Choses désagréables

Un homme politique de ma connaissance (séki ?, séki ?) commençait parfois ses interventions publiques par « je vais vous dire aujourd’hui des choses désagréables ». En effet, si vous ne savez pas que nous sommes au bord d’une guerre nucléaire, c’est que vous dormez (il y a les soldes, le foot et Netflix pour çà). Dire que la Russie n’est pas une démocratie et que Poutine est quelque peu autocrate peut être vrai, mais n’est pas le sujet ! Le sujet, c’est qu’on risque de se prendre un Hiroshima bis.

Qu’on le veuille ou non, l’Ukraine a toujours appartenu à la sphère russe. Le découvrir aujourd’hui, tu parles d’un scoop ! En réalité, faire de ce pays un cheval de Troie de l’OTAN est une provocation, d’autant plus que l’OTAN ne sert plus à rien, si ce n’est à être le bras armé de l’ordolibéralisme et le dernier râle de la bête blessée qu’est l’ « Euromérique ».

D’autant plus que du côté occidental, l’habitude a été prise de régler les Affaires étrangères en se passant des diplomates. Et Vladimir Poutine a rappelé au monde entier les promesses non tenues des principaux dirigeants occidentaux lors de la chute du Mur de Berlin, qu’en échange de la réunification de l’Allemagne au sein de l’OTAN, ils ne chercheraient pas à étendre leur influence vers la Russie (James Baker, 9 février 1990 : « L’OTAN ne bougera pas d’un centimètre vers l’est »). En 1997, la Russie adhère au Conseil OTAN-Russie dont l’un des documents fondateurs affirme que « l’OTAN et la Russie ne se considèrent pas comme des adversaires ».

En 2019, la RAND Corporation, un des plus importants groupes de réflexion américains – et des plus conservateurs -, énumérait « six mesures géopolitiques » que pourraient prendre les Etats-Unis contre la Russie. La numéro trois : « encourager un changement de régime en Biélorussie » et la numéro cinq : « réduire l’influence russe en Asie centrale ».

En 2020, la National Endowment for Democracy (NED), fondation privée à but non lucratif des États-Unis, fondée en 1983 sous le gouvernement de Ronald Reagan, dont l’objectif déclaré par les autorités américaines est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde, a versé plus d’un million de dollars dans une vingtaine de projets au Kazakhstan.

Quant à l’Open Society Foundation de George Soros (réaction de l’ennemi : « vous êtes antisémite ! ». Ce n’est pas le sujet), elle a dépensé presque quatre fois plus d’argent en 2020 au Kazakhstan pour des activités analogues.

La galaxie Open Society.

Mukhtar Ablyazov, ex ministre et ancien banquier recherché par les justices kazakhe, russe et ukrainienne pour corruption et détournement de fonds, se réfugie en Grande-Bretagne en 2009 et informe l’ambassade des Etats-Unis de son intention de provoquer un changement de régime au Kazakhstan.

Encore une de ces révolutions de couleur fabriquée et financée de l’extérieur, comme celle qui a installé un gouvernement néo-nazi en Ukraine en 2014 ! Honte à ceux qui s’ingèrent (« Kissinger » ?). Et comme je ne suis pas Macron, j’ai envie d’emmerder les obsédés de l’OTAN.

Biden-va-t-en-guerre va-t-il persévérer avec la Chine ? J’entends déjà la petite musique : « Oui, mais les Ouïghours ? » Puisque je parlais de cheval de Troie, le Xinjiang en est un du terrorisme islamique, d’où l’état de siège permanent dans cette région.  Jusqu’à 5000 Ouïghours combattent dans divers groupes militants en Syrie et le Xinjiang a connu des vagues d’attentats bataclanesques. Et l’on retrouve le NED et l’Open Society… Concernant les camps de travail pour Ouïghours, c’est un mélange de demi-vérités, de vérités sorties de leur contexte, de fabrications et de mensonges. L’éventail de structures allant de la mine « à la Germinal » jusqu’au quasi Arbeitenlager est une spécialité chinoise, malheureusement, mais pas spécifique au contexte anti-ouïghour.

[sources : lesakerfrancophone.fr, moonofalabama.org, EIR Strategic Alert, Tony Cartalucci (New Eastern Outlook)]

Un mot sur l’Union Européenne : Macron a évoqué la menace russe dans son discours inaugural de la présidence française de l’UE… On a pas attendu ce discours pour savoir que l’UE a l’OTAN comme bras armé. Et on a pas attendu cette présidence pour découvrir la propagande pro-UE. Obligation de faire figurer sur le courrier électronique officiel une bannière « EUROPE2022.FR » aux couleurs européennes. Prêchi-prêcha dans les manuels d’histoire-géographie de cette année : « En quoi l’Union européenne est-elle un nouveau territoire de référence et d’appartenance pour les Européens et les Français ? » (Magnard), « Le sentiment d’appartenance à l’UE est renforcé par la participation de la France à plusieurs programmes [comme] Erasmus + » (Hatier). On n’a pas attendu Erasmus (bon programme au demeurant) pour savoir que les voyages et les rencontres forment la jeunesse, au Portugal, en Allemagne, en Russie, en Chine, en Australie, au Congo, en Inde ou en Bolivie !

Alors n’attendez pas d’avoir un Yankee dans l’kiki, ni un Ruskoff dans l’popoff ! Voilà les choses désagréables que je voulais vous dire.

Contrairement aux apparences, ce n’est pas une charmante lectrice,
Mme Laplanche, de Vitreine-sur-Scie,
quand elle n’est pas contente (il manque la « ride du lion ») !

Laisser un commentaire

J’les confonds toujours (3)

Une pensée pour les Bogdanov, non vaccinés et décédés par leur stupidité… Car ils n’étaient pas anti-vax ! Mais, de par leur histoire familiale, leur éducation, leur gémellité, ils avaient le sentiment de ne pas être comme tout le monde – ce qui peut se comprendre. Ils se sont dit qu’avec leur excellente hygiène de vie (sport, alimentation, stimulation intellectuelle), ils ne leur arriveraient rien… Ironie : ils pensaient que l’on pouvait vivre jusqu’à 150 ans ! C’est d’autant plus dommage qu’ils dégageaient un optimisme rafraîchissant par rapport à la science et à l’exploration spatiale.

Macron a eu raison (pour une fois) d’avoir envie d’emmerder les anti-vax (je perds des lecteurs à cet instant)… sauf qu’il le fait pour de mauvaises raisons : c’est purement du racolage électoral !

Bonne année à tous ! Que 2022, année Covid (avec variant au Macron), ne soit pas confondue avec 2021 année Covid, ni 2020 année Covid… J’les confonds toujours ! marcjoly compte sur vous pour rédiger une to do (tout doux ?) list de recommandations sanitaires… et citoyennes. Car comme c’est une année d’élection présidentielle, taubira pas d’aller voter ! [Blague de l’ami Denis Veysset]

Dans la même veine de procédé ludique, il y a rue Saint-Jacques à Paris une officine de produits régionaux (qui vient de mettre la clé sous la porte) dénommée Cantalez-vous. Répondre évidemment : « très bien. Et vous ? » Et ceux qui suivent l’actualité africaine connaissent le président (de la RDC) Tschisekedi. Répondre : « c’est pas moi, j’ai rien dit ». Autre référence africaine : feu le président (kényan) Arap Moi. Arap-moi si tu peux ! Cela rappelle les FTP-MOI, une des multiples (hélas !) divisions de la Résistance. Eftépez-moi ou je fais un malheur !

L’actualité (le décès des Bogdanov) m’a donné l’occasion de publier la suite de J’les confonds toujours. C’est donc reparti pour un autre opus de notre rubrique :

  • BARFLEUR, HARFLEUR et HONFLEUR – trois ports normands.

BARFLEUR est la plus petite commune de la Manche, près de la Pointe du même nom, au nord-est du Cotentin. HARFLEUR est un port limitrophe du Havre, nommé Caracotinum à l’époque gauloise. Quant à HONFLEUR, c’est son symétrique, sur la rive sud de l’estuaire de la Seine cette fois : y sont nés Alphonse Allais, Erik Satie et Eugène Boudin. HONFLEUR a été maintes fois représenté par les peintres impressionnistes, dont ce dernier. Les trois villes portent le suffixe -fleur, qui se prononce traditionnellement « -fleu » ou « -fieu », d’un mot norrois qui signifie « marée montante » (cf. français flot, anglais flood, fleet).

Honfleur par Eugène Boudin

  • Les BAUGES et les MAUGES – deux régions françaises.

Le massif des BAUGES est un massif montagneux des Préalpes françaises du nord, à cheval sur les départements de Savoie et de Haute-Savoie, culminant à plus de 2 200 m d’altitude. C’est un parc naturel régional depuis 1995. Les MAUGES sont une région naturelle et historique au sud-ouest de l’ancienne province d’Anjou et du département du Maine-et-Loire. elles contiennent trois unités paysagères : le Plateau (près de la Vendée et des Deux-Sèvres), la Loire des Promontoires (la « Corniche angevine »), et le Couloir du Layon, un affluent de la Loire. Si on ne connaît pas l’étymologie de « BAUGES », celle de « MAUGES » viendrait de metallicum à cause des mines de fer et de plomb répandues autrefois dans cette région, ou bien de medioligerium, « au milieu de la Loire ».

La Corniche angevine, avec au premier plan les côteaux du Layon (slurp !)

  • BAZAINE et BAZEILLES – tous deux en lien avec la guerre de 1870.

Mais BAZAINE est une personne, et BAZEILLES un lieu ! La général François-Achille BAZAINE (1811-1888) est un militaire français. Après les campagnes d’Algérie, de Crimée et du Mexique, il devient commandant en chef de l’Armée du Rhin lors de la guerre franco-prussienne de 1870. N’ayant pas compris l’importance de l’offensive de Saint-Privat, il replie son armée vers Metz puis finira par capituler devant l’ennemi. Condamné pour trahison, il s’évade et s’enfuit en Espagne. La bataille de BAZEILLES, près de Sedan, est une défaite française, due notamment au repli effectué par BAZAINE. Le courage des troupes coloniales (infanterie de Marine), fait qu’il y a encore peu, ce combat était célébré en outre-mer, alors qu’il ne s’agit pas d’une victoire…

  • La BERD et la BRED – deux banques.

La BRED (Banque régionale d’escompte et de dépôt), fondée en 1919 par Louis-Alexandre Dagot, est la plus ancienne des banques populaires françaises, de régime coopératif (encore aujourd’hui). Le groupe s’appelle maintenant BRED – Banque Populaire et exploite les deux enseignes. En 2008, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne fusionnent pour devenir BPCE. La BERD (banque européenne pour le reconstruction et le développement) – en anglais EBRD – est une organisation internationale chargée de faciliter le passage à une économie de marché dans les pays d’Europe centrale et orientale, crée en 1990 sur une idée de François Mitterrand, avec son siège à Londres. Donc, a priori rien de bon… Il s’agit donc d’une banque d' »investissement », style Banque Mondiale, dont des Etats sont actionnaires, mais le mandat de la BERD se limite aux pays « qui s’engagent à respecter et mettent en pratique les principes de la démocratie pluraliste, du pluralisme et de l’économie de marché, de favoriser la transition de leurs économies vers des économies de marché, et d’y promouvoir l’initiative privée et l’esprit d’entreprise »… c’est-à-dire le dogme libéral orthodoxe de la « communauté internationale ». Effectivement, rien de bon : pour preuve ses deux premiers présidents étaient Jacques Attali et Jacques de la Rosière. [Nota : ne pas confondre avec la BEI (banque européenne pour l’investissement)]

Marcher dans la BERD… (Eugène Boudin ?)

  • Bernardo BERTOLUCCI (1941-2018) et Jean-Louis BERTUCELLI (1942-2014) – deux cinéastes.

BERTOLUCCI est italien. Cet assistant de Pasolini (sur Accatone) est l’auteur du Conformiste, du Dernier tango à Paris, de 1900 et du Dernier Empereur. Ses premiers films sont influencés par la poésie, l’opéra, le marxisme et la psychanalyse. Quant à BERTUCELLI, il est français. C’est l’auteur de Paulina 1880, d’On s’est trompé d’histoire d’amour, de Docteur Françoise Gailland et de L’imprécateur. Anecdotiquement, il a aussi commis un court-métrage : Tricot la Branlette ! Il est également l’auteur de quelques téléfilms. Paulina 1880 et 1900, j’les confonds toujours !

(A suivre…)

Laisser un commentaire

Les chansons-listes

Numéro double spécial Noël

« Il catalogo è questo : »

Pour Noël, marcjoly vous propose des chansons. Car y’a plus de chansons, y’a plus que deux phrases mises en boucle, et y’a plus de couplets. Exception faite de quelques auteurs : François Morel, Juliette… comme quoi les vraies chansons sont aujourd’hui confidentielles !

Et comme marcjoly ne se refait pas, il va vous proposer des chansons qui sont en réalité des listes.

« Madamina !
Il catalogo è questo.« 

Vieille histoire que le procédé de la répétition dans la poésie. De même que la liste dans la littérature (Rabelais…) et dans la chanson, quand la liste n’est elle-même pas l’objet de la chanson ! On se référera à l’Air du Catalogue du Don Giovanni de Mozart, dans lequel Leporello chante la liste des conquêtes de son maître et les dénombre : tant en Italie, tant en Espagne… Celles-ci sont au nombre de mille-trois (milletre) ! La vidéo suivante n’est pas extraite de la meilleure version mais je n’ai pas résisté au catalogue faisant un kilomètre de long !

Joseph Losey, Don Giovanni, 1979, adaptation cinématographique de l’opéra éponyme de Mozart, livret de Lorenzo da Ponte. Leporello : José van Dam.

A propos de zizi, voici la fameuse chanson de Pierre Perret qu’Yvonne de Gaulle, cette bigote, avait voulu faire interdire. Le plus piquant dans cette vidéo québécoise de 1995 est peut-être la présentatrice en train de pouffer. Je ne suis pas sûr que les jésuites de l’Eglise du Québec aient autorisé Le zizi en 1975.

Pierre Perret (paroles et musique), Le zizi, 1975

Les comptines ont toujours été des prétextes à listes, excellentes pour exercer la mémoire des enfants. En voici une, chantée, qui s’intitule Derrière chez moi :

Interprète ?, Derrière chez moi (traditionnel)

Mais les objets du quotidien n’ont qu’une vie : c’est pour çà qu’existent les dépôts d’ordures. Le titre qui suit est une parodie de la comptine précédente, interprétée par les Charlots. Ces derniers ne rentreront pas dans l’Anthologie de la chanson française, mais on regrette qu’après eux, il n’y a plus vraiment eu de parodie, ou plutôt, cela n’a plus intéressé les maisons de disques…

Les Charlots (paroles : Gérard Rinaldi, Luis Rego), Derrière chez moi, 1970

Nino Ferrer avait chanté Les cornichons. Ferrer est un très bon chanteur à listes, musicien hors-pair et excellent showman. Voici, du même encore, une liste d’objets banals cette fois, avec Oh ! Hé ! Hein ! Bon ! Et même si cela n’a rien à voir, j’invite les lecteurs masculins à reluquer sur l’internet la pochette de l’album Nino and Radiah : vous m’en direz des nouvelles !

Nino Ferrer (paroles et musique), Oh ! Hé ! Hein ! Bon !, 1966

A propos d’objets, Boris Vian avait écrit la Complainte du progrès en 1955, énumération d’articles ménagers réels ou fantaisistes, en même temps que Guy Debord dénonçait la société de consommation et tentait de mettre en place L’Internationale situationniste.

Boris Vian (paroles), Alain Goraguer (musique), La complainte du progrès -Les arts ménagers, 1955

Gaston Ouvrard, dit simplement Ouvrard (1890-1981) fait partie de ce qu’on appelle les comiques-troupiers. Au départ artistes se produisant devant les troupes (en uniforme), ils ont essaimé sur scène, dans le registre de ce qu’on appelle la chanson (délicieusement) idiote, dont d’illustres représentants furent Dranem et le jeune Fernandel. Malheureusement, Ouvrard et Dranem ne sont plus édités en CD, même pas par les labels Frémeaux ou Marianne Mélodies – car qui d’autre le ferait ? Figurez-vous que j’ai vu Ouvrard sur scène, à L’Olympia, en première partie de Jacques Martin ! J’avais neuf ans et c’était en 1970. On sentait que ce monsieur octogénaire était là pour des raisons alimentaires…

Ouvrard (paroles et musique), Je n’suis pas bien portant, 1934

Vient le moment de la liste des choses inutiles. C’est François Morel qui s’y colle, dans une chanson que n’aurait pas dénié Philippe Katerine :

François Morel (paroles et musique), Antoine Sahler, Trucs inutiles, 2016

Et finissons avec l’illustre Boby Lapointe, avec lequel il faut s’accrocher, car les jeux de mots fusent, et çà va très vite. Des chansons-liste, il en a fait un certain nombre, mais je ne résiste pas à cette dernière :

Boby Lapointe (paroles et musique), Saucisson de cheval, 1966

Oui, je sais : « C’est une chanson – de saillie »… Il faut savoir qu’il y a un lycée Jeanson-de-Sailly, sinon çà tombe à côté…

Passez-donc de bonnes fêtes et je vous souhaite une bonne année 2022. « En France, tout finit par des chansons », et terminer l’année par des chansons-listes, je trouve çà beau.

« Pas compris ! »

PROCHAINE PARUTION : 15 JANVIER

Laisser un commentaire

Ecr. l’inf. (2)

Taqiyya : mot arabe signifiant « dissimulation »

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

Je ne reproduirai pas ici les infâmes affiches du Conseil de l’Europe destinées à « lutter contre les discours de haine antimusulmans » et à promouvoir « la liberté dans le hijab« . Je cite juste le texte de l’une d’entre elles : « Beauty is in diversity as freedom is in hijab. How boring would be the word if everyone would look the same ? Celebrate diversity & respect hijab. » [« La beauté se trouve dans la diversité autant que la liberté dans le hijab. Le monde serait bien monotone si chacun se ressemblait. Célébrons la diversité et respectons le hijab. »]. Pour les béotiens, je rappelle que le hijab désigne « le voile cachant les cheveux, les oreilles et le cou que portent de nombreuses musulmanes » (Le Robert).

Ces affiches portent arborent un #WECAN4HRS (comprendre : « We can for human rights speech ») – on sent la tyrannie des réseaux « sociaux » – et portent les logos de l’Union européenne, du Conseil de l’Europe et de WE CAN avec un coeur dans lequel est écrit : « No Hate« .

WE CAN est une émanation officielle du Conseil de l’Europe. Le rôle du Conseil est d’être « le gardien de la sécurité démocratique, fondée sur les droits de l’Homme, la démocratie et l’état de droit ». De lui émane la fameuse Cour européenne des droits de l’Homme. Y’a un problème.

Le siège du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

En effet, la FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organization), la branche « jeunesse » des Frères Musulmans, et l’EMFW (European Forum of Muslim Women), leur branche « femme », font partie des trente membres du Conseil consultatif de la Jeunesse auprès du Conseil de l’Europe. Comme l’écrit la journaliste Céline Pina le 03 novembre sur le site Figarovox : « Imaginez un peu si ce même conseil avait inclus une organisation néonazie […] dans un conseil consultatif, les cris d’orfraie qui auraient été poussés. » Je cite encore Pina : « Le problème est l’influence grandissante que certaines organisations ont au sein des instances internationales, qu’elles utilisent comme des chevaux de Troie. » Lobbying et taqiyya (dissimulation) comme dirait l’écrivain Mohamed Sifaoui…

« La jeunesse musulmane au Rendez-vous des Jeunes Européens pour débattre de l’avenir de l’Europe », cette fois au Parlement européen.

Autre lobbying en ce domaine, celui de l’Open Society, réseau de fondations créé par George Soros*, dont une des activités consiste à financer des « révolutions de couleur », autrement dit des changements de régime dans des pays dont le régime ne plaît pas à la « communauté internationale ». En bon français, cela s’appelle de l’ingérence…

* Nota : les milieux antisémites, qui voient le complot juif partout, attaquent volontiers Soros, mais évidemment pour de mauvaises raisons… Il est d’ailleurs cocasse que des antisémites attaquent quelqu’un qui soutient des islamistes…

Des membres du Conseil de l’Europe, la France a été la seule à s’indigner, par la voix de Sarah El Hairy, secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement (l’aurait-elle fait s’il n’y avait pas eu d’attentats ?), et le Conseil a déclaré « suspendre » sa campagne. A part les entrefilets AFP de circonstance, des médias confidentiels, Marine Zemmour/Eric Le Pen (ou l’inverse) et Céline Pina déjà citée, seule Caroline Fourest (la seule militante LGBTQ+ opposée aux cultures woke et « inclusive ») en a parlé dans Marianne

Encore une fois : échec de l’idéologie relativiste droits-de-l’hommiste donneuse de leçons ! Les institutions européennes, à force de promouvoir la démocratie dans l’espace public, ont dénié celle dans l’espace privé, et leur conception des droits de l’Homme est particulière car entre ceux-ci et les droits économiques, elles choisissent systématiquement les premiers. Soyez pauvres, mais dans la démocratie !

Quand les Chinois regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ?

Laisser un commentaire

Je me souviens… (2/4)

En 1984, avant d’accomplir mon Service National (je me souviens du Service National…), mon père me fit envoyer un courrier que les autorités militaires n’ont jamais reçu. Nous eûmes plus tard l’explication d’une jeune adjudante : « Votre courrier n’était pas affranchi ». Mon père : « Mais la franchise militaire… » Elle : « ?… ». Il lui explique. « Je ne savais même pas que çà existait… » Et pour cause, çà faisait des années que c’était supprimé ! Info pour les non-boomers : tout courrier envoyé à l’Etat (au sens large : la sécu, EDF, les CCP, son député…) était libre d’affranchissement. On indiquait sur l’enveloppe FP (franchise postale). Pour l’Armée, c’était FM (franchise militaire)… Les gouvernements radins euro-libéraux obsédés par la dette ont mis fin à cette pratique, qui n’est encore en vigueur que pour écrire au Président de la République ou au Père Noël [!]. Insultez donc Macron, c’est gratuit !

Je me souviens, donc,

De la franchise postale.

De Madame Soleil (que je confondais avec Ménie Grégoire).

Des passerelles pour accéder à l’avion.

Des pastilles Pulmoll.

Ce produit inefficace, comme tous ceux contre la toux, fut la vache à lait des pharmaciens !

De l’école non-mixte.

Des portières « suicide » des 2 CV, 4 CV et des camionnettes TUB.

De la queue à la Sécurité sociale.

Des vieux Arabes avec une petite moustache.

Du bulletin météo d’Albert Simon.

« Défense de fumer, de cracher
et de parler au machiniste ».

Des nécessaires de toilette.

Des Vélosolex.

Des Nouvelles Galeries.

Des autobus à plate forme.

Des WC au fond de la cour.

De la bouillie Aliment Picot.

Des cartes perforées.

Des buffets de gare.

Des conserves Olida [Olida on ice ?]

Des vieux garçons de café pleins de tics.

Des becs-de-lièvre.

Des freins à tambours.

Des halls de banque à verrière art déco.

Du magazine Noir & Blanc.

Des haricots verts en boîte dans les restaurants.

Des essuie-glaces chromés.

Du Mistral (un train TEE).

Au moins, on voyageait. Aujourd’hui on prend le TGV comme le métro…

Des bigoudis.

Des bébés portant des bonnets.

Des travaux du périphérique.

Des inscriptions « Lavage – Graissage – Vidange » des stations-services.

Des rames Sprague (vertes et rouges) du métro.

Des gardiens de musée en uniforme.

Emile Guimet et les gardiens de son musée à Paris vers 1914.

Des têtes de veau avec du persil dans les oreilles, aux vitrines des bouchers.

Des billes.

De la collection « poche » : Pif, Pifou, Gai-Luron, Arthur.

Des cols pelle-à-tarte et des pantalons patte-d’éléphant.

Des trains de banlieue sentant la ferraille.

Des yaourts à l’unité.

De l’affichage électoral sauvage.

Des petites voitures Norev.

Petit coquin !

Des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier.

De la cuisinière, chez mes grands-parents, marchant au charbon et bois, seul chauffage de la maison.

Des grands caniches.

Des catalogues (papier) de jouets, véritables livres.

A suivre…

Laisser un commentaire

Xi Jinping : 1, Thatcher : 0

C’est fou comme la réalité amène les bonnes questions. Il y a une semaine, lors d’un dîner avec des amis, l’un d’entre eux, quelqu’un d’avisé de surcroît, me dit : « Mais la faillite d’Evergrande, elle risque de provoquer un krach en Chine… ». Or, j’avais rédigé le billet suivant le 9 octobre…

De Zemmour à Jadot, tous libéraux ! Jadot se dit « ni de droite, ni de gauche » mais se dit favorable à « la libre entreprise et l’économie de marché ». Edouard Philippe se réclame en off de Thatcher, et Pécresse dit vouloir être « 2/3 Thatcher, 1/3 Merkel ». Maîtresse Pécresse en dominatrice SM ! Bref, gaullistes partout, gaulliens nulle part !

« You’re already dead crass » chantaient les punks (anglais, les vrais !) à propos du « tas de chair » !

Alors permettez-moi de vous parler de l’économiste italien Michele Geraci, expert de la Chine (https://michelegeraci.com/, site en anglais et en italien), lui-même cité dans le n° 40 de la lettre mensuelle EIR Strategic Alert.

Michele Geraci

On dit toujours : « le jour où la Chine subira un krach financier, ce sera la fin des haricots ». Faux ! Car la Chine possède tous les moyens macro-économiques interdits en Europe pour éviter les crises systémiques ! Je cite Geraci :

  1. Elle émet sa propre monnaie.
  2. Elle décide de la courbe des taux d’intérêt autour d’une table.
  3. Elle n’a aucune limite au déficit.
  4. Elle décide du taux de change autour d’une table.
  5. Elle contrôle le compte courant à travers des politiques commerciales indépendantes.
  6. Elle contrôle les entrées et sorties de capitaux.
  7. Elle n’a pas de monnaie internationale, et n’est donc pas à la merci de Wall Street.
  8. Et enfin, la clé de tout : elle n’a pas de grosse dette extérieure.

Elle a donc tous les leviers qui nous sont refusés ! [Fin de citation]

Bien évidemment, Macron-caniche finit toujours, même après une affaire de sous-marins, par pleurer dans le giron de l’OTAN pour aider celle-ci à aller casser la gueule à ces salauds de Chinois.

Avertissement : certains « souverainistes » frelatés refusent de sortir de l’UE, de la BCE et de l’OTAN.

« Caramba, j’étais pourtant persuadé que ce Z… était souverainiste… »

Laisser un commentaire

Exercices de « stiche » (2)

A quand Johnny Halliday et Bernard Tapie au Panthéon ? Mais que fait donc Brigitte Macron, la « conseillère culture » du Président ? Quel sera le prochain à bénéficier d’officieuses obsèques nationales ? Un footballeur ? Un rappeur ?

L’hommage à « Bébel » m’a aussi quelque peu agacé. Le Belmondo des débuts (Pierrot le fou, L’homme de Rio…) était formidable, mais le Bébel des années 70 (Le Magnifique, Le Voyou…), celui des cascades, s’était clownisé comme le dit Etienne Ruhaud dans son blog Page Paysage.

L’Exercice de « stiche » n°1 n’était pas terrible. C’est vrai : ce n’était qu’une entrée en matière (quelle vilaine expression ! Enfin, chacun sa spécialité…) Pour le coup, il ne s’agissait pas de pastiche mais plutôt de parodie, et il n’était pas sûr que Chevallier & Laspalès soient le meilleur support pour l’exercice. Par contre, je les imite bien, mais je n’ai pas trouvé de solution technique pour un bon son. Il faudrait que j’achète un micro.

Rappel : quand je dis exercice de « stiche », dekoikonparle ? Il s’agit de pasticher un auteur, mais avec la trame de Récit, le texte étalon d’Exercices de style de Raymond Queneau (Folio, Gallimard).

« Enlevez l’enfant aux cornichons ! »

Jules Vallès

Jules Vallès, donc (tiens, encore quelqu’un en -lès). Et plus précisément L’Enfant (Folio+ collège, Gallimard). L’autobus est ici un coche d’eau, allusion aux nombreuses pérégrinations de la famille Vingtras et du jeune Jacques, trimbalé de pension en pension. Pas de parc Monceau mais une escale en un imaginaire Monceau-sur-Loire. D’autre part, le narrateur est directement l’auteur de la bousculade. Evidemment, l’épisode du manteau « à la polonaise, Jacques ! » (« Enlevez l’enfant aux cornichons ! ») était tout trouvé pour la chute imaginée par Queneau : l’ami qui conseille, au narrateur encore une fois, de « diminuer l’échancrure de [son] pardessus en en faisant remonter le bouton supérieur ».

Coche d’eau sur la Loire

Quant au style, il est haché, concis. On ne s’attarde pas. Presque un paragraphe par phrase. Et le tout au présent de narration.

Je dois rejoindre mes parents, à Nantes, après cette morne année d'études et le peu de considération qu'a eu pour moi le propriétaire de la pension Ragnagnat. Je suis heureux. Adieu, Saint-Etienne !

Nous faisons escale à Monceau-sur-Loire. A l'arrière du coche qui descend le fleuve, le batelier arbore un cou fort long. Il porte un de ces chapeaux à galon tressé au lieu de ruban. Ah, ce couvre-chef ! Ma mère aurait pu m'en affubler !

Je décide, à force d'ennui, de marcher sur les pieds des voyageurs qui tentent de monter ou bien de descendre sur la passerelle.

Ce moment de liberté totale, sans mes parents ni le père Ragnagnat, est le seul instant de bonheur de la journée. Un bourgeois se met à se plaindre, mais il n'insiste pas. "Cà lui passera, au gamin", l'entends-je dire.


Je jubile.

Trois heures plus tard, je débarque en ville. En passant devant la gare :

"Vingtras !

- Fougères !"

Fougères, un "grand" que j'avais connu au Puy, est maintenant préfet d'études dans un collège de Nantes.

"Jacques, mon pauvre ami, je parie que ta mère t'a imposé cette redingote ridicule. Au moins le mieux pour toi est d'en diminuer l'échancrure en en faisant remonter ce cornichon qui te sert de bouton. Je connais un bon tailleur qui peut t'arranger çà."

Laisser un commentaire

Métro loufoque – M 7

Quand j’étais petit (oui, marcjoly a été petit), nous avons habité Aubervilliers pendant deux ans, le boulevard Félix Faure n’était pas l’horrible no man’s land à casses auto et kébabs qu’il est aujourd’hui, mais un charmant… boulevard, justement, c’est à-dire planté d’arbres. 

Nous étions au 90 (la petite maison à côté de l’actuel Peinturama). Pour prendre le métro, ma maman et moi, il fallait descendre le boulevard sur 750 m, traverser, en marchant sur des planches et les flaques d’eau, le chantier de construction du Périphérique, puis faire encore 200 m pour atteindre le terminus d’alors : Porte de la Villette. Une véritable expédition. Et je confirme les distances, Google Earth à l’appui.

Ce fut un de mes premiers souvenirs (j’avais quatre ans), mais j’ignore où nous allions ensuite. Je crois deviner que nous descendions à Palais-Royal ou Pont-Neuf pour aller à la bibliothèque de St-Germain-l’Auxerrois.

Voilà ce qui pour moi évoque la ligne 7…

Les temps ont bien changés, et depuis, cette ligne a connu le parrainage de Léo Lagrange, de Paul-Vaillant Couturier, de Louis Aragon et du Kremlin (-Bicêtre, toutefois), même si, en 2021, tout cela est passé de mode.

Pour ceux qui ne comprendraient pas la suite, je les renvoie aux autres Métros loufoques de ce blog.

Aujourd’hui, je ne vais pas me fouler, il s’agira d’écrire un texte avec les noms loufoques des stations dans l’ordre. Toutefois, la ligne se termine au sud par une fourche : il y aura deux fins possibles.

M 7 : OUI, MES NEUFS CENT CAROTTES SAINES – OUI, L’ESTRAGON/MERDE, Y DIT VRAI* **

*Un texte à lui tout seul ?

** Pas compris. [Mme Rand (Berthe), Blois-sur-Charente]

  • La Courneuve – 8 mai 1945 > Oui, mes neufs cent carottes saines
  • Fort d’Aubervilliers > Fort des Halles
  • Aubervilliers-Pantin – Quatre Chemins > Parchemin
  • Porte de la Villette > Ce porc de Lavilliers
  • Corentin Cariou > Encore un caillou
  • Crimée > Crime
  • Riquet > Biquet
  • Stalingrad > Plantigrade
  • Louis Blanc > Ruy Blas
  • Château-Landon > Moët-et-Chandon
  • Gare de l’Est > Argelès
  • Poissonnière > Prisonnière
  • Cadet > Prout-prout cadet
« A dada prout-prout cadet, à cheval sur mon bidet… »
  • Le Peletier > Biscottes Pelletier (Je me souviens des biscottes Pelletier…)
  • Chaussée d’Antin – La Fayette > Yvan Dautin (comédien-chanteur des années 70)
  • Opéra > Apéro
  • Pyramides > Polyamide
  • Palais-Royal – Musée du Louvre > Museau des lèvres
  • Pont-Neuf > Bon oeuf
  • Châtelet > Chatterley (Cf. M1 et M4)
  • Pont-Marie > Mon mari
  • Sully-Morland > Su’l’lit, mon grand !
  • Jussieu > Judicieux
  • Place Monge > Cà se mange
  • Censier-Daubenton > Dentier au menton
  • Les Gobelins > Les gobelets
  • Place d’Italie > Chapeau de paille d’Italie
  • Tolbiac > Koulibiac
Koulibiac de saumon
  • Maison Blanche > La raison flanche
  • Le Kremlin-Bicêtre > Les Gremlins peut-être
  • Villejuif – Léo Lagrange > Les halles aux granges
  • Villejuif – Paul Vaillant-Couturier > Quel vaillant couturier !
  • Villejuif – Louis Aragon > Oui, l’estragon !
  • Porte d’Italie > A bord du Thalys
  • Porte de Choisy > Morceaux choisis
  • Porte d’Ivry > Ivry Gitlis (célèbre violoniste israélien)
  • Pierre-et-Marie Curie > Bain-marie de curry
  • Mairie d’Ivry > Merde, y dit vrai

Hop, c’est parti. Encore un texte capillotracté, avec une scène de cul, comme dans Houellebecq, dont seul marcjoly a le secret. A la guerre comme à la guerre :

FORT-BOYARD

J'entrai. "Oui, mes neuf-cent carottes saines", dit un fort des Halles en soulevant des cageots. C'est ainsi que débuta cette course au trésor organisée par l'auteur et interprète de
Bats-toi.

Sur un vieux parchemin, ce porc de Lavilliers avait écrit : ENCORE UN CAILLOU VERS LE CRIME. On y voyait les silhouettes d'un biquet et d'un plantigrade. Trois indices étaient donnés : Ruy-Blas, Moët-et-Chandon et Argelès. Il fallait délivrer la prisonnière.

Je criai le mot de passe : "Prout-prout cadet". Puis il fallut apporter un paquet de biscottes Pelletier à un type que je reconnus être Yvan Dautin. Celui-ci me défia de boire l'apéro dans un verre en polyamide. Je n'y trempai que le museau des lèvres. Il fallut gober aussi un bon oeuf.

Là, l'épreuve se corsa. Apparut la Chatterley qui me fit : "Ah, mon mari ! Su'l'lit, mon grand !" Je trouvai judicieux que çà se mange, le dentier au menton !

Je vous passe l'épreuve des gobelets, puis celle du chapeau de paille d'Italie dans lequel il fallait manger un koulibiac.

C'est là (seulement ?) que la raison flanche.

( Deux fins possibles. La bleue : )

Quoi d'autre ? L'arrivée des Gremlins, peut-être, dans les halles aux granges ? Puis on m'aurait dit :"Quel vaillant couturier !", rapport au verre en polyamide, et je me serais exclamé : "Oui, l'estragon (c'était le trophée) !"

( La jaune : )

A bord du
Thalys (un décor de studio, évidemment), quelques morceaux choisis : Ivry Gitlis, à l'annonce de mon énième mot de passe (çà commence à bien faire) : "Bain-Marie de curry ". Après l'oeuf et le koulibiac, j'avais envie de vomir. "Merde, y dit vrai !" s'écria le violoniste.

C'est à ce moment-là que je me suis réveillé.

Laisser un commentaire

Les couvertures auxquelles vous avez échappé (5)

Des primaires pour désigner les candidats à la candidature ? Mais, à ce que je sache, c’est aux élus de parrainer des candidats, puis aux Français de choisir ! Il y a plusieurs prétendants pour une même sensibilité (gauche, droite, écolos) voire pour un seul parti ? Eh bien, ledit parti assume ses candidatures multiples ! A ce tarif, il ne reste qu’à mettre en place un Conseil de la Révolution pour désigner les candidats « officiels », comme en République Islamique d’Iran !

Aujourd’hui, il y a des comparateurs pour tout : les aspirateurs, les ordinateurs, les pâtes à tartiner, les agences de voyages, les forfaits box internet, les contrats d’assurance, les restaurants, les pompes funèbres, les masques anti-covid, les sites de rencontre, les partenaires dégotés sur les sites de rencontre, et les comparateurs eux-mêmes. Kelcoût.fr, Kelcoup.fr, Kelcon.fr… Le tout avec force notes voire dénonciations… Et, heureusement, lancements d’alerte.

Les deux principales associations françaises de consommateurs n’ont pas été les pionnières : il y eut avant elles les guides de restaurants, dont le célèbre Michelin (qui n’est plus que l’ombre de lui-même), et le Gault & Millau, qui y a apporté le concept de banc d’essai, y compris pour les produits alimentaires, ce qui fit scandale chez les critiques gastronomiques.

Artefacts culturels (livres, spectacles) mis à part (la critique, quoi !), il s’agissait de comparer des choses que l’on consomme. Mais celles que l’on ne consomme pas ? Peut-on éditer un guide comparatif des idées ? Idées religieuses ou spirituelles, idées morales*, idées économiques, idées politiques…

*A ce sujet, il est aberrant que personne ne s’exprime sur le fait qu’une idée politique ou économique puisse être morale ou non…

Des médias qui, au mieux dénoncent, au pire font la leçon, il y en a, la presse française appartenant aux Bolloré, Lagardère, LVMH, etc. D’autres se lancent dans le « débat » ou le « décryptage », qui sont des faux-nez. Et si on tentait des bancs d’essai ou des comparatifs en la matière ? [Nota : il n’y a aucune hostilité envers les deux magazines parodiés ci-dessous.]

En voici un dont cette rubrique trash a le secret :

Et un autre :

Au point où en est…

Ma bibliothèque amoureuse (7/infini)

Spécial modes d’acquisition

Deux lectures par rapport à l’actualité (je ne garantis pas leur disponibilité) : Laurent DESSART (un ami dont j’ai perdu la trace), L’Afghanistan – Précis historique, L’Harmattan, 2004. Pour comprendre la matrice culturelle et sociétale de ce pays. D’autre part : Françoise OLIVIER-UTARD, Politique et archéologie – Histoire de la Délégation archéologique française en Afghanistan 1922-1982, Editions Recherche et Civilisations, 2003. Un regard sur les relations franco-afghanes. Recréée en 2002, la DAFA existe toujours, sans doute rapatriée ces derniers temps.

Dès lors qu’il existe plusieurs façons de classer sa bibliothèque : sujet, thème, genre, chronologie, auteur, titre, édition, collection, format, couleur (!), épaisseur, odeur, type de reliure… (une fidèle lectrice, Mme Geypatout-Compry, de Jarnac-sur-Loire, pourrait en témoigner), il pourrait être judicieux, lorsqu’on aborde l’aspect « amoureux », affectif, subjectif, de sa collection de livres, de la classer par mode d’acquisition.

Bon, les livres achetés à la FNAC et ceux appartenant déjà au conjoint, on connaît. Mais il y a d’autres modes.

Je vais essayer d’en donner un aperçu.

  • André CHERPILLOD, Histoire des chiffres, autoédition, 1996.

Auteur remarquable pour trois points de vue. D’abord André Cherpillod, espérantiste, fait partie des derniers philologues et polygraphes. Il a écrit des centaines d’ouvrages sur tous les sujets en espéranto, français, et bien d’autres langues ! Ensuite ses ouvrages sont parus soit en autoédition, soit aux éditions de la Blanchetière… c’est à dire Cherpillod tout seul chez lui. Enfin ses livres, la plupart épuisés, sont surtout disponibles via les deux associations espérantistes en France : SAT-Amikaro et Espéranto-France. C’est de l’un ou l’autre que mon exemplaire provient. Il faudra en tous cas que je fasse un jour un papier sur André Cherpillod.

Le « collector » des Cherpillod.

  • Daniel JUSTENS, La mathématique du Chat, Delagrave/Casterman, 2008.

Comme souvent, livre acheté à la librairie (pardon, il faut maintenant dire « boutique »…) d’un musée, en l’occurrence celui de la BD à Bruxelles. J’y suis entré uniquement pour l’architecture du lieu. Le livre est plus intéressant que je ne le pensais : c’est un authentique ouvrage de mathématique basé sur… Le Chat de Philippe Geluck, lequel, pourtant, n’est en soi pas terrible. Mlle Areu, étudiante en vulcanologie médiévale de ma connaissance, m’a rétorqué : « Depuis quand les chats font-ils des mathématiques »?

  • Deutsches Museum, Museum Guide, 3ème édition 2005.

Acheté lui aussi à la lib… (et puis merde !) d’un musée : le Deutsches Museum de Munich, musée scientifique absolument complet comme les Français sont incapables de faire. Là, pour le coup, il s’agit du « guide » (140 pages !) officiel du musée, c’est-à-dire du catalogue des collections permanentes.

  • Christiane COSSUS, 6 leçons d’électricité, SODEL, sans date.

Livre datant du collège (çà ne me rajeunit pas) sur les bases de l’électricité. Comment ce fait-il qu’il s’agisse du Livre de l’enseignant ? Mystère.

  • La Bible de Jérusalem, Desclée de Brouwer, 1975  » (imprimatur : Paris, le 8 février 1975 – E. BERRAR, v. é.) .

Elle m’avait été offerte par ma belle-mère, pour Noël. Tout le monde était atterré et moi aussi. Il y a de ces cadeaux …

  • E. et J. BOURCIEZ, Phonétique française – Etude historique, Klincksieck, 1982.

Un des vestiges de mes livres de fac. Tout sur la « réduction du mot latin en français », le « traitement des voyelles accentuées », les « labiales latines », etc. Ecrit par un de ces couples d’universitaires dont seule la France à le secret.

  • Etienne RUHAUD, Disparaître, Unicité, 2013.

Ce n’est pas pour passer la brosse à reliure (heu, à reluire !), mais ce romanceau (112 pages) est écrit par mon ami Etienne dont je vous rebat les oreilles, et préfacé par feu Dominique Noguez, tout de même ! Mon exemplaire est dédicacé :« Pour Marc, ce court récit urbain, en lui souhaitant le meilleur… Merci. Toute notre amitié, Etienne ». Comme çà, vous savez que dans la vraie vie, marcjoly a pour prénom Marc.

  • JEAN-CHARLES, La foire aux bidasses, Presses de la Cité, 1973.

Jean-Charles était le spécialiste des « perles », notamment celles des cancres. Cet ouvrage consacré aux bidasses (c’est la même chose) et aux militaires en général (c’est le cas de le dire) a été trouvé tellement hilarant par votre serviteur que celui-ci l’a volé durant son service militaire en 1984 à la bibliothèque de l’Unité Marine de Fort-de-France.

  • Collectif, Le daguerréotype français. Un objet photographique, RMN, 2003.

Travaillant dans les musées, ceux-ci m’offrent tous les ans ainsi qu’aux collègues un catalogue d’exposition. Celui-ci reflète un monde proto-photographique disparu : taudis pré-haussmanniens, femmes à coiffe en dentelle, trognes d’une population qui ne connaissait pas le dentiste mais connaissait bien les bouteilles de vin…

  • René VALLERY-RADOT, La vie de Pasteur, Flammarion, 1900 (l’exemplaire et une réédition de 1925).

Cette biographie écrite par le gendre de Louis Pasteur, et dégotée chez un bouquiniste, n’est pas rééditée aujourd’hui. J’aurais malheureusement tant à dire de ces tauliers, dont le métier consiste à ne jamais vouloir acheter les livres qu’on veut leur vendre, et qui de surcroît vous engueulent…

Laisser un commentaire