Je vous recommande l’interview de Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse qui a travaillé pour l’OTAN, publié le 15 mars sur le site suisse Zeitgeschehen in Focus. Il est intitulé : La politique des Etats-Unis a toujours été d’empêcher l’Allemagne et la Russie de coopérer plus étroitement. Vous pouvez trouver la traduction française sur https://solidariteetprogres.fr, le site du mouvement de Jacques Cheminade.
Au moment où Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour, il est temps de mettre les choses au point. Son discours tourne autour d’un sujet : l’immigration. Si on peut trouver légitime d’entrer en guerre contre la « racaille », contre les cultures non solubles dans la République ou contre le regroupement familial, le sujet n’est pas l’immigration en soi. D’ailleurs, ce n’est pas la priorité des « gens oubliés », pourtant en souffrance à cause des incivilités et de l’insécurité, et malgré la qualification des gilets jaunes « d’extrême-droite » par les médias. Le Pen n’est surtout qu’une souverainiste frelatée qui n’a pas les couilles de sortir de l’UE et de la BCE.
Alors, quand on parle des Arabes, dekoikonparle ?
Les Anglo-saxons distinguent arab (critère ethnique), arabian (critère géographique) et arabic (critère linguistique). Car dans les pays arabes, il n’y a pas que des Arabes ! Et l’arabe peut être parlé ailleurs que dans les pays arabes…
Au départ, les Arabes sont des sémites (çà y est, je viens de déclencher une guerre mondiale !) originaires de la péninsule dite arabique. Ils sont aujourd’hui également présents dans le reste du Moyen-Orient, au Machrek (Egypte, Soudan, Libye), au Maghreb et sur la côte est de l’Afrique (Somalie, Mozambique), soit « les pays arabes ».
« Qu’est-ce que c’est que ces Portugais qui viennent bouffer le pain de nos Arabes ? »
Coluche
Mais dans ces pays vivent aussi des non-Arabes : Kurdes (Syrie, Irak), Juifs (Palestine), ethnies africaines (Soudan, Mauritanie, Somalie) et Kabyles (Maghreb). C’est que la plupart de « nos » Arabes, comme dirait Coluche, sont en réalité des Kabyles !
Chrétiens syriens. Ce sont de vrais Arabes.
En dehors de toutes ces régions citées, si on ne parle pas arabe, on peut en utiliser l’alphabet ! Ainsi les Iraniens (le farsi), les Pakistanais (l’ourdou) [cf. Dekoikonparle ? (2)] et les Afghans (afghani, pachto, baloutche). Le président turc Erdogan voudrait bien « détricoter » l’héritage kémaliste en rétablissant l’alphabet arabe.
Mais voilà que çà se corse (il y a toujours un moment où çà se corse dans un Dekoikonparle) [faire un Dekoikonparle sur la Corse]. Car on a tendance à confondre arabe et musulman.
Ainsi, le pays musulman le plus peuplé est… l’Indonésie, peuplé de Malais et de Chinois. Sont aussi musulmans : le Pakistan, peuplé d’Indiens et de Baloutches ; l’Inde (20% de musulmans indiens) ; la Turquie (Turcs) ; le Nigéria (50% de musulmans Yorubas ou Igbos) et bon nombre de pays d’Afrique dite subsaharienne ; les pays en -stan (Kirghizes, Turkmènes, Tadjiks…), sans compter l’Albanie ou la Bosnie-Herzégovine…
Indonésiens. Des Arabes, vraiment ? D’ailleurs, ce monsieur a un faux air d’Obama…
Alors, retrouvons Coluche : « Ouais…, les Arabes…, tout çà… » Et comme le dit un occupant « arabe » de mon immeuble, peuplé en majorité de Cambodgiens : « Ouais… , les Chinois… , tout çà… ».
Vous vous êtes tous jetés dans la gueule du loup : 22 vues pour la rubrique renversante du 1er avril !Un record !
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« Pas la peine de tout rejeter en bloc. Une personne n’est pas un pays. Un président n’est pas une nation à lui tout seul. Une culture est toujours plus grande que le peuple dont elle jaillit, mais sans ce peuple elle n’existerait pas. Alors un peu de nuance ô monde », écrit à juste titre l’autrice du Blogue du vestiaire, ma lectrice « Mme Laplanche » (leblogueduvestiaire.blogspot.com). D’avoir ostracisé les artistes classiques Valerii Guerguiev ou Anna Netrebko est un scandale ! De mettre en veille le programme ExoMars, à cause de la participation des Russes en est un autre. Et puis on a en effet oublié que de grands esprits russes comme Gogol ou Prokofiev étaient ukrainiens. Car il n’y a pas d’Ukrainiens ni de Russes « de souche », mais un peuple souvent « mixte ».
Un dessin dans Marianne : un père de famille bobo qui dit « je vais voir dans le grenier si on n’a pas des trucs russes à boycotter ». Bien vu !
Le ton désagréable de nos échanges avec Moscou est loin des amabilités que nous réservons à nos amis démocrates du Qatar ou de l’Arabie saoudite…
J’ai entendu à la radio l’expression « les Alliés » pour désigner « le bloc occidental ». La France n’a pas déclaré la guerre à la Russie, que je sache.
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Pour nous changer les idées, connaissez-vous ce jeu qui consiste à substituer, dans toutes les expressions contenant « coeur », le mot « cul » ? Fou-rires et bonne humeur assurés ! Vraiment, si nous n’avez pas le moral, je vous le recommande ! J’y reviendrai peut-être…
Autre exercice : prendre n’importe quel texte, et finir chaque phrase alternativement par « par devant » et « par derrière ». Succès garanti !
Le tourisme de masse, c’est quand les gens sucent des glaces dans la Galerie du même nom !
Mais voici un autre exercice plus subtil, mais pas forcément hilarant : mon lieu de travail est proche du musée des Arts décoratifs, dont la façade (une partie du Palais du Louvre) en rénovation est recouverte d’une gigantesque bâche à la gloire de la marque Dior, une de ces bâches dont les marques suent la vulgarité et l’obscénité d’une culture bling-bling servant de modèle à une génération mondialisée dont les touristes du Louvre et des Champs-Elysées sont les représentants. Il y a pire que Dior : Zalando, sur le chantier du Théâtre de la Ville, exhibait il y a peu en format XXL le sporstwear de style racaille, avec tronches idoines.
Mes collègues féminines semblant malheureusement n’y voir que du second degré, j’ai voulu porter la chose au niveau quelque peu métaphysique (?) :
Dieu
Dior*
A la grâce de Dior
*Dior émeut (Nietzsche)
*Dieu aime or (Christian Dieu)
Dieu dit : « or ! »
Dior dit : « heu… »
Dior seul le sait
Dis : « hors Dieu ! »
Dis heu… « DIOR ! »
Dior soit loué !
J’aime Dior partout : sous tous les ciors, dans tous les liors, et même au pior !
Dans l’article précédent, la personne qui interroge de Gaulle sur l’illustration de bannière, n’est pas Robert Badinter, comme certains l’ont cru, mais le journaliste Michel Droit.
Dans la série Mauvaises « translations », j’aurais pu ajouter une entrée « acronymes ». En français un acronyme est syllabique (Medef, Unesco), alors qu’un sigle s’épelle lettre par lettre (« èratépé », « ertéel »). Acronym, en américain signifie « sigle » de manière générique. Acronyme, çà fait américain, moderne, libéral… « Sigle », çà fait ringard, monde d’avant, gaullo-communiste, quand on mettait des points entre chaque lettre : C.E.A., S.N.C.F., C.G.T., U.R.S.S. Alors dans le monde d’aujourd’hui, on dit : acronyme…
On en a vu passer des sigles socio-économico-statistiques du genre : le BOF, la PIPE, le CRADOC. Heu pardon : le CEVIPOF, le BIPE, le CREDOC ! On n’a jamais su ce que c’était… Les sigles administratifs ne font pas rêver non plus, mais la DIRECCTE (DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) est bien trouvée. Quant au plan ORSEC (Organisation de la Réponse de la SEcurité Civile), il ne concerne pas seulement les inondations, malgré son nom !
Comme on vient de le voir, il y a quand même certains sigles intéressants, et c’est là où je veux en venir aujourd’hui.
Ne vous trompez pas de Raid !
Par exemple : le GRIMP. Il s’agit du GRoupe d’Intervention en Milieu Périlleux [des Pompiers de Paris], qui effectue des secours en paroi, secours en puits… Pas mal, non ? Dans le même ordre d’idées : le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion).
Les partis politiques, syndicats et assimilés ont été de grands pourvoyeurs de sigles et acronymes. Le MODEM (MOuvement DEMocrate), voiture-balai de politiciens tocards, a emprunté à l’informatique grâce au modulateur-démodulateur, pas plus loufoque que le MOU (Mouvement Ondulatoire Unifié) cher à Pierre Dac. Dans SUD (Solidaires, Unitaires, Démocratiques), l’acronyme, par sa fraîcheur, apporte plus de sens que sa signification bateau. Quant au CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), si je n’aime pas du tout ce mouvement communautariste, le sigle est, lui, très bien trouvé. Dans la même idéologie, il manque une lettre pour échapper au PIR, à savoir le Parti des Indigènes de la République. Il y eut d’autre part il y a plus de trente ans le POE (Parti Ouvrier Européen). On pense tout de suite au grand Edgar, qui aurait pu donner son nom à la… poésie ! Le POE ayant existé aussi en Italie, la blague a été faite par Andrea Camilleri dans une de ses enquêtes du commissaire Montalbano ! Enfin, relevé dans Marianne n° 1300 du 10 février : les Juifs reniant les valeurs de leur culture jusqu’à tendre vers l’extrême-droite (Monsieur Z., mais lequel des deux ?) ont été surnommés par leur coreligionnaires les PIAF (patriotes israélites antisémites français)…
Tiens, encore l’Italie ! La culture n’est pas en reste avec deux musées à Rome (je le fais en français, mais cela revient au même) : le MAXXI (Musée d’Art du XXIème siècle) et le MACRO (Musée d’Art Contemporain de ROme). C’est mieux que le FRAC (Fonds Régional d’Art Contemporain), la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain), la FNAC (Fédération Nationale d’Achat des Cadres : au départ, il s’agissait d’une entité fournissant aux cadres des bons de réduction sur des produits culturels), le froc, le fric… Et pour faire plaisir à Fleur Pellerin, qui fut ministre des Contenus, pardon, de la Culture et de la Communication : le PAF, Paysage Audiovisuel Français (Police de l’Air et des Frontières, ou Participation Aux Frais ?). Pour l’anecdote, AGLAE est l’Accélérateur Grand Louvre d’Analyse Elémentaire, un équipement utile à la restauration et l’expertise des oeuvres.
Et le SPQR, Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale ! Je trouve çà génial ! D’ailleurs dans je ne sais plus quel Astérix, un légionnaire au nez rouge brandit plutôt une enseigne VDQS (vin délimité de qualité supérieure)… A propos de nourritures terrestres, l’Association pour la Gestion des Restaurants des Administrations Financières est l’AGRAF !
René Waldmann, Les Charmes de Maggaly, Editions Lyonnaises d’art et d’histoire, 1993.
Les transports ne sont pas en reste : METro Est-Ouest Rapide, nom de projet de la ligne 14 à Paris devient METEOR, et Métro Automatique à Grand Gabarit de l’Agglomération LYonnaise, celui de la ligne D, fait MAGGALY. Il y eut également un éphémère TRansports Urbains de Fort-de-France, soit TRUFF. Enfin, il existe la FNAUT (Fédération NAtionale des Usagers des Transports) : ses membres – des voyageurs, donc – sont-ils des fnautes ? Cela rappelle les « transports poétiques » chers à l’architecte Roland Castro.
Les INSPé ne sont pas les Inspecteurs d’Académie (« 22, v’là l’inspé ! »), mais les Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Education, qui ont succédé aux Ecoles Normales, puis aux IUFM. Le MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) fait référence à l’anthropo-sociologue Marcel Mauss. Quant au RUCHE, c’est le Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale, ce qui tombe un peu à plat car ce genre de réseau, ce serait plutôt une ruche, qui de surcroît à un rapport avec l’environnement.
La vie administrativo-technocratico-managériale est une mine de sigles ou d’acronymes divers. Pour mémoire : ESTÉVE (Évolution du Système de Traitement de l’ÉValuation dématérialiséE), et RENOIRH (RENOuveau Interministériel de gestion des Ressources Humaines). Il n’y a pas de renouveau interministériel « tout court » : ç’aurait été le Renoi !
Et puis il y a les comportements : le LULU (Locally Unwanted Land Use) – usage indésirable d’un terrain local ; et BANANA (Building Absolutely Nothing Anywhere Near Anyone) – ne rien construire quelque part à proximité de quiconque [Julien Damon, Thierry Paquot, Les 100 mots de la Ville, PUF-Que-sais-je, 2014].
Encore raté !
Parfois, l’idée du sigle est carrément ratée. Prenons le cas de la Force de maintien de la paix (!) Licorne. Comme en anglais « licorne » se dit unicorn, on pourrait penser qu’il s’agissait de United Nations Ivory Coast quelque chose… Eh bien non. En anglais, c’est l’UNOCI : United Nations Operations in Côte d’Ivoire [sic]. Dommage !
Et gare aux faux-amis. En anglais, l’Organization of American States (Organisation des Etats Américains – OEA), donne… l’OAS ! Et la Tennessee Valley Authority, créée par Roosevelt, et qu’on pourrait traduire par un gaullien «Office d’aménagement de la vallée du Tennessee», donne en anglais… notre TVA !
Un conseil, déjà donné par marcjoly dans une publication antérieure : ne marchez jamais dans la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement). Pourtant on dit que çà porte bonheur !
De nouveaux lecteurs, assidus je l’espère, de ce blog : les amis Denis Veysset et Yannick Baudry ! A eux d’abreuver ce site de commentaires, histoire que ce ne soit pas toujours la Pacompry, la Laplanche et le Ruhaud…
Nous sommes intimidés et émus : Le Champouin est heureux d’avoir obtenu un entretien avec le général de Gaulle, à l’occasion d’une visite outre-tombe de ce dernier. Le général, avec ses qualités et ses défauts, nous a quelque peu malmenés. Nous reproduisons ici l’intégralité de cette rencontre.
LE CHAMPOUIN [Emus et hésitants] :Mon général, c’est un honneur de nous recevoir. Après cinquante-deux ans d’absence, que pensez-vous de la politique française ?
CHARLES DE GAULLE : Vous ne me demandez même pas ce que je pense du Monde ! Les vieux démons des puissances d’argent ont encore plus de démangeaisons, et les Américains continuent de pousser au crime. Nous sommes à nouveau en plein tumulte des années trente ! Nous avons cédé aux puissances étrangères : c’est la démission du diplomate, et la trahison du militaire. J’avais eu raison de me méfier de l’OTAN. Tout ça pour ça ! [Un temps] J’ai une pensée pour cet Est, mais aussi pour cet Orient qui ne s’est pas simplifié, bien au contraire.
LC : Et les politiques français ?
Ch de G : Franchement, c’est pire que sous la IVe, et je ne vous parle même pas de la IIIe ! Il faut à nouveau donner un coup de pied dans les partis. [clin d’oeil…] Quant aux Français, ils sont naturellement retournés à leurs petites préoccupations, à la défense de leurs petits intérêts, à leurs petites querelles.
LC : Que pensez-vous de Macron ?
Ch de G : Ce gamin, c’est Mitterrand ! Un Rastignac tout en jésuitisme, et la banque Rothschild comme Pompidou. Ceux-là savent tuer le Père ! De toute façon, le centre, ce sont les puissances d’argent.
LC : Et Valérie Pécresse ?
Ch de G : La fonction de président ne sied pas à une femme. Et puis, je crains fort qu’elle soit encore plus libérale que Macron. Toujours les puissances d’argent… Pour paraphraser un de vos slogans : gaullistes partout, gaulliens nulle part !
Les écologistes, c’est les soviets moins l’électricité.
LC : Et Marine Le Pen ? Çà fait un peu Algérie française, pour vous…
Ch de G : J’ai peu de sympathie pour les familles de millionnaires… Mais vous m’agacez, à la fin, avec votre litanie des candidats à la candidature ! Je suis capable de les citer moi-même ! Mme Taubira, par exemple, même le Parti Radical ne se reconnaît pas dans cette transparence – c’est dire ! Quant à Mme Hidalgo, elle porte de belles robes… Mélenchon ? Il n’est qu’une grande gueule ! Jadot ? C’est un idiot ! Vos « écologistes », c’est les soviets moins l’électricité ! Les candidats que je viens de citer sont tous – vous m’entendez – tous des fossoyeurs de mon grand dessein nucléaire… Seul Roussel et Mme Arthaud me semblent, à défaut d’être réalistes, sensés.
LC : Vous ne nous avez pas parlé d’Eric Zemmour, mon général…
Ch de G : Celui-là est sûr de lui et dominateur … Et puis c’est un Pied-noir : il ne connaît rien à la France industrielle. Mais surtout, il révise l’Histoire. Pour cela, on devrait le fusiller…
LC : Alors, quel aurait été votre candidat idéal ?
Ch de G : Moi-même ! Encore une fois, je dois tout faire dans ce pays, même outre-tombe ! Mais puisque vous insistez, il y aurait ce Georges Kuzmanovic, un vrai souverainiste. Mais il s’y est pris trop tard, et puis, sans argent et avec une presse qui n’aime pas la France… Dans ce pays, on ne favorise que ceux qui sont déjà établis ! A présent, Messieurs, je ne vais pas tarder à me retirer, ce voyage extra-sépulture m’a fatigué. Avez-vous une dernière question ?
LC : Justement, mon général, nous supposons que vous avez reçu d’autres visiteurs…
Ch de G : Evidemment, et les Français ont brillé par leur absence… Et parmi les étrangers, je n’ai reçu que des importuns, des imbéciles et des crapules : Obama, Gorbatchev, Walesa… Ah, il fallait les voir !
LC : Mais les autres ?
Ch de G : Ceux qui sont en place ? Je ne vous aurais rien dit pour des raisons de discrétion, mais rassurez-vous : ils ont tous fait le mort !
[Nous voulions lui parler de la société, d’Histoire, d’économie, des idées et de sujets de fond, mais il fit un geste discret signifiant la fin de l’entretien.]
LC : Merci beaucoup, mon général, c’était un grand honneur…
Ch de G : Vous me l’avez déjà dit.
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Cette entrevue imaginaire n’est pas sans rapport avec l’actualité internationale [Cet article est rédigé le 26 février].
Ce blog prend depuis un certain temps une tournure plus polémique (je n’oublie pas le reste), mais on ne peut pas rester dans l’insouciance.
Je recommande à tous le discours de Vladimir Poutine du 24 février, à regarder sur le site de RT News (https://youtu.be/TKIIm2ucrXY). L’Occident en prend, à juste titre, plein la gueule : morgue et arrogance euro-américaine, accords non respectés, entrisme de l’OTAN, mensonges médiatiques de la « communauté internationale », coup d’Etat extérieur néo-nazi en Ukraine… Poutine été très posé et très calme, rien à voir avec un Bolsonaro ou un Trump !
Malheureusement, nous aimons trop le Grand-Frère, comme on dit dans 1984. Une collègue me dit : « Mais il n’y aurait pas un moyen de dire la vérité (selon elle) aux Russes, via l’internet ou autre chose ? » Bien sûr, çà existe : il y a Radio Free Europe/Radio Liberty, organe de propagande américaine, mais il y a aussi… toutes les médias occidentaux. Et bien entendu les Russes ont accès à tout cela. Mais ma collègue ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi le discours de Poutine est si peu disponible sur « nos » médias occidentaux (Mme Michu n’a pas l’internet et ne connaît que RTL et Ouest-France). L’impartialité est le grand principe du journalisme ! Mais pour ma collègue, comme pour la plus grande partie de la population, Poutine est, par postulat et par axiome le méchant, et l’idée de présenter les choses de façon impartiale ne l’a même pas effleuré. C’est lamentable.
Quand on a à ce point lavé les cerveaux, c’est que nous sommes en dictature.
Dernière minute. J’ai sous les yeux Le Parisien du 26, qui titre sans rire, page 14 : « S’informer sans être manipulé ». Ce quotidien, comme les autres journaux, n’a jamais fait allusion au contenu du discours du 24… Juste en dessous, sur la même page, on apprend que le sénateur Laurent Lafon (UDI), ex-conseiller de Marine Le Pen, « a envoyé un courrier au président de l’ARCOM pour demander la suspension de RT France ». Quand Poutine dit qu’il faut dénazifier l’Ukraine…
A voir sur Arte en « riplet » : un docu sur Patti Smith (wouah !), poétesse et performeuse plus que « chanteuse », une de ces artistes féministes, comme la plasticienne Nikki de Saint-Phalle*, qui ne se baladaient toutefois pas avec un sécateur dans leur sac à main (je ne vois guère Patti Smith avec un sac à main…). Il est clair que même dans la contre-culture, on était beaucoup plus créatif qu’aujourd’hui…
*Une féministe qui s’appelle Saint-Phalle, çà n’est pas banal !
Voilà, çà commence bien pour l’auteur de ces lignes qui en plus, change de métier pour travailler dans les bibliothèques ! Mais Times are in a Changin’, comme le disait Bob en chantant faux [faire la liste des interprètes qui chantent faux].
Les temps changent et les idé(ologi)es, les obsessions, les enjeux (le mot creux des sociologues et politologues), les auteurs et les livres changent aussi.
Voici une préoccupation des années 30 :
On en a brasillé pour moins que çà !
Quarante ans plus tard, la nouvelle grille de lecture pour tout expliquer :
Disponible aussi en 10/18 : c’est mieux, les pages se détachent, et il n’en reste aucune trace !
Enfin, la prose des nouveaux obsédés encore quarante ans plus tard (et vlan, dans la gueule !) :
Un homme politique de ma connaissance (séki ?, séki ?) commençait parfois ses interventions publiques par « je vais vous dire aujourd’hui des choses désagréables ». En effet, si vous ne savez pas que nous sommes au bord d’une guerre nucléaire, c’est que vous dormez (il y a les soldes, le foot et Netflix pour çà). Dire que la Russie n’est pas une démocratie et que Poutine est quelque peu autocrate peut être vrai, mais n’est pas le sujet ! Le sujet, c’est qu’on risque de se prendre un Hiroshima bis.
Qu’on le veuille ou non, l’Ukraine a toujours appartenu à la sphère russe. Le découvrir aujourd’hui, tu parles d’un scoop ! En réalité, faire de ce pays un cheval de Troie de l’OTAN est une provocation, d’autant plus que l’OTAN ne sert plus à rien, si ce n’est à être le bras armé de l’ordolibéralisme et le dernier râle de la bête blessée qu’est l’ « Euromérique ».
D’autant plus que du côté occidental, l’habitude a été prise de régler les Affaires étrangères en se passant des diplomates. Et Vladimir Poutine a rappelé au monde entier les promesses non tenues des principaux dirigeants occidentaux lors de la chute du Mur de Berlin, qu’en échange de la réunification de l’Allemagne au sein de l’OTAN, ils ne chercheraient pas à étendre leur influence vers la Russie (James Baker, 9 février 1990 : « L’OTAN ne bougera pas d’un centimètre vers l’est »). En 1997, la Russie adhère au Conseil OTAN-Russie dont l’un des documents fondateurs affirme que « l’OTAN et la Russie ne se considèrent pas comme des adversaires ».
En 2019, la RAND Corporation, un des plus importants groupes de réflexion américains – et des plus conservateurs -, énumérait « six mesures géopolitiques » que pourraient prendre les Etats-Unis contre la Russie. La numéro trois : « encourager un changement de régime en Biélorussie » et la numéro cinq : « réduirel’influence russe en Asie centrale ».
En 2020, la National Endowment for Democracy (NED), fondation privée à but non lucratif des États-Unis, fondée en 1983 sous le gouvernement de Ronald Reagan, dont l’objectif déclaré par les autorités américaines est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde, a versé plus d’un million de dollars dans une vingtaine de projets au Kazakhstan.
Quant à l’Open Society Foundation de George Soros (réaction de l’ennemi : « vous êtes antisémite ! ». Ce n’est pas le sujet), elle a dépensé presque quatre fois plus d’argent en 2020 au Kazakhstan pour des activités analogues.
La galaxie Open Society.
Mukhtar Ablyazov, ex ministre et ancien banquier recherché par les justices kazakhe, russe et ukrainienne pour corruption et détournement de fonds, se réfugie en Grande-Bretagne en 2009 et informe l’ambassade des Etats-Unis de son intention de provoquer un changement de régime au Kazakhstan.
Encore une de ces révolutions de couleur fabriquée et financée de l’extérieur, comme celle qui a installé un gouvernement néo-nazi en Ukraine en 2014 ! Honte à ceux qui s’ingèrent (« Kissinger » ?). Et comme je ne suis pas Macron, j’ai envie d’emmerder les obsédés de l’OTAN.
Biden-va-t-en-guerre va-t-il persévérer avec la Chine ? J’entends déjà la petite musique : « Oui, mais les Ouïghours ? » Puisque je parlais de cheval de Troie, le Xinjiang en est un du terrorisme islamique, d’où l’état de siège permanent dans cette région. Jusqu’à 5000 Ouïghours combattent dans divers groupes militants en Syrie et le Xinjiang a connu des vagues d’attentats bataclanesques. Et l’on retrouve le NED et l’Open Society… Concernant les camps de travail pour Ouïghours, c’est un mélange de demi-vérités, de vérités sorties de leur contexte, de fabrications et de mensonges.L’éventail de structures allant de la mine « à la Germinal » jusqu’au quasi Arbeitenlager est une spécialité chinoise, malheureusement, mais pas spécifique au contexte anti-ouïghour.
Un mot sur l’Union Européenne : Macron a évoqué la menace russe dans son discours inaugural de la présidence française de l’UE… On a pas attendu ce discours pour savoir que l’UE a l’OTAN comme bras armé. Et on a pas attendu cette présidence pour découvrir la propagande pro-UE. Obligation de faire figurer sur le courrier électronique officiel une bannière « EUROPE2022.FR » aux couleurs européennes. Prêchi-prêcha dans les manuels d’histoire-géographie de cette année : « En quoi l’Union européenne est-elle un nouveau territoire de référence et d’appartenance pour les Européens et les Français ? » (Magnard), « Le sentiment d’appartenance à l’UE est renforcé par la participation de la France à plusieurs programmes [comme] Erasmus + » (Hatier). On n’a pas attendu Erasmus (bon programme au demeurant) pour savoir que les voyages et les rencontres forment la jeunesse, au Portugal, en Allemagne, en Russie, en Chine, en Australie, au Congo, en Inde ou en Bolivie !
Alors n’attendez pas d’avoir un Yankee dans l’kiki, ni un Ruskoff dans l’popoff ! Voilà les choses désagréables que je voulais vous dire.
Contrairement aux apparences, ce n’est pas une charmante lectrice, Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie, quand elle n’est pas contente (il manque la « ride du lion ») !
Une pensée pour les Bogdanov, non vaccinés et décédés par leur stupidité… Car ils n’étaient pas anti-vax ! Mais, de par leur histoire familiale, leur éducation, leur gémellité, ils avaient le sentiment de ne pas être comme tout le monde – ce qui peut se comprendre. Ils se sont dit qu’avec leur excellente hygiène de vie (sport, alimentation, stimulation intellectuelle), ils ne leur arriveraient rien… Ironie : ils pensaient que l’on pouvait vivre jusqu’à 150 ans ! C’est d’autant plus dommage qu’ils dégageaient un optimisme rafraîchissant par rapport à la science et à l’exploration spatiale.
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Macron a eu raison (pour une fois) d’avoir envie d’emmerder les anti-vax (je perds des lecteurs à cet instant)… sauf qu’il le fait pour de mauvaises raisons : c’est purement du racolage électoral !
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Bonne année à tous ! Que 2022, année Covid (avec variant au Macron), ne soit pas confondue avec 2021 année Covid, ni 2020 année Covid… J’les confonds toujours ! marcjoly compte sur vous pour rédiger une to do (tout doux ?) list de recommandations sanitaires… et citoyennes. Car comme c’est une année d’élection présidentielle, taubira pas d’aller voter ! [Blague de l’ami Denis Veysset]
Dans la même veine de procédé ludique, il y a rue Saint-Jacques à Paris une officine de produits régionaux (qui vient de mettre la clé sous la porte) dénommée Cantalez-vous. Répondre évidemment : « très bien. Et vous ? » Et ceux qui suivent l’actualité africaine connaissent le président (de la RDC) Tschisekedi. Répondre : « c’est pas moi, j’ai rien dit ». Autre référence africaine : feu le président (kényan) Arap Moi. Arap-moi si tu peux ! Cela rappelle les FTP-MOI, une des multiples (hélas !) divisions de la Résistance. Eftépez-moi ou je fais un malheur !
L’actualité (le décès des Bogdanov) m’a donné l’occasion de publier la suite de J’les confonds toujours. C’est donc reparti pour un autre opus de notre rubrique :
BARFLEUR, HARFLEUR et HONFLEUR – trois ports normands.
BARFLEUR est la plus petite commune de la Manche, près de la Pointe du même nom, au nord-est du Cotentin. HARFLEUR est un port limitrophe du Havre, nommé Caracotinum à l’époque gauloise. Quant à HONFLEUR, c’est son symétrique, sur la rive sud de l’estuaire de la Seine cette fois : y sont nés Alphonse Allais, Erik Satie et Eugène Boudin. HONFLEUR a été maintes fois représenté par les peintres impressionnistes, dont ce dernier. Les trois villes portent le suffixe -fleur, qui se prononce traditionnellement « -fleu » ou « -fieu », d’un mot norrois qui signifie « marée montante » (cf. français flot, anglais flood, fleet).
Honfleur par Eugène Boudin
Les BAUGES et les MAUGES – deux régions françaises.
Le massif des BAUGES est un massif montagneux des Préalpes françaises du nord, à cheval sur les départements de Savoie et de Haute-Savoie, culminant à plus de 2 200 m d’altitude. C’est un parc naturel régional depuis 1995. Les MAUGES sont une région naturelle et historique au sud-ouest de l’ancienne province d’Anjou et du département du Maine-et-Loire. elles contiennent trois unités paysagères : le Plateau (près de la Vendée et des Deux-Sèvres), la Loire des Promontoires (la « Corniche angevine »), et le Couloir du Layon, un affluent de la Loire. Si on ne connaît pas l’étymologie de « BAUGES », celle de « MAUGES » viendrait de metallicum à cause des mines de fer et de plomb répandues autrefois dans cette région, ou bien de medioligerium, « au milieu de la Loire ».
La Corniche angevine, avec au premier plan les côteaux du Layon(slurp !)
BAZAINE et BAZEILLES – tous deux en lien avec la guerre de 1870.
Mais BAZAINE est une personne, et BAZEILLES un lieu ! La général François-Achille BAZAINE (1811-1888) est un militaire français. Après les campagnes d’Algérie, de Crimée et du Mexique, il devient commandant en chef de l’Armée du Rhin lors de la guerre franco-prussienne de 1870. N’ayant pas compris l’importance de l’offensive de Saint-Privat, il replie son armée vers Metz puis finira par capituler devant l’ennemi. Condamné pour trahison, il s’évade et s’enfuit en Espagne. La bataille de BAZEILLES, près de Sedan, est une défaite française, due notamment au repli effectué par BAZAINE. Le courage des troupes coloniales (infanterie de Marine), fait qu’il y a encore peu, ce combat était célébré en outre-mer, alors qu’il ne s’agit pas d’une victoire…
La BERD et la BRED – deux banques.
La BRED (Banque régionale d’escompte et de dépôt), fondée en 1919 par Louis-Alexandre Dagot, est la plus ancienne des banques populaires françaises, de régime coopératif (encore aujourd’hui). Le groupe s’appelle maintenant BRED – Banque Populaire et exploite les deux enseignes. En 2008, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne fusionnent pour devenir BPCE. La BERD (banque européenne pour le reconstruction et le développement) – en anglais EBRD – est une organisation internationale chargée de faciliter le passage à une économie de marché dans les pays d’Europe centrale et orientale, crée en 1990 sur une idée de François Mitterrand, avec son siège à Londres. Donc, a priori rien de bon… Il s’agit donc d’une banque d' »investissement », style Banque Mondiale, dont des Etats sont actionnaires, mais le mandat de la BERD se limite aux pays « qui s’engagent à respecter et mettent en pratique les principes de la démocratie pluraliste, du pluralisme et de l’économie de marché, de favoriser la transition de leurs économies vers des économies de marché, et d’y promouvoir l’initiative privée et l’esprit d’entreprise »… c’est-à-dire le dogme libéral orthodoxe de la « communauté internationale ». Effectivement, rien de bon : pour preuve ses deux premiers présidents étaient Jacques Attali et Jacques de la Rosière. [Nota : ne pas confondre avec la BEI (banque européenne pour l’investissement)]
Marcher dans la BERD… (Eugène Boudin ?)
Bernardo BERTOLUCCI (1941-2018) et Jean-Louis BERTUCELLI (1942-2014) – deux cinéastes.
BERTOLUCCI est italien. Cet assistant de Pasolini (sur Accatone) est l’auteur du Conformiste, du Dernier tango à Paris, de 1900 et du Dernier Empereur. Ses premiers films sont influencés par la poésie, l’opéra, le marxisme et la psychanalyse. Quant à BERTUCELLI, il est français. C’est l’auteur de Paulina 1880, d’On s’est trompé d’histoire d’amour, de Docteur Françoise Gailland et de L’imprécateur. Anecdotiquement, il a aussi commis un court-métrage : Tricot la Branlette ! Il est également l’auteur de quelques téléfilms. Paulina 1880 et 1900, j’les confonds toujours !
Pour Noël, marcjoly vous propose des chansons. Car y’a plus de chansons, y’a plus que deux phrases mises en boucle, et y’a plus de couplets. Exception faite de quelques auteurs : François Morel, Juliette… comme quoi les vraies chansons sont aujourd’hui confidentielles !
Et comme marcjoly ne se refait pas, il va vous proposer des chansons qui sont en réalité des listes.
« Madamina ! Il catalogo è questo.«
Vieille histoire que le procédé de la répétition dans la poésie. De même que la liste dans la littérature (Rabelais…) et dans la chanson, quand la liste n’est elle-même pas l’objet de la chanson ! On se référera à l’Air du Catalogue du Don Giovanni de Mozart, dans lequel Leporello chante la liste des conquêtes de son maître et les dénombre : tant en Italie, tant en Espagne… Celles-ci sont au nombre de mille-trois (milletre) ! La vidéo suivante n’est pas extraite de la meilleure version mais je n’ai pas résisté au catalogue faisant un kilomètre de long !
Joseph Losey, Don Giovanni, 1979, adaptation cinématographique de l’opéra éponyme de Mozart, livret de Lorenzo da Ponte. Leporello : José van Dam.
A propos de zizi, voici la fameuse chanson de Pierre Perret qu’Yvonne de Gaulle, cette bigote, avait voulu faire interdire. Le plus piquant dans cette vidéo québécoise de 1995 est peut-être la présentatrice en train de pouffer. Je ne suis pas sûr que les jésuites de l’Eglise du Québec aient autorisé Le zizi en 1975.
Pierre Perret (paroles et musique), Le zizi, 1975
Les comptines ont toujours été des prétextes à listes, excellentes pour exercer la mémoire des enfants. En voici une, chantée, qui s’intitule Derrière chez moi :
Interprète ?, Derrière chez moi (traditionnel)
Mais les objets du quotidien n’ont qu’une vie : c’est pour çà qu’existent les dépôts d’ordures. Le titre qui suit est une parodie de la comptine précédente, interprétée par les Charlots. Ces derniers ne rentreront pas dans l’Anthologie de la chanson française, mais on regrette qu’après eux, il n’y a plus vraiment eu de parodie, ou plutôt, cela n’a plus intéressé les maisons de disques…
Les Charlots (paroles : Gérard Rinaldi, Luis Rego), Derrière chez moi, 1970
Nino Ferrer avait chanté Les cornichons. Ferrer est un très bon chanteur à listes, musicien hors-pair et excellent showman. Voici, du même encore, une liste d’objets banals cette fois, avec Oh ! Hé ! Hein ! Bon ! Et même si cela n’a rien à voir, j’invite les lecteurs masculins à reluquer sur l’internet la pochette de l’album Nino and Radiah : vous m’en direz des nouvelles !
A propos d’objets, Boris Vian avait écrit la Complainte du progrès en 1955, énumération d’articles ménagers réels ou fantaisistes, en même temps que Guy Debord dénonçait la société de consommation et tentait de mettre en place L’Internationale situationniste.
Boris Vian (paroles), Alain Goraguer (musique), La complainte du progrès -Les arts ménagers, 1955
Gaston Ouvrard, dit simplement Ouvrard (1890-1981) fait partie de ce qu’on appelle les comiques-troupiers. Au départ artistes se produisant devant les troupes (en uniforme), ils ont essaimé sur scène, dans le registre de ce qu’on appelle la chanson (délicieusement) idiote, dont d’illustres représentants furent Dranem et le jeune Fernandel. Malheureusement, Ouvrard et Dranem ne sont plus édités en CD, même pas par les labels Frémeaux ou Marianne Mélodies – car qui d’autre le ferait ? Figurez-vous que j’ai vu Ouvrard sur scène, à L’Olympia, en première partie de Jacques Martin ! J’avais neuf ans et c’était en 1970. On sentait que ce monsieur octogénaire était là pour des raisons alimentaires…
Ouvrard (paroles et musique), Je n’suis pas bien portant, 1934
Vient le moment de la liste des choses inutiles. C’est François Morel qui s’y colle, dans une chanson que n’aurait pas dénié Philippe Katerine :
François Morel (paroles et musique), Antoine Sahler, Trucs inutiles, 2016
Et finissons avec l’illustre Boby Lapointe, avec lequel il faut s’accrocher, car les jeux de mots fusent, et çà va très vite. Des chansons-liste, il en a fait un certain nombre, mais je ne résiste pas à cette dernière :
Boby Lapointe (paroles et musique), Saucisson de cheval, 1966
Oui, je sais : « C’est une chanson – de saillie »… Il faut savoir qu’il y a un lycée Jeanson-de-Sailly, sinon çà tombe à côté…
Passez-donc de bonnes fêtes et je vous souhaite une bonne année 2022. « En France, tout finit par des chansons », et terminer l’année par des chansons-listes, je trouve çà beau.
« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.
Je ne reproduirai pas ici les infâmes affiches du Conseil de l’Europe destinées à « lutter contre les discours de haine antimusulmans » et à promouvoir « la liberté dans le hijab« . Je cite juste le texte de l’une d’entre elles : « Beauty is in diversity as freedom is in hijab. How boring would be the word if everyone would look the same ? Celebrate diversity & respect hijab. » [« La beauté se trouve dans la diversité autant que la liberté dans le hijab. Le monde serait bien monotone si chacun se ressemblait. Célébrons la diversité et respectons le hijab. »]. Pour les béotiens, je rappelle que le hijab désigne « le voile cachant les cheveux, les oreilles et le cou que portent de nombreuses musulmanes » (Le Robert).
Ces affiches portent arborent un #WECAN4HRS (comprendre : « We can for human rights speech ») – on sent la tyrannie des réseaux « sociaux » – et portent les logos de l’Union européenne, du Conseil de l’Europe et de WE CAN avec un coeur dans lequel est écrit : « No Hate« .
WE CAN est une émanation officielle du Conseil de l’Europe. Le rôle du Conseil est d’être « le gardien de la sécurité démocratique, fondée sur les droits de l’Homme, la démocratie et l’état de droit ». De lui émane la fameuse Cour européenne des droits de l’Homme. Y’a un problème.
Le siège du Conseil de l’Europe à Strasbourg.
En effet, la FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organization), la branche « jeunesse » des Frères Musulmans, et l’EMFW (European Forum of Muslim Women), leur branche « femme », font partie des trente membres du Conseil consultatif de la Jeunesse auprès du Conseil de l’Europe. Comme l’écrit la journaliste Céline Pina le 03 novembre sur le site Figarovox : « Imaginez un peu si ce même conseil avait inclus une organisation néonazie […] dans un conseil consultatif, les cris d’orfraie qui auraient été poussés. » Je cite encore Pina : « Le problème est l’influence grandissante que certaines organisations ont au sein des instances internationales, qu’elles utilisent comme des chevaux de Troie. »Lobbying et taqiyya (dissimulation) comme dirait l’écrivain Mohamed Sifaoui…
« La jeunesse musulmane au Rendez-vous des Jeunes Européens pour débattre de l’avenir de l’Europe », cette fois au Parlement européen.
Autre lobbying en ce domaine, celui de l’Open Society, réseau de fondations créé par George Soros*, dont une des activités consiste à financer des « révolutions de couleur », autrement dit des changements de régime dans des pays dont le régime ne plaît pas à la « communauté internationale ». En bon français, cela s’appelle de l’ingérence…
* Nota : les milieux antisémites, qui voient le complot juif partout, attaquent volontiers Soros, mais évidemment pour de mauvaises raisons… Il est d’ailleurs cocasse que des antisémites attaquent quelqu’un qui soutient des islamistes…
Des membres du Conseil de l’Europe, la France a été la seule à s’indigner, par la voix de Sarah El Hairy, secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement (l’aurait-elle fait s’il n’y avait pas eu d’attentats ?), et le Conseil a déclaré « suspendre » sa campagne. A part les entrefilets AFP de circonstance, des médias confidentiels, Marine Zemmour/Eric Le Pen (ou l’inverse) et Céline Pina déjà citée, seule Caroline Fourest (la seule militante LGBTQ+ opposée aux cultures woke et « inclusive ») en a parlé dans Marianne…
Encore une fois : échec de l’idéologie relativiste droits-de-l’hommiste donneuse de leçons ! Les institutions européennes, à force de promouvoir la démocratie dans l’espace public, ont dénié celle dans l’espace privé, et leur conception des droits de l’Homme est particulière car entre ceux-ci et les droits économiques, elles choisissent systématiquement les premiers. Soyez pauvres, mais dans la démocratie !
Quand les Chinois regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ?
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