Ecr. l’inf. (3)

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Le client d'une des nouvelles hostelleries Marvel [...] aurait également son champ de ski, ses remontées mécaniques, sa patinoire, son fond sous-marin, ses vagues à surf, son safari, son aquarium géant, son musée d'art ancien, ses ruines romaines, son champ de bataille, sa pyramide, son église gothique, son souk, son bordj, sa cantina, sa Plaza de Toros, son site archéologique, sa Bierstübe, son Bal-à-Jo, ses danseuses de Bali, etc., etc., etc., et etc."

Claude Lévi-Strauss.

Dans cet article, il ne sera pas question d’ethnies, ce qui serait du racisme, mais de cultures, de religions et de mentalités. Désolé, Lévi-Strauss, mais la mantra débitée au collège, au lycée, à la fac, sur « France Cul » et sur Arte (« Toutes les cultures se valent »), ce chantage à la bien-pensance antidiscriminatoire, est à mettre à la poubelle. Que « valent » des cultures ayant pratiqué les sacrifices humains, l’anthropophagie, ou bien « simplement » l’esclavage, l’infériorité des femmes ou l’antisémitisme ?

L’auteur de ces lignes, marcjoly, votre serviteur, est un « mâle français blanc hétérosexuel cisgenre de plus de soixante ans ». Mais ce que nous allons exposer ne provient pas de lui mais de deux sources… arabes. La première s’appelle Adonis, pseudonyme provocateur d’Ali Ahmed Saïd, né en 1930 en Syrie. Cet ancien représentant de la ligue arabe à l’Unesco est surtout le plus grand poète arabe contemporain avec Mahmoud Darwich. Athée, il se montre très critique envers l’islam – c’est le moins qu’on puisse dire – dans son livre d’entretiens avec la psychanalyste Houria Abdelouahed Violence et islam (Seuil, 2015). Adonis dénonce le caractère intrinsèque de la violence dans cette religion.

L’autre source, est à mon avis, plus justement méchante encore. Cette bombe s’appelle Driss Ghali, universitaire marocain et musulman pratiquant vivant en France, auteur d’Une contre-histoire de la colonisation française (éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2023).

Adonis, tout d’abord. Pour lui, « L’islam, puisqu’il est né parfait, combat tout ce qui lui était antérieur et tout ce qui est venu après. «Tout» désigne : philosophie, art, pensée, créativité, vision du monde, etc ». « Dans l’islam, le mouvement est forcément tourné vers le passé. L’avenir n’a pas de sens et n’existe qu’à la lumière de passé : le passé, c’est l’avenir du présent ». « Le musulman voit le monde à travers la vision islamique qui est ancienne et close. L’islam n’a besoin ni du monde, ni de l’autre, ni de la culture puisqu’il est la Culture absolue […] Quelle nouveauté a-t-il apportée par rapport aux anciennes civilisations ? «  « La grande majorité de la société arabe est encore dominée par l’ignorance, l’analphabétisme et l’obscurantisme religieux » et « on peut constater le manque d’un esprit de recherche et d’innovation » dans un monde figé dans lequel le progrès et l’avenir n’existent pas, car « le pouvoir est devenue la propriété de la tribu. Depuis, l’Histoire est restée liée au pouvoir de la tribu ». Un bon « cas » pour la psychanalyste qui a mené l’entretien avec Adonis !

Adonis.

Ce dernier en vient au vif du sujet : Il y a dans l’islam « l’absence de «l’autre comme structure» […] L’autre est à annuler en tant qu’autre. D’où la violence qui habite le djihad. le meurtre de l’Autre est un djihad« . « Historiquement, l’islam […] a été fondé par l’esprit de la tribu, les conquêtes et la puissance de l’argent. Aujourd’hui, Daech s’enrichit grâce aux ghanâ’im [butins de guerre] et la mainmise sur le pétrole, le gaz, l’argent des banques et la vente des femmes ». Et puisqu’il y a soumission (islam, en arabe) à l’islam et à ses préceptes (prix de la miséricorde), l’homme doit faire preuve de vassalité.

Pour Adonis, face à ce constat, l’islam est condamné à régresser.

Venons-en maintenant à Driss Ghali. je vais parler de son ouvrage précité, mais en préparant cet article par le biais de l’internet, je suis tombé sur une entrevue sur Breizh-Info à propos de son autre ouvrage (que je n’ai pas lu) : Français, ouvrez-les yeux ! – Une radiographie de la France par un immigré (L’Artilleur, 2023). Ce qu’il y écrit là résume totalement son propos, et j’aurais pu m’arrêter là : « Le comportement des immigrés en France est influencé par leur civilisation d’origine. Quand ils viennent de civilisations où la courtoisie et le travail sont des valeurs suprêmes, tout va bien : Vietnamiens, Chinois etc. Quand ils viennent de civilisations de commerçants où l’adaptabilité est une valeur cardinale, tout va bien aussi : les Libanais, les Syriens, les Arméniens… Quand ils viennent de civilisations tribales et féodales qui ne promeuvent pas le travail, l’instruction et le civisme, ça se passe mal : Afrique du Nord, Afrique subsaharienne… Au sein d’une tribu, la productivité est le dernier des soucis, il suffit de razzier les voisins ou de mener une campagne de piraterie (ou un jihad) afin de capter la valeur ajoutée que l’on ne sait pas produire localement. Parfois, on dispose d’esclaves à la maison ou aux champs. Autrement dit, le travail est mal vu, il est associé aux faibles et aux soumis, les forts et les riches font la guerre et ont des esclaves qui travaillent pour eux. Conséquence : inutile de s’instruire puisqu’il n’est pas question d’améliorer les méthodes de production. En revanche, on exige de l’individu qu’il se batte avec hargne et cruauté pour défendre les siens. On attend de lui qu’il considère les autres comme des « sous-hommes », tout juste bons à le servir ou à déguerpir ».

Bon. Vous allez vous en remettre…

Driss Ghali.

Quelques commentaires : 1. la typologie que dresse Ghali des différents peuples relève à la fois du cliché (Asiatiques travailleurs, Levantins commerçants…) et de la vérité* ! 2. Breizh-info est malheureusement un média internet de droite identitaire, et Driss Ghali est parfois invité sur Radio-Courtoisie. D’autre part, son éditeur, Jean-Cyrille Godefroy, non conformiste, fut le cofondateur, avec Cabu (!), du (mauvais) journal pacifiste satirique anti-Otan La grosse Bertha et professe aujourd’hui des positions non politiquement correctes sur la Russie. Son autre éditeur, L’Artilleur, édite des « climatosceptiques ». Ghali est-il donc « d’extrême » ? Est-ce « l’arabe de service » ? Ou bien les seuls médias qui lui permettent de s’exprimer sont-ils les précités… parce que cela les arrange bien ? Ou alors les autres médias ne veulent pas entendre ce discours ? Vous avez quatre heures…

*A ce sujet, je suggère de regarder les trois films de Philippe de Chauveron Qu’est qu’on a [-/tous/encore] fait au bon Dieu, avec Christian Clavier, où l’on voit que la frontière entre cliché et vérité est ténue… et que l’on peut en rire – n’est-ce pas les wokistes ?

Je vous vois venir, mais dans sa Contre-histoire de la colonisation Driss Ghali ne fait pas l’apologie de la colonisation, en soi « une idée tordue ». Ce qu’il dit est que le Maghreb était, avant la colonisation, un coupe-gorge misérable connaissant pauvreté, arbitraire et arriération : conditions sanitaires et économiques plus que précaires, « disette, criquets, lèpres et maladies de la peau, typhus, dysenterie ». « La magie et la superstition sont le seul recours du Marocain ». « Il connaît parfaitement sa place dans la société. Et de sa soumission dépend sa survie. Il baise la main du notable qui lui jette des miettes aux grandes fêtes religieuses, il se jette au pied du caïd qui […] le défend face au juge (cadi) qui […] penche toujours du côté de celui qui lui graisse la patte ». « La société est ainsi organisée autour de la relation patron-client ». « On n’a pas le choix, car l’Etat est minimal, il est même absent la plupart du temps ». « Agressivité plutôt que tempérance. Loyauté restreinte aux membres de la tribu plutôt que sens de l’intérêt général ».

Mais « si l’homme va mal, la femme a un sort plus lamentable encore. Elle n’est rien. Un butin dans les razzias qui éclatent de temps en temps […] Une marchandise que l’on achète en versant une dot à sa famille ». Quant à l’enfant, « il n’existe pas en tant que tel ». Et tout citadin « dans des villes fortifiées et fermées à clé la nuit par peur des pillards » assiste plusieurs fois par an à l’arrivée de caravanes « chargées de leur cargaison humaine, des enfants noirs, des femmes noires et des mâles noirs que l’on a castrés en cours de route ».

L’auteur établit aussi un panorama pré- et postcolonial de l’Afrique subsaharienne et de l’Indochine, que je ne reprendrai pas, faute de place.

La colonisation, maintenant. Les habitants d’un territoire colonial ont besoin d’être pris en main par « des infirmiers, des médecins, et des officiers de l’état civil, sans compter les instituteurs ». « Par millions, les Marocains, les Algériens et les Vietnamiens ont passé une vie entière sans voir […] un seul médecin ou un seul instituteur français ». « Ils ont vécu parqués dans une réalité hybride où leur mode de vie est maintenu et leur souveraineté est annulée ». Tout çà pour çà… Car, pour que l’Etat colonial développe des infrastructures d’énergie, de santé, de logement, de transport, etc., « il aurait fallu dédier des universités entières à l’étude des cultures d’Asie et d’Afrique, à la cartographie des religions et des sectes, à l’enseignement des langues, à l’analyse des sous-sols et de la biodiversité »… Or l’Ecole nationale de la France d’outre-mer n’a formé que des… administrateurs, sinon, elle ne serait pas française…

Code vestimentaire venant du Moyen-Orient.

Et après ? Driss Ghali écrit que depuis les années 1970-1980, « l’inégalité, le fait tribal et le fanatisme religieux » ont refait surface. L’inégalité : « Une école à deux vitesses est donc apparue, l’une en Arabe où l’on prépare les pauvres au chômage de masse […], l’autre en français où les « fils de » recevaient le sésame du succès ». Le fait tribal : le paysan, urbanisé, a importé ses mœurs. « Il refuse de payer l’impôt et s’engouffre dans l’informel », « il insiste pour payer un bakchich à l’infirmier des urgences pour passer en premier, il vomira sa détestation du régime […] mais se jettera aux pieds d’un conseiller municipal pour obtenir une prébende« . Il ne fera rien aussi pour s’assurer que ses enfants vont à l’école. Le fanatisme religieux : la religiosité populaire « a accepté d’assimiler des codes venus d’ailleurs, du Moyen-Orient en particulier ». « Les Maghrébins ont réinventé une noblesse religieuse qui a son mot en politique, dans la figure du barbu« .

Ouf !

Je vous laisse réfléchir, turbiner et cogiter sur tout cela, dans le contexte du relativisme culturel.

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

J’les confonds toujours (6)

Ah, non, çà c’est Duran Duran !

Ah, voilà !

Vous me dîtes « Navalny », ce type connu pour ses opinions xénophobes et réactionnaires, soutien de la politique chauviniste grand-russe, qui avait qualifié les Géorgiens de « rongeurs » et les Tchétchènes de « cafards » ? Je vous réponds « Assange », enfermé depuis douze ans. Ah, excusez-moi : c’est vrai que vous appartenez au camp du Bien… C’est fou ce que les Occidentaux se trompent toujours : quand on leur demandait de citer le nom d’un dissident du système soviétique, ils répondaient systématiquement « Soljénitsyne », ce vieux raskolnik réactionnaire, alors que les opposants au système soviétique répondaient « Sakharov »… dont le prix éponyme avait malheureusement été attribué à Alexeï Navalny. Mais même le récit occidental sur la mort de ce dernier tombe à l’eau : « Je vais peut-être vous décevoir, mais nous savons qu’il est mort à cause d’un caillot sanguin », a déclaré Kyrilo Budanov, le chef du renseignement militaire ukrainien.

Macron veut envoyer des troupes contre une puissance nucléaire… Les élections européennes arrivent. Pour forcer les gens à « bien » voter, il faut jouer sur la peur : « si vous ne voulez pas voir les Russes défiler sur les Champs-Elysées, ne votez pas pour les populistes ou pour les extrêmes*, mais pour nous ». Désolé Macron, mais le théâtre d’opérations mondial, çà n’est pas le salon de l’Agriculture. Nous avons, en France, un Président qui ne comprend pas ce que représente une guerre nucléaire ! Autant élire un enfant de cinq ans …

*En novlangue bienpensante, est populiste ou extrême tout ce qui ne relève pas de l’ordolibéralisme européiste.

Autant je suis un partisan de l’IVG*, autant je suis contre le fait de tout inscrire dans la Constitution. Cette dernière ne doit pas être le doublon du Code civil, mais doit uniquement inscrire des principes.

*Quelle idée de désigner ce moment psychiquement et douloureusement important dans la vie d’une femme par un sigle froid technico-administratif…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] à côté du cadran indiquant des stations aux noms exotiques et mystérieux - Hilversum, Sottens, Allouis, Vatican, Kerguelen, Monte Ceneri, Bergen, Tromsö, Bari, Tanger, Falun, Horby, Beromünster, Pouzzoles, Mascate, Amara, - un cercle s'allumait et quatre faisceaux orthogonaux émis par un point brillant se rétrécissaient au fur et à mesure que l'on captait de plus en plus exactement la longueur d'ondes souhaitée [...]"

Je me souviens des derniers temps des postes de TSF en bakélite… Le cadran mentionnait en effet ces villes sur le territoire desquelles étaient érigés des émetteurs. Je soupçonne Georges Perec d’avoir inventé celui des Kerguelen, non captable en Europe. Allouis, dans le Cher, a émis pour Radio-Paris en 1938, puis jusqu’en 2016 pour Paris-Inter devenue France Inter. Ce n’est donc pas une mauvaise transcription de Sarrelouis (Allemagne), où se situait l’émetteur d’Europe n°1 de 1955 à 2019. La joyeuse époque des grandes ondes, du noir et blanc, des 78 tours, des anciens francs et des téléphones à cadran !

Dans le J’les confonds toujours précédent (https://champouin.blog/2023/06/01/jles-confonds-toujours-5/), j’avais évoqué Buffet et Dubuffet. Effectivement, dans Le Journal des Arts du 23 juin 2023, entrevue de Michel-Edouard Leclerc à propos de sa fondation, le Fonds Hélène et Edouard Leclerc, à Landerneau : « Nous recevons jusqu’à 7 000 scolaires par saison. Le livre d’or est très instructif. Les gens confondent Buffet et Dubuffet*, mais témoignent d’un véritable appétit de connaissances. »

*marcjoly, votre serviteur, faisait cette confusion jusqu’il y a très peu…

Suite de cette liste qui n’est pas prête d’être terminée :

  • le CAP FERRAT et le CAP FERRET – deux presqu’îles pour riches du sud de la France.

Le CAP FERRAT (< lat. ferratus = herbeux), on le sait, c’est le paradis des milliardaires sur la Côte d’Azur, juste à l’ouest de Villefranche-sur-Mer. Cela n’aura qu’un temps : la loi Littoral protège maintenant les site de tout excès d’urbanisation. Le tout est dans le mot « excès », à géométrie variable quand on a le bras long… Un phare à l’extrémité du cap sert à la régularisation du trafic maritime et à la veille visuelle des incendies de forêt. Le CAP FERRET (nom évoquant des dépôts ferrugineux dus à l’érosion d’une couche de grès) est le cordon littoral au sud du bassin d’Arcachon, qui fait face à la dune de Pyla*. De nombreuses personnalités, moins bling-bling qu’au cap Ferrat, y demeurent. Cette pointe est en train de s’éroder de trois à quatre mètres par an. Sur la presqu’île du cap Ferret se trouvent des forages exploitant une nappe de pétrole située à 3 200 m de profondeur, exploités de 1962 à 1994**. Là aussi, on y trouve un phare, et un sémaphore sert à la surveillance des incendies de forêt.

*Il y aura une entrée Pilat/Pyla dans cette rubrique.

** Je viens d’apprendre qu’on veut relancer les forages au même endroit !

Saint-Cap-Jean-Ferrat !

  • COLLONGES-LA-ROUGE et PEROUGES – deux « plus beaux villages de France » pour touristes.

COLLONGES-LA-ROUGE (en occitan Colonjas < lat. colonicas = terre cultivée par un colon), est un village de Corrèze, à 19 km de Brive, dans le Causse corrézien. Il est situé sur une faille de grès rouge aves lequel les maisons se sont construites. Les moines de l’abbaye de Charroux, dans le Poitou, y fondèrent un prieuré en 782. Puis le bourg devint une escale sur la route de Compostelle, et tira son activité des vignobles. L’épidémie de phylloxéra et l’exode rural vidèrent Collonges de ses habitants et le village se transforma en carrière de pierre. Afin d’enrayer son déclin, des mesures de classement furent entreprises dès 1905, qui en feront un site touristique et pittoresque quelque peu artificiel avec ses artisans et boutiques de souvenirs. Il est aujourd’hui malheureusement atteint par la gentrification. PEROUGES, d’étymologie inconnue, est une cité médiévale fortifiée juchée sur un mamelon à 300 m d’altitude. Elle est située à 35 km au nord-est de Lyon. Cet oppidum fut fortifié vers 1100 et subira diverses fluctuations politiques et de vassalité. Au 13ème siècle, il devient un bourg commercial. Après 1800, il subit son déclin et son vignoble est lui aussi atteint par le phylloxéra. En 1911, est fondé le Comité de défense et de conservation du vieux Pérouges. Après 1950 s’installent des artisans d’art… Même schéma, réplicable pour tant de villages « pittoresques » français… On pourrait aussi citer Carrouges, dans l’Orne, gros bourg plus que village, moins pittoresque mais un brin touristique.

  • Le CARTEL des Forges et le CARTEL des Gauches – deux classes politiques en lutte.

Appelé également et officiellement Comité des Forges, le CARTEL DES FORGES est une alliance créée en France (sur le modèle allemand) en 1864 par l’industrie sidérurgique et menée par Eugène 1er Schneider et Charles de Wendel. Il est réorganisé en 1887 en réponse à la structuration du mouvement ouvrier français. Il s’agit d’une part d’un cartel, c’est-à-dire qu’il décide du contingentement de la production et de la répartition des marchés, et d’autre part d’un organe réactionnaire de défense patronale, représentant le « mur d’argent ». Il sera dissous en 1940 mais renaîtra sous la forme soft de l’UIMM. Le CARTEL DES GAUCHES était une coalition électorale constituée non pas en 1936 comme on le croit, mais en 1924, entre les radicaux indépendants, le Parti radical et radical-socialiste, le Parti républicain-socialiste, et la SFIO. Cette coalition remporta les élections législatives cette année-là. Elle fut reconduite pour les élections de 1932 mais entraina une majorité parlementaire fragile. Les socialistes de la SFIO seront au gouvernement en 1936 de par leur participation dans la coalition du Front populaire (qui inclut cette fois les communistes) en 1936, et qui n’est officiellement et formellement pas celle du cartel des Gauches. Il est clair que, dans le contexte de la lutte des classes, « forges » et « gauches » s’affrontaient…

Du coup, il y a aussi un cartel des droites…

  • CHALON-sur-Saône et CHÂLONS-en-Champagne – deux villes françaises.

CHALON (sans S ni accent circonflexe)-sur-Saône est une ville de Saône-et-Loire, plus peuplée (45 000 hab.) que sa préfecture Mâcon. Le nom Chalon vient de Cavillonum, d’une racine cav- (hauteur) ou cab- (cheval). On ne connaît pas de traces archéologiques de la ville de Chalon pour la période antique, bien qu’étant un noeud de routes romaines. A l’époque franque, elle sera la capitale du royaume des Burgondes. Assiégée par Louis XI en 1478, elle reviendra à la couronne de France. A partir du 1er Empire, la ville va se développer industriellement (fonderie, verre, textile). C’est la ville natale de Nicéphore Niépce et de Gérard Collomb, récemment disparu. CHÂLONS (avec S et circonflexe) -en-Champagne (anciennement sur-Marne) est la préfecture de la Marne (45 000 hab. également). Son nom vient d’un peuple gaulois : les Catalaunes (d’où les fameux Champs Catalauniques). C’est dès le 12ème siècle une ville commerciale située sur une route « des foires » (commerce drapier). D’autre part la Marne ravitaillait Paris en bois et grains, vins et moutons. Au 19ème siècle, ce fut la montée en puissance du « champagne » (le vin). Dans les années 1970, une partie de la vieille ville fut détruite, ce qui fut dénoncé par le dessinateur Cabu, enfant du pays. En 1995, la commune, trouvant la Marne peu vendeuse, fit stupidement changer le nom en Châlons-en-Champagne.

– Dis, t’a vu Monte-Carlo ?
– Non, j’ai vu monter personne.
– Dis, t’as vu Monte-Cristo ?
– Non, j’ai vu monter personne.

Annie Cordy

  • Le CHATEAU d’If et le CHATEAU de Monte-Cristo – deux bâtisses en lien avec Alexandre Dumas.

Quiconque a lu Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas connaît le CHATEAU D’IF. Ce bâtiment existe vraiment : il a été construit en 1529 sur ordre de François Ier sur l’îlot d’If de l’archipel du Frioul situé, comme son nom ne l’indique pas, au centre de la rade de Marseille. C’est une forteresse devenue prison en 1540. Au 18ème siècle, on y enferme les Protestants. En 1848, les émeutiers et après 1851, les bagnards en transit. C’est aujourd’hui un site touristique. Dans le roman de Dumas, Edmond Dantès y est enfermé, où il se lie d’amitié avec l’abbé Faria. Quant au CHATEAU DE MONTE-CRISTO, c’est la demeure que Dumas s’est fait construire entre 1844 et 1847 par l’architecte Hippolyte Durand à Port-Marly (Yvelines). « – Monsieur Durand, vous allez ici même tracer un parc anglais au milieu duquel je veux un château renaissance, en face d’un pavillon gothique entouré d’eau… Il y a des sources, vous m’en ferez des cascades. – Mais Monsieur Dumas, le sol est un fond de glaise, vos bâtiments vont glisser. – Monsieur Durand, vous creuserez jusqu’au tuf… Vous ferez deux étages de caves et d’arcades. – Cela vous coûtera quelques centaines de mille francs. – Je l’espère bien ! » Dumas choisit de baptiser sa demeure le « château de Monte-Cristo » en référence à son deuxième roman historique. Le plus cocasse est que Dumas a fait édifier, au milieu d’une île artificielle dans le parc, un petit castel néo-gothique de deux étages de briques rouges et pierre blanche qu’il baptise « château d’If » ! De nos jours, l’ensemble se visite.

Le Château d’If… à Port-Marly.

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