Y’a plus de chansons (on verra d’autres « y’a plus » ci-dessous). Alors en voici une, gnan-gnan au premier abord, et moins gnan-gnan au deuxième « rabord », de Pierre Vassiliu, auteur interprète oublié (qui certes ne fait pas dans la gaîté…), et qui n’a pas chanté que « qu’est-ce qu’y fait, qu’est-ce qu’il l’a, qui c’est celui là » : çà, c’était alimentaire…Réhabilitons les Pierre Vassiliu, les Henri Tachan, les Georges Chelon – et les chansons avec paroles et couplets.
C’est bien qu’il y ait les paroles : j’avais toujours compris « qui va de la vie à la mort » et je ne voyais pas le rapport…
Alors, çà y est, on y est : c’est les vacances. Des millions de bobos, de beaufs, de « jeunes » en embuscade et dans les starting-blocks pour enfin s’alcooliser. C’est « presque » la fin de la Covid. Enfin, faut pas rêver : des dizaines de variants nous attendent au tournant… Je ne vais pas revenir sur la gestion catastrophique de la pandémie : flop des masques, flop des tests, flop des attestations, absence d’isolement… le tout pour des raisons malthusiano-comptables, c’est-à-dire libérales.
On pourra aussi revenir sur l’incivisme des Français, pour lesquels le non-port du masque, les rassemblements et les fuites à Oléron sont devenus des sports nationaux. [La fameuse gifle à Macron : comment ce fait-il qu’il y ait des bains de foule ? A ce que je sache, nous sommes encore en urgence sanitaire avec respect des distanciations : notre Président est donc en infraction…] Deux ans à entendre des gros bébés dire : « Ah, comme on en a marre du masque « ! Sans compter les jeunes se plaindre que leur galère en tant de pandémie est de la faute des vieux, des boomers, etc. Comme aurait-dit ma grand-mère : « Et çà vote » !
Une couche géologique à l’intérieur de l’Anthropocène : le Masquocène.
Tiens, çà tombe bien, il y a les élections régionales (et départementales) les 20 et 27 juin. Et à ce propos j’ai une anecdote.
Lors des dernières municipales, j’avais voté (au second tour) pour Anne Hidalgo, car je ne voulais pas de khmers verts à la tête de la ville. Résultat : j’ai voté Hidalgo, et on a eu les khmers verts.
Cette fois-ci, pour les régions et départements, plus jamais de khmers verts, de communautaristes, d’islamo-gauchistes (c’est-à-dire antisémito-gauchistes), de partisans du woke ou de la cancel culture ! Plus question d’alliés objectifs du libéralisme, promoteurs des additions individuelles au détriment de l’universel !
Bon ! Exercice difficile ! D’anti-libéraux, il n’y a que LFI, PCF et LO. D’universalistes, il n’y a que « droite », PCF (?) et LO. Pour ma part, à Paris, ce serait LO au premier tour et Pécresse au deuxième. Pas génial… En effet, car :
Y’a plus de Hugo !
Y’a plus de Zola !
Y’a plus de Jaurès !
Y’a plus de Clemenceau !
Y’a plus de Barrès !
Y’a plus de Blum !
Y’a plus de De Gaulle !
Y’a plus de Mendès-France !
Ouf : heureusement, il reste Christian Jacob, François Bayrou, Jean-Paul Huchon, Ségolène Royal, Olivier Faure, Bruno Retailleau (re-taïaut ?), Benoît Hamon, François Hollande, François de Rugy, Benoît Apparu, Guillaume Larrivé, Jean-Vincent Placé !
Elle est pas belle, la vie ?
Une dernière pour la route : j’ai recensé les partis écologistes participant aux diverses listes pour ce scrutin : Génération Ecologie, Alliance écologiste indépendante, CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen, Europe écologie – les Verts, Le parti écologiste, Mouvement écologiste indépendant, Parti de la Nature, Union des centristes & écologistes, Parti Animaliste, PS -Social-Ecologie, Les écolos solidaires…
Tous ces gens reprochaient à Solidarité & Progrès, le mouvement de Jacques Cheminade d’être un groupuscule…
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La semaine prochaine, nous aborderons les prémisses de ce qui s’apparentera à un atelier d’écriture.
Dans le n°1, j’évoquais l’Ardèche et l’Ariège. Eh bien, bingo ! Dans le numéro spécial de Sciences et Avenir janvier/mars 2021, Sapiens – les dernières découvertes, l’on pouvait lire dans une légende d’illustration p.24 : « Grotte Chauvet – Pont d’Arc (Ariège) ». C’est pas l’Ariège, c’est l’Ardèche ! Comme dirait Coluche : « Oh, vous savez, moi, sans mes lunettes … ».
Il y a les noms et personnes que l’on confond : « Entre Untel et Untel (par exemple Daladier et Ramadier), je ne sais jamais lequel est lequel ». Mais il y a aussi ceux qui, pour nous, n’en font qu’un. C’est ainsi qu’un jour, je me suis aperçu qu’il y avait Buffet et Dubuffet, qui, inconsciemment, pour moi ne faisaient qu’un ! Idem pour Claude Lanzmann et Jacques Lanzmann : j’ai longtemps cru que le réalisateur de Shoah était le parolier de Jacques Dutronc !
Les confusions peuvent se faire aussi sur les prénoms, surtout lorsqu’ils sont rares : je mélangeais Georgette Lemaire avec Georgette Plana.
Mais il y a encore plus fort : confondre deux personnes n’ayant aucun nom ni prénom en commun : c’est ainsi que j’ai longtemps confondu Mère Teresa avec Soeur Emmanuelle. Ceci dit, j’étais incapable de connaître leur nationalité, ni de savoir où elles vivaient…
Allez, deuxième tour de manège :
ARMAN (1928-2005), ASLAN (1930-2014) et ORLAN (née en 1947)- trois artistes plasticiens.
Armand Fernandez, dit ARMAN, est connu pour avoir utilisé directement, comme matière picturale, les objets manufacturés (cycle continu de production, consommation, destruction). Alain Gourdon, dit ASLAN est illustrateur et sculpteur. On lui doit les bustes de Mireille Mathieu et Bardot en Marianne, la statue de Dalida au cimetière Montmartre et, souvenir inoubliable des adolescents, les pin-ups réalistes, dessinées à l’aérographe, du magazine Lui. Quant à ORLAN (Mireille Porte), plasticienne, photographe et vidéaste, elle s’est illustrée avec maintes installations et performances. Elle utilise souvent son corps comme support, autour des biotechnologies. Cette artiste quelque peu siphonnée s’est fait faire de nombreuses « performances » chirurgicales, comme des implants siliconés sous les sourcils. A noter qu’on ne prononce pas « Armane », » Aslane » ni » Orlane ». C’est vrai qu’on hésite toujours…
Raymond ARON (1905-1983) et Robert ARON (1898-1975) – deux essayistes.
Robert ARON a écrit des essais historiques et politiques. Fondateur du premier théâtre surréaliste, décliniste qui inspira les fondateurs d’Ordre nouveau [!], militant du Mouvement fédéraliste français, il devint historien spécialiste du régime de Vichy et finit à l’Académie française. Drôle de bonhomme dont on ne sait que penser… Raymond ARON fut, lui, l’archétype de l’Intellectuel français. Ami et condisciple de Sartre, pacifiste, de gauche et ardent promoteur du … libéralisme et de l’atlantisme. Rien de bon non plus chez ce pilier du Figaro qui aura mangé à tous les râteliers… Elu en 1963 à l’Académie de Sciences morales [sic].
AUBE et AUDE – deux départements.
Là on ne peut plus dire çà doit être quelque part dans le Midi, là où vont les écolos et les baba-cool, puisque l’AUBE est au sud de la Champagne (préfecture Troyes). Son nom vient de l’affluent éponyme de la Seine. L’AUBE est en fait le deuxième producteur de vin de champagne et de… chou à choucroute ! L’AUDE, elle, est bien dans le Midi, en région Occitanie. Elle inclut le Lauragais, le Minervois, le Corbières, qui produisent ces horribles gros rouges à 15° qui tachent (Efferalgan non fourni). Le fleuve Aude, qui traverse la préfecture Carcassonne, lui donne son nom.
Michel AUCLAIR (1922-1988), Jean-Pierre AUMONT (1911-2001) et Michel AUMONT (1936-2019) – trois comédiens.
Jean-Pierre Salomons, dit Jean-Pierre AUMONT, débute avant-guerre au cinéma puis au théâtre dans des rôles de jeune premier, et a tourné tant en France qu’aux-Etats-Unis jusqu’en 1996. Il s’engage dans les FFL en 1943. Michel AUCLAIR (Vladimir Vujovic) a commencé en 1946 dans le théâtre classique avant de se lancer dans le cinéma. Michel AUMONT, fils d’un régisseur de la Comédie française, intègre cette maison en 1956, où il y fera sa carrière. Tous les trois joueront dans de nombreux téléfilms.
Marcel AZZOLA (1927-2019) et Astor PIAZZOLLA (1921-1992) – deux accordéonistes.
Tous deux, évidemment d’origine italienne ! Astor PIAZZOLLA est argentin, et pour être plus précis, bandonéoniste plutôt qu’accordéoniste, le bandonéon étant l’instrument emblématique du tango. Mais PIAZZOLLA est venu à la musique en découvrant J.-S. Bach et sera l’élève de Nadia Boulanger ! Il inventera une nouvelle façon de jouer le tango, avant que le Cuarteto Cedron fasse de même des années plus tard. Quant à Marcel AZZOLA, qui est français, il accompagne les grands noms de la chanson dans les années 1950 : Vian, Piaf, Gréco, Bécaud, Barbara… C’est lui que Brel encourage d’un « chauffe, Marcel ! » dans la chanson Vesoul :
« Chauffe, Marcel ! »
BALAGNE, CERDAGNE et LIMAGNE – trois régions françaises.
On en a toujours entendu parler, mais çà s’arrête là ! La BALAGNE (du nom de l’ancienne ville celte de Palania) est une région au nord-ouest de la Corse, entre le massif du Monte-Cinto et le littoral. Calvi et l’Ile-Rousse en sont les villes principales. La CERDAGNE (du nom de la tribu gauloise des Cerrétains) est une région catalane (Pyrénées-Orientales), dont une partie se situe en Espagne. C’est une dépression s’étendant de Bellver-de-Cerdanya (SP) au sud-ouest, à Montlouis (F) au nord-est, dont le centre est la ville frontalière de Puigcerda/Bourg-Madame. Ne pas confondre avec la sardane, une danse… catalane. Quant à la LIMAGNE (de limus, boue, cf. limon), la moins connue, c’est une grande plaine traversée par l’Allier, depuis Issoire jusqu’à St-Pourçain-sur-Sioule (Grande LIMAGNE au sud et LIMAGNE Bourbonnaise au nord).
Armand BARBES (1809-1870) et Henri BARBUSSE (1873-1935) – deux hommes politiques anti-impérialistes.
Armand BARBES inaugure son baptême révolutionnaire en 1830, animé par sa fibre républicaine. Il fonde ensuite la Société des Droits de l’Homme, démantelée par la Police, puis la Société des Saisons avec Auguste Blanqui. Blanqui et BARBES, tous deux intransigeants et de caractère différents, vont connaître les geôles de tous les régimes. Il vont se brouiller en 1848, le premier accusant le second de traîtrise. BARBES s’exile à La Haye en 1870. Son nom est aujourd’hui plus connu par le quartier de Paris bordé par le boulevard qui porte son nom : quartier « populaire », c’était après-guerre un lieu de prostitution, aujourd’hui de trafic de cigarettes et de stupéfiants. Henri BARBUSSE, lui, est un écrivain pacifiste et communiste, qui a voulu mettre en pratique, dans l’Humanité, une approche littéraire du communisme. En bon pacifiste, c’était, tout comme Romain Rolland, un ardent soutien de l’espéranto.
Le BARDO et le PRADO – deux musées étrangers.
Dans BARDO, petite ville près de Tunis, se trouve l’ancienne résidence du Bey fondée au xve siècle et qui est aujourd’hui le siège du parlement tunisien ainsi que le musée éponyme. Plus ancien et plus important musée tunisien, le BARDO abrite la collection de mosaïques la plus riche du monde. Le PRADO, lui, se situe à Madrid, a été construit en 1785 comme cabinet de sciences naturelles. Il devient ensuite un musée royal de peintures et de sculptures. C’est aujourd’hui le « Louvre » espagnol, une des plus grandes pinacothèques au monde. Autre point commun : le nom de la ville de BARDO, en Tunisie, vient de l’espagnol prado, qui signifie pré.
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