A noter qu’une chaîne de montagnes lunaire porte aussi le nom d’APENNINS. Quel happening !

  • ARDECHE et ARIEGE – deux départements.

Oh, çà, çà doit être quelque part dans le Midi, là où vont les écolos et les baba-cool, mais j’les confonds toujours ! L’ARDECHE, situé au sud-est, correspond peu ou prou à l’ancienne province du Vivarais. De l’autre côté du Rhône se tient son symétrique : la Drôme. L’Ardèche, affluent du Rhône, traverse son département éponyme d’est en ouest. Privas, 8321 habitants, est la Préfecture la moins peuplée de France ! De même, ce département est le seul à ne disposer d’aucune commune desservie par la SNCF. L’ARIEGE, grosso modo le Comté de Foix, est au sud-sud-ouest (comme diraient les marins) et est frontalière avec l’Espagne. L’Ariège, affluent de la Garonne la traverse du nord au sud. Pour répondre à la première phrase de cette notice, un recours avait été demandé pour changer le nom du département en Ariège-Pyrénées, pour mieux situer le département afin de le promouvoir – rejeté par le Conseil d’Etat. « Chef-lieu » : Foix.

A suivre…

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Fromage et défiscalisation

PENDANT LE CONFINEMENT, CE BLOG PARAITRA CHAQUE SEMAINE

Peu ou prou, le présent blog a six mois (areu !). Par rapport à l’ancien (http://mrliste.hautetfort.com), celui-ci, à périodicité équivalente, est plus vu.

Le graphique sur la droite montre, sur six mois, le nombre de vues (en rose) et le nombre de visiteurs (en brun). Mais ne vous reposez pas sur vos lauriers, la répartition par semaine donne ceci :

Il y a eu en tout 125 visiteurs et 226 vues, dont 141 de France métropolitaine, 66 de Chine, 14 des Etats-Unis, 2 de Singapour, 2 de Monaco et 1 de Guadeloupe. Je soupçonne la plupart de naviguer sous VPN, c’est-à-dire sous localisation fictive, toutefois, les connexions chinoises se font via Baidu.

J’ai d’autre part 7 abonnés, dont l’ami Ruhaud, et Brice Auffoy (http://bricea.home.blog) à travers son blog La Page et la Chambre, site littéraire dont j’avoue ne pas m’y être trop intéressé jusqu’ici, mais je vais m’y plonger. Le peu que j’en ai lu avait un goût de revenez-y !

Que dire de ces « stats » ? C’est très très peu car je ne fais pas de billet quotidien, comme certains, mais une tendance s’amorce. Et je demande aux visiteurs occasionnels de ne pas être passifs : laissez des commentaires et faîtes connaître ! Blog trop intellectuel (j’essaie de relever le niveau) ou trop potache ? Trop ou pas assez dans une « ligne du Parti » ? Vous êtes aussi trop exaspéré, ou ravi, de mon obsession textuelle des listes (on ne se refait pas). Commentaires SVP !

En réalité, ce n’est pas de cela dont je voulais vous entretenir. L’actuel ministre de l’Agriculture est à l’origine d’une loi obligeant les camemberts (à propos de statistiques) à ne pas se contenter de la mention « fabriqué en Normandie » (on fabrique dans cette région bon nombre de « plâtres » industriels infâmes sous cette mention, avec du lait polonais ou autre), mais à mentionner, si c’est le cas, l’appellation d’origine protégée, elle seule étant la preuve d’un vrai camembert.

Ce ministre s’appelle… Julien Denormandie (né, comme son nom ne l’indique pas, à Cahors). Franchement, çà ne s’invente pas !

Mais je n’avais pas l’intention de parler de camemberts. Julien Denormandie a été aussi ministre de la Ville et du Logement, et est aussi à l’origine d’un de ces « dispositifs immobiliers défiscalisants » dont seule la France moisie des petits épargnants et des would-be notables a le secret. Malgré le mot « logement » dans l’intitulé du ministère, ce dispositif, comme tous les autres, a été concocté pour les investisseurs, comme on dit en novlangue libérale. C’est-à-dire ni vous, ni moi.

A la base, le fameux Malraux. Qu’est-ce que le plus littéraire et le plus idéaliste des ministres gaulliens est allé faire dans cette galère ? Il est vrai que le dispositif était destiné aux centres anciens présentant un patrimoine historique riche.

En 1996, apparut le Périssol. Ambigu, tout de même. Le mot évoquait un peu le soleil (parasol, tournesol…), pour peu, on y buvait le Ricard. Mais quand même quelque peu périssable, voir périlleux… L’investissement risqué, quoi !

En 1999 vint le Besson neuf. Pas Luc, ce beauf à la Dupont-Moretti, mais Eric, une de ces personnalités au look de cadre dont on dit : « Profession : libéral ». Et il est neuf, flambant neuf : le Lecanuet des temps modernes…

Patatras, en 2003 : le Robien classique. Un Robien ne peut être que classique : d’ailleurs, on dit Gilles de Robien. Les gens à particule, ils sont tous à l’UDF, ils sont les chantres du centre, comme Giscard. Mais comme si çà ne suffisait pas vint en 2006 le temps du Robien recentré, çà ne s’invente pas !

La même année, coup double avec le Borloo neuf et le Borloo ancien. Neuf peut-être mais chiffonné et pas peigné !

En 2009 : le Scellier. Çà fait sérieux, notarial, entre cave à vin et enveloppe scellée – la province patrimoniale, style Bordelais.

Quatre ans plus tard vit apparaître le Duflot… ou le Duflop, car il a fait un bide. Et coucou, voilà mon Pinel. Pas de gros mots, s’il vous plaît ! Pinel aura-t-il guéri la névrose défiscalisatoire ? Mais je confonds avec Philippe Pinel (1745-1826), l’un des pères de la médecine mentale moderne.

A propos, d’ailleurs, de cerveau qui disjoncte et de connections qui ne se font pas, voici le Cosse ancien, qui remplace le Borloo ancien, et nous aboutissons en 2018 au Pinel recentré

Tout çà, tout çà pour accoucher l’année dernière du Denormandie. C’était laborieux…

Et j’apprends qu’existe aussi le Censi-Bouvard !

Qu’en pense Pécuchet ?

Comme quoi fromage et défiscalisation, çà n’est pas toujours la Suisse !

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Dekoikonparle ? (2)

Inde(s)/Indien/Hindou

Sur mon lieu de travail, une minute de silence a été dite lundi 26 octobre en mémoire de Samuel Paty, victime d’une fatwa islamiste. Quelque chose, néanmoins, me chiffonne et ne me met pas à l’aise. La note de service annonçant cette cérémonie stipulait (de mémoire) : « pour ceux qui le souhaitent ». Cela m’a rappelé le cours de Samuel Paty, invitant « ceux qui le souhaitent » à ne pas regarder les caricatures, ou par effet miroir, à assister à la séance. Bien sûr, tout le monde est libre de faire ce qu’il veut : une minute de silence n’est pas une consigne professionnelle ! Mais dans ce cas de figure, « pour ceux qui le souhaitent » peut vouloir dire « si les valeurs républicaines heurtent votre sensibilité, n’y assistez pas ». Bien entendu, il n’y avait aucune mauvaise intention de la part de la direction, mais je pense qu’on a tous gardé dans notre inconscient l’attitude d’ « encore [se] coucher », comme le titre Marianne du 21 octobre.

N’y pensons plus (tout au moins le temps de lire ce blog), et évadons-nous avec le deuxième volet de notre Dekoikonparle ? :

Quand j’étais petit (oui, marcjoly a été petit), les Hindous vivaient en Inde, et les Indiens combattaient les cow-boys avec des plumes sur la tête. Aujourd’hui, ce sont ces derniers qui vivent en Inde, les Hindous se contentant d’être des adorateurs de Vichnou.

Alors Indiens ou Hindous ? Et pourquoi les Sioux ou les Apaches sont des Indiens ? Et « les Indes » ? Il y en avait plusieurs ?

On nous a tellement dit que le mot « hindou » n’avait rien à voir avec celui d’ « Inde ». En réalité, les deux sont dérivés de la version en vieux persan, hindu, du mot sanskrit Sindhu, l’appellation du fleuve… Indus. Tiens, un troisième compère ! L’Indus est en fait à l’Inde ce que le Nil est à l’Egypte : une colonne vertébrale qui a façonné la civilisation.

Le monde occidental connaissait dès l’Antiquité l’existence de l’Inde, de par les routes commerciales terrestres ou maritimes. Le mot eut tendance a désigner l’Asie lointaine, et quand Christophe Colomb pensait aller en Inde, il disait vrai : il voulait rejoindre l’extrémité de l’Asie, et les habitants du Nouveau Monde furent appelés… Indiens.

Ainsi, les Antilles furent appelées Indes occidentales, pour ne pas les confondre avec le sous-continent indien, mais aussi avec les Indes néerlandaises, à savoir notre… Indonésie, à l’époque colonie hollandaise. Les Anglais en rajoutèrent une couche, ou plutôt plusieurs avec leur Empire des Indes, qui comprenait les actuels Pakistan, Inde, Sri-Lanka et Birmanie. Jusqu’aux indépendances de 1947, l’on parla des Indes au pluriel.

Mézalor, mézalor (comme dirait Queneau), si les Indiens sont en Amérique, comment appeler ceux d’Asie ? On trouva une facilité : Hindous, car la plupart l’étaient, mais le mot désigne les pratiquants de l’Hindouisme, cette religion issue du brahmanisme. Et çà tombe bien : les Indiens parlent l’hindi, qui s’écrit en alphabet devanagari. La même langue se parle au Pakistan, mais avec l’alphabet arabe : c’est l’ourdou. Evidemment, en Inde, tout est compliqué : tout le monde n’est pas hindou (on compte des musulmans, sikhs, bahaïs, chrétiens…) et 40% seulement de la population parle hindi (langue officielle).

« Votre père ? -Hindou. -Et votre grand-père ? -Un dur ! »

Nouveau rebondissement : il fallait distinguer la nationalité de la religion. L’Inde fut à nouveau peuplée d’Indiens, et « ceux d’Amérique » devinrent des Amérindiens. Quant aux Etasuniens, ils ont d’abord dit Indians (ce qui est ambigu) ou Natives (considéré comme dégradant). Ils se sont ensuite rabattu sur Indian-Americans, tout aussi ambigu depuis l’immigration provenant du sous-continent indien. On n’en sort pas ! L’Amérique latine a, elle, gardé Indianos.

Enfin, cette appellation quelque peu internationale ne l’est pas du tout chez les intéressés : l’appellation officielle de l’Inde est Bharat. Rassurez-vous, dans le langage courant, les Indiens disent Hindustan : l’honneur est sauf.

L’Hindustan Ambassador : un modèle culte de la production automobile indienne !

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Mauvaises « translations » ! (1/2)

Nouvelles du front (sans majuscule…) :

Un fidèle lecteur, M. Lallouët, de Jeteux-Plumerai (Orne), donne l’exemple, lui : il a mis l’adresse du site en favoris. Prenez-en de la graine (ah ! ah !).

Quant à l’excellent Etienne Ruhaud (https://pagepaysage.wordpress.com), il publie Animaux, préfacé par Jean Renaud et illustré par Jacques Cauda, sorti le 13 octobre chez Unicité (12 €). Il s’agit d’un autre bestiaire fantastique, onze ans après Petites Fables. Vous pouvez le commander en librairie, sur le site d’Unicité, de la Fnac ou d’Amazon.

Le français menacé par l’anglais. Est-ce un désastre et la mort annoncée de notre langue ? Ou est-ce une évolution linguistique naturelle ? Seul le fameux cliché du « temps long » saura nous le dire…

Ce qui clair c’est qu’on ne parle plus correctement l’anglais : nous croyons parler la langue de Shakespeare, alors que nous parlons… le jargon de Nicolas Sarkozy croyant parler anglais !

Nous ne savons pas le traduire non plus, et nous tombons dans le piège des faux-amis, des contresens et de la paresse, car il faut réfléchir avant de traduire !

Cette rubrique est donc consacrée aux erreurs les plus courantes, et qui vont malheureusement plus loin que le registre journalistique. Votre serviteur, qui s’est adonné à la traduction dans une vie antérieure, vous en propose quelques unes.

  • Année fiscale – taxes.

Dans les traductions de textes américains, on trouve l’expression « année fiscale ». Y aurait-il des années où l’on paie des impôts, et des années où l’on en paie pas ? En réalité, fiscal year (ou FY) désigne l’année n pour laquelle la prévision des rentrées d’impôts a déterminé le budget de n+1. En bon français, çà s’appelle simplement l’année budgétaire ou l’exercice budgétaire. Les Américains considèrent le moyen (impôts et taxes) quand les Français considèrent le résultat (le budget) ! Sauf que le mot impôts apparaît peu dans les textes traduits de l’anglais, même britannique, car tax désigne aussi bien une contribution sans affectation particulière (impôt, TVA), que celle affectée à une ligne budgétaire précise (produits pétroliers, alcools, vignette automobile…). Sans indication techniques précises, mieux vaut donc traduire taxes par impôts

  • Bannir.

« Le gouvernement veut bannir le glyphosate ». Non ! Il veut l‘interdire. Ou alors le bannir de la liste des pesticides autorisés, ce n’est pas la même chose ! Bannir n’est pas interdire, c’est expulser, proscrire, refouler, mettre au ban de quelque chose. Bannir n’a pas un sens absolu. C’est qu’on traduit mal l’anglais to ban, signifiant interdire . Et bannir se dit to banish

  • Banque de l’Ouest.

Je l’ai vu une fois. Quelque chose comme : « Les investissements ont été alloués en faveur de la Banque de l’Ouest ». L’article parlait des rapports israélo-palestiniens. Bank, en anglais, c’est une banque, mais c’est aussi la rive d’un fleuve. C’est le sens véritable de la station de métro Bank à Londres, même si elle se situe près du quartier des banques… Dans le contexte palestinien (ou israélien, suivant les affinités), the West Bank désigne la rive ouest du Jourdain, c’est-à-dire la Cisjordanie, grosso modo les anciennes Samarie et Judée.

  • Billion.

Si vous lisez quelque part « billions » de dollars (ou d’euros), c’est qu’il s’agit d’un texte mal traduit de l’américain. Un billion, en anglais étasunien, c’est un milliard (1 000 000 000). Billion existe en français, mais il désigne un million de millions (10 puissance 12), et appartient à la série bi-, tri-, quadri-, quinti-, sextillion. Mais au point où planent les transactions financières, çà ne fait plus vraiment de différence…

  • Challenge.

Voilà bien un mot emblématique de notre monde libéral et compétitif ! Challenge, comme beaucoup de mots anglais, vient de l’ancien français chalenge (« débat », « réclamation », « défi ») < latin calumnia (« calomnie », avant extension de sens). Or, voilà, nous sommes en 2020, et un mot existe déjà : c’est justement défi. Seulement, défi fait duel dans le pré, alors que « challenge » fait start-up (pardon : jeune pousse) et BFM TV.

En français dans le texte !
  • Destroyer.

« Oh, c’est bien connu, un destroyer çà doit être une sorte de vaisseau de guerre, comme il y a les avisos, les corvettes, les croiseurs, les cuirassés, les frégates… Enfin, vous savez, moi, j’y connais pas grand-chose… » Voilà qui est dit ! Surtout que les cuirassés, çà n’existe plus : cela signifiait les navires de guerre en métal par opposition à ceux en bois… mais nous sommes là aussi en 2020 et le terme est obsolète ! Quant à destroyer, c’est un destroyer ship, mot-à-mot un « navire pour détruire ». En bon français, çà s’appelle tout simplement un navire (ou vaisseau) de guerre ! Il est vrai qu’au sens strict, il signifie également contre-torpilleur. Mais comme on le voit, il y a un mot français pour le dire !

  • Digital.

Nous voilà au pompon, à l’acmé, à la cerise sur le gâteau de la mauvaise traduction ! A tel point qu’une amie pensait que le mot désignait les objets commandés par effleurement. Cela aurait pu également être vrai, sauf que cela concerne aussi ceux à commande vocale ! Quoique le doigt… En effet a digit, en anglais signifie « chiffre », « numéro », et quoi de plus naturel de compter sur ses doigts : le mot vient de là. La digital technology est celle qui, au lieu d’enregistrer physiquement des informations (par microsillon, bande magnétique, pellicule photo…), les convertit directement en données chiffrées puis les restitue physiquement. Il s’agit donc, en français, de technologie numérique, par opposition à l’ancienne, analogique. A noter que certains se sont débarrassés de « digital », mais n’ont pas fait mieux : c’est la Fnac, dont le département numérique s’appelle maintenant en jargon « Fnac connect » [sic] !

To be continued, heu, à suivre …

Polémique, vérité et opinion

En guise d’apéritif, une contrepèterie en lien avec l’actualité : « Bécaud, je vous présente Magritte ! »

Pas de polémique ! C’est ce qu’on entend souvent. Les gens ont peur de la polémique. Elle est mal perçue en France : on croit qu’être polémique, c’est être intolérant. Parlez donc de (vraie) politique, ou tout simplement de ce qui relève des idées à vos collègues et amis, et vous ferez le vide autour de vous !

C’est que la population a bien été conditionnée, et ceci dès l’école.

En classe de français, il fallait être objectif. Le moindre écart, et le couperet tombait : « c’est connoté ! » Cette matière, faite pour développer l’argumentation et l’imagination, n’allait pas du tout dans ce sens ! D’ailleurs les manuels, dont le Lagarde & Michard, ainsi que les Classiques Larousse, nous obligeaient à penser ce qu’il fallait penser, puisque les fameuses Questions de bas de page de ces livres n’appelaient qu’une seule réponse. L’élève était littéralement soumis à la… question ! Claude Duneton avait très bien soulevé le problème dans Je suis comme une truie qui doute (Seuil, 1976).

Souvenons-nous de ce monument de l’enseignement du français qu’est la dissertation. Première partie : je pense carpe. Deuxième partie : je pense lapin. Et troisième partie : je fais la synthèse de la carpe et du lapin. Cà, c’est fort ! C’est de la prestidigitation ! Du « en même temps » macronien (ou plutôt jésuitique, en référence à ses maîtres). Evidemment, toute opinion n’est pas tranchée, loin de là ! Mais l’exercice est artificiel : pourquoi deux propositions de base ? Pourquoi pas une, ou trois, ou quatre ? Et pourquoi chacune de manière égale ? Unité de temps, de lieu et d’action ? Jardin à la française de la pensée ?

Je soupçonne les bêtes à concours de n’avoir aucune opinion sauf « tout pour ma gueule », ou d’avoir celle de l’idéologie dominante. Et c’est ce qu’on voit dans le monde du travail…

Conséquence de cette pensée unique précoce : le relativisme. Ainsi, il fallait que toutes les cultures se valent, et défense de hiérarchiser celles-ci, même si certaines ont bâti leur système économique sur l’esclavage, ou étaient rythmées par les sacrifices humains ! C’est ainsi qu’aujourd’hui l’on en vient à tolérer dans notre république des cultures (notamment orientales ou méditerranéennes) qui prônent l’infériorité des femmes ou l’antisémitisme.

Et l’on en vient à dire qu’il y a plusieurs vérités ! C’est confondre les opinions, les mentalités ou bien encore les visions du monde, avec la vérité. Sauf que nous ne sommes malheureusement plus en démocratie, mais en dictature de l’opinion, les médias étant le relais des aspirations des élites et l’outil de manipulation des populations, ne serait-ce que par le martèlement en boucle des infos. Vous n’avez jamais remarqué que les « opinions » de la machine à café sont des répétitions de perroquet d’infos qui traînent ?

« Le nucléaire est dangereux », « les Chinois sont des salauds », « çà ne sert à rien d’aller dans l’espace, occupons nous de la Terre d’abord »…

On connaît cette « opinion » : « en Russie, toute la presse est aux mains des oligarques ». Et de fermer les yeux sur la situation française, aux mains des Lagardère, Bolloré, Bouygues, etc. C’est que toute la presse française, hormis L’Humanité et Marianne, est pro-libérale. Eh bien, cela ne suffisait pas : en 2013, naissait un nouveau quotidien « libéral, européen et pro-business ». Son titre : L’Opinion ! Orwell pas mort !

On pourrait alors s’en tenir à la juxtaposition des opinions. C’est ce qu’on a d’ailleurs vu avec la crise sanitaire : 65 millions d’opinions différentes sur le masque, sur les gestes barrières, etc.

Alors ? Pour faire avancer le schmilblick, il faut ce que certains appellent le débat – je dirais, moi, la polémique [cf. la rubrique Ma bibliothèque amoureuse (4/l’infini) de ce blog, concernant les Dialogues de Platon], car les débats, en France, n’en sont jamais. Ne pas parler de politique à table ou en famille, par exemple, devrait être un péché (certains croient parler politique : mais ils s’agit au pire du « café du commerce », au mieux de la répétition perroquet mentionnée plus haut). Evidemment il faut pour cela l’éducation du citoyen à la chose qui s’appelle les idées – l’Education tout court, quoi ! Pas l’éducation nationale…

Ils en ont parlé !

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Le testament des Maastricheurs

https://champouin.blog

Mettez-le en « favoris »…

Des nouvelles du front :

Ce blog compte une nouvelle lectrice : Mme Fridigearium. Standing ovation !

Un M. Cottiè me dit : « J’en ai assè de voir écrit mélanges scientifiques. Où sont-ils ? » Réponse : cher ami, des considérations linguistiques ou géographiques sont-elles scientifiques ? Et puis un blog mène toujours là où on ne veut pas aller !

Une fidèle et charmante lectrice, Mme Laplanche, s’insurge du traitement que j’ai infligé au football. Je rappelle que mes écrits sont aussi polémiques… Je ferai ultérieurement un billet consacré à cette question, et à la manière dont la polémique est perçue en France.

Aujourd’hui, une nouvelle rubrique ! Celle consacrée aux textes de marcjoly, car votre serviteur écrit des textes, des poèmes, et même des chansons !

Ecrire… Tout un continent… Et le sentiment de culpabiliser car on a tous le prétexte de ne pas avoir le temps. Plus les injonctions de l’entourage : « mais tu devrais écrire ! » – Spécial dédicace (tiens, un terme qui concerne les écrivains !) : Etienne Ruhaud, Christophe Cottier et Eric Sauzé, trois connaissances qui manient la plume.

Vintage ! Le texte qui suit date de 1992 ! C’est un texte polémique (à ces mots, dix internautes français résilient leur abonnement) et politique, écrit dans le contexte de la signature du traité de Maastricht. Il doit être chanté sur l’air du Testamour de Jacques Dutronc.

Ce n’est pas que j’aime Dutronc ce cynique, ni Lanzmann son parolier, mais cette chanson m’était venue à l’esprit je ne sais comment, et je l’avais écrite en vingt minutes. J’avais reproduit l’esprit des jeux de mots du texte original.

Ma chanson qui, hors du contexte du moment, tombe à côté, mérite des explications. Dans ce « Bébête show« , il y a quelques personnages que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître.

« Je laisse Tonton à Tata. Je laisse Jack Lang à Tonton » : je demande de l’indulgence par rapport à ce dont on pouvait rire autrefois mais plus maintenant. Sous le jeune homme insouciant de 31 ans que j’étais perçait déjà l’horrible mâle blanc hétéro cisgenre de près de 60 ans que je suis…

« Je laisse […] Mickey à Bush » : c’était la construction d’EuroDisneyland. La population avait bien mordu à l’hameçon. Du coup, il était impossible, dans la conversation, d’être contre : « Mais çà va créer des emplois ! », hurlaient les gens…

« Chirac et ses odeurs » fait allusion à la malheureuse phrase de ce dernier sur les immigrés : « …sans compter les odeurs ».

« Je laisse Tapie à… didas » : faut-il rappeler que Nanard avait racheté Adidas pour une bouchée de pain pour le pressurer et le revendre (sa spécialité) ?

Maxwell, c’est Robert Maxwell, un magnat de la presse britannique et agent d’influence ultra libéral et européiste. Il s’était donné une image de philanthrope, grâce à la fondation qui porte son nom, navire amiral de ses nombreuses entreprises basé au Liechtenstein. « Tout au long de son parcours, il s’est montré un dirigeant aux pratiques malsaines » dixit Wikipédia qui, refusant de se mouiller, ajoute sans rire : « réf. nécessaires ». À 68 ans, Maxwell chuta « malencontreusement » de son yacht alors qu’il était au large des Canaries…

Paretti, c’est Giancarlo Paretti, l’ancien dirigeant du Crédit Lyonnais au moment de « la » fameuse affaire impliquant cette banque.

« Balcéro » est Leszek Balcerowicz, qui a infligé la « thérapie de choc » libérale à la Pologne après la chute du communisme pour récidiver en Ukraine.

Jean Monnet n’était évidemment plus d’actualité, sauf dans la tête des « centristes », nom de code pour désigner les mon(n)étaristes obsédés de la dette, à savoir notamment Barre comme Delors.

LE TESTAMENT DES MAASTRICHEURS


Je laisse Tonton à Tata. 
Je laisse Jack Lang à Tonton. 
Je laisse Cresson à sa botte, 
Le Pen à son oeil, 
Bush à oreille 
Et Mickey à Bush.
 
Je laisse un Rocard, sinon rien. 
Je laisse Giscard à son destin. 
Je laisse Chirac à ses odeurs, 
Villiers à la Vendée, 
La Vendée aux Deux-Sèvres 
Et Seguin à sa chèvre. 

Oui, de Maastricht faisons le testament, 
le testament de ce texte imbécile.  
Oui, de Maastricht faisons le testament,
Le testament de ces idiots utiles. 

Je laisse Béré à Govoy. 
Je laisse Tapie à... didas. 
Je laisse Maxwell à Marbella, 
Paretti au Lyonnais, 
Le lion à Belfort 
Chevènement je ne sais où. 

Je laisse la Pologne à Balcéro. 
Je laisse Havel à la Tchéco. 
Je laisse Thatcher à un tas de choses, 
Jean Monnet au fric, 
Barre à la monnaie  
Et Delors en Barre. 

Oui, de Maastricht faisons le testament, 
Le testament de l'Europe-zizanie. 
Oui, de Maastricht faisons le testament, 
Le testament de ces odieux nazis !

Texte génial selon les organisateurs, affligeant selon la police ! Brûlot politiquement méchant ou candeur crasse de l’auteur ? Boby Lapointe en herbe ou bien torchon potache ? A vos commentaires ! ♦

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Ma bibliothèque amoureuse (4/l’infini)

Retrouvez les autres Bibliothèques amoureuses sur :

http://mrliste.hautetfort.com/

Cette rubrique est un bol d’air destiné à se nettoyer des choses laides et abrutissantes : au jour où j’écris ce billet, va se tenir dans une heure cette horreur qui s’appelle le match de finale de la Ligue des champions, et qui procurera un orgasme à des hordes de beaufs au cerveau de petit pois déferlant sur les Champs-Elysées après avoir ingurgité et pissé des litres de bière. Beaufs y compris en col blanc (Hidalgo [Anne, pas Michel], Macron, Michel Cymes, Enrico Macias, plus tout le CAC 40) louant le libéralisme, à savoir l’argent facile des racailles footballeurs et rappeurs. Je gerbe sur ces deux dernières catégories. « Que chaque balustre d’urinoir public eût hérité de [leur] lambeau », comme écrivait Léon Bloy*.

*mais bien entendu pour de mauvaises raisons : à propos de Victor Hugo lors de son enterrement.

Alors, spécial dédicace pour une fidèle lectrice : Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie, qui attend impatiemment la quatrième numéro consacré à ma « bibliothèque amoureuse ».

Pour ceux qui n’ont pas connu le blog Mr. Liste (lien dans la bannière ci-dessus), il s’agit des livres de la bibliothèque personnelle de marcjoly, votre serviteur. Enfin ceux qui présentent un tel intérêt qu’il ne les prête pas. Un livre, c’est comme une brosse à dents. Il s’agit donc d’une bibliothèque totalement subjective et passionnée, j’en ai expliqué les raisons dans le premier numéro de cette rubrique (cf. donc, Mr. Liste).

Alors, voici. Je ne l’ai pas voulu, mais on remarquera que cette liste, établie « géographiquement » sur mes étagères, est quelque peu politique !

  • Cheikh Anta Diop, L’Afrique noire précoloniale, Présence Africaine, 1960.

Diop, auteur aussi de Nations nègres et culture et des Fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire, fut un africain anticonformiste. Ce Sénégalais, docteur en sciences sociales également spécialiste en chimie nucléaire, remarqua un certain nombre de points communs linguistiques et anthropologiques entre l’Afrique noire actuelle et l’Egypte ancienne. Il en déduisit après des recherches approfondies, que l’Egypte ancienne était peuplée de Noirs, que les langues de l’ouest africain proviennent de l’ égyptien, et que des structures sociales et mentales ouest-africaines (matriarcat, cosmogonie) viennent aussi d’Egypte. L’idée était bonne, mais les hypothèses s’avérèrent en partie fausses : on se dépêcha de traiter Diop de charlatan, et il fut de surcroît récupéré par les suprémacistes noirs. Un de ses émules, le camerounais Koto Essomé, mourut dans des conditions très étranges…

« Tu as raison, Socrate.
Cela est vrai, cela se peut. »

  • Tous les « dialogues » de Platon (Garnier-Flammarion).

Les « dialogues » de Platon sont en fait ceux du maître Socrate rassemblés par l’élève Platon. A la première lecture, c’est un peu déconcertant, çà ne ressemble pas à des dialogues, les interlocuteurs (ses élèves à l’Académie) face à Socrate se contentant de dire : « Tu as raison Socrate, cela est vrai, cela se peut… » C’est que le maître les pousse dans leurs derniers retranchements ! Attaché à la vérité, il ne veut pas les voir tourner autour du pot, comme les Sophistes… Cette quête de la vérité fut insupportable pour les élites de l’époque, accusant ainsi Socrate de pervertir la jeunesse (ils diraient aujourd’hui qu’il s’agit d’une secte). Mon petit doigt me dit que Socrate est toujours d’actualité…

Oh, non ! Décidément !
  • Michael Parenti, L’assassinat de Jules César – une histoire populaire de l’ancienne Rome, Editions Delga, 2017.

L’auteur, un Américain enseignant en sciences politiques, et pas vraiment à droite, démonte entièrement le mythe d’un César usurpateur despotique assassiné par des sénateurs voulant restaurer les libertés républicaines. Tout à l’inverse de l’image donnée par Cicéron, le lèche-cul de l’oligarchie, et par Shakespeare dans sa pièce Jules César (pour une fois, le génial William avait tout faux) ! Loin de l’image de la « brillante » civilisation, Rome était un empire de latifundia et d’escadrons de la mort, rien à envier à certaines dictatures d’Amérique latine… l’esclavage en plus. Sans parler de la  » ville aux sept collines » dans laquelle s’entassait un Lumpenproletariat d’esclaves et de plébéiens. César fit en réalité voter des lois pour améliorer la condition des pauvres (remembrement agricole, moratoire sur les dettes, limitation des avoirs privés…), ce que la caste des optimates ne put supporter…

  • Jeanne d’Arc, le procès de Rouen, lu et commenté par Jacques Trémolet de Villers, Les Belles Lettres, 2016.

On parle toujours des minutes du procès de Jeanne d’Arc, mais qui les a lues ? Les actes authentiques ont finalement été parus et commentés pour le grand public, grâce à Jacques Trémolet, avocat d’extrême-droite et catholique, certes (personne n’est parfait). Celui-ci a eu l’élégance de ne pas biaiser ses remarques par ses opinions ni sa foi, et commente le procès en bon avocat. On fait la connaissance d’une Jeanne bonne chrétienne mais surtout pas mystique, dont les « visions » ont été des intuitions, alors que l’accusation veut en faire une sorcière et n’a pas voulu l’emmener sur le terrain politique, de peur de se dévoiler. La stratège militaire qu’est Jeanne est forcément fine psychologue, et ne s’est pas laissée démonter. Elle a faibli uniquement par sa méconnaissance de la procédure. En lisant les minutes, on cerne le profil réel ou supposé des accusateurs et témoins : soft cops (comme on dirait aujourd’hui), bad cops, déterminés, sceptiques, avocats du diable, idéologues… Du coup, on aurait aussi voulu une « édition Vergès » de ces commentaires !

A suivre…

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Prie-Dieu pour dormeur seul

Je viens de lire de Sigmund Freud : Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient (Folio Gallimard, 1988 – traduit de l’allemand par Denis Messier).

Votre serviteur n’a pas tout compris, et la lecture est parfois pénible, surtout quand Freud essaie d’expliquer un mot d’esprit ou une histoire drôle. Comme dirait Coluche : « Oui, je sais, même en Suisse, elle a pas marché ».

Le célèbre barbu a recueilli un corpus de mots d’esprit, traits d’esprit, contrepèteries, charades, histoires drôles, et en particulier, évidemment, blagues juives. Le tout bien entendu en allemand, et le traducteur a fait comme il a pu !

« Oui, je sais :
même en Suisse, elle a pas marché ».

  • Coluche

Je n’ai pas reproduit ici de Yiddishe Vitze, elles sont connues, et il existe plein de recueils à ce sujet [Lire entre autres Leo Rosten, Les Joies du Yiddish, Calmann-Levy, 1994 ; Marc-Alain Ouaknin, Dory Rotnemer, La bible de l’humour juif (1 et 2), Ramsay, 1995 et 1997]. Voici un florilège des autres blagues citées dans le livre de Freud, que j’ai  choisi d’illustrer par Dubout :

Freud présente le Witz (plus qu’une histoire drôle, une substantificque moelle), comme étant spécifiquement allemand, alors que c’est typiquement Jüdisch mitteleuropäisch ! En fait, un bon Witz doit provoquer, vers la fin, un « aha ! », preuve qu’une magie s’opère… 

Quoi ! vous êtes marié ?

– C’est vrai. Epousantable, mais vrai. 

La vanité ? Oui, c’est l’un de ses quatre talons d’Achille.

Le couple X vit sur un assez grand pied. Aux dires des uns, le mari, ayant gagné pas mal d’argent, disposerait maintenant d’un joli petit matelas ; selon d’autres, la femme, ayant disposé d’un joli petit matelas, aurait gagné pas mal d’argent.

Un des premiers actes de Napoléon III après son accession au pouvoir fut confisquer les biens de la maison d’Orléans. On fit, à cette époque, l’excellent jeu de mots suivant : « C’est le premier vol de l’aigle ».

Heine, à propos d’une dame complaisante : « Elle ne pouvait se résoudre à refuser, à rejeter, à éliminer quoi que ce soit, si ce n’est ses urines ».

Un adjudant à un appelé n’éprouvant aucun goût pour le service militaire : « Ecoute, achète-toi un fusil et installe-toi à ton compte ».

Je m’étonne que les chats aient le pelage percé de deux trous à l’endroit précis où se trouvent leurs yeux.

Frédéric le Grand entend parler d’un prédicateur qui a la réputation d’avoir commerce avec les morts. Il le fait venir et lui demande : « Pouvez-vous évoquer les esprits ? » L’homme répond : « Sire, je suis à vos ordres. Mais eux ne veulent pas venir ».

Cette épigramme de Lessing :

A ce qu’on m’a raconté,

Cette bonne Galathée

Se teint les cheveux en noir ;

Toute autre est la vérité,

Car ils étaient déjà noirs

Quand elle les a achetés.

Eine zweischläfrige Frau (une femme à deux places).

Ein einschläfriger Kirchenstuhl (un prie-Dieu pour dormeur seul).

– Comment s’appelle un cannibale qui a dévoré son père et sa mère ?

– Un orphelin.

– Et quand en plus, il a dévoré tous ses autres parents ?

– Un légataire universel.

Et enfin, ma préférée :

Cette jeune fille me fait penser à Dreyfus. Les militaires ne croient pas à son innocence.

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