Mon Saint-Quentin (3)

La quintessence de la province…

En guise de « chapeau », quelques remarques sur la mise en page de ce blog : j’essaie de trouver une solution pour que chacun puisse trouver où déposer un commentaire, mais c’est un work in progress, comme on dit. Je viens d’installer un bouton « commentaire » dont l’utilisation ma paraît étrange… A suivre. D’autre part depuis quelques temps, les photos ont une fâcheuse tendance à se décaler sur la gauche, voire à chevaucher (hue !) le texte. L’assistance de mon hébergeur WordPress est un chat (miaou, ou plutôt miaaw) communautaire, comme pour « l’assistance » Windows, mais j’aurais voulu parler en live à quelqu’un (à l’ancienne, quoi)… A suivre également.

Salauds de chinois qui veulent exporter 12% de leurs véhicules électriques ! Concurrence déloyale ! On remarquera tout-de-même que l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis exportent respectivement 80, 50 et 25% de leurs automobiles, et que leur premier marché est la Chine…

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Un programme du cinéma le Caméra, 70 rue de l'Assomption, Paris 16e, pour le mois de février 1960 :

du 3 au 9 :
La Vie criminelle d'Archibald de la Cruz, de Luis Buñuel,

du 10 au 16 : Festival Jacques Demy :
Le Bel Indifférent, d'après Jean Cocteau, et Lola, avec Anouk Aimée,

du 17 au 23 :
Tiens bon la barre, Jerry, de Gordon Douglas, avec Jerry Lewis,

du 24 au 1er mars : Présence du cinéma hongrois : un film différent par jour, avec, le 26, en première mondiale et en présence de l'auteur :
Nem szükséges, hogy kilépj a házból, de Gábor Pelos,"

Mon grand-père paternel s’appelait Charles Roger et était pharmacien à Saint-Quentin. Cà tombe bien : çà me permet de vous narrer deux anecdotes historiques.

Avant les bombardements de 1916, la pharmacie de la rue Raspail n’était pas au 58 (celle de mes grands-parents, installés quinze ans plus tard), mais presque en face, au 61, angle rues Raspail/Le Sérurier. L’officine fut brièvement occupée par un certain Alexandre Cazé (vraisemblablement en tant que préparateur), qui déménagea en tant que pharmacien Place du Palais de Justice en 1897. Il y créera le fameux Sirop des Vosges Cazé, puis s’installera à Paris en 1911. Ledit sirop n’a donc rien de vosgien !

La pharmacie Huyon où travaillait Alexandre Cazé.

Et peu de Saint-Quentinois savent qu’ils ont un Charles Rogier – avec un i – (1800-1885) comme enfant du pays. Bien que né à Saint-Quentin, il sera l’un des protagonistes de l’indépendance de la Belgique ! La station de métro Rogier, à Bruxelles, lui doit son nom.

Vous allez enfin connaître l’origine de ma fixation sur Saint-Quentin.

J’étais un petit banlieusard parisien. Régulièrement, les « samedi-dimanche » comme disait ma maman (on ne disait pas « week-end« ), nous allions chez ma grand-mère à Saint-Quentin.

Client Roi … Cà fait province à mort !

Pour moi, c’était un autre monde – magique et enchanteur : une tranquillité à toute épreuve (c’est vrai que St-Quentin un dimanche, c’est mort…, et en semaine dès le carillon de midi, les gens couraient sur le trottoir pour ne pas arriver en retard pour le déjeuner) au point d’entendre les krou… krou… des pigeons depuis la fenêtre de la cuisine ; des commerces typiquement provinciaux (Armand-Thiéry & Sigrand*, Phildar, les Nouvelles Galeries) ; le réseau des commerçants au label Client Roi ; des charcuteries (avant qu’on se la pète en les appelant traiteur) dont la vitrine montrait « qu’on n’avait pas tout çà à Paris » comme les ficelles picardes et les flamiches aux poireaux ; des boulangeries qui vendaient des patates en pâte d’amande et des glands – avec de l’alcool dedans ! ; un Monoprix à l’ambiance familiale (quand on rencontrait quelqu’un, c’était forcément au Monoprix) ; et les cinémas dont le rideau faisait de la publicité pour les commerçants.

*Malgré une « légende urbaine », Armand-Thiéry n’est pas une entreprise fondée à Saint-Quentin, mais en Belgique. Même la Société Académique de St-Q. maintient l’ambigüité.

Surtout, c’était une ville structurée – une vraie ville, quoi. Difficile d’avoir des points de repère en banlieue parisienne (encore que Boulogne-Billancourt, puis Chaville, où nous étions, ce n’est pas le 9-3 !). Mais en « petite province », pas besoin de préciser son adresse. « J’habite derrière la cathédrale », « J’habite sur le boulevard, en face de la Caisse d’Epargne »,  » J’habite faubourg Saint-Machin », « J’habite rue de Paris » : il y a des repères. Ainsi Saint-Quentin avait son faubourg industriel d’outre-gare, son boulevard avec un ancien champ-de-Mars appelé pompeusement « Champs-Elysées », sa ZUP*, sa collégiale/basilique au point le plus haut de l’oppidum, sa Grand-Place avec son hôtel de Ville datant de 1509 qui émettait tous les quarts d’heure un air de carillon (l’âme de St-Q.). Il s’agissait, selon le moment, du P’tit Quinquin, de Joyeux Carillon ou de mon air préféré que je n’arrive pas à identifier, faute de micro pour pouvoir fredonner un air sur les moteurs de recherche… Bref, on n’avait pas tout çà à Paris – et encore moins aujourd’hui…

*La mini ZUP ? Ha, ha !

L’air du Joyeux carillon, des Cloches de Corneville, opéra-comique de Robert Planquette (1877). Je ne sais pas où a été captée la vidéo, ce n’est évidemment pas à Saint-Quentin – peut-être à Corneville en Normandie où se déroule l’intrigue. Il n’y a malheureusement pas à ma connaissance d’enregistrements du carillon de Saint-Quentin.

Cette ville était donc mon petit paradis, mon refuge, et un peu « mon Amérique à moi » comme dirait Brel.

Revenu à Saint-Quentin quarante ans plus tard, catastrophe ! Certes, la Grand-Place et trois rues adjacentes sont désormais piétonnes*, ce qui a permis à des pseudo-restaurants de s’installer et d’y étaler leurs terrasses. Mais je me souviens d’une ville commerçante : la rue Emile-Zola, la rue d’Isle et le bas de la rue Raspail étaient un alignement de magasins. Las ! Ce n’est maintenant plus qu’une alternance de commerces communautaires (kébabs, pizza hallal, bars à chicha, téléphonie…) et de pas-de-porte fermés. Et les enseignes locales emblématiques de la ville – Seret (grand-magasin), Top van Dooren (tissus d’ameublement), Pasdeloup (arts de la table), Marchandise (chaussures), Henri (salon de thé), Mijo (glacier), Au Riche (restaurant), Vampoulle (librairie catholique), Desprey-Pollet (encadreur et fournitures pour beaux-arts) – avaient soit disparu, soit été remplacées par des enseignes à la con. Seule subsiste Trogneux (chocolatier), succursale de qui vous savez.

*Les rues piétonnes sont typiques des sociétés post-industrielles : faire en sorte que précaires et allocataires consomment et ne se révoltent pas !

« Le Palais du jouet » : un des anciens commerces de Saint-Quentin, rue d’Isle. Très belle façade en bois, malheureusement défigurée par les enseignes. Mais JouéClub s’étant fait racheter par La Grande Récré, ce magasin existe-t-il encore ?

Saint-Quentin était doté de trois cinémas : le Carillon, le Splendid et celui de la Grand-Place dont j’ai oublié le nom. Aujourd’hui tout est regroupé dans un multiplexe sans âme, dans lequel les beaufs viennent s’obésifier de pop-corn et de glaces Mars.

La ville était, jusqu’aux années soixante, une étape routière vers le nord et une étape ferroviaire de la ligne Paris-Bruxelles. Il y avait un « Grand-Hôtel », certes mal situé. De nos jours, l’autoroute trace directement entre Amiens et St-Q., et un TER crasseux, que l’on prend comme le métro, fait la navette entre Paris et ce qui est devenu une ville-dortoir de troisième couronne. Cette ville semi-industrielle, dont l’usine Motobécane produisait les bonnes vieilles Mobylette, a fondu comme un glaçon : de 67 243 habitants en 1975, elle descend à 52 958 en 2021, soit le niveau de 1906…

Hélas, hélas, hélas, Saint-Quentin m’a trahi. En réalité, toutes les villes petites et moyennes nous ont trahi (St-Q., Moulins, Figeac, Blois, Châteauroux, Uzès, Saint-Dié, Villefranche-sur-Saône, Sens, Bourg-en-Bresse, Saint-Brieuc, Auch et une centaine d’autres…). C’est la « mutation de la société », comme disent avec gourmandise économistes et sociologues en se gardant bien d’émettre un point de vue moral… Les causes, en réalité, sont multiples : libéralisme, désindustrialisation, mondialisation, grande distribution et ses centres commerciaux, vieillissement de la population, et le modèle commune < canton < département < Etat remplacé par le modèle intercommunalité < métropole < région < Europe. En un mot la désintégration contrôlée de l’économie (« mutation de la société » en novlangue orwélienne).

Bingo ! Juste après la rédaction de ce paragraphe, en lisant Armand Grabois, Grand Atlas – Géographie de la France, Histoire & connaissances Hors-série, sept. 2023, je tombe sur la description (p. 110) de ces deux modèles. Grabois précise même : « L’une [le premier modèle] est chargée de la besogne ingrate et de rendement nul (armée, justice, police, affaires sociales), l’autre [le second] de tout ce qui engendre de la plus-value (l’économie moderne, métropolitaine) ».

A lire également : Jérôme Fourquet, Jean-Laurent Cassely, La France sous nos yeux – Economie, paysages, nouveaux modes de vie, 2021,Seuil.
Lire également les ouvrages de Christophe Guilluy et ceux de deux démographes : Hervé Le Bras et Emmanuel Todd.

J’ai toujours connu ce garage juste à côté de la basilique – et c’était franchement moche…

Saint-Quentin fait aujourd’hui l’objet d’un plan Action Coeur-de-ville : entre autres, rachat de fonds de commerce par la municipalité et aménagement du parvis de la basilique, que j’ai toujours connu, hélas, comme un endroit pas aménagé et un peu glauque. Le comble !

Alors vivrai-je assez vieux pour retrouver non pas « mon petit Liré », mais « mon » Saint-Quentin ?

'Pataphysique Beethoven Ludwig van Bertin Jean Beuve-Méry Hubert Boudard Alphonse Brel Jacques Cheminade Jacques Coluche de Gaulle Charles Diop Cheikh Anta Duneton Claude Dutronc Jacques Ferrat Jean Ferré Léo Freud Sigmund Ghali Driss Houellebecq Michel Huxley Aldous Lapointe Boby Macron Emmanuel Merci Citron Onfray Michel Open Society OTAN Ouaknin Marc-Alain Oulipo Ouvrard Paty Samuel Perec Georges Perret Pierre Pitte Jean-Robert Platon Queneau Raymond Rabelais François Rosten Leo Ruffin François Ruhaud Etienne Saint-Quentin Schott Ben Socrate Szenes Arpad Trenet Charles Urban Traveller Vallès Jules Weil Simone

Annus horribilis

Ukraine, Gaza, Taïwan… Ainsi, en votant le budget de guerre supplémentaire soumis par le président Biden, le Congrès américain donne son aval à la guerre permanente. L’ineptie crasse d’un quart de siècle d’interventions militaires occidentales n’a pas servi de leçon...

Le passage de la flamme olympique : non prévu par Pierre de Coubertin, ce rituel à la gloire du IIIème Reich ne sera créé qu’en 1936 pour promouvoir le culte du corps et de la race… D’ailleurs, dans l’Histoire, le sport a été inventé comme préparation à la guerre…

On remarquera que les trois débats importants impliquant un vote législatif (aide à mourir, inscription du droit à l’avortement* dans la Constitution, aide à l’Ukraine contre la Russie) ont un point commun : la mort. On est loin de l’esprit optimiste des trente Glorieuses !

*L’auteur de ces lignes ne s’oppose pas du tout à l’avortement, bien au contraire.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

Elle […] compare les données avec celles des nourritures qu’elle a ingurgité la veille et dont elle a noté les quantités exactes sur un agenda manifestement réservé à ce seul usage :

Thé sans sucre et sans lait0
Un jus d’ananas66
Un yaourt60
Trois biscuits de seigle60
Carottes râpées45
Côtelettes d’agneau (deux)192
Courgettes35
Chèvre frais190
Coings70
Soupe de poissons (sans croûtons ni rouille)180
Sardines fraîches240
Salade de cresson au citron vert66
Saint-Nectaire400
Sorbet aux myrtilles110
Total1714

Les puristes diront qu’un tableau n’est pas une liste. C’est vrai que çà à moins de charme…

C’était parti pour être une belle fête, mais deux jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques, la presse rapportait que des membres du Comité d’organisation des JO avaient fraudé la billetterie, avec l’aval du Comité olympique international qui aurait fermé les yeux. On parlait d’une « caisse noire ». On ne connaissait pas les montants. Cela commençait bien… « On règlera les comptes plus tard, nous ne pouvons pas perturber ce grand moment de fraternité et de paix* », avait déclaré Aurélie Nouméa-Etcétéra, la ministre des Sports, des Jeux olympiques, des Jeux paralympiques et de la Célébration nationale et internationale autour des Valeurs sportives, parasportives, de Diversité et d’Inclusivité. Les membres du CIO et leurs relais français étaient, eux, aux abonnés absents…

*Trois jours auparavant, le président Jean-Baptiste Micron était à l’ONU pour un discours dans lequel il avait parlé de « vitrifier » [sic] la Russie…

L’ouverture se déroula plutôt bien, même si les forces de l’ordre (Police, gendarmes, militaires) jurèrent qu’on ne les y reprendrait plus.

Las ! Le mardi suivant fut l’objet d’une catastrophe. La foule arrivait en masse pour assister aux épreuves féminines de rugby à 7, qui avaient lieu au Stade de France. Une bousculade s’ensuivit dans les couloirs du métro Place de Clichy. 17 morts, 38 blessés. Il s’avérait que les flux étaient régulés pour l’occasion sur la ligne 14 du métro ainsi que sur le RER B, mais pas ailleurs. Le bon sens eut été d’arrêter non pas les Jeux, mais tout du moins l’ensemble des épreuves de rugby. Il n’en fut rien. Gérard Dardmalin, le ministre de l’Intérieur, se défaussa en arguant qu’il n’était pas celui des Transports. Ce dernier, Patrick Vertdegrite restait inaudible. Ana-Maria Lopez, la maire de Paris, renvoya la balle vers le préfet de Police et vers le Snif, l’organisme en charge des transports parisiens. Pendant quelques jours, la grogne commença à se faire entendre aussi bien du point de vue parisien qu’international.

« Nous, on y va pour participer.
Eux, ils y vont pour gagner !
Salauds ! »

Coluche

Le 8 août eurent lieu les épreuves du 10 km en eau libre, au niveau du pont Alexandre III. Jean-Baptiste Micron n’avait pas osé exécuter sa promesse de l’année précédente : celle de se baigner dans le Seine… Néanmoins, quelques heures après la fin de l’épreuve, les athlètes commencèrent à ressentir rougeurs et picotements pour les uns, nausées et maux de tête pour les autres. L’opinion finit par comprendre, puis apprendre, que les résultats bactériologiques et toxicologiques de l’eau de la Seine avaient été bidouillés…

En réalité, le ras-le-bol de la population était unanime : les sondages montraient que 88% des interrogés étaient hostiles à ces Jeux du cirque.

Le lendemain arriva l’impensable : à Villeneuve d’Ascq, juste avant la demi-finale hommes de handball au stade Pierre-Mauroy, la file d’attente due au contrôle Vigipirate devint la cible de barbus à Kalachnikov. 12 morts et une centaine de blessés. Les assaillants s’avéraient déjà connus pour faits de délinquance, et fichés S. Consternation. « On ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne. Et cet éternel débat sur les fichés S est inapproprié », déclarèrent piteusement Micron/Dardmalin, ce qui fit les choux gras de la presse nationale et internationale qui ne manqua pas d’ironiser sur le fait qu’il restait encore deux jours avant la fermeture pour qu’aient lieu soit une prise d’otage palestinienne comme à Munich en 1972, soit des bagarres entre athlètes russes « sous bannière neutre » et ukrainiens.

La cérémonie de clôture fut annulée. Inutile aussi de signaler que le nombre de médailles obtenues par les athlètes français fut ridicule…

CIO, COJO, Ministère de l’Intérieur, Renseignement, police, gendarmerie, Préfecture de Police, mairie de Paris, tous se renvoyèrent la balle. Lors des nombreuses réunions de crise, le président Micron semblait atone.

Une semaine plus tard, Ingrid, son épouse, était inquiète. Jean-Baptiste avait disparu. On le retrouva le lendemain, errant curieusement en pyjama le long de la voie ferrée Paris-Amiens, entre la gare de Hargicourt et celle de Moreuil, en hurlant : « Je suis François Ruffin, je suis François Ruffin ! » Il fut brièvement interné à l’hôpital Sainte-Anne, puis dans un lieu tenu secret pour des raisons de discrétion et de sécurité.

Des élections présidentielles furent organisées en novembre. Marielle Le Guen (RN) fut élue avec un score de 68%, avec un fort taux d’abstention… de la part des classes urbaines diplômées et aisées. Son poulain Kévin Bordello devint premier Ministre.

Puis tout redevint comme avant : ultra-libéralisme, soumission à l’ordre européen, transition écologique, austérité…

On raconte que Jean-Baptiste Micron vient de temps en temps à l’Elysée, en tant que « visiteur du soir ».

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