C’est quoi, ces machins ?

Emeutes : 1. Non, la Police ne tue pas. Certains policiers tuent, ce n’est pas la même chose – mais crise de vocations : aux concours, on prend ce qu’on trouve… surtout avec un an de formation (en Allemagne, c’est deux ans et demi) 2. Macron, avant toute enquête, a qualifié cette mort d’« inexcusable » et a de facto déclaré le policier coupable, faisant fi de la présomption d’innocence – or çà n’est pas une vidéo qui doit juger mais la Justice. 3. On a entendu tous les poncifs sociologisants éculés. 4. Personne n’a parlé du trafic de drogue. 5. On a asséné un narratif consistant à préférer parler d’« enfants » et de « petits » plutôt que de délinquants multirécidivistes. 6. On a entendu les mères (pardon, les « mamans ») à la TV, mais pas les pères. Cherchez l’erreur. 7. C’est le fonds de commerce de tous les « comités Adama » financés par les wokistes américains. Et, du coup, des voix pour Bardella ou Maréchal*.

*S’appeler Maréchal, çà ne s’invente pas !

Sommet de Paris « pour un nouveau pacte financier mondial » : nouvel habillage pour les « conditionnalités » du FMI. Les dirigeants africains et des BRICS ne veulent plus du FMI, de la banque mondiale, de la BCE et de la Commission européenne, et proposent un plan de paix pour l’Ukraine. « On ne peut pas demander à un pauvre de porter une charge supplémentaire », selon le président zambien. D’ailleurs, entre nous, seuls les l’UE, l’OTAN et le Commonwealth ne proposent pas de plan de paix en Ukraine, le reste du monde, oui. Chef de file de cette fronde « non-alignée » : Lula, que je vois très bien malheureusement se faire assassiner…

Habitants des capitales et métropoles, vous avez vu fleurir sur les murs (surtout au coin des rues), depuis plusieurs années, des petits messages, sous forme de flyers, affichettes ou graffs : « BNE », « VOTE JOHN HAMON », « FUCK THIERRY JASPART » ? Vous avez avez dû voir aussi des petites mosaïques, ou bien des pochoirs.

Tous ces artefacts sont l’oeuvre d’artistes qui ont :

  1. fait les Beaux-Arts,
  2. commencé par intervenir illégalement sur les murs,
  3. utilisé le buzz comme moyen de communication,
  4. essaimé sur le plan international,
  5. employé des assistants, n’ayant pas le don d’ubiquité,
  6. fini par être reconnu dans le monde de l’art grâce aux galeries et aux expositions,
  7. mis en place des produits dérivés qu’ils vendent,
  8. fini par brasser beaucoup d’argent.

Les voici :

  • BNE :

Les fameuses petites affichettes format cartes postales… Et c’est tout ce qu’il fait ! Entre nous, c’est vraiment de la daube… On ne sait « officiellement » pas qui se cache derrière ces trois lettres. Il est sans doute new-yorkais, et a essaimé partout. En 2006, le maire de San-Francisco lançait une récompense de 2500 $ pour toute information permettant d’arrêter le « vandale ». En 2011, BNE fonde la BNE Water Foundation, une organisation caritative dont le but est de fournir l’accès à l’eau potable aux plus démunis.

  • John HAMON :

Qui est ce type au look d’étudiant gnangnan ? Malgré son prénom, il s’agit d’un artiste français né en 1982. Sa « tronche » (celle de lui lycéen), a commencé à apparaître en 2001. On la voit maintenant dans 33 pays et 77 villes. A l’approche d’élections, on a même vu : « VOTE JOHN HAMON ». Il décrit sa motivation comme suit : « C’est la promotion qui fait l’artiste ou le degré zéro de l’art ». Ce buzz par l’affichage n’est qu’une partie de son activité.

  • Mr. CHAT :

Ce chat jaune ou orange (de tous les formats : il y en aussi sous forme de fresque) est dessiné par l’artiste franco-suisse Thoma Vuille, né en 1977. Apparu d’abord à Orléans en 1997, le chat au sourire prolifère également dans les métropoles du monde entier, mais est également présent à Blois, l’île de Ré, Hénin-Beaumont… « Mon dessin est-il vraiment plus offusquant que les dizaines de publicités affichées en permanence dans les couloirs du métro? »

  • Invader :

Il s’agit des petites mosaïques ressemblant aux Pac-Man du jeu vidéo. L’artiste est Franck Slama, né en 1969. Le premier Space Invader est apparu près de la Place de la Bastille en 1996. Aujourd’hui, près de 4000 Space Invaders sont répartis dans soixante-dix-neuf villes du monde entier. La démarche d’Invader se résume à trois points : « la rencontre entre la mosaïque et le pixel, la transposition d’un jeu vidéo dans la réalité et un processus d’invasion à l’échelle planétaire »… Chaque Space Invader est indexé dans une base de données où sont référencés date, localisation, et deux photographies de l’œuvre en place.

  • Thierry JASPART :

La Belgique est un vivier de déconneurs potaches : de Plastic Bertrand à Benoît Poelvoorde en passant par l’entarteur Noël Godin*. En voici un autre : Thierry Jaspart. Et celui-là est multicartes : outre le simple mini-tag « THIERRY JASPART », on peut trouver le fameux flyer « J’EXISTE », mais aussi « FUCK THIERRY JASPART ». Il est l’auteur d’une transcription phonétique du graffiti, et de flyers à poser sous les graffiti et contenant leur traduction en espéranto ! Citons aussi de fausses annonces sonores dans le train et, acte punk par excellence, Chien Chiant, un groupe de néo-folk écologiste qui n’enregistre pas de musique et qui ne se produit pas en concert pour limiter son empreinte carbone ! [https://thierry-jaspart.com/]

*Bien que ce dernier aie stupidement entarté le conférencier d’histoire Henri Guillemin…

Marre des « bidules » de coins de rues ? Mamadou Jaspart vous propose autre chose…

  • Miss. Tic :

Je suis dans la lune
ne la décrochez pas

Miss.Tic

Il s’agit là des artefacts les plus discrets, les plus poétiques et des moins invasifs de la galaxie du street-art petit format. Miss. Tic (décédée l’année dernière) utilise le pochoir depuis 1982, pour pour y raconter sa vie, ses désirs, ses ruptures sentimentales, ses travers et ses fantasmes, et joue sur les stéréotypes de la femme séductrice. Chacune de ses oeuvres est accompagnée d’un aphorisme : « Madame rêve, Monsieur ronfle », « Je m’édite, tu médites », « Assurez-vous contre le hasard : un regard est si vite arrivé », « Commencer, comment c’est ? »… [http://missticinparis.com/ et https://citation-celebre.leparisien.fr/auteur/miss-tic]

L’artiste devant l’une de ses oeuvres.

Une réponse à « C’est quoi, ces machins ? »

  1. Avatar de confus...confusion !!
    confus…confusion !!

    Ces machins, ce s’rait pas des trucs ?

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Honteux et confus…

Merci à Etienne Ruhaud [https://pagepaysage.wordpress.com] d’avoir évoqué la quadricentenaire de la naissance de Blaise Pascal. Voir également, sur France Mémoire, le site mémoriel du ministère de la Culture [https://www.france-memoire.fr/dossiers/naissance-de-blaise-pascal] : beaucoup de documents à lire, voir ou écouter, dont la lettre apostolique Sublimitas et miseria hominis du pape François à propos de Pascal. Sans compter, sur le même sujet, l’éditorial de Jacques Julliard dans Marianne du 22 juin. Pour une fois, Julliard écrit un papier sur autre chose que « la droite » et « la gauche » !

Prigogine : qu’en penser ? J’attends d’en savoir un peu plus. Est-il l’agent volontaire ou involontaire de l’Otan ?  A suivre…

L’autre jour, à la FNAC, je m’enquis (qu’est-ce qu’il parle bien, marcjoly) de chercher un DVD des Inconnus. Pas trouvé. En réalité le rayon humour était réduit à peau de chagrin (le chagrin étant l’équivalent poétique du zébi). Juste una testa di gondola, comme on dit à Venise, dont la moitié était constitué des insipides Florence Foresti et Gad Elmaleh. La FNAC regorge de films dits « d’action » (comprendre : de violence), mais d’humour, point. De Funès, Les Inconnus, Coluche : au poteau, ces horribles racistes et homophobes ! En ces temps d’inclusivité et de relativisme culturel, défense de rire ! Par contre, dans les séries, les jeux vidéo mais aussi dans la réalité : théâtres d’opérations manipulés par l’OTAN, hôpitaux et abords des collèges, contrôle de police, cités des banlieues, on peut au choix : bombarder, poignarder, tirer une balle dans la tête, tirer des coups de mortier, empêcher l’intervention des pompiers, incendier les poubelles, provoquer un suicide d’adolescent via Tik-Tok, etc. Triste époque !

J’avais promis que je présenterai « mes » textes au fur et à mesure, mais les pastiches, métros loufoques et exercices divers d’écriture ont pris le pas…

Celui-ci est vintage. Dans mon souvenir, il avait été composé quand j’étais petit. Soit, disons, selon mes propres critères, jusqu’à douze ans. Bon, mettons treize. Et là, le rouge m’est venu aux joues : j’ai gardé ce texte, écrit au verso d’un document datant du… 27 juin 1977.

J’avais bientôt seize ans !? Presque l’âge de Rimbaud…

Du coup il fallait que je transforme cette honte en fierté, comme un film navet qui devient culte, justement par sa qualité de navet.

Ni la BnF, ni les Archives Nationales (département des Archives privées) n’en ont voulu… Je me demande bien pourquoi !

Je me souviens l’avoir composé juste après la lecture de Michel Laclos, Jeux de lettres, jeux d’esprit, Jean-Claude Simoën, 1977. Un ouvrage, issu des Jeux de l’été du Figaro, un peu daté : palindromes, anagrammes, holorimes et tutti quanti plus ou moins oulipiens, le meilleur côtoyant le pire.

Suite à cette lecture, je décidai de m’adonner à quelques exercices et contraintes, et c’est ainsi que j’en suis venu à pondre, au forceps et en une après-midi, Le corps beau et l’heureux Nar (holorime de Le corbeau et le Renard). Tout le monde l’a fait, c’est la tarte à la crème des exercices de style, et je pense que le mien doit être le pire :

LE CORPS BEAU ET L'HEUREUX NAR

Mettre corps beau sur un art Breuperchay :
Tenez. Tend son bec, Infreau, mage.
Mettre heureux Nar : parle aux deux rats léchés,
Lui tinte à "peu près", seul engage.
Hé bon ! Jour ! Monsieur "duc Orbeau",
Queue, vous êtes jolie, Queue [sic] ! Vous me semblait [sic] beau !
Si, Parazar, votre plume, âge
Ressemble à votre rame, âge,
Vous êtes l'oeuf Hényx des hôtes de Céboix.
Assez, maux ! Le corps beau ne se sent pas de joie :
Il ouvre un Largebec et l'S tombait? Sape, roi !
L'heureux Nar sens ses I, elle lui dit :
Mon bon monsieur, âpre né, que tout flatte, heure.
Vitheau dépend de* celui qui les coûte.
Sept leçons vaut bien. Infreau, mage, s'en doute.
Le corps beau, tout  dès qu'on fit**, 
Jura. Mets un peu Tar, qu'on ne l'y prend Dréplud.

*Rayé par ma maman qui a remplacé par « Vite au dés, pende »

**Apparemment, j’avais confondu « honteux et confus » avec « tout déconfit »… Un acte manqué ?

Vous n’avez rien compris ? A cette fin, j’avais ajouté ce long codicille :

Explication [sic] :

Comment mettre un beau corps dans l'art Breuperchay (école picturale du XVIIIème siècle) : le mage Infreau est gourmand, et pour Nar le content hermaphrodite, le mage se faisant passer pour Nar, il parle très fort à deux souris propres, cela n'engage que lui : il lui dit qu'il a une belle queue. Il s'appelle Parazar une de ses plumes et compare la queue à une rame, et à Hénix, divinité céboisienne [sic] représentée par un oeuf. Le corps beau est tellement flatté qu'il ouvre une boîte de Largebec (fromage normand), et que l'S de "matières grasses" tombe. Le roi en saperait. Mais Nar sent les I de "matières" et lui dit que tout flatte le temps qui s'appelle Vitheau, et que la flatterie et chère. Vitheau est tombé sept fois dans le panneau. Infreau le sait. Pour prendre un certain Dréplud, il faut mettre Tar au lieu de corps beau.

C’est encore plus nébuleux ! Je précise que je ne consommais pas de substances illicites… Et j’aurai pu signer Laffont-Taine : on aurait eu l’éditeur et l’auteur en même temps !

Et si je faisais une holorime de l’explication elle-même ? « Comme en mètre, un bock horde en lard… » Mais non, Jean d’laf’, je blague…

On n’est pas sérieux quand on a seize ans.

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