Les chansons-listes

Numéro double spécial Noël

« Il catalogo è questo : »

Pour Noël, marcjoly vous propose des chansons. Car y’a plus de chansons, y’a plus que deux phrases mises en boucle, et y’a plus de couplets. Exception faite de quelques auteurs : François Morel, Juliette… comme quoi les vraies chansons sont aujourd’hui confidentielles !

Et comme marcjoly ne se refait pas, il va vous proposer des chansons qui sont en réalité des listes.

« Madamina !
Il catalogo è questo.« 

Vieille histoire que le procédé de la répétition dans la poésie. De même que la liste dans la littérature (Rabelais…) et dans la chanson, quand la liste n’est elle-même pas l’objet de la chanson ! On se référera à l’Air du Catalogue du Don Giovanni de Mozart, dans lequel Leporello chante la liste des conquêtes de son maître et les dénombre : tant en Italie, tant en Espagne… Celles-ci sont au nombre de mille-trois (milletre) ! La vidéo suivante n’est pas extraite de la meilleure version mais je n’ai pas résisté au catalogue faisant un kilomètre de long !

Joseph Losey, Don Giovanni, 1979, adaptation cinématographique de l’opéra éponyme de Mozart, livret de Lorenzo da Ponte. Leporello : José van Dam.

A propos de zizi, voici la fameuse chanson de Pierre Perret qu’Yvonne de Gaulle, cette bigote, avait voulu faire interdire. Le plus piquant dans cette vidéo québécoise de 1995 est peut-être la présentatrice en train de pouffer. Je ne suis pas sûr que les jésuites de l’Eglise du Québec aient autorisé Le zizi en 1975.

Pierre Perret (paroles et musique), Le zizi, 1975

Les comptines ont toujours été des prétextes à listes, excellentes pour exercer la mémoire des enfants. En voici une, chantée, qui s’intitule Derrière chez moi :

Interprète ?, Derrière chez moi (traditionnel)

Mais les objets du quotidien n’ont qu’une vie : c’est pour çà qu’existent les dépôts d’ordures. Le titre qui suit est une parodie de la comptine précédente, interprétée par les Charlots. Ces derniers ne rentreront pas dans l’Anthologie de la chanson française, mais on regrette qu’après eux, il n’y a plus vraiment eu de parodie, ou plutôt, cela n’a plus intéressé les maisons de disques…

Les Charlots (paroles : Gérard Rinaldi, Luis Rego), Derrière chez moi, 1970

Nino Ferrer avait chanté Les cornichons. Ferrer est un très bon chanteur à listes, musicien hors-pair et excellent showman. Voici, du même encore, une liste d’objets banals cette fois, avec Oh ! Hé ! Hein ! Bon ! Et même si cela n’a rien à voir, j’invite les lecteurs masculins à reluquer sur l’internet la pochette de l’album Nino and Radiah : vous m’en direz des nouvelles !

Nino Ferrer (paroles et musique), Oh ! Hé ! Hein ! Bon !, 1966

A propos d’objets, Boris Vian avait écrit la Complainte du progrès en 1955, énumération d’articles ménagers réels ou fantaisistes, en même temps que Guy Debord dénonçait la société de consommation et tentait de mettre en place L’Internationale situationniste.

Boris Vian (paroles), Alain Goraguer (musique), La complainte du progrès -Les arts ménagers, 1955

Gaston Ouvrard, dit simplement Ouvrard (1890-1981) fait partie de ce qu’on appelle les comiques-troupiers. Au départ artistes se produisant devant les troupes (en uniforme), ils ont essaimé sur scène, dans le registre de ce qu’on appelle la chanson (délicieusement) idiote, dont d’illustres représentants furent Dranem et le jeune Fernandel. Malheureusement, Ouvrard et Dranem ne sont plus édités en CD, même pas par les labels Frémeaux ou Marianne Mélodies – car qui d’autre le ferait ? Figurez-vous que j’ai vu Ouvrard sur scène, à L’Olympia, en première partie de Jacques Martin ! J’avais neuf ans et c’était en 1970. On sentait que ce monsieur octogénaire était là pour des raisons alimentaires…

Ouvrard (paroles et musique), Je n’suis pas bien portant, 1934

Vient le moment de la liste des choses inutiles. C’est François Morel qui s’y colle, dans une chanson que n’aurait pas dénié Philippe Katerine :

François Morel (paroles et musique), Antoine Sahler, Trucs inutiles, 2016

Et finissons avec l’illustre Boby Lapointe, avec lequel il faut s’accrocher, car les jeux de mots fusent, et çà va très vite. Des chansons-liste, il en a fait un certain nombre, mais je ne résiste pas à cette dernière :

Boby Lapointe (paroles et musique), Saucisson de cheval, 1966

Oui, je sais : « C’est une chanson – de saillie »… Il faut savoir qu’il y a un lycée Jeanson-de-Sailly, sinon çà tombe à côté…

Passez-donc de bonnes fêtes et je vous souhaite une bonne année 2022. « En France, tout finit par des chansons », et terminer l’année par des chansons-listes, je trouve çà beau.

« Pas compris ! »

PROCHAINE PARUTION : 15 JANVIER

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Ecr. l’inf. (2)

Taqiyya : mot arabe signifiant « dissimulation »

« Écr.l’inf. », abréviation de « Écrasons l’infâme » et parfois contracté en Ecrelinf, était une formule que le philosophe des Lumières Voltaire utilisait dès 1763 en conclusion de ses lettres. Ce slogan invitait ainsi ses correspondants à le joindre dans son combat contre l’obscurantisme, notamment religieux.

Je ne reproduirai pas ici les infâmes affiches du Conseil de l’Europe destinées à « lutter contre les discours de haine antimusulmans » et à promouvoir « la liberté dans le hijab« . Je cite juste le texte de l’une d’entre elles : « Beauty is in diversity as freedom is in hijab. How boring would be the word if everyone would look the same ? Celebrate diversity & respect hijab. » [« La beauté se trouve dans la diversité autant que la liberté dans le hijab. Le monde serait bien monotone si chacun se ressemblait. Célébrons la diversité et respectons le hijab. »]. Pour les béotiens, je rappelle que le hijab désigne « le voile cachant les cheveux, les oreilles et le cou que portent de nombreuses musulmanes » (Le Robert).

Ces affiches portent arborent un #WECAN4HRS (comprendre : « We can for human rights speech ») – on sent la tyrannie des réseaux « sociaux » – et portent les logos de l’Union européenne, du Conseil de l’Europe et de WE CAN avec un coeur dans lequel est écrit : « No Hate« .

WE CAN est une émanation officielle du Conseil de l’Europe. Le rôle du Conseil est d’être « le gardien de la sécurité démocratique, fondée sur les droits de l’Homme, la démocratie et l’état de droit ». De lui émane la fameuse Cour européenne des droits de l’Homme. Y’a un problème.

Le siège du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

En effet, la FEMYSO (Forum of European Muslim Youth and Student Organization), la branche « jeunesse » des Frères Musulmans, et l’EMFW (European Forum of Muslim Women), leur branche « femme », font partie des trente membres du Conseil consultatif de la Jeunesse auprès du Conseil de l’Europe. Comme l’écrit la journaliste Céline Pina le 03 novembre sur le site Figarovox : « Imaginez un peu si ce même conseil avait inclus une organisation néonazie […] dans un conseil consultatif, les cris d’orfraie qui auraient été poussés. » Je cite encore Pina : « Le problème est l’influence grandissante que certaines organisations ont au sein des instances internationales, qu’elles utilisent comme des chevaux de Troie. » Lobbying et taqiyya (dissimulation) comme dirait l’écrivain Mohamed Sifaoui…

« La jeunesse musulmane au Rendez-vous des Jeunes Européens pour débattre de l’avenir de l’Europe », cette fois au Parlement européen.

Autre lobbying en ce domaine, celui de l’Open Society, réseau de fondations créé par George Soros*, dont une des activités consiste à financer des « révolutions de couleur », autrement dit des changements de régime dans des pays dont le régime ne plaît pas à la « communauté internationale ». En bon français, cela s’appelle de l’ingérence…

* Nota : les milieux antisémites, qui voient le complot juif partout, attaquent volontiers Soros, mais évidemment pour de mauvaises raisons… Il est d’ailleurs cocasse que des antisémites attaquent quelqu’un qui soutient des islamistes…

Des membres du Conseil de l’Europe, la France a été la seule à s’indigner, par la voix de Sarah El Hairy, secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement (l’aurait-elle fait s’il n’y avait pas eu d’attentats ?), et le Conseil a déclaré « suspendre » sa campagne. A part les entrefilets AFP de circonstance, des médias confidentiels, Marine Zemmour/Eric Le Pen (ou l’inverse) et Céline Pina déjà citée, seule Caroline Fourest (la seule militante LGBTQ+ opposée aux cultures woke et « inclusive ») en a parlé dans Marianne

Encore une fois : échec de l’idéologie relativiste droits-de-l’hommiste donneuse de leçons ! Les institutions européennes, à force de promouvoir la démocratie dans l’espace public, ont dénié celle dans l’espace privé, et leur conception des droits de l’Homme est particulière car entre ceux-ci et les droits économiques, elles choisissent systématiquement les premiers. Soyez pauvres, mais dans la démocratie !

Quand les Chinois regardent l’Occident, qu’est-ce qu’ils voient ?

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