
Pour paraphraser Pierre Desproges à propos de Tino Rossi : le jour de la mort de la Reine d’Angleterre, j’ai repris deux fois des moules… En effet, j’ai toujours trouvé totalement ridicule tout ce culte qui tourne autour de la monarchie royale (les Royals ou la Firme comme disent les Anglais). Gorbatchev, lui, était un personnage assez ambigu, mais j’aurais préféré que « la communauté internationale » (à ces mots, tremblez et pensez bien) aille à ses obsèques plutôt qu’à celles de la Queen. Alors aujourd’hui que faire (comme dirait Lénine) face à un Charles III écolo-fanatique et une Liz Truss libéralo-fanatique qui a déclaré, lors d’un débat du parti Conservateur à Birmingham, ne pas hésiter à lancer une frappe nucléaire sur la Russie ? [A lire : notre article The Greta Watcher #3du 25 avril 2021 https://wordpress.com/post/champouin.blog/1373].
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Macron nous la refait avec le conseil national de la Refondation, un machin pseudo gaullo-résistant, lancé sans rire « au nom de la démocratie »… à huis-clos ! Rassurez-vous, certaines propositions seront soumises à référendum… lequel est vite devenu une consultation citoyenne (faut pas déconner !). Cette consultation n’aura lieu qu’en ligne, des fois que les victimes rurales et/ou âgées de la fracture sociale aient l’idée saugrenue d’y participer ! « Ici Londres. Les classes moyennes supérieures urbaines diplômées parlent aux classes moyennes supérieures urbaines diplômées ! »
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« Maisons Merlin,
Coluche
cages à lapins »
Adieu les maisons Phénix ! Le groupe Geoxia, propriétaire de la marque, est en liquidation judiciaire. C’est tout un pan du vécu de la classe moyenne qui s’en va ! Ceci dit, le modèle « américain » du lotissement pavillonnaire ne fait plus recette : rognage des terres agricoles, gouffre énergétique, obligation de posséder une voiture, charges élevées car infrastructures non mutualisées… « Maisons Merlin, cages à lapins », disait Coluche. Maisons Phénix et maisons Merlin, j’les confonds toujours !
Précision : Dans J’les confonds toujours #2 (https://champouin.blog/2021/06/01/jles-confonds-toujours-2/), à l’entrée Balagne/Cerdagne/Limagne, je n’avais pas mentionné l’enclave espagnole de Llivia. Son origine est intéressante : lors du traité de 1660 par lequel l’Espagne laisse une partie de son territoire à la France, cette dernière stipule que l’Espagne cèdera « les villages » de la vallée de Cerdagne. Mais plus tard, l’Espagne prendra prétexte que Llivia n’est pas un village mais une ville : Llivia est restituée.
Suite, donc, de notre rubrique :
- Eric BESSON (né en 1958) et Luc BESSON (né en 1959) – deux hommes d’affaires (à leur façon).
Eric BESSON est un entrepreneur, également homme politique – un des ces libéraux pro-industrie (comme Montebourg) à qui il reste une fibre gaullienne, mais qui restent totalement pro-européens, ce qui prouve qu’ils n’ont rien compris à l’économie ni à l’histoire. Luc BESSON, cinéaste (Subway, Le Grand Bleu, Nikita…) et producteur, est un de ces beaufs à la Dupont-Moretti qui ne touche plus terre et qui ose tout (c’est à çà qu’on les reconnait). On peut citer aussi deux écrivains, cette fois : Patrick BESSON (né en 1956), qualifié trop sommairement d’anar de droite, et Philippe BESSON (né en 1967), qui est également critique.
- Hubert BEUVE-MERY (1902-1989) et Charles-Augustin SAINTE-BEUVE (1804-1869) – deux plumitifs.
SAINTE-BEUVE fut un écrivain qui commença sa carrière en se liant d’amitié avec Victor Hugo. Mais ils divergeront politiquement et Hugo l’appellera « Sainte-Bévue ». Ses romans et poèmes, mauvais, seront vite oubliés. Il se lancera également dans la critique. Sa méthode se fonde sur le fait que l’œuvre d’un écrivain serait avant tout le reflet de sa vie et pourrait s’expliquer par elle. Elle se fonde sur la recherche de l’intention poétique de l’auteur (intentionnisme) et sur ses qualités personnelles (biographisme). Proust contestera cette méthode avec Contre Sainte-Beuve. Quant à BEUVE-MERY, c’est un journaliste pas très à gauche, membre des Camelots du Roy (!), qui en 1941-42, participera aux activités de l’Ecole des Cadres d’Uriage, fondée par le régime de Vichy. Il deviendra « vichysso-résistant » [!] et se recyclera en créant et dirigeant l’anti-gaulliste Le Monde, quotidien de tous les régimes… Il sera l’icône intouchable, respectable et inattaquable de la presse « indépendante et objective » qui dictera pendant des décennies ce qu’il est convenu de penser. [à lire : Michel Onfray, Vies parallèles – De Gaulle-Mitterrand, Robert Laffont, 2020. Je n’ai plus retrouvé les références des pages concernées, le livre ne possédant pas d’index…].


- BLAGNAC et MERIGNAC – deux aéroports méridionaux.
Vu de Paris, on les confond toujours… BLAGNAC est la commune sur laquelle se situe l’aéroport de Toulouse (code TLS). Toulouse-BLAGNAC est le 6ème aéroport français et le 4ème de province. Son aérogare est à 6 km de la Place du Capitole. Né de la multiplication des liaisons postales, dont il fut la plaque tournante, cet aéroport accueillit l’industrie aéronautique : Sud-Aviation, Bréguet puis Airbus dont il est la piste d’essai. C’est aussi un contre-exemple de la privatisation. Il est vendu en 2015 à un escroc hong-kongais. En 2019, l’Etat veut annuler la vente, ce que refuse le Conseil d’Etat. Bordeaux-MERIGNAC (code BOD) est le 6ème aéroport de province et le plus ancien de France (1911) avec celui de Pau. Jusqu’en 1961, MERIGNAC (12 km du centre-ville) va accueillir des installations militaires aériennes dont une base de l’OTAN. De 1968 à 1976, l’aéroport s’appellera Bordeaux – Pierre-Messmer.
- Louis BLANC (1811-1882) et Auguste BLANQUI (1805-1881) – deux insurgés socialistes.
BLANQUI, très tôt marqué par l’hostilité à la Restauration, et par conséquent par le bonapartisme, devient athée. Authentique carbonaro depuis 1824, il sera mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors, se succèdent pour lui complots, coups de force manqués et incarcérations : passant la majorité de sa vie en prison, il fut surnommé l’Enfermé. Il participe à la révolution de 1848, mais préfère un gouvernement révolutionnaire au gouvernement républicain mis en place. Lors de la Commune, Flotte, son vieil ami, souhaite que soit libéré BLANQUI en échange de quoi les communards libéreront les otages (des religieux et un sénateur). Thiers refuse de souscrire à cette proposition. Quant à Louis BLANC, il sera très tôt témoin des condition de vie du prolétariat. Il devient journaliste socialiste et fonde La Revue du Progrès. Dans L’Organisation du travail (1839), il s’attaque à la concurrence anarchique. Il fera partie du gouvernement provisoire de 1848, puis s’exile pendant vingt ans en Grande-Bretagne. Il revient en 1870. C’est un fervent partisan du (vrai) suffrage universel.
- James BROWN (1933-2006) et John BROWN (1800-1859) – deux militants américains en faveur des Noirs.
On croit souvent que John BROWN était noir (à cause de son nom ?), le confondant avec l’ancien esclave Frederick Douglass. John BROWN, un blanc témoin très tôt de sévices contre un esclave, rencontre Douglass et s’installe dans une communauté noire en pensant être l’envoyé de Dieu sur Terre. En 1855, son action devient violente et très problématique : lui et ses hommes tuent cinq colons blancs à coup de sabre, puis s’empare d’un arsenal fédéral pour lancer une insurrection mais aucun esclave le rejoint. Il sera jugé pour meurtre et condamné à mort. James BROWN, lui, est un musicien, chanteur, auteur-compositeur, danseur et producteur afro-américain. Il est l’initiateur du funk et de la soul. Il introduit aussi beaucoup de ruptures de rythmes et régulièrement apparaissent des parties parlées s’adressant souvent directement au public. Son style influencera les artistes de la fameuse Motown, dont Michael Jackson ou Prince. Ses textes revendiquent la fin des discriminations raciales.
A suivre…
ET TOUS DANS LA RUE LE 29 SEPTEMBRE !
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