
Sur Salman Rushdie : on n’a pas tellement entendu de personnalités médiatiques à ce sujet… Fallait-il qu’il fût mort ? Et je parie que si Mmes Hidalgo ou Rousseau en ont parlé, elles n’ont pas employé le mot « islamiste »… J’invite en tous cas tout le monde à lire le billet qu’Etienne Ruhaud a publié, à propos de l’attentat contre Rushdie, sur son site https://pagepaysage.wordpress.com/ .
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Sur la « sobriété » ordonnée par Elisabeth Thatcher Borne : les modèles Schacht/Hitler et Pinochet ne marchant plus, on instaure l’austérité au nom du dérèglement climatique, et au nom de la guerre en Ukraine… On aura toutefois remarqué que l’inflation massive des matières premières a commencé bien avant le conflit, il y a plus de deux ans, dû au fait que « les marchés » relèvent du casino ! A propos d’austérité environnementale, à lire le très bon article du hors série n° 3 du magazine scientifique epsiloon, consacré à l’infini, qui compare de manière objective et honnête cornucopiens (ceux pour qui le progrès repousse sans cesse les limites) et néomalthusiens (la croissance se heurte au mur des ressources). Pour une fois les cornucopiens ne sont pas qualifiés de scientistes !
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Bonne rentrée à tous. Avez-vous bien voyagé ? Si oui, avez-vous pris le train ? Voire le métro !
marcjoly, votre serviteur (oui, il n’y a pas de majuscule à marcjoly), s’est souvent présenté comme un passionné des transports urbains et/ou ferrés*, mais ne vous en a pas fait profiter, à part la rubrique Métro loufoque dans laquelle on parle assez peu de métro ! Il faut que je « liquide » cette dernière (courage, encore sept lignes…). et que je passe au choses « sérieuses », notamment avec mon comparatif des réseaux de métro, et avec mon projet de rebaptême intelligent et légitime des noms de stations, non pas loufoque mais dans un souci de cohérence…
*A propos, connaissiez-vous la Boutique du train : ce magasin, qui se situait dans la gare St-Lazare, côté rue d’Amsterdam, avait fermé il y a quelques années pour réaménagement de la gare. Et j’en étais fort marri. En réalité, elle avait juste déménagé plus haut, 29 rue de Clichy. Livres, vidéo et gadgets « autour » du ferroviaire.
En tous cas, les choses sont en train (!) de changer, car un vent nouveau, frais et stimulant arrive grâce à la jeune génération. Quelques millenials consacrent des chaînes Youtube aux transports ferrés : Le Ferrovipathe et Urban Traveller presque exclusivement, Merci Citron et Princesse Armire parmi d’autres sujets. Je vous recommande de taper ces noms en mots-clé et de les mettre en favoris. Ces jeunes ont les défauts de leurs qualités et les qualités de leurs défauts : un peu wokistes, faiblards en culture générale et historique, mais passionnés par des sujets (trains, métros, réseaux) qui semblent a priori ne pas coller à l’air du temps. Ainsi le ferroviaire intéresserait d’autres individus que des cégétistes alcooliques abonnés à La Vie du Rail ! Pourtant ces jeunes gens ne sont pas étudiants en ingéniérie ou en économie des transports, et ne travaillent pas à la RATP ou la SNCF.
Ainsi, j’ai été ainsi surpris de voir que le projet saboté de l’aérotrain de Bertin, qu’il fut bon ton de décrier (« utopique », « pharaonique », « gabegie », « non rentable », « fantaisiste », « ne marchera jamais », etc.) soit défendu plus de 50 ans après par cette génération – et aussi quelques trentenaires et quadras qui ont monté une ou deux start-up dans cet objectif. Princesse Armire déclare avoir été le plus attaqué, à la suite de ses vidéos, non sur son ambivalence sexuelle ostensible, mais sur sa défense de l’aérotrain ! Il y a encore quelques scrogneugneu, ceux que j’appellerai les comptables, qui n’ont pas digéré cette insolence ferroviaire. J’en profite pour dire que la grande vitesse n’aurait pas du passer par une technologie classique « upgradée » (le TGV), mais par une infrastructure inédite, sans frottement, à savoir aujourd’hui la sustentation magnétique, beaucoup plus « rentable » que le TGV nécessitant une maintenance de la voie, de la chaîne câbles/caténaires/pantographes et des bogies de roulement.

Toutes ces vidéos, grâce à des « tours de France ferroviaires » par exemple, font ressortir l’incurie de nos dirigeants en matière de réseaux. Exercices qui montrent qu’il n’est pas facile de voyager partout en train : nous minimisons le nombre de voies abandonnées, fermées pour manque d’entretien ou pour « absence de rentabilité ». Pourtant, pour ces « petites » lignes, les solutions existent : navettes à motorisation hybride composées d’une ou deux voitures, cadencement synchronisé aux correspondances, arrêt à la demande comme dans le bus, accessibilité intégrale aux personnes à mobilité réduite, stationnement P+R à proximité des arrêts… Nos youtubeurs cités supra revendiquent que nos décideurs doivent à nouveau miser sur les trafics local et intercités au détriment de la grande vitesse. Je ne suis pas d’accord : il faut miser sur les trois à la fois, plus le fret de surcroît ! Le problème est plutôt que le bon vieux maillage partant de Paris a été réitéré pour la grande vitesse : même si le principe du hub n’est pas mauvais en soi, Lyon-Nantes doit-il passer par Paris pour laisser Vierzon et Bourges de côté ? Enfin les écolos, toujours prompts à dégainer leur vélo ou trottinette de centre-métropole, se sont désintéressés des transports extra-urbains (trop « gilets jaunes » à leur goût) voire y ont été hostiles au nom de l’environnement.

Revenons à nos nouveaux passeurs. Ils voyagent et ont été éblouis par la Suisse (et le Japon, pays quelque peu similaire), patrie non seulement des trains, mais aussi des « solutions de transport » tous azimuts dans un pays montagneux au possible : tram, tram-train, train « classique », train à crémaillère – toutes motorisations et tous écartements de voie – et aussi funiculaires ou téléphériques… L’on dira que les trains suisses sont chers, ce qui est vrai (tout est cher en Suisse), et qu’en plus de la CFF, il y a pléthore de compagnies privées (ou des sociétés d’économie mixte). Eh bien, on en a pour son argent : trains à l’heure, cadencement à heures fixes (15 mn de correspondance maximum), desserte intégrale des zones rurales, tarifs transparents (suivez mon regard…) et titres de transport standard utilisables sur tous les trains, funiculaires, navettes lacustres, etc. Surtout, l’on remarquera que la Suisse n’appartient pas à l’Union européenne, qu’il est donc permis de creuser le déficit pour bâtir des infrastructures, et que les banques prêtent. En France, RailCoop, un opérateur privé qui veut relancer les lignes secondaires, n’intéresse pas les bailleurs de fonds…
Alors prenons le train du Futur !
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